Publié le 20 Mars 2014

SOUTIEN AUX MANIFESTATIONS EN BOSNIE

Ces derniers jours ont eu lieu de grandes manifestations de chômeur.se.s en Bosnie-Herzégovine, ancienne entité de l’ex-République fédérale « socialiste » de Yougoslavie.

Frappés comme partout ailleurs par la crise du système capitaliste, ruinés par les privatisations voulues par des dirigeants dont l'ascencion a été favorisée par les puissances impérialistes, aux orientations nationalistes réactionnaires, les peuples de Bosnie n’ont cessé de s’enfoncer dans la précarité.

Le mouvement est parti de la ville industrielle de Tuzla. Aux 600 chômeur.se.s des premières heures se sont joint.e.s les travailleur.se.s d’usines qui ont été privatisées et placées en liquidation par leurs repreneurs. De nombreux.ses jeunes se sont également joint.e.s à la mobilisation, les jeunes étant les plus touché.e.s par le chômage (40% de la population active est concernée).

Le slogan qui a fédéré les manifestant.e.s, « Qu’ils s’en aillent tous ! », était adressé aux dirigeant.e.s politiques de la Bosnie. Depuis l’éclatement de la Yougoslavie, et la fin de la guerre qui a suivi, ceux-ci n’ont cessé de mener des privatisations sauvages, afin de faciliter la domination du pays par les capitaux étrangers. Pire ! Ils se sont accaparés les biens publics soit disant au nom de la transition économique, phénomène hélas très présent dans l’ensemble des pays d’Europe de l’est.

Le mouvement, qui exige la remise à plat des privatisations, a dépassé le cadre des simples revendications économiques, et exige la démission de l’ensemble du cercle dirigeant, à tous les échelons. Un cercle dirigeant qui semble complètement dépassé. Les gouvernements des cantons de Tuzla et de Zenica-Doboj ont donné leur démission, le premier ministre du canton d’Una-Sava s’est semble-t’il enfuit avec sa famille à l’étranger. La situation est telle que la possibilité a été évoquée de faire sortir les troupes de la mission européenne Eufor (présente depuis la fin de la guerre sur le territoire bosniaque) pour reprendre le contrôle de la situation. Cette thèse ne fait que révéler les intentions des pays impérialistes qui, sous couvert d’éviter un nouveau conflit ethnique, cherchent à assurer leur domination dans les Balkans.

Mais plus important que tout, alors que la crise du capitalisme agite de plus en plus le spectre des idéologies réactionnaires et fascistes, la mobilisation en Bosnie dépasse les barrières ethniques. 20 ans de haine entre les communautés musulmane, croate et serbe, entretenues par la classe dirigeante, ont été dépassées. Les travailleur.se.s de toutes les nationalités luttent ensemble pour leurs intérêts communs. Plus que jamais, partout dans le monde, et en particulier dans l’Etat français au sein duquel nous militons, nous devons prendre exemple sur la lutte des peuples de Bosnie pour fédérer le prolétariat et les larges masses populaires, loin des mots d’ordre réactionnaires.

La revendication des manifestant.e.s de l’abolition des cantons et des divisions administratives inquiète les nationalistes de tous les camps, en particulier ceux de la composante serbe de la Bosnie, qui ont récemment été convoqués à Belgrade. Les sentiments nationaux dans les Balkans qui autrefois animaient les luttes contre les oppresseurs ottomans, autrichiens et fascistes, n'ayant jamais vraiment débouché sur une lutte révolutionnaire contre la bourgeoisie du fait de la politique titiste, ont laissé la place à des nationalismes chauvins et meurtriers, qui n'ont fait que diviser les peuples au profit de l'impérialisme. La lutte de libération nationale menée alors par les peuples yougoslaves a été détournée par Tito de l'étape vers laquelle elle doit se diriger : la révolution prolétarienne et la construction du socialisme et du communisme. Mais ce nationalisme ne suffit visiblement plus à désorienter la colère des masses, et c'est sous le mot d'ordre « mort au nationalisme » que les manifestant.e.s ont défié leurs oppresseurs.

Nous, militant.e.s communistes, ne pouvons que soutenir ce mouvement ainsi que la lutte des peuples de Bosnie, et espérons qu’il s’étendra dans tout l’espace de l’ex-Yougoslavie, et bien au-delà !

MORT AU NATIONALISME REACTIONNAIRE !

A BAS LE CAPITALISME ET SES LAQUAIS !

EN BOSNIE COMME AILLEURS, UNITE POPULAIRE !!

SOUTIEN AUX MANIFESTATIONS EN BOSNIE

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International

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Publié le 18 Mars 2014

Elections ?
ABSTENTION !

Notre avenir n'entre pas dans leurs urnes,
alors prenons le en main !!

Les élections municipales se rapprochent et les différent.e.s candidat.e.s semblent engagé.e.s dans une course contre la montre : chacun.e cherche à être celui ou celle qui sera le ou la plus visible, qui évoquera le plus de « problèmes », qui ira voir la population le plus souvent … Les campagnes électorales ressemblent à un marché dans lequel les candidat.e.s tentent de proposer le plus de « cadeaux » possibles pour attirer le ou la « client.e ». « Cadeaux » imaginaires dans 99% des cas.

Tout ce cirque est ridicule ! Les politicien.ne.s se servent de nos problèmes pour être élu.e.s, ils nous font croire qu'ils y prêtent attention, mais n'essaient jamais de les résoudre vraiment.

Ils en seraient d'ailleurs tout à fait incapables puisque cette crise fait partie du déroulement logique du système capitaliste. Or ces élu.e.s se donnent pour objectif de tenir les murs d'un système capitaliste pourrissant. Ils sont bien trop occupés à défendre les intérêts de la classe d'exploiteurs qui les nourrit et les finance pour pouvoir prendre en considération ceux des classes populaires.

Les dirigeant.e.s sont très fièr.e.s de leurs élections qui leur permettent de faire perdurer une illusion de démocratie et de renforcer le pouvoir d'une minorité. En réalité, les élections sont une soupape,qui leur permettent d'apaiser les tensions et de contrôler le peuple en colère en tentant de lui faire croire qu'ils pourraient « améliorer » le système.

Les classes populaires ne sont pas dupes, elles ont très bien compris qu'elles n'ont aucun intérêt à aller voter !

On remarque le décalage entre les populations jeunes, peu ou pas diplômées, issues des quartiers populaires d'une part, et les populations plus aisées d'autre part. Dans les faits, les ouvriers, employés et chômeurs s'abstiennent massivement.

Les classes populaires ont arrêté de croire aux illusions de démocratie du système électoral et choisissent de s'abstenir puisqu'aucun parti ou homme/femme politique n'est en mesure de défendre leurs intérêts. Les différents partis, de gauche comme de droite, rivalisent en terme de politique sécuritaire, raciste, sexiste et de casse des acquis sociaux. Pendant ce temps là, la situation continue de se dégrader. Nous ne pouvons faire confiance à ces dirigeant.e.s capitalistes !!

Nous voyons très bien que tout le système électoral est intégralement tourné vers le maintien au pouvoir du capital financier qui ne défend que ses propres intérêts, et dont les politiciens sont les exécutants corrompus.

Nous refusons précisément de rentrer dans ce jeu là. Nous soutenons la dynamique abstentionniste des classes populaires, et appelons nous-mêmes à l'abstention pour amplifier cette dynamique !

L'abstention est quelque chose de politique. Elle est un moyen d'exprimer son opposition et sa défiance au système en place. Elle permet de rendre encore plus visible et flagrante l'illégitimité du pouvoir et des institutions ainsi que l'a nature factice de la « démocratie » dans l'Etat français.

La seule possibilité pour défendre nos intérêts, c'est la lutte !

Voter tous les cinq ans pour savoir quel est le groupe de capitalistes qui va nous piétiner, est-ce cela la « démocratie » ? Pour revenir, jusqu'au prochaines élections, à l'acceptation passive et routinière d'un système que nous rejetons ?

Non, les élections ne sont pas la seule façon possible d'agir et d'influer sur le cours des choses. Outre l'abstention en période électorale, nous prônons de tout autres modes d'action pour défendre nos intérêts, les intérêts du peuple et nous revendiquons la lutte pour s'opposer à ce système antidémocratique !

Nous, militant.e.s communistes, ne voulons pas amender ce système pour l'améliorer. Nous ne croyons pas qu'il suffit d'en changer tel ou tel aspect secondaire pour le rendre vivable ou acceptable. Nous voulons abattre ce système fondé sur l'exploitation et la soumission d'une partie de la population au profit de l'autre.

De fait, nous dénonçons tous les partis électoralistes qui ne cherchent qu'à renforcer, de différentes manières, la même classe, celle de la bourgeoisie.

Ils disposent des moyens de production et de l'appareil d'Etat, mais nous avons la volonté farouche de nous libérer du joug capitaliste !

Nous appelons à nous organiser pour lutter, non pas dans les urnes, mais dans les quartiers, dans les usines, dans les universités, et partout où nous pourrons nous battre pour nous libérer de l'oppression bourgeoise !

Aujourd'hui, Abstention de masse

Demain, Action de masse !!

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Rédigé par OC Futur Rouge

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Publié le 18 Mars 2014

Suite à notre appel à manifester, nous nous sommes rassembléEs devant le Palais Beaumont. Après être restéEs assisES pendant moins de 5 minutes, nous avons été évacuéEs manu militari à l'aide de clés de bras, etc par les forces de police (BAC et Police Nationale), sans avoir pu mener la moindre action, et afin de "laisser arriver l'autorité dans la sérénité”. Faisant part de notre désapprobation et voulant faire valoir nos (soit-disant) droits démocratiques, nous avons eu droit à des phrases du type "tu vas fermer ta grande gueule sinon je te mets une boîte” (agent de la BAC) et autres menaces. Il est nécessaire de préciser que, parmi les personnes encadrées par la police, était présent un enfant de 9 ans. Nous avons par la suite subi un contrôle d'identité totalement injustifié sous la menace d'être "amenéEs au commissariat”. C'est sous la bonne garde d'une quinzaine de policiers/ères nationaux/ales et d'une dizaine de CRS que nous avons été amenéEs à environ 300 mètres du Palais Beaumont, devant la conciergerie du Lycée Louis Barthou. Là, nous avons déployé notre banderole dont le slogan était "PS, Valls, on n'oublie pas : expulsions, Rroms, Georges Abdallah, Aurore Martin, solidaire de l'État d'Israël. La vergonha !” co-signée par Libertat ! et l'Action Antifasciste de Pau. Nous étions alors sous la surveillance du gros du contingent policier déployé pour l'occasion.

On voit là une nouvelle fois* la démocratie du PS – pas plus glorieuse que celle de l'UMP – et la répression qui caractérise depuis toujours l'État français jacobin, dans son refus catégorique de laisser s'exprimer tout dialogue et toute opposition progressiste, bien qu'elle fut pacifique. Ainsi, l'image qui pourra ressortir de la venue de Manuel Valls, de David Habib (candidat PS à la Mairie de Pau) et du PS dans les médias, sera celle de monarques dans leur fief. On remarquera le passage éclair de Martine Lignères-Cassou (Maire PS actuelle de Pau) et son mépris total pour les manifestantEs, interditEs de séjour devant le lieu du meeting.

Nous ne nous laisserons pas intimider

par ces méthodes dignes d'un autre temps,

ni par la censure de toute opposition !

L'État a fait son boulot, nous saurons faire le nôtre !

* Nous avions déjà été arrêtés suite à l'occupation du local du PS en Octobre 2013, action menée en solidarité avec Georges Abdallah.

Action Antifasciste Pau, Libertat, OC-FR, Kimetz

 Venue de Manuel Valls à Pau : un nouvel épisode répressif.

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Pau

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Publié le 15 Mars 2014

Lyon 2 avait porté plainte fin 2010 pour « harcèlement moral » ( !) et « intrusions non autorisées dans les campus, en vue de troubler l’ordre public », contre Sophie Perrin, salariée en reprise d’étude et élue syndicale en conseil d’UFR, qui venait d’y être évincée de l’accès en thèse après un master (ex-DEA) obtenu avec mention très bien, en anthropologie, sur un sujet peu étudié, et de ce fait mal connu : les violences sexuelles incestueuses, en France.

Cette plainte était conjointe d’arrêtés pris par le président de l’université, et interdisant tout accès physique aux campus à Sophie jusqu’au verdict pénal définitif.

Or, ne restaient, suite aux auditions policières de Sophie, comme motif d’inculpation jugé viable, que…ces intrusions non autorisées (non autorisées, du fait des arrêtés d’interdiction administrative, rendus possibles juridiquement par l’existence de cette plainte… ! ).

Quand le coupable se pose en victime :

le Parquet n’y voit que du feu, le TA aussi…et nous ?

Malgré cette utilisation, pourtant clairement dévoyée, du système judiciaire, Sophie n’a obtenu l’annulation des arrêtés d’interdiction qu’en appel, auprès du tribunal administratif, puis a du également aller en appel au pénal pour que l’université soit entièrement déboutée de sa plainte (par la 4e Chambre d’Appel correctionnelle de Lyon).

Bilan : deux ans et demi d’interdiction totale d’accès aux campus pour Sophie, dont un an supplémentaire du fait de son appel de la décision pénale de 1ère instance ; une réputation ruinée par l’étiquette de « harceleuse » dans le monde universitaire, mais aussi, souvent, dans les sphères militantes connexes, quasi-absentes de la solidarité autour de notre camarade.

Lyon 2 déboutée de sa plainte, Sophie le doit surtout à sa ténacité à avoir voulu faire appel !

Et cette victoire nous sert à tou.te.s, car elle produit une jurisprudence qui affirme que les lois sécuritaires, d’adoption récente, utilisées dans cette plainte, ne peuvent s’appliquer aux établissements d’enseignement supérieur pour en restreindre l’accès arbitrairement.

L’Université reste ainsi un lieu ouvert à tou.te.s, et non uniquement à des personnes ayant payé des droits d’entrée comme c’est le cas dans le privé.

Une victoire en demi-teinte :

aller en Cassation sur le reste, c’est nécessaire !

Adossée début 2011 à la plainte de l’université, celle de l’ex-codirectrice de mémoire de master de Sophie elle-même : une sociologue de Lyon 2, qui affirme avoir été victime notamment d’appels téléphoniques « malveillants » de Sophie.

Cette sociologue n’hésite pas, dans ses PV de police, à expliquer que Sophie est sujette à

« des crises de protestation ayant pour objet le pouvoir. Je vous informe qu’elle est très impliquée dans le mouvement syndicaliste et anarchiste ».

Quelle base matérielle à son accusation de malveillance ?

- Des SMS, reçus au lendemain de l’entretien avec le président de Lyon 2 du 10/09/2010, qui fait comprendre à Sophie qu’elle n’entrera pas en thèse cette année, car en fait ses directeurs.trices de mémoire l’ont lâchée. SMS qui ne trouveront que le silence de la sociologue en réponse.

- Un unique appel téléphonique, le 4 février 2011 à 7h du matin, effectué par Sophie dans le but de questionner de vive voix cette enseignante en qui elle avait placé sa confiance, à propos de ce qu’elle laissait faire par son silence dans cette affaire : son éviction, et également les menaces que « cela se passe très mal » si elle osait encore venir dans les campus, proférées la veille à son encontre par des vigiles sur le campus de Bron.

Mais n’ayant, in fine, que…le silence du répondeur, Sophie craque, et profère alors des insultes, après avoir demandé : « vous trouvez ça normal que les vigiles me menacent de violences si je reviens dans les campus ? ».

Dans ses PV de police, la sociologue commentera simplement, à ce propos :

« Elle [Sophie] adore contrer les règles. Par exemple, elle est exclue des locaux et du coup elle ne fait que venir à l’université d’où elle se fait raccompagner par les agents de sécurité se faisant passer pour une pauvre étudiante que l’on empêche de poursuivre ses études ».

Sophie, en appel comme en première instance, a été condamnée à 2 mois de prison avec sursis mise à l’épreuve de 18 mois, obligation de soins psychiatriques et interdiction d’entrer en relation avec cette enseignante, ainsi qu’à des dommages intérêts importants à lui verser (1000 euros).

Et ce, sur la base d’une pièce non communiquée à la défense par le Parquet : le courrier de cette sociologue, daté du 8 février 2011, soit 4 jours après l’unique appel téléphonique de Sophie, qui l’accuse semble-t-il de multiples appels téléphoniques où elle pousserait « des hurlements et des grognements de folle » ( !).

D’où vient la malveillance ? La question peut être posée.

Traînée en correctionnelle comme une délinquante, Sophie attend toujours, en revanche, que le Parquet donne réponse à ses plaintes contre Lyon 2 : la première, pour la censure, illégale, de ses adresses mails, revendiquée noir sur blanc par l’université, attend ainsi depuis deux ans et demi, malgré les preuves matérielles jointes !

Les mandarins, du balai !

Parce qu’il n’est pas acceptable que l’accès en thèse soit compromis par les négligences de directeurs de mémoire !

Parce qu’il n’est pas acceptable de percevoir des dommages-intérêts pour avoir avec succès traîné quelqu’un dans la boue et ruiné ainsi ses possibilités de poursuivre son cursus !

Parce que la plainte de cette sociologue n’est pas indépendante de celle de Lyon 2, et sert au contraire à la renforcer !

Nous demandons toujours l’entière réhabilitation de Sophie Perrin, dans l’université et en-dehors.

Nous demandons également sa réintégration en doctorat immédiate au sein de Lyon 2, et des possibilités concrètes de postuler pour des allocations de thèse malgré son âge, qui la handicape bien plus qu’il y a 3 ans en arrière (où elle avait moins de 35 ans).

C’est pourquoi nous vous appelons, en solidarité, à participer à la collecte de soutien

Pour financer les frais d’avocat de Sophie (appel + Cassation), en envoyant vos chèques à l’ordre de la CGT éduc’action, Bourse du Travail, 69422 Cedex 03, mention : solidarité Sophie Perrin (ou virement sur le compte n°10278 07390 00019010840 74 avec men­tion en objet « soli­da­rité Sophie Perrin. »).

Premiers signataires : CGT éduc’action, OC-FR (Organisation Communiste Futur Rouge), CLAS (Collectif Libertaire Anti-Sexiste), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), SUD Travail UT-69, CGT Vinatier

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #lyon, #Répression

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Publié le 7 Mars 2014

Face aux violences sexistes, construisons la solidarité !

 

Le capitalisme pourrissant est un système barbare qui engendre misère, guerres. Pour se maintenir, la bourgeoisie nous divise par sa propagande raciste, sexiste, promeut l'individualisme. Manquant de tout, et surtout de conscience collective de ses intérêts communs, le peuple est traversé de contradictions qui s'expriment violemment. Malgré tout, la révolte gronde et si besoin est, la bourgeoisie fait tomber sur les prolétaires les foudres de la répression policière, patronale, judiciaire, fasciste. Celles et ceux qui cherchent à construire l'unité et la solidarité au sein du peuple, affrontent les capitalistes et leurs nervis sont particulièrement visé-e-s par cette répression.

Tous les prolétaires ne subissent pas les mêmes violences, car tou-te-s ne sont pas soumis-e aux mêmes oppressions. Les oppressions spécifiques naissent par exemple des rapports de domination entre pays impérialistes et pays dominés, justifiés par une idéologie raciste. Ou de la division sexuée du travail qui fonde la structure patriarcale de la société. Le patriarcat structure l'économie familiale, modèle nos corps, notre caractère, les valeurs morales régissant les rapports de genre. Il s'impose par la propagande sexiste et hétérosexiste, l'éducation genrée, une surveillance collective et soupçonneuse de notre conformité à ces modèles de féminité et de virilité et aux comportements qui en découlent. Celles et ceux qui cherchent à échapper à ce carcan subissent la répression. Une femme agressée dans la rue, le soir, l'est parce qu'elle n'est pas à sa place dans l'espace public, que sa place est à la maison. Un-e trans viré-e de son taf lorsqu'il ou elle entame sa transition l'est parce qu'il ou elle remet en cause le caractère naturel du genre.

Cette répression prend des formes spécifiques. Par exemple celle d'une condamnation morale, d'une stigmatisation et d'une exclusion sociale de celles et ceux qui sortent des clous. Bien souvent elle prend le tour criminel d'atteintes à la plus profonde intimité des individus, utilisant la sexualité pour en faire un acte de dégradation, de domination. Cette répression est socialement admise car notre culture est l'expression des rapports patriarcaux. Notre culture envisage les rapports de genre et sexuels comme inégalitaires, oppressifs entre un homme qui baise et une femme qui se fait baiser. D'où l'une des origines de l'homophobie : le mépris devant des hommes qui ne sont pas loin d'être ravalés au rang de femmes.

Répression politique et sexiste

Militant-e-s femmes et LGBTIQ subissent cette violence quotidienne du patriarcat, sont sous la menace constante d'être puni-e-s pour avoir osé, en l'affirmant politiquement, remettre en cause ce carcan hétéro-normé et sexiste patriarcal. Mais de plus, dans le cadre de leur activité politique, pour les réprimer politiquement, la bourgeoisie est capable d'utiliser les armes que le patriarcat lui offre pour les briser. La répression politique se double d'une répression sexiste.

En tant que militant-e femme ou LGBTIQ, être agressée sexuellement a une dimension particulière. Militer, c'est s'exposer, entrer de force dans la sphère publique, et les fils du patriarcat n'oublient jamais de nous rappeler que ce n'est pas sensé être notre place.

L'agression sexuelle, au même titre que les agressions physiques ou morales ont un caractère politique qu'on ne doit pas omettre. Agresser sexuellement une militante, c'est s'attaquer à une femme, à ce qu'elle a de plus intime, à son courage d'être politisée et engagée; dans un seul but : l'affaiblir, la faire taire, la punir. Les fascistes et la police ont eu plusieurs fois recours à ce genre d'attaques pour écarter des militantes de leur chemin.

Les militant-e-s progressistes et/ou révolutionnaires qui n'ont pas le courage de se confronter à cette situation, à ce traumatisme et qui le renient, dénient, ignorent ou attaquent ne font que suivre le chemin tracé par nos ennemis, en ne soutenant pas leur camarade, en ne traitant pas collectivement les traumatismes.

Ne détournons pas le regard !

Confronté à la violence, notre milieu peut avoir tendance à refuser de la regarder en face, refuser de l'évoquer, de la traiter, la refouler. Nous devons apprendre à dépasser ce réflexe d'auto-protection car la violence du récit n'est rien par rapport à la violence que la victime a elle-même vécue. En tant que communistes, nous ne pouvons pas refuser de nous confronter à la violence de la société capitaliste et patriarcale, car refuser de voir, d'entendre, c'est se priver des moyens de résoudre ces contradictions et c'est légitimer les violences les plus graves. Ce n'est pas en refoulant que l'on combat.

Inversion de la culpabilité et minimisation des crimes

La véracité du non-consentement des victimes d'agression sexuelle est systématiquement remise en cause. Menteuse, manipulatrice, provocatrice, voilà comment l'on qualifie les agressé-e-s. Une fois identifiée comme telle, toutes les occasions sont bonnes pour rappeler à une victime qu'on la considère comme « dégradée ». Son jugement est systématiquement remis en cause, sa parole devient forcément paranoïaque, une exagération ou elle est traitée de folle. L'indifférence, la minimisation des faits, refuser d'appeler un chat un chat (appeler un viol un « truc »), s'agacer devant les symptômes de stress post-traumatiques des victimes sont des comportements banaux. Les rires face aux récits d'agression sexuelle, rires graveleux, grivois, sont révélateurs de la façon dont la société bourgeoise et patriarcale envisage les relations sexuelles. Nous, communistes, voulons représenter l'intérêt et être la voix des exploité-e-s et des opprimé-e-s. Minimiser les faits de violence sexiste, c'est porter la position d’oppresseurs à l'aise dans leur rôle d'oppresseur. Pour nous, un crime est un crime, pas quelque chose dont on peut rire, pas quelque chose que l'on peut minimiser.

Ne soyons plus complices des violences sexistes

Ces discours de stigmatisation des victimes de violences sexistes ont de plus une fonction répressive. Dans les milieux militants existent des rapports de domination, d'autant plus cachés que tout un chacun se prétend antisexiste et que la culture libertaire entretient le mythe d'organisations horizontales. Nier qu'il existe des rapports de pouvoir dans une organisation, c'est laisser faire la spontanéité qui laisse à ceux qui de part leur classe, leur genre, leur origine, leur orientation sexuelle les rôles décisionnels et crée des situations oppressives.

Chaque parole publique dénonçant des rapports/violences sexistes est une brèche dans la société patriarcale. Elle renvoie les hommes à leur peur d'être accusés de violence à leur tour. La peur qu'une parole en entraîne d'autres, remettant en cause les rapports de pouvoir tels qu'ils existent dans les groupes militants peut entraîner à chercher à étouffer la parole des victimes. Il faut punir, en niant la véracité, en renvoyant la culpabilité à la victime, chaque victime de violences sexistes qui s'exprime. Faire taire, c'est faire comprendre à tou-te-s qu'elles ne doivent pas parler. Faire taire les victimes, c'est participer à la perpétuation des violences sexistes. En être complice.

Affrontons les violences sexistes et construisons la solidarité

Pour l'OCFR, la question du patriarcat n'est pas une question secondaire, c'est une question politique, nous voulons mettre fin à la division genrée du travail. C'est parce que nous osons regarder la violence du capitalisme en face que nous ne pouvons plus vivre dans ce monde. Refuser de traiter ces violences, ou très mal les traiter, c'est coincer les victimes entre une double injonction : une injonction de se taire, et une injonction de se battre, seule, face à une justice bourgeoise elle même gardienne de l'ordre bourgeois et patriarcal. Comment pourrions nous imaginer mettre fin au patriarcat si nous ne sommes pas capables d'affronter la répression violente et terroriste qu'il fait tomber sur celles et ceux qui cherchent à lui échapper, femmes, LGBTIQ ?

La première justice que nous pouvons rendre aux victimes, c'est déjà de reconnaître socialement dans nos milieux les violences qu'elles ont subi. Affrontons leur récit sans nous boucher les oreilles, soyons à l'écoute de leurs souffrances et traitons les collectivement. Ne les considérons pas comme dégradées, folles, paranoïaques, mais comme des victimes de la répression bourgeoise et patriarcale. Notre rôle est d'être présent-e-s pour la victime, de l'aider à se remettre du trauma, sans l'assister ou l'oppresser. C'est dans cette démarche-là, et cette seule démarche que le groupe en ressortira plus fort pour continuer la lutte.

Soyons conscient-e-s des risques répressifs spécifiques vis à vis des femmes et LGBTIQ, ayons à l'esprit la guerre qui leur est faite pour qu'ils/elles restent à leur place dans le patriarcat, et veillons à nous protéger collectivement de cette violence. Promouvons la solidarité et l'organisation des femmes et des lgbtqi dans des organisations spécifiques à mêmes de les sortir de l'isolement, de ne plus faire seul-e face aux violences, mais de s'en prémunir collectivement, de rendre visibles les revendications spécifiques à ces groupes.

Nous agissons dans un contexte où les violences sociales générées par la crise du capitalisme frappent de plein fouet les individus, où la solidarité de classe est à reconstruire, où nos organisations sont encore faibles. Ces violences nous fragilisent. Nous devons savoir les traiter collectivement, être solidaires pour permettre à chacun-e de retrouver la maîtrise de sa vie ballottée par le système capitaliste. Devenir militant-e communiste, c'est comprendre les règles du système capitalisme et se saisir des armes politiques qui le détruiront. C'est ne plus se laisser porter par les événements, c'est en être acteur. Nous, communistes, considérons chaque militant-e, chaque prolétaire, comme précieux ou précieuse, comme étant capable d'apporter dès aujourd'hui dans la lutte pour la révolution et de nous aider à bâtir une société débarrassée de l'exploitation et des oppressions. Nous ne bâtirons pas la révolution ni le socialisme en piétinant le corps de nos camarades.

 

Face à tous les crimes de la bourgeoisie, face à tous les crimes sexistes, la première justice que nous avons à faire est celle de la reconnaissance sociale de ce crime dans nos milieux et nos organisations !

Face aux violences sexistes et fascistes, construisons la solidarité de classe !

 

Face aux violences sexistes, construisons la solidarité !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Homophobie, #Antifascisme, #Répression

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Publié le 4 Mars 2014

Les militant(e)s anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont été confronté(e)s une fois de plus à la répression et aux flics de Valls. Mobilisation massive des CRS, militarisation du centre-ville de Nantes, interdiction de la manif’ ; des scènes qui rappellent l’Opération César et l’occupation militaire de la Zone pendant six mois sans interruption, avec son cortège de centaines de blessé(e)s, d’interpellé(e)s, de lourdes condamnations -parfois à de la prison ferme-, sa destruction de lieux de vie (ferme des Planchettes).

Face à la répression violente dont ils -elles- sont victimes depuis des années, les zadistes se sont défendus en attaquant quelques lieux symboliques du capitalisme et les flics présents en masse (8 flics blessés), immédiatement dénoncés par la Préf’ et par toute la composante petite-bourgeoise (EELV, Cedpa) de la lutte. A cette heure, nous avons le chiffre de 14 camarades interpellé-es.

L’OC-FR soutient la lutte des anti-aéroport et le(s) camarade(s) interpellé(s). La lutte contre l’aéroport ne concerne pas uniquement les paysans et les zadistes ; cette lutte concerne tous les travailleurs. Nous voulons la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme, mais si c’est pour vivre dans un monde de béton, à quoi bon ?

Nous ne condamnons qu’une seule conduite ; celle qui consiste à traiter nos camarades de « casseurs ». Qu’est-ce que quelques vitres brisées ou taguées, que quelques flics touchés par des pavés comparés aux centaines de blessés de l’opération César, à la répression judiciaire, aux cabanes rasées, à la destruction de milliers d’hectares de bocage ?

Nous nous moquons bien du droit et de la légalité bourgeoise ; la lutte prolétarienne doit utiliser tous les moyens à sa disposition, légaux ou pas, légitimes -aux yeux de la bourgeoisie- ou pas.

Nous n’avons pas à respecter les règles que nos ennemis de classe, que les exploiteurs, nous imposent ; nous n’avons rien à gagner et tout à perdre en s’inclinant devant la Préfecture, l’Etat et la bourgeoisie.

Il faut être un(e) petit(e)-bourgeois(e) pour se permettre de condamner la « violence » des Zadistes. Il faut n’avoir jamais vu les flics à l’œuvre sur la ZAD pour ne pas comprendre que tendre l’autre joue est suicidaire, dans cette lutte comme dans toutes les autres.

Il faut n’avoir aucune idée de ce qu’est un rapport de force pour se permettre de rejeter la violence ; si, aujourd’hui, il y a encore des cabanes, des potagers et des agriculteurs sur la ZAD, c’est parce qu’il y a des militant(e)s qui ont osé s’opposer physiquement aux flics et aux pelleteuses de Vinci, et pas seulement grâce à une poignée de politicards et de petit(e)s-bourgeois(e)s et à leurs discours citoyennistes ou républicains.

Il faut n’avoir aucune conscience de classe pour non seulement ne pas soutenir les militant(e)s victimes de la répression mais en plus faire le jeu de la Préfecture et de l’Etat en les traitant de « casseurs ».

Il faut n’avoir aucune connaissance de l’histoire pour ne pas voir que toutes les évolutions, que toutes les luttes, de la Commune à la guérilla Naxalite indienne en passant par le Chiapas, les Asturies et toutes les luttes ouvrières et prolétariennes ont nécessairement utilisé la violence comme arme de classe.

-Nous appelons tous les travailleurs(euses) et les militant(e)s, de l’Etat français ou d’ailleurs, à soutenir la lutte des zadistes et les camarades interpellé(e)s.

-Nous demandons à toutes les organisations, collectifs et partis engagés dans la lutte de soutenir clairement nos camarades victimes de la répression.

Contre les flics de Valls et le capitalisme, ici comme ailleurs, résistance et révolution prolétarienne !

Contre la répression, solidarité prolétarienne !

Casseurs tant qu’il le faudra !

Notre-Dame-des-Landes : contre la répression, solidarité !

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Rédigé par OC Futur Rouge

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