Publié le 23 Avril 2014

Pendant des années, les médias nous ont matraqué le mot d'ordre de solidarité avec le peuple syrien en butte à la répression du régime de Bachar Al Assad... Parti d'un mouvement populaire à Homs contre les réformes libérales de Bachar Al Assad, la situation en Syrie est rapidement devenue le reflet des contradictions inter-impérialistes. Les impérialistes ont toujours joué sur les divisions religieuses, claniques pour diviser les peuples syriens et libanais et tâcher de leur imposer leur domination.

Etre solidaires signifiait pour l'Etat français envoyer des troupes et bombarder la Syrie. L'Etat français n'a pas reçu le soutien d'autres impérialistes dans sa volonté d'attaquer la Syrie. Les américains sont déjà embourbés dans suffisamment de conflits, quant à eux, pour risquer de s'attaquer à la Syrie avec les conséquences qui en découlent. En effet, d'autres impérialistes, comme les russes, s'opposaient à cette intervention. Depuis, des violences en Syrie, ne sont plus évoquées dans les médias.

Pourtant, le chaos semé par les impérialistes continue de faire des ravages en Syrie. Les jihadistes sont des mercenaires incontrôlables que l'Etat français n'a pas hésité à utiliser en Lybie, amenant le chaos au Mali et qu'elle continue à utiliser en Syrie.

Les impérialistes français forcent des populations à quitter leur pays pour fuir la misère et la terreur engendrée par la guerre. De l'arrivée de malien-ne-s qui ont fui la Lybie dans l'Etat français, de là aujourd'hui l'arrivée de syrien-ne-s.

Passé-e-s par l'Algérie, le Maroc, Ceuta et Melila, 150 syrien-ne-s, dont une majorité d'enfants en bas âge, ont atterri la semaine dernière à Saint Ouen dans le 93. La préfecture ne leur a pas expliqué leurs droits, ils ont été livrés à eux et elles mêmes, sans avoir été inscrit-e-s comme demandeurs d'asiles, sans que la moindre démarche administrative aie été effectuée et se sont réfugiés dans un parc de la ville. Depuis, sans tente, sans point d'eau, sans sanitaires, les réfugié-e-s occupent ce parc, abandonnés par les pouvoirs publics. Le nouveau marie de St Ouen, William Delannoy, semblait « trop fatigué » ce week-end pour se préoccuper du sort de femmes enceintes et de nourrissons. Heureusement, les associations ont permis aux réfugié-e-s de trouver des hôtels, mais leurs deniers ne sont pas intarissables et ce n'est pas elles d'assumer la totalité de la prise en charge de ces réfugié-e-s.

C'est pourquoi un rassemblement a été organisé mardi 22 avril. La préfecture s'est rendue sur place et a expliqué qu'ils n'avaient pas de solution immédiate à proposer, que puisque certain-e-s s'étaient acheté des voitures (pour y dormir), c'est qu'ils avaient de l'argent, qu'il fallait connaître la situation cas par cas pour pouvoir agir. L'urgence, ce n'est pas les démarches administratives. L'urgence, ce n'est pas le recensement, la connaissance cas par cas, car dans tous les cas, pour les réfugié-e-s, c'est un toit qui est l'urgence.

Partis en cortège à la mairie pour obtenir l'ouverture d'un gymnase, la délégation reçue s'est vue offrir 1200 euros pour passer la nuit ce qui fait 6 euros par personne. Le maire a expliqué que pendant les vacances des cours de sport se tenaient dans les gymnases, mais l'excuse paraît grosse quand des enfants dorment eux à la rue. Le maire n'a trouvé rien de mieux à faire que de renvoyer la responsabilité au ministère des affaires étrangères.

Dans un pays qui expulse les familles rroms de leurs campements plusieurs fois par ans, à quel traitement peut on s'attendre vis à vis de ces réfugié-e-s ? Dans une municipalité où la précédente, Front de gauche, expulsait il y a quelques mois 700 rroms, que peut on espérer d'une nouvelle majorité de droite ?

 

Nous dénonçons l'impérialisme français, responsable du chaos qui règne en Syrie et dans bien des pays. L'impérialisme prend des prétextes humanitaires à ses interventions mais face à la situation de ces réfugié-e-s, nous voyons bien ce qui le préoccupe : permettre aux capitalistes français de faire du profit sur le dos des peuples du monde entier en semant la guerre et la misère autour du globe.

 

 

Nous appelons à la solidarité de classe autour des réfugié-e-s syrien-ne-s, à un nouveau rassemblement à 15h00 au square Edouard Vaillant derrière le formule 1. Nous exigeons une solution immédiate de logement de la part des institutions.

Humanitaire, l'impérialisme français ?  Les réfugié-e-s syrien-ne-s de St Ouen sont là pour en témoigner !

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Saint-Ouen, #logement, #Impérialisme

Repost0

Publié le 9 Avril 2014

Nous assistons à la tenue d'une procédure de justice lancée par Marine Le Pen contre Jean-Luc Mélenchon, où elle l'attaque pour l'avoir qualifiée de « fasciste ». Elle en appelle au délit d'injure, qui est "Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait". Ce procès est capital pour la question de l'antifascisme, il fera jurisprudence (dans un sens comme dans l'autre).

 

Ajout 10 avril: la justice bourgeoise a relaxé Jean-Luc Mélenchon

 

En effet, le terme fasciste n'est pas une terme anodin, une injure, ou une insulte en soi, il est avant tout une caractérisation politique, qui définit une idéologie dont l'existence est réelle, et dont ceux qui s'en revendiquent ont de plus en plus pignon sur rue, avec une complicité certaine de l'Etat.

Si la justice tranche en considérant que la caractérisation politique fasciste consiste en une injure, elle offrira une protection contre ceux qui dénoncent ces partis, ces groupes, ces groupuscules se revendiquant idéologiquement des dictatures réactionnaires, que ce soit d'Italie, d'Allemagne, ou d'ailleurs.

Elle tranchera donc contre le mouvement antifasciste, dont le travail est plus qu'essentiel dans cette période de montée des courants réactionnaires. Ces derniers feront le choix d'attaquer en justice tous/toutes nos camarades pour les empêcher de lutter contre leurs idées nauséabondes. Ils feront tout pour mettre au silence la résistance antifasciste et avoir toute la place sur le champ politique, ayant éliminé leurs adversaires les plus féroces.

L'OC-FR ne défend pas Mélenchon et son parti, elle est en désaccord avec ses conceptions et son programme, qu'elle considère comme profondément réformiste. Cependant, nous considérons qu'il est essentiel de défendre le droit à l'expression politique.

Ravaler le terme de fasciste en rang d'insulte, c'est nier une réalité politique, c'est nier une idéologie, c'est nier un combat pour lequel bien des camarades sont tombés.

L'idéologie fasciste est une nécessité du capitalisme en temps de crise ou de conflit, qu'il soit social ou militaire. Elle est utilisé pour souder la population derrière les parts les plus réactionnaires de la société, pour la mobiliser contre un ennemi, qu'il soit ethnique, politique, militaire, intérieur ou extérieur.

En bref, il sert à liquider tous les droits démocratiques, pour imposer l'ordre par la peur, au service d'exploiteurs chaque fois plus avides.

Le Front national flirte sans cesse avec ces mouvements.

Rappelons l'historique du parti :

Créé en 1972 par Ordre Nouveau, mouvement nationaliste, d'extrême-droite habituellement classé dans le courant néofasciste il utilise notamment la croix celtique comme emblème. Le credo d'Ordre Nouveau était "la renaissance du patriotisme, la promotion d'une hiérarchie des valeurs, ainsi que la restauration familiale et éducative", l'objectif étant de constituer l'ossature d'un futur parti politique ayant vocation à rassembler l'opposition nationaliste de droite en jouant le jeu démocratique.

Et même si Marine Le Pen tente une politique de dédiabolisation de son parti, en interdisant quiconque de le décrire comme étant d'extrême-droite. Selon elle, nous ne devons pas non plus la qualifier de fasciste.

Cependant nous pouvons lire dans leur programme national :

Exaltation du sentiment national : Le Front National n'est pas avare en drapeaux français et couleurs tricolore (affiches, pages FB, sites, conférences, etc.) et insiste sur la priorité nationale dans son programme.

Persécution d'une classe ennemie : expulsion immédiate des sans papiers, baisse de l'immigration, suppression de la possibilité de régulariser les immigrés, suppression du droit du sol, réforme du code de la nationalité française, étrangers en situation légale au chômage renvoyés dans leur pays d'origine, allocations familiales données seulement aux français-e-s et européen-e-s, expulsion des étrangers condamnés pénalement.

Au service d'une classe dominante : pour l'immigration, selon le FN le pays ne devrait accueillir que l'élite des autres, ils ne défendent pas une société sans classe, en revanche ils prétendent « l'abolir » en la soudant autour du drapeau.

Répression : politique de la tolérance zéro, peine de mort rétablie, augmentation des effectifs de force de l'ordre, politique de renseignement, pression policière dans les cités et "bassins de criminalité".

La politique de normalisation du parti passe par abattre les brebis galeuses du moment qu'elles sont médiatisées. Parmi elles, citons :

  • Anne-Sophie Leclere (publication sur FB d'une image comparant Taubira à un singe + propos tenus sur le même sujet sur Envoyé Spécial)

  • François Chatelain (publication sur FB référence à l'occupation nazie – image d'un drapeau israélien en train de brûler avec écrit Ici c'est la France)

  • Joris Hanser (a référé la victoire du FN à l'occupation)

  • Jean-François de Brugière ( a soutenu l'adolescente ayant comparé Taubira à une guenon)

  • Alexandre Gabriac (photo de lui,bras tendu devant un drapeau nazi)

  • Nicolas Reynès (renvoi à un site eugéniste à la gloire de la race blanche sur FB)

  • Jacques Coutela (2011) : mis en examen pour incitation à la haine raciale suite à son apologue d'Anders Breivik, auteur des attentats d'Oslo

  • Stéphane Poncet (écarté pour avoir publier sur son blog des caricatures polémiques mais réinvesti depuis).

Mais certain-e-s ont été condamné-e-s mais restent en place, comme :

  • Patrick Bassot (2012) : amende pour incitation à la discrimination, à la haine et à la violence à l'encontre des immigrés

  • Patrick Binder (2010-2011) : condamné pour injure publique et provocation à la haine raciale, déjà condamné en 2004-2005 pour injures racistes

  • Jean Marie le Pen (2008) condamné pour complicité d'apologie de crimes de guerre et contestation de crime contre l'humanité

  • Julien Sancher condamné à une amende pour avoir hébergé sur sa page FB en octobre 2011 des commentaires à connotation raciste, mais toujours soutenu par JMLP.

 

 

Ni oubli Ni pardon

Riposte Antifasciste

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Antifascisme

Repost0

Publié le 6 Avril 2014

Contre la répression judiciaire et policière, solidarité avec Enguerrand !


Une fois de plus, flics et juges marchent main dans la main ; après la sauvage répression policière de la manif du 22 février à Nantes –plus de 200 blessés, dont au moins 3 éborgnés-, la justice a raflé 9 suspect-e-s le 31 mars. Les peines sont tombées ; la justice de classe, si laxiste avec les fascistes, les flics et les autres chiens de la bourgeoisie, a eu la main lourde ; malgré le vide des dossiers, les condamnations sont lourdes : 4 mois avec sursis pour un camarade, 4 et 5 mois fermes (mais sans mandat de dépôt) pour deux autres et enfin un an ferme avec mandat de dépôt pour Enguerrand, un camarade accusé d’avoir fabriqué un fumigène.

Cette peine, d’une dureté inouïe comparée aux faits reprochés et à la légèreté des peines prononcées à l’égard des fascistes, suffit à démontrer la nature de classe de la justice ; deux ans ferme pour Kévin Pioche qui a tiré 8 fois sur un concert antifa à Clermont, un an ferme pour une fumigène répondant aux tirs de canons à eau, de flashball et de grenades.

Aujourd’hui plus que jamais, la solidarité militante est une nécessité face à l’Etat bourgeois et ses pantins, qu’ils soient juges, flics ou fascistes. L’Etat cherche clairement, en nous mutilant et en nous emprisonnant, en nous interdisant de manifester, à nous faire peur, à nous pousser à nous taire, à cesser de nous élever contre les capitalistes et leurs nervis, à briser toute forme de contestation.

Pour cela, la bourgeoisie n’hésite pas à fouler ses propres lois ; le camarade Enguerrand a été condamné malgré un dossier vide de toute accusation. Sa condamnation à un an de prison ferme n’est pas l’expression d’une quelconque « justice », mais uniquement de la volonté de faire un exemple afin de briser par la terreur un mouvement qui a compris que la « légalité », la « justice » et « l’ordre » bourgeois ne sont que des chimères, dans la plus belle tradition des procès politiques.

Face à la répression bourgeoise, nous devons renforcer la solidarité de classe ; nous ne devons pas abandonner nos camarades, nous ne devons pas courber la tête et renoncer à lutter, de peur d’être les cibles d’une répression sans cesse plus violente, qui ne prend même plus la peine de se cacher derrière les lois bourgeoises.

Contre la répression judiciaire et policière ;

Contre l’aéroport et son monde ;

Solidarité avec Enguerrand, les mutilé-e-s de 22 février et tout-e-s les victimes de la répression !


La répression ne brisera ni nos luttes ni notr
e solidarité !

Contre la répression judiciaire et policière, solidarité avec Enguerrand !

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Repost0