Publié le 31 Janvier 2015

Victoire du peuple kurde et des peuples de Syrie à Kobane

VIVE LA VICTOIRE DU PEUPLE KURDE ET DES PEUPLES DE SYRIE A KOBANE

 

Au cœur de la longue nuit barbare dans lequel l’impérialisme pourrissant plonge l’humanité, les lueurs annonciatrices de l’aube sont trop rares. La libération de la ville de Kobané, assiégée depuis quatre mois par les miliciens de Daesh, est une de ces lueurs qui nous aide à garder espoir et à continuer le combat. Cette victoire empêchent Daesh de détruire la région de Rojava , où, sous la protection de la résistance kurde, de nouvelles relations égalitaires s’expérimentent entre les communautés de Syrie. Cette victoire n’est pas seulement une grande victoire pour le peuple kurde dont les combattant-e-s ont joué un rôle prépondérant, ‘mais aussi pour les différents peuples de Syrie qui ont participé à la résistance de Kobané (notamment arabes, turkmènes et arménien-ne-s). C’est d’ailleurs cet aspect plurinational de la lutte que Salih Muslim, dirigeant de la résistance kurde, a constamment mis en avant. C’est aussi une victoire pour les nombreux communistes et internationalistes de Turquie et du Kurdistan de Turquie (et d’autre pays, jusqu’au Vietnam !) qui ont participé à la résistance. C’est une victoire pour l’humanité toute entière. Alors que nous célébrons le soixante-dixième anniversaire libération des déporté-e-s d’Auschwitz par l’héroïque armée rouge soviétique, nous nous rappelons de la résistance des combattant-e-s assiégé-e-s de Stalingrad, qui eux/elles-aussi défendaient l’humanité toute entière.

Une victoire pour l’Humanité ne peut qu’être une défaite pour l’impérialisme, car l’impérialisme est l’ennemi de tous les peuples du monde. Il porte en lui la barbarie et la guerre. Certaines personnes se sont étonnées de ce que les bombardements états-uniens aient pu jouer un rôle, même secondaire, dans la libération de Kobané et que les combattant-e-s kurdes aient pu appeler ces bombardements de leurs vœux et s’en féliciter. Les mêmes s’étonnaient il y a quatre-vingt ans que l’Union soviétique passe temporairement une alliance avec les Etats-Unis et l’Angleterre contre les nazis-fascistes. Il semble effectivement que des contradictions soient apparues au cours de ces derniers mois entre les Etats-Unis d’une part, l’impérialisme français et ses alliés turcs, qataris et sionistes d’autre part. La résistance kurde a su tirer profit de ces contradictions et elle a bien fait…

L’impérialisme français, l’un des plus agressifs du monde, misait clairement sur la victoire de Daesh et n’a pas levé le petit doigt pour sauver Kobané. Le seul responsable bourgeois en France (P « C »F excepté) qui a appelé à soutenir la résistance kurde a été le ministre en retraite Kouchner, connu depuis longtemps pour ses liens privilégiés avec l’impérialisme US. Hollande s’est contenté, en octobre, de verser une larme de crocodile sur « ces pauvres gens de Konabé » (sic) pendant que le ministre des affaires étrangères Fabius, réaffirmait le 12 janvier sur la radio d’état (France Inter) que la France avait toujours fait les bons choix en Syrie et se refusait à évoquer les Kurdes. L’impérialisme français, empêché par l’impérialisme russe d’intervenir directement en Syrie et de terminer le démembrement de l’Etat syrien (engagé avec la création artificielle du Liban en 1943 par le protectorat français en Syrie), a armé, financé et entraîné les groupes takfiristes les plus radicaux depuis la Turquie, parce qu’il pensait qu’ils étaient les plus à même de semer le chaos et de détruire l’unité nationale syrienne. Il a facilité le départs des jeunes garçons et filles de France qui rejoignaient Daesh et Jahbat al-Nosra (même si ce phénomène ultra-minoritaire a été grossi par Marine Le Pen a des fin de propagande raciste). En revanche, le projet « confédéraliste » des kurdes de Kobané qui se posaient (avec le soutien de nombreuses forces progressiste et patriotiques en Syrie) comme « le meilleur garant de l’unité nationale syrienne » était un véritable caillou dans le brodequin de l’impérialisme français. La soi-disant « coalition internationale » contre Daesh qui rassemble les Etats-Unis, la France, le Qatar, l’Arabie Saoudite et l’Etat turc est un véritable fourrier de contradictions inter-impérialistes. L’Etat turc a constamment empêché les kurdes de Turquie de défendre Kobané, qui a financé Daesh en lui achetant du pétrole et qui l’a approvisionné en chars d’assauts. Les sionistes profitent de leur côté du chaos pour violer l’intégrité territoriale syrienne et s’attaquer au Hezbollah libanais (qui protège le régime corrompu de Bachar al-Assad, mais aussi les populations civiles chi’ites et alaouites contre les miliciens de Daesh).

La victoire de Kobané est un important symbole : à l’heure ou les musulman-e-s de France (mais aussi l’ensemble des personnes issu-e-s de l’immigration post-coloniale) sont sommée par l’Etat français de se désolidariser des attentats de Paris sous prétexte que l’Islam serait responsable de ces attentats, les peuples du Moyen-Orient s’unissent contre les milices de Daesh, largement perçus comme des mercenaires de l’impérialisme occidental, et notamment français!

L’impérialisme français cherche à promouvoir sa vision essentialiste des peuples moyen-orientaux, et à leur imposer une forme de sécessionnisme confessionnel en les divisant par communautés pour mieux les dominer. Pourtant ces sociétés vivent et luttent. Depuis 30 ans, les organisations progressistes du peuple kurde travaillent à briser les vieilles loyautés féodales et patriarcales pour libérer des énergies politiques nouvelles. La part importante qu’ont prit les femmes dans la libération de Kobané témoigne d’ailleurs de cette dynamique. Surtout, les défenseur-euse-s de Kobané aimaient encore plus la vie que leurs ennemis n’aimaient la mort, et la vie finit toujours par triompher…

Victoire du peuple kurde et des peuples de Syrie à Kobane

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Kobane, #Impérialisme, #Syrie

Repost0

Publié le 28 Janvier 2015

Communiqué en soutien au mouvement au Congo

Des manifestations congolaises de Paris… aux téléphones portables du monde entier.

Samedi dernier, le 24 janvier 2015, les Congolais de France ont manifesté massivement à Paris en soutien au mouvement populaire de leur pays d’origine contre leur président Joseph Kabila.  Celui-ci a en effet entrepris un projet de loi visant à modifier la constitution afin de se maintenir au pouvoir après les élections de 2016. Au-delà de l’injonction à respecter la constitution Congolaise qui interdit le troisième mandat, ce mouvement populaire qui se renforce au Congo et dans la diaspora entend rejeter totalement la politique désastreuse et meurtrière du  président Kabila.

A Kinshasa la capitale, ce mouvement qui rassemble de très nombreux étudiant-e-s et les principaux partis d’oppositions a été durement réprimé : une trentaine de morts par la police la semaine passée, dénonce une organisation congolaise de défenses de droits humains. La répression commence les premiers jours par des grenades lacrymogènes et finit par des balles réelles, mais la police en plusieurs endroits a finie par être débordée par des émeutiers et émeutières bien déterminés. Une mairie a été incendiée mardi 20 janvier, et de nombreux magasins ont été attaqués. Le mouvement s’est manifesté également dans la région orientale du Kivu ou celle méridionale du Katanga, ou la répression violente ne s’est pas fait attendre.

Mais qui est Joseph Kabila ? Que lui reprochent les Congolais ?

Issu d’une dynastie de la bourgeoisie compradore, il avait été désigné comme président après l’assassinat de son père Laurent Désiré Kabila par un de ses propres gardes du corps en Janvier 2001. Joseph Kabila compte conserver le trône tel un roi. Il faut rappeler que depuis Mobutu, le gouvernement de l’ex-Zaïre est toujours resté une affaire de tyrans instrumentalisés par les puissances impérialistes, la France et les Etats-Unis prenant le pas sur l’ancien colonisateur belge. Alors que son père Laurent Désiré avait manifesté quelques résistances aux pouvoirs qui se regroupent derrière l’OTAN et l’ONU, Joseph Kabila a caractérisé son règne par une allégeance zélée à leur égard.

Les ressources minières du Kivu, cible des impérialistes et de leurs soudards sanguinaires

L’enjeu énergétique principal se trouve à l’est du pays, dans la région du Kivu, près des frontières Rwandaises et Ougandaises. Riche en or, ce sous-sol détient surtout 80% des ressources mondiales de Coltan, un matériau utilisé dans la fabrication des ordinateurs et des téléphones portables. Comme cela arrive souvent dans un pays dominé par l’impérialisme, cette richesse minière cause la misère de la population locale : les habitants du Kivu sont en effet la cible d’agressions de divers groupes armés qui recherchent à se procurer ces richesses. Ces derniers n’hésitent pas à réduire les hommes en esclavage et sèment la terreur en violant les femmes et détruisant les villages.

Jusqu’à une époque récente, un de ces groupes armé provenaient du Rwanda et plus précisément des dernières milices hutues responsables du génocide de 1994, les Interhamwe, qui selon les témoignages d’un ancien du GIGN et de plusieurs citoyens rwandais auraient été formées par l’armée française, alliés des hutus. Parmi ces pays multiethniques, les Etats-Unis ont préféré favorisé les tutsis, comme les belges avant eux.

Dans cette partie complexe, Joseph Kabila a joué exactement le rôle que les impérialistes attendaient de lui : il a mis de l’ordre dans la région pour stabiliser l’extraction de Coltan, s’est associé avec les troupes de la MONUC envoyés par l’ONU, et a finalement scellé la paix avec le Rwanda, une paix de notables corrompus sous les insignes américains. Pendant ce temps, la population du Kivu a vu les pillages et les viols des mercenaires de Kabila, les FARDC, succéder à ceux des groupes armés précédents. Avec la complicité de L’ONU qui se limite à dénoncer des « actes isolés » de temps à autres, pour masquer la nature de l’oppression sanglante dont il est question.

Comme l’écrit le Monde, des photos du Burkina Faso ont bien été utilisées frauduleusement pour alerter les médias sur ce qui se passe au Congo. Mais à côté de cette falsification il y a une révolte réelle et violente actuellement au Congo. Et ce n’est pas pour rien que les congolais s’inspire de la lutte des burkinabés contre le tyran Blaise Compaoré, d’ailleurs cette inspiration du Burkina Faso effraie beaucoup le pouvoir de Joseph Kabila, comme le prouve les récentes paroles du président de l’Assemblée nationale : « Il n’y aura pas de Burkina Faso à Kinshasa, arrêtez de rêver. L’opposition n’imposera pas son rythme aux institutions »
 

Ce mouvement populaire prouve, s’il en était besoin, que ni la République Démocratique du Congo, ni le Burkina Faso pas plus qu’aucun peuple africain n’a besoin de l’armée française ou des Etats-Unis, ou d’une autre puissance impérialiste pour se mobiliser, se défendre d’un tyran  et rechercher la démocratie. Il est évident que ce n’est que les Africain-e-s eux-mêmes qui peuvent administrer une meilleure gestion des ressources nationales, qui profiteraient à toute la population au lieu de servir aux firmes multinationales occidentales. Toutes les interventions militaires de l’OTAN ou de l’ONU ayant pour but de « stabiliser la situation », « d’assurer la transition démocratique », ne sont en fait que des casus belli hypocrites pour piller les pays africains, les fragiliser et continuer la politique coloniale. En revanche, quand un bourreau aux services des impérialistes est menacé par sa population, Paris ne se montre pas ingrat aux services rendus, et reconnait publiquement avoir facilité la fuite de Blaise Compaoré pour lui éviter d’avoir à affronter la justice populaire de son pays… Ou encore c’est Ben Ali que les douaniers français laissent passer avec 72 millions d’euros en lingots d’or volé au peuple tunisien…

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Congo, #Anti-impérialisme, #International

Repost0

Publié le 27 Janvier 2015

4 jeunes militants basques, Teo, Magis, Haitz et Alex, ont été interpellés ce matin par la SDAT au Pays Basque Nord. Ils sont actuelement détenus au commissariat de Pau.

Nous sommes solidaires de la jeunesse militante basque et de la lutte de libération nationale du peuple basque, quelque soit la forme qu'elle prend. Nous refusons que nos camarades croupissent dans les geoles de l'Etat français en attente de leur procès.

Les Etats français et espagnols poursuivent de leur vindicte les militant-e-s basques. Quand bien même les organisations traditionnelles de la gauche abertzale sont ouvertes aux négociations, ces états les poursuivent et les répriment. Il y a 15 jours, les avocat-e-s des militant-e-s de Batasuna, dont Aurore Martin, qui passaient en procès, ont été arrêté-e-s. Toute expression démocratique des revendications indépendantistes est réprimée par les Etats français et espagnols.

Militant-e-s internationalistes dans l'Etat français, il est de notre responsabilité de dénoncer la répression dont sont victimes nos camarades. Nous appelons donc à un rassemblement à 19h30 devant le commissariat de Pau ce soir.

 

Teo, Magis, Haitz eta Alex askatu !

Libération et amnistie pour tou-te-s les prisonnier-e-s politiques !

Rassemblement à Pau suite à l'arrestation de 4 jeunes militants basques

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Pays Basque, #Pau, #Répression, #International

Repost0

Publié le 25 Janvier 2015

 

Après les attentats des 7 et 9 Janvier, refusons de nous laisser museler !

 

Depuis les attentats de début janvier, des dizaines de sévères condamnations, parfois plusieurs années de prison fermes, sont tombées sur celles et ceux qui ont osé proclamer dans la rue, sur internet, au travail, leur refus de l’injonction à être Charlie.

Aujourd’hui, toute parole non consensuelle est taxée d’apologie du terrorisme et réprimée. Dire que la police est raciste vous conduit en prison pour 4 ans si vous êtes un ouvrier arabe qui travaille sur un aéroport. Courant dans l’Etat Espagnol, ce type de condamnation est relativement inédit dans l’Etat français et est aujourd’hui utilisé massivement.

Les condamnations visent les classes populaires d’origine immigrée. Nous avions, encore jusqu’ici, le droit de parler, au moins. Aujourd’hui, on exige de celles et ceux d’entre nous qui sont originaires des anciennes et actuelles colonies qu’ils prêtent allégeance à une République qui les humilie, les réprime, les désigne comme boucs émissaires. Nous sommes bâillonnés par la peur. Peur de la délation pour un propos sur internet, en classe, au travail, à laquelle appelle la police. Peur de la police lourdement armée dans nos rues. Peur du rejet, de l’exclusion sociale, pour celles et ceux qui soupçonnables de ne pas être Charlie.

Peur légitime, à l’heure où les actes islamophobes se multiplient et redoublent de violence. Meurtre islamophobe dans le Vaucluse, familles visées par des tirs, mosquées dégradées, femmes voilées agressées. Un homme a été arrêté après des menaces contre une salle de prière à Belfort en possession de produits permettant de fabriquer des explosifs… et remit en liberté. Il serait « passionné de chimie ». Le gouvernement appelle hypocritement à ne pas faire d’amalgames mais laisse les mains libres à ceux qui s’attaquent aux musulman-e-s.

Au nom de la liberté d’expression, c’est une chape de plomb que fait tomber sur les classes populaires immigrées la bourgeoisie impérialiste blanche qui nous dirige. Quand la bourgeoisie parle de liberté d’expression, elle parle de sa liberté de rire sur le dos des arabes, des noir-e-s, des femmes. Elle parle de sa liberté d’être raciste, sexiste. Elle parle de sa liberté de faire la guerre, d’exploiter, de piller. Sa liberté, elle est incompatible avec nos droits démocratiques. Nos droits à contester son racisme, son impérialisme, son sexisme. A pratiquer une religion minoritaire. Sa liberté, c’est par des hommes en arme à tous les coins de rue de Paris qu’elle la garantit.

Le capitalisme est un système qui pourrit sur pied, engendrant misère, guerres, chaos, crises. L’idéologie et les valeurs de la classe bourgeoise qui le dirige suivent le même chemin. Derrière les beaux concepts universels qu’elle porte, il y a la réalité de l’exploitation, de l’impérialisme, de l’oppression raciste et sexiste.

Au nom de ces valeurs prétendument universelles, c’est à sa domination qu’elle nous demande d’adhérer. Elle mobilise tout son appareil répressif pour murer dans le silence celles et ceux qui sont constamment moqués, humiliés par son humour, son « Art ». Comment oublier qu’il y a quelques semaines, au nom de l’anti-racisme, de la liberté d’expression, des noir-e-s étaient réprimés par la police lors des mobilisations contre Exhibit B ? Elle mobilise tout son appareil idéologique médiatique, scolaire pour entraîner les prolétaires blanc-he-s à adhérer à ses valeurs et au système impérialiste dont ils profitent des miettes.

Nos valeurs et nos intérêts sont tout autre que ceux de la bourgeoisie. Notre intérêt nous pousse à refuser toute forme d’oppression raciste, islamophobe, sexiste, car nous ne saurions être libres tant qu’une part d’entre nous sera enchaînée. Notre intérêt, c’est d’appuyer l’organisation et l’expression de celles et ceux qui sont victimes de ces oppressions, quant bien même cela remet en cause nos privilèges dans cette société de ségrégation raciale. Notre intérêt, c’est de refuser les mesures d’exception contre la part non-blanche d’entre nous, car celles-ci risquent de nous toucher tous et toutes de plein fouet. Notre intérêt, ce n’est pas non plus le terrorisme individuel, ni le refuge dans des sectes réactionnaires. Nos valeurs, ce sont celles du respect des droits démocratiques de nos frères et sœurs de classe, ce sont celles de la solidarité de classe. Notre intérêt, c’est de nous organiser face à la bourgeoisie impérialiste pour mettre fin à ce système qui n’engendre plus que chaos et misère.

Nous soutenons donc toute initiative permettant de relever la tête et de construire des solidarités dans ce contexte de violences et de répression islamophobes et raciste de la part de l’Etat comme de ses nervis fascistes et médiatiques.

Après les attentats des 7 et 9 janvier, refusons de nous laisser museler

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Antifascisme, #Répression

Repost0

Publié le 11 Janvier 2015

Pas d'union nationale avec les réactionnaires et les bourgeois-e-s !

Si nous ne pleurons ni les policiers, ni les caricaturistes, nous condamnons tout de même ces attentats. Si nous considérons que les caricatures de Charlie Hebdo étaient islamophobes, sexistes, racistes nous considérons aussi que cet attentat n’était pas de la justice de classe. Nous considérons la violence révolutionnaire légitime et cette tuerie n’était pas de la violence révolutionnaire. D'autant plus que ni un correcteur, ni un agent de nettoyage n'étaient responsables de ce que publiait Charlie Hebdo. Ni les clients d'une supérette responsables de l'impérialisme français. La mort d'hommes et de femmes est une chose triste. Nous comprenons l'émotion sucitée par cet attentat.

Mais nous ne sommes pas Charlie. La campagne en cours efface tout le passif de l'hebdomadaire. Or ce passif était lourd.

Ce n'est pas la "liberté d'expression" qui a été attaqué, concept que nous jugeons artificiel, mais une rédaction en guerre contre l'islam et les ennemis de l'impérialisme français. Nous ne pouvons pas déconnecter la ligne éditoriale de Charlie Hebdo de la lutte des classes. Car c'est bien la lutte des classes qui motivait cette ligne éditoriale. Et dans cette lutte, nous n'étions pas dans le même camp. Cette guerre, ce n’est pas la nôtre.

Oui, la France est déjà un pays en guerre.

L’appétit insatiable des impérialistes français, dans une situation de crise du capitalisme, et la concurrence des autres impérialismes ont amené notre pays à une série d’interventions militaires ces dernières années.

A part pour la part d’entre nous qui a fui le chaos et la violence engendrés par ces guerres pour venir en France, nous ne sommes pas habitué-e-s à en subir les conséquences meurtrières. Nous sommes plutôt habitué-e-s, pour une large partie d’entre nous, à bénéficier des profits engendrés par le pillage des pays dominé-e-s par la France.

Ces pillages, des mort-e-s, il en fait chaque jour. On meurt de la sur-exploitation, de la misère, à cause de la France. On meurt de la répression mise en place par les régimes à son service. On meurt à cause du chaos engendré par les impérialistes.

Les branches les plus réactionnaires de l’islam ont toujours été utilisées par les impérialistes pour lutter contre la volonté d’émancipation des peuples face à l’impérialisme, formenter des troubles, armer ces groupes pour les utiliser comme mercenaires. Ces dernières années, les conséquences des jeux de billards à trois bandes des impérialistes ont semé le chaos, en Syrie, en Irak, en Lybie, au Mali. Ce sont les populations locales qui en sont les premières victimes, mais les impérialistes subissent parfois eux aussi un retour de bâton.

Quand bien même les auteurs de la tuerie sont de purs produits des contradictions internes à la France, on ne peut faire l’impasse de replacer celle-ci dans un contexte international. L’Unité Nationale à laquelle appelle la bourgeoisie, c’est une unité face à une menace extérieure. Toujours la même histoire, celle qui a servi à justifier la colonisation : celle d’une France des Lumières, portant un message universel de démocratie, de civilisation, de liberté d’expression, face à des pays dominés présentés comme barbares, obscurantistes. 

Cette tuerie est une humiliation pour la France, elle porte sur son territoire la violence armée. C’est systématiquement, des Versaillais aux Vichystes, dans ces situations d’humiliation nationale qu’est tapie la réaction la plus moisie dans notre pays.

Ces situations d’humiliation, de « drame national », sont utilisées par la bourgeoisie pour rallier les masses à elle. Elles font basculer les positions, elles révèlent le chauvinisme et le racisme présent dans des organisations soit disant progressistes. A l’heure où les interventions militaires de la France ne soulèvent plus l’opposition des organisations traditionnelles de la classe ouvrière, car ces organisations vivent au crochet de l’impérialisme, le ralliement est quasi-total.

Quand on attaque une partie d’entre nous, c’est nous tous et toutes qui en subissons les conséquences

C’est aussi pour l’ensemble du prolétariat de l’Etat français que l’Unité Nationale est dangereuse. La bourgeoisie désigne parmi les classes populaires une 5ème colonne, un ennemi intérieur, tout trouvé aujourd’hui.

Oui, en France, aujourd’hui, il existe d’énormes contradictions, dans une situation de crise du capitalisme, du fait de la nature impérialiste de notre pays, du fait de l’importation massive par les capitalistes d’une main d’œuvre issue des pays dominés, du fait qu’une partie d’entre nous vit des profits générés par l’impérialisme.

Effacer chez nous toute compréhension de la nature de ces contradictions est un objectif pour la bourgeoisie. Elle « cherche à substituer aux forces motrices réelles de l'histoire des forces motrices imaginaires ; aux classes, les races ; à la lutte des classes, la lutte des races »  Elle cherche à « recréer (…) les ténèbres dans les consciences, au moins dans celles des couches les plus arriérées de la société. Et c'est ainsi que naît le racisme, dont tous les « mythes » correspondent à un double but : combiner la force et la ruse, pour mettre dans la conscience des hommes des illusions qui les rendent soumis au capital et prêts à la guerre impérialiste. Ils se sont orientés vers l'idée de race. Par là doit se perdre la connaissance la plus importante, celle du rôle de l'économie. Par là doit se perdre la notion fondamentale de classe. Par là doit se perdre la connaissance que le marxisme a apportée aux travailleurs des lois de l'évolution de la société, la connaissance du moyen de sortir de la société capitaliste. »

Dans le contexte actuel, l’organisation, la conscience de classe sont affaiblies par des décennies de trahison des organisations traditionnelles de la classe ouvrière. La bourgeoisie a le champ libre pour créer la confusion dans nos esprits. Elle cherche à tourner la majorité d’entre nous contre les musulman-e-s, en prenant appui sur les positions arriérées racistes et colonialistes qui peuvent exister dans les classes populaires. Elle construit une identité nationale réactionnaire basée sur l’exclusion des musulman-e-s, des immigré-e-s. Elle divise notre camp, elle exige de nous que nous nous rallions à elle, que nous applaudissions la répression, la présence policière massive en instillant la peur dans nos esprits.

Les caricatures de Charlie Hebdo participaient, sous couvert de satire progressiste, à cette vaste entreprise réactionnaire politique, médiatique, de rejet des musulman-e-s. Ces caricatures avaient des conséquences dans le monde réel : exclusion des femmes voilées du monde du travail, violentes agressions contre les musulman-e-s, lieux de culte, cimetières saccagés.

Elle diffuse chez ceux chez qui sont exclus de cette définition de l’identité nationale des théories complotistes qui ne permettent pas de comprendre ce qui se passe dans notre société et annihilent toute perspective de lutte. Les sectes dans lesquelles certain-e-s d’entre nous trouvent refuge n’amèneront ni progrès, ni liberté, ni victoires. En Irak, en Syrie et en Lybie, nous les voyons à l’œuvre.

Il n’y a pas besoin de complot pour que les choses partent à la dérive, le capitalisme et la bourgeoisie ont créé les conditions de l’expression d’une violence armée dans ce pays.

Cette violence armée, c'est l'impérialisme français qui l'a amenée sur son sol.

La France est donc en guerre. Cette guerre n’est pas la nôtre. A nous de savoir construire notre propre camp, mener nos propres batailles. Notre bataille, aujourd’hui, c’est d’être solidaires avec les musulman-e-s, objet d’une campagne de haine mettant en danger leur vie. Notre bataille, c’est de construire l’unité des classes populaires.

Nous dénonçons également le dispositif policier mis en place suite à ces attentats qui touche l’ensemble des classes populaires. Quand on attaque une partie d’entre nous (ici, les musulman-e-s), c’est sur tous que les conséquences retombent.

De même, nous n’avons pas intérêt à ce que la police et les services secrets français soient efficaces dans la lutte anti-terroriste. Nous ne nous félicitons pas de la mort des auteurs de la fusillade de Charlie Hebdo ni de Coulibaly. Nous avons beaucoup plus à craindre du fichage généralisé, de la présence policière massive que des attentats. Nous avons beaucoup plus à craindre de l’anti-terrorisme que du terrorisme.

Le gouvernement français invite les dirigeant-e-s bourgeois-e-s à participer à des rassemblements, et à des manifestations en mémoire à Charlie Hebdo. Tout les partis bourgeois, du Front de Gauche, au Front National, appellent à s'y rendre.

La manifestation du dimanche 11 janvier à Paris réunira tous les dirigeants impérialistes du monde, les chiens de garde de la France, au nom de la liberté d’expression.

Bien entendu, nous ne nous rendrons dans aucune de ces manifestations. Nous ne céderons pas aux injonctions à la solidarité avec des caricaturistes qui étaient nos ennemis.

 

Non aux plans vigipirate, non au fichage, aux appels à la délation !

L’Unité qu’il nous faut, c’est celle des classes populaires ! Face à l’islamophobie, solidarité avec les musulman-e-s de l’Etat français ! Abrogation des lois islamophobes !

Dans cette période difficile, ne cédons pas aux appels à l’unité nationale ! Notre camp, c’est celui du prolétariat !

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Charlie Hebdo, #Répression, #Antifascisme, #Anti-impérialisme

Repost0

Publié le 11 Janvier 2015

 
Lundi 12 Janvier s’ouvre dans l’état espagnol le procès contre 35 militant-e-s de la gauche Basque accusés d’appartenance à une organisation terroriste.
La militante de 35 ans, Aurore Martin figure parmi les accusés.
Elle est accusée de « participation à une organisation terroriste ». Ce qui lui est concrètement reproché sont sa participation à des réunions publiques (cinq dont une dans l’état français), la rédaction d’un article dans un journal indépendantiste, et ses rapports avec le Parti Communiste des Terres Basques. Elle encourt 12 ans de prison.
 
L’Organisation-Communiste Futur-Rouge est solidaire des prisonniers politiques. Nous exigeons la libération de tous les prisonniers politiques, et notamment celle d’Aurore Martin dont l’exécution de son mandat d’arrêt européen fut une première dans l’état Français concernant une militante possédant la nationalité française (d'autres militants basques, notamment de Segi, réfugiés au Pays basque nord, avaient été extradés). 
C’est le gouvernement socialiste qui l’a extradé, collaborant activement avec le gouvernement espagnol. Elle avait été ensuite libérée après paiement d'une caution de 150 000 euros.
 
Nous pensons également à Ibon Iradi, arrêté en 2012, et prisonnier à Lannemezan.
Condamné à 30 ans de réclusions par l’état français, une autre peine l’attend ensuite dans l’état Espagnol.
Mais Ibon est malade, et en prison il n’a pas accès au soin. Il souffre de sclérose en plâtre.
C’est à la mort que la justice française l’a en réalité condamné !
Ibon n’est pas le seul prisonnier basque dans l’état français, fidèle allié de l’état espagnol dans sa lutte contre l’indépendance du peuple basque.
Txistor Haranburu par exemple est détenu depuis 25 ans.
 
Dans la prison de Lannemezan se trouve également le militant communiste libanais, George Ibrahim Abdallah depuis plus de 31 ans, et la France refuse de le libérer. Il est le plus vieux prisonnier politique dans l’état français.
 
Dans l'Etat Espagnol, l'arrêt de la lutte armée au Pays Basque n'a pas signifié pour autant l'arrêt de la répression. Au contraire, l'Etat espagnol continue de poursuivre les militant-e-s basques. La bourgeoisie non plus n'oublie rien, ne pardonne rien. Les militants madrilènes sont également touchés par la répression. Le jeune antifasciste Alfon vient d'être condamné à 4 ans de prisons, s'ajoutant à une année de prison pour rébellion lors de son arrestation.
 
L’état et la bourgeoisie mène une guerre contre les résistant-e-s. Ils usent de tous leurs moyens répressifs pour essayer de nous empêcher de lutter (mandats d’arrêts, arrestations préventives, rétention de sureté, plan vigipirate, etc). 
On entend même parler de rétablissement de la peine de mort dans les médias.
Mais nous ne cesserons jamais de lutter ! Notre lutte est juste !
 
Non aux mandats d’arrêts européens !
Libération d’Ibon Iradi et tous les prisonniers politiques !
Libération de George Ibrahim Abdallah !
 
L'OC-FR
Communiqué de soutien à Aurore Martin

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Pays Basque, #International, #Répression

Repost0