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Publié le 9 Janvier 2017

Lettre ouverte à propos de la situation en Syrie

Nous avions déjà écrit ce texte sur des positions similaires et sommes signataires de la présente lettre ouverte :

Il n'est pas possible de soutenir à la fois les opprimés et leurs oppresseurs.

Lettre ouverte aux organisations progressistes, révolutionnaires, ainsi qu'aux médias alternatifs et militants.

 

Dernièrement, le siège et la chute de la ville d'Alep a causé de violents remous dans l'opinion publique au sein de l’État Français. Les images de morts, de blessés, de destruction, de bombardements ont marqué les esprits. Il est logique, il est sain d'être horrifié par ce genre de scènes.

Pourtant, l'empathie légitime qu'il est possible de ressentir pour les victimes de ces opérations militaires, des exactions qui ont suivi la reprise de la ville, ne doit pas oblitérer tout jugement politique. Cela ne doit pas occulter la véritable nature politique de l'opposition armée connue sous le nom de « Armée Syrienne Libre » et les intérêts qu'elle sert, entre les mains de ses maîtres.

Que des individus soient mortifiés et réagissent avec leur cœur, comment le-leur reprocherions-nous ? Si ils sont dans l'ignorance des ramifications et des implications politiques, nous ne saurions les blâmer, c'est à nous, militants, de les en informer.

Mais qu'une organisation politique ou un média militant prenne position pour soutenir l'appel de la "mairie d'Alep-est", c'est une toute autre chose.

L'erreur existe, et l'ignorance également. C'est pour cela que nous rédigeons cette lettre. Nous les invitons à repenser leur position, à comprendre qu'on ne peut pas être équidistant entre les progressistes et les réactionnaires sans prendre fait et cause pour eux.

Beaucoup d'organisations politiques et de médias militants progressistes affirment soutenir la lutte du peuple kurde contre ses oppresseurs en Turquie et en Syrie. Ces organisations et médias retransmettent les informations transmises par la coalition formée autour du PKK, du TKP M/L, de leurs organisations militaires YPG - YPJ - TIKKO, et affirment également soutenir la politique du HDP en Turquie, qui combat contre l'ogre Erdogan et son régime.

La coalition que forment les organisations de combat kurdes est la seule à œuvrer à une lutte résolue pour le progrès, l'égalité, et pour chasser les impérialistes. Et ce, que ce soit au Rojava (Kurdistan Syrien) au Bakur (Kurdistan de Turquie), sur leur terre, tout comme pour l'émancipation générale des peuples de Syrie et de Turquie.

Le Parti HDP, dans l’État Turc, mène une lutte exemplaire pour le maintien des droits démocratiques dans un État qui sombre dans le fascisme.

Que veulent ces forces ?

Les forces combattantes du Kurdistan Turc et Syrien veulent l'indépendance. Elles veulent la constitution non pas d'un état bourgeois de plus, mais bien d'un État libre de démocratie populaire. Elles combattent, dans un front uni avec leurs alliés, contre l'impérialisme, le capitalisme, l'obscurantisme, le sexisme et la destruction de l'environnement.

Les forces Kurdes mènent la lutte depuis 1978 dans l’État Turc, date à laquelle a été fondé le Parti des Travailleurs du Kurdistan, sous l'impulsion de Abdullah Öcalan. Depuis le commencement de la guérilla, les forces Kurdes n'ont jamais renoncé à obtenir un état indépendant.

La coalition des Forces Démocratiques Syriennes est un front dans lequel luttent les Kurdes, contre le régime dictatorial et clientéliste de Bachar Al-Assad, laquais des Russes, et contre les pions de Erdogan et des réactionnaires, la clique de l'Armée Libre Syrienne. Ces forces combattent également les réactionnaires fascistes de Daesh. Pourtant cette alliance n'est pas toujours fiable et connaît des fractures. De nombreuses forces combattent aux côtés des Kurdes contre Daesh, l'ASL ou le régime, mais il est arrivé que les alliés de la veille se retournent contre les combattants kurdes dès que l'ennemi commun prend la fuite. Très peu de forces syriennes acceptent l'idée d'un Rojava indépendant. C'est pour cela que nous devons soutenir nos camarades au front. L'anti-impérialisme et l'internationalisme sont les meilleurs alliés des Kurdes.

Début 2016, les forces combattantes révolutionnaires Turques et Kurdes se sont unifiées autour d'un front commun nommé “Halkların Birleşik Devrim Hareketi” (Mouvement Révolutionnaire Unis des Peuples) rassemblant une dizaine d'organisations révolutionnaires Kurdes et Turques.
Voici quelles sont ces organisations:

  • Devrimci Karargâh (QG Révolutionnaire)

  • DKP (Parti de communards révolutionnaires)

  • MKP (Parti communiste maoiste)

  • MLKP (Parti communiste marxiste léniniste) pour combattre le fascisme turc au Kurdistan.)

  • THKP-C/MLSPB ( Parti/Front communiste de Turquie/marxiste-léniniste, brigades armées de propagande)

  • PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan)

  • TİKB (L’union des communistes Révolutionnaires de Turquie)

  • TKEP-L (Parti communiste de Travail, léniniste)

D'autres combattent également de manière indépendante ou côte-à-côte avec les forces progressistes Kurdes et Turques. Nous mentionnons leurs noms en annexe
.
Leur communiqué résume leurs objectifs:

  • "Notre mouvement a pour objectif d’obtenir un avenir libre, démocratique pour nos peuples, contre l’impérialisme, le capitalisme, le chauvinisme, le fascisme et le racisme. Il considère incontournable la destruction de l’AKP fasciste, avec tous ses soutiens sociaux et par la force révolutionnaire du peuple.

  • Le gouvernement AKP, est en train de détruire la nature, en même temps que la société. Il intensifie l’exploitation de la classe ouvrière et de tous les travailleur/ses, et impose les conditions d’esclavage. Sur toutes les masses de population, il est répressif et meurtrier.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, adopte le principe de réunir et d’organiser toutes ces forces sous les attaques de l’Etat bourgeois de la République Turque et du gouvernement AKP, et de les mobiliser pour la lutte.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, lutte pour l’écologie, pour la libération de la femme, pour la classe ouvrière, les droits et les libertés des travailleurs, ainsi que pour installer le pouvoir du peuple pour la Turquie, et l’autonomie au Kurdistan afin de permettre un avenir libre pour nos peuples.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, appelle toutes les masses populaires meurtries par le fascisme et l’intégrisme, en commençant par les femmes, les jeunes, les ouvriers et les travailleurs, à s’organiser, s’unir et lutter pour la liberté, la démocratie et la fraternité des peuples."

Certes la guerre force à des compromis. Le mouvement de libération kurde a dû en faire et en fera certainement d'autres. Mais ces compromis n'ont jamais détourné ces forces combattantes de leur but ; contrairement à une ALS qui est directement une marionnette entre les mains de ses maîtres. Ériger ces compromis en obstacles insurmontables est le paravent de la lâcheté et du sectarisme. Pendant que, bien au chaud, des militants s'échinent à trouver des groupes qui soient l'incarnation de la perfection, mais dont l'impact réel est nul, ceux qui combattent réellement meurent au front sans soutien. Dans notre calme État impérialiste, s'offusquer qu'il soit possible de chercher des alliés tactiques lorsque les bombes pleuvent est un luxe que ne peuvent connaître ceux qui subissent la guerre.

Il est possible, et il est d'ailleurs sain d'être critique. Mais il est nécessaire de savoir choisir également son camp.

Il est impossible de jouer sur deux tableaux.

L'occident, et au premier rang la France, condamne le régime de Bachar Al-Assad pour des motifs hypocrites, camouflant une opposition géopolitique avec la Russie. Lorsque la famille Assad était une bonne cliente de la France, celle-ci ne tarissait pas d'éloge au sujet du régime.
Certains groupes militants pensent qu'il faut appliquer alors, mécaniquement, le fait que l'ennemi de notre ennemi est notre allié. Ils soutiennent alors Bachar Al-Assad comme un rempart contre l’obscurantisme, comme un chef de file de l'anti-impérialisme. En somme, ils nient que Bachar Al-Assad est un simple agent de la Russie au Moyen-Orient, une marionnette des ambitions Irano-Russes dans l'orient de la Méditerranée.

Ces organisations peignent en rouge le régime, et peignent en rouge Poutine, ce qui est faux. Elles mettent en avant -tout aussi hypocritement- le fait que le régime serait l'allié des Kurdes, et qu'il est possible de concilier les deux. C'est escamoter le fait que, si des trêves existent lorsque Daech et l'ALS sont présentes, le régime n'a de cesse de tenter d'exterminer les Kurdes dès qu'ils sont seuls à seuls.

Soutenir le régime de Bachar Al-Assad, c'est célébrer l'impérialisme Russe, c'est célébrer faussement les BRICS [Les états émergents, Brazil, Russia, India, China, South Africa] comme étant la révolution mondiale, c'est se mettre à la solde d'une réaction contre une autre. Pire encore, certains souhaitent l'union de la France et de la Russie dans cette affaire, niant par là même le caractère criminel de l'impérialisme français, et souhaitant simplement qu'ils s'alignent sur un autre camp.

Qu'est ce que l'Armée Syrienne Libre et que veut cette coalition ?

L'Armée Syrienne Libre n'est pas unie idéologiquement, elle est une ligue de diverses organisations allant de démocrates sincères jusqu'à des obscurantistes virulents.

Ces forces sont principalement divisées en deux groupes, ou chambres d'opérations qui sont des alliances temporaires et non-exclusives autour d'objectifs ponctuels ou autour du soutien d'une puissance étrangère. La première Fatah Halab -conquête d'Alep- rassemble les agents d'Erdogan et des occidentaux. Elle est la force qui a été utilisée par la Turquie pour faire barrage à l'unification des zones contrôlées par les Kurdes au Rojava. Elle rassemble grossièrement 50% des forces armées de la nébuleuse de l'Armée Libre Syrienne. Ce sont les fameux "modérés" soutenus par l'occident. Issus des frères musulmans et des organisations réactionnaires locales, ils ne sont considérés comme modérés uniquement parce qu'ils ne menacent pas les intérêts occidentaux.

Jaish Al Fatah, -l'armée de la conquête- est construite autour des différentes cellules d'Al-Qaïda ayant survécus à la concurrence de Daesh. Cette chambre d'opération se démarque de la première par le fait qu'elle considère celle-ci comme "trop modérée." Egalement, Jaish Al Fatah est principalement le pion de l'Arabie Saoudite et du Qatar, avant d'être celui d'Erdogan.
Hors de ces chambres d'opération, des poussières qui s'agglutinent parfois dans des configurations différentes, mais toujours à la remorque, dans l'ombre, des deux chambres d'opération principales. C'est dans cette poussière que certaines organisations de l'Etat Français pensent trouver des joyaux d'une pureté révolutionnaire parfaite.

Le fait est qu'il existe des lignes progressistes au sein de l'Armée Syrienne Libre, c'est indéniable. Mais elles ont fait le choix de se mettre à la remorque des agents les plus réactionnaires de la coalition. Elles ont jeté par dessus bord leur indépendance politique pour se mettre eu ligne aux cotés d'Al-Qaïda et des obscurantistes. Elles ont abandonné toute stratégie en devenant des mercenaires de la Turquie, des USA et de la France. Ces forces, pendant la bataille d'Alep, n'ont servi qu'à assouvir les ambitions expansionnistes de la Turquie, et à être une des branches de la tenaille pour écraser les forces combattantes Kurdes, au lieu de combattre le régime de Bachar Al-Assad. Cette clique est plus une armée de mercenaires au service d'un maître qu'une force politique cohérente.

Plusieurs organisations politiques au sein de l’État français, mais également en occident en général, trouvent conciliable de marcher et de défiler à l'appel du "maire d'Alep-est" et de soutenir la cause du peuple Kurde. Nous affirmons que cela n'est pas possible. Il n'est pas possible de soutenir ceux qui s'allient avec la France et la Turquie, qui en sont les mercenaires, sans devenir soi-même un renégat.

Nous affirmons qu'il est impossible de pouvoir jouer sur les deux tableaux et de pouvoir défiler sous le pavillon d'une clique de bandits au service des intérêts de la Turquie. Qu'il est impossible de pouvoir saluer la lutte des YPG – YPJ – TIKKO et de marcher avec leurs bourreaux. Qu'il est impossible de prétendre combattre l'impérialisme et ses ramifications tout en soutenant ses agents.

Quelques soient les raisons invoquées, quelque soit la faction obscure soutenue par les groupes soi-disant révolutionnaires, soutenir toute branche de l'ASL, marcher avec Free Syria, c'est marcher avec l'AKP et ses sbires. C'est marcher avec les bourreaux du peuple kurde.

C'est également marcher main dans la main avec les laquais des impérialistes occidentaux dans la région. C'est marcher avec l'impérialisme français et embrasser son drapeau. Il n'est pas possible de tenir ce discours et d'ensuite "compenser" en agitant le drapeau du Kurdistan libre, le salissant par la même occasion.

Cela n'est pas conciliable.

Que le régime de Bachar Al-Assad soit un régime d'oppression à la solde des intérêts de la Russie est une vérité. Il est juste de le pointer du doigt et cela doit être fait, il n'est pas conciliable de se dire révolutionnaire tout en le saluant. Mais il est aisé de dénoncer les ennemis de son propre impérialisme.

Ceux qui, dans l’État français, se réjouissent des victoires de l'ASL, pleurent ses défaites, chantent leurs louanges ne sont pas seulement en contradiction avec le fait de soutenir les kurdes et les Forces Démocratiques Syriennes, ils se déclarent même ennemis de leur cause de libération nationale et de libération de la Syrie de la présence des impérialistes.

Une ligne de démarcation se trace, elle doit être franchie, que cela soit d'un coté ou de l'autre, par toutes les organisations ayant une position sur la question de la guerre en Syrie.

Certains prônent l'éclectisme et soutiennent tout ce qui lutte contre le régime de Bachar Al-Assad. Il n'est pas possible de l'être dans une lutte à mort.

Certains prennent ceci par dessus la jambe, le traitent avec légèreté. Ils se démasquent comme étant des opportunistes qui ne voient le fait de soutenir les kurdes que comme étant "de bon ton". Nous devons dénoncer cet opportunisme.

Lorsque, rien qu'à Lyon, la mairie Front de Gauche du premier arrondissement de Lyon accepte de relayer l'appel réactionnaire du maire d'Alep-Est, nous devons les dénoncer et dénoncer leur attitude de renégat.

Lorsque Europe Ecologie / Les Verts signe également cet appel, nous devons dénoncer l'attitude de laquais de l'impérialisme de cette organisation.

Lorsque "Ensemble" signe ceci aux côtés des agents fascistes d'AKP, c'est qu'ils prennent position en faveur de la répression du peuple Kurde.

Ceux qui parlent de "soutien critique" lorsqu'ils se rassemblent sous le drapeau de l'ASL de la France et de la Turquie se démasquent donc comme des soutiens de fait à ces forces.

Nous appelons toutes les organisations progressistes et révolutionnaires de l’État Français ou francophones à relayer cet appel, à prendre position sur le fond de celui-ci et à démasquer les mercenaires de l'impérialisme.

Nous devons dénoncer les appels hypocrites de la France et des organisations qui sont ses valets. Sous couvert d'humanitaire, ces cris servent à implanter les avant-postes de son impérialisme.

Nous appelons ces organisations et ces médias à rejeter les positions et la propagande des agents de l'impérialisme, au premier chef duquel l'impérialisme français, notre ennemi premier. Nous souhaitons la défaite de notre propre impérialisme, que ses griffes soient arrachées et ses armes brisées !


Nous appelons à la constitutions d'initiatives, militantes, politiques, financières pour soutenir depuis l'Etat Français la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour sa libération du Kurdistan et de la Syrie.

Vive la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour la liberté ! A bas le régime fasciste d'Erdogan et les laquais des impérialistes !


Vivent les volontaires internationaux qui combattent aux côtés des Kurdes

Premiers signataires : Maison de la Mésopotamie ; Unité Communiste - Lyon; OCML Voie Prolétarienne ; Organisation Communiste - Futur Rouge ; Jeunes Communistes Lyon.

Participer ou signer ? Solidarite.Kurdistan@gmail.com


Annexe:
Les forces des Kurdes et leurs alliés:


 

HPG : Force de Défense du Peuple.
YJA-Star : Unités des Femmes Libres.
PAJK : Parti des Femmes Libres du Kurdistan.
YPS : Unités de Protection Civile.
YDG-H : Mouvement de la Jeunesse Révolutionnaire Patriotique.
HDP : Parti Démocratique des Peuples.
DBP : Parti Démocratique des Régions.
HDK : Congrès Démocratique des Peuples.
PKK: Parti des Travailleurs du Kurdistan.
YPG: Unités de Défense du Peuple.
YPJ: Unités de Défense Féminines.
PYD: Parti de l'Union Démocratique Kurde (en Syrie).

Organisations turques combattant aux côtés des forces combattantes Kurdes.

MLKP : Parti Communiste Marxiste-léniniste.
DHKP-C : Parti-Front Révolutionnaire pour la Libération du Peuple.
TKP-ML : Parti Communiste Turc - Marxiste-léniniste. Sa branche armée est le Tikko.
MKP : Parti Communiste Maoïste.
MLSPB : Union Marxiste-léniniste pour la Propagande Armée.
DAF : Action Révolutionnaire Anarchiste.

Organisations de volontaires étrangers:
Bataillon International de la Libération au Rojava.

A.I.T. Antifascist Internationalist Tabur

Lettre ouverte à propos de la situation en Syrie

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Syrie, #kurdistan, #Kobane, #Impérialisme, #Turquie, #International

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Publié le 28 Novembre 2016

Déclaration de l'OC-FR au 38ème anniversaire du PKK
 
Nous étions invité à assister et à nous exprimer à l'anniversaire du PKK, principale organisation politique kurde en Turquie, qui mène une lutte armée de résistance face au régime réactionnaire d'Erdogan. 
La lutte de libération nationale au Kurdistan est une lutte juste que nous saluons dans toutes ses régions, quel que soit l'État qui domine. Nous saluons la résistance héroïque et le courage des combattant-e-s kurdes qui font face à tant d'ennemis.
Une répression intense est actuellement menée par le régime turc, en Turquie, mais aussi en Syrie et en Irak, où l'armée d'Erdogan intervient militairement. La Turquie occupe le Kurdistan-Nord et menace le Rojava. Erdogan menace l'existence même du peuple kurde, sauf ceux qui acceptent de collaborer docilement comme les forces de Barzani en Irak. L'État français l'assiste dans sa tâche génocidaire. Il est donc urgent d'exprimer et d'apporter tout notre soutien inconditionnel aux forces progressistes kurdes. 
 
Un de nos camarades nous a donc représenté, et a lu cette déclaration :
 

"Cher-e-s camarades

Je voulais d’abord transmettre mon salut chaleureux et celui de mon groupe politique, l’organisation communiste Futur Rouge, au peuple kurde et à son Parti.

La lutte au Kurdistan est aujourd’hui une des luttes émancipatrices les plus avancées dans le monde. Si nous pensons que nous devons lui apporter notre solidarité, c’est parce que nous avons des ennemis commun : l’impérialisme, le capitalisme et le patriarcat.

Il y a 100 ans les impérialismes français et britanniques se partageaient le territoire de l’ancien empire ottoman par les accords Sykes-Picot, dans le mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cent ans plus tard, c’est ce système qui est en train de s’effondrer dans le chaos. La région est un foyer de contradictions impérialistes entre les USA, la France, la Turquie, Israël, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Russie et l’Iran. Ces contradictions peuvent déboucher sur une nouvelle guerre mondiale.

Nous qui militons en France, nous avons une responsabilité particulière par rapport aux crimes de notre Etat, l’Etat français, membre de l’OTAN, allié privilégié du régime fasciste turc, d’Israël, du Qatar et de l’Arabie Saoudite. Nous ne pensons pas pour autant que la Russie et l’Iran soient des alliés des peuples du Monde contre l’impérialisme occidental. La Russie et l’Iran sont un bloc impérialiste concurrent de l’impérialisme occidental, mais lui aussi couvert de sang et oppresseur des peuples.

La véritable force qui peut vaincre l’impérialisme, c’est la solidarité internationale des peuples du monde.

Depuis 1978, le peuple kurde mène une lutte exemplaire, d’abord contre le régime fasciste turc, sous la direction du Parti des Travailleurs et de son président, Serok Öcalan, en lien avec les forces internationalistes, progressistes et démocrates au sein du peuple turc et des autres peuples d’Anatolie.

Aujourd’hui, la lutte se développe dans les quatre parties du Kurdistan contre les régimes dictatoriaux, les chefs féodaux et l’oppression patriarcale. Cette lutte démocratique fait à nos yeux objectivement partie de la révolution socialiste mondiale.

Après l’héroïque victoire de Kobané, début 2015, un pacte de solidarité à été signé entre les représentant de la lutte kurde en Europe et vingt-six organisations communistes d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Afrique réunies au sein de l’ICOR, la Coordination Internationale d’Organisations Révolutionnaires.

Une des matérialisation de ce pacte de solidarité a été la construction entre juin et novembre 2015 d’un centre de santé pour le croissant rouge kurde par 177 brigadistes venus de 11 pays différents.

Nous avons passé la frontière turco-syrienne sous la protection des camarades kurdes et œuvré selon les principes de la Révolution au Rojava, avec des méthodes de construction traditionnelle.

Nous continuons à collecter de l’argent pour l’acquisition de matériel médical et la reconstruction écologique de la vile.

Le centre de santé à ouvert en juillet 2006 avec un service d’accouchement et de soin aux femmes parturientes, ce qui est un symbole d’avenir, de reconstruction et de vie.

Car nous savons que la vie triomphera sur les forces du fascisme et de la mort, même si la situation est difficile.

Après son échec électoral de juin 2015, le parti AKP d’Erdogan a relancé la sale guerre contre le peuple kurde, mais aussi contre tous les progressistes et tous les peuples minoritaires d’Anatolie. Beaucoup de villes de Bakur sont aujourd’hui aussi détruites que Kobané.

Par ailleurs l’Etat turc cherche à détruire l’environnement et le cadre de vie traditionnel du peuple kurde avec un programme de centrales nucléaires et hydrauliques comme à Hasankeyf . Des grandes compagnies capitalistes françaises comme Areva prêtent la main à ce véritable écocide.

L’armée kurde et ses mercenaires ont lancé une campagne d’extermination fasciste contre la révolution au Rojava. Cette campagne a été préparée de longue date.

Les Forces Démocratiques Syriennes, constituées des YPG et des YPJ kurdes, mais aussi de combattant-e-s arabes, turkmènes, yézidi-e-s, syriaques…défendent les structures d’autogestion au Rojava et gagnent du terrain contre les fascistes de Daesh.

Les USA mènent un jeu dangereux en essayant d’utiliser les Forces Démocratiques Syriennes pour leurs intérêts tout en soutenant le régime fasciste turc.

L’impérialisme russe cherche lui aussi à utiliser les Forces Démocratiques de Syrie tout en soutenant le régime nationaliste arabe syrien qui a toujours nié le droit des Kurdes et des autres peuples minoritaires de Syrie.

En Europe une campagne médiatique se développe pour opposer les « gentils » Kurdes de Syrie et les Kurdes de Turquie, toujours considéré-e-s comme des « terroristes ». Pourtant c’est une seule et même révolution des deux côtés de la frontière.

Face à cette situation complexe et dramatique, les organisations révolutionnaires réunies dans l’ICOR ont décidé avec les représentant-e-s du mouvement de libération kurde de renforcer le pacte de solidarité. Ce nouveau pacte de solidarité a été signé le premier novembre.

Nous continuerons à porter nos mots d’ordres :

Abrogation de l’interdiction du PKK !

Libération de Serok Öcalan et de tou-te-s les prisonnier-e-s politiques progressistes en Turquie !

Retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne !

Non au blocus de l’Etat turc contre le Rojava !

Ouverture d’un corridor humanitaire avec le Rojava, pour les populations civiles et les réfugié-e-s !

Des armes pour les YPG et les autres forces de la guérilla kurde, en particulier le PKK.

Ne touchez pas au Rojava ! Liberté pour le Kurdistan !

Droit à l’autodétermination du peuple kurde !

Vive la lutte du peuple kurde pour la libération nationale et sociale !

Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous !

Vive la solidarité internationale des peuples !"

 
Déclaration au 38ème anniversaire du PKK

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Turquie, #kurdistan, #Kobane, #International, #Impérialisme, #Répression, #France

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Publié le 21 Septembre 2016

Pour le Rojava, continuons à exprimer notre soutien !
Menons campagne en solidarité avec le peuple kurde qui tente de reconstruire son pays !
 
La Turquie réprime massivement les kurdes, attaquant au-delà de ses frontières et a pris le contrôle de 900 kilomètres carrés en Syrie. Elle a récemment exprimé son intention d’étendre son contrôle à 5000 km2. Ses offensives militaires n’ont pas d’autres buts que d’empêcher l’unification du Rojava. Pour cela la Turquie revendique une zone « tampon » à sa frontière avec la Syrie, en territoire kurde. Daesh de son côté continue sa guerre contre les peuples du Proche-Orient qui résistent et combattent pour leur survie. Les puissances impérialistes poursuivent leurs politiques criminelles aux côtés des dirigeant-e-s locaux corrompus et des milices réactionnaires. De très nombreux acteurs divers interviennent, parfois aux intérêts contradictoires ou ponctuellement convergents, avec des alliances instables. Tous tentent de gagner en influence pour servir leurs intérêts géostratégiques. Ce sont des enjeux globaux qui dictent le conflit, et non l’intérêt des vies humaines et civiles qui tentent de survivre sur place. Les impérialistes invoquent une intervention humanitaire alors qu’elle est tout sauf désintéressée. Leurs bombes explosent les maisons. Les villes assiégées sont détruites. Des populations sont massacrées. Ceux et celles qui le peuvent fuient la mort et sont contraint-e-s à l’exil au péril de leur vie. Les réfugié-e-s qui survivent aux traversées sont parfois arrêté-e-s par les autres états et renvoyé-e-s à la mort ou à la ruine vers ceux/celles qu'ils/elles ont fuis. 
Dans ce chaos, les kurdes se battent pour survivre et se reconstruire un avenir, avec leurs alliés des forces démocratiques syriennes (FDS). Au Rojava, ils bâtissent un nouveau monde, menacé par la guerre. Tout a été rasé, alors tout est à refaire mais sur de nouvelles bases démocratiques. Il faut construire des écoles, des hôpitaux, des routes, des universités. Il faut semer les champs, mettre en place des systèmes d'irrigation, installer de nouveaux centres de productions électriques et assurer l’approvisionnement du territoire. Il faut reconstruire les habitats pour assurer le retour de la diaspora. C’est tout un peuple qui n’a pas d’autre choix que de travailler d’unisson pour son émancipation et son autonomie. À Sinjar en Iraq aussi, les kurdes Yézédis doivent construire ce nouveau monde.
 
Lénine disait que le « communisme c’est les soviets plus l’électricité ». Nous n’en sommes pas encore là, mais le minimum est déjà d’assurer l’électricité dans un premier temps. Pour l’OC-FR, il est urgent de soutenir cette politique de reconstruction, et de faire campagne pour apporter une aide internationaliste et anti-impérialiste. Nous soutenons par-exemple l’initiative de l’ICOR qui avec l’aide de brigades de solidarités a construit à Kobane un centre de soin. Ce centre de soin doit être financé pour fonctionner normalement, être équipé et répondre à ses objectifs. L’aide internationaliste doit donc se poursuivre, et la solidarité concrète de l’ICOR doit trouver de nouveaux relais et être poursuivie par les soutiens progressistes. La reconstruction de Kobané est une priorité sur le chemin de la révolution au Rojava, et pour la libération de l’humanité. Cet acte inspire tous les mouvements révolutionnaires et est un exemple pour tous-tes ceux-celles qui se battent pour la révolution.
C’est pourquoi nous soutenons les actions de solidarités concrètes, et notamment celle de l’UPML et du centre culturel kurde de Nantes qui organisent une soirée-débat samedi 24 septembre en présence d’un des brigadistes. 
 
L'OC-FR soutient cette initiative que nous relayons, et appelons à l’organisation d’autres événements de ce type pour promouvoir la politique de reconstruction du Rojava. Il nous faut mener campagne pour faire la lumière sur l’actualité au proche-orient, sur les interventions impérialistes et les complicités criminelles des états, à commencer par l'état français, et des milices réactionnaires. Nous devons apporter notre énergie aux kurdes et à leurs alliés progressistes. Les forces révolutionnaires attendent de nous que nous puissions contribuer à la révolution démocratique et populaire au Rojava. Dans un premier temps, nous devons répondre aux demandes du Rojava. Il faut équiper et financer le fonctionnement du centre de soin. Nous appelons tous les internationalistes à y participer !

 

Voir ci-dessous le texte de présentation de la soirée-débat :

 

Le gouvernement turc a déclenché une répression massive contre le mouvement kurde et démocratique. Les États réactionnaires de la région comme les puissances impérialistes à l'origine de la déstabilisation de la région craignent par dessus tout le combat d'un peuple pour sa liberté.

La solidarité avec le peuple kurde s'est déjà mise en marche. En 2015, la Coordination Internationale des partis et organisations révolutionnaires (ICOR) a organisé des Brigades de solidarité pour la reconstruction d'un hôpital à Kobané (Rojava).

La lutte se poursuit et il faut continuer les actions de solidarité. Cette soirée-débat permettra de mieux connaître la lutte du peuple kurde à travers le film « Assurer la victoire » qui retrace la construction du centre de santé. Nous pourrons également mieux comprendre la situation actuelle grâce aux membres du Centre culturel Kurde de Nantes, co-organisateurs de cette soirée.

Soirée-débat en présence d'un brigadiste et des membres du Centre Culturel kurde (Nantes)

samedi 24 septembre, 18h30 Centre Culturel kurde, La Rabotière, Saint Herblain

La rencontre sera suivi d'un encas et des tables de presse permettront de poursuivre les discussions.

Contact : Centre culturel kurde (Nantes) zin44@gmail.com

Union prolétarienne marxiste-léniniste contact-upml@riseup.net

Organisation Communiste - Futur Rouge  www.futur-rouge.overblog.com

 

Pour le Rojava, continuons à exprimer notre soutien !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Turquie, #kurdistan, #Kobane, #Icor, #Syrie

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Publié le 15 Mai 2016

Accord Sykes-Picot : 100 ans plus tard c’est la guerre, les carnages, les massacres !
 
Il y a un siècle, les impérialistes français et britanniques signaient le 16 Mai 1916 un accord secret, que l'on nomme du nom de ses deux principaux négociateurs, le britannique Sykes et le français Picot. C’était un partage impérialiste du Proche Orient entre la France et l’Angleterre qui se partageaient l’ancien Empire Ottoman en prévision de l'après-guerre. 
 
 
L'Empire ottoman avait jeté ses dernières forces dans l'extermination d'un million et demi d'Arménien-ne-s et dans la répression de la révolte arabe, révolte encouragée en sous-main par l'Impérialisme britannique et ses agents (dont le fameux T.E Lawrence) contre la promesse mensongère d'un Etat arabe. Mais malgré toute leur démagogie sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, les impérialistes ne voulaient que prendre la place du dominateur ottoman et de son allié allemand dans la région.
C’est la révolution victorieuse en Russie qui a permis la révélation de ces accords secrets, le texte du traité ayant été découvert par les bolchéviques dans les archives du ministère des affaires étrangères.
100 ans plus tard, nous voyons les conséquences de ces négociations impérialistes.
 
 
Pour notre organisation, l’OC-FR, il est important de rappeler que la situation d’aujourd’hui, au Proche-Orient, est, pour une grande partie, le fruit pourri des manoeuvres impérialistes. 
Pour mener nos luttes anti-impérialistes et de solidarité avec les peuples du Proche, du Moyen Orient et de l’Anatolie, nous devons rappeler la responsabilité historique des impérialistes, en particulier français.
De la Mer Noire à la Mer Rouge, de la Méditerranée à l’Océan Indien, les puissances impérialistes de l’époque ont tracé des frontières à leur convenance.
En Avril 1920, cet accord est définitivement formalisé par les impérialistes avec la bénédiction de la Société des Nations lors de la conférence de San Remo, en Italie, puis intégré au traité de Sèvres. Dès lors l’état français gère officiellement le Liban et la Syrie. La Grande Bretagne contrôle l’Iraq, le Koweït, la Palestine et la Jordanie. Ils ont morcelé les territoires. Des monarchies et des gouvernements fantoches sont mis en place comme en Jordanie. C’est aussi les prémices du projet sioniste porté par les impérialistes en Palestine, particulièrement la Grande Bretagne qui lui apporte son soutien par la déclaration Balfour de 1917.
En revanche, la création d'un Etat kurde et la restitution de territoires anatoliens à l'Arménie, initialement prévus par le traité de Sèvres seront remis en cause en 1923 par le traité de Lausanne. La bourgeoisie française escomptait d'importants contrats avec la nouvelle République Turque pour la construction de chemins de fer. C'est le président du conseil français Clémenceau qui utilisait les Arménien-ne-s (survivant-e-s du Génocide de 1915) et les Kurdes (désormais divisé-e-s entre quatre Etats) comme une monnaie d'échange. L'Etat turc acceptait en contrepartie le démembrement de l'Empire ottoman et le nouvel ordre impérialiste. 
 
L’OC-FR soutient la lutte des peuples qui dénoncent encore aujourd’hui les conséquences de ces négociations entre impérialistes. En redessinant la carte du monde, en séparant les peuples, en créant de nouvelles frontières, de nouveaux Etats (le Liban par exemple) sans légitimité populaire, les états français et britanniques ont crée le chaos. Ils ont aussi trahi leurs promesses faites aux peuples arabes en 1916, spolié les peuples kurde, arménien, arabe palestinien.
L’enjeu était de taille pour eux, il s’agissait d’asseoir leur contrôle sur des régions pétrolières et d’assurer leur approvisionnement énergétique. Il s’agissait aussi de sécuriser la route vers le reste de l’Asie et un débouché sur l’Océan Indien. Pour la France, le contrôle des littoraux est donc nécessaire. (Ce sont ces mêmes enjeux qui aujourd’hui dominent encore dans le conflit Syrien et lors des deux guerres du Golfe en Iraq).
 
Un siècle de lutte contre ces accords !
 
Les frontières d’aujourd’hui, les conflits d’hier et d’aujourd’hui sont le résultat de ces politiques impérialistes. De nombreux mouvements politiques, certains réactionnaires, d’autres progressistes ont tiré leur légitimité du rejet de ces accords. C’est le cas en Anatolie du kémalisme, dans le monde arabe du panarabisme et du baathisme.
 
En semant l'humiliation, l'impérialisme a engendré des monstres.
L’État Islamique proclame abolir la frontière entre la Syrie et l’Iraq, tracée artificiellement par les impérialistes français et anglais. Après la prise de Mossoul, l’EI crée sur twitter le hashtag #SykesPicotOver. Il s'agit de surfer sur le ressentiment des peuples contre la division semée par les impérialistes, tout en augmentant encore la division et le chaos. 
Pour l’OC-FR, Daesh est une émanation directe de Sykes-Picot et de l’impérialisme. Mais cette propagande montre bien le rejet total des politiques impérialistes en Iraq et en Syrie dans la population, et à quel point il est important pour les forces en lutte de se légitimer et de se positionner par rapport à cette histoire coloniale.
Nous, prolétariat des métropoles impérialistes et peuples du monde, n'avons pas d'intérêt à de tels accords, qui entraînent la guerre, le chaos, la misère, dont les seul-e-s à tirer profit sont les impérialistes. Ils se partagent le monde, créent des frontières en les traçant sur une carte et nous entraînent vers toujours plus de barbarie.
 
L’impérialisme a aussi crée les conditions propres à sa défaite. Du rejet de sa domination nait aussi les résistances nationales et révolutionnaires qui s’organisent, comme au Kurdistan et en Palestine. Là où l'impérialisme opprime, il trouve en face de lui des femmes et des hommes prêt-e-s à combattre, il trouve des forces qui refusent de se laisser entraîner dans la guerre civile inter-confessionnelle et inter-communautaire. Au Kurdistan comme en Palestine, les peuples résistent à l'impérialisme. Les tentatives de déstabilisation du Liban menacent les réfugié-e-s palestinien-ne-s. Le peuple kurde combat Daesh, accueille celles et ceux qui fuient la guerre tout en faisant face au terrorisme et aux forces militaires turques. 
Nous dénonçons la présence militaire de la France dans la région, les bombardements français, nous n'avons pas confiance dans les impérialistes qui ont semé le chaos pour arrêter la guerre civile qu'ils ont eux même largement fomenté. Nous soutenons à notre mesure le peuple kurde. Nous participons aux initiatives anti-impérialistes en France et appelons à renforcer les mots d'ordre anti-impérialistes. Loi travail, Etat d'urgence ici, bombardements, troupes françaises, espions là bas. 
 
L’OC-FR soutient les revendications nationales des peuples qui luttent pour leurs droits à un état démocratique, laïc, multiconfessionnel et multiculturel. Nous soutenons les peuples Palestinien et les autres peuples arabes, les peuples kurde, arménien, Yézidi, alévi, syriaque. Nous saluons les progrès révolutionnaires portés dans la lutte, en particulier au Rojava, où les kurdes et leurs alliés arabes et syriaques se battent contre Daesh.
Nous ne serons pas de ceux et celles qui fêteront l'anniversaire d'un accord génocidaire, mais nous sommes de ceux et celles qui souhaitons la défaite des impérialistes et de leurs projets dans le monde !
Nous considérons qu'ici, il est impératif de lutter contre l'impérialisme français, l'un des plus actifs dans le monde, belliciste et dangereux. Nous regrettons qu'il n'y ait plus de mouvement antiguerre massif, et souhaitons sa reconstruction. Dans ce sens l'OC-FR salue les initiatives du Comité national "ni guerres ni état de guerre" et nous appelons les individu.e.s et organisations progressistes, sincèrement anti-impérialistes à soutenir ce comité. Il est urgent d'obtenir des victoires politiques contre l'impérialisme français, qui seront autant de défaites de l'état français.
 
 
 
Ces frontières tracées par Sykes-Picot n'ont rien d'inéluctable. La lutte du peuple Kurde nous le montre. Nous soutenons sans réserve les organisations révolutionnaires kurde et le projet politique du Rojava. À Kobané, nous soutenons la reconstruction de la ville, et soutenons concrètement les aides internationalistes.
 
 
À Sinjar aussi, nous espérons que les Yézidis pourront très vite se reconstruire un avenir, loin de Daesh et des bombes de la coalition. Nous souhaitons voir les peuples arabe, syriaque, arménien, s'unir sur des bases démocratiques, dans le respect de toutes les cultures, et reprendre le contrôle de leur vie.
En Turquie, le gouvernement mène une guerre ouverte au peuple Kurde, avec la complicité des impérialistes européens et américains. Ce sont des alliés objectifs de Daesh. La Turquie est pour les impérialistes européens et nord-américains l'un des meilleurs garants, du maintien de leurs intérêts au Proche Orient, établis depuis Sykes-Picot.
Nous admirons la résistance kurde et son courage politique qui transforme la géographie des montagnes de Turquie, d'Iraq, d'Iran et de Syrie. 
En Palestine, l'actualité est toujours aussi dense. Le peuple palestinien aussi lutte avec les moyens qu'il a, et nous soutenons sans réserve leur combat qui est aussi le nôtre. L'état Israélien continue à mener la répression, agressant militairement encore ces derniers jours Gaza, et détruisant des tunnels qui permettaient de contourner le blocus. Là aussi, nous sommes persuadés qu'un jour le peuple palestinien effacera les frontières réactionnaires.
 
 
À bas Sykes-Picot
À bas l’impérialisme français !
Solidarité internationale !
 
Accord Sykes-Picot : 100 ans plus tard, c'est la guerre, les carnages, les massacres

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Impérialisme, #Syrie, #Turquie, #kurdistan, #Kobane, #France, #International

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Publié le 23 Juillet 2015

 
Après le massacre de Suruç (Pirusê): renforcer la solidarité avec le Rojava !
 
Le 26 Janvier, la libération de Kobanê par la résistance Kurde et ses allié-e-s, après plusieurs mois de siège par Daesh suscitait l’enthousiasme des progressistes du monde entier.
Cette bataille, qui avait vu l’affrontement de deux conceptions du monde diamétralement opposées, avait été salué comme un deuxième Stalingrad (selon l’expression des combattant-e-s Kurdes eux/elles-mêmes ).
A l’époque, nous avions présenté cette victoire non comme une simple victoire du peuple kurde mais comme une victoire des peuples du monde entier.
Nous reprenions l’analyse du principal dirigeant politique de la résistance, Saleh Muslim, qui soulignait la participation à la victoire des différentes communautés de Kobanê (Arabes, Arménien-ne-s...) mais aussi de combattant-e-s internationalistes venus leur prêter main forte.
Comme Stalingrad, Kobanê était en ruine, mais elle avait tenu bon. Son existence était un affront et un défi aux milices de Daesh, comme la vie est un défi à la mort. 
Le 25 Juin, une colonne motorisée de Daesh passait la frontière turque pour perpétrer un massacre dans les quartiers périphériques de la ville : 200 mort-e-s en quelques heures. 
Il ne s’agissait pas de reprendre pied dans la ville, mais d’infliger la plus grande souffrance possible aux habitant-e-s de Kobanê pour les punir d’avoir gardé la tête haute.
Ce massacre n’aurait pas été possible sans la complicité de l’Etat turc qui sait contrôler ses frontières quand il s’agit d’empêcher l’établissement d’un corridor humanitaire entre Kobanê et le Kurdistan de Turquie (Bakur).
Quelques jours plus tard, la résistance reprenait le contrôle de Tall Abyad, une des dernières villes du Kurdistan de Syrie (Rojava) contrôlée par Daesh.
L’Etat turc annonçait alors, par des canaux officieux, sa volonté d’envahir le Rojava, pour y établir une zone tampon et protéger ses petits chéris de Daesh contre les méchant-e-s « terroristes » des unités de protection du peuple (YPG) et des unités de protection des femmes (YPJ, unités féminines non-mixtes).
Comme les choses ne pouvaient pas être présentés aussi crûment, l’Etat turc invoquait des raisons humanitaires : les YPJ et YPG auraient brûlés des maisons appartenant à des Arabes et des Turkmènes provoquant un exode de populations civiles.
Quelques jours plus tard, le Président Russe Poutine menaçait d’envoyer l’armée Russe sur le territoire turc si l’armée turque rentrait sur le territoire syrien. La diplomatie turque entamait alors un rétropédalage pathétique.
Notons que la diplomatie française a soutenu cette idée d’une zone tampon, avancée par l’Etat turc depuis le début de la guerre en Syrie (2011), et surtout à partir de l’été 2012, au fur et à mesure que les trois cantons (régions) du Rojava se dotaient d’institutions autonomes. 
 
Le Rojava autonome est un démenti cinglant à la propagande turque sur le caractère chauvin et ethniciste de la lutte kurde. 
Loin de s’attaquer aux minorités turkmènes et arabes, les dirigeant-e-s du Parti de la Vie Démocratique (PYD) qui dirigent le processus politique ont tenu à associer étroitement ces minorités à l’ensemble de l’administration civile sur la base de leurs poids démographiques respectifs, ce qui permet de lutter contre l'éclatement confessionnel des peuples et des états, projet de longue date des impérialistes.
A chaque étape du processus, le consensus entre les différentes identités religieuses et culturelles est recherché.
Les principaux partis kurdes de Syrie, de Turquie, et d’Iran partagent l’analyse que la naissance d’un Etat-nation unitaire kurde serait contre-productif et porteur de nouveaux drames et de nouvelles épurations ethniques, dans un territoire qui est une mosaïque de communautés. Ils ne souhaitent pas toucher aux frontières nées des précédents traités internationaux (notamment celui de Lausanne, 1924). Ils souhaitent développer partout où c'est possible des espaces autonomes de coexistence des communautés, où chaque groupe puisse exercer pleinement ses droits démocratiques et développer sa culture (dans un esprit démocratique, pro-féministe et écologique). Ils considèrent que le dépassement des frontières ne peut venir que de l'élargissement de ce modèle au reste du Moyen-Orient.
 
Voilà ce que ne peut pas comprendre l’Etat turc, Etat unitaire, structurellement raciste et sexiste, fondé sur le génocide du peuple arménien et la spoliation de ses biensmaintenu par des massacres et des répressions contre les minorités nationales et religieuses. Derrière le fantasme d’exactions Kurdes contre les populations Arabes et Turkmènes, se cache une logique de victimisation propre aux états coloniaux qui justifient leurs crimes et leur répression par le danger imaginaire représentés par les groupes minorisés. C’est la logique des accusations en miroir qui ne reflètent que l’inconscient exterminateur de ceux qui les profèrent. 
 
De son côté l’Etat Français, également unitaire et structurellement raciste et sexiste (il a servi de modèle institutionnel et idéologique aux fondateurs de l’Etat turc) , voit lui-aussi d’un très mauvais oeil l’autonomie du Rojava qui gêne ses propres plans de démembrement de l’Etat syrien.
 
Le massacre survenu lundi 20 Juillet à Suruç est un nouvel épisode de la longue haine de l’Etat turc contre le peuple Kurde et ses allié-e-s progressistes qui accourent actuellement de Turquie et du monde entier pour reconstruire Kobanê et défendre le Rojava. 
Il s’agit d’isoler le peuple Kurde en brisant une solidarité internationale insoutenable pour l’Etat turc. 
 
Pour cela, une fois de plus, l’Etat turc a laissé agir Daesh pour mener à bien ses plans monstrueux tout en prenant un air dégagé.
Ce jour-là, alors que les jeunes progressistes et communistes turc-que-s et kurdes parlaient à la presse de la mission de reconstruction qu’ils/elles allaient effectuer à Kobanê, une voiture piégée a explosé, conduite par une jeune femme de 18 ans, simple chair à canon au service des cauchemars patriarcaux et féodaux nourris par les chefs nihilistes de Daesh.
L’explosion a fait 35 morts dans le centre culturel de la ville de Suruç (Pirusê) où nos camarades étaient hébergés.
Le même jour, une autre voiture piégée venue de Turquie explosait au sud de Kobanê, tuant son conducteur et deux combattants des YPG. 
Ces deux attentats font suite à d’autres. La veille, une des dernières ville d’Irak où Chiites et Sunnites coexistaient pacifiquement, a été attaquée selon le même mode opératoire.
Plusieurs locaux d’organisations de la résistance palestinienne à Gaza ont aussi subi des attaques du même type ce même-jour.
Le Hamas et le Mouvement pour le Jihad Islamique Palestinien qui ont été spécifiquement ciblés, sont des ennemis privilégiés de Daesh qui considère la revendication d’un Etat Palestinien comme impie et idolâtre. Daesh nie l’existence du peuple palestinien. Daesh veut détruire la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans au sein de ce peuple en résistance. 
Ces attaques révèlent le vrai visage de Daesh, un instrument de division et de déstructuration des peuples au service des puissances impérialistes, des pétro-monarchies réactionnaires et de leur alliés sionistes. 
Chaque jour davantage les peuples et les communautés du Moyen-Orient, niés dans leur diversité, s’unissent pour balayer cette barbarie née du pourrissement de l’impérialisme et prônant la négation des peuples . 
 
Nous, communistes dans l’Etat Français exprimons notre solidarité aux habitant-e-s de Suruç. Nous savons la solidarité dont ils ont su faire preuve sous la direction de leur municipalité et notamment de la co-maire Fayza Abdi, pour accueillir deux vagues de réfugié-e-s: d'abord des Kurdes de confession yézidie, chassé-e-s des monts Sinjar (Kurdistan d’Irak) par Daesh à l’Été 2014, puis les familles des combattant-e-s de Kobanê à partir de l’automne. Aujourd’hui 20 000 réfugié-e-s vivent à Suruç. Les femmes yézidies, systématiquement violées par Daesh peuvent se reconstruire au sein de groupes de paroles non-mixtes encadrés par des soignantes. Un grand respect est également accordé à leur identité culturelle. 
En frappant dans cette ville, Daesh a voulu punir ces habitant-e-s de leur courage et de leur solidarité.
Nous avons une pensée particulière pour nos camarades tombés à Suruç alors qu’ils/elles allaient apporter leur solidarité à Kobanê. Ces hommes et ces femmes aimaient la vie. Pour la plupart de conviction matérialiste, ils/elles avaient tout leur bien sur Terre et n’escomptaient pas de récompense après leur mort. Ils/elles ont choisi en conscience d’assumer l’ensemble des risques de leur mission, précisément parce qu’ils/elles pensaient, comme l'avait écrit autrefois de sa prison le poète communiste Turque Nâzim Hìkmet que la vie n’était pas une plaisanterie et qu’il fallait la prendre au sérieux. Ils/elles sont mort-e-s pour défendre la vie, comme la communiste et militante LGBT afro-allemande Ivana Hoffmann (Avasin Tekosin Günes) morte en Février les armes à la mains pour défendre Rojava, bien qu’elle haïssait la guerre. 
Ivana Hoffmann a bien décrit l'état d'esprit des internationalistes dans sa dernière lettre: c'est plein d'amour et de reconnaissance envers la vie, plein d'amour et de reconnaissance envers celles et ceux qu'ils/elles aimaient qu'ils/elles ont fait ce choix. Ils/elles se sentaient responsables envers leurs proches, mais aussi envers tous les peuples du monde. 
Ces camarades ont été les plus grand-e-s amoureux/euses de la vie. Ils/elles l’aimaient dix-milles fois plus que les nihilistes de Daesh n’aiment la mort et c’est pour cela que leur cause triomphera car la vie triomphe toujours.
La bourgeoisie cherche à nous inculquer la philosophie de Ponce-Pilate : elle nous enjoint à ne «  pas jouer les héros » et à appeler la Police quand nous sommes témoin d’un meurtre ou d’un viol alors que nous savons que la Police ne viendra pas à temps, ou qu’elle s’en fout. Nous devons refuser les symétries odieuses que la bourgeoisie cherche à établir entre celles et ceux qui viennent du monde entier pour détruire le Moyen-Orient avec Daesh et celles et ceux qui viennent du monde entier pour aider à reconstruire Kobanê et à construire un Rojava démocratique, pro-féministe et écologiste. Depuis 2011 nous sommes témoins quotidiennement de centaine de milliers de meurtres et de viols perpétrés en Syrie et en Irak par les milices réactionnaires et nous n’attendons plus rien du gendarme impérialiste qui porte une responsabilité écrasante dans cette situation. Nous attendons tout de la solidarité internationale des peuples et nous devons en prendre la tête.
Les camarades tombés à Suruç doivent vivre dans notre coeur. De nous seul-e-s dépend la pérennité de leur action. Nous devons renforcer partout où nous sommes les collectifs de soutien à Kobanê et au Rojava.
 
Pour notre organisation, il est impératif que se construise un mouvement de solidarité anti-impérialiste là où nous militons. C’est notre responsabilité et c'est ce à quoi nous nous attelons. Il ne s'agit pas d'"exotisme révolutionnaire": c'est une lutte internationale, nous avons tou-te-s à apprendre pour notre propre lutte contre notre propre bourgeoisie de la lutte du peuple kurde, des femmes kurdes et de leurs allié-e-s. Nous avons tou-te-s intérêt à leur victoire, comme autrefois à la victoire de la République espagnole contre les fascistes, comme ailleurs à la victoire du peuple palestinien ...
 
Vive la lutte des peuples du Moyen et du Proche Orient !
Solidarité internationale anti-impérialiste !
 
Après le massacre de Suruç (Piruse): renforcer la solidarité avec le Rojava

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Turquie, #Répression, #Kobane

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Publié le 31 Janvier 2015

Victoire du peuple kurde et des peuples de Syrie à Kobane

VIVE LA VICTOIRE DU PEUPLE KURDE ET DES PEUPLES DE SYRIE A KOBANE

 

Au cœur de la longue nuit barbare dans lequel l’impérialisme pourrissant plonge l’humanité, les lueurs annonciatrices de l’aube sont trop rares. La libération de la ville de Kobané, assiégée depuis quatre mois par les miliciens de Daesh, est une de ces lueurs qui nous aide à garder espoir et à continuer le combat. Cette victoire empêchent Daesh de détruire la région de Rojava , où, sous la protection de la résistance kurde, de nouvelles relations égalitaires s’expérimentent entre les communautés de Syrie. Cette victoire n’est pas seulement une grande victoire pour le peuple kurde dont les combattant-e-s ont joué un rôle prépondérant, ‘mais aussi pour les différents peuples de Syrie qui ont participé à la résistance de Kobané (notamment arabes, turkmènes et arménien-ne-s). C’est d’ailleurs cet aspect plurinational de la lutte que Salih Muslim, dirigeant de la résistance kurde, a constamment mis en avant. C’est aussi une victoire pour les nombreux communistes et internationalistes de Turquie et du Kurdistan de Turquie (et d’autre pays, jusqu’au Vietnam !) qui ont participé à la résistance. C’est une victoire pour l’humanité toute entière. Alors que nous célébrons le soixante-dixième anniversaire libération des déporté-e-s d’Auschwitz par l’héroïque armée rouge soviétique, nous nous rappelons de la résistance des combattant-e-s assiégé-e-s de Stalingrad, qui eux/elles-aussi défendaient l’humanité toute entière.

Une victoire pour l’Humanité ne peut qu’être une défaite pour l’impérialisme, car l’impérialisme est l’ennemi de tous les peuples du monde. Il porte en lui la barbarie et la guerre. Certaines personnes se sont étonnées de ce que les bombardements états-uniens aient pu jouer un rôle, même secondaire, dans la libération de Kobané et que les combattant-e-s kurdes aient pu appeler ces bombardements de leurs vœux et s’en féliciter. Les mêmes s’étonnaient il y a quatre-vingt ans que l’Union soviétique passe temporairement une alliance avec les Etats-Unis et l’Angleterre contre les nazis-fascistes. Il semble effectivement que des contradictions soient apparues au cours de ces derniers mois entre les Etats-Unis d’une part, l’impérialisme français et ses alliés turcs, qataris et sionistes d’autre part. La résistance kurde a su tirer profit de ces contradictions et elle a bien fait…

L’impérialisme français, l’un des plus agressifs du monde, misait clairement sur la victoire de Daesh et n’a pas levé le petit doigt pour sauver Kobané. Le seul responsable bourgeois en France (P « C »F excepté) qui a appelé à soutenir la résistance kurde a été le ministre en retraite Kouchner, connu depuis longtemps pour ses liens privilégiés avec l’impérialisme US. Hollande s’est contenté, en octobre, de verser une larme de crocodile sur « ces pauvres gens de Konabé » (sic) pendant que le ministre des affaires étrangères Fabius, réaffirmait le 12 janvier sur la radio d’état (France Inter) que la France avait toujours fait les bons choix en Syrie et se refusait à évoquer les Kurdes. L’impérialisme français, empêché par l’impérialisme russe d’intervenir directement en Syrie et de terminer le démembrement de l’Etat syrien (engagé avec la création artificielle du Liban en 1943 par le protectorat français en Syrie), a armé, financé et entraîné les groupes takfiristes les plus radicaux depuis la Turquie, parce qu’il pensait qu’ils étaient les plus à même de semer le chaos et de détruire l’unité nationale syrienne. Il a facilité le départs des jeunes garçons et filles de France qui rejoignaient Daesh et Jahbat al-Nosra (même si ce phénomène ultra-minoritaire a été grossi par Marine Le Pen a des fin de propagande raciste). En revanche, le projet « confédéraliste » des kurdes de Kobané qui se posaient (avec le soutien de nombreuses forces progressiste et patriotiques en Syrie) comme « le meilleur garant de l’unité nationale syrienne » était un véritable caillou dans le brodequin de l’impérialisme français. La soi-disant « coalition internationale » contre Daesh qui rassemble les Etats-Unis, la France, le Qatar, l’Arabie Saoudite et l’Etat turc est un véritable fourrier de contradictions inter-impérialistes. L’Etat turc a constamment empêché les kurdes de Turquie de défendre Kobané, qui a financé Daesh en lui achetant du pétrole et qui l’a approvisionné en chars d’assauts. Les sionistes profitent de leur côté du chaos pour violer l’intégrité territoriale syrienne et s’attaquer au Hezbollah libanais (qui protège le régime corrompu de Bachar al-Assad, mais aussi les populations civiles chi’ites et alaouites contre les miliciens de Daesh).

La victoire de Kobané est un important symbole : à l’heure ou les musulman-e-s de France (mais aussi l’ensemble des personnes issu-e-s de l’immigration post-coloniale) sont sommée par l’Etat français de se désolidariser des attentats de Paris sous prétexte que l’Islam serait responsable de ces attentats, les peuples du Moyen-Orient s’unissent contre les milices de Daesh, largement perçus comme des mercenaires de l’impérialisme occidental, et notamment français!

L’impérialisme français cherche à promouvoir sa vision essentialiste des peuples moyen-orientaux, et à leur imposer une forme de sécessionnisme confessionnel en les divisant par communautés pour mieux les dominer. Pourtant ces sociétés vivent et luttent. Depuis 30 ans, les organisations progressistes du peuple kurde travaillent à briser les vieilles loyautés féodales et patriarcales pour libérer des énergies politiques nouvelles. La part importante qu’ont prit les femmes dans la libération de Kobané témoigne d’ailleurs de cette dynamique. Surtout, les défenseur-euse-s de Kobané aimaient encore plus la vie que leurs ennemis n’aimaient la mort, et la vie finit toujours par triompher…

Victoire du peuple kurde et des peuples de Syrie à Kobane

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Kobane, #Impérialisme, #Syrie

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