Notre-Dame-des-Landes : contre la répression, solidarité !

Publié le 4 Mars 2014

Les militant(e)s anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont été confronté(e)s une fois de plus à la répression et aux flics de Valls. Mobilisation massive des CRS, militarisation du centre-ville de Nantes, interdiction de la manif’ ; des scènes qui rappellent l’Opération César et l’occupation militaire de la Zone pendant six mois sans interruption, avec son cortège de centaines de blessé(e)s, d’interpellé(e)s, de lourdes condamnations -parfois à de la prison ferme-, sa destruction de lieux de vie (ferme des Planchettes).

Face à la répression violente dont ils -elles- sont victimes depuis des années, les zadistes se sont défendus en attaquant quelques lieux symboliques du capitalisme et les flics présents en masse (8 flics blessés), immédiatement dénoncés par la Préf’ et par toute la composante petite-bourgeoise (EELV, Cedpa) de la lutte. A cette heure, nous avons le chiffre de 14 camarades interpellé-es.

L’OC-FR soutient la lutte des anti-aéroport et le(s) camarade(s) interpellé(s). La lutte contre l’aéroport ne concerne pas uniquement les paysans et les zadistes ; cette lutte concerne tous les travailleurs. Nous voulons la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme, mais si c’est pour vivre dans un monde de béton, à quoi bon ?

Nous ne condamnons qu’une seule conduite ; celle qui consiste à traiter nos camarades de « casseurs ». Qu’est-ce que quelques vitres brisées ou taguées, que quelques flics touchés par des pavés comparés aux centaines de blessés de l’opération César, à la répression judiciaire, aux cabanes rasées, à la destruction de milliers d’hectares de bocage ?

Nous nous moquons bien du droit et de la légalité bourgeoise ; la lutte prolétarienne doit utiliser tous les moyens à sa disposition, légaux ou pas, légitimes -aux yeux de la bourgeoisie- ou pas.

Nous n’avons pas à respecter les règles que nos ennemis de classe, que les exploiteurs, nous imposent ; nous n’avons rien à gagner et tout à perdre en s’inclinant devant la Préfecture, l’Etat et la bourgeoisie.

Il faut être un(e) petit(e)-bourgeois(e) pour se permettre de condamner la « violence » des Zadistes. Il faut n’avoir jamais vu les flics à l’œuvre sur la ZAD pour ne pas comprendre que tendre l’autre joue est suicidaire, dans cette lutte comme dans toutes les autres.

Il faut n’avoir aucune idée de ce qu’est un rapport de force pour se permettre de rejeter la violence ; si, aujourd’hui, il y a encore des cabanes, des potagers et des agriculteurs sur la ZAD, c’est parce qu’il y a des militant(e)s qui ont osé s’opposer physiquement aux flics et aux pelleteuses de Vinci, et pas seulement grâce à une poignée de politicards et de petit(e)s-bourgeois(e)s et à leurs discours citoyennistes ou républicains.

Il faut n’avoir aucune conscience de classe pour non seulement ne pas soutenir les militant(e)s victimes de la répression mais en plus faire le jeu de la Préfecture et de l’Etat en les traitant de « casseurs ».

Il faut n’avoir aucune connaissance de l’histoire pour ne pas voir que toutes les évolutions, que toutes les luttes, de la Commune à la guérilla Naxalite indienne en passant par le Chiapas, les Asturies et toutes les luttes ouvrières et prolétariennes ont nécessairement utilisé la violence comme arme de classe.

-Nous appelons tous les travailleurs(euses) et les militant(e)s, de l’Etat français ou d’ailleurs, à soutenir la lutte des zadistes et les camarades interpellé(e)s.

-Nous demandons à toutes les organisations, collectifs et partis engagés dans la lutte de soutenir clairement nos camarades victimes de la répression.

Contre les flics de Valls et le capitalisme, ici comme ailleurs, résistance et révolution prolétarienne !

Contre la répression, solidarité prolétarienne !

Casseurs tant qu’il le faudra !

Notre-Dame-des-Landes : contre la répression, solidarité !

Rédigé par OC Futur Rouge

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Gorri 05/03/2014 23:40

Bon texte, mais vous oubliez le camarade à qui les flics ont fait perdre un oeil, ce qui dit vraiment tout de l'ignominie (et le mot est faible) des "condamnateurs".

Camille 07/03/2014 19:43

Le texte a été écrit le lendemain de la manif nantaise (oui, nous avons mis beaucoup de temps à le publier), et à cette date, nous n'avions que des infos fragmentaires et imprécises sur les blessures, les interpellations et les condamnations