Publié le 21 Mars 2018

DECLARATION A L’OCCASION DE NEWROZ 2018

Aujourd’hui nous fêtons Newroz, le nouvel an kurde,  qui commémore la révolte du forgeron Kawa contre la tyrannie du roi Dihak et la victoire des forces de la lumières et de la vie sur l’hiver et les ténèbres. Cette année, Newroz est hélas marqué par des nouvelles douloureuses puisque le drapeau de l’envahisseur turc flotte au centre ville d’Afrin.

Après deux mois de résistance farouche, face à la deuxième armée de l’OTAN et à ses milices de fantoches, après que les criminels turcs aient cruellement pilonné la population civile et coupé l’accès en eau de la ville, les YPG et les YPJ ont du évacuer 250 000 civil-e-s pour éviter un drame humanitaire. Ce n’est pas la victoire claironnée par la propagande turque. Les criminels turcs et leurs fantoches sont entrés sans combat et dans un silence de mort dans une ville où des combattant-e-s aguerri-e-s et determiné-e-s les attendent de pied ferme dans leurs cachettes, prêt-e-s à leur mener la vie dure. Depuis la soi-disant « chute » d’Afrin les snipers de la résistance ont revendiqué 75 morts dans les rangs ennemis.

En entrant, avant de piller la ville, les fascistes ont commencé par jeter à bas la statue de Kawa le forgeron, qu’ils avaient pris pour celle d’un combattant YPG. Et en sens ils n’avaient pas tort car la flamme de Kawa brûle dans le cœur de chaque combattant-e-s YPG et YPJ. Kawa représente le courage des peuples travailleurs qui survivent les larmes aux yeux, la révolte contre la tyrannie au nom de la dignité humaine. La statue est à terre, mais ce que représente Kawa est toujours debout. Les fascistes ne tarderont pas à l’apprendre dans leur chair.

Depuis 2012, la population d’Afrin vivait en paix à l’écart du conflit syrien. Kurdes, Arabes, Turkmènes, Tcherkesses…y coexistaient dans l’amitié. Ils /elles avaient accueilli 200 000 refugié-e-s de toutes les communautés. Ils/elles cultivaient l’olivier et fabriquaient le fameux savon dit d’Alep. Les bombes turques se sont abattues sur ce territoires miraculeusement épargné par la guerre, semant la mort et la souffrance et détruisant un patrimoine archéologique inestimable. Les mercenaires de la Turquie, résidus de Daesh, d’Al Nosra et d’autres milices réactionnaires ont été lancés comme une meute de charognards sur le malheureux peuple d’Afrin. Avec leur smartphones, et comme s’il y avait de quoi être fiers ils se sont filmés insultant et humiliant d’honnêtes travailleurs, proférant des menaces de viols contre les femmes, brûlant des maisons, infligeant des mutilations sexistes aux corps de combattantes tombées au combat, faisant les poches des cadavres,  torturant un malheureux handicapé mental, et sans cesse pillant :: le bétail, les tracteurs, les voitures, les mobylettes  et jusqu’aux objets de la vie quotidienne, jusqu’au shampooing…La flamme de la haine brûle désormais dans le cœur des paisibles habitant-e-s d’Afrin et ce feu finira par brûler les oppresseurs.

En attaquant en priorité cette zone peuplée de réfugié-e-s les fascistes turcs ont montré une fois de plus l’étendue de leur cynisme, en privilégiant leur évacuation, les YPG/YPJ ont prouvé une fois de plus la force de leur humanité.

Les impérialistes d’Europe de l’Ouest, avec à leur tête les impérialismes français et allemand ont fait des promesses aux Kurdes et les ont trahi. Les impérialistes européens refusent d’accueillir les malheureux/ses réfugié-e-s syrien-ne-s  que le régime d’Erdogan séquestre, maltraite et exploite. Merkel et Macron vendent des armes à l’Etat turc pour frapper Afrin. Merkel interdit le drapeau kurde et celui des YPG/YPJ et Macron traite les combattant-e-s  PKK de terroristes  pour complaire à l’Etat turc.

Malgré toutes les mascarades de brouille, les imperialistes US restent  le premier partenaire économique de l’Etat turc, ils négocient pour le maintenir dans l’OTAN, leur alliance d’assassins et de bandits. Ils s’apprêtent à lui abandonner Manbij que les YPG/YPJ est leur allié-e-s arabes ont reconquis en 2016 aux milices de Daesh, au prix de leur sang.

L’homme qui vient de se faire réélire dimanche à la tête de la Russie peut multiplier les mises en scène virilistes et grotesques de judoka amateur et de dompteur d’ours, il n’en est pas moins un lâche. Un homme sans dignité, sans vergogne, sans parole, sans honneur…Afrin était dans la zone d’influence russe, sous la protection de l’armée russe. 15 jours avant de se retirer pour permettre l’attaque turques, les Russes avaient tenu à décoré le commandant YPG Sipan Hemo du ruban dit de Saint-Georges, symbole des combattant-e-s de Stalingrad. Ils s’apprêtaient pourtant à le poignarder dans le dos. Poutine est ce que Staline appelait un dvaroujnik, un individu à double face. Il fait honte à tou-te-s les Russes qui se souviennent de Lénine, de Staline et de la grande guerre antifasciste.

Il suffisait de maintenir les troupes russes à Afrin, et d’envoyer quelques Sukhoi pour sécuriser l’espace aérien pour éviter les centaines de mort-e-s de l’invasion turque. Les dirigeant-e-s de la fédération de la Syrie du Nord (Rojava) ont longtemps cru que la Russie pouvait être un contrepoids à l’impérialisme US. En réalité, la Russie n’est un contrepoids à rien du tout. La Russie est un impérialisme plus faible mais pas moins cynique que ses rivaux. En 1999, l’impérialisme russe  a vendu Abdullah Öcalan à l’Etat turc, en 2008 il lui a donné Afrin.

Et demain Idlib.

L’impérialisme russe se présente comme le garant de l’intégrité territoriale syrienne et il vient de vendre une portion de territoire syrien contre un contrat avec l’Etat turc sur un gazoduc. L’impérialisme russe est un allié de merde. Les peuples du monde doivent penser à cela. Les petits Etats qui se croient protégés des bandits impérialistes occidentaux  par leur partenariat avec la Russie doivent y penser aussi. La Russie a trahi le peuple sahraoui pour se concilier la monarchie féodale-compradore marocaine, comme elle a trahi le peuple kurde pour se concilier les fascistes turcs. Demain, la Russie vendra le Sahara algérien à l’Impérialisme français comme elle a vendu la Syrie du Nord à l’Etat turc.

Les dirigeant-e-s  des cantons d’Afrin, de Kobané et de Qamishli n’ont jamais remis en question l’intégrité territoriale syrienne. Ils/elles ont remis en cause le régime baathiste brutal et corrompu et réclamé la démocratisation du pays et d’avantage d’autonomie locale.

Le régime baathiste de Damas avait un intérêt commun avec les trois cantons de la fédération du Nord-Syrie, celui de préserver l’unité de la Syrie en attendant la confrontation finale entre leurs deux visions inconciliables de ce que devait être l’après-guerre. Les baathistes ont fait mine d’être prêts à se battre contre les envahisseurs turcs aux côté des YPG/YPJ. Ils se sont contentés d’envoyer des volontaires courageux mais mal armés, Nous devons nous poser des questions. N’y a-t-il plus aucun-e aviateur-trice dans l’Armée Arabe Syrienne ? Est-ce qu’en laissant des Sukhoi aux baathistes, les Russes sont partis en emportant les clés ? Le régime de Damas a-t-il perdu toute autonomie face à son allié russe pour se contenter de protestations verbales et d’envoyer leurs volontaires et leurs amis de la milice de Mihraç Ural se faire tuer pour rien, faute de moyens militaires.

Une fois de plus le peuple kurde doit compter sur ses propres forces, sans autres ami-e-s que ses montagnes. Ou presque. Seul-e-s sont resté-e-s jusqu’au bout à leurs côté leurs allié-e-s communistes et anarchistes, les héroïques combattant-e-s du TKP/ML-TIKKO, du MLKP et des autres organisations révolutionnaires anatoliennes, les antifascistes internationaux comme le patriote breton Kendal  Breizh.

Nous avons une pensée particulière pour tous les laquais de Poutine déguisés en super-révolutionnaires qui meublent le vide de leur vie militante en crachant sur la résistance au Rojava. Ils  auraient préféré que les kurdes restent bien sagement comme des moutons et des brebis dans la bergerie baathistes en attendant de s’y faire tondre ou d’être mené-e-s à l’abattoir. Aujourd’hui ils exultent en disant « Poutine les avait prévenu et leur a donné une dure leçon », « le loup les mange et c’est bien fait ! ». On espère que pour l’occasion ils  ont  repris deux fois de la glace et qu’ils ont bien dormi. Voilà.

Sinon, nous sommes au regret de leur apprendre que la résistance d’Afrin ne fait que commencer, quand on a goûté à la liberté et que l’on connait la valeur de la vie, on ne se laisse pas remettre facilement le licol.

Après la victoire de Kobané en février 2015, quand ils/elles ont continué la lutte contre les milices de Daech au-delà même des cantons du Rojava, les combattant-e-s kurdes des YPG-YPJ et leurs allié-e-s disaient volontiers « Nous nous battons pour l’humanité ». Savaient-ils/elles, eux/elles qui citent si souvent la Commune de Paris comme une source d’inspiration majeure, qu’un des derniers défenseurs de la dernière barricade de la Commune n’avait pas dit autre chose aux soldats versaillais venus l’assassiner « Nous sommes ici pour l’humanité ».  Aujourd’hui, alors que les impérialistes ont négocié leur abandon pour préserver leurs business avec l’Etat turc, nous aimerions dire à nos ami-e-s kurdes de Syrie et à leurs allié-e-s que l’humanité est fière de leur courage, que les peuples du monde entier sont fiers de leur courage. Leur lutte est un encouragement pour les opprimé-e-s du monde entier. Ils/elles ne seront jamais seul-e-s.

LES PEUPLES DE SYRIE DU NORD VAINCRONT L’IMPERIALISME ET LA REACTION !

LA FLAMME DE NEWROZ, LA FLAMME DE LA RESISTANCE NE S’ETEINDRA JAMAIS !

Déclaration à l'occasion de Newroz 2018

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International, #Anti-impérialisme, #Turquie, #Syrie, #kurdistan

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Publié le 14 Mars 2018

Annick Girardin, la ministre de l’outre-mer estime que le problème de Mayotte c’est la situation sociale de l’océan Indien. En réalité, le problème de Mayotte, c’est le colonialisme et la présence des impérialistes dans l’océan Indien et dans l’archipel des Comores. 
C’est l’impérialisme qui crée cette instabilité sociale dans l’océan Indien, et maintien dans la pauvreté les îles.
 
Depuis plusieurs semaines, une mobilisation d’ampleur dite contre « l’insécurité » des mahorais-e-s paralyse l’île. Les manifestant-e-s pointent du doigt les violences et la présence nombreuse de comorien-ne-s venu-e-s des autres îles dans l’espoir d’y trouver une vie meilleure, souvent en risquant leur vie et en bravant de nombreux dangers. 
Les manifestant-e-s imputent les violences à l’immigration sans rendre compte des divisions sociales et communautaires que l’impérialisme français a réussi à créer dans l’archipel.
Ce racisme anti-comorien-ne (non mahorais-e-s) est le fruit du colonialisme dans les Comores qui s’inscrit dans la politique de la francafrique (l’état français y défend ses intérêts, la possession d’un territoire dans l’océan Indien, en face de l’Afrique ayant une portée stratégique, lui permet également de contrôler la zone maritime environnante et d’assurer sa présence dans la région).
Parce qu’en réalité, les comorien-ne-s non-mahorais-e-s ne sont pas des étrangers, et les mahorais-e-s sont des comorien-ne-s. Ils étaient là bien avant les français-e-s. Mayotte est comorienne, l’île fait partie de l’archipel des Comores. Elle en a été détachée administrativement et politiquement par la France, mais est toujours revendiquée par la République des Comores. C’est la France qui a crée cette distinction et cette division entre les mahorais-e-s et les autres comorien-ne-s. Les étranger-ère-s à Mayotte, ce sont les français-e-s !
Les comorien-ne-s qui veulent venir à Mayotte y ont souvent de la famille, dont ils/elles ont été séparés par la France. Ils/elles devraient pouvoir être chez eux/elles à Mayotte.
 
L’OC-FR soutient les revendications d’unité et d’unification des territoires des Comores. Les comorien-ne-s ont été dépossédé par la France de Mayotte, mais l’île leur appartient.
 
Une politique de développement ou une politique impérialiste?
 
Le gouvernement français a déclaré, pour sortir de la crise, vouloir impulser une nouvelle politique de développement en coopération avec les Comores et Madagascar, l’autre île proche. Sauf que quand les politiques français parlent de « politique de développement dans les pays du sud », c’est en principe synonyme de politique impérialiste de maintien des intérêts français dans les pays dominés. Il s’agit juste pour le pouvoir français de chercher à camoufler certaines contradictions pour mieux assurer sa présence.
Cette politique ne remet en rien en cause les mesures racistes et coloniales édictées par les gouvernements précédents. Ni l’instauration du visa Balladur en 1995, qui empêche la libre circulation des comorien-ne-s dans l’archipel, ni la départementalisation de 2011, qui accroit leur précarité et accentue la politique répressive de la France à leur égard. Ces politiques ont toujours désignés les comorien-ne-s comme des clandestin-ne-s, des personnes vivant dans l’illégalité, les empêchant d’avoir une vie normale et d’accéder aux services que tout être humain devrait avoir droit.
Plus particulièrement, les mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s sont pointés du doigts et souvent considérés responsables de l’insécurité que dénonce le mouvement en cours. Mayotte est le territoire appartenant à la France où il y a le plus de mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s. Ces dernier-ère-s pour survivre dans la rue doivent souvent se regrouper. 
Pour les empêcher d’acquérir la nationalité française, d’autant qu’un certain nombre sont né-e-s à Mayotte, des politiques demandent à ce que le droit du sol ne soit plus reconnu dans l’île. Cette revendication raciste vise à criminaliser toujours plus les comorien-ne-s et les mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s, dont la faute est de naître sur un territoire détenu par la France.
Pour répondre à cette revendication criminelle, le gouvernement annonce vouloir légiférer sur l’hôpital de Mayotte, pour qu’il soit classé en zone extraterritoriale, c’est à dire internationale, et que les naissances n’y soient plus considérées comme faites en France.
 
Pour l’OC-FR, tout cela témoigne d’autant plus du caractère criminel et raciste de l’impérialisme français. La colonisation continue encore aujourd’hui de faire éclater des fractures dans la société et des divisions dans les classes populaires. 
La solution ne passe pas en désignant certain-e-s des nôtres coupables de nos problèmes, mais en dévoilant clairement le véritable responsable de la situation : l’état français.
 
À La Réunion, le député de La France insoumise, Jean-Hugues Ratenon, déclare que la situation à Mayotte va amener irrémédiablement de nombreux-euses mahorais-e-s à immigrer à La Réunion comme c’est déjà le cas. À son tour, la société coloniale réunionnaise désigne les mahorais-e-s comme des indésirables. 
Certain-e-s veulent la mise en place d’une nouvelle mesure raciste, la préférence régionale, afin d’empêcher les mahorais-e-s d’accéder à l’emploi à La Réunion. Du racisme anti-comorien à Mayotte, au racisme anti-mahorais à La Réunion, l’état français réussit le tour de passe passe qui consiste à désigner les « étrangers comme des boucs émissaires », responsables de tous les maux de l’océan Indien. 
Là encore, la réalité c’est que les seuls véritables étrangers indésirables ce sont les impérialistes !
 
Un mouvement social qui parle de la situation sociale à Mayotte
 
Néanmoins le mouvement ne parle pas que de l’insécurité et de l’immigration, bien que ce soit les seuls éléments relayés par la presse française.
Un certain nombre de mesures sociales d’urgences sont exigées, en particulier dans les domaines de la santé, de l’aide sociale à l’enfance et de l’éducation. 
Mais les revendications de l’inter-syndicale sont invisibilisées par les médias qui détournent le caractère social de la mobilisation pour le réduire à un mouvement contre l’insécurité. On retrouve là les mêmes manoeuvres mises en place lorsque les syndicats de Guyane se mobilisaient.
Ces revendications sociales et syndicales, nous devons les entendre et les mettre en avant. 
Nous espérons voir le développement de forces anti-impérialistes et révolutionnaires à Mayotte, qui puissent mobiliser sur des mots d’ordres démocratiques et progressistes, démasquer l’impérialisme français et isoler les discours racistes dans le mouvement social. 
Comme tout ce qui concerne les colonies de l’état français, nous restons attentif aux mobilisations anti-coloniales, et nous tenons prêts à relayer en France les luttes de libération nationales menées par nos camarades de l’océan Indien, d’Afrique, des îles du pacifique, des caraïbes ou d’Amérique du sud. 
 
La victoire des mahorais-e-s, y compris sur les mesures syndicales, ne peut s’arracher qu’en s’en prenant au véritable ennemi, l’état français.  
 
À bas l’état français !
Liberté de circuler pour tous et toutes !
Le mieux pour Mayotte, c’est que la France dégage !

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Rédigé par OC Futur Rouge

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