Publié le 27 Mai 2016

Incendie du Fort McMurray : stop à la catastrophe environnementale !
Solidarité avec les peuples du Canada !
 
L’incendie à ravagé la région de Fort McMurray au Canada, dans l’Alberta.
Depuis le 3 Mai 2016, c’est un véritable désastre social, économique, écologique, et humain que vivent les habitant-e-s de fort McMurray. 
Ces dernières heures, l’immense brasier est estimé à plus de 5 230 kilomètres carrés. Plus de 80 000 personnes qui vivent sur ce territoire ont dû partir précipitamment. 
L’OC-FR souhaite exprimer sa solidarité avec les travailleurs/euses de Fort McMurray. C’est l’impérialisme (dont français), et ce sont les grands groupes monopolistiques pétroliers (dont Total, encore une fois) qui sont responsables. Ce sont des criminels. 
Voir la population devoir fuir devant les feux, devoir tout abandonner, voir la forêt boréale, jadis primaire, ravagée par les flammes, nous emplit de colère. Nous n’imaginons pas les sentiments que doivent ressentir ceux et celles qui y ont tout perdu. 
 
Déjà frappé et sinistré socialement par la chute du prix du pétrole, Fort McMurray ne pouvait pas connaître pire. Ce site stratégique pour le Canada (dont 25% de l’économie serait lié à l’industrie pétrolière) est aussi la plus grande réserve de sable bitumineux au monde, cette matière qui fait le pétrole le plus sale, et le plus dégueulasse qui soit. Ce même sable, qui fait des ravages à Madagascar, et détruit son environnement. Ce sable, très cher, que Total exploite, au détriment de l’écosystème et des peuples. 
Pour l’exploiter, il faut raser la forêt (le sable se situe sous le sol). Ensuite exploité dans des mines à ciel ouvert, le sable pollue l’air, l’eau et les sols. Les zones humides disparaissent avec toute la biodiversité qu’elles abritaient. De plus, ce pétrole consomme des quantités énormes d’eau. Impossible de décrire tout les dommages écologiques engendrés par cette exploitation, tant ils sont nombreux. 
En Alberta, les sables bitumineux sont exploités depuis 1967. En 2012, la production brut à partir des sables bitumineux y était de 1,9 millions de barils par jour. Total en est l’un des principaux exploitants, son rôle est majeur dans l’Alberta. 
 
Mais ça y est, l’air n’est toujours pas respirable, l’incendie toujours pas maîtrisé, que les compagnies pétrolières demandent aux ouvriers/ères de pétrole de revenir, et de repeupler les camps de travailleurs épargnés par les flammes. 
Les impérialistes, qu’ils soient canadiens, français ou d’autres nationalités, ne renoncent pas à la manne financière que représente le pétrole, même quand ce marché est en crise. Ils nous ont mené vers la catastrophe, et veulent encore nous y enfoncer plus. Même la science bourgeoise nous l’affirme, l’exploitation pétrolière en Alberta détruit notre planète. 
Des scientifiques démontraient dans la revue Nature, que cette situation n’est pas viable pour l’avenir, et demandaient à suspendre d’urgence les projets des pétroliers dans la région. L’étude conclue sur la nécessité de renoncer à ce pétrole : « s’il veut aider l’humanité à éviter la catastrophe climatique qui s’annonce ». 
Loin d’être entendus, de nouveaux projets sont en cours, avec un oléoduc qui doit acheminer ce pétrole dégueulasse, jusqu’à l’Atlantique, et l’exporter par navire-citerne jusqu’en Europe.
 
De plus, les compagnies pétrolières et l’impérialisme ont dépossédé ce territoire aux premières nations. Aujourd’hui, lorsque celles-ci témoignent et manifestent contre la pollution de leur environnement, et les menaces sanitaires, elles sont réprimés. Harcelées, stigmatisées, isolées, les premières nations, avec l’aide de quelques éléments corrompus par l’argent du pétrole, ont été mis à l’écart, loin de profiter des mannes pétrolières, elles s’appauvrissent dans un environnement de plus en plus hostile. L’OC-FR soutient la lutte des premières nations, victimes des impérialistes.
 
Total ne sème que misère, mort et désolation
 
C’est peut-être au Canada, sur un autre continent, mais nous autres communistes français avons une responsabilité aussi sur cette situation. C’est entre-autre l’impérialisme français, et l’un de ses représentant, Total, qui profite et qui exploite l’Alberta. 
Mener la lutte ici, contre notre impérialisme, c’est aussi être solidaire des peuples et des travailleurs/euses qui en sont victimes à travers le monde.
Il y en a marre de ces catastrophes. Il y en a marre de voir Total et les pétroliers causer les pires drames. Il y en a marre de toutes ces catastrophes pétrolières. On se souvient notamment de l’Érika, déjà avec Total, le pétrolier qui avait fait naufrage en 1999 au large de la Bretagne.
Des marées noires aux incendies, les responsables ce sont les impérialistes. Le feu, c’est l’impérialisme. 
 
Total continue à ravager la planète. Sur chaque continent, elle perpétue ses crimes. Elle continue à détruire l’environnement, à soumettre les peuples. Ses velléités poussent les pétroliers à aller toujours plus loin, à faire toujours plus de dégâts, à s’emparer de toujours plus de terres, de mers et d’océan. Ils veulent aller sur Mars, mais en attendant ils forent nos glaciers, fouillent nos océans, s’accaparent des territoires vierges. 
C’est le cas par exemple en Russie, dans l’Arctique, où rien n’arrête Total qui continue à menacer notre planète. 
Fragilisé par le réchauffement climatique, les pôles sont pourtant les proies des grands monopoles énergétiques. On y trouve des tas de matières premières non-exploitées : du gaz, du pétrole… Et les firmes impérialistes n’en ont rien à faire des conséquences, tant que cela leur rapporte des marchés juteux.
Pour l’OC-FR, il est temps d’y mettre fin.
 
Dans l’état français, les ouvriers/ères du pétrole sont actuellement en lutte contre la loi travail. Pour tenter de casser la grève, Total menace les ouvriers/ères de revoir ses plans d’investissement dans les raffineries (500 millions de prévu), alors même qu’elle est la première entreprise française en terme de chiffre d’affaire. C’est un chantage peu crédible, tant l’état français a besoin de ces raffineries sur son territoire pour l’alimenter. Cela doit au contraire renforcer notre détermination à bloquer ses activités françaises. 
Nous pouvons observer déjà que ce mouvement de grève met en panique les patron-ne-s de la chimie et du pétrole. L’UIC (Union des Industries Chimiques) syndicat patronal de la chimie, a d’ailleurs écrit dans un communiqué : « L’industrie chimique en France est déjà affectée par les mouvements dans les raffineries. L’arrêt des unités a des conséquences sur la production des grandes matières premières en amont : (benzène, éthylène, propylène). Un risque de pénurie, en particulier pour les entreprises livrées par pipeline, est à craindre. Toutes les pertes de production induites par cette situation sont irréversibles et ne se rattraperont pas. Ces dernières risquent d’ailleurs d’affecter nos secteurs clients comme la plasturgie, l’automobile… » Alors quand même les patron-ne-s le disent… 
 
Arrêt de l’exploitation des sables bitumineux !
 
A bas l’impérialisme !
Incendie du FortMcMurray : stop à la catastrophe environnementale

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #environnement, #Canada, #Impérialisme, #International

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Publié le 23 Mai 2016

Soutien aux syndicats du secteur pétrolier !
Soutien à la grève !
 
L’OC-FR souhaite exprimer tout son soutien aux ouvriers-ères du secteur pétrolier, dans la grève contre la loi travail. 
Nous souhaitons voir cette grève se poursuivre, et s’élargir.
Nous appelons toutes les forces en lutte en capacité de le faire à soutenir matériellement et politiquement les piquets de grève, les caisses de grève et les blocages !
 
Nous considérons que seul le blocage des points névralgiques de l’économie française, pour laquelle le pétrole est stratégique (et l’une des industries majeures de l’impérialisme français), peut permettre de faire reculer le gouvernement. 6 raffineries sur 8 sont en grève. 
Cette grève est donc une avancée cruciale, de même que celle des cheminots, des dockers, des marins, des routiers… 
 
L’État français, aux ordres de l’UFIP (l’Union Française des Industries Pétrolières), le syndicat des patron-ne-s pétroliers, craint une pénurie, et réprime durement les grévistes. 
L’approvisionnement en carburant de certains territoires est en effet déjà impacté. Ce week-end, l’UFIP déclarait que la moitié des stations services en Bretagne étaient fermées. Selon Total, 317 de ses 2 200 stations étaient en rupture totale ou partielle. D’après Alain Vidalies, secrétaire d’état au transport, sur les près de 12 000 stations essence en métropole, 1 500 étaient impactées. 
Comme Nicolas Sarkozy en 2010, qui avait réquisitionné les dépôts et les raffineries pour casser la grève contre la réforme des retraites (en menaçant les ouvrier-ères de prison), le Parti Socialiste au pouvoir emploie la force pour briser les blocages. Plusieurs dépôts ont déjà subi des déblocages par les CRS et la garde mobile, à Dunkerque, Lorient, Vern-sur-Seiche ou encore à Grand-Quevilly. C’est bien la preuve que la grève est efficace et leur fait peur ! C’est la preuve que c’est le meilleur moyen de combattre cette loi !
 
Le secteur pétrolier en particulier est central dans l’économie. Frapper ce secteur, c’est frapper en plein coeur de l’état français. 
Dans sa communication, l’UFIP rappelle qu’en métropole, l’industrie pétrolière comprend « 8 raffineries, 9 sites pétrochimiques, 6 000 km d’oléoducs, 191 dépôts, 11356 stations-service ». Elles raffineraient un total d’environ 100 millions de tonnes de pétrole brut par an, soit 733 millions de barils. On trouve une neuvième raffinerie à Dunkerque, qui ne traite que de résidus atmosphériques en provenance d’autres raffineries, et une dixième raffinerie en Martinique.
On retrouve du pétrole partout dans notre quotidien, ce qui le rend si essentiel dans l’économie. Il sert à se déplacer, se chauffer, mais on le retrouve surtout dans l’agriculture et dans la production de toutes les industries, de la pétrochimie à la construction, en passant par le textile ou le plastique. Cette ressource en est parfois un élément clé et essentiel.
 
C’est donc bien visé de la part des syndicats. Viser l’industrie pétrolière, c’est viser des monopoles impérialistes, c’est viser un noyau stratégique de l’économie française. 
L’OC-FR apporte tout son soutien, à la hauteur de ses moyens, à la grève, et nous y participons activement. Nous nous tiendrons aux côtés des réprimé-e-s, et nous appelons à continuer la lutte, jusqu’au retrait de la loi travail.
La grève dans le secteur pétrolier doit se poursuivre, mais elle doit aussi s’étendre à d’autres secteurs stratégiques, dans l’énergie, la chimie, la métallurgie, les ports, les aéroports, le rail, la logistique…
 
À l'approche de l'Euro, la compétition européenne de football, bloquons également l'économie touristique de la France. Bloquons ses infrastructures de transport, hôtelières, de restauration, commerciales, etc. L'État français compte se faire beaucoup d'argent avec l'Euro. Empêchons une bonne tenue de la compétition. Bloquons tout pendant cet événement international. Paralysons complètement l'économie française.
 
 
Seule la lutte paye !
Soutien aux syndicats du secteur pétrolier

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #grêve, #France

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Publié le 17 Mai 2016

Face à la loi Travail, restons uni-e-s !
 
Jusque-là, la mobilisation contre la loi Travail s'est appuyé essentiellement sur une composante de la jeunesse (lycéenne, étudiante).
Cependant, pour porter suffisamment de coups au gouvernement pour le faire reculer, nous avons besoin que le mouvement s'étende à des secteurs professionnels ouvriers. 
Certains secteurs de la classe ouvrière (chimie, marins, cheminot-e-s) se mettent en mouvement et appellent à la grève reconductible. Les ouvriers et ouvrières peuvent bloquer l'économie du pays, nous avons besoin de placer cette classe au centre de notre mobilisation. L'OC-FR salue cette avancée dans la lutte.
À l'approche de l'Euro, mettons nous en capacité de faire peur au gouvernement, de construire le rapport de force, de les menacer de tout bloquer, les voies de circulation économiques et les lieux de production.
 
Le syndicat, c'est l'outil d'organisation des ouvriers et ouvrières. Nous sommes syndiqué-e-s et appelons à renforcer nos organisations de classe.
 
Cependant, nous constatons une fracture entre la mobilisation d'une fraction gauchiste et la mobilisation syndicale. Le 9 Mai, la préfecture de Paris a publié un communiqué dans lequel elle déclarait avoir négocié les modalités du maintien de l'ordre (pas de cortège de tête "autonome" entre la police et le service d'ordre) et une dispersion de la manifestation avant son arrivée prévue devant l'assemblée nationale.
Des incidents ont éclaté le lendemain dans plusieurs villes entre services d'ordres syndicaux et cortèges "autonomes", alors que les manifestations subissaient de plein fouet la répression policière.
 
Nous n'avons rien en soi contre les services d'ordres équipés s'ils sont là pour garantir la sécurité des manifestant-e-s face à la police et la tenue de la manifestation. Si tel n'est pas leur but, ils ne font que rajouter de l'huile sur le feu.

 

Pour nous, il n'est pas possible de discuter des modalités de la répression avec la police. La police et l'armée sont structurellement aux ordres de la bourgeoisie et de l'état français. Ce sont des ennemis. Tout est antagonique entre nous. Pour preuve le nombre de blessé-e-s qu'ils ont fait lors des manifestations de ce mouvement, pour preuve le fait que Martinez lui même essuie des tirs de lacrymogènes. Pour preuve le nombre de personnes blessées, assassinées par la police dans les quartiers populaires où vivent les ouvriers et ouvrières. La colère contre la police est normale, juste, légitime. Affronter la police, c'est de l'auto-défense, dans un contexte marqué par l'Etat d'Urgence, le vote de lois et de mesures permettant à la police d'agir avec toujours plus d'impunité.
Les organisations doivent toutes dénoncer explicitement la violence policière. Nous ne pouvons pas défiler avec la police. Nous devons les pointer du doigt à chaque fois qu'ils agissent.
Nous ne croyons pas de toute façon que négocier quoi que ce soit avec la police soit une garantie contre la répression, au contraire.
 
 
Solidaires a démenti, la CGT également, mais cela ne suffit pas. Visiblement, la stratégie de communication de l'état français semble marcher (dans une certaine mesure). Celle des syndicats non et reste confuse.

Les syndicats sont traversés de contradictions. La CGT a essuyé une campagne médiatique de la part du gouvernement attaquant les affiches de la CGT info-com dénonçant la répression. 
La CGT Police défilera demain avec Alliance et des groupes fascistes à République contre la "Haine Anti-Flic" et a été soutenue par Martinez.
Les syndicats ont une double nature. D'une part, ce sont des outils de luttes, d'autre part, ils sont intégrés à l'appareil d'état qui nourrit de nombreux représentant-e-s syndicales et syndicaux. Nous devons mener la lutte pour maîtriser nos outils syndicaux.
 
 
Syndiqués et non-syndiqués, nous avons le droit à des éclaircissement de la part de l'inter-syndicale, dont toutes les organisations membres participaient au SO. Pour lever toutes ambiguïtés, les syndicats doivent s'exprimer, et communiquer sur le rôle de leur service d'ordre.
 
La police n'est pas du côté des ouvriers et ouvrières.
Nous reconnaissons le droit à l'auto-défense contre un service d'ordre hostile visant à l'isolement d'une partie de manifestant-e-s et les réprimant. Cependant, nous ne sommes pas naïfs et ne nous laisserons pas entraîner par les perches tendues par la préfecture. 
Pour nous, l'hostilité d'une partie du cortège autonome vis à vis des syndicats est une hostilité idéologique de classe, anti-ouvrière. Les cortèges syndicaux comprennent de nombreux travailleurs et travailleuses subissant elles et eux aussi la répression.

 
Ne nous laissons pas entraîner dans la division voulue par l'Etat. Lorsque nos manifestations sont suffisamment massives, nous sommes capables d'être solidaires comme lors du 1er Mai où, à Paris, cortège de tête pris en nasse et reste du cortège se sont rejoints. L'unité à la base et dans l'action est possible et la seule voie pour vaincre. 
 
La solidarité est notre arme !
Unité à la base et dans l'action !
Face à la loi Travail, restons uni-e-s !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Paris, #Syndicalisme, #France

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Publié le 15 Mai 2016

Accord Sykes-Picot : 100 ans plus tard c’est la guerre, les carnages, les massacres !
 
Il y a un siècle, les impérialistes français et britanniques signaient le 16 Mai 1916 un accord secret, que l'on nomme du nom de ses deux principaux négociateurs, le britannique Sykes et le français Picot. C’était un partage impérialiste du Proche Orient entre la France et l’Angleterre qui se partageaient l’ancien Empire Ottoman en prévision de l'après-guerre. 
 
 
L'Empire ottoman avait jeté ses dernières forces dans l'extermination d'un million et demi d'Arménien-ne-s et dans la répression de la révolte arabe, révolte encouragée en sous-main par l'Impérialisme britannique et ses agents (dont le fameux T.E Lawrence) contre la promesse mensongère d'un Etat arabe. Mais malgré toute leur démagogie sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, les impérialistes ne voulaient que prendre la place du dominateur ottoman et de son allié allemand dans la région.
C’est la révolution victorieuse en Russie qui a permis la révélation de ces accords secrets, le texte du traité ayant été découvert par les bolchéviques dans les archives du ministère des affaires étrangères.
100 ans plus tard, nous voyons les conséquences de ces négociations impérialistes.
 
 
Pour notre organisation, l’OC-FR, il est important de rappeler que la situation d’aujourd’hui, au Proche-Orient, est, pour une grande partie, le fruit pourri des manoeuvres impérialistes. 
Pour mener nos luttes anti-impérialistes et de solidarité avec les peuples du Proche, du Moyen Orient et de l’Anatolie, nous devons rappeler la responsabilité historique des impérialistes, en particulier français.
De la Mer Noire à la Mer Rouge, de la Méditerranée à l’Océan Indien, les puissances impérialistes de l’époque ont tracé des frontières à leur convenance.
En Avril 1920, cet accord est définitivement formalisé par les impérialistes avec la bénédiction de la Société des Nations lors de la conférence de San Remo, en Italie, puis intégré au traité de Sèvres. Dès lors l’état français gère officiellement le Liban et la Syrie. La Grande Bretagne contrôle l’Iraq, le Koweït, la Palestine et la Jordanie. Ils ont morcelé les territoires. Des monarchies et des gouvernements fantoches sont mis en place comme en Jordanie. C’est aussi les prémices du projet sioniste porté par les impérialistes en Palestine, particulièrement la Grande Bretagne qui lui apporte son soutien par la déclaration Balfour de 1917.
En revanche, la création d'un Etat kurde et la restitution de territoires anatoliens à l'Arménie, initialement prévus par le traité de Sèvres seront remis en cause en 1923 par le traité de Lausanne. La bourgeoisie française escomptait d'importants contrats avec la nouvelle République Turque pour la construction de chemins de fer. C'est le président du conseil français Clémenceau qui utilisait les Arménien-ne-s (survivant-e-s du Génocide de 1915) et les Kurdes (désormais divisé-e-s entre quatre Etats) comme une monnaie d'échange. L'Etat turc acceptait en contrepartie le démembrement de l'Empire ottoman et le nouvel ordre impérialiste. 
 
L’OC-FR soutient la lutte des peuples qui dénoncent encore aujourd’hui les conséquences de ces négociations entre impérialistes. En redessinant la carte du monde, en séparant les peuples, en créant de nouvelles frontières, de nouveaux Etats (le Liban par exemple) sans légitimité populaire, les états français et britanniques ont crée le chaos. Ils ont aussi trahi leurs promesses faites aux peuples arabes en 1916, spolié les peuples kurde, arménien, arabe palestinien.
L’enjeu était de taille pour eux, il s’agissait d’asseoir leur contrôle sur des régions pétrolières et d’assurer leur approvisionnement énergétique. Il s’agissait aussi de sécuriser la route vers le reste de l’Asie et un débouché sur l’Océan Indien. Pour la France, le contrôle des littoraux est donc nécessaire. (Ce sont ces mêmes enjeux qui aujourd’hui dominent encore dans le conflit Syrien et lors des deux guerres du Golfe en Iraq).
 
Un siècle de lutte contre ces accords !
 
Les frontières d’aujourd’hui, les conflits d’hier et d’aujourd’hui sont le résultat de ces politiques impérialistes. De nombreux mouvements politiques, certains réactionnaires, d’autres progressistes ont tiré leur légitimité du rejet de ces accords. C’est le cas en Anatolie du kémalisme, dans le monde arabe du panarabisme et du baathisme.
 
En semant l'humiliation, l'impérialisme a engendré des monstres.
L’État Islamique proclame abolir la frontière entre la Syrie et l’Iraq, tracée artificiellement par les impérialistes français et anglais. Après la prise de Mossoul, l’EI crée sur twitter le hashtag #SykesPicotOver. Il s'agit de surfer sur le ressentiment des peuples contre la division semée par les impérialistes, tout en augmentant encore la division et le chaos. 
Pour l’OC-FR, Daesh est une émanation directe de Sykes-Picot et de l’impérialisme. Mais cette propagande montre bien le rejet total des politiques impérialistes en Iraq et en Syrie dans la population, et à quel point il est important pour les forces en lutte de se légitimer et de se positionner par rapport à cette histoire coloniale.
Nous, prolétariat des métropoles impérialistes et peuples du monde, n'avons pas d'intérêt à de tels accords, qui entraînent la guerre, le chaos, la misère, dont les seul-e-s à tirer profit sont les impérialistes. Ils se partagent le monde, créent des frontières en les traçant sur une carte et nous entraînent vers toujours plus de barbarie.
 
L’impérialisme a aussi crée les conditions propres à sa défaite. Du rejet de sa domination nait aussi les résistances nationales et révolutionnaires qui s’organisent, comme au Kurdistan et en Palestine. Là où l'impérialisme opprime, il trouve en face de lui des femmes et des hommes prêt-e-s à combattre, il trouve des forces qui refusent de se laisser entraîner dans la guerre civile inter-confessionnelle et inter-communautaire. Au Kurdistan comme en Palestine, les peuples résistent à l'impérialisme. Les tentatives de déstabilisation du Liban menacent les réfugié-e-s palestinien-ne-s. Le peuple kurde combat Daesh, accueille celles et ceux qui fuient la guerre tout en faisant face au terrorisme et aux forces militaires turques. 
Nous dénonçons la présence militaire de la France dans la région, les bombardements français, nous n'avons pas confiance dans les impérialistes qui ont semé le chaos pour arrêter la guerre civile qu'ils ont eux même largement fomenté. Nous soutenons à notre mesure le peuple kurde. Nous participons aux initiatives anti-impérialistes en France et appelons à renforcer les mots d'ordre anti-impérialistes. Loi travail, Etat d'urgence ici, bombardements, troupes françaises, espions là bas. 
 
L’OC-FR soutient les revendications nationales des peuples qui luttent pour leurs droits à un état démocratique, laïc, multiconfessionnel et multiculturel. Nous soutenons les peuples Palestinien et les autres peuples arabes, les peuples kurde, arménien, Yézidi, alévi, syriaque. Nous saluons les progrès révolutionnaires portés dans la lutte, en particulier au Rojava, où les kurdes et leurs alliés arabes et syriaques se battent contre Daesh.
Nous ne serons pas de ceux et celles qui fêteront l'anniversaire d'un accord génocidaire, mais nous sommes de ceux et celles qui souhaitons la défaite des impérialistes et de leurs projets dans le monde !
Nous considérons qu'ici, il est impératif de lutter contre l'impérialisme français, l'un des plus actifs dans le monde, belliciste et dangereux. Nous regrettons qu'il n'y ait plus de mouvement antiguerre massif, et souhaitons sa reconstruction. Dans ce sens l'OC-FR salue les initiatives du Comité national "ni guerres ni état de guerre" et nous appelons les individu.e.s et organisations progressistes, sincèrement anti-impérialistes à soutenir ce comité. Il est urgent d'obtenir des victoires politiques contre l'impérialisme français, qui seront autant de défaites de l'état français.
 
 
 
Ces frontières tracées par Sykes-Picot n'ont rien d'inéluctable. La lutte du peuple Kurde nous le montre. Nous soutenons sans réserve les organisations révolutionnaires kurde et le projet politique du Rojava. À Kobané, nous soutenons la reconstruction de la ville, et soutenons concrètement les aides internationalistes.
 
 
À Sinjar aussi, nous espérons que les Yézidis pourront très vite se reconstruire un avenir, loin de Daesh et des bombes de la coalition. Nous souhaitons voir les peuples arabe, syriaque, arménien, s'unir sur des bases démocratiques, dans le respect de toutes les cultures, et reprendre le contrôle de leur vie.
En Turquie, le gouvernement mène une guerre ouverte au peuple Kurde, avec la complicité des impérialistes européens et américains. Ce sont des alliés objectifs de Daesh. La Turquie est pour les impérialistes européens et nord-américains l'un des meilleurs garants, du maintien de leurs intérêts au Proche Orient, établis depuis Sykes-Picot.
Nous admirons la résistance kurde et son courage politique qui transforme la géographie des montagnes de Turquie, d'Iraq, d'Iran et de Syrie. 
En Palestine, l'actualité est toujours aussi dense. Le peuple palestinien aussi lutte avec les moyens qu'il a, et nous soutenons sans réserve leur combat qui est aussi le nôtre. L'état Israélien continue à mener la répression, agressant militairement encore ces derniers jours Gaza, et détruisant des tunnels qui permettaient de contourner le blocus. Là aussi, nous sommes persuadés qu'un jour le peuple palestinien effacera les frontières réactionnaires.
 
 
À bas Sykes-Picot
À bas l’impérialisme français !
Solidarité internationale !
 
Accord Sykes-Picot : 100 ans plus tard, c'est la guerre, les carnages, les massacres

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Rédigé par OC Futur Rouge

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