Articles avec #anti-imperialisme tag

Publié le 5 Juin 2017

IBRAHIM KAYPAKKAYA OU LA DEUXIEME NAISSANCE DU COMMUNISME EN ANATOLIE

Il y a 44 ans, fin mai 1973, le dirigeant communiste Ibrahim Kaypakkaya était assassiné par les forces de répression de l’Etat turc, après avoir résisté héroïquement à des mois de tortures. Il avait 24 ans. Au cours de sa courte existence, il avait totalement bouleversé la gauche révolutionnaire en Turquie par son travail d’enquête, d’analyse et d’organisation. Aujourd’hui, par delà le modèle de courage et d’intégrité qu’il nous a laissé, nous aimerions revenir sur les apports politiques du camarade Ibrahim et ce qui fait de lui une figure importante et actuelle pour nous.

Une vie de combats

Le camarade Ibrahim Kaypakkaya est né en 1949 dans le village de Karakaya (préfecture de  Çorum) où vivaient côte à côte des paysan-ne-s turc-que-s, alévi-e-s et arménien-ne-s. Issu d’une famille de paysan-ne-s pauvres , c’est un élève sensible et rigoureux, doué pour les arts comme pour les sciences. Après le coup d’état de 1960, mené contre la bourgeoisie conservatrice, les militaires putschistes entrouvrent les portes de l’université aux élèves méritants des périphéries pauvres de l’Etat turc, autant par démagogie sociale que pour y créer une classe moyenne qui leur serve de courroie de transmission. Mauvais calcul, puisque beaucoup des jeunes qui ont bénéficié de cette politique découvriront à la fac les causes véritables de la misère de leurs familles et de leurs villages, et deviendront des militants révolutionnaires. C’est le cas du camarade Ibrahim comme ça sera le cas d’Abdullah Ocalan, le fondateur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) quelques années plus tard.

C’est entre 16 et 17 ans que le camarade Ibrahim réussit le concours d’entrée à l’IUFM de Çapa , puis entre à la faculté de physique d’Istanbul. Il devient rapidement membre de la FKF (Fédération des clubs d’idées-ou des clubs de débats), il s’agit de défendre la liberté d’expression et de discussion. Rapidement les idées de la grande révolution culturelle prolétarienne chinoise (1966) deviennent populaires en Turquie et un premier parti se réclamant de la pensée de Mao Zedong se constitue : le Parti des Travailleurs de Turquie. Rapidement critique sur la ligne du nouveau parti, le camarade Ibrahim préfère rester à l’écart et fonder son propre cercle d’étude marxiste et son propre journal. Bien lui en prend : ce parti opportuniste, sans bases idéologiques solides vole en éclat au premier choc dès 1968, donnant naissance à une floraison de groupes rivaux. Aux yeux du camarade Ibrahim, le plus prometteur semble être le Parti révolutionnaire des ouvriers et des paysans de Turquie (TIIKP) auquel il décide de participer. Mais en 1970, de grandes grèves éclatent à Istanbul et le TIIKP se révèle incapable d’en prendre la direction et d’organiser la résistance contre le nouveau coup d’Etat militaire que la bourgeoisie déclenche en réaction en 1971.

De 1970 à 1972, le camarade Ibrahim mène d’intenses controverses idéologiques pour refonder le parti sur des bases assainies, réellement maoïstes. Au fur et à mesure que le congrès approche, son étoile ne cesse de croître aux yeux des militant-e-s de bases, tandis que les dirigeants opportunistes sont de plus en plus discrédités. Le principal d’entre eux, Doğu Perinçek tentera même de le faire assassiner (ce répugnant personnage descendra par la suite toutes les marches de la trahison, jusqu’à devenir agent provocateur, indicateur de police et négateur du génocide arménien, tout en continuant à se dire « maoïste »).
Finalement le congrès du TIIKP est annulé pour des prétextes bureaucratiques, mais le camarade Ibrahim a rassemblé suffisamment de forces, regroupées en comités, pour organiser un contre-congrès qui verra la fondation du Parti communiste de Turquie/ marxiste-léniniste (TKP/ML) et de L’Armée ouvrière et paysanne de libération de la Turquie (TIKKO) le 24 avril 1972. Deux organisations qui existent toujours et continuent à jouer un rôle important dans le mouvement révolutionnaire en Anatolie.

Fin janvier 1973, il est blessé et fait prisonnier alors qu’il menait la lutte armée dans les montagnes du Dersim avec ses camarades. Il passera plus de deux mois et demi aux mains de ses bourreaux avant d’être assassiné sans avoir parlé.

Une révolution culturelle :

Le camarade Mao Zedong disait souvent que c’était les jeunes et les classes populaires qui, grâce à leur absence de préjugés apportaient les idées nouvelles et progressistes dans la société et pas les soi-disant « élites » dominantes. Fils de paysan-ne-s pauvres à peine sorti de l’enfance, le camarade Ibrahim a rompu en l’espace de quelques années avec 50 années de déformations opportunistes et révisionnistes du marxisme dans l’Etat turc, sans se laisser impressionner par le prestige de tous les prétendus professeurs en théorie révolutionnaire, et en démasquant leurs atermoiements derrière de grands mots ronflants.

Il a caractérisé le kémalisme, le système et l’idéologie instauré au début des années 20 sous l’égide de Mustafa Kemal, comme une des premières formes historique de fascisme, cousine du fascisme italien de Mussolini qui se développe à la même époque. Un fascisme impulsé par une  bourgeoisie bureaucratique ayant accompli son accumulation primitive de capital par le génocide arménien. Un fascisme fondé sur la mobilisation réactionnaire des masses, menée contre les mécontent-e-s et les minorités au nom de l’ « unité du peuple turc».

Il a mis en avant le compromis inévitable de cette bourgeoisie moyenne avec l’aile droite de la bourgeoisie compradore (« intermédiaires » vivant du pillage impérialiste), avec les propriétaires fonciers féodaux, et avec les impérialistes occidentaux, dont Mustafa Kemal et sa clique n’ont fait qu’accélérer encore l’implantation tout en se drapant dans de grandes proclamations nationalistes (surtout dirigées contre les minorités intérieures). Le camarade Ibrahim a caractérisé la formation sociale née de ce compromis comme semie-féodale et semie-capitaliste.

Après deux ans de travail d’enquête à travers l’Anatolie, auprès des ouvrier-e-s et des paysan-ne-s pauvres, il a montré que les conditions de la guerre populaire et du pouvoir rouge pouvaient exister dans l’est, spécialement dans les montagnes du Dersim qui abritent les populations les plus pauvres de l’Etat turc.

Il a soutenu le droit inconditionnel à l’autodétermination du peuple kurde.

La deuxième naissance du communisme en Anatolie :

Après l’assassinat de Mustafa Suphi et des autres fondateurs du Parti communiste turc (TKP) par les kémalistes en 1921, ce parti a rapidement sombré dans l’opportunisme, adhérant à la propagande du régime qui faisait de Mustafa Kemal un héros de la résistance à l’impérialisme et un progressiste. L’URSS de Lénine avait cherché à s’allier avec la bourgeoisie kémaliste contre l’ennemi commun qui cherchait à démembrer leur territoire : les bourgeoisies française et  britannique. Comme ils voulaient réduire l’URSS à la seule Russie actuelle (pour ensuite la détruire bel et bien), les impérialistes anglo-français voulaient couper en trois ce qui restait de l’Empire ottoman (c'est-à-dire l’actuelle république turque) : une partie arménienne, une partie kurde, une partie turque. Évidemment, ils étaient poussés par de cyniques motivations de pillage. L’URSS a dénoncé le traité de Sèvres par lequel les vainqueurs prétendaient partager le territoire des vaincus, et a organisé le congrès des peuples de l’Orient à Bakou en 1920. Ce congrès est encore considéré comme « un moment de grand espoir » par les trotskystes, bien que la parole ait été longuement laissée aux anciens bourreaux des peuples arménien et assyrien, comme Ibrahim Enver. Les bolchéviques avaient du mal à comprendre que les impérialistes cherchaient à manipuler à leur profit les aspirations de peuples opprimés, comme les Arménien-ne-s et les Kurdes, mais que ces aspirations n’en étaient pas moins justes.

Dans les années qui ont suivi, les opportunistes et les révisionnistes du TKP ont refusé d’appuyer les revendications d’autonomie des Kurdes et les demande de réparations des associations internationales arméniennes pour le génocide de 1915. A chaque fois, il s’agissait de défendre « l’intégrité nationale turque » contre de soi-disant manœuvres impérialistes de division, alors que les gouvernants turcs vendaient chaque jour un peu plus l’Anatolie aux grandes entreprises capitalistes occidentales.

Le poète et romancier Nâzım Hikmet (1901-1963), figure populaire et courageuse du TKP, a été une des grandes voix de l’humanité progressiste. Il a réclamé la paix, la démocratie et le bonheur pour tous les peuples du monde, il a été jusqu’à reconnaître le génocide arménien et l’existence d’un peuple kurde. Pourtant, au-delà de l’indignation humaniste, son œuvre (par exemple l’épopée de la guerre d’indépendance) est presque totalement consacrée aux faits et gestes du peuple turc dominant (vu comme globalement honnête, travailleur, confiant, mais périodiquement détourné de ses missions révolutionnaires par des politiciens pervers). Les kurdes, les arménien-ne-s et les alévi-e-s ne sont que des fantômes qui traversent cette histoire. Des fantômes pour qui on peut avoir de la pitié, mais qui n’ont pas grand-chose à nous raconter.  Pour Kaypakkaya au contraire, ces « fantômes » sont des êtres de chair et de sang qui l’ont guidé jusqu’à ses 16 ans sur les chemins de la vie. Il connait le potentiel révolutionnaire de la minorité alévie avec ses idéaux égalitaristes et sa longue histoire de révoltes contre le pouvoir. Il choisit le Dersim, cœur de la culture alévie, comme premier foyer de la guerre populaire en partant de cette tradition progressiste. De fait, 45 ans après l’Etat turc n’arrive toujours pas à y déraciner la guerilla tant son implantation y est profonde et nourrie de rivières souterraines.

Un marxisme vivant

Des jeunes révolutionnaires africains qui avaient demandé conseil au camarade Mao Zedong on raconté qu’il leur avait répondu en substance : « Je peux vous expliquer comment faire la guerre révolutionnaire en Chine, mais pour l’Afrique, je n’y connais rien…Pourquoi vous n’allez pas consulter plutôt quelqu’un qui a dirigé la guerre révolutionnaire dans un pays d’Afrique ?  Abdelkrim al-Khattabi, par exemple, est un grand stratège. ». Evidement, la différence fondamentale entre Mao Zedong et le grand révolutionnaire riffain Abdelkrim al-Khattabi (1882-1963), c’est que Mao applique à la Chine une méthode d’analyse scientifique que l’on peut appliquer à tous les pays du monde.

Il est important, quand nous nous inspirons de Mao dans notre combat révolutionnaire, de comprendre ce qui dans ses écrits (y compris ses écrits militaires) relève du général et de l’universel et ce qui relève du particulier, des situations concrètes qu’il analyse…C’est ainsi que nous ferons de la pensée de Mao Zedong non un dogme mais un guide pour l’action.
C’est ce qu’a fait le camarade Ibrahim pour l’Anatolie, il a donné tort à Lénine et à la troisième internationale sur l’analyse du kémalisme (comme Mao avait donné tort à Staline sur l’analyse du parti nationaliste Guomindang en 1927), c’est aussi ce qu’à fait le camarade Charu Majumdar  pour l’Etat indien. C’est pourquoi nous les célébrons comme des modèles de marxistes vivants.

Nous ne faisons pas la révolution dans le monde des bisounours, nous devons dès à présent nous fixer une option stratégique pour renverser le capitalisme. Remettre cette question à plus tard c’est être soit inconscient soit malhonnête, car la bourgeoisie a sur ces questions des idées claires et y réfléchit depuis fort longtemps.
L’histoire nous enseigne qu’elle n’a jamais hésité à déclencher des bains de sang pour protéger ses privilèges. C’est le sens du texte célèbre du camarade Ibrahim Les Racines et le développement de nos différences avec le révisionnisme de Safak. Dans ce texte, il démontre qu’au moment où la montée conjointe des luttes ouvrières et de la réaction fasciste l’obligeait à prendre une option et à s’y tenir, le parti TIIKP s’est cabré comme un cheval devant l’obstacle. Mais au contraire du cheval, qui a mille fois raison de résister aux humains qui veulent le forcer à sauter des obstacles pour leur propre divertissement, les révolutionnaires ont fait le choix d’être là, et s’ils/elles sont incapable d’assumer la préparation de la révolution, ils/elles doivent se taire et s’en aller. Celles et ceux qui étaient dans le déni de l’option stratégique ont été balayé-e-s ou sont devenu des traitres et des mascottes du fascisme comme Perincek. Le camarade Ibrahim aurait pu se rallier aux conceptions militaires aventuristes à la mode à l’époque : le guevarisme, le foquisme et  la guérilla urbaine. Mais il n’a pas suivi la mode, il a mené l’enquête avec sérieux et a déterminé sur une base scientifique que la stratégie pour l’Anatolie était la guerre populaire, avec le Dersim comme première base rouge.

Le camarade Ibrahim n’a pas construit le parti, le TKP/ML et son arme (le TIKKO) sur du sable, mais sur une analyse concrète de la réalité concrète de la société qu’il voulait révolutionner, c’est pourquoi son Parti et son arme sont toujours debout après 45 ans, et qu’à travers un front populaire profondément enraciné dans tous les peuples et la classe ouvrière d’Anatolie, il se ressource sans cesse.
Cette année douze combattant-e-s du TIKKO sont tombé-e-s les armes à la main, nous ne pouvons pas saluer la mémoire du camarade Ibrahim sans saluer leur mémoire. Ils/elles ont suivi son chemin, pourtant aucun-e d’entre eux/elles n’étaient né quand le camarade Ibrahim a donné sa vie. Ils s’appelaient Zilan (Esrin Güngör), Özlem (Hatayî Balcı), Ekin (Gamze Gülkaya), Aşkın (Hasan Karakoç), Hakan (Ersin Erel), Tuncay (Murat Mut), Orhan (Alican Bulut), Bakış (Samet Tosun), Ahmet (Yetiş Yalnız), Munzur (Serkan Lamba), Cem (Umut Polat), Ferdi (Doğuş Doğan). Le TKP/ML n’a jamais prétendu être un parti père et faire la leçon aux organisations communistes du monde entier en matière d’option stratégique. Les camarades ont toujours dit que c’était aux organisations des différents pays d’analyser la réalité de leur terrain et de fixer leur propre option stratégique.  D’autres n’ont pas eu cette modestie, ils ont prétendu imposer des dogmes militaires universels, et où sont-ils aujourd’hui ? Le peuple a rejeté leur arme au loin, et l’ennemi l’a brisé en mille morceaux.

Les dogmatiques ne raisonnent pas de façon scientifique. Ils prennent leur impatience (et parfois leur fantasmes de violence) pour un principe théorique et négligent l’enquête. Ils/elles prétendent que parce qu’une stratégie militaire était adaptée pour l’Anatolie, elle est forcement  la stratégie correcte tout le temps et partout, pour le monde entier. Ils/elles nient la loi de l’inégalité de développement et des maillons faibles et réduisent l’analyse concrète à des phrases stéréotypées. A la fin il n’en reste que quelques séquences gênantes.

Vouloir transposer artificiellement l’Anatolie dans l’Etat français, sous prétexte de copier le parti que l’on s’est donné pour modèle, ce n’est pas l’esprit partisan, c’est l’esprit courtisan.

Il y a déjà eu par le passé des groupes dogmatiques dans l’Etat français qui se payaient de grandes phrases creuses sur l’universalité de ceci et de cela, ils/elles ont tordu la réalité dans tous les sens pour la faire entrer dans leurs dogmes, jusqu’ à la faire hurler et ont fini par voter Macron parce qu’ils avaient eu peur de leur ombre.

Il en va de même pour le kémalisme. Ce n’est pas parce que le camarade Ibrahim a analysé le kémalisme comme un fascisme au service de la bourgeoisie moyenne et de l’aile droite de la bourgeoisie compradore, qu’il faut appliquer cette analyse a chaque mouvement petit bourgeois se réclamant des réformes sociales et de l’indépendance nationale dans les pays dominés, en étendant à l’infini et de façon dogmatique le concept de « bourgeoisie bureaucratique ». La même année que le camarade Ibrahim, le président chilien Allende tombait avec courage face aux mêmes ennemis, victime d’un coup d’Etat fasciste orchestré par la CIA. Le fait qu’il n’ait pas été communiste, qu’il ait renoncé à armer les masses populaires et que son légalisme ait eu des conséquences dramatiques, n’en fait pas pour autant l’équivalent de Mustafa Kemal ou du dictateur chinois Jiang Jieshi (Tchang Kaï-chek 1887-1975).

Pour nous, être fidèle à l’héritage du camarade Ibrahim ce n’est pas cultiver des fantasmes, mais analyser la réalité de l’Etat français de façon vivante, pour pouvoir la transformer, comme il l’a fait avec la réalité anatolienne.

L’héritage du camarade Ibrahim

Souvent, les organisations d’extrême-gauche dans l’Etat turc et les personnes qu’elles influencent  associent Ibrahim Kaypakkaya à deux autres dirigeants révolutionnaires assassinés après le coup d’Etat de 1971 : Deniz Gezmiş (1947-1972) et Mahir Çayan (1946-1972). Tous les trois, outre leur jeunesse, avaient en commun un dévouement total à leur cause et un grand courage. Pour le reste, ils s’étaient durement opposés de leur vivant. Gezmiş et Çayan appartenaient à des courants d’inspiration guévariste (ou prétendant synthétiser Mao et Guevara, dans le style de l’époque). Ils reprenaient de façon plus ou moins démagogique et plus ou moins sincère le mythe de Mustafa Kemal pour toucher les masses, et prétendaient « terminer  la lutte de libération nationale » en chassant l’OTAN, les militaires et les capitaux US hors de l’Etat turc. Ils reprenaient la plupart des erreurs opportunistes du vieux parti communiste TKP en y ajoutant le romantisme révolutionnaire de la kalachnikov. Ils considéraient la Turquie comme une sorte de deuxième Cuba, sans tenir compte de l’emprise profonde de l’armée sur la société, ni de son pouvoir économique (sans commune mesure avec celle d’un fantoche sans autonomie comme le dictateur cubain Battista). Ils considéraient que la contradiction principale opposait la masse saine du peuple turc à l’Impéralisme et à une poignée de parasites à sa solde. Du coup les contradictions au sein du peuple et les phénomènes de domination interne de la périphérie par le centre, les minorités, la question kurde et le génocide arménien passaient au second plan, voir carrément sous le tapis (rouge, bien sûr).

En revanche, le camarade Ibrahim jouit du respect tout particulier de la gauche révolutionnaire kurde, car il a réclamé le droit inconditionnel d’autodétermination pour le peuple kurde dix ans avant la constitution du PKK.

Aujourd’hui les apports du camarade Ibrahim sur le caractère semi-capitaliste et semi-féodal de l’Etat turc continuent de soulever des controverses passionnées. Au cours des dernières années, si les capitaux européens et US restent dominant dans l’économie turque, les forces productives se sont beaucoup développées et de nombreuses personnes sont passées de la paysannerie au prolétariat, les  rapports de forces entre fractions bourgeoisies ont évolué en faveur de la bourgeoisie de l’est du pays, ce rééquilibrage a profité à de nouvelles forces politique comme l’AKP d’Erdogan. Le débat pour analyser ces problèmes nouveaux sont particulièrement riches dans la gauche révolutionnaire de l’Etat turc. Il lui revient de trouver ses propres réponses.

A l’été 2015, puis à l’été 2016, le régime a passé des seuils dans la répression, en l’étendant à des couches de plus en plus larges de la société, en envoyant l’armée dans les villes kurdes qui avaient voté à gauche, en enfermant d’abord les militant-e-s révolutionnaires, puis les progressistes, les syndicalistes, les féministes, les pacifistes, en révoquant des dizaines de milliers de fonctionnaires, en entrant en Syrie pour y combattre la résistance kurde et ses allié-e-s.

Face à cette situation dramatique, l’urgente nécessité de renforcer la solidarité de classe amènent les organisations à travailler de plus en plus sur une base de front commun, épaules contre épaules. Gageons que cela renforcera les conditions de confiance nécessaires au débat et à l’unification progressive des analyses au sein de la gauche révolutionnaire. Le TKP/ML et le TIKKO sont membres du mouvement révolutionnaire uni des peuples (Halkların Birleşik Devrim Hareketi, HBDH) qui regroupe une douzaine d’organisation armées turques et kurdes. De même le TIKKO combat au Rojava, au côté de la résistance kurde, de ses allié-e-s et d’autres branches armées des partis révolutionnaires de l’Etat turc: MLKP, DHKP-C, MLSPB, DAF et MKP.

Pourquoi fêter le camarade Ibrahim dans l’Etat français en 2017

La question de la résolution des contradictions au sein du peuple est souvent posée de façon souvent plus correcte dans les organisations politique de la diaspora anatolienne que dans les orgas « blanches ». C’est une constatation de longue date qui vaut pour plusieurs organisations politiques qui nous ont souvent apporté plus de solidarité que nous ne pouvions nous même leur en apporter. Nous avons pu noter que les femmes de différentes organisations avaient construit des espaces de non-mixité qui n’étaient pas de simples vitrines des organisations mixtes auxquelles elles étaient rattaché, mais menaient une lutte contre le patriarcat d’où qu’il vienne, y compris des camarades et des alliés. Nous avons pu noter que ces organisations de femmes savaient nouer des solidarités par delà les divergences organisationnelles. Nous apprécions tout particulièrement le travail de l’organisation Yeni Kadın (femme nouvelle), dont une des figures importantes, la docteure Dilay Banu Büyükavci est en prison en Allemagne avec dix autres camarades de la confédération des travaileur-euses turc-que-s en Europe (ATIK). Mais nous saluons aussi d’autres organisations comme l’Union des femmes socialistes (SKB). La solidarité est indivisible.

Tout cela n’est pas tombé du ciel, c’est le fruit d’un combat. Sur la question arménienne par exemple, le parti communiste TKP et les groupes d’extrême-gauche des années 60 ne voyaient qu’une façon de résoudre la contradiction : réduire au silence les enfants des victimes pour protéger le sommeil des enfants des bourreaux. Certes des figures populaires comme Nâzım Hikmet (TKP) et surtout l’écrivain kurde Yasar Kemal (Parti des Travailleurs de Turquie) ont posé des actes courageux pour la reconnaissance du génocide. Mais c’est dans le sillage du camarade Ibrahim et du TKP/ML que des militant-e-s arménien-ne-s vont sortir de l’ombre et lutter sous leur véritable identité, en portant des mots d’ordres spécifiques à la libération arménienne. Certains ont combattu dans le TIKKO, comme Armenak Bakırcıyan, tombé au combat en 1980, d’autres se sont formés dans le parti et sont devenues d’éminentes figures démocratiques comme le journaliste Hrant Dink, assassiné par un fasciste en 2007. Le parti TKP/ML valorise et promeut les aspects progressistes de toutes les cultures de l’Anatolie (y compris celles des populations réputées favorables au régime comme les Azéri-e-s) et en rejette les aspects féodaux, chauvin, racistes.

En tâtonnant, depuis 2013, nous tentons de construire une organisation communiste en lien avec les besoin de l’époque dans l’Etat français. Les fondateurs de la République turque étaient de fervents admirateurs de la République française (que ce soit les bourreaux du peuple arménien, les trois pachas Enver, Talaat et Djemal, ou que ce soit Mustafa Kemal qui leur a succédé). Leur brutalité envers les minorités était justifiée à leurs yeux par la nécessité de reproduire en accéléré le modèle français de formation de l’Etat nation. L’étude des révolutionnaires qui se sont opposés à l’idéologie kémaliste, comme le camarade Ibrahim est un contre-poison contre l’idéologie impérialiste française.

Dans notre précédente organisation, nous luttions d’abord pour arracher la classe ouvrière de l’influence du réformisme et du révisionnisme, et puis nous nous sommes rendu compte que nous ne pouvions pas nous contenter de reconstruire le parti de Thorez et de Duclos.

L’Etat français s’est constitué sur une volonté d’éradication violente des peuples et cultures minoritaires de l’hexagone. La culture de la bourgeoisie parisienne a été considérée comme la seule culture légitime et inculquée aux enfants de toutes les classes et de tous les peuples de l’Etat français. De même que l’histoire de la bourgeoisie parisienne et de ses « ancêtres les gaulois », qui devait transformer les enfants de toutes les classes et de tous les peuples de l’Etat français en chair à canon docile pour l’armée.

Après avoir réalisé avec plus ou moins de succès cette entreprise de lavage de cerveau, la bourgeoisie française a cherché à résoudre ses propres contradictions en envoyant ses prolétaires en surnombre coloniser l’Afrique et l’Asie. Puis en faisant venir de nombreux jeunes prolétaires des campagnes d’Afrique et d’Asie vers la métropole.

La conquête du pouvoir politique de la bourgeoisie parisienne après 1789 a été un évènement historiquement nécessaire, mais il n’y a pas lieu de l’enjoliver comme le font le P « C »F et Mélenchon : Elle a aussi été un moment d’aggravation des conditions d’existence des travailleurs, des peuples minorisés, des femmes, des personnes LGBT, ainsi que de réification maximale de la nature et des animaux (même si c’est dans le bouillonnement d’après 1789 que tous les mouvements de résistances contre ces dominations se sont constitués comme sujets politiques).

Le P « C »F et Mélenchon cherchent également à sauver la figure de De Gaulle en jouant sur un « gaullisme populaire » qui identifie De Gaulle à la lutte contre les USA, à l’indépendance nationale, en enjolivant l’impérialisme français. Quand Mélenchon appelle les Guyanai-se-s « nos chéris, la France en Amérique latine, le symbole de l’universalisme de la culture française », il ment : la Guyane c’est le symbole de la participation de la France au génocide et à l’ethnocide des premières nations d’Amérique (dites amérindiennes), c’est le symbole du remplacement des populations massacrées, par des esclaves Africain-e-s déporté-e-s, le symbole du bagne de Cayenne pour les prolétaires européens « en trop », délinquants par misère. La récente affaire du festival afroféministe Nyansapo nous rappelle comment cette gauche chauvine devient littéralement folle de rage dès lors que les personnes racisées refusent d’être ses « chéri-e-s » pour se constituer en sujet politique autonome.

Nous trouvons des échos à tout cela dans l’œuvre du camarade Ibrahim. En rompant avec le chauvinisme du DKP (tout en assumant les aspects progressistes de ce parti), il nous enseigne de rompre avec le chauvinisme du PCF (en assumant ce que ce parti a fait de grand entre 1920 et 1945).

Nous voulons nous imprégner des aspects progressistes de toutes les cultures minoritaires présentes dans l’Etat français. Cela ne veut pas dire faire la même opération que Mélenchon pour la Guyane (sous prétexte de prouver que la France est métisse, en niant la violence à l’origine de ce « métissage »), nous voulons le droit au divorce, à l’autodétermination pour tous les peuples de l’Etat français, mais cela n’empêche pas que leurs résistances soient une source d’inspiration et une composante de notre héritage.

Disciples de Marx, Lénine et Mao, nous sommes donc aussi héritier-e-s de Jeanne d’Arc (celle là même que Mélenchon traitait de « givrée » la semaine dernière), mais aussi de Kahina, de  Fadhma N’Soumeur, de Djamila Bouhired, de Djamila Boupacha, de la mulâtresse Solitude - famm doubout- et des Amazones du Dahomey.

Héritier-e-s de Toussaint l’Ouverture, d’Abdelkader el Djazaïri, de Abd el Krim el Khattabi et de Samory Touré.

Heritier-e-s  des camisard-e-s, des bonnets rouges, de Matalas (exécuté à Maule dans la Soule en 1661), de Pontkalleg, de Marion Tromel du Faouët, de Pasquale Paoli u babbu di a patria.

Heritier-e-s de la Commune de Paris, de la révolte d’el Mokrani (1871), de la grande révolte kanake (1878).

Heritier-e-s d’Hô Chi Minh, de Frantz Fanon, d’Argala, d’Eloi Machoro, de Serge Sinimalé.

Et, compte tenu du rôle de la diaspora anatolienne dans notre politisation et notre formation, Heritier-e-s d’Ibrahim Kaypakkaya.

 

IBRAHIM KAYPAKKAYA OU LA DEUXIEME NAISSANCE DU COMMUNISME EN ANATOLIE

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Turquie, #Anti-impérialisme, #International

Repost 0

Publié le 3 Avril 2017

Les pétroliers poursuivent leurs forages offshores et détruisent les écosystèmes !
 
Le géant français Total et le britannique BP sont sur le point de forer à l’embouchure des fleuve Amazone, menaçant le récif de l’Amazone, long de plus de 9500 km2 allant jusqu’à la Guyane, colonie française. 
Les scientifiques estiment que seuls 5% du récif ont pour l’instant été cartographié. 
Plus de 80 communautés vivent de ce récif, au nord de l’état d’Amapa au Brésil. 
Il s’agit du plus grand écosystème de mangrove continu au monde et il se situe dans le Parc National du Cabo Orange. De nombreuses espèces encore inconnues y trouveraient refuge. Toutes ces vies sous-marines et côtières pourraient disparaître à cause de l’exploitation pétrolière. Selon l’UICN, l’ONG de protection de la nature, de nombreuses espèces y sont déjà en voie de disparaître, comme la loutre géante. Et pour les populations du littoral, ce récif joue un rôle essentiel. Total et BP pourraient leur porter un coup fatal. 
 
L’une des concessions de l’entreprise française n’est situé qu’à 8 kilomètres du récif, d’une profondeur de 2 500 mètres. 
Et nous avons encore tous-tes en mémoire la catastrophe de Deepwater horizon, exploitée par BP dans le golfe du Mexique, qui après une fuite a laissé se déverser son pétrole dans la mer, polluant les eaux définitivement. Un écocide dont la zone ne s’est jamais remise. 
 
Or, vu les prix actuels du baril, les forages offshores ne sont pas rentables, même s’ils espèrent une remontée des prix, ça ne sera pas pour sitôt. 
Leurs prévisions bancales ne prennent pas en compte l’avenir de l’humanité. D’autant plus qu’en réalité nous n’allons pas sortir de cette crise. En agissant ainsi ils nous précipitent de plus en plus vers la pénurie.  
Ainsi malgré des coûts énormes, la concurrence internationale pousse les monopoles à forer de plus en plus. Ils veulent s’implanter partout. Les extractions s’intensifient, et de nouveaux puits sont sans cesse découverts, dans le canal du Mozambique, dans le golfe du Mexique, dans l’arctique… au Brésil où Total profite du changement de gouvernement et de l’instabilité politique pour rafler les gisements et privatiser à son avantage le secteur énergétique du pays.
 
Derrière les États participent à cette guerre économique, en protégeant leurs monopoles, en légiférant en leur faveur, en revendiquant des territoires à fort potentiel. Ce n’est pas pour rien si à l’échelle internationale, il n’y a pas de règles en matières pétrolières et gazières. Ce sont les monopoles capitalistes, comme Total, qui dictent leurs lois. 
Avec la convention de Montego Bay (convention des Nations Unies sur le droit de la Mer, CNUDM), la France s’accapare les océans et fait profiter à Total de sa Zone Économique Exclusive (ZEE) qui va jusqu’à 370 km des côtes ou 650 km s’il y a une continuité géologique du plateau continental. Ainsi l’impérialisme français contrôle le deuxième plus grand domaine maritime mondial. 
Avec ces éléments, on comprend mieux pourquoi elle tient tant à ses territoires « outre-mer », et l’on comprend mieux l’intérêt obsessionnel de Mélenchon pour « l’économie de la mer ». 
En élargissant ainsi son territoire, l’état Français s’accapare les ressources naturelles sous-marines. Avant d’aller coloniser l’espace, la France a déjà colonisé les fonds marins. 
Évidemment, ce sont les monopoles et les bourgeoisies françaises qui récoltent l’argent qu’ils en tirent. 
 
En Guyane, l’impérialisme nous menace !
 
Total est un habitué du procédé. En Guyane (colonie française) l’entreprise effectue actuellement des forages semblables, exploitant la colonie pour ses bénéfices. 
Élu en 2012, ce fut le premier acte par décret de François Hollande, attribuer à Total des permis exploratoires, alors même qu’il avait fait campagne sur la promesse de réformer le code minier pour l’empêcher. Mais bon, qui y croyait? Ils ne respectent même pas leur principe de précaution, que le PS a défendu dans ses meetings. 
Une fois de plus, ils nous donnaient raison lorsque l’on prévenait que les candidat-e-s aux élections ne sont que candidat-e-s pour gérer le pouvoir impérialiste.
 
À l’OC-FR nous soutenons les revendications anti-coloniales et indépendantistes de Guyane, qui exigent notamment le départ de Total, de la France, et l’arrêt des forages. 
Comme au Brésil, en Afrique, en Birmanie et ailleurs, la France n’a pas à exploiter les ressources guyanaises, alors que les populations locales ne touchent aucun bénéfice, mais se fait exploiter à outrance, parmi les pires conditions dans les colonies françaises. 
Ce sont les multinationales et l’état français qui ont dépossédé les guyanais, notamment de leurs ressources minières. Il y a aussi l’or, la bauxite, le phosphore… Et contrairement à ce que prétend Mélenchon sur twitter, la Guyane ça n’est pas la France. La Guyane est dominée par la France, ce qui est différent. Mais le peuple guyanais n’est pas le peuple français. C’est une nation sans état.
 
De plus Total est un mastodonte, représentant de l’impérialisme français. La politique énergétique est un pilier de la stratégie à l’internationale de l’état français, et au centre Total y occupe une place de choix. 
L’intérêt de la France dans ses colonies se situent notamment dans les ressources énergétiques que la France peut aller y piller. 
C’est aussi une base arrière pour les investissements de la France en Amérique du Sud, très convoité pour ses ressources. 
 
Total et son greenwashing bidon 
 
« Engagé pour une énergie meilleure », c’est ce qu’écrit la multinationale sur son site. On peut y lire qu’elle produit « une énergie qui localement respecte mieux l’environnement et qui globalement préserve l’équilibre climatique de notre planète. » Tout cela c’est bidon. Entre les actes et les écrits, le fossé est abyssal comme le prouve les agissements et la politique de Total. 
C’est quelque chose de structurel, car cette entreprise capitaliste a vocation à faire du profit, et d’amasser toujours plus d’argent. 
L’environnement est un obstacle pour le profit potentiel à court terme. Et les capitalistes veulent abattre les obstacles, même si cela mène à des catastrophes.
L’ancien PDG de Total s’était par exemple engagé oralement à ne pas exploiter les gisements dans l’arctique vu les risques environnementaux et les conséquences qu’auraient une catastrophe pétrolière. Aujourd’hui Total s’apprête à exploiter ces gisements, pourtant les risques et les conséquences sont les mêmes.
 
Avec leur marketing et leur communication, c’est facile pour ces grands groupes de se teindre en vert et de prétendre avoir changé, prendre en considération l’environnement, tout en faisant le contraire dans la réalité. Ils signent des chèques au gouvernement pour financer les COP qui permettent aux chefs d’État de se la jouer écologistes et de gagner des points dans les sondages. Pendant ce temps ils espèrent nous faire oublier leurs activités ? 
Leur économie est criminelle. Ces entreprises sont des entreprises criminelles. Nous devons les combattre et les détruire. Nous les exproprierons, et nous les ferons payer. 
 
L’OC-FR appelle à soutenir les mobilisations écologistes contre Total et contre son projet de forage. Nous soutenons les populations côtières qui se mobilisent contre Total. 
Plus généralement, nous devons combattre la politique impérialiste de la France et de son champion pétrolier, Total, ainsi que les forages offshores. Il en va de notre survie à long terme.
Notre objectif c’est la révolution pour le socialisme et le communisme. Mais nous ne voulons pas hériter d’un monde détruit, invivable. 
L’impérialisme français et Total sèment la mort. Ils oppriment et exploitent les peuples. Ils épuisent les ressources. Ils détruisent la planète. Leurs intérêts immédiats de capitalistes sont antagoniques avec nos intérêts populaires. 
Nous devons particulièrement dénoncer, et pointer du doigt la responsabilité de Total, et derrière, celle de l’impérialisme français, notre ennemi principal. 
 
 
À bas l’impérialisme ! À bas le colonialisme !
Les pétroliers poursuivent leurs forages offshore et détruisent les écosystèmes

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #France, #Brésil, #Total, #Guyane

Repost 0

Publié le 28 Février 2017

Pas de trêve ! Ces élections ne sont pas les nôtres !

 

Après le mandat présidentiel de François Hollande, la désillusion quant à la possibilité de voir les choses changer par les élections est massive dans les classes populaires.

La politique anti-ouvrière, impérialiste, sexiste, raciste, islamophobe menée par le PS a ouvert les yeux de beaucoup sur l'arnaque que constitue l'alternance.

De droite ou de gauche, les politiciens servent le même intérêt, et ce n'est pas le notre, c'est celui des bourgeois-e-s.

Les primaires de gauche, l'affaire Fillon, la candidature de Hamon, de Macron, ne sont que des tentatives par les médias de tenter de relancer notre intérêt pour ces élections en ré-ouvrant un jeu qui apparaissait totalement verrouillé. Mais ne soyons pas dupes, le jeu électoral est un jeu bourgeois dans lequel nous n'avons rien à gagner.

 

Comme ils sont loin des préoccupations des ouvriers et ouvrières,

ces politicien-ne-s !

Ils ne s'adressent qu'à la partie la plus retardée d'entre nous.

Cette partie est celle qui se désolidarise des ouvrier-e-s issu-e-s des pays dominés par la France pour se réserver les postes les mieux payés de la production.

Elle préfère les miettes que la bourgeoisie veut bien lui concéder en échange d'un soutien à la politique impérialiste de rapine qu'elle mène.

C'est à elle que s'adresse Marine Le Pen. C'est aussi à elle que s'adresse Mélenchon dans ses sorties islamophobes et racistes car c'est une partie de nationalité française de la classe ouvrière qui donc posséde le droit de vote.

Les propositions des candidats dits progressistes nous paraissent être de la poudre aux yeux. Pôle emploi radie en masse les chômeurs. Les CROUS tardent à filer leurs bourses minables aux étudiant-e-s. Le smic reste au raz des pâquerettes chaque année. Les CAFs ne versent que des miettes en aides sociales.

La Loi Travail permet aux patron-ne-s de faire baisser nos salaires et de nous virer comme ils veulent.

Comment croire que les capitalistes vont accepter de nous donner un revenu universel ?

Nous ne condamnons pas ceux et celles qui iront voter. Tous et toutes nous avons envie d'agir sur notre situation sociale et tout est fait pour nous faire croire que les élections le permettent.

Cependant, nous portons un autre ordre du jour, un ordre du jour de lutte de classe, anti-impérialiste, anti-fasciste et féministe.

 

Dans notre société, des parts importantes des classes populaires et de la petite bourgeoisie sont en lutte.

 

Nous sommes dans un pays où la productivité est parmi la plus élevée du monde et les ouvriers, ouvrières et technicien-ne-s n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois. 

À PSA, dans d'autres boites de l'industrie, comme chez les agents de sécurité et les conducteurs d'Uber, les travailleurs et travailleuses luttent pour obtenir des augmentations, des primes. Leur travail remplit les poches des patron-n-e-s, ils et elles en ont assez de les voir s'engraisser grâce à eux et elles.

Dans leurs lieux d'habitations, ils et elles sont sous étroite surveillance policière. Les violences policières dont la jeunesse des quartiers populaire est victime, ils et elles en ont assez. Le meurtre d'Adama Traoré, le viol de Théo, les violences sexuelles contre les lycéen-ne-s du XIXème, les milliers de perquisitions contre des musulman-e-s, les mosquées saccagées, la liste des exactions commises les derniers mois est longue. La révolte gronde dans les quartiers populaires qui se sont mobilisés sans tomber dans les pièges tendus par le PS.


Une large partie de la classe ouvrière vient des pays dominés par la France, elle est l'objet d'une répression raciste et coloniale. Nous sommes dans un pays ségrégationniste où en fonction de sa couleur de peau, on se voit réserver les postes les plus bas dans la production. 

Les ouvriers et ouvrières réclament un salaire égal à travail égal, des groupes non mixtes de personnes issues des pays dominés par la France s'organisent. Le viol de Caïs, un petit garçon de 4 ans, la réouverture du Bal Nègre ont été l'objet de mobilisations ces derniers mois. Nous appelons à la manifestation pour la justice et la dignité du 19 mars.

 

La France est une puissance impérialiste en guerre. Elle impose son ordre dans ses colonies. Dans ses territoires dits "d'outre mer" elle maintient des économies coloniales et réprime les revendications culturelles et politiques nationales. 

La situation n'est pas apaisée au Pays basque où des militant-e-s sont interpellé-e-s et incarcéré-e-s. Le PS est un ennemi des revendications des peuples en luttes, nous exigeons l'amnistie des militants et militantes basques.

Le PS a également redécoupé les régions au détriment des catalan-e-s et occitan-e-s, réprimé le mouvement indépendantiste corse.

Il n'a su que semer la guerre et le chaos, d'abord en Syrie, Iraq, Mali, Centrafrique, poussé des milliers de gens à la fuite, maltraité les réfugié-e-s. En Palestine, l'État Français continue à soutenir les revendications réactionnaires pro-sionistes, refusant toujours de reconnaître l'état palestinien et le droit à l'autodétermination. Il soutient aussi Erdogan et le gouvernement turc dans sa répression des mouvements kurdes et leurs alliés progressistes. 

L'État français travaille pour maintenir les profits de ses grands groupes financiers et industriels. Pour cela, le gouvernement socialiste était prêt à tout pour favoriser sa politique impérialiste, de conquête des marchés au sein de la concurrence inter-impérialiste. 

Au mépris de l'environnement, de ce que peut supporter la Terre, de la survie à long terme des espèces vivantes y compris de l'espèce humaine, la France poursuit une politique destructrice, un écocide. Malgré les protestations populaires, elle poursuit sa politique énergétique, nucléaire, du charbon, prépare des forages de gaz de schistes, construit l'aéroport de Notre Dame des Landes, la Nouvelle route du littoral à La Réunion, ou la LGV Lyon-Turin. À coups de Greenwashing lors de la COP 21, le gouvernement a voulu nous faire croire qu'il se préoccupait de l'écologie, mais les pics de pollution se maintiennent, le tout-voiture continue à dominer nos villes, ils continuent à raser des forêts, à bétonner les sols, et la situation se dégrade.

 

Les femmes et les minorités de genre et d'orientation sexuelle n'ont reçu que du mépris de la part du gouvernement. Il n'a satisfait qu'aux revendications bourgeoises des milieux LGBT, laissant de côté les personnes trans et les lesbiennes, incarcéré les femmes qui se défendent contre un mari violent, interdit le burkini, arraché les voiles des femmes, exclut de l'espace public les femmes voilées. 

Face au patriarcat, au racisme et l'exploitation, les femmes et minorités de genre et d'orientation sexuelle résistent et s'organisent. Nous appelons à manifester le 8 mars à 19h30 à  Belleville.

Nous sommes dans un pays qui vit depuis plus d'un an sous état d'urgence et ce n'est pas pour rien : les contradictions sont fortes dans la société. L'Etat d'urgence n'a pas empêché les manifestations contre la loi travail, n'a pas empêché les émeutes en banlieue, la ZAD de tenir. 

Nous ne sommes pas dans un contexte où le jeu démocratique fonctionne, nous sommes dans un contexte où l'ordre règne grâce aux matraques, aux tonfas, aux lacrymos et aux hélicoptères.
 

Nous n'avons rien à attendre de ces élections, le changement, c'est nous, c'est notre organisation et notre détermination qui les permettront. 

Les militant-e-s de l'OC-FR n'appellent pas à voter aux présidentielles. Nous soutenons les initiatives menées contre les candidats aux élections et la manifestation "1er Tour Social" organisée le 22 avril place de la République.

 

Imposons notre ordre du jour par la lutte !

Pas de trêve, ces élections ne sont pas les nôtres !

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 6 Février 2017

Solidarité avec Théo, police patriarcale, police raciste !

Solidarité avec Théo, police patriarcale, police raciste !
 

T.W viol

 

Jeudi, aux 3000 à Aulnay, un jeune homme de 22 ans, Théo, s'oppose aux policiers qui viennent de gifler un petit garçon. Ils le gazent et l'arrêtent. Lors de son arrestation, roué de coups, insulté, il a été violé par un policier avec sa matraque avant d'être placé en garde à vue. A l'hopital, il a reçu 60 jours d'ITT.

Face à la colère de la population, les parquet a placé les 4 policiers en garde  à vue et entamé des poursuites. Mais il a vite retiré de l'accusation le mot viol pour se contenter de parler de violences en réunion.

Theo a eu raison de les accuser de viol. Il a raison d'être en colère face à leurs insultes et violences racistes. Ce n'est pas lui qui est sali par cet acte barbare, ce sont ceux qui l'ont commis. Il n'a pas à avoir honte, parler et se battre permet à tous ceux et toutes celles victimes de tels actes de reprendre confiance en eux et elles et de faire que la honte change de camp.

Police patriarcale

Le parquet fait preuve de la mauvaise foi dont tous les soutiens de violeurs font preuve. Mis devant une preuve vidéo des actes commis par les policiers, ils parlent de pantalon qui glisse tout seul et de matraque qui s'introduit de 10 centimètres à cause de la confusion.

Nous sommes toujours stupéfait-e-s de la maladresse et de la surdité des hommes. Il y a 150 000 viols par ans, et donc à peu près autant d'hommes qui n'entendent pas les "non", de pénis ou de matraques qui glissent et d'hommes qui avaient trop bu pour se rendre compte qu'ils étaient en train de violer une fille. De toute façon, intentionnel ou non, un viol est un viol. Un homicide involontaire est un homicide. Un viol, pareil, ce sont les faits qui comptent.
 

Minimiser, nier, rejeter la faute sur la victime, parler de ses graves accusations, ce sont des tactiques battues et rebattues des soutiens d'agresseurs.

 

Que le parquet utilise de tels arguments ne nous choque pas spécialement. Nous vivons dans un monde patriarcal.

Une des fonction des policiers est de faire barrière aux victimes de violences sexistes qui souhaiterait déposer plainte. Ils les traitent de menteuses, enquêtent sur leur moralité, les dissuadent de porter plainte.

Ils répriment celles auxquelles la société patriarcale donne une valeur moindre et celles qui sortent de leur rôle de genre.

Ils sont là pour racketter, violer, faire chanter, abuser des travailleuses du sexe.

Ils sont là pour réprimer les femmes psychiatrisées et neuroatypiques, les menacer, les dénuder, les attacher, les agresser physiquement et sexuellement.

Ils répriment les lesbiennes, les transexuelles, nous contrôlent la nuit quand nous sommes seules dehors pour pour tapinage.

Ils utilisent les violences sexistes contre les militantes, il faut que les femmes restent à leur place, loin de l'espace public.

Quand nous tombons entre leurs mains, nous, femmes de classe populaires, nous avons peur, non seulement parce que le commissariat est long et pénible, mais aussi de ce qui pourrait passer par la tête. Leur uniforme leur confère le droit d'user pleinement de leurs privilèges masculins. Ils battent massivement leurs femmes et violent collectivement des touristes au Quai des Orfèvres.


 

Violence raciste à l'encontre d'un jeune homme de quartier
 

La population qui vit dans les quartiers populaires est une population largement issue des pays dominés par la France. Le viol, c'est une arme de guerre utilisée de longue date par l'impérialisme français.

Prosituer, violer les hommes des pays dominés par la France, c'est tenter de leur faire rentrer dans la tête leur infériorité par rapport aux colons. Et être inférieur pour les français, c'est, notamment, être une femme. Violer des hommes racisés pour les traiter comme des femmes en dit long sur le traitement que la police réserve à celles-ci.

Ces derniers mois nombreux ont été les jeunes hommes de quartier à se plaindre de violence sexuelles de la part de la police.


Ce n'est pas pour rien que ce type de violence s'abat sur les jeunes hommes des quartiers populaires de la banlieue, les lycéens du 19eme, une grande part de ces populations viennent de pays anciennement colonisés par la France.

De nombreux migrant-e-s, hommes, femmes et enfants, sont elles et eux aussi victimes de viol sur le trajet qui les mène en Europe par les milices servant de garde frontières aux européen-ne-s.

Les arrachages de voile comme on a pu en voir cet été pendant l'affaire du Burkini, en garde à vue après des manifestations pour Gaza et au moment de l'interdiction du voile intégral sont eux aussi des violences racistes et sexistes.

Les femmes issues des pays dominés par la France n'ont pas le droit de se dérober au regards des impérialistes, leur corps leur appartient.

Celui des enfants aussi. Les militaires français violent des enfants au Mali et en Centre-Afrique tandis que l'Éducation Nationale, la Mairie de Montreuil et l'État enterrent le viol subit par le petit Caïs, 4 ans, à l'école.

La population d'Aulnay soutient le jeune homme. Samedi soir, des émeutes ont éclaté à Aulnay sous Bois. La police manifestait il y a quelques mois pour obtenir plus de droits et de moyens. Violer, tuer, taper, c'est le type de droit qu'ils revendiquent. La police a tiré à Saint Ouen il y a quelques jours en plein après midi également sur un chien. Depuis de longs mois, nos quartiers sont sous pression et notre sang coule.



Ne nous laissons pas écraser. Soutenons nous les un-e-s les autres face aux violences policières, ne laissons pas la police prendre ses aises dans nos quartiers.
 

Manifestons le 19 Mars pour la dignité et la Justice.

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Paris, #aulnay, #Anti-impérialisme, #Impérialisme, #Féminisme

Repost 0

Publié le 16 Janvier 2017

«Les massacres ne sont pas notre destin »
Solidarité avec les populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal
 
Le document qui suit ne concerne pas seulement le Moyen-Orient, c’est un texte d’espoir pour toutes les classes, peuples et genre opprimé-e-s par la domination capitaliste, impérialiste et patriarcale. Non les persécutions, les massacres et les souffrances ne sont pas notre destin. Uni-e-s et armé-e-s nous pouvons nous aussi être fort et refuser la loi de celles et ceux qui veulent nous briser et nous détruire.
Les Yezidi-e-s (Ezidi-e-s) sont une communauté du Kurdistan d’Irak, à la frontière des Etats turc et syrien. Souvent considéré-e-s comme les derniers dépositaires de la philosophie et des anciennes croyances dualistes du peuple kurde, antérieures à l’instauration des grandes religions monothéistes, les yézidi-e-s ont été régulièrement dénoncé-e-s comme des « adorateur/trice-s du diable » par les pouvoir locaux successifs (y compris kurdes). Ils ont subi 72 tentatives d’extermination au cours de leur histoire douloureuse. Beaucoup vivent en diaspora en Arménie, en Géorgie en Russie, et dans les Etats voisins du Moyen-Orient.
A l’été 2014, les milices fascistes de Daesh ont attaqué les Yezidi-e-s dans les monts Sinjar (ou Shengal), exterminant les hommes, violant systématiquement les femmes et les fillettes, et les réduisant à l’esclavage. Les troupes de Barzani, le dictateur féodal du Kurdistan d’Irak, armées et soutenues par l’Etat français, ont abandonné à leur sort les Yézidi-e-s qu’elles étaient censé protéger. Elles se sont même livré à des marchandages sordides avec Daesh, proposant d’échanger des Yézidi-e-s contre des Assyrien-ne-s (minorité « protégée » au Kurdistan d’Irak, pour l’instant qu’elle ne conteste pas le pouvoir de Barzani et de son clan).
Pendant que les « peshmergas » de Barzani se déshonoraient de façon abjecte, les combattant-e-s des trois principales forces de gauche au Kurdistan , le Parti de l’Unité Démocratique (PYD, Kurdistan de Syrie), le Parti de la Vie Libre au Kurdistan (PJAK, Kurdistan d’Iran) et le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, Kurdistan de Turquie) unissaient leurs forces pour voler au secours des Yezidi-e-s. Ils n’ont pas fait qu’assurer leur protection mais les ont aidé à formé leurs propres combattant-e-s aux sein des YBS, les groupes de résistance de Sinjar/Shengal. Pourtant ce sont les peshmergas que les médias français et Bernard-Henri Levy présentent régulièrement comme des héros, et les combattant-e-s du PKK que la France et l’Europe considère comme des « terroristes ». Hollande est allé le mois dernier en Irak pour garantir Barzani de l’indéfectible soutien de la France. Ce soutien dure depuis 1991 et a permis aux chefs de guerre du clan Barzani de se livrer à un juteux trafic d’armes françaises.
Aujourd’hui les Yézidi-e-s ne veulent plus du pouvoir de Barzani, qui multiplie les vexations minables à leur égard (bloquer les produits de premières nécessité, empêcher les familles de regagner leurs maison, fermer sous la menace des armes l’association de soignant-e-s Yazda qui aidait les survivant-e-s) pour leur faire sentir sa capacité de nuisance. Barzani est l’allié privilégié de la Turquie d’Erdogan, qui menace les familles yézidies réfugiées de représailles si leurs frères et sœurs restées en Irak continuent à soutenir le PKK qui les a sauvés. Barzani a rencontré la semaine dernière le premier ministre turc Yldirim et lui a promis sa collaboration contre les « terroristes » du PKK. Mais malgré les chantages et les menaces, les Yézidi-e-s n’oublient pas qui les a soutenu depuis 2014, et qui les a abandonné. . Ils/elles veulent majoritairement associer politiquement la région de Sinjar/Shengal aux cantons autogérés du Kurdistan de Syrie (Afrin, Kobané, Ceziré) et s’affranchir du pouvoir féodal de Barzani. Le PKK a pourtant proposé de partir de la région de Sinjar/Shengal pour ne plus que les Yézidi-e-s soient puni-e-s de la solidarité qu’ils leurs apportent. Les Yezidi-e-s ont répondu par une déclaration très courageuse, résumée ici par l’agence de presse kurde ANF. Nous reproduisons ce résumé même s’il contient à notre avis des illusions sur les impérialistes de l’Union Européenne et sur la caverne de brigands qu’est à nos yeux l’ONU. En relayant ce document, l'OC-FR souhaite apporter son soutien aux Yézidi-e-s et exprimer notre volonté internationaliste de nous tenir aux côtés des peuples en résistance, victimes du capitalisme et de l'impérialisme.
 
APPEL LANCÉ DES EZIDIS A LA GUÉRILLA KURDE ET AU MONDE
Shengal -La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a tenu une réunion avec la participation de plus de 60 délégués du Kurdistan, de l'Europe, de la Russie et de l'Arménie, sur le Mont Shengal entre le 25 et le 28 décembre. La coordination a publié la déclaration finale de cette réunion, où il a décrit la guérilla Kurde comme l'espoir des peuples d'Êzidî et a appelé les guérilleros à ne pas se retirer du Shengal.
LES MASSACRES NE SONT PAS NOTRE DESTIN
Dans sa déclaration, la coordination a souligné que les massacres ne sont pas le destin des êzidî, qui veulent maintenant y mettre un terme. À cet effet, elle a attiré l'attention sur la nécessité d'unité et de solidarité.
 
APPEL AUX FORCES LOCALES ET INTERNATIONALES
La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a décrit Shengal comme la patrie de tous les Êzidîs et a appelé les Ezidis à donner la priorité à Shengal et demandé un soutien matériel et moral
"Nous demandons que l'ONU, à l'UE et aux autres organisations internationales d'être des parties garantes, et que la guérilla kurde , qui est une force nationale efficace dans la lutte contre Daech , continue à défendre notre société.
Si vous n'étiez pas venu à notre secours, nous été abandonnés. Avec votre arrivée, vous êtes devenu l'espoir de notre peuple. Nous pensons que vous avez encore une responsabilité et, bien que vous n'ayez pas fait de déclaration officielle ou de tentative, nous ne pensons pas qu'il serait bon pour vous de vous retirer du Shengal. Nous croyons que cette société a besoin de vous et que vous serez sensible sur cette question.
 
L'AUTONOMIE DE SHENGAL SERA LA BASE
La coordination a déclaré qu'elle adopte l'autonomie du Shengal en garantissant les droits des Êzidîs comme base de tous les efforts politiques et diplomatiques, et a décidé de s'adresser aux institutions internationales sur cette question.
 
APPEL À LA MOBILISATION DES ÊZİDİS
La Coordination de la Société Démocrate Démocratique a souligné l'importance de la mobilisation et de l'expression des personnes dans le monde entier dans l'unification de la société et a décrit la mobilisation et l'institutionnalisation des Êzidîs au Shengal comme un exemple concret d'une telle organisation. La coordination a annoncé qu'une administration de la Société Démocratique d'Êzidî, composée de 31 représentants du Kurdistan et du reste du monde et de 5 coordinateurs, a été créée lors de la réunion sur le mont Shengal et une décision a été prise d'étendre et de renforcer les Unités de Résistance Shengal YBŞ) comme forces de défense au Shengal.
ANF
 
"Les massacres ne sont pas notre destin", solidarité avec es populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 21 Novembre 2016

Amnistie pour les prisonni-ers-ères politiques basques !

Le 26 Novembre, pour la deuxième année, Amnistiaren aldeko eta errepresioren aurkako mugimendua organise une manifestation pour revendiquer l'amnistie des prisonniers et prisonnières politiques basques.

Nous estimons qu'il est de notre responsabilité de nous positionner et de lutter aux côtés des militants et militantes abertzale. Plus d'une centaine sont incarcéré-e-s, dispersé-e-s dans l'état français et 350 dans l'état espagnol. Ils et elles ont été condamné-e-s à de lourdes peines pour avoir lutté pour leur droit à l'autodétermination et la justice refuse de faire sortir les prisonnier-e-s malades et en fin de peine de sûreté, les condamnant à la prison à vie. Citons Ibon Iradi, incarceré à Lannemezan, souffrant d'une sclérose en plaque.

Il est, en tant que révolutionnaires dans l'état français, nécessaire de se positionner et de soutenir ces militants et militantes. Nous soutenons le droit des peuples opprimés à lutter pour leur liberté ! Nous ne saurions être libres tant que des peuples seront enchaînés.

Le combat des prisonniers et prisonnières basques, de tous ceux et toutes celles qui ont perdu la vie, victimes du terrorisme des états espagnols et français, des exilé-e-s auxquel-le-s l'amnistie permettrait un retour au pays qu'ils et elles ont du fuir suite à leur engagement, c'est le même que le nôtre, celui pour la liberté et le socialisme.

Ces dernières semaines la répression a frappée des deux côtés d'Euskal Herri : arrestation de Mikel Irastorza dans une coordination des forces d'occupations françaises et espagnoles , et aujourd'hui les 7 arrestations à Altsasu pour l'instant comptabilisées dans une enième opération des forces d'occupations de la guardia.
Face à la répression, au déni du droit à l'autodétermination du peuple basque, seule la lutte paie !

Nous serons présent-e-s à cette manifestation et apportons notre soutien au mouvement pour l'amnistie et contre la répression. Borroka da bide bakarra !
Jo ta ke amnistia ta askatasuna lortu arte !

Texte d'appel en français

Le 26 novembre, manifestation nationale pour l'amnistie à Bilbo

En plus de supposer la liberté inconditionnelle des prisonnier.e.s, réfugié.e.s et déporté.e.s polítiques, l'amnistie implique le dépassement des raisons qui sont à l'origine du conflit, c'est-à-dire de l'oppression nationale et sociale, comme la manière d'arriver à une vraie paix basée sur la justice.

Mais en plus de ceux-ci, la lutte en faveur de l'amnistie apporte au débat d'autres éléments importants, parmi lesquels le caractère politique des réprimé.e.s, la violence structurelle des états, l'activité oppressive des forces d'occupation, l'ethnocide culturel des peuples sans état, l'oppression de la classe travailleuse, l'inexistence de démocratie et le droit à la lutte.

C'est pour cela que le Mouvement Pro Amnistie et Contre la Répression appelle à manifester sous la devise "Amnistie totale!" le 26 novembre à Bilbo, à 18:00 heures.

Le 26 novembre nous défendrons le caractère politique des réprimé.e.s, parce que sa dépolitisation facilite la répression qu'ils elles subissent et ferme les portes à vivre libres en Euskal Herria.

Le 26 novembre nous dénoncerons la violence que les états espagnol et français utilisent pour oppresser notre peuple et laisserons à découvert son visage sanglant et authentique.

Le 26 novembre nous dirons "Hors d'ici!" à la Garde civile, aux Gendarmes, à l'Armée, aux Policiers espagnols et français et aux cipayes, parce qu'ils n'ont apporté que souffrance, de la peur, imposition, torture, mort et guerre à notre peuple seul.

Le 26 novembre nous revendiquerons que nous sommes une nation et que, pour survivre comme peuple, l'indépendance et le socialisme soient indispensables. Que nous ne sommes pas espagnols et français, mais uniquement des Basques, et que ce qui nous unit n'est pas d 'appartenir à la même nation mais à la même classe.

Le 26 novembre nous crierons que sans justice il n'y a pas de paix et que se lever et se battre devant ceux qui essaient de perpétuer les injustices est encore plus légitime, c'est un devoir.

Le 26 novembre, une manifestation nationale pour l'amnistie à Bilbo.

Texte d'appel en basque

Azaroak 26, amnistiaren aldeko manifestazio nazionala Bilbon


Amnistia preso, deportatu eta iheslari politikoen baldintzarik gabeko askatasuna suposatzeaz gain, gatazkaren iturburuan dauden arrazoiak, hots, zapalkuntza nazionala eta soziala, gainditzea barnebiltzen du justizian oinarritutako bentako bakera iristeko modu gisa.

Baina hauetaz aparte, amnistiaren aldeko borrokak beste elementu garrantzitsu batzuk ekartzen ditu eztabaidara, besteak beste errepresaliatu hauen izaera politikoa, estatuen biolentzia estrukturala, indar okupatzaileen jarduera zapaltzailea, estaturik gabeko herrien etnozidio kulturala, langileriaren klase zapalkuntza, demokraziaren existentzia eza eta borrokarako eskubidea.

Hori dela eta, Amnistiaren Aldeko eta Errepresioaren Aurkako Mugimenduak “Amnistia osoa!” lelopean azaroaren 26an Bilbon manifestatzeko deia egiten du, 18:00etan Bihotz Sakratutik.

Azaroaren 26an errepresaliatuen izaera politikoa defendatuko dugu, haien despolitizazioak pairatzen duten errepresioari erraztasunak ematen dizkiolako eta Euskal Herrian libre bizitzeko ateak ixten dizkielako.

Azaroaren 26an Espainia eta Frantziako estatuek gure herria zapaltzeko erabiltzen duten bortizkeria salatu eta haien benetako aurpegi odoltsua agerian utziko dugu.

Azaroaren 26an Guardia Zibilari, Jendarmeei, Armadari, Espainia eta Frantziako poliziei eta Zipaioei esango diegu “alde hemendik!”, gure herrira sufrimendua, beldurra, inposizioa, tortura, heriotza eta gerra besterik ez dutelako ekarri.

Azaroaren 26an Euskal Herria nazio bat dela eta herri bezala bizirauteko independentzia eta sozialismoa ezinbestekoak dituela aldarrikatuko dugu. Ez garela espainolak ezta frantsesak ere, baizik eta soilik euskal herritarrak, eta beraiekin batzen gaituena ez dela nazio berekoak izatea, klase berekoak izatea baizik.

Azaroaren 26an justiziarik gabe bakerik ez dagoela eta injustiziak betikotu nahi dituztenen aurrean herri bezala altxatzea eta borroka egitea, zilegia ez ezik, betebeharra dela oihukatuko dugu.

Azaroaren 26an, amnistiaren aldeko manifestazio nazionala Bilbon.

Ammnistie pour les prisonniers et prisonnières basques

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Pays Basque, #Répression, #France, #Anti-impérialisme, #Antifascisme

Repost 0

Publié le 20 Juillet 2016

Troupes françaises hors de Libye !

Dimanche, un hélicoptère de fabrication russe a été abattu par la Brigade de défense de Benghazi avec un missile sol-air SA-7. Trois militaires du service action de la DGSE sont morts. Hollande a été obligé de reconnaître que la France est présente militairement au sol, comme les américains et anglais, en Libye. 

L'intervention militaire à l'initiative de la France en 2011 a plongé la région entière dans l'instabilité et la violence. Les troupes aux soldes des pays impérialistes ont commis des massacres dans le nord du Mali, les français y sont intervenus. Il y a quelques jours il y a eu quatre morts dans une manifestation au Mali. L'Algérie elle même a essuyé une attaque.

L'état libyen s'est totalement effondré. Les seigneurs de guerre issus de l'armée libyenne, les chefs tribaux, groupes à base religieuse s'entredéchirent. Les impérialistes ont désigné un gouvernement fantoche qui ne contrôle rien du territoire. Le Nord du pays et donc les régions côtières est de fait contrôlé par un autre gouvernement.

Daesh est implanté dans le sud du pays et contrôle certaines routes ce qui permet une jonction avec Boko Haram. C'est par ces routes commerciales du sud que transite le pétrole et d'autres ressources précieuses en provenance du sahara et de l'Afrique Sub-Saharienne. L'enjeu d'une probable intervention militaire, c'est le contrôle de cette partie sud du pays.

Les deux gouvernements viennent de parvenir à un accord et les français et américains semblent être partis pour une opération militaire directe. Après les attentats, la France et les américains avaient fait des déclarations dans ce sens. 

En février Le Monde avait déjà révélé la présence des forces spéciales françaises. Le gouvernement n'avait pas validé ces informations. Dans les faits, ce secret n'en était plus un. De plus des reconnaissances aériennes sont effectuées depuis le porte-avion Charles de Gaulle.

L'OC-FR dénonce cette politique impérialiste. Nous combattrons toujours les guerres impérialistes, et les intérêts des impérialistes français, nombreux en Afrique du Nord.

Les impérialistes distribuent des armes à tout va, dans un contexte où les alliances se font et se défont, leurs armes se retournant contre eux mais surtout entre différents groupes. Les impérialistes ne savent que mettre de l'huile sur le feu. Ils sont incapabes d'apporter la moindre perspective de paix. Dans un tel contexte, l'avenir de la région est bien sombre, les armes vont continuer à circuler et les milices à se disputer les villes libyennes, les puits de pétrole, ports, routes libyennes.

 

Elles vont continuer à racketter et torturer les migrant-e-s dont des milliers se noient dans la méditérrannée, devenue un charnier tandis que ceux qui parviennent à traverser sont chassé-e-s des pays et laissé-e-s pour compte par les européeens. Nous sommes notamment inquiet-e-s pour les migrant-e-s cherchant à passer la frontière franco-italienne entre Vintimille et Menton près de Nissa qui risquent de pâtir du massacre du 14 Juillet.

 

Notre pays est très agressif militairement.

Nos impérialistes sont sans vergogne. Ils pleurent les vitres de l'hopital Necker et bombardent quelques jours après un hopital en Syrie. Ils commettent des actes pédophiles sur des enfants en Centrafrique pour montrer leur toute puissance sur les africain-e-s. Ils achètent du sable à Daesh et soutiennent Erdogan. Ils ont déstabilisé la Libye, mis des armes dans les mains de groupes génocidaires comme Boko Haram, les civil-e-s malien-ne-s ont subi de nombreuses exactions.

 

 

Nous subissons une intense propagande. Les impérialistes français nous cachent énormément. Ils détiennent les médias. Une instruction judiciaire avait été ouverte contre Le Monde lorsqu'ils ont dévoilé les manoeuvres françaises en Libye pour "compromission du secret de la défense nationales". Des directives européennes pour protéger le secret des affaires ont été adoptées. Aujourd'hui Hollande est bien obligé de reconnaître l'activité militaire de la France en Libye mais nous ignorons combien de troupes y sont déployées et la nature des opérations.

La France est en guerre et nous ne pouvons pas compter sur notre démocratie pour l'empêcher. Le parlement est acquis à l'impérialisme français, ne sert qu'à ratifier ce que les intérêts des groupes capitalistes français exigent. Et ils ont appétit de profit, dans un monde où ils sont concurrencés durement, et pour cela ils déclenchent des guerres poussant des millions de personnes à la fuite sous la menace des groupes génocidaires violents qu'ils ont armés.

Ils dissimulent leur barbarie et les raisons qui les poussent à commettre de telles atrocités. Ils nous parlent de religion pour nous cacher que les raisons des violences qui parfois nous éclaboussent sont à chercher du côté de leurs intérêts économiques. Ils désignent des populations issues des pays qu'ils dominent comme des ennemi-e-s de l'intérieur et les répriment violemment et multiplient les perquisitions. Ils  cherchent à nous faire croire que nous sommes dans le même bateau, alors qu'ils mènent le monde au conflit généralisé. Ils nous gazent, nous frappent, nous tirent dessus à coups de flash ball et interdisent nos manifestations organisées contre leurs offensives contre les droits des travailleurs et travailleuses. La seule sécurité qui leur importe c'est celle de leurs profits, puisque ils n'hésitent pas à nous mentir pour mener des guerres secrètes.

 

Il ne faut pas chercher l'ennemi bien loin, l'ennemi il est à la tête de notre pays. Ne laissons pas les impérialistes français plonger le monde dans toujours plus de chaos et de barbarie.

L'OC-FR reste vigilante face aux interventions de l'impérialisme français et ses opérations extérieures. Nous soutiendrons les initiatives anti-impérialistes qui exigent le retrait des troupes françaises.

 

A bas l'impérialisme français, troupes françaises hors d'Afrique !

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #Lybie, #International, #Impérialisme, #islamophobie, #France

Repost 0

Publié le 13 Juin 2016

Non à l’Eurosatory ! À bas l’impérialisme !
 
L’Eurosatory 2016, le salon international de l’armement organisé par l’état français, se tient à Paris du 13 au 17 Juin 2016. 
Tous les grands marchands d’armes y seront pour vanter la performance de leurs bombes, missiles, drônes, satellites d’observation, etc. Le gratin militaire, politique, diplomatique et le fleuron de l’industrie militaire seront présents, avec la venue de nombreuses délégations officielles à travers le monde.
L’OC-FR appelle à rejoindre les initiatives progressistes et anti-impérialistes qui s’opposent à la tenue de ce salon. 
 
Ce « rendez-vous d’affaires », très lucratif pour l’état français à la conquête de toujours plus de contrats, est une vitrine du complexe militaro-industriel. Selon le site du ministère des affaires étrangères (qui assure le soutien de l’état français aux projets d’exportation), c’est carrément « un vecteur de rayonnement international de l’offre française ». 
 
Des clients de tout les continents viendront. Israël par exemple, a annoncé sur le site de commerce France-Israël, que « Les meilleurs Officiers et Généraux de Tsahal vont assister au Salon Eurosatory 2016 qui ouvrira ses portes en Juin. » Ils viendront afin que la France puisse leur fournir le matériel nécessaire pour faire la guerre au peuple palestinien. 
 
Pour l’impérialisme français, ce salon est l’occasion de mettre en avant son industrie de l’armement, et de soutenir ses marchands d’armes. 
La France est en effet le deuxième exportateur mondial d’armes. Elle exporte plus qu’elle n’achète (la défense est pourtant le troisième budget de l’état et représente entre 10 et 15 milliards d’euros par an). Elle enregistre même en 2015 un record de ventes atteignant 16,9 milliards d’euros, cela malgré l’annulation par François Hollande de la vente à la Russie de deux navires Mistral (à hauteur de 2 milliard d’euros), en représailles au conflit Ukrainien. 
 
La France fait partie des 6 états à l’origine de 90% des exportations d’armes dans le monde. François Hollande peut se vanter d’avoir été le plus grand marchand d’armes de l’histoire du pays, qui sur ce marché se porte bien, il excelle dans la signature de contrats militaires. 
Le secteur est en croissance. La France compte 5 000 entreprises et 400 000 salariés dans le domaine de la défense, qui a un poids économique énorme. Cela représenterait 4% de l’emploi industriel. Les filières aéronautiques et navales en particulier sont stratégiques pour l’impérialisme français. Des multinationales comme Thalès (détenu à 27% par l’état français) ou Dassault Aviation sont considérées comme des leaders mondiaux dans le secteur. 
Industries civile et militaire sont étroitement imbriquées, les applications civiles suivant celles militaires.
L'industrie militaire est une industrie de haute technologie, à forte valeur ajoutée. L'économie des pays impérialistes tend à ne conserver que ce type de production pour externaliser la production des matières premières et la production lourde. C'est une économie parasitaire.
 
De nombreux pays sont clients de la France. L’Égypte (24 rafales pour 5,37 milliards d’euros), le Qatar (84 avions de combat au prix de 6,8 milliards), et l’Inde (qui négocie 36 rafales) par exemple, s’approvisionnent en France. 
Ces mêmes pays mènent des répressions terribles et armées contre leurs peuples, et la guerre hors de leurs frontières. L’Égypte par exemple est actuellement en guerre aux côtés de l’Arabie Saoudite au Yemen et utilise son armement français dans ce conflit. 
Ces armes sont aussi utilisées contre le mouvement communiste, en Inde notamment le gouvernement mène une guerre ouverte contre les maoïstes. Depuis l’opération Green Hunt lancé en novembre 2009, l’armée indienne et ses forces paramilitaires mènent une campagne militaire et des opérations armées dans cinq des états indiens, et organise la répression dans l’ensemble du pays. 

On retrouve d’ailleurs les armes françaises dans à peu près tous les conflits du globe, entre les mains de tous les acteurs, quels qu’ils soient. Ces armes sont utilisées par des milices armées, paramilitaires, djihadistes, fascistes, narcotrafiquants, en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie, etc.

On les retrouve en particulier sur le continent Africain, où l’armée française intervient militairement. L’Afrique est finalement le plus grand salon d’armement de la France, et la meilleure vitrine de son arsenal militaire.

 

Les opérations extérieures de la France sont la vitrine du marché d’arme français. Pour Hollande, la guerre c’est d’abord un succès commercial.

 

 

 

L’OC-FR considère que nous devons combattre ces projets bellicistes et marchands. Ce projet c’est le capitalisme, c’est l’impérialisme. 

 

À contrario, nous nous plaçons du côté des peuples en lutte. Nous sommes du côté du peuple palestinien, que Tsahal agresse sans cesse avec le soutien de la France. Nous sommes du côté du peuple kurde, que Al Nosra, la Turquie, l'ASL, etc, attaquent avec des armes françaises. Nous sommes du côté des peuples d'Afrique, occupés, pillés, massacrés par les armées françaises.
Pour l'OC-FR il est impératif de construire un mouvement anti-guerre. La mobilisation contre le salon de l’armement s’inscrit donc pour nous dans ce processus. Nous devons dénoncer chaque arme vendue par la France, chaque contrat signé, chaque euro dépensé pour la guerre. 
 
Nous soutenons les mobilisations et les différentes actions prévues pour cet évenement.
 
À bas l'impérialisme !
Non à l'eurosatory ! A bas l'imperialisme

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #International, #France

Repost 0

Publié le 27 Mars 2016

PLUS QUE JAMAIS AUX COTES DU PEUPLE KURDE !
 
Le 13 mars dernier, un attentat à la voiture piégée a explosé contre un bus à Ankara. Cet attentat a tué 35 personnes et en a blessé 120. Principalement des civil-e-s. Le gouvernement turc comme d’habitude a accusé le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Il a finalement été revendiqué par les Faucons de Libération du Kurdistan (TAK) qui se présente comme une scission du PKK, née de l’échec du processus de paix et de la répression toujours plus sauvage de l’Etat turc contre les populations civiles kurdes. Les TAK ont expliqué que l’objectif de l’attentat était militaire, que les civil-e-s avait été tué-e-s par erreur et a présenté ses excuses aux familles des victimes  Cette action a été condamnée tant par le PKK que par le Parti Démocratique des Peuples (HDP) que le gouvernement turc présente comme la « vitrine légale du PKK ». En même temps, le gouvernement turc qui considère les Faucons de Libération comme un « prête-nom » du PKK a pris prétexte de l’attentat pour demander la levée de l’immunité des parlementaire du HDP (qui ont rassemblé 13% des voix aux législative de juin) et intensifier encore sa guerre contre le peuple kurde, en bombardant les forces armées du PKK en Irak et celle du Parti de l’Union Démocratique (PYD) en Syrie. Dans ce contexte, l’OC-FR continue à soutenir les forces progressistes kurdes et turques. Il est important de mobiliser et d’exprimer collectivement notre solidarité avec les peuples en luttes. L’OC-FR dénonce aussi le rôle de l’État Français, complice actif de l’État turc, et qui prépare l’opinion a de nouvelles offensives militaires.
Dès que la nouvelle de l’attentat a été connue, et avant même qu’il ait été revendiqué, toutes sortes d’ « experts » et d’ « universitaires » amis du régime turc sont venus vomir leur propagande sur les chaînes française d’« informations » en continu : « Le PKK qui a décidé de lancer une guerre contre la Turquie» (sic), « Le PKK, c’est Pol Pot au stade d’avant » (re-sic), « Le PKK organisation terroriste crypto-marxiste et totalitaire » (re-re-sic). Tout ça est bien dans la ligne de l’Etat français, dont le ministère des affaires étrangères à déclaré  "La position de la France est claire et constante: le PKK est un groupe inscrit sur la liste des organisations terroristes établie par l'Union européenne. Les raisons qui ont présidé à son inscription restent pleinement valables"
Cette inscription sur la liste des organisations terroristes est une épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête de nos camarades kurdes qui peuvent en permanence être incarcéré-e-s pour leur engagement politique. L’OC-FR milite pour le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’UE. Les militant-e-s kurdes en France sont en permanence les otages de l’évolution des relations des Etats turc et français. Cette ambiguïté peut entraîner des situations absurdes. Quand un membre des services secrets turcs a assassiné trois militantes kurdes en plein Paris dans la nuit du 9 au 10 juillet 2013, François Hollande a annoncé qu’il avait personnellement rencontré l’une des victimes, l’activiste des droits humains Fidan Dogan, au Parlement européen. Le premier ministre turc (devenu aujourd’hui président) Erdogan a ainsi pu s’indigner sans honte que le président d’un pays ami  s’entretienne avec une « terroriste », sans que personne ne lui fasse remarquer que ses mains étaient encore rouges du sang de nos camarades.
Depuis 2011 l’Etat français et l’Etat turc ont collaboré étroitement pour déstabiliser l’Etat syrien, finançant, armant et entraînant les combattant-e-s de l’ « Armée syrienne libre », de Jahbat el Nosra, de Daesh et d’autres milices sectaristes et ethnicistes, sans trop s’occuper de qui était qui (de toute façon les idéologies de ces groupes sont poreuses et leurs allégeances fluctuantes). En contribuant à détruire la Syrie, ces Etats ont contribué à créer des millions de réfugié-e-s. Aujourd’hui, l’Union Européenne paie l’Etat turc a créer de vastes camps où les migrant-e-s sont retenu-e-s dans des conditions inhumaines, et l’Etat turc utilise cyniquement ces migrant-e-s comme une monnaie d’échange dans ses négociations avec l’Union Européenne. L’OC-FR exprime tout son soutien aux réfugié-e-s et revendique la liberté de circuler. 
Une criminalisation accrue des militant-e-s kurdes en Europe est une des conditions que pose Erdogan qui a déclaré lors de ses négociations avec l’UE  : « Une nouvelle fois, j'en appelle aux pays qui soutiennent directement ou indirectement les organisations terroristes : vous nourrissez une vipère en votre sein», son ministre de la justice déclarant pour sa part : "Nous recevons des messages de condoléances, mais il n'y a pas d'opération contre ceux qui mènent ces attaques.". Les victimes de Daesh au quatre coins du monde apprécieront les cyniques leçons d’anti-terrorisme d’Erdogan.
Qui sont les terroristes ?
Le PKK a rejeté en 1991 tout acte de violence contre des civil-e-e et s’y est tenu depuis 25 ans. C’est une question de morale révolutionnaire et de stratégie : l’Anatolie  est un territoire où s’entremêlent étroitement les populations turques, kurdes, arméniennes et alévies (même si les Alévi-e-s sont souvent nié-e-s en tant que peuple et réduit à une identité purement religieuse) et beaucoup d’autres minorités nationales. L’Etat turc est l’ennemi commun des prolétaires turc-que-s, du peuple kurde et des autres peuples dominés d’Anatolie. La violence doit donc viser à détacher les prolétaires turc-que-s de leur Etat et être uniquement dirigée contre les ennemis communs des peuples d’Anatolie : l’Etat turc, sa police et son armée. C’est cette stratégie qui a permis la solidarité des révolutionnaires de Turquie et du Kurdistan. Le combat des Kurdes de Syrie contre Daesh soutenu par de nombreux/se-s révolutionnaires de Turquie a encore renforcé cette solidarité combattante. L’annonce le 12 mars de la création d’un Mouvement Révolutionnaire Uni des Peuples, unissant les forces militaires du PKK a celles de neuf organisations révolutionnaires de Turquie (notamment le TKP/ML et le MLKP) pour combattre ensemble le régime turc est une avancée importante dans ce sens.
Depuis plus de 15 ans, le PKK tente désespérément d’engager un processus de paix avec l’Etat tur Pour les populations du Kurdistan de Turquie, il est chaque jour plus évident que ce processus est un échec et qu’il n’y a pas d’interlocuteur du côté turc. L’attentat-suicide du 13 mars, revendiqué par les TAK fait suite à une série d’attentats massacres dirigés contre la gauche kurde, attribués à Daesh et où la complicité (au bas mot) de l’Etat semble évidente : Diyarbakir 05/06/2015 (130 blessé-e-s), Suruç 20/07/2015 (32 mort-e-s), Ankara 10/10/2015 (102 mort-e-s). Il fait surtout suite à la guerre que l’armée et la police turque mène contre le peuple kurde depuis le 16 juillet, sous le nom d’état d’urgence et qui a déjà fait plusieurs centaines de mort-e-s. Chaque semaines nous apprenons de nouvelles horreurs attestées par des photos et des vidéos . Snipers tirant à l’aveuglette sur des civil-e-s. Familles empêchées des jours durant d’enterrer leurs mort-e-s. Cadavres de femmes militantes mutilés, dénudés et exposés dans la rue. Bombardement de villes hostiles à l’Etat, avec de forts soupçons d’utilisation d’armes chimiques à Cizre et Yüksekova. Le 23 janvier à Cizre, au moins 30 personnes (probablement beaucoup plus) qui s’étaient réfugié dans les sous-sols des immeubles pour fuir les bombardements, ont été brûlées vives par la police. 
De tout cela, les médias bourgeois de France ne parlent pas et consacrent leurs seuls reportages aux attentats qui tuent des turc-que-s et des touristes à Ankara et Istanbul. Les mort-e-s kurdes n’ont pas la même valeur. C’est pourtant le véritable visage de la République turque, amie de l’Etat français, amie des entreprises française (comme Areva dont les centrales nucléaires contribuent à la destruction de l’écosystème des provinces kurdes), membre de l’OTAN qui frappe à la porte de l’Union Européenne. L’amie des miliciens de Daesh qu’elle a armé et financé, et qu’elle continue à soutenir en bombardant les kurdes de Syrie qui les combattent. C’est le véritable visage du président turc Erdogan, l’ennemi des Kurdes, des Alévi-e-s et des Arménien-ne-s, l’ennemi des prolétaires, des syndicalistes, des progressistes et des communistes, l’ennemi des femmes et des personnes LGBTI, l’ennemi des migrant-e-s qu’il parque pour le compte de l’Union Européenne, l’ennemi de la nature et de la biodiversité qu’il détruit pour le profit maximum de ses ami-e-s les patron-ne-s.
Erdogan explique au monde que si l’armée russe exclue les « terroristes » de Daesh et al-Nosra du cessez-le-feu en Syrie, il a bien le droit de continuer à bombarder les « terroristes » kurdes de Syrie, lié-e-s au PKK. Les impérialistes, Etat français et USA en tête, interdisent aux kurdes de Syrie de participer à la conférence de Genève sur l’avenir de la Syrie. Mais les peuples du monde ont la mémoire longue : ils savent que la résistance kurde en Syrie a mérité la reconnaissance de l’humanité en sauvant les yézidi-e-s menacées d’extermination et en infligeant les première défaites à Daech, dans la ville de Kobâné et ailleurs. Ce souvenir, la propagande de l’Etat turc et de ses alliés impérialistes ne l’effacera jamais de nos coeurs. Le peuple kurde est l’ami de tous les peuples du monde. 
RETRAIT DU PKK DE LA LISTE DES ORGANISATIONS TERRORISTES DE L’UNION EUROPÉENNE !
RECONNAISSANCE DE LA RESISTANCE KURDE COMME ACTEUR INCONTOURNABLE DE L’AVENIR DE LA SYRIE !
HALTE AU TERRORISME D’ETAT AU KURDISTAN DE TURQUIE !
HALTE AUX BOMBARDEMENTS TURCS EN SYRIE ET EN IRAK !
ERDOGAN TERRORISTE, HOLLANDE COMPLICE !
 
Plus que jamais aux côtés du peuple kurde

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Anti-impérialisme, #International, #Syrie, #Turquie

Repost 0

Publié le 24 Février 2016

Un syndicaliste étudiant de Solidaires Étudiant-es à Lyon 2 a reçu une convocation au commissariat alors que l'université a porté plainte, après une mobilisation des étudiant-e-s en soutien à des sans-papiers. Lyon 2 perpétue une longue tradition repressive à l'encontre des syndicats étudiants. Avant Solidaires Étudiant-es, la FSE (qui a fondé Solidaires Étudiant-es après une fusion avec Sud Étudiant) avait subi de lourdes répressions à Lyon 2.

 

L'OC-FR témoigne son soutien au camarade réprimé. Nous sommes solidaires de sa lutte qui est aussi notre lutte !

 

Aujourd'hui, l'université Lyon 2 s'en prend au mouvement de soutien aux sans-papiers. Solidaires Étudiant-es et le collectif des Étudiant-e-s étrangers de Lyon ont mené une lutte sur le campus contre la sélection des étudiant-e-s sans-papier. Une délégation avait rencontré la présidence de l'université pour y porter ses revendications, et s'était retrouvé face à un mur qui refusait de discuter. Ils/elles ont alors poursuivi la lutte. Depuis la présidence de l'université fait de l'intox et communique avec outrance. C'est dans ce contexte que s'opère cette repression.

Nous soutenons les revendications de ce mouvement, qui exige la régularisation des sans-papier, la non-sélection à l'université, et le principe une carte étudiante = une carte de séjour.

L'université est un pan de la société. Les contradictions au sein de la société ne s'arrêtent pas aux portes des campus. La lutte contre l'impérialisme et pour les libertés démocratiques doivent se mener sur tous les fronts, y compris dans nos lieux d'études.

Que ce soit de Menton à Calais, dans nos quartiers, dans nos HLM et nos foyers, à l'usine, à l'université ou dans les lycées, à Paris ou à Lyon, c'est une même lutte pour les droits des sans-papiers et des réfugiés ! À Lyon 2, le collectif des étudiant-es étrangers de Lyon et le syndicat étudiant mènent une bataille parmi toutes celles que les militant-e-s progressistes sont en train de mener contre l'impérialisme français.

 

A bas l'impérialisme français !

 

La France est une puissance impérialiste, et se donne le droit de massacrer, piller, et diriger les peuples dominés.

En Afrique en particulier d'où est issu une partie de la population immigré dans l'état français, la France mène ses politiques impérialistes. L'État Français et ses entreprises y sont très présentes et y ont d'importants intérêts stratégiques. Total, CGG, Engie, Veolia, Orange, Alstom, Areva... ne sont qu'un panel des entreprises françaises qui exploitent les travailleurs/euses africain-e-s et les ressources de ce continent, sans que les peuples n'y aient accès, et qu'ils ne participent au développement des économies locales et nationales.

Les peuples africains y sont expropriés, déplacés massivement, et parfois génocidé par les impérialistes. Ils y amènent la guerre, au Congo (RDC) où l'on exploite le Coltan, au Mali où l'industrie nucléaire français a des intérêts, en Centrafrique autre réservoir français d'uranium, d'or, de diamants et véritable empire de Bolloré ou encore au Burkina Faso dont l'économie repose sur l'or.

Actuellement, l'impérialisme français est aussi très actif dans le Proche Orient où il est en guerre. On y retrouve en masse les armes de l'industrie militaire française, au Yemen, en Syrie, en Iraq...

Toutes les guerres et politiques impérialistes amènent des mouvements de population, et lorsque les peuples victimes de l'impérialisme veulent venir dans les pays impérialistes, ces derniers ferment leur porte. C'est le cas de la politique hypocrite et criminelle de la France et de l'Union Européenne avec son traité Schengen qui ferme les frontières et traque les migrant-e-s. La politique migratoire de la France est intrinsèquement lié à sa politique impérialiste, et à sa nature impérialiste.

Le mouvement des sans-papiers est donc une lutte anti-impérialiste, et fait partie du front anti-impérialiste.

Il est normal de fuir la misère, la guerre, le chômage et la faim et d'aspirer à une vie meilleure dans des pays "attractifs", surtout que ce sont les gouvernements de ces pays qui sont responsables de leurs conditions de vie dans leurs pays d'origine.

Mais l'état français impérialiste est aussi un état raciste. Le gouvernement français fait tout pour rendre la migration plus difficile voir impossible, et se permet de les trier selon leurs besoins en mains d'oeuvre, ou pour ce que la bourgeoisie appelle le "brainstorming", c'est à dire le pillage des "cerveaux" et des "talents" pour la France. Les sans-papiers doivent faire face à toutes les étapes au racisme institutionnel, et au racisme ordinaire et parfois ouvertement hostile des français-es et des partis politiques français.

Ceux et celles qui sont solidaires sont alors à leur tour réprimé, pour empêcher toutes connexions au sein des classes populaires dans l'état français, et tente au contraire d'attiser les divisions et les contradictions en son sein. C'est pourquoi à Calais par-exemple l'état français qui se charge d'empêcher aux migrant-es la traversée de la Manche vers l'Angleterre, réprime les mobilisations de soutien aux habitant-e-s de la "jungle", bidonville gigantesque où sont coincés des migrant-e-s.

Quelques jours après les attentats du 13 Novembre et de la promulgation de l'état d'urgence, la police avait également réprimé une manifestation de soutien aux migrant-e-s.

 

Pour l'OC-FR il est donc essentiel de lutter avec les sans-papiers et de faire sien-nes leurs revendications. Ce sont les mêmes multinationales et les mêmes patrons qui ici nous exploitent, et là-bas les oppriment. Bolloré, Lagardère, Dassault, ce sont les mêmes ennemis que l'on a en commun.

Notre rôle politique, avec les sans-papiers et les réfugiés, est d'unifier la classe ouvrière, qui elle est internationale. Les communistes doivent contribuer à l'unité de la classe ouvrière. L'unité de la classe ouvrière n'a pas de frontières !

 

Retrait des plaintes et renonciation aux poursuites !

Liberté de circuler !

Unité de la classe ouvrière internationale !

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Lyon, #Sans-papiers, #Impérialisme, #Anti-impérialisme

Repost 0