anti-imperialisme

Publié le 4 Avril 2018

Après l’assassinat de dix-sept civils palestiniens lors de la journée de la terre

Le vendredi 30 mars, le peuple palestinien célébrait sa « journée de la terre », qui commémore l’assassinat par l’armée israélienne, en 1976, de six manifestants qui protestaient contre la spoliation des terres agricoles de Palestine par l’Etat colonial d’Israël.  A cette occasion, des milliers de manifestant-e-s ont convergé pacifiquement vers la frontière qui sépare la bande de Gaza du reste de la Palestine occupée.

En plus des revendications concernant la terre propres à cette journée de mobilisation, ils/elles demandaient cette année la réouverture de la frontière entre Gaza et l’Egypte (depuis 11 ans l’armée israélienne exerce un blocus à géométrie variable sur les produits à destination de Gaza, exerçant ainsi un chantage sur la population, soumise aux pénuries,  aux privations continuelles, et à la menace permanente d’une famine ou d’une catastrophe humanitaire en cas de blocus total). Ils/elles demandaient aussi le droit au retour pour les familles palestiniennes expulsées lors de la fondation de l’Etat d’Israël en 1948, droit reconnu par les résolutions 194, 394, 513, 3236 des Nations-Unies (résolutions qui ont à chaque fois servi de paillassons sur lesquels les autorités israéliennes se sont essuyé les pieds). La journée de la terre devait être un temps fort des « grandes marches du retour » qui devaient durer un mois.

Cette année, la journée de la terre, qui commémore un crime de guerre,  a été le théâtre d’un nouveau massacre. L’armée israélienne a tiré sur la foule à balles réelles, faisant mille-quatre-cent blessé-e-s et seize martyrs (un dix-septième est décédé depuis des suites de ses blessures). Ensuite, l’armée a affirmé sans preuves avoir voulu  protéger la frontière d’une intrusion, et avoir voulu riposter à des tirs de pierres et de cocktails molotov. Le premier ministre Netanyahou a validé la version des militaires, a estimé que leur riposte avait été proportionnée et les a félicités. L’Union Européenne et le secrétaire des Nations Unies ont demandé une enquête indépendante. Netanyahou, fort du soutien des USA, leur a répondu qu’ils pouvaient toujours rêver. Comme d’habitude, l’Etat français a exprimé sa « vive préoccupation » et a refusé de condamner.

Evidemment le premier ministre turc  Erdogan s’est empressé de condamner un acte « inhumain » et de traiter Netanyahou d’ « occupant » et de « terroriste ». Netanyahou lui a répondu que l’armée turque en faisait autant au Kurdistan. Une fois de plus, après avoir joué aux yeux du monde le jeu de l’hôpital et de la charité, ces deux là se téléphoneront en privé pour se faire des congratulations d’assassins. La Turquie n’a aucune raison de souhaiter que la  légalité internationale s’applique contre Israël (si tant est que la légalité internationale était autre chose qu’une utopie qui sert à cacher les marchandages entre les brigands du conseil de sécurité). C’est pour se protéger lui-même que l’Etat turc a toujours soutenu l’Etat français pendant la guerre d’Algérie et a refusé l’intervention de la communauté internationale  (« internationalisation du problème algérien ») réclamée par la résistance algérienne. L’Etat turc et l’Etat d’Israël veulent continuer à noyer sous leurs bombes des civils à Afrine ou à Gaza, tout en traitant les resistant-e-s kurdes et palestinien-ne-s de « terroristes », l’Etat turc et l’Etat d’Israël sont les piliers du dispositif du bloc impérialiste occidental dans la région contre les peuples arabes, l’Iran et la Russie, et ce n’est pas près de changer malgré les manœuvres de Poutine (en direction d’Erdogan comme de Netanyahou, d’ailleurs). L’Etat turc et l’Etat d’Israël sont des partenaires militaires et économiques de premier plan et ils entendent tous les deux être également partenaires dans le démembrement de la Syrie.

L’Etat colonial d’Israël est fondé sur l’oppression nationale du peuple palestinien et la colonisation de ses terres, c’est pourquoi nous sommes favorables à un Etat multinational où toutes les populations présentes en Palestine puissent vivre ensemble sur un pied d’égalité. Nous n’attendons pas à ce que cet Etat multinational tombe du ciel ou du progrès de la légalité internationale. Nous soutenons le droit du peuple palestinien à la résistance.

Les dirigeants israéliens cherchent à criminaliser cette opinion dans tous les pays du monde (et tout spécialement en France où Macron a déjà  assimilé toute critique du projet colonial sioniste à de l’antisémitisme). Ils voudraient limiter le « droit à la critique » à la question suivante : voulez-vous que ce soit un gouvernement de « gauche », du centre ou d’extrême droite qui dirige l’Etat d’Israël, organise la colonisation des terres et fasse tirer sur les Palestinien-ne-s qui s’y opposent (avec des balle de « gauche », du centre ou d’extrème-droite). Pour cela Netanyahou cherche à instrumentaliser les crimes antisémites dans l’Etat français (comme l’assassinat barbare de Mireille Knoll la semaine dernière), comme Erdogan instrumentalise au profit de l’Etat turc les crimes islamophobes commis dans l’Etat français. Comme si des criminels barbares pouvaient servir de remparts contre la barbarie. Nous, communistes de l’Etat français nous tenons aux côtés des minorités nationales juives et musulmanes face à ces crimes.  Seul le socialisme, en unissant le prolétariat et les masses dans toutes leurs composantes,  en organisant l’autodéfense des masses, constitue un rempart solide contre la barbarie.

Au fur et à mesure que la perspective de la guerre mondiale se rapproche, l’impérialisme laisse tomber son masque pour montrer son visage monstrueux. Divisant pour mieux régner, l’impérialisme cherche à inoculer sa barbarie à toute  la société, qu’il entraine dans une spirale de crimes sexistes, racistes, antisémites et islamophobes. Les valets de l’Impérialisme ne sont pas en reste et piétinent chaque jour toute légalité. L’Etat d’Israël comme l’Etat turc sont désormais dirigés par  des conglomérats d’extrémistes laïcs et pseudo-religieux. Ni le gouvernement Netanyahou/Lieberman, ni le gouvernement Erdogan/Bahçeli ne reviendront à la tables des négociations avec les peuples palestinien et kurde, leurs maîtres impérialistes US leurs garantissent l’impunité et la Russie cherche trop à les séduire pour dénoncer leurs crimes. Nous communistes de l’Etat français nous tenons aux côté des peuples victimes de l’oppression nationale et de la colonisation.   Seuls les progrès de la Révolution socialiste mondiale, dont les luttes de libération nationale sont une composante essentielle, apportera la paix aux peuples du monde.

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN !

Après l'assassinat de 17 civils palestiniens lors de la journée de la terre

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Palestine, #International, #Anti-impérialisme, #Impérialisme

Repost0

Publié le 21 Mars 2018

DECLARATION A L’OCCASION DE NEWROZ 2018

Aujourd’hui nous fêtons Newroz, le nouvel an kurde,  qui commémore la révolte du forgeron Kawa contre la tyrannie du roi Dihak et la victoire des forces de la lumières et de la vie sur l’hiver et les ténèbres. Cette année, Newroz est hélas marqué par des nouvelles douloureuses puisque le drapeau de l’envahisseur turc flotte au centre ville d’Afrin.

Après deux mois de résistance farouche, face à la deuxième armée de l’OTAN et à ses milices de fantoches, après que les criminels turcs aient cruellement pilonné la population civile et coupé l’accès en eau de la ville, les YPG et les YPJ ont du évacuer 250 000 civil-e-s pour éviter un drame humanitaire. Ce n’est pas la victoire claironnée par la propagande turque. Les criminels turcs et leurs fantoches sont entrés sans combat et dans un silence de mort dans une ville où des combattant-e-s aguerri-e-s et determiné-e-s les attendent de pied ferme dans leurs cachettes, prêt-e-s à leur mener la vie dure. Depuis la soi-disant « chute » d’Afrin les snipers de la résistance ont revendiqué 75 morts dans les rangs ennemis.

En entrant, avant de piller la ville, les fascistes ont commencé par jeter à bas la statue de Kawa le forgeron, qu’ils avaient pris pour celle d’un combattant YPG. Et en sens ils n’avaient pas tort car la flamme de Kawa brûle dans le cœur de chaque combattant-e-s YPG et YPJ. Kawa représente le courage des peuples travailleurs qui survivent les larmes aux yeux, la révolte contre la tyrannie au nom de la dignité humaine. La statue est à terre, mais ce que représente Kawa est toujours debout. Les fascistes ne tarderont pas à l’apprendre dans leur chair.

Depuis 2012, la population d’Afrin vivait en paix à l’écart du conflit syrien. Kurdes, Arabes, Turkmènes, Tcherkesses…y coexistaient dans l’amitié. Ils /elles avaient accueilli 200 000 refugié-e-s de toutes les communautés. Ils/elles cultivaient l’olivier et fabriquaient le fameux savon dit d’Alep. Les bombes turques se sont abattues sur ce territoires miraculeusement épargné par la guerre, semant la mort et la souffrance et détruisant un patrimoine archéologique inestimable. Les mercenaires de la Turquie, résidus de Daesh, d’Al Nosra et d’autres milices réactionnaires ont été lancés comme une meute de charognards sur le malheureux peuple d’Afrin. Avec leur smartphones, et comme s’il y avait de quoi être fiers ils se sont filmés insultant et humiliant d’honnêtes travailleurs, proférant des menaces de viols contre les femmes, brûlant des maisons, infligeant des mutilations sexistes aux corps de combattantes tombées au combat, faisant les poches des cadavres,  torturant un malheureux handicapé mental, et sans cesse pillant :: le bétail, les tracteurs, les voitures, les mobylettes  et jusqu’aux objets de la vie quotidienne, jusqu’au shampooing…La flamme de la haine brûle désormais dans le cœur des paisibles habitant-e-s d’Afrin et ce feu finira par brûler les oppresseurs.

En attaquant en priorité cette zone peuplée de réfugié-e-s les fascistes turcs ont montré une fois de plus l’étendue de leur cynisme, en privilégiant leur évacuation, les YPG/YPJ ont prouvé une fois de plus la force de leur humanité.

Les impérialistes d’Europe de l’Ouest, avec à leur tête les impérialismes français et allemand ont fait des promesses aux Kurdes et les ont trahi. Les impérialistes européens refusent d’accueillir les malheureux/ses réfugié-e-s syrien-ne-s  que le régime d’Erdogan séquestre, maltraite et exploite. Merkel et Macron vendent des armes à l’Etat turc pour frapper Afrin. Merkel interdit le drapeau kurde et celui des YPG/YPJ et Macron traite les combattant-e-s  PKK de terroristes  pour complaire à l’Etat turc.

Malgré toutes les mascarades de brouille, les imperialistes US restent  le premier partenaire économique de l’Etat turc, ils négocient pour le maintenir dans l’OTAN, leur alliance d’assassins et de bandits. Ils s’apprêtent à lui abandonner Manbij que les YPG/YPJ est leur allié-e-s arabes ont reconquis en 2016 aux milices de Daesh, au prix de leur sang.

L’homme qui vient de se faire réélire dimanche à la tête de la Russie peut multiplier les mises en scène virilistes et grotesques de judoka amateur et de dompteur d’ours, il n’en est pas moins un lâche. Un homme sans dignité, sans vergogne, sans parole, sans honneur…Afrin était dans la zone d’influence russe, sous la protection de l’armée russe. 15 jours avant de se retirer pour permettre l’attaque turques, les Russes avaient tenu à décoré le commandant YPG Sipan Hemo du ruban dit de Saint-Georges, symbole des combattant-e-s de Stalingrad. Ils s’apprêtaient pourtant à le poignarder dans le dos. Poutine est ce que Staline appelait un dvaroujnik, un individu à double face. Il fait honte à tou-te-s les Russes qui se souviennent de Lénine, de Staline et de la grande guerre antifasciste.

Il suffisait de maintenir les troupes russes à Afrin, et d’envoyer quelques Sukhoi pour sécuriser l’espace aérien pour éviter les centaines de mort-e-s de l’invasion turque. Les dirigeant-e-s de la fédération de la Syrie du Nord (Rojava) ont longtemps cru que la Russie pouvait être un contrepoids à l’impérialisme US. En réalité, la Russie n’est un contrepoids à rien du tout. La Russie est un impérialisme plus faible mais pas moins cynique que ses rivaux. En 1999, l’impérialisme russe  a vendu Abdullah Öcalan à l’Etat turc, en 2008 il lui a donné Afrin.

Et demain Idlib.

L’impérialisme russe se présente comme le garant de l’intégrité territoriale syrienne et il vient de vendre une portion de territoire syrien contre un contrat avec l’Etat turc sur un gazoduc. L’impérialisme russe est un allié de merde. Les peuples du monde doivent penser à cela. Les petits Etats qui se croient protégés des bandits impérialistes occidentaux  par leur partenariat avec la Russie doivent y penser aussi. La Russie a trahi le peuple sahraoui pour se concilier la monarchie féodale-compradore marocaine, comme elle a trahi le peuple kurde pour se concilier les fascistes turcs. Demain, la Russie vendra le Sahara algérien à l’Impérialisme français comme elle a vendu la Syrie du Nord à l’Etat turc.

Les dirigeant-e-s  des cantons d’Afrin, de Kobané et de Qamishli n’ont jamais remis en question l’intégrité territoriale syrienne. Ils/elles ont remis en cause le régime baathiste brutal et corrompu et réclamé la démocratisation du pays et d’avantage d’autonomie locale.

Le régime baathiste de Damas avait un intérêt commun avec les trois cantons de la fédération du Nord-Syrie, celui de préserver l’unité de la Syrie en attendant la confrontation finale entre leurs deux visions inconciliables de ce que devait être l’après-guerre. Les baathistes ont fait mine d’être prêts à se battre contre les envahisseurs turcs aux côté des YPG/YPJ. Ils se sont contentés d’envoyer des volontaires courageux mais mal armés, Nous devons nous poser des questions. N’y a-t-il plus aucun-e aviateur-trice dans l’Armée Arabe Syrienne ? Est-ce qu’en laissant des Sukhoi aux baathistes, les Russes sont partis en emportant les clés ? Le régime de Damas a-t-il perdu toute autonomie face à son allié russe pour se contenter de protestations verbales et d’envoyer leurs volontaires et leurs amis de la milice de Mihraç Ural se faire tuer pour rien, faute de moyens militaires.

Une fois de plus le peuple kurde doit compter sur ses propres forces, sans autres ami-e-s que ses montagnes. Ou presque. Seul-e-s sont resté-e-s jusqu’au bout à leurs côté leurs allié-e-s communistes et anarchistes, les héroïques combattant-e-s du TKP/ML-TIKKO, du MLKP et des autres organisations révolutionnaires anatoliennes, les antifascistes internationaux comme le patriote breton Kendal  Breizh.

Nous avons une pensée particulière pour tous les laquais de Poutine déguisés en super-révolutionnaires qui meublent le vide de leur vie militante en crachant sur la résistance au Rojava. Ils  auraient préféré que les kurdes restent bien sagement comme des moutons et des brebis dans la bergerie baathistes en attendant de s’y faire tondre ou d’être mené-e-s à l’abattoir. Aujourd’hui ils exultent en disant « Poutine les avait prévenu et leur a donné une dure leçon », « le loup les mange et c’est bien fait ! ». On espère que pour l’occasion ils  ont  repris deux fois de la glace et qu’ils ont bien dormi. Voilà.

Sinon, nous sommes au regret de leur apprendre que la résistance d’Afrin ne fait que commencer, quand on a goûté à la liberté et que l’on connait la valeur de la vie, on ne se laisse pas remettre facilement le licol.

Après la victoire de Kobané en février 2015, quand ils/elles ont continué la lutte contre les milices de Daech au-delà même des cantons du Rojava, les combattant-e-s kurdes des YPG-YPJ et leurs allié-e-s disaient volontiers « Nous nous battons pour l’humanité ». Savaient-ils/elles, eux/elles qui citent si souvent la Commune de Paris comme une source d’inspiration majeure, qu’un des derniers défenseurs de la dernière barricade de la Commune n’avait pas dit autre chose aux soldats versaillais venus l’assassiner « Nous sommes ici pour l’humanité ».  Aujourd’hui, alors que les impérialistes ont négocié leur abandon pour préserver leurs business avec l’Etat turc, nous aimerions dire à nos ami-e-s kurdes de Syrie et à leurs allié-e-s que l’humanité est fière de leur courage, que les peuples du monde entier sont fiers de leur courage. Leur lutte est un encouragement pour les opprimé-e-s du monde entier. Ils/elles ne seront jamais seul-e-s.

LES PEUPLES DE SYRIE DU NORD VAINCRONT L’IMPERIALISME ET LA REACTION !

LA FLAMME DE NEWROZ, LA FLAMME DE LA RESISTANCE NE S’ETEINDRA JAMAIS !

Déclaration à l'occasion de Newroz 2018

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International, #Anti-impérialisme, #Turquie, #Syrie, #kurdistan

Repost0

Publié le 12 Novembre 2017

A propos du referendum au Kurdistan d’Irak

Le 25 septembre dernier, un référendum a été organisé au Kurdistan d’Irak (en kurde : Basûr, le sud) sur la question de la séparation d’avec Bagdad. Les kurdes d’Irak se sont massivement  mobilisé-e-s, et 92,73% ont voté en faveur de l’indépendance. L’armée irakienne, appuyée par les milices chiites  et des troupes d’élites iraniennes, se sont empressé de reprendre la plaine pétrolière de Kirkouk et les autres territoires que le gouvernement régional kurde avait gagné depuis trois ans, à la faveur de la guerre contre Daesh. Les troupes kurdes irakiennes (les fameux peshmergas, dont le nom signifie « ceux qui vont au devant de la mort », bien que cela ait pu parfois prêter à sourire ces dernières années) se sont repliées sans combattre, après quoi le président de la région autonome du Kurdistan et promoteur du référendum, Massoud Barzani, a annoncé sa démission.

Quelques explications s’imposent : sur les 35 à 48 millions de personnes de culture kurde dans le monde, 5 à 7 millions vivent en Irak. Tou-te-s ne vivent pas dans la région autonome du Kurdistan, et tou-te-s les habitant-e-s de cette région autonome  ne sont pas kurdes : il y a également des Assyrien-ne-s, des Arabes et des Turkmènes. 

Deux partis corrompus

Depuis les années 70, les Kurdes d’Irak sont sous l’influence de deux partis rivaux : Le vieux Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) fondé en 1946 et l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), fondée en 1975. A leur création, ces deux partis prétendaient mener de front la libération nationale et la révolution socialiste, avant de dégénérer plus ou moins rapidement en partis clientélistes reposant sur des fidélités claniques et féodales. Le PDK est la propriété de la famille Barzani, et représente plutôt les clans du Nord, l’UPK est la propriété de la famille de ses fondateurs : Ibrahim Ahmed (1914-2000) et son gendre Jalal Talabani (1933-2017) et représente plutôt les clans du Sud. Le PDK est lié à l’internationale démocrate-chrétienne comme les partis de Merkel, de Bayrou ou le PNV basque. L’UPK est liée à l’Internationale socialiste, comme le SPD allemand ou le PS français, ou ce qu’il en reste. C’est dire si ces gens ne sont pas nos ami-e-s, ni les ami-e-s des peuples du monde. Chaque parti dispose de sa propre armée de peshmergas, qui n’ont plus grand-chose à voir avec les guerilleros des années 60.

Les idées d’Abdullah Ocalan n’ont jamais trouvé de base sociale pour s’implanter au Kurdistan d’Irak comme elles l’ont fait au Kurdistan de Turquie (Bakur, le nord) avec le PKK, au Kurdistan de Syrie (Rojava, l’ouest) avec le PYD ou au Kurdistan d’Iran (Rojelhat, l’est) avec le PJAK. Le PYD a par ailleurs besoin de la bienveillance de l’UPK pour contourner le blocus du Rojava imposé par les Turc-que-s avec l’aide du PDK.

Après trois ans de guerre civile au milieu des années 90 (pendant laquelle le PDK fera même appel aux troupes de Saddam Hussein) pour savoir qui contrôlerait la région (devenue autonome après la première guerre du Golfe de 1991) Le PDK a mis la main sur la région d’Erbil, riche en pétrole, et l’UPK sur celle, plus petite et plus pauvre, d'As-Suleymanya. Après le renversement de Saddam Hussein, son leader, Jalal Talabani a hérité comme lot de consolidation du titre largement honorifique de président de la République d’Irak (qu’il a légué en 2014 à un de ses bras-droits, Fouad Massoum). 

La diversion d’un dictateur 

Le chef du PDK Massoud Barzani, dans son complexe de palais construits pour Saddam, avec son armée de peshmergas héritée de son père, gère « sa » région autonome en dictateur depuis 20 ans. Il place les membres de sa famille à tous les postes clés. Il accapare la rente pétrolière plus pour garnir son compte en Suisse et s’acheter des fidélités que pour mener une politique de développement. Il oublie régulièrement de payer ses instituteurs. Il réprime les guerilleros du PKK réfugié-e-s dans « ses » montagnes pour le compte de son allié turc (avec lequel il fait désormais semblant d’être brouillé). Il fait assassiner ses opposants (comme le poète contestataire Sardasht Osman). Il se maintient au pouvoir de façon illégale depuis 2015. 

A  l’été 2014, les milices de Daesh ont attaqué le Kurdistan d’Irak, massacrant les hommes de la minorité religieuse yézidi et réduisant en esclavage les femmes et les enfants. Les peshmergas de Barzani ont pris la fuite sans résistance devant les massacreurs (quand ils ne se livraient pas à des marchandages répugnants avec eux) et ont préféré employer leurs forces à bloquer les troupes des différentes guerillas de la gauche kurde (PKK, PYD, PJAK, appuyés par des combattant-e-s communistes de Turquie dont apparemment le légendaire commandant Nubar Ozanyan), qui venaient faire cesser le génocide. Plus tard, le gouvernement de Barzani se vengera de sa propre lâcheté en réprimant les survivant-e-s yézidi-e-s qui voulaient se constituer en canton autonome dans la région de Sinjar. 

S’il est complétement indifférent au sort des yézidi-e-s, Barzani comprend le bénéfice à tirer de la lutte contre Daesh : un surcroît de prestige international grâce aux films de propagande de son ami Bernard-Henri Levy, des livraisons importantes d’armes française et US (dont certaines finiront entre les mains de Daesh, tant est forte la corruption chez les « héroïques » peshmergas) et surtout la conquête de zones pétrolifères autour de la ville de Kirkouk et dans la province de Mossoul. 

C’est en cet été 2014, en pleine offensive de Daesh, que Barzani, désormais partenaire incontournable du faible gouvernement central irakien, lance une première fois l’idée d’un référendum d’indépendance. Il prend ainsi de court toutes les autres forces politiques kurdes (et met adroitement fin au débat sur la fin de son mandat et les élections présidentielles qu’il était censé organiser).

Une aspiration populaire réelle

Barzani sait très bien que son idée suscitera l’enthousiasme des masses populaires kurdes. Peuple sans état depuis 2500 ans, les Kurdes ont été victimes à la fin de la première guerre mondiale des accords Sykes-Picot qui visaient à répartir les champs de pétrole du Moyen Orient entre zones d’influence française et britannique. Ecartelé-e-s entre les nouveaux Etats syrien, irakien, iranien et turc, les Kurdes ont subi une oppression nationale féroce, avec des politiques tantôt d’assimilation forcée, tantôt d’épuration ethnique. Les kurdes d’Irak se souviennent tout particulièrement du gazage de la ville de Halabja par les troupes de Saddam Hussein en 1988, qui fit 5000 mort-e-s.

Par ailleurs, la région autonome du Kurdistan est un ilot de stabilité dans une république irakienne qui a sombré dans le chaos et la guerre civile après l’invasion US de 2002. Barzani a beau jeu de rejeter les difficultés économiques et le non-paiement des salaires des fonctionnaire sur un Etat central qui ne lui verse plus la part du budget national (17%) censée financer son administration.  

L’isolement international

Le referendum avait été présenté par Barzani comme une sorte de mandat que le peuple lui donnait pour négocier l’élargissement de l’autonomie et la modification des frontières. Cependant, dès le départ, les alliés traditionnels du clan Barzani, Etats-Unis et Angleterre en tête, avaient exprimé des réserves. Outre le soutien inconditionnel de Bernard-Henri Levy et de Caroline Fourrest, Barzani pouvait uniquement compter sur la petite république arménienne du Haut-Karabagh (qui n’est reconnue par aucun membre de l’ONU) et sur l’Etat d’Israël dont les deux principales préoccupations stratégiques, semblent ici comme ailleurs de garantir sa fameuse « sécurité existentielle » en bordelisant au maximum le reste de la région et d’emmerder la république d’Iran -son dernier adversaire qui tienne encore debout- qui soutient à bout de bras le gouvernement central irakien et son premier ministre  chiite Al-Abani. Il semble aussi que Poutine, dont les desseins sont impénétrables, ait garanti à Barzani sa neutralité bienveillante. Le journaliste George Malbrunot avancera aussi (sans preuve) que l’ex-ministre Kouchner (d’habitude très lié au clan Talabani) avait promis l’été dernier à Barzani le soutien de l’Etat français (mais la plupart des kurdes pensent que c’est un mytho de Kouchner pour se donner une importance qu’il n’a plus). 

La gène des autres forces politique

En tous cas, la plupart des opposant-e-s à Barzani ont compris que l’élan populaire en faveur de l’indépendance était tel que tous ceux qui joueraient les rabat-joies se feraient lyncher et piétiner. 

Très présents dans les années 80, les groupes se réclamant du marxisme ont été réprimés et liquidés, souvent par les « socialistes » de l’UPK qui ne voulaient aucune opposition sur leur gauche. Le PKK, qui n’a pas de parti-frère en Irak, s’est contenté de rappeler sa doctrine : la formation d’un nouvel Etat nation ne correspond pas aux réalités du Moyen Orient, à cause de l’imbrication de plusieurs peuples sur un même territoire, Les kurdes doivent plutôt se battre pour la démocratisation des Etats existants et la création d’ « autonomies démocratiques » en leur sein, la revendication de Kirkouk et d’une partie de la région de Mossoul par les seuls kurdes n’a pas de sens, il faut doter les autres communauté (Arabes, Turkmènes, Assyrien-ne-s…) d’une représentation démocratique. Toutefois, le Parti a fait comprendre que la victoire du oui étant acquise, cela n’avait pas de sens de s’opposer à la volonté du peuple. L’UPK  s’est rallié au principe du référendum. Seuls deux seuls partis politiques représentés au parlement ont fait campagne pour le boycott : le Groupe Islamique Kurde du Cheikh Ali Bapir (lié à l’Iran et qui ne représente pas grand-chose) et le mouvement du changement (Gorran). Gorran est tout sauf un parti révolutionnaire. Son fondateur, Nawshirwan Mustafa (mort en mai dernier) avait été le bras-armé de l’élimination des « gauchistes » par l’UPK, avant de claquer la porte du parti dans les années 90 pour protester contre la corruption et la dérive clanique de la famille Talabani. Les député-e-s de Gorran ont dénoncé l’irresponsabilité, l’impréparation et la fuite-en-avant d’un gouvernement illégitime qui cherchait dans une confrontation avec le pouvoir central à détourner l’attention de ses propres échecs. La suite leur a donné raison.

Une défaite humiliante

Le 17 octobre, quand l’armée irakienne, les milices chiites et leurs alliés iraniens attaquent la région autonome, les peshmergas du PDK comme de l’UPK se replient sans combattre, les premiers abandonnent Sinjar et les seconds  Kirkouk. D’ailleurs les USA désavouent totalement leurs alliés du gouvernement régional pour donner raison à la coalition pro-gouvernementale (pourtant alliée à l’Iran et composée en partie de groupes habituellement considérés comme « terroristes » par l’administration US)

Comme lors du massacre des Yezidi-e-s, les combattant-e-s du PKK descendent de leurs montagnes frontalières et s’efforcent de sécuriser les populations civiles avec quelques vieux peshmergas qui ont refusé d’obéir aux ordres de leurs chefs. Beşir Baran (heval Hogir), cadre de la guerilla depuis 30 ans, tombera ainsi en martyr devant Kirkouk. Les Kurdes perdent l’ensemble des gains territoriaux de la guerre contre Daesh. 

Une fois de plus, comme en 1991 quand l’UPK et le PDK ont poussé la population à la révolte avant de fuir dans les montagnes et d’abandonner les villes à la répression des troupes de Saddam, les deux grands partis ont joué cyniquement avec la vie de leur propre peuple pour des calculs politiciens.  Par la suite, ils se renverront mutuellement la responsabilité de cet échec, jusqu’à ce que Barzani annonce le 28 octobre qu’il quittait ses responsabilités pour redevenir le peshmerga qu’il n’avait jamais cessé d’être (en réalité, il a un manoir familial qui l’attend aux USA, financé par la rente pétrolière). Ça ne devrait pas être trop difficile de trouver un Barzani pour le remplacer : l’oncle Hoshyar Zebari est ministre des Finances. Les fils Mansour et Wajy sont généraux. Le neveu Sirwan, général lui aussi, fait des affaires dans la téléphonie mobile en confondant l’argent de l’Etat et son argent de poche. À priori, la succession devrait se jouer entre le neveu Nechirvan (premier ministre et apparemment favori de l’impérialisme US) et le fils aîné Masrour (chef de la police politique et capable de pas mal de coups tordus).

Dès le lendemain (29/10) des émeutier-e-s, apparemment liés à Masrour et cherchant à mettre en difficultés Nechirvan, attaquent le parlement régional avec des sabres, des couteaux et des bâtons en hurlant : « Les Allemands ont eu Hitler, les Italiens Mussolini, les Africains (sic) Mandela et nous avons Massoud Barzani ». Ils réclament les député-e-s « traitres » des partis d’opposition. Le député Raboun Maroun (Gorran) est passé à tabac et torturé. A Zakhro, ville PDK les sièges de l’UPK et de Gorran sont brûlés. 

A l’heure où nous écrivons ces lignes, des témoignages abondent sur la terreur que les milices chiites dans les zones qu’ils contrôlent tout spécialement à Kirkouk (ou la photo d’un journaliste massacré au couteau devant sa famille a fait le tour du monde). Il semble que le clan Barzani soit prêt à concéder une paix humiliante, avec non seulement la perte des territoires conquis face à Daesh, mais aussi de territoire acquis en 2003, après la chute de Saddam Hussein, lors des négociations sur la fédéralisation du pays, mais aussi l’intégration de la majorité des peshmergas à l’armée régulière irakienne. Un désastre historique qui soulève bien des questions, notamment sur la non-résistance des peshmergas devant Kirkouk et Sinjar. Beaucoup de kurdes se demandent aujourd’hui si tout cela n’a pas été négocié en amont avec l’impérialisme et s’il n’y a pas eu un choix délibéré de la défaite de la part de leurs dirigeants.

Garder les idées claires

Pourquoi s’attarder sur ces évènements qui n’influent pas directement, semble-t-il,  sur les luttes de classes en France ? D’abord parce qu’il y a une Révolution démocratique en cours au Kurdistan de Syrie, et que nous pensons que cet événement concerne l’humanité toute entière. Nous pensons qu’il est de notre devoir de donner à nos lecteur/trice-s des éléments de compréhension sur cette région du Moyen-Orient, riche en matières premières, objet de toutes les convoitises impérialistes et ravagée par la guerre. La résistance des révolutionnaires kurdes à Kobané contre les milices de Daesh en 2014-2015 a ému le monde entier. Le prestige de ces combattant-e-s a rejailli sur le peuple kurde tout entier. L’image médiatique d’un vaillant petit peuple, respectueux des droits des minorités, en lutte contre l’obscurantisme et l’oppression de puissants voisins s’est imposée dans l’opinion publique française.

Au début des années 2000 quand nous avons commencé à militer, aux côtés de la diaspora kurde (300 000 personnes dans l’Etat français), pour la libération du président Ocalan et contre la vente de prisons françaises à l’Etat turc, les médias français relayaient surtout les pires calomnies de l’Etat turc, et réduisaient la lutte de libération kurde a une « narco-guérilla », menée par une « secte totalitaire d’extrême-gauche », pratiquant le « terrorisme ». Nous ne sommes pas des hipsters, nous aspirons à ce que nos idées deviennent majoritaires, et nous apprécions que de plus en plus de personnes ouvrent les yeux sur la justesse de ce combat (quand ils/elles n’utilisent pas les Kurdes pour refourguer leurs délire islamophobes comme récemment l’écrivain Sylvain Tesson ou d’autres). 

Pour autant nous n’avons pas envie que s’installe des confusions qui nuiraient au final à la cause du peuple kurde. Il y a chez les kurdes des bons et des mauvais, des progressistes et des réactionnaires, des démocrates et des fascistes. Comme d’ailleurs chez les Turc-que-s, les Arabes ou les Breton-ne-s. Depuis 1992, l’impérialisme français a noué des liens privilégiés avec les deux grands partis du Kurdistan d’Irak, Ces liens se sont incarnés d’abord dans la figure de Danielle Mitterrand et de sa fondation France Liberté, puis un certain nombre de personnalités se sont fait les propagandistes soit du clan Barzani (Bernard-Henri Levy et ses affidé-e-s) soit du clan Talabani (l’ex ministre Kouchner, qui a aussi ses entrées chez Barzani, le prof de stratégie Chaliand qui forme à la fois des officiers français à l’école de guerre de Paris et des officiers peshmergas à celle d’Erbil). Aujourd’hui ils/elles utilisent le prestige acquis par la résistance kurde en Syrie pour redorer le blason de leurs champions kurdes en Irak. Or il n’y a rien à redorer : les partis kurdes en Irak même s’ils maintiennent leur emprise féodale sur leur société, couvrent de honte les kurdes progressistes du monde entier. Et par ailleurs le PDK participe activement à la répression des Kurdes de Turquie et au blocus des Kurdes de Syrie.

À cause de cette confusion entretenue par les médias entre les partis kurdes d’Irak et la gauche kurde, divers réseaux pro-Turquie, pro-Qatar, trotskystes ou assimilés diffusent dans le peuple une théorie du complot selon laquelle les Kurdes seraient des pions de l’Etat d’Israël pour diviser la région. C’est du grand n’importe quoi. Rappelons que la Turquie est le pays qui entretient le plus de relations avec Israël dans la région, que Erdogan n’a jamais rien fait pour les Palestinien-ne-s. Les réseaux qui se mobilisent aujourd’hui contre le référendum kurde en Irak sont les même qui saluaient les « révolutionnaires » libyen et syrien de 2011, eux aussi soutenus par Israël (et par les autres puissances impérialistes occidentales). D’ailleurs ceux qui délirent sur la supposée puissance d’Israël peuvent constater qu’elle n’a pas suffit à sauver Barzani de la perte de Kirkouk.

Si nous n’avons pas de temps ni d’énergie à perdre à soutenir le PDK et l’UPK, nous ne pouvons pas être sourd à l’aspiration de liberté portée par les 92% de « Oui » au référendum kurde. Quand bien même si, vu de France, on ne comprend pas l’intérêt pour un Kurde d’être dirigé par un gangster kurde comme Barzani plutôt que par un gangster arabe et chiite, comme le premier ministre irakien, cela ne nous donne aucun droit à remettre en cause le droit des peuples à s’autodéterminer. La question nationale kurde est réelle et brûlante, ce n’est pas une création du Mossad, pas plus que la question nationale catalane n’est une création de l’Union Européenne. Le problème c’est que les partages impérialistes de la région (notamment Sykes-Picot) ont créé d’autres injustices toutes aussi brûlantes contre les Arabes et les Arménien-ne-s. Le modèle confédéral proposé par le PKK en Turquie et le PYD en Syrie vise à désamorcer les conflits en offrant un cadre autonome pour tous les peuples sans toucher aux frontières. En tout état de cause, la liberté pour le peuple kurde passe par la liquidation des chefs féodaux qui ne cessent de le trahir et de l’enfermer dans un chauvinisme etroit.

Troupes irakiennes, hors du Kurdistan !

Pas de soutiens aux partis féodaux UPK et PDK qui ont trahi leur peuple.

Plus que jamais, solidarité avec le peuple kurde !

 

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International, #Anti-impérialisme, #kurdistan, #irak

Repost0

Publié le 1 Novembre 2017

Les militant-e-s de l’OC-FR publient une motion interne à propos de la Catalogne.

Bien que dans les faits notre soutien pour la cause Catalane était évident et déjà lisible dans nos interventions publiques, nous voulions l’inscrire spécifiquement dans notre corpus interne au vu de la situation internationale en procédure extraordinaire. Cette motion qui n’a pas vocation à être une analyse de la situation est notre position formelle à l’égard de la Catalogne.

 

Motion sur la Catalogne

 

L’Organisation Communiste - Futur Rouge reconnaît la République indépendante de Catalogne comme une nation et soutient les revendications indépendantistes du peuple catalan.

L’OC-FR rappelle que le principe d’auto-détermination est un principe démocratique fondamental. Les revendications du peuple catalan sont légitimes, et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne se discute pas. 

Nous affirmons notre soutien à la lutte de libération nationale en Catalogne des deux côtés des Pyrénées, et contre la domination à la fois de l’État Espagnol et de l’État Français. L’OC-FR soutient l’unité de la Catalogne, actuellement dominée par deux États. Le rattachement de la Catalogne dominée par l’État Français au reste de la Catalogne dominée par l’État Espagnol est une revendication que nous soutenons.

Nous nous battrons pour la reconnaissance de la République catalane. 

 

Nous nous réjouissons de voir le mouvement national catalan se développer, aller dans le sens de la séparation avec les États impérialistes qui dominent la Catalogne, et vouloir constituer un État indépendant. 

Nous nous réjouissons aussi de l’affaiblissement des impérialismes espagnols et français, tandis que se développe le mouvement national catalan.

 

Le mouvement de masse catalan est puissant. C’est un mouvement populaire que nous suivons et qui force notre admiration. La mobilisation pour l’indépendance de la Catalogne est riche d’enseignements et nous puisons dans l’exemple catalan des leçons historiques qui doivent nous servir à mener nos luttes contre l’État français.

 

Les États espagnols et français répriment, diffament et harcèlent férocement le mouvement social catalan. Notre solidarité doit être sans faille face à la répression, et nous devons participer activement à la solidarité et relayer les actions de soutien au peuple catalan réprimé.

Les États impérialistes et leurs organisations refusent de reconnaître les prisonniers politiques. La France, l’Espagne, l’UE, considèrent normal l’arrestation des leaders catalan-ne-s qu’ils qualifient de délinquant-e-s qui n’auraient pas respecté la loi. Sous couvert de principes constitutionnels, ils soutiennent la répression en Catalogne. C’est du terrorisme d’état, légitimé par la loi espagnole. Le gouvernement Espagnol applique idéologiquement le franquisme. Nous devons soutenir les prisonniers politiques, les victimes de la répression, et nous devons dénoncer les relents franquistes encore largement présents dans la société espagnole.  

 

Nous dénonçons également le mouvement actif et mobilisé espagnoliste, dominé par le franquisme et par une frange castillane fasciste. 

Nous dénonçons également l’attitude de la gauche castillane, chauvine, révisionniste et espagnoliste, en particulier de Podemos qui a longtemps cherché à surfer sur une ambiguïté, alors qu’en réalité cette organisation électoraliste n’a jamais été solidaire du peuple catalan et participe à porter des coups aux revendications indépendantistes. 

Nous dénonçons aussi l’inertie d’une large part du mouvement militant petit-bourgeois castillan, incapable de s’attaquer à l’État espagnol à un moment fatidique. 

Comme dans l’état français, nous observons les relents réactionnaires, chauvins, qui gangrènent les milieux politiques et militants castillans. 

Alors que dans ces milieux, les contradictions deviennent explosives sur la question nationale, nous appelons à faire bloc avec les éléments progressistes et révolutionnaires catalans, isolés au sein des États espagnols et français alors qu’ils ont besoin de notre soutien. 

Ce sont tous-tes les révolutionnaires dans les États espagnols et français qui devraient faire bloc avec la Catalogne. Nous observons au contraire, et malheureusement, dans les autres territoires que contrôlent ces États, une inertie que nous condamnons, voir de la part de ces milieux une hostilité flagrante à l’égard de la Catalogne, que nous devons combattre.

 

Nous respectons les moyens organisationnels que le mouvement national catalan se donne pour lutter. Nous soutenons et participons lorsque nous le pouvons, à cette lutte. Nous soutenons de même les mouvements progressistes, et en particulier les mouvements révolutionnaires, qui vont dans le sens de la libération nationale de la Catalogne.

 

Nous devons également relayer et appeler à participer aux initiatives de soutien en dehors de la Catalogne, là où nous sommes présent-e-s.

 

Vive la République de Catalogne !

À bas l’État français et espagnol !

 

L’OC-FR

 

Motion sur la Catalogne

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International, #Anti-impérialisme, #Catalogne

Repost0

Publié le 5 Juin 2017

IBRAHIM KAYPAKKAYA OU LA DEUXIEME NAISSANCE DU COMMUNISME EN ANATOLIE

Il y a 44 ans, fin mai 1973, le dirigeant communiste Ibrahim Kaypakkaya était assassiné par les forces de répression de l’Etat turc, après avoir résisté héroïquement à des mois de tortures. Il avait 24 ans. Au cours de sa courte existence, il avait totalement bouleversé la gauche révolutionnaire en Turquie par son travail d’enquête, d’analyse et d’organisation. Aujourd’hui, par delà le modèle de courage et d’intégrité qu’il nous a laissé, nous aimerions revenir sur les apports politiques du camarade Ibrahim et ce qui fait de lui une figure importante et actuelle pour nous.

Une vie de combats

Le camarade Ibrahim Kaypakkaya est né en 1949 dans le village de Karakaya (préfecture de  Çorum) où vivaient côte à côte des paysan-ne-s turc-que-s, alévi-e-s et arménien-ne-s. Issu d’une famille de paysan-ne-s pauvres , c’est un élève sensible et rigoureux, doué pour les arts comme pour les sciences. Après le coup d’état de 1960, mené contre la bourgeoisie conservatrice, les militaires putschistes entrouvrent les portes de l’université aux élèves méritants des périphéries pauvres de l’Etat turc, autant par démagogie sociale que pour y créer une classe moyenne qui leur serve de courroie de transmission. Mauvais calcul, puisque beaucoup des jeunes qui ont bénéficié de cette politique découvriront à la fac les causes véritables de la misère de leurs familles et de leurs villages, et deviendront des militants révolutionnaires. C’est le cas du camarade Ibrahim comme ça sera le cas d’Abdullah Ocalan, le fondateur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) quelques années plus tard.

C’est entre 16 et 17 ans que le camarade Ibrahim réussit le concours d’entrée à l’IUFM de Çapa , puis entre à la faculté de physique d’Istanbul. Il devient rapidement membre de la FKF (Fédération des clubs d’idées-ou des clubs de débats), il s’agit de défendre la liberté d’expression et de discussion. Rapidement les idées de la grande révolution culturelle prolétarienne chinoise (1966) deviennent populaires en Turquie et un premier parti se réclamant de la pensée de Mao Zedong se constitue : le Parti des Travailleurs de Turquie. Rapidement critique sur la ligne du nouveau parti, le camarade Ibrahim préfère rester à l’écart et fonder son propre cercle d’étude marxiste et son propre journal. Bien lui en prend : ce parti opportuniste, sans bases idéologiques solides vole en éclat au premier choc dès 1968, donnant naissance à une floraison de groupes rivaux. Aux yeux du camarade Ibrahim, le plus prometteur semble être le Parti révolutionnaire des ouvriers et des paysans de Turquie (TIIKP) auquel il décide de participer. Mais en 1970, de grandes grèves éclatent à Istanbul et le TIIKP se révèle incapable d’en prendre la direction et d’organiser la résistance contre le nouveau coup d’Etat militaire que la bourgeoisie déclenche en réaction en 1971.

De 1970 à 1972, le camarade Ibrahim mène d’intenses controverses idéologiques pour refonder le parti sur des bases assainies, réellement maoïstes. Au fur et à mesure que le congrès approche, son étoile ne cesse de croître aux yeux des militant-e-s de bases, tandis que les dirigeants opportunistes sont de plus en plus discrédités. Le principal d’entre eux, Doğu Perinçek tentera même de le faire assassiner (ce répugnant personnage descendra par la suite toutes les marches de la trahison, jusqu’à devenir agent provocateur, indicateur de police et négateur du génocide arménien, tout en continuant à se dire « maoïste »).
Finalement le congrès du TIIKP est annulé pour des prétextes bureaucratiques, mais le camarade Ibrahim a rassemblé suffisamment de forces, regroupées en comités, pour organiser un contre-congrès qui verra la fondation du Parti communiste de Turquie/ marxiste-léniniste (TKP/ML) et de L’Armée ouvrière et paysanne de libération de la Turquie (TIKKO) le 24 avril 1972. Deux organisations qui existent toujours et continuent à jouer un rôle important dans le mouvement révolutionnaire en Anatolie.

Fin janvier 1973, il est blessé et fait prisonnier alors qu’il menait la lutte armée dans les montagnes du Dersim avec ses camarades. Il passera plus de deux mois et demi aux mains de ses bourreaux avant d’être assassiné sans avoir parlé.

Une révolution culturelle :

Le camarade Mao Zedong disait souvent que c’était les jeunes et les classes populaires qui, grâce à leur absence de préjugés apportaient les idées nouvelles et progressistes dans la société et pas les soi-disant « élites » dominantes. Fils de paysan-ne-s pauvres à peine sorti de l’enfance, le camarade Ibrahim a rompu en l’espace de quelques années avec 50 années de déformations opportunistes et révisionnistes du marxisme dans l’Etat turc, sans se laisser impressionner par le prestige de tous les prétendus professeurs en théorie révolutionnaire, et en démasquant leurs atermoiements derrière de grands mots ronflants.

Il a caractérisé le kémalisme, le système et l’idéologie instauré au début des années 20 sous l’égide de Mustafa Kemal, comme une des premières formes historique de fascisme, cousine du fascisme italien de Mussolini qui se développe à la même époque. Un fascisme impulsé par une  bourgeoisie bureaucratique ayant accompli son accumulation primitive de capital par le génocide arménien. Un fascisme fondé sur la mobilisation réactionnaire des masses, menée contre les mécontent-e-s et les minorités au nom de l’ « unité du peuple turc».

Il a mis en avant le compromis inévitable de cette bourgeoisie moyenne avec l’aile droite de la bourgeoisie compradore (« intermédiaires » vivant du pillage impérialiste), avec les propriétaires fonciers féodaux, et avec les impérialistes occidentaux, dont Mustafa Kemal et sa clique n’ont fait qu’accélérer encore l’implantation tout en se drapant dans de grandes proclamations nationalistes (surtout dirigées contre les minorités intérieures). Le camarade Ibrahim a caractérisé la formation sociale née de ce compromis comme semie-féodale et semie-capitaliste.

Après deux ans de travail d’enquête à travers l’Anatolie, auprès des ouvrier-e-s et des paysan-ne-s pauvres, il a montré que les conditions de la guerre populaire et du pouvoir rouge pouvaient exister dans l’est, spécialement dans les montagnes du Dersim qui abritent les populations les plus pauvres de l’Etat turc.

Il a soutenu le droit inconditionnel à l’autodétermination du peuple kurde.

La deuxième naissance du communisme en Anatolie :

Après l’assassinat de Mustafa Suphi et des autres fondateurs du Parti communiste turc (TKP) par les kémalistes en 1921, ce parti a rapidement sombré dans l’opportunisme, adhérant à la propagande du régime qui faisait de Mustafa Kemal un héros de la résistance à l’impérialisme et un progressiste. L’URSS de Lénine avait cherché à s’allier avec la bourgeoisie kémaliste contre l’ennemi commun qui cherchait à démembrer leur territoire : les bourgeoisies française et  britannique. Comme ils voulaient réduire l’URSS à la seule Russie actuelle (pour ensuite la détruire bel et bien), les impérialistes anglo-français voulaient couper en trois ce qui restait de l’Empire ottoman (c'est-à-dire l’actuelle république turque) : une partie arménienne, une partie kurde, une partie turque. Évidemment, ils étaient poussés par de cyniques motivations de pillage. L’URSS a dénoncé le traité de Sèvres par lequel les vainqueurs prétendaient partager le territoire des vaincus, et a organisé le congrès des peuples de l’Orient à Bakou en 1920. Ce congrès est encore considéré comme « un moment de grand espoir » par les trotskystes, bien que la parole ait été longuement laissée aux anciens bourreaux des peuples arménien et assyrien, comme Ibrahim Enver. Les bolchéviques avaient du mal à comprendre que les impérialistes cherchaient à manipuler à leur profit les aspirations de peuples opprimés, comme les Arménien-ne-s et les Kurdes, mais que ces aspirations n’en étaient pas moins justes.

Dans les années qui ont suivi, les opportunistes et les révisionnistes du TKP ont refusé d’appuyer les revendications d’autonomie des Kurdes et les demande de réparations des associations internationales arméniennes pour le génocide de 1915. A chaque fois, il s’agissait de défendre « l’intégrité nationale turque » contre de soi-disant manœuvres impérialistes de division, alors que les gouvernants turcs vendaient chaque jour un peu plus l’Anatolie aux grandes entreprises capitalistes occidentales.

Le poète et romancier Nâzım Hikmet (1901-1963), figure populaire et courageuse du TKP, a été une des grandes voix de l’humanité progressiste. Il a réclamé la paix, la démocratie et le bonheur pour tous les peuples du monde, il a été jusqu’à reconnaître le génocide arménien et l’existence d’un peuple kurde. Pourtant, au-delà de l’indignation humaniste, son œuvre (par exemple l’épopée de la guerre d’indépendance) est presque totalement consacrée aux faits et gestes du peuple turc dominant (vu comme globalement honnête, travailleur, confiant, mais périodiquement détourné de ses missions révolutionnaires par des politiciens pervers). Les kurdes, les arménien-ne-s et les alévi-e-s ne sont que des fantômes qui traversent cette histoire. Des fantômes pour qui on peut avoir de la pitié, mais qui n’ont pas grand-chose à nous raconter.  Pour Kaypakkaya au contraire, ces « fantômes » sont des êtres de chair et de sang qui l’ont guidé jusqu’à ses 16 ans sur les chemins de la vie. Il connait le potentiel révolutionnaire de la minorité alévie avec ses idéaux égalitaristes et sa longue histoire de révoltes contre le pouvoir. Il choisit le Dersim, cœur de la culture alévie, comme premier foyer de la guerre populaire en partant de cette tradition progressiste. De fait, 45 ans après l’Etat turc n’arrive toujours pas à y déraciner la guerilla tant son implantation y est profonde et nourrie de rivières souterraines.

Un marxisme vivant

Des jeunes révolutionnaires africains qui avaient demandé conseil au camarade Mao Zedong on raconté qu’il leur avait répondu en substance : « Je peux vous expliquer comment faire la guerre révolutionnaire en Chine, mais pour l’Afrique, je n’y connais rien…Pourquoi vous n’allez pas consulter plutôt quelqu’un qui a dirigé la guerre révolutionnaire dans un pays d’Afrique ?  Abdelkrim al-Khattabi, par exemple, est un grand stratège. ». Evidement, la différence fondamentale entre Mao Zedong et le grand révolutionnaire riffain Abdelkrim al-Khattabi (1882-1963), c’est que Mao applique à la Chine une méthode d’analyse scientifique que l’on peut appliquer à tous les pays du monde.

Il est important, quand nous nous inspirons de Mao dans notre combat révolutionnaire, de comprendre ce qui dans ses écrits (y compris ses écrits militaires) relève du général et de l’universel et ce qui relève du particulier, des situations concrètes qu’il analyse…C’est ainsi que nous ferons de la pensée de Mao Zedong non un dogme mais un guide pour l’action.
C’est ce qu’a fait le camarade Ibrahim pour l’Anatolie, il a donné tort à Lénine et à la troisième internationale sur l’analyse du kémalisme (comme Mao avait donné tort à Staline sur l’analyse du parti nationaliste Guomindang en 1927), c’est aussi ce qu’à fait le camarade Charu Majumdar  pour l’Etat indien. C’est pourquoi nous les célébrons comme des modèles de marxistes vivants.

Nous ne faisons pas la révolution dans le monde des bisounours, nous devons dès à présent nous fixer une option stratégique pour renverser le capitalisme. Remettre cette question à plus tard c’est être soit inconscient soit malhonnête, car la bourgeoisie a sur ces questions des idées claires et y réfléchit depuis fort longtemps.
L’histoire nous enseigne qu’elle n’a jamais hésité à déclencher des bains de sang pour protéger ses privilèges. C’est le sens du texte célèbre du camarade Ibrahim Les Racines et le développement de nos différences avec le révisionnisme de Safak. Dans ce texte, il démontre qu’au moment où la montée conjointe des luttes ouvrières et de la réaction fasciste l’obligeait à prendre une option et à s’y tenir, le parti TIIKP s’est cabré comme un cheval devant l’obstacle. Mais au contraire du cheval, qui a mille fois raison de résister aux humains qui veulent le forcer à sauter des obstacles pour leur propre divertissement, les révolutionnaires ont fait le choix d’être là, et s’ils/elles sont incapable d’assumer la préparation de la révolution, ils/elles doivent se taire et s’en aller. Celles et ceux qui étaient dans le déni de l’option stratégique ont été balayé-e-s ou sont devenu des traitres et des mascottes du fascisme comme Perincek. Le camarade Ibrahim aurait pu se rallier aux conceptions militaires aventuristes à la mode à l’époque : le guevarisme, le foquisme et  la guérilla urbaine. Mais il n’a pas suivi la mode, il a mené l’enquête avec sérieux et a déterminé sur une base scientifique que la stratégie pour l’Anatolie était la guerre populaire, avec le Dersim comme première base rouge.

Le camarade Ibrahim n’a pas construit le parti, le TKP/ML et son arme (le TIKKO) sur du sable, mais sur une analyse concrète de la réalité concrète de la société qu’il voulait révolutionner, c’est pourquoi son Parti et son arme sont toujours debout après 45 ans, et qu’à travers un front populaire profondément enraciné dans tous les peuples et la classe ouvrière d’Anatolie, il se ressource sans cesse.
Cette année douze combattant-e-s du TIKKO sont tombé-e-s les armes à la main, nous ne pouvons pas saluer la mémoire du camarade Ibrahim sans saluer leur mémoire. Ils/elles ont suivi son chemin, pourtant aucun-e d’entre eux/elles n’étaient né quand le camarade Ibrahim a donné sa vie. Ils s’appelaient Zilan (Esrin Güngör), Özlem (Hatayî Balcı), Ekin (Gamze Gülkaya), Aşkın (Hasan Karakoç), Hakan (Ersin Erel), Tuncay (Murat Mut), Orhan (Alican Bulut), Bakış (Samet Tosun), Ahmet (Yetiş Yalnız), Munzur (Serkan Lamba), Cem (Umut Polat), Ferdi (Doğuş Doğan). Le TKP/ML n’a jamais prétendu être un parti père et faire la leçon aux organisations communistes du monde entier en matière d’option stratégique. Les camarades ont toujours dit que c’était aux organisations des différents pays d’analyser la réalité de leur terrain et de fixer leur propre option stratégique.  D’autres n’ont pas eu cette modestie, ils ont prétendu imposer des dogmes militaires universels, et où sont-ils aujourd’hui ? Le peuple a rejeté leur arme au loin, et l’ennemi l’a brisé en mille morceaux.

Les dogmatiques ne raisonnent pas de façon scientifique. Ils prennent leur impatience (et parfois leur fantasmes de violence) pour un principe théorique et négligent l’enquête. Ils/elles prétendent que parce qu’une stratégie militaire était adaptée pour l’Anatolie, elle est forcement  la stratégie correcte tout le temps et partout, pour le monde entier. Ils/elles nient la loi de l’inégalité de développement et des maillons faibles et réduisent l’analyse concrète à des phrases stéréotypées. A la fin il n’en reste que quelques séquences gênantes.

Vouloir transposer artificiellement l’Anatolie dans l’Etat français, sous prétexte de copier le parti que l’on s’est donné pour modèle, ce n’est pas l’esprit partisan, c’est l’esprit courtisan.

Il y a déjà eu par le passé des groupes dogmatiques dans l’Etat français qui se payaient de grandes phrases creuses sur l’universalité de ceci et de cela, ils/elles ont tordu la réalité dans tous les sens pour la faire entrer dans leurs dogmes, jusqu’ à la faire hurler et ont fini par voter Macron parce qu’ils avaient eu peur de leur ombre.

Il en va de même pour le kémalisme. Ce n’est pas parce que le camarade Ibrahim a analysé le kémalisme comme un fascisme au service de la bourgeoisie moyenne et de l’aile droite de la bourgeoisie compradore, qu’il faut appliquer cette analyse a chaque mouvement petit bourgeois se réclamant des réformes sociales et de l’indépendance nationale dans les pays dominés, en étendant à l’infini et de façon dogmatique le concept de « bourgeoisie bureaucratique ». La même année que le camarade Ibrahim, le président chilien Allende tombait avec courage face aux mêmes ennemis, victime d’un coup d’Etat fasciste orchestré par la CIA. Le fait qu’il n’ait pas été communiste, qu’il ait renoncé à armer les masses populaires et que son légalisme ait eu des conséquences dramatiques, n’en fait pas pour autant l’équivalent de Mustafa Kemal ou du dictateur chinois Jiang Jieshi (Tchang Kaï-chek 1887-1975).

Pour nous, être fidèle à l’héritage du camarade Ibrahim ce n’est pas cultiver des fantasmes, mais analyser la réalité de l’Etat français de façon vivante, pour pouvoir la transformer, comme il l’a fait avec la réalité anatolienne.

L’héritage du camarade Ibrahim

Souvent, les organisations d’extrême-gauche dans l’Etat turc et les personnes qu’elles influencent  associent Ibrahim Kaypakkaya à deux autres dirigeants révolutionnaires assassinés après le coup d’Etat de 1971 : Deniz Gezmiş (1947-1972) et Mahir Çayan (1946-1972). Tous les trois, outre leur jeunesse, avaient en commun un dévouement total à leur cause et un grand courage. Pour le reste, ils s’étaient durement opposés de leur vivant. Gezmiş et Çayan appartenaient à des courants d’inspiration guévariste (ou prétendant synthétiser Mao et Guevara, dans le style de l’époque). Ils reprenaient de façon plus ou moins démagogique et plus ou moins sincère le mythe de Mustafa Kemal pour toucher les masses, et prétendaient « terminer  la lutte de libération nationale » en chassant l’OTAN, les militaires et les capitaux US hors de l’Etat turc. Ils reprenaient la plupart des erreurs opportunistes du vieux parti communiste TKP en y ajoutant le romantisme révolutionnaire de la kalachnikov. Ils considéraient la Turquie comme une sorte de deuxième Cuba, sans tenir compte de l’emprise profonde de l’armée sur la société, ni de son pouvoir économique (sans commune mesure avec celle d’un fantoche sans autonomie comme le dictateur cubain Battista). Ils considéraient que la contradiction principale opposait la masse saine du peuple turc à l’Impéralisme et à une poignée de parasites à sa solde. Du coup les contradictions au sein du peuple et les phénomènes de domination interne de la périphérie par le centre, les minorités, la question kurde et le génocide arménien passaient au second plan, voir carrément sous le tapis (rouge, bien sûr).

En revanche, le camarade Ibrahim jouit du respect tout particulier de la gauche révolutionnaire kurde, car il a réclamé le droit inconditionnel d’autodétermination pour le peuple kurde dix ans avant la constitution du PKK.

Aujourd’hui les apports du camarade Ibrahim sur le caractère semi-capitaliste et semi-féodal de l’Etat turc continuent de soulever des controverses passionnées. Au cours des dernières années, si les capitaux européens et US restent dominant dans l’économie turque, les forces productives se sont beaucoup développées et de nombreuses personnes sont passées de la paysannerie au prolétariat, les  rapports de forces entre fractions bourgeoisies ont évolué en faveur de la bourgeoisie de l’est du pays, ce rééquilibrage a profité à de nouvelles forces politique comme l’AKP d’Erdogan. Le débat pour analyser ces problèmes nouveaux sont particulièrement riches dans la gauche révolutionnaire de l’Etat turc. Il lui revient de trouver ses propres réponses.

A l’été 2015, puis à l’été 2016, le régime a passé des seuils dans la répression, en l’étendant à des couches de plus en plus larges de la société, en envoyant l’armée dans les villes kurdes qui avaient voté à gauche, en enfermant d’abord les militant-e-s révolutionnaires, puis les progressistes, les syndicalistes, les féministes, les pacifistes, en révoquant des dizaines de milliers de fonctionnaires, en entrant en Syrie pour y combattre la résistance kurde et ses allié-e-s.

Face à cette situation dramatique, l’urgente nécessité de renforcer la solidarité de classe amènent les organisations à travailler de plus en plus sur une base de front commun, épaules contre épaules. Gageons que cela renforcera les conditions de confiance nécessaires au débat et à l’unification progressive des analyses au sein de la gauche révolutionnaire. Le TKP/ML et le TIKKO sont membres du mouvement révolutionnaire uni des peuples (Halkların Birleşik Devrim Hareketi, HBDH) qui regroupe une douzaine d’organisation armées turques et kurdes. De même le TIKKO combat au Rojava, au côté de la résistance kurde, de ses allié-e-s et d’autres branches armées des partis révolutionnaires de l’Etat turc: MLKP, DHKP-C, MLSPB, DAF et MKP.

Pourquoi fêter le camarade Ibrahim dans l’Etat français en 2017

La question de la résolution des contradictions au sein du peuple est souvent posée de façon souvent plus correcte dans les organisations politique de la diaspora anatolienne que dans les orgas « blanches ». C’est une constatation de longue date qui vaut pour plusieurs organisations politiques qui nous ont souvent apporté plus de solidarité que nous ne pouvions nous même leur en apporter. Nous avons pu noter que les femmes de différentes organisations avaient construit des espaces de non-mixité qui n’étaient pas de simples vitrines des organisations mixtes auxquelles elles étaient rattaché, mais menaient une lutte contre le patriarcat d’où qu’il vienne, y compris des camarades et des alliés. Nous avons pu noter que ces organisations de femmes savaient nouer des solidarités par delà les divergences organisationnelles. Nous apprécions tout particulièrement le travail de l’organisation Yeni Kadın (femme nouvelle), dont une des figures importantes, la docteure Dilay Banu Büyükavci est en prison en Allemagne avec dix autres camarades de la confédération des travaileur-euses turc-que-s en Europe (ATIK). Mais nous saluons aussi d’autres organisations comme l’Union des femmes socialistes (SKB). La solidarité est indivisible.

Tout cela n’est pas tombé du ciel, c’est le fruit d’un combat. Sur la question arménienne par exemple, le parti communiste TKP et les groupes d’extrême-gauche des années 60 ne voyaient qu’une façon de résoudre la contradiction : réduire au silence les enfants des victimes pour protéger le sommeil des enfants des bourreaux. Certes des figures populaires comme Nâzım Hikmet (TKP) et surtout l’écrivain kurde Yasar Kemal (Parti des Travailleurs de Turquie) ont posé des actes courageux pour la reconnaissance du génocide. Mais c’est dans le sillage du camarade Ibrahim et du TKP/ML que des militant-e-s arménien-ne-s vont sortir de l’ombre et lutter sous leur véritable identité, en portant des mots d’ordres spécifiques à la libération arménienne. Certains ont combattu dans le TIKKO, comme Armenak Bakırcıyan, tombé au combat en 1980, d’autres se sont formés dans le parti et sont devenues d’éminentes figures démocratiques comme le journaliste Hrant Dink, assassiné par un fasciste en 2007. Le parti TKP/ML valorise et promeut les aspects progressistes de toutes les cultures de l’Anatolie (y compris celles des populations réputées favorables au régime comme les Azéri-e-s) et en rejette les aspects féodaux, chauvin, racistes.

En tâtonnant, depuis 2013, nous tentons de construire une organisation communiste en lien avec les besoin de l’époque dans l’Etat français. Les fondateurs de la République turque étaient de fervents admirateurs de la République française (que ce soit les bourreaux du peuple arménien, les trois pachas Enver, Talaat et Djemal, ou que ce soit Mustafa Kemal qui leur a succédé). Leur brutalité envers les minorités était justifiée à leurs yeux par la nécessité de reproduire en accéléré le modèle français de formation de l’Etat nation. L’étude des révolutionnaires qui se sont opposés à l’idéologie kémaliste, comme le camarade Ibrahim est un contre-poison contre l’idéologie impérialiste française.

Dans notre précédente organisation, nous luttions d’abord pour arracher la classe ouvrière de l’influence du réformisme et du révisionnisme, et puis nous nous sommes rendu compte que nous ne pouvions pas nous contenter de reconstruire le parti de Thorez et de Duclos.

L’Etat français s’est constitué sur une volonté d’éradication violente des peuples et cultures minoritaires de l’hexagone. La culture de la bourgeoisie parisienne a été considérée comme la seule culture légitime et inculquée aux enfants de toutes les classes et de tous les peuples de l’Etat français. De même que l’histoire de la bourgeoisie parisienne et de ses « ancêtres les gaulois », qui devait transformer les enfants de toutes les classes et de tous les peuples de l’Etat français en chair à canon docile pour l’armée.

Après avoir réalisé avec plus ou moins de succès cette entreprise de lavage de cerveau, la bourgeoisie française a cherché à résoudre ses propres contradictions en envoyant ses prolétaires en surnombre coloniser l’Afrique et l’Asie. Puis en faisant venir de nombreux jeunes prolétaires des campagnes d’Afrique et d’Asie vers la métropole.

La conquête du pouvoir politique de la bourgeoisie parisienne après 1789 a été un évènement historiquement nécessaire, mais il n’y a pas lieu de l’enjoliver comme le font le P « C »F et Mélenchon : Elle a aussi été un moment d’aggravation des conditions d’existence des travailleurs, des peuples minorisés, des femmes, des personnes LGBT, ainsi que de réification maximale de la nature et des animaux (même si c’est dans le bouillonnement d’après 1789 que tous les mouvements de résistances contre ces dominations se sont constitués comme sujets politiques).

Le P « C »F et Mélenchon cherchent également à sauver la figure de De Gaulle en jouant sur un « gaullisme populaire » qui identifie De Gaulle à la lutte contre les USA, à l’indépendance nationale, en enjolivant l’impérialisme français. Quand Mélenchon appelle les Guyanai-se-s « nos chéris, la France en Amérique latine, le symbole de l’universalisme de la culture française », il ment : la Guyane c’est le symbole de la participation de la France au génocide et à l’ethnocide des premières nations d’Amérique (dites amérindiennes), c’est le symbole du remplacement des populations massacrées, par des esclaves Africain-e-s déporté-e-s, le symbole du bagne de Cayenne pour les prolétaires européens « en trop », délinquants par misère. La récente affaire du festival afroféministe Nyansapo nous rappelle comment cette gauche chauvine devient littéralement folle de rage dès lors que les personnes racisées refusent d’être ses « chéri-e-s » pour se constituer en sujet politique autonome.

Nous trouvons des échos à tout cela dans l’œuvre du camarade Ibrahim. En rompant avec le chauvinisme du DKP (tout en assumant les aspects progressistes de ce parti), il nous enseigne de rompre avec le chauvinisme du PCF (en assumant ce que ce parti a fait de grand entre 1920 et 1945).

Nous voulons nous imprégner des aspects progressistes de toutes les cultures minoritaires présentes dans l’Etat français. Cela ne veut pas dire faire la même opération que Mélenchon pour la Guyane (sous prétexte de prouver que la France est métisse, en niant la violence à l’origine de ce « métissage »), nous voulons le droit au divorce, à l’autodétermination pour tous les peuples de l’Etat français, mais cela n’empêche pas que leurs résistances soient une source d’inspiration et une composante de notre héritage.

Disciples de Marx, Lénine et Mao, nous sommes donc aussi héritier-e-s de Jeanne d’Arc (celle là même que Mélenchon traitait de « givrée » la semaine dernière), mais aussi de Kahina, de  Fadhma N’Soumeur, de Djamila Bouhired, de Djamila Boupacha, de la mulâtresse Solitude - famm doubout- et des Amazones du Dahomey.

Héritier-e-s de Toussaint l’Ouverture, d’Abdelkader el Djazaïri, de Abd el Krim el Khattabi et de Samory Touré.

Heritier-e-s  des camisard-e-s, des bonnets rouges, de Matalas (exécuté à Maule dans la Soule en 1661), de Pontkalleg, de Marion Tromel du Faouët, de Pasquale Paoli u babbu di a patria.

Heritier-e-s de la Commune de Paris, de la révolte d’el Mokrani (1871), de la grande révolte kanake (1878).

Heritier-e-s d’Hô Chi Minh, de Frantz Fanon, d’Argala, d’Eloi Machoro, de Serge Sinimalé.

Et, compte tenu du rôle de la diaspora anatolienne dans notre politisation et notre formation, Heritier-e-s d’Ibrahim Kaypakkaya.

 

IBRAHIM KAYPAKKAYA OU LA DEUXIEME NAISSANCE DU COMMUNISME EN ANATOLIE

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Turquie, #Anti-impérialisme, #International

Repost0

Publié le 3 Avril 2017

Les pétroliers poursuivent leurs forages offshores et détruisent les écosystèmes !
 
Le géant français Total et le britannique BP sont sur le point de forer à l’embouchure des fleuve Amazone, menaçant le récif de l’Amazone, long de plus de 9500 km2 allant jusqu’à la Guyane, colonie française. 
Les scientifiques estiment que seuls 5% du récif ont pour l’instant été cartographié. 
Plus de 80 communautés vivent de ce récif, au nord de l’état d’Amapa au Brésil. 
Il s’agit du plus grand écosystème de mangrove continu au monde et il se situe dans le Parc National du Cabo Orange. De nombreuses espèces encore inconnues y trouveraient refuge. Toutes ces vies sous-marines et côtières pourraient disparaître à cause de l’exploitation pétrolière. Selon l’UICN, l’ONG de protection de la nature, de nombreuses espèces y sont déjà en voie de disparaître, comme la loutre géante. Et pour les populations du littoral, ce récif joue un rôle essentiel. Total et BP pourraient leur porter un coup fatal. 
 
L’une des concessions de l’entreprise française n’est situé qu’à 8 kilomètres du récif, d’une profondeur de 2 500 mètres. 
Et nous avons encore tous-tes en mémoire la catastrophe de Deepwater horizon, exploitée par BP dans le golfe du Mexique, qui après une fuite a laissé se déverser son pétrole dans la mer, polluant les eaux définitivement. Un écocide dont la zone ne s’est jamais remise. 
 
Or, vu les prix actuels du baril, les forages offshores ne sont pas rentables, même s’ils espèrent une remontée des prix, ça ne sera pas pour sitôt. 
Leurs prévisions bancales ne prennent pas en compte l’avenir de l’humanité. D’autant plus qu’en réalité nous n’allons pas sortir de cette crise. En agissant ainsi ils nous précipitent de plus en plus vers la pénurie.  
Ainsi malgré des coûts énormes, la concurrence internationale pousse les monopoles à forer de plus en plus. Ils veulent s’implanter partout. Les extractions s’intensifient, et de nouveaux puits sont sans cesse découverts, dans le canal du Mozambique, dans le golfe du Mexique, dans l’arctique… au Brésil où Total profite du changement de gouvernement et de l’instabilité politique pour rafler les gisements et privatiser à son avantage le secteur énergétique du pays.
 
Derrière les États participent à cette guerre économique, en protégeant leurs monopoles, en légiférant en leur faveur, en revendiquant des territoires à fort potentiel. Ce n’est pas pour rien si à l’échelle internationale, il n’y a pas de règles en matières pétrolières et gazières. Ce sont les monopoles capitalistes, comme Total, qui dictent leurs lois. 
Avec la convention de Montego Bay (convention des Nations Unies sur le droit de la Mer, CNUDM), la France s’accapare les océans et fait profiter à Total de sa Zone Économique Exclusive (ZEE) qui va jusqu’à 370 km des côtes ou 650 km s’il y a une continuité géologique du plateau continental. Ainsi l’impérialisme français contrôle le deuxième plus grand domaine maritime mondial. 
Avec ces éléments, on comprend mieux pourquoi elle tient tant à ses territoires « outre-mer », et l’on comprend mieux l’intérêt obsessionnel de Mélenchon pour « l’économie de la mer ». 
En élargissant ainsi son territoire, l’état Français s’accapare les ressources naturelles sous-marines. Avant d’aller coloniser l’espace, la France a déjà colonisé les fonds marins. 
Évidemment, ce sont les monopoles et les bourgeoisies françaises qui récoltent l’argent qu’ils en tirent. 
 
En Guyane, l’impérialisme nous menace !
 
Total est un habitué du procédé. En Guyane (colonie française) l’entreprise effectue actuellement des forages semblables, exploitant la colonie pour ses bénéfices. 
Élu en 2012, ce fut le premier acte par décret de François Hollande, attribuer à Total des permis exploratoires, alors même qu’il avait fait campagne sur la promesse de réformer le code minier pour l’empêcher. Mais bon, qui y croyait? Ils ne respectent même pas leur principe de précaution, que le PS a défendu dans ses meetings. 
Une fois de plus, ils nous donnaient raison lorsque l’on prévenait que les candidat-e-s aux élections ne sont que candidat-e-s pour gérer le pouvoir impérialiste.
 
À l’OC-FR nous soutenons les revendications anti-coloniales et indépendantistes de Guyane, qui exigent notamment le départ de Total, de la France, et l’arrêt des forages. 
Comme au Brésil, en Afrique, en Birmanie et ailleurs, la France n’a pas à exploiter les ressources guyanaises, alors que les populations locales ne touchent aucun bénéfice, mais se fait exploiter à outrance, parmi les pires conditions dans les colonies françaises. 
Ce sont les multinationales et l’état français qui ont dépossédé les guyanais, notamment de leurs ressources minières. Il y a aussi l’or, la bauxite, le phosphore… Et contrairement à ce que prétend Mélenchon sur twitter, la Guyane ça n’est pas la France. La Guyane est dominée par la France, ce qui est différent. Mais le peuple guyanais n’est pas le peuple français. C’est une nation sans état.
 
De plus Total est un mastodonte, représentant de l’impérialisme français. La politique énergétique est un pilier de la stratégie à l’internationale de l’état français, et au centre Total y occupe une place de choix. 
L’intérêt de la France dans ses colonies se situent notamment dans les ressources énergétiques que la France peut aller y piller. 
C’est aussi une base arrière pour les investissements de la France en Amérique du Sud, très convoité pour ses ressources. 
 
Total et son greenwashing bidon 
 
« Engagé pour une énergie meilleure », c’est ce qu’écrit la multinationale sur son site. On peut y lire qu’elle produit « une énergie qui localement respecte mieux l’environnement et qui globalement préserve l’équilibre climatique de notre planète. » Tout cela c’est bidon. Entre les actes et les écrits, le fossé est abyssal comme le prouve les agissements et la politique de Total. 
C’est quelque chose de structurel, car cette entreprise capitaliste a vocation à faire du profit, et d’amasser toujours plus d’argent. 
L’environnement est un obstacle pour le profit potentiel à court terme. Et les capitalistes veulent abattre les obstacles, même si cela mène à des catastrophes.
L’ancien PDG de Total s’était par exemple engagé oralement à ne pas exploiter les gisements dans l’arctique vu les risques environnementaux et les conséquences qu’auraient une catastrophe pétrolière. Aujourd’hui Total s’apprête à exploiter ces gisements, pourtant les risques et les conséquences sont les mêmes.
 
Avec leur marketing et leur communication, c’est facile pour ces grands groupes de se teindre en vert et de prétendre avoir changé, prendre en considération l’environnement, tout en faisant le contraire dans la réalité. Ils signent des chèques au gouvernement pour financer les COP qui permettent aux chefs d’État de se la jouer écologistes et de gagner des points dans les sondages. Pendant ce temps ils espèrent nous faire oublier leurs activités ? 
Leur économie est criminelle. Ces entreprises sont des entreprises criminelles. Nous devons les combattre et les détruire. Nous les exproprierons, et nous les ferons payer. 
 
L’OC-FR appelle à soutenir les mobilisations écologistes contre Total et contre son projet de forage. Nous soutenons les populations côtières qui se mobilisent contre Total. 
Plus généralement, nous devons combattre la politique impérialiste de la France et de son champion pétrolier, Total, ainsi que les forages offshores. Il en va de notre survie à long terme.
Notre objectif c’est la révolution pour le socialisme et le communisme. Mais nous ne voulons pas hériter d’un monde détruit, invivable. 
L’impérialisme français et Total sèment la mort. Ils oppriment et exploitent les peuples. Ils épuisent les ressources. Ils détruisent la planète. Leurs intérêts immédiats de capitalistes sont antagoniques avec nos intérêts populaires. 
Nous devons particulièrement dénoncer, et pointer du doigt la responsabilité de Total, et derrière, celle de l’impérialisme français, notre ennemi principal. 
 
 
À bas l’impérialisme ! À bas le colonialisme !
Les pétroliers poursuivent leurs forages offshore et détruisent les écosystèmes

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #France, #Brésil, #Total, #Guyane

Repost0

Publié le 28 Février 2017

Pas de trêve ! Ces élections ne sont pas les nôtres !

 

Après le mandat présidentiel de François Hollande, la désillusion quant à la possibilité de voir les choses changer par les élections est massive dans les classes populaires.

La politique anti-ouvrière, impérialiste, sexiste, raciste, islamophobe menée par le PS a ouvert les yeux de beaucoup sur l'arnaque que constitue l'alternance.

De droite ou de gauche, les politiciens servent le même intérêt, et ce n'est pas le notre, c'est celui des bourgeois-e-s.

Les primaires de gauche, l'affaire Fillon, la candidature de Hamon, de Macron, ne sont que des tentatives par les médias de tenter de relancer notre intérêt pour ces élections en ré-ouvrant un jeu qui apparaissait totalement verrouillé. Mais ne soyons pas dupes, le jeu électoral est un jeu bourgeois dans lequel nous n'avons rien à gagner.

 

Comme ils sont loin des préoccupations des ouvriers et ouvrières,

ces politicien-ne-s !

Ils ne s'adressent qu'à la partie la plus retardée d'entre nous.

Cette partie est celle qui se désolidarise des ouvrier-e-s issu-e-s des pays dominés par la France pour se réserver les postes les mieux payés de la production.

Elle préfère les miettes que la bourgeoisie veut bien lui concéder en échange d'un soutien à la politique impérialiste de rapine qu'elle mène.

C'est à elle que s'adresse Marine Le Pen. C'est aussi à elle que s'adresse Mélenchon dans ses sorties islamophobes et racistes car c'est une partie de nationalité française de la classe ouvrière qui donc posséde le droit de vote.

Les propositions des candidats dits progressistes nous paraissent être de la poudre aux yeux. Pôle emploi radie en masse les chômeurs. Les CROUS tardent à filer leurs bourses minables aux étudiant-e-s. Le smic reste au raz des pâquerettes chaque année. Les CAFs ne versent que des miettes en aides sociales.

La Loi Travail permet aux patron-ne-s de faire baisser nos salaires et de nous virer comme ils veulent.

Comment croire que les capitalistes vont accepter de nous donner un revenu universel ?

Nous ne condamnons pas ceux et celles qui iront voter. Tous et toutes nous avons envie d'agir sur notre situation sociale et tout est fait pour nous faire croire que les élections le permettent.

Cependant, nous portons un autre ordre du jour, un ordre du jour de lutte de classe, anti-impérialiste, anti-fasciste et féministe.

 

Dans notre société, des parts importantes des classes populaires et de la petite bourgeoisie sont en lutte.

 

Nous sommes dans un pays où la productivité est parmi la plus élevée du monde et les ouvriers, ouvrières et technicien-ne-s n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois. 

À PSA, dans d'autres boites de l'industrie, comme chez les agents de sécurité et les conducteurs d'Uber, les travailleurs et travailleuses luttent pour obtenir des augmentations, des primes. Leur travail remplit les poches des patron-n-e-s, ils et elles en ont assez de les voir s'engraisser grâce à eux et elles.

Dans leurs lieux d'habitations, ils et elles sont sous étroite surveillance policière. Les violences policières dont la jeunesse des quartiers populaire est victime, ils et elles en ont assez. Le meurtre d'Adama Traoré, le viol de Théo, les violences sexuelles contre les lycéen-ne-s du XIXème, les milliers de perquisitions contre des musulman-e-s, les mosquées saccagées, la liste des exactions commises les derniers mois est longue. La révolte gronde dans les quartiers populaires qui se sont mobilisés sans tomber dans les pièges tendus par le PS.


Une large partie de la classe ouvrière vient des pays dominés par la France, elle est l'objet d'une répression raciste et coloniale. Nous sommes dans un pays ségrégationniste où en fonction de sa couleur de peau, on se voit réserver les postes les plus bas dans la production. 

Les ouvriers et ouvrières réclament un salaire égal à travail égal, des groupes non mixtes de personnes issues des pays dominés par la France s'organisent. Le viol de Caïs, un petit garçon de 4 ans, la réouverture du Bal Nègre ont été l'objet de mobilisations ces derniers mois. Nous appelons à la manifestation pour la justice et la dignité du 19 mars.

 

La France est une puissance impérialiste en guerre. Elle impose son ordre dans ses colonies. Dans ses territoires dits "d'outre mer" elle maintient des économies coloniales et réprime les revendications culturelles et politiques nationales. 

La situation n'est pas apaisée au Pays basque où des militant-e-s sont interpellé-e-s et incarcéré-e-s. Le PS est un ennemi des revendications des peuples en luttes, nous exigeons l'amnistie des militants et militantes basques.

Le PS a également redécoupé les régions au détriment des catalan-e-s et occitan-e-s, réprimé le mouvement indépendantiste corse.

Il n'a su que semer la guerre et le chaos, d'abord en Syrie, Iraq, Mali, Centrafrique, poussé des milliers de gens à la fuite, maltraité les réfugié-e-s. En Palestine, l'État Français continue à soutenir les revendications réactionnaires pro-sionistes, refusant toujours de reconnaître l'état palestinien et le droit à l'autodétermination. Il soutient aussi Erdogan et le gouvernement turc dans sa répression des mouvements kurdes et leurs alliés progressistes. 

L'État français travaille pour maintenir les profits de ses grands groupes financiers et industriels. Pour cela, le gouvernement socialiste était prêt à tout pour favoriser sa politique impérialiste, de conquête des marchés au sein de la concurrence inter-impérialiste. 

Au mépris de l'environnement, de ce que peut supporter la Terre, de la survie à long terme des espèces vivantes y compris de l'espèce humaine, la France poursuit une politique destructrice, un écocide. Malgré les protestations populaires, elle poursuit sa politique énergétique, nucléaire, du charbon, prépare des forages de gaz de schistes, construit l'aéroport de Notre Dame des Landes, la Nouvelle route du littoral à La Réunion, ou la LGV Lyon-Turin. À coups de Greenwashing lors de la COP 21, le gouvernement a voulu nous faire croire qu'il se préoccupait de l'écologie, mais les pics de pollution se maintiennent, le tout-voiture continue à dominer nos villes, ils continuent à raser des forêts, à bétonner les sols, et la situation se dégrade.

 

Les femmes et les minorités de genre et d'orientation sexuelle n'ont reçu que du mépris de la part du gouvernement. Il n'a satisfait qu'aux revendications bourgeoises des milieux LGBT, laissant de côté les personnes trans et les lesbiennes, incarcéré les femmes qui se défendent contre un mari violent, interdit le burkini, arraché les voiles des femmes, exclut de l'espace public les femmes voilées. 

Face au patriarcat, au racisme et l'exploitation, les femmes et minorités de genre et d'orientation sexuelle résistent et s'organisent. Nous appelons à manifester le 8 mars à 19h30 à  Belleville.

Nous sommes dans un pays qui vit depuis plus d'un an sous état d'urgence et ce n'est pas pour rien : les contradictions sont fortes dans la société. L'Etat d'urgence n'a pas empêché les manifestations contre la loi travail, n'a pas empêché les émeutes en banlieue, la ZAD de tenir. 

Nous ne sommes pas dans un contexte où le jeu démocratique fonctionne, nous sommes dans un contexte où l'ordre règne grâce aux matraques, aux tonfas, aux lacrymos et aux hélicoptères.
 

Nous n'avons rien à attendre de ces élections, le changement, c'est nous, c'est notre organisation et notre détermination qui les permettront. 

Les militant-e-s de l'OC-FR n'appellent pas à voter aux présidentielles. Nous soutenons les initiatives menées contre les candidats aux élections et la manifestation "1er Tour Social" organisée le 22 avril place de la République.

 

Imposons notre ordre du jour par la lutte !

Pas de trêve, ces élections ne sont pas les nôtres !

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 6 Février 2017

Solidarité avec Théo, police patriarcale, police raciste !

Solidarité avec Théo, police patriarcale, police raciste !
 

T.W viol

 

Jeudi, aux 3000 à Aulnay, un jeune homme de 22 ans, Théo, s'oppose aux policiers qui viennent de gifler un petit garçon. Ils le gazent et l'arrêtent. Lors de son arrestation, roué de coups, insulté, il a été violé par un policier avec sa matraque avant d'être placé en garde à vue. A l'hopital, il a reçu 60 jours d'ITT.

Face à la colère de la population, les parquet a placé les 4 policiers en garde  à vue et entamé des poursuites. Mais il a vite retiré de l'accusation le mot viol pour se contenter de parler de violences en réunion.

Theo a eu raison de les accuser de viol. Il a raison d'être en colère face à leurs insultes et violences racistes. Ce n'est pas lui qui est sali par cet acte barbare, ce sont ceux qui l'ont commis. Il n'a pas à avoir honte, parler et se battre permet à tous ceux et toutes celles victimes de tels actes de reprendre confiance en eux et elles et de faire que la honte change de camp.

Police patriarcale

Le parquet fait preuve de la mauvaise foi dont tous les soutiens de violeurs font preuve. Mis devant une preuve vidéo des actes commis par les policiers, ils parlent de pantalon qui glisse tout seul et de matraque qui s'introduit de 10 centimètres à cause de la confusion.

Nous sommes toujours stupéfait-e-s de la maladresse et de la surdité des hommes. Il y a 150 000 viols par ans, et donc à peu près autant d'hommes qui n'entendent pas les "non", de pénis ou de matraques qui glissent et d'hommes qui avaient trop bu pour se rendre compte qu'ils étaient en train de violer une fille. De toute façon, intentionnel ou non, un viol est un viol. Un homicide involontaire est un homicide. Un viol, pareil, ce sont les faits qui comptent.
 

Minimiser, nier, rejeter la faute sur la victime, parler de ses graves accusations, ce sont des tactiques battues et rebattues des soutiens d'agresseurs.

 

Que le parquet utilise de tels arguments ne nous choque pas spécialement. Nous vivons dans un monde patriarcal.

Une des fonction des policiers est de faire barrière aux victimes de violences sexistes qui souhaiterait déposer plainte. Ils les traitent de menteuses, enquêtent sur leur moralité, les dissuadent de porter plainte.

Ils répriment celles auxquelles la société patriarcale donne une valeur moindre et celles qui sortent de leur rôle de genre.

Ils sont là pour racketter, violer, faire chanter, abuser des travailleuses du sexe.

Ils sont là pour réprimer les femmes psychiatrisées et neuroatypiques, les menacer, les dénuder, les attacher, les agresser physiquement et sexuellement.

Ils répriment les lesbiennes, les transexuelles, nous contrôlent la nuit quand nous sommes seules dehors pour pour tapinage.

Ils utilisent les violences sexistes contre les militantes, il faut que les femmes restent à leur place, loin de l'espace public.

Quand nous tombons entre leurs mains, nous, femmes de classe populaires, nous avons peur, non seulement parce que le commissariat est long et pénible, mais aussi de ce qui pourrait passer par la tête. Leur uniforme leur confère le droit d'user pleinement de leurs privilèges masculins. Ils battent massivement leurs femmes et violent collectivement des touristes au Quai des Orfèvres.


 

Violence raciste à l'encontre d'un jeune homme de quartier
 

La population qui vit dans les quartiers populaires est une population largement issue des pays dominés par la France. Le viol, c'est une arme de guerre utilisée de longue date par l'impérialisme français.

Prosituer, violer les hommes des pays dominés par la France, c'est tenter de leur faire rentrer dans la tête leur infériorité par rapport aux colons. Et être inférieur pour les français, c'est, notamment, être une femme. Violer des hommes racisés pour les traiter comme des femmes en dit long sur le traitement que la police réserve à celles-ci.

Ces derniers mois nombreux ont été les jeunes hommes de quartier à se plaindre de violence sexuelles de la part de la police.


Ce n'est pas pour rien que ce type de violence s'abat sur les jeunes hommes des quartiers populaires de la banlieue, les lycéens du 19eme, une grande part de ces populations viennent de pays anciennement colonisés par la France.

De nombreux migrant-e-s, hommes, femmes et enfants, sont elles et eux aussi victimes de viol sur le trajet qui les mène en Europe par les milices servant de garde frontières aux européen-ne-s.

Les arrachages de voile comme on a pu en voir cet été pendant l'affaire du Burkini, en garde à vue après des manifestations pour Gaza et au moment de l'interdiction du voile intégral sont eux aussi des violences racistes et sexistes.

Les femmes issues des pays dominés par la France n'ont pas le droit de se dérober au regards des impérialistes, leur corps leur appartient.

Celui des enfants aussi. Les militaires français violent des enfants au Mali et en Centre-Afrique tandis que l'Éducation Nationale, la Mairie de Montreuil et l'État enterrent le viol subit par le petit Caïs, 4 ans, à l'école.

La population d'Aulnay soutient le jeune homme. Samedi soir, des émeutes ont éclaté à Aulnay sous Bois. La police manifestait il y a quelques mois pour obtenir plus de droits et de moyens. Violer, tuer, taper, c'est le type de droit qu'ils revendiquent. La police a tiré à Saint Ouen il y a quelques jours en plein après midi également sur un chien. Depuis de longs mois, nos quartiers sont sous pression et notre sang coule.



Ne nous laissons pas écraser. Soutenons nous les un-e-s les autres face aux violences policières, ne laissons pas la police prendre ses aises dans nos quartiers.
 

Manifestons le 19 Mars pour la dignité et la Justice.

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Paris, #aulnay, #Anti-impérialisme, #Impérialisme, #Féminisme

Repost0

Publié le 16 Janvier 2017

«Les massacres ne sont pas notre destin »
Solidarité avec les populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal
 
Le document qui suit ne concerne pas seulement le Moyen-Orient, c’est un texte d’espoir pour toutes les classes, peuples et genre opprimé-e-s par la domination capitaliste, impérialiste et patriarcale. Non les persécutions, les massacres et les souffrances ne sont pas notre destin. Uni-e-s et armé-e-s nous pouvons nous aussi être fort et refuser la loi de celles et ceux qui veulent nous briser et nous détruire.
Les Yezidi-e-s (Ezidi-e-s) sont une communauté du Kurdistan d’Irak, à la frontière des Etats turc et syrien. Souvent considéré-e-s comme les derniers dépositaires de la philosophie et des anciennes croyances dualistes du peuple kurde, antérieures à l’instauration des grandes religions monothéistes, les yézidi-e-s ont été régulièrement dénoncé-e-s comme des « adorateur/trice-s du diable » par les pouvoir locaux successifs (y compris kurdes). Ils ont subi 72 tentatives d’extermination au cours de leur histoire douloureuse. Beaucoup vivent en diaspora en Arménie, en Géorgie en Russie, et dans les Etats voisins du Moyen-Orient.
A l’été 2014, les milices fascistes de Daesh ont attaqué les Yezidi-e-s dans les monts Sinjar (ou Shengal), exterminant les hommes, violant systématiquement les femmes et les fillettes, et les réduisant à l’esclavage. Les troupes de Barzani, le dictateur féodal du Kurdistan d’Irak, armées et soutenues par l’Etat français, ont abandonné à leur sort les Yézidi-e-s qu’elles étaient censé protéger. Elles se sont même livré à des marchandages sordides avec Daesh, proposant d’échanger des Yézidi-e-s contre des Assyrien-ne-s (minorité « protégée » au Kurdistan d’Irak, pour l’instant qu’elle ne conteste pas le pouvoir de Barzani et de son clan).
Pendant que les « peshmergas » de Barzani se déshonoraient de façon abjecte, les combattant-e-s des trois principales forces de gauche au Kurdistan , le Parti de l’Unité Démocratique (PYD, Kurdistan de Syrie), le Parti de la Vie Libre au Kurdistan (PJAK, Kurdistan d’Iran) et le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, Kurdistan de Turquie) unissaient leurs forces pour voler au secours des Yezidi-e-s. Ils n’ont pas fait qu’assurer leur protection mais les ont aidé à formé leurs propres combattant-e-s aux sein des YBS, les groupes de résistance de Sinjar/Shengal. Pourtant ce sont les peshmergas que les médias français et Bernard-Henri Levy présentent régulièrement comme des héros, et les combattant-e-s du PKK que la France et l’Europe considère comme des « terroristes ». Hollande est allé le mois dernier en Irak pour garantir Barzani de l’indéfectible soutien de la France. Ce soutien dure depuis 1991 et a permis aux chefs de guerre du clan Barzani de se livrer à un juteux trafic d’armes françaises.
Aujourd’hui les Yézidi-e-s ne veulent plus du pouvoir de Barzani, qui multiplie les vexations minables à leur égard (bloquer les produits de premières nécessité, empêcher les familles de regagner leurs maison, fermer sous la menace des armes l’association de soignant-e-s Yazda qui aidait les survivant-e-s) pour leur faire sentir sa capacité de nuisance. Barzani est l’allié privilégié de la Turquie d’Erdogan, qui menace les familles yézidies réfugiées de représailles si leurs frères et sœurs restées en Irak continuent à soutenir le PKK qui les a sauvés. Barzani a rencontré la semaine dernière le premier ministre turc Yldirim et lui a promis sa collaboration contre les « terroristes » du PKK. Mais malgré les chantages et les menaces, les Yézidi-e-s n’oublient pas qui les a soutenu depuis 2014, et qui les a abandonné. . Ils/elles veulent majoritairement associer politiquement la région de Sinjar/Shengal aux cantons autogérés du Kurdistan de Syrie (Afrin, Kobané, Ceziré) et s’affranchir du pouvoir féodal de Barzani. Le PKK a pourtant proposé de partir de la région de Sinjar/Shengal pour ne plus que les Yézidi-e-s soient puni-e-s de la solidarité qu’ils leurs apportent. Les Yezidi-e-s ont répondu par une déclaration très courageuse, résumée ici par l’agence de presse kurde ANF. Nous reproduisons ce résumé même s’il contient à notre avis des illusions sur les impérialistes de l’Union Européenne et sur la caverne de brigands qu’est à nos yeux l’ONU. En relayant ce document, l'OC-FR souhaite apporter son soutien aux Yézidi-e-s et exprimer notre volonté internationaliste de nous tenir aux côtés des peuples en résistance, victimes du capitalisme et de l'impérialisme.
 
APPEL LANCÉ DES EZIDIS A LA GUÉRILLA KURDE ET AU MONDE
Shengal -La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a tenu une réunion avec la participation de plus de 60 délégués du Kurdistan, de l'Europe, de la Russie et de l'Arménie, sur le Mont Shengal entre le 25 et le 28 décembre. La coordination a publié la déclaration finale de cette réunion, où il a décrit la guérilla Kurde comme l'espoir des peuples d'Êzidî et a appelé les guérilleros à ne pas se retirer du Shengal.
LES MASSACRES NE SONT PAS NOTRE DESTIN
Dans sa déclaration, la coordination a souligné que les massacres ne sont pas le destin des êzidî, qui veulent maintenant y mettre un terme. À cet effet, elle a attiré l'attention sur la nécessité d'unité et de solidarité.
 
APPEL AUX FORCES LOCALES ET INTERNATIONALES
La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a décrit Shengal comme la patrie de tous les Êzidîs et a appelé les Ezidis à donner la priorité à Shengal et demandé un soutien matériel et moral
"Nous demandons que l'ONU, à l'UE et aux autres organisations internationales d'être des parties garantes, et que la guérilla kurde , qui est une force nationale efficace dans la lutte contre Daech , continue à défendre notre société.
Si vous n'étiez pas venu à notre secours, nous été abandonnés. Avec votre arrivée, vous êtes devenu l'espoir de notre peuple. Nous pensons que vous avez encore une responsabilité et, bien que vous n'ayez pas fait de déclaration officielle ou de tentative, nous ne pensons pas qu'il serait bon pour vous de vous retirer du Shengal. Nous croyons que cette société a besoin de vous et que vous serez sensible sur cette question.
 
L'AUTONOMIE DE SHENGAL SERA LA BASE
La coordination a déclaré qu'elle adopte l'autonomie du Shengal en garantissant les droits des Êzidîs comme base de tous les efforts politiques et diplomatiques, et a décidé de s'adresser aux institutions internationales sur cette question.
 
APPEL À LA MOBILISATION DES ÊZİDİS
La Coordination de la Société Démocrate Démocratique a souligné l'importance de la mobilisation et de l'expression des personnes dans le monde entier dans l'unification de la société et a décrit la mobilisation et l'institutionnalisation des Êzidîs au Shengal comme un exemple concret d'une telle organisation. La coordination a annoncé qu'une administration de la Société Démocratique d'Êzidî, composée de 31 représentants du Kurdistan et du reste du monde et de 5 coordinateurs, a été créée lors de la réunion sur le mont Shengal et une décision a été prise d'étendre et de renforcer les Unités de Résistance Shengal YBŞ) comme forces de défense au Shengal.
ANF
 
"Les massacres ne sont pas notre destin", solidarité avec es populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 21 Novembre 2016

Amnistie pour les prisonni-ers-ères politiques basques !

Le 26 Novembre, pour la deuxième année, Amnistiaren aldeko eta errepresioren aurkako mugimendua organise une manifestation pour revendiquer l'amnistie des prisonniers et prisonnières politiques basques.

Nous estimons qu'il est de notre responsabilité de nous positionner et de lutter aux côtés des militants et militantes abertzale. Plus d'une centaine sont incarcéré-e-s, dispersé-e-s dans l'état français et 350 dans l'état espagnol. Ils et elles ont été condamné-e-s à de lourdes peines pour avoir lutté pour leur droit à l'autodétermination et la justice refuse de faire sortir les prisonnier-e-s malades et en fin de peine de sûreté, les condamnant à la prison à vie. Citons Ibon Iradi, incarceré à Lannemezan, souffrant d'une sclérose en plaque.

Il est, en tant que révolutionnaires dans l'état français, nécessaire de se positionner et de soutenir ces militants et militantes. Nous soutenons le droit des peuples opprimés à lutter pour leur liberté ! Nous ne saurions être libres tant que des peuples seront enchaînés.

Le combat des prisonniers et prisonnières basques, de tous ceux et toutes celles qui ont perdu la vie, victimes du terrorisme des états espagnols et français, des exilé-e-s auxquel-le-s l'amnistie permettrait un retour au pays qu'ils et elles ont du fuir suite à leur engagement, c'est le même que le nôtre, celui pour la liberté et le socialisme.

Ces dernières semaines la répression a frappée des deux côtés d'Euskal Herri : arrestation de Mikel Irastorza dans une coordination des forces d'occupations françaises et espagnoles , et aujourd'hui les 7 arrestations à Altsasu pour l'instant comptabilisées dans une enième opération des forces d'occupations de la guardia.
Face à la répression, au déni du droit à l'autodétermination du peuple basque, seule la lutte paie !

Nous serons présent-e-s à cette manifestation et apportons notre soutien au mouvement pour l'amnistie et contre la répression. Borroka da bide bakarra !
Jo ta ke amnistia ta askatasuna lortu arte !

Texte d'appel en français

Le 26 novembre, manifestation nationale pour l'amnistie à Bilbo

En plus de supposer la liberté inconditionnelle des prisonnier.e.s, réfugié.e.s et déporté.e.s polítiques, l'amnistie implique le dépassement des raisons qui sont à l'origine du conflit, c'est-à-dire de l'oppression nationale et sociale, comme la manière d'arriver à une vraie paix basée sur la justice.

Mais en plus de ceux-ci, la lutte en faveur de l'amnistie apporte au débat d'autres éléments importants, parmi lesquels le caractère politique des réprimé.e.s, la violence structurelle des états, l'activité oppressive des forces d'occupation, l'ethnocide culturel des peuples sans état, l'oppression de la classe travailleuse, l'inexistence de démocratie et le droit à la lutte.

C'est pour cela que le Mouvement Pro Amnistie et Contre la Répression appelle à manifester sous la devise "Amnistie totale!" le 26 novembre à Bilbo, à 18:00 heures.

Le 26 novembre nous défendrons le caractère politique des réprimé.e.s, parce que sa dépolitisation facilite la répression qu'ils elles subissent et ferme les portes à vivre libres en Euskal Herria.

Le 26 novembre nous dénoncerons la violence que les états espagnol et français utilisent pour oppresser notre peuple et laisserons à découvert son visage sanglant et authentique.

Le 26 novembre nous dirons "Hors d'ici!" à la Garde civile, aux Gendarmes, à l'Armée, aux Policiers espagnols et français et aux cipayes, parce qu'ils n'ont apporté que souffrance, de la peur, imposition, torture, mort et guerre à notre peuple seul.

Le 26 novembre nous revendiquerons que nous sommes une nation et que, pour survivre comme peuple, l'indépendance et le socialisme soient indispensables. Que nous ne sommes pas espagnols et français, mais uniquement des Basques, et que ce qui nous unit n'est pas d 'appartenir à la même nation mais à la même classe.

Le 26 novembre nous crierons que sans justice il n'y a pas de paix et que se lever et se battre devant ceux qui essaient de perpétuer les injustices est encore plus légitime, c'est un devoir.

Le 26 novembre, une manifestation nationale pour l'amnistie à Bilbo.

Texte d'appel en basque

Azaroak 26, amnistiaren aldeko manifestazio nazionala Bilbon


Amnistia preso, deportatu eta iheslari politikoen baldintzarik gabeko askatasuna suposatzeaz gain, gatazkaren iturburuan dauden arrazoiak, hots, zapalkuntza nazionala eta soziala, gainditzea barnebiltzen du justizian oinarritutako bentako bakera iristeko modu gisa.

Baina hauetaz aparte, amnistiaren aldeko borrokak beste elementu garrantzitsu batzuk ekartzen ditu eztabaidara, besteak beste errepresaliatu hauen izaera politikoa, estatuen biolentzia estrukturala, indar okupatzaileen jarduera zapaltzailea, estaturik gabeko herrien etnozidio kulturala, langileriaren klase zapalkuntza, demokraziaren existentzia eza eta borrokarako eskubidea.

Hori dela eta, Amnistiaren Aldeko eta Errepresioaren Aurkako Mugimenduak “Amnistia osoa!” lelopean azaroaren 26an Bilbon manifestatzeko deia egiten du, 18:00etan Bihotz Sakratutik.

Azaroaren 26an errepresaliatuen izaera politikoa defendatuko dugu, haien despolitizazioak pairatzen duten errepresioari erraztasunak ematen dizkiolako eta Euskal Herrian libre bizitzeko ateak ixten dizkielako.

Azaroaren 26an Espainia eta Frantziako estatuek gure herria zapaltzeko erabiltzen duten bortizkeria salatu eta haien benetako aurpegi odoltsua agerian utziko dugu.

Azaroaren 26an Guardia Zibilari, Jendarmeei, Armadari, Espainia eta Frantziako poliziei eta Zipaioei esango diegu “alde hemendik!”, gure herrira sufrimendua, beldurra, inposizioa, tortura, heriotza eta gerra besterik ez dutelako ekarri.

Azaroaren 26an Euskal Herria nazio bat dela eta herri bezala bizirauteko independentzia eta sozialismoa ezinbestekoak dituela aldarrikatuko dugu. Ez garela espainolak ezta frantsesak ere, baizik eta soilik euskal herritarrak, eta beraiekin batzen gaituena ez dela nazio berekoak izatea, klase berekoak izatea baizik.

Azaroaren 26an justiziarik gabe bakerik ez dagoela eta injustiziak betikotu nahi dituztenen aurrean herri bezala altxatzea eta borroka egitea, zilegia ez ezik, betebeharra dela oihukatuko dugu.

Azaroaren 26an, amnistiaren aldeko manifestazio nazionala Bilbon.

Ammnistie pour les prisonniers et prisonnières basques

Voir les commentaires

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Pays Basque, #Répression, #France, #Anti-impérialisme, #Antifascisme

Repost0