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Publié le 12 Novembre 2017

A propos du referendum au Kurdistan d’Irak

Le 25 septembre dernier, un référendum a été organisé au Kurdistan d’Irak (en kurde : Basûr, le sud) sur la question de la séparation d’avec Bagdad. Les kurdes d’Irak se sont massivement  mobilisé-e-s, et 92,73% ont voté en faveur de l’indépendance. L’armée irakienne, appuyée par les milices chiites  et des troupes d’élites iraniennes, se sont empressé de reprendre la plaine pétrolière de Kirkouk et les autres territoires que le gouvernement régional kurde avait gagné depuis trois ans, à la faveur de la guerre contre Daesh. Les troupes kurdes irakiennes (les fameux peshmergas, dont le nom signifie « ceux qui vont au devant de la mort », bien que cela ait pu parfois prêter à sourire ces dernières années) se sont repliées sans combattre, après quoi le président de la région autonome du Kurdistan et promoteur du référendum, Massoud Barzani, a annoncé sa démission.

Quelques explications s’imposent : sur les 35 à 48 millions de personnes de culture kurde dans le monde, 5 à 7 millions vivent en Irak. Tou-te-s ne vivent pas dans la région autonome du Kurdistan, et tou-te-s les habitant-e-s de cette région autonome  ne sont pas kurdes : il y a également des Assyrien-ne-s, des Arabes et des Turkmènes. 

Deux partis corrompus

Depuis les années 70, les Kurdes d’Irak sont sous l’influence de deux partis rivaux : Le vieux Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) fondé en 1946 et l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), fondée en 1975. A leur création, ces deux partis prétendaient mener de front la libération nationale et la révolution socialiste, avant de dégénérer plus ou moins rapidement en partis clientélistes reposant sur des fidélités claniques et féodales. Le PDK est la propriété de la famille Barzani, et représente plutôt les clans du Nord, l’UPK est la propriété de la famille de ses fondateurs : Ibrahim Ahmed (1914-2000) et son gendre Jalal Talabani (1933-2017) et représente plutôt les clans du Sud. Le PDK est lié à l’internationale démocrate-chrétienne comme les partis de Merkel, de Bayrou ou le PNV basque. L’UPK est liée à l’Internationale socialiste, comme le SPD allemand ou le PS français, ou ce qu’il en reste. C’est dire si ces gens ne sont pas nos ami-e-s, ni les ami-e-s des peuples du monde. Chaque parti dispose de sa propre armée de peshmergas, qui n’ont plus grand-chose à voir avec les guerilleros des années 60.

Les idées d’Abdullah Ocalan n’ont jamais trouvé de base sociale pour s’implanter au Kurdistan d’Irak comme elles l’ont fait au Kurdistan de Turquie (Bakur, le nord) avec le PKK, au Kurdistan de Syrie (Rojava, l’ouest) avec le PYD ou au Kurdistan d’Iran (Rojelhat, l’est) avec le PJAK. Le PYD a par ailleurs besoin de la bienveillance de l’UPK pour contourner le blocus du Rojava imposé par les Turc-que-s avec l’aide du PDK.

Après trois ans de guerre civile au milieu des années 90 (pendant laquelle le PDK fera même appel aux troupes de Saddam Hussein) pour savoir qui contrôlerait la région (devenue autonome après la première guerre du Golfe de 1991) Le PDK a mis la main sur la région d’Erbil, riche en pétrole, et l’UPK sur celle, plus petite et plus pauvre, d'As-Suleymanya. Après le renversement de Saddam Hussein, son leader, Jalal Talabani a hérité comme lot de consolidation du titre largement honorifique de président de la République d’Irak (qu’il a légué en 2014 à un de ses bras-droits, Fouad Massoum). 

La diversion d’un dictateur 

Le chef du PDK Massoud Barzani, dans son complexe de palais construits pour Saddam, avec son armée de peshmergas héritée de son père, gère « sa » région autonome en dictateur depuis 20 ans. Il place les membres de sa famille à tous les postes clés. Il accapare la rente pétrolière plus pour garnir son compte en Suisse et s’acheter des fidélités que pour mener une politique de développement. Il oublie régulièrement de payer ses instituteurs. Il réprime les guerilleros du PKK réfugié-e-s dans « ses » montagnes pour le compte de son allié turc (avec lequel il fait désormais semblant d’être brouillé). Il fait assassiner ses opposants (comme le poète contestataire Sardasht Osman). Il se maintient au pouvoir de façon illégale depuis 2015. 

A  l’été 2014, les milices de Daesh ont attaqué le Kurdistan d’Irak, massacrant les hommes de la minorité religieuse yézidi et réduisant en esclavage les femmes et les enfants. Les peshmergas de Barzani ont pris la fuite sans résistance devant les massacreurs (quand ils ne se livraient pas à des marchandages répugnants avec eux) et ont préféré employer leurs forces à bloquer les troupes des différentes guerillas de la gauche kurde (PKK, PYD, PJAK, appuyés par des combattant-e-s communistes de Turquie dont apparemment le légendaire commandant Nubar Ozanyan), qui venaient faire cesser le génocide. Plus tard, le gouvernement de Barzani se vengera de sa propre lâcheté en réprimant les survivant-e-s yézidi-e-s qui voulaient se constituer en canton autonome dans la région de Sinjar. 

S’il est complétement indifférent au sort des yézidi-e-s, Barzani comprend le bénéfice à tirer de la lutte contre Daesh : un surcroît de prestige international grâce aux films de propagande de son ami Bernard-Henri Levy, des livraisons importantes d’armes française et US (dont certaines finiront entre les mains de Daesh, tant est forte la corruption chez les « héroïques » peshmergas) et surtout la conquête de zones pétrolifères autour de la ville de Kirkouk et dans la province de Mossoul. 

C’est en cet été 2014, en pleine offensive de Daesh, que Barzani, désormais partenaire incontournable du faible gouvernement central irakien, lance une première fois l’idée d’un référendum d’indépendance. Il prend ainsi de court toutes les autres forces politiques kurdes (et met adroitement fin au débat sur la fin de son mandat et les élections présidentielles qu’il était censé organiser).

Une aspiration populaire réelle

Barzani sait très bien que son idée suscitera l’enthousiasme des masses populaires kurdes. Peuple sans état depuis 2500 ans, les Kurdes ont été victimes à la fin de la première guerre mondiale des accords Sykes-Picot qui visaient à répartir les champs de pétrole du Moyen Orient entre zones d’influence française et britannique. Ecartelé-e-s entre les nouveaux Etats syrien, irakien, iranien et turc, les Kurdes ont subi une oppression nationale féroce, avec des politiques tantôt d’assimilation forcée, tantôt d’épuration ethnique. Les kurdes d’Irak se souviennent tout particulièrement du gazage de la ville de Halabja par les troupes de Saddam Hussein en 1988, qui fit 5000 mort-e-s.

Par ailleurs, la région autonome du Kurdistan est un ilot de stabilité dans une république irakienne qui a sombré dans le chaos et la guerre civile après l’invasion US de 2002. Barzani a beau jeu de rejeter les difficultés économiques et le non-paiement des salaires des fonctionnaire sur un Etat central qui ne lui verse plus la part du budget national (17%) censée financer son administration.  

L’isolement international

Le referendum avait été présenté par Barzani comme une sorte de mandat que le peuple lui donnait pour négocier l’élargissement de l’autonomie et la modification des frontières. Cependant, dès le départ, les alliés traditionnels du clan Barzani, Etats-Unis et Angleterre en tête, avaient exprimé des réserves. Outre le soutien inconditionnel de Bernard-Henri Levy et de Caroline Fourrest, Barzani pouvait uniquement compter sur la petite république arménienne du Haut-Karabagh (qui n’est reconnue par aucun membre de l’ONU) et sur l’Etat d’Israël dont les deux principales préoccupations stratégiques, semblent ici comme ailleurs de garantir sa fameuse « sécurité existentielle » en bordelisant au maximum le reste de la région et d’emmerder la république d’Iran -son dernier adversaire qui tienne encore debout- qui soutient à bout de bras le gouvernement central irakien et son premier ministre  chiite Al-Abani. Il semble aussi que Poutine, dont les desseins sont impénétrables, ait garanti à Barzani sa neutralité bienveillante. Le journaliste George Malbrunot avancera aussi (sans preuve) que l’ex-ministre Kouchner (d’habitude très lié au clan Talabani) avait promis l’été dernier à Barzani le soutien de l’Etat français (mais la plupart des kurdes pensent que c’est un mytho de Kouchner pour se donner une importance qu’il n’a plus). 

La gène des autres forces politique

En tous cas, la plupart des opposant-e-s à Barzani ont compris que l’élan populaire en faveur de l’indépendance était tel que tous ceux qui joueraient les rabat-joies se feraient lyncher et piétiner. 

Très présents dans les années 80, les groupes se réclamant du marxisme ont été réprimés et liquidés, souvent par les « socialistes » de l’UPK qui ne voulaient aucune opposition sur leur gauche. Le PKK, qui n’a pas de parti-frère en Irak, s’est contenté de rappeler sa doctrine : la formation d’un nouvel Etat nation ne correspond pas aux réalités du Moyen Orient, à cause de l’imbrication de plusieurs peuples sur un même territoire, Les kurdes doivent plutôt se battre pour la démocratisation des Etats existants et la création d’ « autonomies démocratiques » en leur sein, la revendication de Kirkouk et d’une partie de la région de Mossoul par les seuls kurdes n’a pas de sens, il faut doter les autres communauté (Arabes, Turkmènes, Assyrien-ne-s…) d’une représentation démocratique. Toutefois, le Parti a fait comprendre que la victoire du oui étant acquise, cela n’avait pas de sens de s’opposer à la volonté du peuple. L’UPK  s’est rallié au principe du référendum. Seuls deux seuls partis politiques représentés au parlement ont fait campagne pour le boycott : le Groupe Islamique Kurde du Cheikh Ali Bapir (lié à l’Iran et qui ne représente pas grand-chose) et le mouvement du changement (Gorran). Gorran est tout sauf un parti révolutionnaire. Son fondateur, Nawshirwan Mustafa (mort en mai dernier) avait été le bras-armé de l’élimination des « gauchistes » par l’UPK, avant de claquer la porte du parti dans les années 90 pour protester contre la corruption et la dérive clanique de la famille Talabani. Les député-e-s de Gorran ont dénoncé l’irresponsabilité, l’impréparation et la fuite-en-avant d’un gouvernement illégitime qui cherchait dans une confrontation avec le pouvoir central à détourner l’attention de ses propres échecs. La suite leur a donné raison.

Une défaite humiliante

Le 17 octobre, quand l’armée irakienne, les milices chiites et leurs alliés iraniens attaquent la région autonome, les peshmergas du PDK comme de l’UPK se replient sans combattre, les premiers abandonnent Sinjar et les seconds  Kirkouk. D’ailleurs les USA désavouent totalement leurs alliés du gouvernement régional pour donner raison à la coalition pro-gouvernementale (pourtant alliée à l’Iran et composée en partie de groupes habituellement considérés comme « terroristes » par l’administration US)

Comme lors du massacre des Yezidi-e-s, les combattant-e-s du PKK descendent de leurs montagnes frontalières et s’efforcent de sécuriser les populations civiles avec quelques vieux peshmergas qui ont refusé d’obéir aux ordres de leurs chefs. Beşir Baran (heval Hogir), cadre de la guerilla depuis 30 ans, tombera ainsi en martyr devant Kirkouk. Les Kurdes perdent l’ensemble des gains territoriaux de la guerre contre Daesh. 

Une fois de plus, comme en 1991 quand l’UPK et le PDK ont poussé la population à la révolte avant de fuir dans les montagnes et d’abandonner les villes à la répression des troupes de Saddam, les deux grands partis ont joué cyniquement avec la vie de leur propre peuple pour des calculs politiciens.  Par la suite, ils se renverront mutuellement la responsabilité de cet échec, jusqu’à ce que Barzani annonce le 28 octobre qu’il quittait ses responsabilités pour redevenir le peshmerga qu’il n’avait jamais cessé d’être (en réalité, il a un manoir familial qui l’attend aux USA, financé par la rente pétrolière). Ça ne devrait pas être trop difficile de trouver un Barzani pour le remplacer : l’oncle Hoshyar Zebari est ministre des Finances. Les fils Mansour et Wajy sont généraux. Le neveu Sirwan, général lui aussi, fait des affaires dans la téléphonie mobile en confondant l’argent de l’Etat et son argent de poche. À priori, la succession devrait se jouer entre le neveu Nechirvan (premier ministre et apparemment favori de l’impérialisme US) et le fils aîné Masrour (chef de la police politique et capable de pas mal de coups tordus).

Dès le lendemain (29/10) des émeutier-e-s, apparemment liés à Masrour et cherchant à mettre en difficultés Nechirvan, attaquent le parlement régional avec des sabres, des couteaux et des bâtons en hurlant : « Les Allemands ont eu Hitler, les Italiens Mussolini, les Africains (sic) Mandela et nous avons Massoud Barzani ». Ils réclament les député-e-s « traitres » des partis d’opposition. Le député Raboun Maroun (Gorran) est passé à tabac et torturé. A Zakhro, ville PDK les sièges de l’UPK et de Gorran sont brûlés. 

A l’heure où nous écrivons ces lignes, des témoignages abondent sur la terreur que les milices chiites dans les zones qu’ils contrôlent tout spécialement à Kirkouk (ou la photo d’un journaliste massacré au couteau devant sa famille a fait le tour du monde). Il semble que le clan Barzani soit prêt à concéder une paix humiliante, avec non seulement la perte des territoires conquis face à Daesh, mais aussi de territoire acquis en 2003, après la chute de Saddam Hussein, lors des négociations sur la fédéralisation du pays, mais aussi l’intégration de la majorité des peshmergas à l’armée régulière irakienne. Un désastre historique qui soulève bien des questions, notamment sur la non-résistance des peshmergas devant Kirkouk et Sinjar. Beaucoup de kurdes se demandent aujourd’hui si tout cela n’a pas été négocié en amont avec l’impérialisme et s’il n’y a pas eu un choix délibéré de la défaite de la part de leurs dirigeants.

Garder les idées claires

Pourquoi s’attarder sur ces évènements qui n’influent pas directement, semble-t-il,  sur les luttes de classes en France ? D’abord parce qu’il y a une Révolution démocratique en cours au Kurdistan de Syrie, et que nous pensons que cet événement concerne l’humanité toute entière. Nous pensons qu’il est de notre devoir de donner à nos lecteur/trice-s des éléments de compréhension sur cette région du Moyen-Orient, riche en matières premières, objet de toutes les convoitises impérialistes et ravagée par la guerre. La résistance des révolutionnaires kurdes à Kobané contre les milices de Daesh en 2014-2015 a ému le monde entier. Le prestige de ces combattant-e-s a rejailli sur le peuple kurde tout entier. L’image médiatique d’un vaillant petit peuple, respectueux des droits des minorités, en lutte contre l’obscurantisme et l’oppression de puissants voisins s’est imposée dans l’opinion publique française.

Au début des années 2000 quand nous avons commencé à militer, aux côtés de la diaspora kurde (300 000 personnes dans l’Etat français), pour la libération du président Ocalan et contre la vente de prisons françaises à l’Etat turc, les médias français relayaient surtout les pires calomnies de l’Etat turc, et réduisaient la lutte de libération kurde a une « narco-guérilla », menée par une « secte totalitaire d’extrême-gauche », pratiquant le « terrorisme ». Nous ne sommes pas des hipsters, nous aspirons à ce que nos idées deviennent majoritaires, et nous apprécions que de plus en plus de personnes ouvrent les yeux sur la justesse de ce combat (quand ils/elles n’utilisent pas les Kurdes pour refourguer leurs délire islamophobes comme récemment l’écrivain Sylvain Tesson ou d’autres). 

Pour autant nous n’avons pas envie que s’installe des confusions qui nuiraient au final à la cause du peuple kurde. Il y a chez les kurdes des bons et des mauvais, des progressistes et des réactionnaires, des démocrates et des fascistes. Comme d’ailleurs chez les Turc-que-s, les Arabes ou les Breton-ne-s. Depuis 1992, l’impérialisme français a noué des liens privilégiés avec les deux grands partis du Kurdistan d’Irak, Ces liens se sont incarnés d’abord dans la figure de Danielle Mitterrand et de sa fondation France Liberté, puis un certain nombre de personnalités se sont fait les propagandistes soit du clan Barzani (Bernard-Henri Levy et ses affidé-e-s) soit du clan Talabani (l’ex ministre Kouchner, qui a aussi ses entrées chez Barzani, le prof de stratégie Chaliand qui forme à la fois des officiers français à l’école de guerre de Paris et des officiers peshmergas à celle d’Erbil). Aujourd’hui ils/elles utilisent le prestige acquis par la résistance kurde en Syrie pour redorer le blason de leurs champions kurdes en Irak. Or il n’y a rien à redorer : les partis kurdes en Irak même s’ils maintiennent leur emprise féodale sur leur société, couvrent de honte les kurdes progressistes du monde entier. Et par ailleurs le PDK participe activement à la répression des Kurdes de Turquie et au blocus des Kurdes de Syrie.

À cause de cette confusion entretenue par les médias entre les partis kurdes d’Irak et la gauche kurde, divers réseaux pro-Turquie, pro-Qatar, trotskystes ou assimilés diffusent dans le peuple une théorie du complot selon laquelle les Kurdes seraient des pions de l’Etat d’Israël pour diviser la région. C’est du grand n’importe quoi. Rappelons que la Turquie est le pays qui entretient le plus de relations avec Israël dans la région, que Erdogan n’a jamais rien fait pour les Palestinien-ne-s. Les réseaux qui se mobilisent aujourd’hui contre le référendum kurde en Irak sont les même qui saluaient les « révolutionnaires » libyen et syrien de 2011, eux aussi soutenus par Israël (et par les autres puissances impérialistes occidentales). D’ailleurs ceux qui délirent sur la supposée puissance d’Israël peuvent constater qu’elle n’a pas suffit à sauver Barzani de la perte de Kirkouk.

Si nous n’avons pas de temps ni d’énergie à perdre à soutenir le PDK et l’UPK, nous ne pouvons pas être sourd à l’aspiration de liberté portée par les 92% de « Oui » au référendum kurde. Quand bien même si, vu de France, on ne comprend pas l’intérêt pour un Kurde d’être dirigé par un gangster kurde comme Barzani plutôt que par un gangster arabe et chiite, comme le premier ministre irakien, cela ne nous donne aucun droit à remettre en cause le droit des peuples à s’autodéterminer. La question nationale kurde est réelle et brûlante, ce n’est pas une création du Mossad, pas plus que la question nationale catalane n’est une création de l’Union Européenne. Le problème c’est que les partages impérialistes de la région (notamment Sykes-Picot) ont créé d’autres injustices toutes aussi brûlantes contre les Arabes et les Arménien-ne-s. Le modèle confédéral proposé par le PKK en Turquie et le PYD en Syrie vise à désamorcer les conflits en offrant un cadre autonome pour tous les peuples sans toucher aux frontières. En tout état de cause, la liberté pour le peuple kurde passe par la liquidation des chefs féodaux qui ne cessent de le trahir et de l’enfermer dans un chauvinisme etroit.

Troupes irakiennes, hors du Kurdistan !

Pas de soutiens aux partis féodaux UPK et PDK qui ont trahi leur peuple.

Plus que jamais, solidarité avec le peuple kurde !

 

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International, #Anti-impérialisme, #kurdistan, #irak

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Publié le 1 Novembre 2017

Les militant-e-s de l’OC-FR publient une motion interne à propos de la Catalogne.

Bien que dans les faits notre soutien pour la cause Catalane était évident et déjà lisible dans nos interventions publiques, nous voulions l’inscrire spécifiquement dans notre corpus interne au vu de la situation internationale en procédure extraordinaire. Cette motion qui n’a pas vocation à être une analyse de la situation est notre position formelle à l’égard de la Catalogne.

 

Motion sur la Catalogne

 

L’Organisation Communiste - Futur Rouge reconnaît la République indépendante de Catalogne comme une nation et soutient les revendications indépendantistes du peuple catalan.

L’OC-FR rappelle que le principe d’auto-détermination est un principe démocratique fondamental. Les revendications du peuple catalan sont légitimes, et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne se discute pas. 

Nous affirmons notre soutien à la lutte de libération nationale en Catalogne des deux côtés des Pyrénées, et contre la domination à la fois de l’État Espagnol et de l’État Français. L’OC-FR soutient l’unité de la Catalogne, actuellement dominée par deux États. Le rattachement de la Catalogne dominée par l’État Français au reste de la Catalogne dominée par l’État Espagnol est une revendication que nous soutenons.

Nous nous battrons pour la reconnaissance de la République catalane. 

 

Nous nous réjouissons de voir le mouvement national catalan se développer, aller dans le sens de la séparation avec les États impérialistes qui dominent la Catalogne, et vouloir constituer un État indépendant. 

Nous nous réjouissons aussi de l’affaiblissement des impérialismes espagnols et français, tandis que se développe le mouvement national catalan.

 

Le mouvement de masse catalan est puissant. C’est un mouvement populaire que nous suivons et qui force notre admiration. La mobilisation pour l’indépendance de la Catalogne est riche d’enseignements et nous puisons dans l’exemple catalan des leçons historiques qui doivent nous servir à mener nos luttes contre l’État français.

 

Les États espagnols et français répriment, diffament et harcèlent férocement le mouvement social catalan. Notre solidarité doit être sans faille face à la répression, et nous devons participer activement à la solidarité et relayer les actions de soutien au peuple catalan réprimé.

Les États impérialistes et leurs organisations refusent de reconnaître les prisonniers politiques. La France, l’Espagne, l’UE, considèrent normal l’arrestation des leaders catalan-ne-s qu’ils qualifient de délinquant-e-s qui n’auraient pas respecté la loi. Sous couvert de principes constitutionnels, ils soutiennent la répression en Catalogne. C’est du terrorisme d’état, légitimé par la loi espagnole. Le gouvernement Espagnol applique idéologiquement le franquisme. Nous devons soutenir les prisonniers politiques, les victimes de la répression, et nous devons dénoncer les relents franquistes encore largement présents dans la société espagnole.  

 

Nous dénonçons également le mouvement actif et mobilisé espagnoliste, dominé par le franquisme et par une frange castillane fasciste. 

Nous dénonçons également l’attitude de la gauche castillane, chauvine, révisionniste et espagnoliste, en particulier de Podemos qui a longtemps cherché à surfer sur une ambiguïté, alors qu’en réalité cette organisation électoraliste n’a jamais été solidaire du peuple catalan et participe à porter des coups aux revendications indépendantistes. 

Nous dénonçons aussi l’inertie d’une large part du mouvement militant petit-bourgeois castillan, incapable de s’attaquer à l’État espagnol à un moment fatidique. 

Comme dans l’état français, nous observons les relents réactionnaires, chauvins, qui gangrènent les milieux politiques et militants castillans. 

Alors que dans ces milieux, les contradictions deviennent explosives sur la question nationale, nous appelons à faire bloc avec les éléments progressistes et révolutionnaires catalans, isolés au sein des États espagnols et français alors qu’ils ont besoin de notre soutien. 

Ce sont tous-tes les révolutionnaires dans les États espagnols et français qui devraient faire bloc avec la Catalogne. Nous observons au contraire, et malheureusement, dans les autres territoires que contrôlent ces États, une inertie que nous condamnons, voir de la part de ces milieux une hostilité flagrante à l’égard de la Catalogne, que nous devons combattre.

 

Nous respectons les moyens organisationnels que le mouvement national catalan se donne pour lutter. Nous soutenons et participons lorsque nous le pouvons, à cette lutte. Nous soutenons de même les mouvements progressistes, et en particulier les mouvements révolutionnaires, qui vont dans le sens de la libération nationale de la Catalogne.

 

Nous devons également relayer et appeler à participer aux initiatives de soutien en dehors de la Catalogne, là où nous sommes présent-e-s.

 

Vive la République de Catalogne !

À bas l’État français et espagnol !

 

L’OC-FR

 

Motion sur la Catalogne

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International, #Anti-impérialisme, #Catalogne

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Publié le 5 Juin 2017

IBRAHIM KAYPAKKAYA OU LA DEUXIEME NAISSANCE DU COMMUNISME EN ANATOLIE

Il y a 44 ans, fin mai 1973, le dirigeant communiste Ibrahim Kaypakkaya était assassiné par les forces de répression de l’Etat turc, après avoir résisté héroïquement à des mois de tortures. Il avait 24 ans. Au cours de sa courte existence, il avait totalement bouleversé la gauche révolutionnaire en Turquie par son travail d’enquête, d’analyse et d’organisation. Aujourd’hui, par delà le modèle de courage et d’intégrité qu’il nous a laissé, nous aimerions revenir sur les apports politiques du camarade Ibrahim et ce qui fait de lui une figure importante et actuelle pour nous.

Une vie de combats

Le camarade Ibrahim Kaypakkaya est né en 1949 dans le village de Karakaya (préfecture de  Çorum) où vivaient côte à côte des paysan-ne-s turc-que-s, alévi-e-s et arménien-ne-s. Issu d’une famille de paysan-ne-s pauvres , c’est un élève sensible et rigoureux, doué pour les arts comme pour les sciences. Après le coup d’état de 1960, mené contre la bourgeoisie conservatrice, les militaires putschistes entrouvrent les portes de l’université aux élèves méritants des périphéries pauvres de l’Etat turc, autant par démagogie sociale que pour y créer une classe moyenne qui leur serve de courroie de transmission. Mauvais calcul, puisque beaucoup des jeunes qui ont bénéficié de cette politique découvriront à la fac les causes véritables de la misère de leurs familles et de leurs villages, et deviendront des militants révolutionnaires. C’est le cas du camarade Ibrahim comme ça sera le cas d’Abdullah Ocalan, le fondateur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) quelques années plus tard.

C’est entre 16 et 17 ans que le camarade Ibrahim réussit le concours d’entrée à l’IUFM de Çapa , puis entre à la faculté de physique d’Istanbul. Il devient rapidement membre de la FKF (Fédération des clubs d’idées-ou des clubs de débats), il s’agit de défendre la liberté d’expression et de discussion. Rapidement les idées de la grande révolution culturelle prolétarienne chinoise (1966) deviennent populaires en Turquie et un premier parti se réclamant de la pensée de Mao Zedong se constitue : le Parti des Travailleurs de Turquie. Rapidement critique sur la ligne du nouveau parti, le camarade Ibrahim préfère rester à l’écart et fonder son propre cercle d’étude marxiste et son propre journal. Bien lui en prend : ce parti opportuniste, sans bases idéologiques solides vole en éclat au premier choc dès 1968, donnant naissance à une floraison de groupes rivaux. Aux yeux du camarade Ibrahim, le plus prometteur semble être le Parti révolutionnaire des ouvriers et des paysans de Turquie (TIIKP) auquel il décide de participer. Mais en 1970, de grandes grèves éclatent à Istanbul et le TIIKP se révèle incapable d’en prendre la direction et d’organiser la résistance contre le nouveau coup d’Etat militaire que la bourgeoisie déclenche en réaction en 1971.

De 1970 à 1972, le camarade Ibrahim mène d’intenses controverses idéologiques pour refonder le parti sur des bases assainies, réellement maoïstes. Au fur et à mesure que le congrès approche, son étoile ne cesse de croître aux yeux des militant-e-s de bases, tandis que les dirigeants opportunistes sont de plus en plus discrédités. Le principal d’entre eux, Doğu Perinçek tentera même de le faire assassiner (ce répugnant personnage descendra par la suite toutes les marches de la trahison, jusqu’à devenir agent provocateur, indicateur de police et négateur du génocide arménien, tout en continuant à se dire « maoïste »).
Finalement le congrès du TIIKP est annulé pour des prétextes bureaucratiques, mais le camarade Ibrahim a rassemblé suffisamment de forces, regroupées en comités, pour organiser un contre-congrès qui verra la fondation du Parti communiste de Turquie/ marxiste-léniniste (TKP/ML) et de L’Armée ouvrière et paysanne de libération de la Turquie (TIKKO) le 24 avril 1972. Deux organisations qui existent toujours et continuent à jouer un rôle important dans le mouvement révolutionnaire en Anatolie.

Fin janvier 1973, il est blessé et fait prisonnier alors qu’il menait la lutte armée dans les montagnes du Dersim avec ses camarades. Il passera plus de deux mois et demi aux mains de ses bourreaux avant d’être assassiné sans avoir parlé.

Une révolution culturelle :

Le camarade Mao Zedong disait souvent que c’était les jeunes et les classes populaires qui, grâce à leur absence de préjugés apportaient les idées nouvelles et progressistes dans la société et pas les soi-disant « élites » dominantes. Fils de paysan-ne-s pauvres à peine sorti de l’enfance, le camarade Ibrahim a rompu en l’espace de quelques années avec 50 années de déformations opportunistes et révisionnistes du marxisme dans l’Etat turc, sans se laisser impressionner par le prestige de tous les prétendus professeurs en théorie révolutionnaire, et en démasquant leurs atermoiements derrière de grands mots ronflants.

Il a caractérisé le kémalisme, le système et l’idéologie instauré au début des années 20 sous l’égide de Mustafa Kemal, comme une des premières formes historique de fascisme, cousine du fascisme italien de Mussolini qui se développe à la même époque. Un fascisme impulsé par une  bourgeoisie bureaucratique ayant accompli son accumulation primitive de capital par le génocide arménien. Un fascisme fondé sur la mobilisation réactionnaire des masses, menée contre les mécontent-e-s et les minorités au nom de l’ « unité du peuple turc».

Il a mis en avant le compromis inévitable de cette bourgeoisie moyenne avec l’aile droite de la bourgeoisie compradore (« intermédiaires » vivant du pillage impérialiste), avec les propriétaires fonciers féodaux, et avec les impérialistes occidentaux, dont Mustafa Kemal et sa clique n’ont fait qu’accélérer encore l’implantation tout en se drapant dans de grandes proclamations nationalistes (surtout dirigées contre les minorités intérieures). Le camarade Ibrahim a caractérisé la formation sociale née de ce compromis comme semie-féodale et semie-capitaliste.

Après deux ans de travail d’enquête à travers l’Anatolie, auprès des ouvrier-e-s et des paysan-ne-s pauvres, il a montré que les conditions de la guerre populaire et du pouvoir rouge pouvaient exister dans l’est, spécialement dans les montagnes du Dersim qui abritent les populations les plus pauvres de l’Etat turc.

Il a soutenu le droit inconditionnel à l’autodétermination du peuple kurde.

La deuxième naissance du communisme en Anatolie :

Après l’assassinat de Mustafa Suphi et des autres fondateurs du Parti communiste turc (TKP) par les kémalistes en 1921, ce parti a rapidement sombré dans l’opportunisme, adhérant à la propagande du régime qui faisait de Mustafa Kemal un héros de la résistance à l’impérialisme et un progressiste. L’URSS de Lénine avait cherché à s’allier avec la bourgeoisie kémaliste contre l’ennemi commun qui cherchait à démembrer leur territoire : les bourgeoisies française et  britannique. Comme ils voulaient réduire l’URSS à la seule Russie actuelle (pour ensuite la détruire bel et bien), les impérialistes anglo-français voulaient couper en trois ce qui restait de l’Empire ottoman (c'est-à-dire l’actuelle république turque) : une partie arménienne, une partie kurde, une partie turque. Évidemment, ils étaient poussés par de cyniques motivations de pillage. L’URSS a dénoncé le traité de Sèvres par lequel les vainqueurs prétendaient partager le territoire des vaincus, et a organisé le congrès des peuples de l’Orient à Bakou en 1920. Ce congrès est encore considéré comme « un moment de grand espoir » par les trotskystes, bien que la parole ait été longuement laissée aux anciens bourreaux des peuples arménien et assyrien, comme Ibrahim Enver. Les bolchéviques avaient du mal à comprendre que les impérialistes cherchaient à manipuler à leur profit les aspirations de peuples opprimés, comme les Arménien-ne-s et les Kurdes, mais que ces aspirations n’en étaient pas moins justes.

Dans les années qui ont suivi, les opportunistes et les révisionnistes du TKP ont refusé d’appuyer les revendications d’autonomie des Kurdes et les demande de réparations des associations internationales arméniennes pour le génocide de 1915. A chaque fois, il s’agissait de défendre « l’intégrité nationale turque » contre de soi-disant manœuvres impérialistes de division, alors que les gouvernants turcs vendaient chaque jour un peu plus l’Anatolie aux grandes entreprises capitalistes occidentales.

Le poète et romancier Nâzım Hikmet (1901-1963), figure populaire et courageuse du TKP, a été une des grandes voix de l’humanité progressiste. Il a réclamé la paix, la démocratie et le bonheur pour tous les peuples du monde, il a été jusqu’à reconnaître le génocide arménien et l’existence d’un peuple kurde. Pourtant, au-delà de l’indignation humaniste, son œuvre (par exemple l’épopée de la guerre d’indépendance) est presque totalement consacrée aux faits et gestes du peuple turc dominant (vu comme globalement honnête, travailleur, confiant, mais périodiquement détourné de ses missions révolutionnaires par des politiciens pervers). Les kurdes, les arménien-ne-s et les alévi-e-s ne sont que des fantômes qui traversent cette histoire. Des fantômes pour qui on peut avoir de la pitié, mais qui n’ont pas grand-chose à nous raconter.  Pour Kaypakkaya au contraire, ces « fantômes » sont des êtres de chair et de sang qui l’ont guidé jusqu’à ses 16 ans sur les chemins de la vie. Il connait le potentiel révolutionnaire de la minorité alévie avec ses idéaux égalitaristes et sa longue histoire de révoltes contre le pouvoir. Il choisit le Dersim, cœur de la culture alévie, comme premier foyer de la guerre populaire en partant de cette tradition progressiste. De fait, 45 ans après l’Etat turc n’arrive toujours pas à y déraciner la guerilla tant son implantation y est profonde et nourrie de rivières souterraines.

Un marxisme vivant

Des jeunes révolutionnaires africains qui avaient demandé conseil au camarade Mao Zedong on raconté qu’il leur avait répondu en substance : « Je peux vous expliquer comment faire la guerre révolutionnaire en Chine, mais pour l’Afrique, je n’y connais rien…Pourquoi vous n’allez pas consulter plutôt quelqu’un qui a dirigé la guerre révolutionnaire dans un pays d’Afrique ?  Abdelkrim al-Khattabi, par exemple, est un grand stratège. ». Evidement, la différence fondamentale entre Mao Zedong et le grand révolutionnaire riffain Abdelkrim al-Khattabi (1882-1963), c’est que Mao applique à la Chine une méthode d’analyse scientifique que l’on peut appliquer à tous les pays du monde.

Il est important, quand nous nous inspirons de Mao dans notre combat révolutionnaire, de comprendre ce qui dans ses écrits (y compris ses écrits militaires) relève du général et de l’universel et ce qui relève du particulier, des situations concrètes qu’il analyse…C’est ainsi que nous ferons de la pensée de Mao Zedong non un dogme mais un guide pour l’action.
C’est ce qu’a fait le camarade Ibrahim pour l’Anatolie, il a donné tort à Lénine et à la troisième internationale sur l’analyse du kémalisme (comme Mao avait donné tort à Staline sur l’analyse du parti nationaliste Guomindang en 1927), c’est aussi ce qu’à fait le camarade Charu Majumdar  pour l’Etat indien. C’est pourquoi nous les célébrons comme des modèles de marxistes vivants.

Nous ne faisons pas la révolution dans le monde des bisounours, nous devons dès à présent nous fixer une option stratégique pour renverser le capitalisme. Remettre cette question à plus tard c’est être soit inconscient soit malhonnête, car la bourgeoisie a sur ces questions des idées claires et y réfléchit depuis fort longtemps.
L’histoire nous enseigne qu’elle n’a jamais hésité à déclencher des bains de sang pour protéger ses privilèges. C’est le sens du texte célèbre du camarade Ibrahim Les Racines et le développement de nos différences avec le révisionnisme de Safak. Dans ce texte, il démontre qu’au moment où la montée conjointe des luttes ouvrières et de la réaction fasciste l’obligeait à prendre une option et à s’y tenir, le parti TIIKP s’est cabré comme un cheval devant l’obstacle. Mais au contraire du cheval, qui a mille fois raison de résister aux humains qui veulent le forcer à sauter des obstacles pour leur propre divertissement, les révolutionnaires ont fait le choix d’être là, et s’ils/elles sont incapable d’assumer la préparation de la révolution, ils/elles doivent se taire et s’en aller. Celles et ceux qui étaient dans le déni de l’option stratégique ont été balayé-e-s ou sont devenu des traitres et des mascottes du fascisme comme Perincek. Le camarade Ibrahim aurait pu se rallier aux conceptions militaires aventuristes à la mode à l’époque : le guevarisme, le foquisme et  la guérilla urbaine. Mais il n’a pas suivi la mode, il a mené l’enquête avec sérieux et a déterminé sur une base scientifique que la stratégie pour l’Anatolie était la guerre populaire, avec le Dersim comme première base rouge.

Le camarade Ibrahim n’a pas construit le parti, le TKP/ML et son arme (le TIKKO) sur du sable, mais sur une analyse concrète de la réalité concrète de la société qu’il voulait révolutionner, c’est pourquoi son Parti et son arme sont toujours debout après 45 ans, et qu’à travers un front populaire profondément enraciné dans tous les peuples et la classe ouvrière d’Anatolie, il se ressource sans cesse.
Cette année douze combattant-e-s du TIKKO sont tombé-e-s les armes à la main, nous ne pouvons pas saluer la mémoire du camarade Ibrahim sans saluer leur mémoire. Ils/elles ont suivi son chemin, pourtant aucun-e d’entre eux/elles n’étaient né quand le camarade Ibrahim a donné sa vie. Ils s’appelaient Zilan (Esrin Güngör), Özlem (Hatayî Balcı), Ekin (Gamze Gülkaya), Aşkın (Hasan Karakoç), Hakan (Ersin Erel), Tuncay (Murat Mut), Orhan (Alican Bulut), Bakış (Samet Tosun), Ahmet (Yetiş Yalnız), Munzur (Serkan Lamba), Cem (Umut Polat), Ferdi (Doğuş Doğan). Le TKP/ML n’a jamais prétendu être un parti père et faire la leçon aux organisations communistes du monde entier en matière d’option stratégique. Les camarades ont toujours dit que c’était aux organisations des différents pays d’analyser la réalité de leur terrain et de fixer leur propre option stratégique.  D’autres n’ont pas eu cette modestie, ils ont prétendu imposer des dogmes militaires universels, et où sont-ils aujourd’hui ? Le peuple a rejeté leur arme au loin, et l’ennemi l’a brisé en mille morceaux.

Les dogmatiques ne raisonnent pas de façon scientifique. Ils prennent leur impatience (et parfois leur fantasmes de violence) pour un principe théorique et négligent l’enquête. Ils/elles prétendent que parce qu’une stratégie militaire était adaptée pour l’Anatolie, elle est forcement  la stratégie correcte tout le temps et partout, pour le monde entier. Ils/elles nient la loi de l’inégalité de développement et des maillons faibles et réduisent l’analyse concrète à des phrases stéréotypées. A la fin il n’en reste que quelques séquences gênantes.

Vouloir transposer artificiellement l’Anatolie dans l’Etat français, sous prétexte de copier le parti que l’on s’est donné pour modèle, ce n’est pas l’esprit partisan, c’est l’esprit courtisan.

Il y a déjà eu par le passé des groupes dogmatiques dans l’Etat français qui se payaient de grandes phrases creuses sur l’universalité de ceci et de cela, ils/elles ont tordu la réalité dans tous les sens pour la faire entrer dans leurs dogmes, jusqu’ à la faire hurler et ont fini par voter Macron parce qu’ils avaient eu peur de leur ombre.

Il en va de même pour le kémalisme. Ce n’est pas parce que le camarade Ibrahim a analysé le kémalisme comme un fascisme au service de la bourgeoisie moyenne et de l’aile droite de la bourgeoisie compradore, qu’il faut appliquer cette analyse a chaque mouvement petit bourgeois se réclamant des réformes sociales et de l’indépendance nationale dans les pays dominés, en étendant à l’infini et de façon dogmatique le concept de « bourgeoisie bureaucratique ». La même année que le camarade Ibrahim, le président chilien Allende tombait avec courage face aux mêmes ennemis, victime d’un coup d’Etat fasciste orchestré par la CIA. Le fait qu’il n’ait pas été communiste, qu’il ait renoncé à armer les masses populaires et que son légalisme ait eu des conséquences dramatiques, n’en fait pas pour autant l’équivalent de Mustafa Kemal ou du dictateur chinois Jiang Jieshi (Tchang Kaï-chek 1887-1975).

Pour nous, être fidèle à l’héritage du camarade Ibrahim ce n’est pas cultiver des fantasmes, mais analyser la réalité de l’Etat français de façon vivante, pour pouvoir la transformer, comme il l’a fait avec la réalité anatolienne.

L’héritage du camarade Ibrahim

Souvent, les organisations d’extrême-gauche dans l’Etat turc et les personnes qu’elles influencent  associent Ibrahim Kaypakkaya à deux autres dirigeants révolutionnaires assassinés après le coup d’Etat de 1971 : Deniz Gezmiş (1947-1972) et Mahir Çayan (1946-1972). Tous les trois, outre leur jeunesse, avaient en commun un dévouement total à leur cause et un grand courage. Pour le reste, ils s’étaient durement opposés de leur vivant. Gezmiş et Çayan appartenaient à des courants d’inspiration guévariste (ou prétendant synthétiser Mao et Guevara, dans le style de l’époque). Ils reprenaient de façon plus ou moins démagogique et plus ou moins sincère le mythe de Mustafa Kemal pour toucher les masses, et prétendaient « terminer  la lutte de libération nationale » en chassant l’OTAN, les militaires et les capitaux US hors de l’Etat turc. Ils reprenaient la plupart des erreurs opportunistes du vieux parti communiste TKP en y ajoutant le romantisme révolutionnaire de la kalachnikov. Ils considéraient la Turquie comme une sorte de deuxième Cuba, sans tenir compte de l’emprise profonde de l’armée sur la société, ni de son pouvoir économique (sans commune mesure avec celle d’un fantoche sans autonomie comme le dictateur cubain Battista). Ils considéraient que la contradiction principale opposait la masse saine du peuple turc à l’Impéralisme et à une poignée de parasites à sa solde. Du coup les contradictions au sein du peuple et les phénomènes de domination interne de la périphérie par le centre, les minorités, la question kurde et le génocide arménien passaient au second plan, voir carrément sous le tapis (rouge, bien sûr).

En revanche, le camarade Ibrahim jouit du respect tout particulier de la gauche révolutionnaire kurde, car il a réclamé le droit inconditionnel d’autodétermination pour le peuple kurde dix ans avant la constitution du PKK.

Aujourd’hui les apports du camarade Ibrahim sur le caractère semi-capitaliste et semi-féodal de l’Etat turc continuent de soulever des controverses passionnées. Au cours des dernières années, si les capitaux européens et US restent dominant dans l’économie turque, les forces productives se sont beaucoup développées et de nombreuses personnes sont passées de la paysannerie au prolétariat, les  rapports de forces entre fractions bourgeoisies ont évolué en faveur de la bourgeoisie de l’est du pays, ce rééquilibrage a profité à de nouvelles forces politique comme l’AKP d’Erdogan. Le débat pour analyser ces problèmes nouveaux sont particulièrement riches dans la gauche révolutionnaire de l’Etat turc. Il lui revient de trouver ses propres réponses.

A l’été 2015, puis à l’été 2016, le régime a passé des seuils dans la répression, en l’étendant à des couches de plus en plus larges de la société, en envoyant l’armée dans les villes kurdes qui avaient voté à gauche, en enfermant d’abord les militant-e-s révolutionnaires, puis les progressistes, les syndicalistes, les féministes, les pacifistes, en révoquant des dizaines de milliers de fonctionnaires, en entrant en Syrie pour y combattre la résistance kurde et ses allié-e-s.

Face à cette situation dramatique, l’urgente nécessité de renforcer la solidarité de classe amènent les organisations à travailler de plus en plus sur une base de front commun, épaules contre épaules. Gageons que cela renforcera les conditions de confiance nécessaires au débat et à l’unification progressive des analyses au sein de la gauche révolutionnaire. Le TKP/ML et le TIKKO sont membres du mouvement révolutionnaire uni des peuples (Halkların Birleşik Devrim Hareketi, HBDH) qui regroupe une douzaine d’organisation armées turques et kurdes. De même le TIKKO combat au Rojava, au côté de la résistance kurde, de ses allié-e-s et d’autres branches armées des partis révolutionnaires de l’Etat turc: MLKP, DHKP-C, MLSPB, DAF et MKP.

Pourquoi fêter le camarade Ibrahim dans l’Etat français en 2017

La question de la résolution des contradictions au sein du peuple est souvent posée de façon souvent plus correcte dans les organisations politique de la diaspora anatolienne que dans les orgas « blanches ». C’est une constatation de longue date qui vaut pour plusieurs organisations politiques qui nous ont souvent apporté plus de solidarité que nous ne pouvions nous même leur en apporter. Nous avons pu noter que les femmes de différentes organisations avaient construit des espaces de non-mixité qui n’étaient pas de simples vitrines des organisations mixtes auxquelles elles étaient rattaché, mais menaient une lutte contre le patriarcat d’où qu’il vienne, y compris des camarades et des alliés. Nous avons pu noter que ces organisations de femmes savaient nouer des solidarités par delà les divergences organisationnelles. Nous apprécions tout particulièrement le travail de l’organisation Yeni Kadın (femme nouvelle), dont une des figures importantes, la docteure Dilay Banu Büyükavci est en prison en Allemagne avec dix autres camarades de la confédération des travaileur-euses turc-que-s en Europe (ATIK). Mais nous saluons aussi d’autres organisations comme l’Union des femmes socialistes (SKB). La solidarité est indivisible.

Tout cela n’est pas tombé du ciel, c’est le fruit d’un combat. Sur la question arménienne par exemple, le parti communiste TKP et les groupes d’extrême-gauche des années 60 ne voyaient qu’une façon de résoudre la contradiction : réduire au silence les enfants des victimes pour protéger le sommeil des enfants des bourreaux. Certes des figures populaires comme Nâzım Hikmet (TKP) et surtout l’écrivain kurde Yasar Kemal (Parti des Travailleurs de Turquie) ont posé des actes courageux pour la reconnaissance du génocide. Mais c’est dans le sillage du camarade Ibrahim et du TKP/ML que des militant-e-s arménien-ne-s vont sortir de l’ombre et lutter sous leur véritable identité, en portant des mots d’ordres spécifiques à la libération arménienne. Certains ont combattu dans le TIKKO, comme Armenak Bakırcıyan, tombé au combat en 1980, d’autres se sont formés dans le parti et sont devenues d’éminentes figures démocratiques comme le journaliste Hrant Dink, assassiné par un fasciste en 2007. Le parti TKP/ML valorise et promeut les aspects progressistes de toutes les cultures de l’Anatolie (y compris celles des populations réputées favorables au régime comme les Azéri-e-s) et en rejette les aspects féodaux, chauvin, racistes.

En tâtonnant, depuis 2013, nous tentons de construire une organisation communiste en lien avec les besoin de l’époque dans l’Etat français. Les fondateurs de la République turque étaient de fervents admirateurs de la République française (que ce soit les bourreaux du peuple arménien, les trois pachas Enver, Talaat et Djemal, ou que ce soit Mustafa Kemal qui leur a succédé). Leur brutalité envers les minorités était justifiée à leurs yeux par la nécessité de reproduire en accéléré le modèle français de formation de l’Etat nation. L’étude des révolutionnaires qui se sont opposés à l’idéologie kémaliste, comme le camarade Ibrahim est un contre-poison contre l’idéologie impérialiste française.

Dans notre précédente organisation, nous luttions d’abord pour arracher la classe ouvrière de l’influence du réformisme et du révisionnisme, et puis nous nous sommes rendu compte que nous ne pouvions pas nous contenter de reconstruire le parti de Thorez et de Duclos.

L’Etat français s’est constitué sur une volonté d’éradication violente des peuples et cultures minoritaires de l’hexagone. La culture de la bourgeoisie parisienne a été considérée comme la seule culture légitime et inculquée aux enfants de toutes les classes et de tous les peuples de l’Etat français. De même que l’histoire de la bourgeoisie parisienne et de ses « ancêtres les gaulois », qui devait transformer les enfants de toutes les classes et de tous les peuples de l’Etat français en chair à canon docile pour l’armée.

Après avoir réalisé avec plus ou moins de succès cette entreprise de lavage de cerveau, la bourgeoisie française a cherché à résoudre ses propres contradictions en envoyant ses prolétaires en surnombre coloniser l’Afrique et l’Asie. Puis en faisant venir de nombreux jeunes prolétaires des campagnes d’Afrique et d’Asie vers la métropole.

La conquête du pouvoir politique de la bourgeoisie parisienne après 1789 a été un évènement historiquement nécessaire, mais il n’y a pas lieu de l’enjoliver comme le font le P « C »F et Mélenchon : Elle a aussi été un moment d’aggravation des conditions d’existence des travailleurs, des peuples minorisés, des femmes, des personnes LGBT, ainsi que de réification maximale de la nature et des animaux (même si c’est dans le bouillonnement d’après 1789 que tous les mouvements de résistances contre ces dominations se sont constitués comme sujets politiques).

Le P « C »F et Mélenchon cherchent également à sauver la figure de De Gaulle en jouant sur un « gaullisme populaire » qui identifie De Gaulle à la lutte contre les USA, à l’indépendance nationale, en enjolivant l’impérialisme français. Quand Mélenchon appelle les Guyanai-se-s « nos chéris, la France en Amérique latine, le symbole de l’universalisme de la culture française », il ment : la Guyane c’est le symbole de la participation de la France au génocide et à l’ethnocide des premières nations d’Amérique (dites amérindiennes), c’est le symbole du remplacement des populations massacrées, par des esclaves Africain-e-s déporté-e-s, le symbole du bagne de Cayenne pour les prolétaires européens « en trop », délinquants par misère. La récente affaire du festival afroféministe Nyansapo nous rappelle comment cette gauche chauvine devient littéralement folle de rage dès lors que les personnes racisées refusent d’être ses « chéri-e-s » pour se constituer en sujet politique autonome.

Nous trouvons des échos à tout cela dans l’œuvre du camarade Ibrahim. En rompant avec le chauvinisme du DKP (tout en assumant les aspects progressistes de ce parti), il nous enseigne de rompre avec le chauvinisme du PCF (en assumant ce que ce parti a fait de grand entre 1920 et 1945).

Nous voulons nous imprégner des aspects progressistes de toutes les cultures minoritaires présentes dans l’Etat français. Cela ne veut pas dire faire la même opération que Mélenchon pour la Guyane (sous prétexte de prouver que la France est métisse, en niant la violence à l’origine de ce « métissage »), nous voulons le droit au divorce, à l’autodétermination pour tous les peuples de l’Etat français, mais cela n’empêche pas que leurs résistances soient une source d’inspiration et une composante de notre héritage.

Disciples de Marx, Lénine et Mao, nous sommes donc aussi héritier-e-s de Jeanne d’Arc (celle là même que Mélenchon traitait de « givrée » la semaine dernière), mais aussi de Kahina, de  Fadhma N’Soumeur, de Djamila Bouhired, de Djamila Boupacha, de la mulâtresse Solitude - famm doubout- et des Amazones du Dahomey.

Héritier-e-s de Toussaint l’Ouverture, d’Abdelkader el Djazaïri, de Abd el Krim el Khattabi et de Samory Touré.

Heritier-e-s  des camisard-e-s, des bonnets rouges, de Matalas (exécuté à Maule dans la Soule en 1661), de Pontkalleg, de Marion Tromel du Faouët, de Pasquale Paoli u babbu di a patria.

Heritier-e-s de la Commune de Paris, de la révolte d’el Mokrani (1871), de la grande révolte kanake (1878).

Heritier-e-s d’Hô Chi Minh, de Frantz Fanon, d’Argala, d’Eloi Machoro, de Serge Sinimalé.

Et, compte tenu du rôle de la diaspora anatolienne dans notre politisation et notre formation, Heritier-e-s d’Ibrahim Kaypakkaya.

 

IBRAHIM KAYPAKKAYA OU LA DEUXIEME NAISSANCE DU COMMUNISME EN ANATOLIE

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Turquie, #Anti-impérialisme, #International

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Publié le 17 Mars 2017

 

Mélenchon, c’est l’impérialisme !

Analyse sur le prétendu « insoumis » du PG

 

Il vient d’obtenir ses 500 signatures pour se présenter officiellement et faire parler à nouveau de lui. Celui qui s’impose comme l’un des « gros candidats » est quasi-assuré de finir avec un score à deux chiffres.

Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle se positionne comme le principal atout de la gauche du PS. Le seul à gauche de Hamon qui serait capable de battre les candidats du gouvernement, et l’extrême droite aux élections. Il séduit de nombreuses personnes sincères, progressistes.

Pourtant, la seule solution qu’il propose, c’est celle des urnes. Son projet est réformiste, et électoraliste. C’est une imposture. Un politicien comme les autres.

Il s’inscrit dans le cadre du capitalisme, et non dans une remise en cause. Le projet de Mélenchon, c’est l’impérialisme français ! C’est le chauvinisme de la bourgeoisie française.

 

L’OC-FR considère important de combattre les illusions que sème cette gauche dite « radicale », alors qu’elle ne se positionne pas dans une rupture mais dans une continuité « plus sociale » de la politique française.

C’est pourquoi nous publions notre position à l’égard de Mélenchon, qui participe plus à la confusion qu’elle ne supporte l’alternative révolutionnaire.

Cette analyse ne se veut pas exhaustive mais énumère certains des aspects que nous avons jugé principaux concernant notre critique de son programme.

 

L’économie de la mer, si chère à Mélenchon

 

La France insoumise, ce mouvement électoral crée pour porter la candidature de J-L M, a fait du développement de « l’économie de la mer » avec une vision industrielle une priorité.

Ce pan du programme du candidat, est révélateur du caractère impérialiste de son programme.

Lors de son discours de clôture des « assises écosocialistes de la mer » de son parti, en janvier 2014 à Toulon, J-L M parle même de « conquête ».

La mer selon La France insoumise est un territoire économique à conquérir, pas un espace de biodiversité (Mélenchon veut sortir de l’alimentation carnée, pourtant il ne remet pas en cause l’écocide marin et prône le développement de la pèche).

Sur son blog, Mélenchon titre dès le 5 novembre 2014, un article révélateur de cette vision : « La France, puissance maritime qui s’ignore » avec une carte qui fait ressortir tous les territoires dominées par l’état français à travers le monde et son espace maritime, autour de ses colonies d’outre-mer, de la métropole et des TAAFs.

Et avec cet espace, Mélenchon l’affirme « la France dispose d’un trésor ». Pour faire du profit à priori. Car comme il l’explique, « elle est le premier réservoir des ressources rares, la mer aiguise de féroces appétits ».

 

Pour lui il s’agit de concurrencer le « leadership mondial des États-Unis » et de la Chine dont il veut être le premier partenaire. Il voit dans la mer un moyen de modifier les alliances politiques atlantistes de la France, ce qui aiguisera certaines contradictions inter-impérialistes.

L’enjeu c’est que l’impérialisme français devienne leader sur un nouveau marché profitable, qui concerne différents secteurs. Celui de la pêche, de la pisciculture, du transport, de la construction, de l’industrie militaire ou encore du très stratégique secteur de l’énergie.

Et c’est à ce dernier niveau que J-L M s’arrête le plus, notamment lorsqu’il pleurniche sur la vente du secteur énergétique d’Alstom à Général Électric. Il y voit une perte dans le patrimoine financier de l’impérialisme français.

Et puis il a conscience que les océans contiennent l’essentielle des réserves minières et d’hydrocarbures.

L’intention est celle de celui qui voit une manne financière exploitable, d’autant plus intéressante économiquement si elle est renouvelable. Et d’avoir de nouveaux « fleurons industriels ».

Il écrit d’ailleurs que « laisser au marché le soin de découvrir les produits demandés, c’est s’interdire de peser sur le choix des activités à développer », expliquant que l’économie de la mer peut booster l’économie capitaliste française en relançant son activité industrielle, car toutes les industries seraient concernées directement ou indirectement.

Pourtant on exploite pas la nature sans conséquence. La vision bourgeoise de Mélenchon amène à penser que l’espèce humaine à travers son activité économique peut tout maîtriser, et tout exploiter de façon intensive sans envisager l’avenir et pour un profit immédiat.

Or il est impératif d’envisager l’activité économique en fonction de ses conséquences à long terme, c’est l’un des intérêts de la planification socialiste. Mais elle ne peut se faire dans une économie capitaliste.

 

Nous rappelons aussi à J-L M que l’économie de la mer est déjà une préoccupation importante de l’impérialisme français et de l’état français.

Pour preuve son obstination à maintenir sa présence et sa flotte de pêche à Saint-Pierre et Miquelon. Son intérêt pour la baie de Guyane, et les prospections minières que la France y mène avec Total. Ses campagnes « scientifiques » et de pèche dans les eaux internationales, dans l’océan Indien, au large de l’antarctique, de l’arctique. Ses agitations parlementaires autour de l’île Tromelin, en début d’année encore. Son administration des TAAF chargé de gérer des territoires « australes » (mais en réalité parfois très tropicales) au milieu des océans.

L’écocide marin, ça fait bien longtemps que les capitalistes l’ont entamé. Au sein du CAC40, nombreuses sont les entreprises à avoir depuis longtemps investis en mer.

La France est déjà un leader dans la marine, avec son industrie agroalimentaire, de la pèche, et ses navires Auchan, Carrefour et cie qui raclent les fonds des océans.

La France exploite déjà durablement, souvent irrémédiablement les océans.

Total et son pétrole off-shore illustre ce phénomène qui nous maintient dans la catastrophe environnementale.

À l’OC-FR nous pensons au contraire que les mers, les océans et leurs faunes et flores ne s’en porteront que mieux sans activités économiques capitalistes.

Nous savons, et la science l’a prouvé, que notre activité en mer a des conséquences définitives et tragiques. Mélenchon est juste le porte-parole d’une frange des impérialistes français qui ont des intérêts en mer. Et qui se soucie peu de notre survie à long terme.

 

Le rapport aux outre-mer

 

À travers cette approche de l’espace maritime français, c’est aussi son rapport aux territoires « d’outre-mer » qui apparaît. Car pour lui, ces territoires sont avant tout « des joyaux » de sa République française.

Il voit en premier lieu le potentiel colonial et son domaine maritime. Il y voit l’intérêt économique que la France peut en tirer. Il ne se démarque en rien des colons. Au contraire, c’est un colon.

Pour l’OC-FR ces territoires sont des colonies. Notre rôle anti-impérialiste est de soutenir leur décolonisation, pas de vanter leur potentiel économique au sein de la domination française.

Pour J-L M pas question de parler d’indépendance, et il nie l’existence de peuples dominés dans l’état français, et de peuples sans états.

Sur cet aspect, il serait intéressant de confronter les postures de deux candidats que sont J-L M et Oscar Temaru qui a fait campagne pour l’indépendance de la Polynésie.

J-L M se positionne clairement et ouvertement du côté des colons et de nos ennemis.

Ses prises de positions sont inconciliables avec notre lutte anti-impérialiste. Au contraire, elles sont antagoniques.

 

Chauvinisme et protectionnisme

 

Mélenchon se veut le candidat de l’indépendance nationale. Mais quelle indépendance nationale pour l’une des principales puissances impérialistes ?

La France domine l’économie et la politique de nombreuses nations et de nombreux peuples, parfois militairement.

Elle importe des travailleurs et travailleuses de ces pays et les assigne aux tâches les plus difficiles de la production et les moins payées. J.L. Mélenchon nie les revendications démocratiques de ces populations en matière de liberté religieuse et d'égalité face à la ségrégation raciste. Il ne parle même pas de régulariser tou-te-s les sans papiers.

 

Ce sont ces peuples qui sont légitimes à revendiquer une indépendance nationale, pas les puissances impérialistes qui les exploitent.

En réalité, ce qui se cache derrière ce mot d’ordre c’est sa volonté de s’imposer dans les conflits inter-impérialistes, et de se démarquer de certains impérialistes, alliés de la France, en particulier les USA et l’Allemagne. Son rapport à ces deux États est révélateur de son idéologie.

J-L M est obsédé par les contradictions entre la France et ces deux états.

Il souhaite que la France s’en détache clairement, et prône un certain nombre de mesures pour rompre les alliances actuelles.

Par exemple, à l’OC-FR nous considérons l’OTAN comme un cadre d’alliance militaire inter-impérialiste autour de quelques puissances dominantes, comme l’Angleterre et les USA, de même que l’UE l’est politiquement autour de la France et l’Allemagne.

Nous sommes évidemment pour sortir de ces structures inter-impérialistes. Il faut les combattre. Nous avons encore en mémoire le succès du contre-sommet de Strasbourg en 2009 contre l’OTAN, et nous devons systématiser ces mobilisations.

Nous ne pensons cependant pas que le problème fondamental et structurel de nos sociétés ce soit la présence de la France dans ces alliances inter-impérialistes.

Et puis pour lui, il s'agit juste de sortir de ces traités d'alliances pour en passer d'autres avec d'autres impérialistes : la Chine ou la Russie notamment.

Le problème c’est le capitalisme, et l’impérialisme. Derrière ces épouvantails et ces contradictions inter-impérialistes que Mélenchon veut aiguiser et qu’il agite, il nous détourne en réalité des causes réelles des problèmes que nous vivons, de la lutte des classes. C’est le genre de fausses solutions qui nous précipitent dans les conflits.

Mais Mélenchon attise les contradictions entre impérialistes. Ces contradictions s'aiguisent de plus en plus et c'est pourquoi les masques tombent entre ceux qui prônent la défense de l'impérialisme français et celles et ceux qui défendent les peuples dominés par la France.

 

Sa France une et indivisible, négation des cultures minoritaires et minorisées

 

Le Parti de Gauche se revendique fièrement du jacobinisme et de l’interprétation qui en est faite aujourd’hui, qu’elle soit juste ou non.

La France de J-L M opprime les peuples dominés, et ceux qui ont été colonisés dans son histoire. Les cultures, les langues et les autres nations n’ont pas le droit de s’exprimer et d’exister au sein de son territoire. Pour lui, la France est une et indivisible, et non pas métissée et multiculturelle. Elle est unitaire, et se base sur les frontières actuelles de l’état français. Il confond volontairement nation et état, pour effacer les revendications nationales et les luttes de libération nationales qui existent en son sein.

Il est un ennemi ouvert des indépendantistes et des mouvements culturels minorisés, que lui préfère appeler avec mépris « régionalistes » pour mieux nier leur caractère national et leur droit démocratique.

Pour lui, il s’agit tout au plus de folklore. Et plutôt que de langue, lui préfère parler de « dialecte » ou de « patois » qu’il réduit à « une identité de terroir ».

Il n’imagine pas quelqu’un-e vivant dans l’état français, bilingue. Il l’imagine uniquement parler français. Selon lui il ne doit y avoir qu’une langue, et donc qu’une seule façon de penser (car la langue détermine aussi matériellement l’usage que l’on fait de notre cerveau).

Selon J-L M, il n’y a pas de sentiment binational. Il considère au contraire qu’une fois en territoire français, on doit se « fondre dans la république bourgeoise », « s’intégrer » comme ils disent, pour n’être plus que français (c’est dans cette même logique qui détermine sa définition de la laïcité qu’il stigmatise le voile et rejoint les rangs des islamophobes).

Un individu n’a qu’une seule culture croit-il, celle de sa république bourgeoise. S’en est même devenu une obsession. Il en a fait un cheval de bataille, notamment contre la ratification de la « charte européenne des langues régionales ou minoritaires » (qui n’apporterait pas de grandes modifications pourtant) qu’il qualifie « d’atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français », pour développer ses idées chauvines.

Pourtant l’égalité devant la loi, ne serait-ce pas justement de pouvoir permettre à quiconque de se défendre dans sa langue ?

Le refus de reconnaître le bilinguisme dans certains territoires amènent à des absurdités telles qu’en 2015 à La Réunion, 14,4% des 16-25 ans sont considérés illettrés car ne parlant que créole. Leur langue n’étant pas reconnue par l’état français, ce sont ces mêmes créoles qui n’ont pas accès à l’administration, au droit et à l’éducation dans leur propre pays, c’est cela l’égalité des droits selon J-L M?

Dans une lettre aux sénateurs du 30 Mai 2008, il écrit qu’« il est donc contradictoire d’introduire dans ce même article la reconnaissance d’un particularisme, quel qu’il soit, dans la mesure où celui ne concerne pas tous les citoyens, et en distingue certains par rapport à d’autres. »

Ce que J-L M nie, c’est que les différences culturelles et sociales sont un fait, une conséquence de notre système politique et économique inégalitaire, de classe, capitaliste, et que lorsqu’elles ne sont pas reconnues, les conséquences sont nombreuses, qu’elles soient sociales, sanitaires ou administratives, jusqu’à qualifier avec mépris des personnes qui parlent d’autres langues « d’illéttrés ».

Or pour résoudre un problème (car c’est un problème de ne pas pouvoir librement parler sa langue), il faut d’abord l’acter. Mais pour lui « elle ouvre la voie à une division entre citoyens contraire à la République » qui viendrait menacer la langue française, allant même jusqu’à écrire « La valorisation et la promotion de la langue française est-elle devenue à ce point subalterne ? » Le français serait même « le ciment de l’unité nationale » si chère à la bourgeoisie.

Les autres langues deviennent donc une menace, et il « dénonce » à ce propos sur son blog en septembre 2013 « la domination de l’enseignement de l’anglais comme seconde langue et la volonté à peine cachée des élites libérales et solfériniennes d’y soumettre tous les jeunes français », « la domination croissante de l’anglais est pourtant la seule véritable menace » qu’il compare à la promotion des langues minoritaires… Alors même que le français est pour lui un outil économique (et impérialiste et donc de domination selon nous) qu’il qualifie sur son blog de « prometteur » qui permet à la France d’agir au sein de la « Francophonie » dans la lignée des autres impérialistes français et de la françafrique.

Sa vision est donc réactionnaire sur toute la ligne. C’est celle des impérialistes français.

Dans son argumentaire, J-L M en arrive même à comparer ces revendications, et ces langues à la religion. Comme si la langue n’était pas un fait matériel, et que son usage relevait de la « foi ».

Du délire. En 2013, dans une explication de vote au Parlement européen, il y voit même une attaque à « la laïcité ». Rien que ça.

 

La planification écologiste, impossible sous le capitalisme

 

Le Front de Gauche en parlait déjà en 2012 et cette mesure peut paraître intéressante. Il semble agréable, alors que règne l’anarchie du mode de production qui caractérise le système économique capitaliste, d’entendre parler de planification.

Dans cette société violente, il n’y a pas d’autres politiques socialistes possibles que celle de la planification socialiste avec une vision à long terme pour sortir de la crise et de la catastrophe, après la révolution.

Mais s’agit-il réellement d’une planification, au sens socialiste, que Jean-Luc Mélenchon propose? Est-il possible de planifier sans sortir violemment du capitalisme?

 

Nous ne le pensons pas. Pour planifier l’économie, la politique, et l’aménagement des territoires, il faut le pouvoir sur l’économie, et donc le pouvoir sur les entreprises. Cela signifie notamment que sans expropriation il n’y aura jamais de planification. C’est bien la propriété privée, socle de base du capitalisme, qui détermine l’anarchie du mode de production, et la concurrence à tous les étages. Le libéralisme, c’est la propriété privé, et au nom du droit à la propriété privée et sa défense, le droit d’agir selon ses intérêts privés.

Planifier à l’échelle d’un état sans remettre en cause la propriété privée, ça n’est pas planifier l’économie nationale. Il existait un puissant ministère du plan a à la sortie de la seconde guerre mondial. Il créait des infrastructures au service des patron-ne-s, routes, autoroutes, voies de chemin de fer, des centrales électriques, développait le nucléaire. Tout ça au service des patron-ne-s qui mutualisaient les coûts développement de ces infrastructures.

Planifier ce n’est pas non-plus « nationaliser » les entreprises dans un état au mains d’une bourgeoisie (qui serait alors une multinationale « publique »), mais socialiser les moyens de productions entres les mains du peuple, et du pouvoir à la base, sans concurrence, et organisé en fonction des besoins réels, et des capacités de chacun-e-s. Ni plus ni moins. Mais impossible sous le capitalisme.

Au contraire, la vision politique du PG se base sur la petite propriété privée, et le service public, sans remise en cause du caractère bourgeois du service public dans un état bourgeois et capitaliste.

Or le service public peut aussi très bien défendre les intérêts privés, et fonctionner comme une entreprise comme une autre, à la recherche de nouvelles parts de marchés, défendant ses intérêts violemment dans la concurrence internationale, pillant les matières premières à travers le monde, soumettant les peuples dominés, polluant l’air, les sols et les eaux, et exploitant ses salariées pour dégager plus de profits.

C’est ce que font déjà les entreprises publiques françaises. Une entreprise publique sous le capitalisme, ça reste une entreprise capitaliste. C’est d’ailleurs le rôle de l’APE, une agence de Bercy qui incarne l’état actionnaire et assure ses intérêts stratégiques dans la direction des monopoles français que de s’en assurer.

Alors planifier pour quoi? Planifier pour assurer plus de profits à l’état capitaliste? Ou planifier pour la paix et mettre un terme à la catastrophe environnementale, à l’exploitation et à l’oppression?

 

La sixième république, de la poudre aux yeux

 

Tout cela nous amène naturellement à conclure sur la sixième république voulue par le Front de Gauche et différentes composantes du PS et des écologistes.

Si Jean-Luc Mélenchon gagne, il convoque une constituante pour rédiger une nouvelle constitution et proclamer une nouvelle république parlementaire.

Pour Mélenchon, le changement passe définitivement par les urnes.

Pourtant qu’est-ce que cela changera radicalement? Pas grand chose. Le système économique sera le même, celui du capitalisme.

Le système politique institutionnel sera organisé différemment, mais ce seront toujours les mêmes qui gouverneront en alternance, pour servir les intérêts de la bourgeoisie et de l’impérialisme français. Ce seront toujours les mêmes parasites qui vivront des élections sans jamais rien produire, qui décideront des politiques nationales.

Pour nous ce qui compte, ce n’est pas tant le nom que l’on donne aux institutions mais de savoir quelle classe sociale est au pouvoir.

Mélenchon n’est donc pas une alternative. Il sème une illusion, mais c’est une arnaque. Son programme vise à nous maintenir dans ce système politique et économique que nous rejetons. L’OC-FR combat l’économie capitaliste. J-L M en est l’un des boucliers. Pour abattre ce système, il faudra faire tomber ses défenseurs, J-L M y compris.

Melenchon, c'est l'impérialisme !

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Publié le 16 Janvier 2017

«Les massacres ne sont pas notre destin »
Solidarité avec les populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal
 
Le document qui suit ne concerne pas seulement le Moyen-Orient, c’est un texte d’espoir pour toutes les classes, peuples et genre opprimé-e-s par la domination capitaliste, impérialiste et patriarcale. Non les persécutions, les massacres et les souffrances ne sont pas notre destin. Uni-e-s et armé-e-s nous pouvons nous aussi être fort et refuser la loi de celles et ceux qui veulent nous briser et nous détruire.
Les Yezidi-e-s (Ezidi-e-s) sont une communauté du Kurdistan d’Irak, à la frontière des Etats turc et syrien. Souvent considéré-e-s comme les derniers dépositaires de la philosophie et des anciennes croyances dualistes du peuple kurde, antérieures à l’instauration des grandes religions monothéistes, les yézidi-e-s ont été régulièrement dénoncé-e-s comme des « adorateur/trice-s du diable » par les pouvoir locaux successifs (y compris kurdes). Ils ont subi 72 tentatives d’extermination au cours de leur histoire douloureuse. Beaucoup vivent en diaspora en Arménie, en Géorgie en Russie, et dans les Etats voisins du Moyen-Orient.
A l’été 2014, les milices fascistes de Daesh ont attaqué les Yezidi-e-s dans les monts Sinjar (ou Shengal), exterminant les hommes, violant systématiquement les femmes et les fillettes, et les réduisant à l’esclavage. Les troupes de Barzani, le dictateur féodal du Kurdistan d’Irak, armées et soutenues par l’Etat français, ont abandonné à leur sort les Yézidi-e-s qu’elles étaient censé protéger. Elles se sont même livré à des marchandages sordides avec Daesh, proposant d’échanger des Yézidi-e-s contre des Assyrien-ne-s (minorité « protégée » au Kurdistan d’Irak, pour l’instant qu’elle ne conteste pas le pouvoir de Barzani et de son clan).
Pendant que les « peshmergas » de Barzani se déshonoraient de façon abjecte, les combattant-e-s des trois principales forces de gauche au Kurdistan , le Parti de l’Unité Démocratique (PYD, Kurdistan de Syrie), le Parti de la Vie Libre au Kurdistan (PJAK, Kurdistan d’Iran) et le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, Kurdistan de Turquie) unissaient leurs forces pour voler au secours des Yezidi-e-s. Ils n’ont pas fait qu’assurer leur protection mais les ont aidé à formé leurs propres combattant-e-s aux sein des YBS, les groupes de résistance de Sinjar/Shengal. Pourtant ce sont les peshmergas que les médias français et Bernard-Henri Levy présentent régulièrement comme des héros, et les combattant-e-s du PKK que la France et l’Europe considère comme des « terroristes ». Hollande est allé le mois dernier en Irak pour garantir Barzani de l’indéfectible soutien de la France. Ce soutien dure depuis 1991 et a permis aux chefs de guerre du clan Barzani de se livrer à un juteux trafic d’armes françaises.
Aujourd’hui les Yézidi-e-s ne veulent plus du pouvoir de Barzani, qui multiplie les vexations minables à leur égard (bloquer les produits de premières nécessité, empêcher les familles de regagner leurs maison, fermer sous la menace des armes l’association de soignant-e-s Yazda qui aidait les survivant-e-s) pour leur faire sentir sa capacité de nuisance. Barzani est l’allié privilégié de la Turquie d’Erdogan, qui menace les familles yézidies réfugiées de représailles si leurs frères et sœurs restées en Irak continuent à soutenir le PKK qui les a sauvés. Barzani a rencontré la semaine dernière le premier ministre turc Yldirim et lui a promis sa collaboration contre les « terroristes » du PKK. Mais malgré les chantages et les menaces, les Yézidi-e-s n’oublient pas qui les a soutenu depuis 2014, et qui les a abandonné. . Ils/elles veulent majoritairement associer politiquement la région de Sinjar/Shengal aux cantons autogérés du Kurdistan de Syrie (Afrin, Kobané, Ceziré) et s’affranchir du pouvoir féodal de Barzani. Le PKK a pourtant proposé de partir de la région de Sinjar/Shengal pour ne plus que les Yézidi-e-s soient puni-e-s de la solidarité qu’ils leurs apportent. Les Yezidi-e-s ont répondu par une déclaration très courageuse, résumée ici par l’agence de presse kurde ANF. Nous reproduisons ce résumé même s’il contient à notre avis des illusions sur les impérialistes de l’Union Européenne et sur la caverne de brigands qu’est à nos yeux l’ONU. En relayant ce document, l'OC-FR souhaite apporter son soutien aux Yézidi-e-s et exprimer notre volonté internationaliste de nous tenir aux côtés des peuples en résistance, victimes du capitalisme et de l'impérialisme.
 
APPEL LANCÉ DES EZIDIS A LA GUÉRILLA KURDE ET AU MONDE
Shengal -La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a tenu une réunion avec la participation de plus de 60 délégués du Kurdistan, de l'Europe, de la Russie et de l'Arménie, sur le Mont Shengal entre le 25 et le 28 décembre. La coordination a publié la déclaration finale de cette réunion, où il a décrit la guérilla Kurde comme l'espoir des peuples d'Êzidî et a appelé les guérilleros à ne pas se retirer du Shengal.
LES MASSACRES NE SONT PAS NOTRE DESTIN
Dans sa déclaration, la coordination a souligné que les massacres ne sont pas le destin des êzidî, qui veulent maintenant y mettre un terme. À cet effet, elle a attiré l'attention sur la nécessité d'unité et de solidarité.
 
APPEL AUX FORCES LOCALES ET INTERNATIONALES
La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a décrit Shengal comme la patrie de tous les Êzidîs et a appelé les Ezidis à donner la priorité à Shengal et demandé un soutien matériel et moral
"Nous demandons que l'ONU, à l'UE et aux autres organisations internationales d'être des parties garantes, et que la guérilla kurde , qui est une force nationale efficace dans la lutte contre Daech , continue à défendre notre société.
Si vous n'étiez pas venu à notre secours, nous été abandonnés. Avec votre arrivée, vous êtes devenu l'espoir de notre peuple. Nous pensons que vous avez encore une responsabilité et, bien que vous n'ayez pas fait de déclaration officielle ou de tentative, nous ne pensons pas qu'il serait bon pour vous de vous retirer du Shengal. Nous croyons que cette société a besoin de vous et que vous serez sensible sur cette question.
 
L'AUTONOMIE DE SHENGAL SERA LA BASE
La coordination a déclaré qu'elle adopte l'autonomie du Shengal en garantissant les droits des Êzidîs comme base de tous les efforts politiques et diplomatiques, et a décidé de s'adresser aux institutions internationales sur cette question.
 
APPEL À LA MOBILISATION DES ÊZİDİS
La Coordination de la Société Démocrate Démocratique a souligné l'importance de la mobilisation et de l'expression des personnes dans le monde entier dans l'unification de la société et a décrit la mobilisation et l'institutionnalisation des Êzidîs au Shengal comme un exemple concret d'une telle organisation. La coordination a annoncé qu'une administration de la Société Démocratique d'Êzidî, composée de 31 représentants du Kurdistan et du reste du monde et de 5 coordinateurs, a été créée lors de la réunion sur le mont Shengal et une décision a été prise d'étendre et de renforcer les Unités de Résistance Shengal YBŞ) comme forces de défense au Shengal.
ANF
 
"Les massacres ne sont pas notre destin", solidarité avec es populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal

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Publié le 9 Janvier 2017

Lettre ouverte à propos de la situation en Syrie

Nous avions déjà écrit ce texte sur des positions similaires et sommes signataires de la présente lettre ouverte :

Il n'est pas possible de soutenir à la fois les opprimés et leurs oppresseurs.

Lettre ouverte aux organisations progressistes, révolutionnaires, ainsi qu'aux médias alternatifs et militants.

 

Dernièrement, le siège et la chute de la ville d'Alep a causé de violents remous dans l'opinion publique au sein de l’État Français. Les images de morts, de blessés, de destruction, de bombardements ont marqué les esprits. Il est logique, il est sain d'être horrifié par ce genre de scènes.

Pourtant, l'empathie légitime qu'il est possible de ressentir pour les victimes de ces opérations militaires, des exactions qui ont suivi la reprise de la ville, ne doit pas oblitérer tout jugement politique. Cela ne doit pas occulter la véritable nature politique de l'opposition armée connue sous le nom de « Armée Syrienne Libre » et les intérêts qu'elle sert, entre les mains de ses maîtres.

Que des individus soient mortifiés et réagissent avec leur cœur, comment le-leur reprocherions-nous ? Si ils sont dans l'ignorance des ramifications et des implications politiques, nous ne saurions les blâmer, c'est à nous, militants, de les en informer.

Mais qu'une organisation politique ou un média militant prenne position pour soutenir l'appel de la "mairie d'Alep-est", c'est une toute autre chose.

L'erreur existe, et l'ignorance également. C'est pour cela que nous rédigeons cette lettre. Nous les invitons à repenser leur position, à comprendre qu'on ne peut pas être équidistant entre les progressistes et les réactionnaires sans prendre fait et cause pour eux.

Beaucoup d'organisations politiques et de médias militants progressistes affirment soutenir la lutte du peuple kurde contre ses oppresseurs en Turquie et en Syrie. Ces organisations et médias retransmettent les informations transmises par la coalition formée autour du PKK, du TKP M/L, de leurs organisations militaires YPG - YPJ - TIKKO, et affirment également soutenir la politique du HDP en Turquie, qui combat contre l'ogre Erdogan et son régime.

La coalition que forment les organisations de combat kurdes est la seule à œuvrer à une lutte résolue pour le progrès, l'égalité, et pour chasser les impérialistes. Et ce, que ce soit au Rojava (Kurdistan Syrien) au Bakur (Kurdistan de Turquie), sur leur terre, tout comme pour l'émancipation générale des peuples de Syrie et de Turquie.

Le Parti HDP, dans l’État Turc, mène une lutte exemplaire pour le maintien des droits démocratiques dans un État qui sombre dans le fascisme.

Que veulent ces forces ?

Les forces combattantes du Kurdistan Turc et Syrien veulent l'indépendance. Elles veulent la constitution non pas d'un état bourgeois de plus, mais bien d'un État libre de démocratie populaire. Elles combattent, dans un front uni avec leurs alliés, contre l'impérialisme, le capitalisme, l'obscurantisme, le sexisme et la destruction de l'environnement.

Les forces Kurdes mènent la lutte depuis 1978 dans l’État Turc, date à laquelle a été fondé le Parti des Travailleurs du Kurdistan, sous l'impulsion de Abdullah Öcalan. Depuis le commencement de la guérilla, les forces Kurdes n'ont jamais renoncé à obtenir un état indépendant.

La coalition des Forces Démocratiques Syriennes est un front dans lequel luttent les Kurdes, contre le régime dictatorial et clientéliste de Bachar Al-Assad, laquais des Russes, et contre les pions de Erdogan et des réactionnaires, la clique de l'Armée Libre Syrienne. Ces forces combattent également les réactionnaires fascistes de Daesh. Pourtant cette alliance n'est pas toujours fiable et connaît des fractures. De nombreuses forces combattent aux côtés des Kurdes contre Daesh, l'ASL ou le régime, mais il est arrivé que les alliés de la veille se retournent contre les combattants kurdes dès que l'ennemi commun prend la fuite. Très peu de forces syriennes acceptent l'idée d'un Rojava indépendant. C'est pour cela que nous devons soutenir nos camarades au front. L'anti-impérialisme et l'internationalisme sont les meilleurs alliés des Kurdes.

Début 2016, les forces combattantes révolutionnaires Turques et Kurdes se sont unifiées autour d'un front commun nommé “Halkların Birleşik Devrim Hareketi” (Mouvement Révolutionnaire Unis des Peuples) rassemblant une dizaine d'organisations révolutionnaires Kurdes et Turques.
Voici quelles sont ces organisations:

  • Devrimci Karargâh (QG Révolutionnaire)

  • DKP (Parti de communards révolutionnaires)

  • MKP (Parti communiste maoiste)

  • MLKP (Parti communiste marxiste léniniste) pour combattre le fascisme turc au Kurdistan.)

  • THKP-C/MLSPB ( Parti/Front communiste de Turquie/marxiste-léniniste, brigades armées de propagande)

  • PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan)

  • TİKB (L’union des communistes Révolutionnaires de Turquie)

  • TKEP-L (Parti communiste de Travail, léniniste)

D'autres combattent également de manière indépendante ou côte-à-côte avec les forces progressistes Kurdes et Turques. Nous mentionnons leurs noms en annexe
.
Leur communiqué résume leurs objectifs:

  • "Notre mouvement a pour objectif d’obtenir un avenir libre, démocratique pour nos peuples, contre l’impérialisme, le capitalisme, le chauvinisme, le fascisme et le racisme. Il considère incontournable la destruction de l’AKP fasciste, avec tous ses soutiens sociaux et par la force révolutionnaire du peuple.

  • Le gouvernement AKP, est en train de détruire la nature, en même temps que la société. Il intensifie l’exploitation de la classe ouvrière et de tous les travailleur/ses, et impose les conditions d’esclavage. Sur toutes les masses de population, il est répressif et meurtrier.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, adopte le principe de réunir et d’organiser toutes ces forces sous les attaques de l’Etat bourgeois de la République Turque et du gouvernement AKP, et de les mobiliser pour la lutte.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, lutte pour l’écologie, pour la libération de la femme, pour la classe ouvrière, les droits et les libertés des travailleurs, ainsi que pour installer le pouvoir du peuple pour la Turquie, et l’autonomie au Kurdistan afin de permettre un avenir libre pour nos peuples.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, appelle toutes les masses populaires meurtries par le fascisme et l’intégrisme, en commençant par les femmes, les jeunes, les ouvriers et les travailleurs, à s’organiser, s’unir et lutter pour la liberté, la démocratie et la fraternité des peuples."

Certes la guerre force à des compromis. Le mouvement de libération kurde a dû en faire et en fera certainement d'autres. Mais ces compromis n'ont jamais détourné ces forces combattantes de leur but ; contrairement à une ALS qui est directement une marionnette entre les mains de ses maîtres. Ériger ces compromis en obstacles insurmontables est le paravent de la lâcheté et du sectarisme. Pendant que, bien au chaud, des militants s'échinent à trouver des groupes qui soient l'incarnation de la perfection, mais dont l'impact réel est nul, ceux qui combattent réellement meurent au front sans soutien. Dans notre calme État impérialiste, s'offusquer qu'il soit possible de chercher des alliés tactiques lorsque les bombes pleuvent est un luxe que ne peuvent connaître ceux qui subissent la guerre.

Il est possible, et il est d'ailleurs sain d'être critique. Mais il est nécessaire de savoir choisir également son camp.

Il est impossible de jouer sur deux tableaux.

L'occident, et au premier rang la France, condamne le régime de Bachar Al-Assad pour des motifs hypocrites, camouflant une opposition géopolitique avec la Russie. Lorsque la famille Assad était une bonne cliente de la France, celle-ci ne tarissait pas d'éloge au sujet du régime.
Certains groupes militants pensent qu'il faut appliquer alors, mécaniquement, le fait que l'ennemi de notre ennemi est notre allié. Ils soutiennent alors Bachar Al-Assad comme un rempart contre l’obscurantisme, comme un chef de file de l'anti-impérialisme. En somme, ils nient que Bachar Al-Assad est un simple agent de la Russie au Moyen-Orient, une marionnette des ambitions Irano-Russes dans l'orient de la Méditerranée.

Ces organisations peignent en rouge le régime, et peignent en rouge Poutine, ce qui est faux. Elles mettent en avant -tout aussi hypocritement- le fait que le régime serait l'allié des Kurdes, et qu'il est possible de concilier les deux. C'est escamoter le fait que, si des trêves existent lorsque Daech et l'ALS sont présentes, le régime n'a de cesse de tenter d'exterminer les Kurdes dès qu'ils sont seuls à seuls.

Soutenir le régime de Bachar Al-Assad, c'est célébrer l'impérialisme Russe, c'est célébrer faussement les BRICS [Les états émergents, Brazil, Russia, India, China, South Africa] comme étant la révolution mondiale, c'est se mettre à la solde d'une réaction contre une autre. Pire encore, certains souhaitent l'union de la France et de la Russie dans cette affaire, niant par là même le caractère criminel de l'impérialisme français, et souhaitant simplement qu'ils s'alignent sur un autre camp.

Qu'est ce que l'Armée Syrienne Libre et que veut cette coalition ?

L'Armée Syrienne Libre n'est pas unie idéologiquement, elle est une ligue de diverses organisations allant de démocrates sincères jusqu'à des obscurantistes virulents.

Ces forces sont principalement divisées en deux groupes, ou chambres d'opérations qui sont des alliances temporaires et non-exclusives autour d'objectifs ponctuels ou autour du soutien d'une puissance étrangère. La première Fatah Halab -conquête d'Alep- rassemble les agents d'Erdogan et des occidentaux. Elle est la force qui a été utilisée par la Turquie pour faire barrage à l'unification des zones contrôlées par les Kurdes au Rojava. Elle rassemble grossièrement 50% des forces armées de la nébuleuse de l'Armée Libre Syrienne. Ce sont les fameux "modérés" soutenus par l'occident. Issus des frères musulmans et des organisations réactionnaires locales, ils ne sont considérés comme modérés uniquement parce qu'ils ne menacent pas les intérêts occidentaux.

Jaish Al Fatah, -l'armée de la conquête- est construite autour des différentes cellules d'Al-Qaïda ayant survécus à la concurrence de Daesh. Cette chambre d'opération se démarque de la première par le fait qu'elle considère celle-ci comme "trop modérée." Egalement, Jaish Al Fatah est principalement le pion de l'Arabie Saoudite et du Qatar, avant d'être celui d'Erdogan.
Hors de ces chambres d'opération, des poussières qui s'agglutinent parfois dans des configurations différentes, mais toujours à la remorque, dans l'ombre, des deux chambres d'opération principales. C'est dans cette poussière que certaines organisations de l'Etat Français pensent trouver des joyaux d'une pureté révolutionnaire parfaite.

Le fait est qu'il existe des lignes progressistes au sein de l'Armée Syrienne Libre, c'est indéniable. Mais elles ont fait le choix de se mettre à la remorque des agents les plus réactionnaires de la coalition. Elles ont jeté par dessus bord leur indépendance politique pour se mettre eu ligne aux cotés d'Al-Qaïda et des obscurantistes. Elles ont abandonné toute stratégie en devenant des mercenaires de la Turquie, des USA et de la France. Ces forces, pendant la bataille d'Alep, n'ont servi qu'à assouvir les ambitions expansionnistes de la Turquie, et à être une des branches de la tenaille pour écraser les forces combattantes Kurdes, au lieu de combattre le régime de Bachar Al-Assad. Cette clique est plus une armée de mercenaires au service d'un maître qu'une force politique cohérente.

Plusieurs organisations politiques au sein de l’État français, mais également en occident en général, trouvent conciliable de marcher et de défiler à l'appel du "maire d'Alep-est" et de soutenir la cause du peuple Kurde. Nous affirmons que cela n'est pas possible. Il n'est pas possible de soutenir ceux qui s'allient avec la France et la Turquie, qui en sont les mercenaires, sans devenir soi-même un renégat.

Nous affirmons qu'il est impossible de pouvoir jouer sur les deux tableaux et de pouvoir défiler sous le pavillon d'une clique de bandits au service des intérêts de la Turquie. Qu'il est impossible de pouvoir saluer la lutte des YPG – YPJ – TIKKO et de marcher avec leurs bourreaux. Qu'il est impossible de prétendre combattre l'impérialisme et ses ramifications tout en soutenant ses agents.

Quelques soient les raisons invoquées, quelque soit la faction obscure soutenue par les groupes soi-disant révolutionnaires, soutenir toute branche de l'ASL, marcher avec Free Syria, c'est marcher avec l'AKP et ses sbires. C'est marcher avec les bourreaux du peuple kurde.

C'est également marcher main dans la main avec les laquais des impérialistes occidentaux dans la région. C'est marcher avec l'impérialisme français et embrasser son drapeau. Il n'est pas possible de tenir ce discours et d'ensuite "compenser" en agitant le drapeau du Kurdistan libre, le salissant par la même occasion.

Cela n'est pas conciliable.

Que le régime de Bachar Al-Assad soit un régime d'oppression à la solde des intérêts de la Russie est une vérité. Il est juste de le pointer du doigt et cela doit être fait, il n'est pas conciliable de se dire révolutionnaire tout en le saluant. Mais il est aisé de dénoncer les ennemis de son propre impérialisme.

Ceux qui, dans l’État français, se réjouissent des victoires de l'ASL, pleurent ses défaites, chantent leurs louanges ne sont pas seulement en contradiction avec le fait de soutenir les kurdes et les Forces Démocratiques Syriennes, ils se déclarent même ennemis de leur cause de libération nationale et de libération de la Syrie de la présence des impérialistes.

Une ligne de démarcation se trace, elle doit être franchie, que cela soit d'un coté ou de l'autre, par toutes les organisations ayant une position sur la question de la guerre en Syrie.

Certains prônent l'éclectisme et soutiennent tout ce qui lutte contre le régime de Bachar Al-Assad. Il n'est pas possible de l'être dans une lutte à mort.

Certains prennent ceci par dessus la jambe, le traitent avec légèreté. Ils se démasquent comme étant des opportunistes qui ne voient le fait de soutenir les kurdes que comme étant "de bon ton". Nous devons dénoncer cet opportunisme.

Lorsque, rien qu'à Lyon, la mairie Front de Gauche du premier arrondissement de Lyon accepte de relayer l'appel réactionnaire du maire d'Alep-Est, nous devons les dénoncer et dénoncer leur attitude de renégat.

Lorsque Europe Ecologie / Les Verts signe également cet appel, nous devons dénoncer l'attitude de laquais de l'impérialisme de cette organisation.

Lorsque "Ensemble" signe ceci aux côtés des agents fascistes d'AKP, c'est qu'ils prennent position en faveur de la répression du peuple Kurde.

Ceux qui parlent de "soutien critique" lorsqu'ils se rassemblent sous le drapeau de l'ASL de la France et de la Turquie se démasquent donc comme des soutiens de fait à ces forces.

Nous appelons toutes les organisations progressistes et révolutionnaires de l’État Français ou francophones à relayer cet appel, à prendre position sur le fond de celui-ci et à démasquer les mercenaires de l'impérialisme.

Nous devons dénoncer les appels hypocrites de la France et des organisations qui sont ses valets. Sous couvert d'humanitaire, ces cris servent à implanter les avant-postes de son impérialisme.

Nous appelons ces organisations et ces médias à rejeter les positions et la propagande des agents de l'impérialisme, au premier chef duquel l'impérialisme français, notre ennemi premier. Nous souhaitons la défaite de notre propre impérialisme, que ses griffes soient arrachées et ses armes brisées !


Nous appelons à la constitutions d'initiatives, militantes, politiques, financières pour soutenir depuis l'Etat Français la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour sa libération du Kurdistan et de la Syrie.

Vive la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour la liberté ! A bas le régime fasciste d'Erdogan et les laquais des impérialistes !


Vivent les volontaires internationaux qui combattent aux côtés des Kurdes

Premiers signataires : Maison de la Mésopotamie ; Unité Communiste - Lyon; OCML Voie Prolétarienne ; Organisation Communiste - Futur Rouge ; Jeunes Communistes Lyon.

Participer ou signer ? Solidarite.Kurdistan@gmail.com


Annexe:
Les forces des Kurdes et leurs alliés:


 

HPG : Force de Défense du Peuple.
YJA-Star : Unités des Femmes Libres.
PAJK : Parti des Femmes Libres du Kurdistan.
YPS : Unités de Protection Civile.
YDG-H : Mouvement de la Jeunesse Révolutionnaire Patriotique.
HDP : Parti Démocratique des Peuples.
DBP : Parti Démocratique des Régions.
HDK : Congrès Démocratique des Peuples.
PKK: Parti des Travailleurs du Kurdistan.
YPG: Unités de Défense du Peuple.
YPJ: Unités de Défense Féminines.
PYD: Parti de l'Union Démocratique Kurde (en Syrie).

Organisations turques combattant aux côtés des forces combattantes Kurdes.

MLKP : Parti Communiste Marxiste-léniniste.
DHKP-C : Parti-Front Révolutionnaire pour la Libération du Peuple.
TKP-ML : Parti Communiste Turc - Marxiste-léniniste. Sa branche armée est le Tikko.
MKP : Parti Communiste Maoïste.
MLSPB : Union Marxiste-léniniste pour la Propagande Armée.
DAF : Action Révolutionnaire Anarchiste.

Organisations de volontaires étrangers:
Bataillon International de la Libération au Rojava.

A.I.T. Antifascist Internationalist Tabur

Lettre ouverte à propos de la situation en Syrie

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Syrie, #kurdistan, #Kobane, #Impérialisme, #Turquie, #International

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Publié le 28 Novembre 2016

Déclaration de l'OC-FR au 38ème anniversaire du PKK
 
Nous étions invité à assister et à nous exprimer à l'anniversaire du PKK, principale organisation politique kurde en Turquie, qui mène une lutte armée de résistance face au régime réactionnaire d'Erdogan. 
La lutte de libération nationale au Kurdistan est une lutte juste que nous saluons dans toutes ses régions, quel que soit l'État qui domine. Nous saluons la résistance héroïque et le courage des combattant-e-s kurdes qui font face à tant d'ennemis.
Une répression intense est actuellement menée par le régime turc, en Turquie, mais aussi en Syrie et en Irak, où l'armée d'Erdogan intervient militairement. La Turquie occupe le Kurdistan-Nord et menace le Rojava. Erdogan menace l'existence même du peuple kurde, sauf ceux qui acceptent de collaborer docilement comme les forces de Barzani en Irak. L'État français l'assiste dans sa tâche génocidaire. Il est donc urgent d'exprimer et d'apporter tout notre soutien inconditionnel aux forces progressistes kurdes. 
 
Un de nos camarades nous a donc représenté, et a lu cette déclaration :
 

"Cher-e-s camarades

Je voulais d’abord transmettre mon salut chaleureux et celui de mon groupe politique, l’organisation communiste Futur Rouge, au peuple kurde et à son Parti.

La lutte au Kurdistan est aujourd’hui une des luttes émancipatrices les plus avancées dans le monde. Si nous pensons que nous devons lui apporter notre solidarité, c’est parce que nous avons des ennemis commun : l’impérialisme, le capitalisme et le patriarcat.

Il y a 100 ans les impérialismes français et britanniques se partageaient le territoire de l’ancien empire ottoman par les accords Sykes-Picot, dans le mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cent ans plus tard, c’est ce système qui est en train de s’effondrer dans le chaos. La région est un foyer de contradictions impérialistes entre les USA, la France, la Turquie, Israël, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Russie et l’Iran. Ces contradictions peuvent déboucher sur une nouvelle guerre mondiale.

Nous qui militons en France, nous avons une responsabilité particulière par rapport aux crimes de notre Etat, l’Etat français, membre de l’OTAN, allié privilégié du régime fasciste turc, d’Israël, du Qatar et de l’Arabie Saoudite. Nous ne pensons pas pour autant que la Russie et l’Iran soient des alliés des peuples du Monde contre l’impérialisme occidental. La Russie et l’Iran sont un bloc impérialiste concurrent de l’impérialisme occidental, mais lui aussi couvert de sang et oppresseur des peuples.

La véritable force qui peut vaincre l’impérialisme, c’est la solidarité internationale des peuples du monde.

Depuis 1978, le peuple kurde mène une lutte exemplaire, d’abord contre le régime fasciste turc, sous la direction du Parti des Travailleurs et de son président, Serok Öcalan, en lien avec les forces internationalistes, progressistes et démocrates au sein du peuple turc et des autres peuples d’Anatolie.

Aujourd’hui, la lutte se développe dans les quatre parties du Kurdistan contre les régimes dictatoriaux, les chefs féodaux et l’oppression patriarcale. Cette lutte démocratique fait à nos yeux objectivement partie de la révolution socialiste mondiale.

Après l’héroïque victoire de Kobané, début 2015, un pacte de solidarité à été signé entre les représentant de la lutte kurde en Europe et vingt-six organisations communistes d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Afrique réunies au sein de l’ICOR, la Coordination Internationale d’Organisations Révolutionnaires.

Une des matérialisation de ce pacte de solidarité a été la construction entre juin et novembre 2015 d’un centre de santé pour le croissant rouge kurde par 177 brigadistes venus de 11 pays différents.

Nous avons passé la frontière turco-syrienne sous la protection des camarades kurdes et œuvré selon les principes de la Révolution au Rojava, avec des méthodes de construction traditionnelle.

Nous continuons à collecter de l’argent pour l’acquisition de matériel médical et la reconstruction écologique de la vile.

Le centre de santé à ouvert en juillet 2006 avec un service d’accouchement et de soin aux femmes parturientes, ce qui est un symbole d’avenir, de reconstruction et de vie.

Car nous savons que la vie triomphera sur les forces du fascisme et de la mort, même si la situation est difficile.

Après son échec électoral de juin 2015, le parti AKP d’Erdogan a relancé la sale guerre contre le peuple kurde, mais aussi contre tous les progressistes et tous les peuples minoritaires d’Anatolie. Beaucoup de villes de Bakur sont aujourd’hui aussi détruites que Kobané.

Par ailleurs l’Etat turc cherche à détruire l’environnement et le cadre de vie traditionnel du peuple kurde avec un programme de centrales nucléaires et hydrauliques comme à Hasankeyf . Des grandes compagnies capitalistes françaises comme Areva prêtent la main à ce véritable écocide.

L’armée kurde et ses mercenaires ont lancé une campagne d’extermination fasciste contre la révolution au Rojava. Cette campagne a été préparée de longue date.

Les Forces Démocratiques Syriennes, constituées des YPG et des YPJ kurdes, mais aussi de combattant-e-s arabes, turkmènes, yézidi-e-s, syriaques…défendent les structures d’autogestion au Rojava et gagnent du terrain contre les fascistes de Daesh.

Les USA mènent un jeu dangereux en essayant d’utiliser les Forces Démocratiques Syriennes pour leurs intérêts tout en soutenant le régime fasciste turc.

L’impérialisme russe cherche lui aussi à utiliser les Forces Démocratiques de Syrie tout en soutenant le régime nationaliste arabe syrien qui a toujours nié le droit des Kurdes et des autres peuples minoritaires de Syrie.

En Europe une campagne médiatique se développe pour opposer les « gentils » Kurdes de Syrie et les Kurdes de Turquie, toujours considéré-e-s comme des « terroristes ». Pourtant c’est une seule et même révolution des deux côtés de la frontière.

Face à cette situation complexe et dramatique, les organisations révolutionnaires réunies dans l’ICOR ont décidé avec les représentant-e-s du mouvement de libération kurde de renforcer le pacte de solidarité. Ce nouveau pacte de solidarité a été signé le premier novembre.

Nous continuerons à porter nos mots d’ordres :

Abrogation de l’interdiction du PKK !

Libération de Serok Öcalan et de tou-te-s les prisonnier-e-s politiques progressistes en Turquie !

Retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne !

Non au blocus de l’Etat turc contre le Rojava !

Ouverture d’un corridor humanitaire avec le Rojava, pour les populations civiles et les réfugié-e-s !

Des armes pour les YPG et les autres forces de la guérilla kurde, en particulier le PKK.

Ne touchez pas au Rojava ! Liberté pour le Kurdistan !

Droit à l’autodétermination du peuple kurde !

Vive la lutte du peuple kurde pour la libération nationale et sociale !

Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous !

Vive la solidarité internationale des peuples !"

 
Déclaration au 38ème anniversaire du PKK

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Turquie, #kurdistan, #Kobane, #International, #Impérialisme, #Répression, #France

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Publié le 27 Novembre 2016

Mort de Fidel Castro : un espoir déçu.
Nous saluons la mémoire de celui qui fut l’un des dirigeants de la révolution cubaine


Fidel Castro est décédé le 25 novembre 2016 à la Havane, à l’âge de 90 ans. L’OC-FR souhaite rendre hommage à la mémoire de ce dirigeant cubain.

Nous ne sommes pas castristes, ni guevaristes. Nous n’avons jamais considéré Cuba comme un pays socialiste, ni la révolution cubaine comme une révolution socialiste. Nous ne considérons pas Fidel Castro comme un communiste authentique, de même que nous ne reconnaissons pas le Parti Communiste Cubain comme un parti révolutionnaire, mais comme un parti de la bourgeoisie nationale et révisionniste.

Néanmoins, cela ne nous empêche pas de soutenir les cubain-e-s face aux impérialistes, et de reconnaître le courage de Fidel Castro lorsqu’il a mené une lutte de libération nationale glorieuse aux cotés de Che Guevara et de nombreux-euses autres révolutionnaires authentiques. Le rôle de Fidel Castro était à l’époque majeur, et nous ne l’oublions pas. Il infligea une énorme défaite à l'impérialisme. Fidel Castro a représenté un progrès historique indéniable pour les peuples d'Amérique et d'Afrique dont il a été un allié. Nous ne sommes pas, comme les trotskistes, de ceux et celles qui rejettent en bloc l’héritage de Cuba et qui avec les bourgeois-e-s ne font que diffamer l’histoire de cette île.
Mais nous ne sommes pas comme les révisionnistes, de ceux et celles qui chantent les louanges du PCC sans prendre du recul.

Pour les révolutionnaires du monde entier, Cuba et Fidel Castro ont longtemps représenté un espoir. Après l’URSS, l’Albanie, la Chine, Cuba représentait une espérance socialiste de plus. Avec la guerre du Vietnam, les luttes de libération nationales dans les anciennes colonies, contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud ou contre l’État sioniste en Palestine, Cuba était l’un des fronts de la lutte contre l’impérialisme, où les peuples prenaient les armes pour se libérer et prendre en mains leur destinée. Le mouvement révolutionnaire cubain était partie intégrante du mouvement anti-impérialiste mondial.

Cuba, une île d’espérance et de désillusion


Pour nous, la révolution cubaine, bien que bourgeoise, fut une lutte glorieuse que nous saluons. Nous saluons aussi ses acteurs, dont Fidel Castro qui en a été l’un des combattants majeurs. Nous avons aussi une pensée particulière pour Ernesto Che Guevara, qui a combattu aux côtés des révolutionnaires jusqu’à la mort, et qui fut aussi un maillon essentiel de la révolution cubaine.
Néanmoins, après la prise de pouvoir des révolutionnaires, ce ne fut pas le socialisme qui fut instauré, et ce n’est pas le prolétariat cubain qui gouverna, mais une bourgeoisie nationale menée par Fidel Castro. Cette bourgeoisie nationale, progressiste mais opportuniste, a perdu son rôle révolutionnaire lorsqu’elle a elle-même commencé à dominer le prolétariat cubain. Aujourd’hui encore, et plus que jamais, Cuba est une démocratie bourgeoise, malgré la ferveur populaire.

Cette révolution, qui pouvait inspirer de nombreux autres peuples en lutte, en particulier en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, était insupportable aux yeux des impérialistes. Le Che lui-même tenta d’exporter cette dynamique à travers le monde. Et les impérialistes avaient peur que les peuples reprennent sa maxime :  "créez un, deux, trois Vietnam " !
Alors les USA instaurèrent un blocus économique complet autour de l’île, et tentèrent à de nombreuses reprises de renverser et de déstabiliser le régime cubain ou d’assassiner son dirigeant. Les États-Unis mirent fin unilatéralement à tout les traités entre les deux pays, mettant un terme aux commandes de sucre, principale denrée alors produite par l’économie semi-coloniale de Cuba.
Les cubain-e-s anti-castristes, souvent proches des mafias de Floride, étaient soutenus et financés par la CIA, parfois même armés et entrainés. En 1959, la CIA mis même en place des camps d’entrainement au Guatemala pour y former les cubains anti-castristes. En 1961, Kennedy envoya ces opposants tenter d’envahir Cuba. 1400 participèrent au fiasco de la baie des cochons. Aujourd’hui, les États-Unis continuent à occuper une partie de l’île, là où se situe Guantanamo, l’infâme prison terroriste américaine. 
L’embargo a pour objectif d’appauvrir l’île, d’accroitre la misère, la pénurie, rendant la situation sociale à Cuba très difficile. Face à ces agressions impérialistes continues, nous ne pouvons que les dénoncer et soutenir Cuba.

La bourgeoisie cubaine et les impérialistes à l’oeuvre


Avec Barack Obama, les États Unis ont décidé de renouveler les relations diplomatiques et économiques avec Cuba. Trump devrait poursuivre cette politique. Pas par altruisme, mais bien pour servir les intérêts économiques et stratégiques de l’impérialisme américain. 
L’embargo économique devrait être levé, au fur et à mesure que Cuba apporte des garanties à l’économie américaine, et que ces impérialistes fassent leur retour, qui a déjà débuté, dans l’île.
Cuba représente un marché pour les puissances étrangères, et les américain-e-s ne sont pas les seuls à baver dessus. L’impérialisme français aussi espère en tirer profit. Le président François Hollande s’est largement investi dans les négociations avec Cuba, apportant avec lui son lot de patron-ne-s prêts à investir, et dépecer l’île. L’industrie du tourisme, automobile, textile, culturelle, agroalimentaire, les bourgeoisies étrangères sont nombreuses à se ruer à la Havane pour avoir leur part du gâteau. Et il est évident que la politique actuelle de l’état de Cuba est conciliante avec les impérialistes, rompant définitivement avec l’héritage de la révolution cubaine, pour vendre l’île aux plus offrants. 

Depuis de nombreuses années, le gouvernement cubain opère un retournement radical, anti-social, liquidant les acquis de la révolution, remettant en cause les politiques progressistes en matière d’éducation, de culture, de santé, de logement, le développement économique de l’île, la réforme agraire, mettant en place des politiques de rigueur, mettant fin à l’économie planifiée, conforme aux intérêts d’une part de la bourgeoisie cubaine, une situation inévitable depuis la prise de pouvoir de cette classe sociale après le départ de Batista. 
C’est un bouleversement complet de la société cubaine. Un retour en arrière dramatique pour les classes populaires cubaines. C’est le retour de l’anarchie impérialiste, de la mise en concurrence à tous les niveaux, du chômage de masse et le dépècement organisé de l’île. Il n’y a plus rien à soutenir dans la politique cubaine actuelle.

Fidel Castro est mort, mais nous n’oublierons jamais son combat contre Batista et l’impérialisme.

 

Seule une nouvelle révolution libèrera les classes populaires de Cuba !
Hasta la victoria siempre !
Mort de Fidel Castro : un espoir deçu

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Impérialisme, #International

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Publié le 20 Juillet 2016

Troupes françaises hors de Libye !

Dimanche, un hélicoptère de fabrication russe a été abattu par la Brigade de défense de Benghazi avec un missile sol-air SA-7. Trois militaires du service action de la DGSE sont morts. Hollande a été obligé de reconnaître que la France est présente militairement au sol, comme les américains et anglais, en Libye. 

L'intervention militaire à l'initiative de la France en 2011 a plongé la région entière dans l'instabilité et la violence. Les troupes aux soldes des pays impérialistes ont commis des massacres dans le nord du Mali, les français y sont intervenus. Il y a quelques jours il y a eu quatre morts dans une manifestation au Mali. L'Algérie elle même a essuyé une attaque.

L'état libyen s'est totalement effondré. Les seigneurs de guerre issus de l'armée libyenne, les chefs tribaux, groupes à base religieuse s'entredéchirent. Les impérialistes ont désigné un gouvernement fantoche qui ne contrôle rien du territoire. Le Nord du pays et donc les régions côtières est de fait contrôlé par un autre gouvernement.

Daesh est implanté dans le sud du pays et contrôle certaines routes ce qui permet une jonction avec Boko Haram. C'est par ces routes commerciales du sud que transite le pétrole et d'autres ressources précieuses en provenance du sahara et de l'Afrique Sub-Saharienne. L'enjeu d'une probable intervention militaire, c'est le contrôle de cette partie sud du pays.

Les deux gouvernements viennent de parvenir à un accord et les français et américains semblent être partis pour une opération militaire directe. Après les attentats, la France et les américains avaient fait des déclarations dans ce sens. 

En février Le Monde avait déjà révélé la présence des forces spéciales françaises. Le gouvernement n'avait pas validé ces informations. Dans les faits, ce secret n'en était plus un. De plus des reconnaissances aériennes sont effectuées depuis le porte-avion Charles de Gaulle.

L'OC-FR dénonce cette politique impérialiste. Nous combattrons toujours les guerres impérialistes, et les intérêts des impérialistes français, nombreux en Afrique du Nord.

Les impérialistes distribuent des armes à tout va, dans un contexte où les alliances se font et se défont, leurs armes se retournant contre eux mais surtout entre différents groupes. Les impérialistes ne savent que mettre de l'huile sur le feu. Ils sont incapabes d'apporter la moindre perspective de paix. Dans un tel contexte, l'avenir de la région est bien sombre, les armes vont continuer à circuler et les milices à se disputer les villes libyennes, les puits de pétrole, ports, routes libyennes.

 

Elles vont continuer à racketter et torturer les migrant-e-s dont des milliers se noient dans la méditérrannée, devenue un charnier tandis que ceux qui parviennent à traverser sont chassé-e-s des pays et laissé-e-s pour compte par les européeens. Nous sommes notamment inquiet-e-s pour les migrant-e-s cherchant à passer la frontière franco-italienne entre Vintimille et Menton près de Nissa qui risquent de pâtir du massacre du 14 Juillet.

 

Notre pays est très agressif militairement.

Nos impérialistes sont sans vergogne. Ils pleurent les vitres de l'hopital Necker et bombardent quelques jours après un hopital en Syrie. Ils commettent des actes pédophiles sur des enfants en Centrafrique pour montrer leur toute puissance sur les africain-e-s. Ils achètent du sable à Daesh et soutiennent Erdogan. Ils ont déstabilisé la Libye, mis des armes dans les mains de groupes génocidaires comme Boko Haram, les civil-e-s malien-ne-s ont subi de nombreuses exactions.

 

 

Nous subissons une intense propagande. Les impérialistes français nous cachent énormément. Ils détiennent les médias. Une instruction judiciaire avait été ouverte contre Le Monde lorsqu'ils ont dévoilé les manoeuvres françaises en Libye pour "compromission du secret de la défense nationales". Des directives européennes pour protéger le secret des affaires ont été adoptées. Aujourd'hui Hollande est bien obligé de reconnaître l'activité militaire de la France en Libye mais nous ignorons combien de troupes y sont déployées et la nature des opérations.

La France est en guerre et nous ne pouvons pas compter sur notre démocratie pour l'empêcher. Le parlement est acquis à l'impérialisme français, ne sert qu'à ratifier ce que les intérêts des groupes capitalistes français exigent. Et ils ont appétit de profit, dans un monde où ils sont concurrencés durement, et pour cela ils déclenchent des guerres poussant des millions de personnes à la fuite sous la menace des groupes génocidaires violents qu'ils ont armés.

Ils dissimulent leur barbarie et les raisons qui les poussent à commettre de telles atrocités. Ils nous parlent de religion pour nous cacher que les raisons des violences qui parfois nous éclaboussent sont à chercher du côté de leurs intérêts économiques. Ils désignent des populations issues des pays qu'ils dominent comme des ennemi-e-s de l'intérieur et les répriment violemment et multiplient les perquisitions. Ils  cherchent à nous faire croire que nous sommes dans le même bateau, alors qu'ils mènent le monde au conflit généralisé. Ils nous gazent, nous frappent, nous tirent dessus à coups de flash ball et interdisent nos manifestations organisées contre leurs offensives contre les droits des travailleurs et travailleuses. La seule sécurité qui leur importe c'est celle de leurs profits, puisque ils n'hésitent pas à nous mentir pour mener des guerres secrètes.

 

Il ne faut pas chercher l'ennemi bien loin, l'ennemi il est à la tête de notre pays. Ne laissons pas les impérialistes français plonger le monde dans toujours plus de chaos et de barbarie.

L'OC-FR reste vigilante face aux interventions de l'impérialisme français et ses opérations extérieures. Nous soutiendrons les initiatives anti-impérialistes qui exigent le retrait des troupes françaises.

 

A bas l'impérialisme français, troupes françaises hors d'Afrique !

 

 

 

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #Lybie, #International, #Impérialisme, #islamophobie, #France

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Publié le 13 Juin 2016

Non à l’Eurosatory ! À bas l’impérialisme !
 
L’Eurosatory 2016, le salon international de l’armement organisé par l’état français, se tient à Paris du 13 au 17 Juin 2016. 
Tous les grands marchands d’armes y seront pour vanter la performance de leurs bombes, missiles, drônes, satellites d’observation, etc. Le gratin militaire, politique, diplomatique et le fleuron de l’industrie militaire seront présents, avec la venue de nombreuses délégations officielles à travers le monde.
L’OC-FR appelle à rejoindre les initiatives progressistes et anti-impérialistes qui s’opposent à la tenue de ce salon. 
 
Ce « rendez-vous d’affaires », très lucratif pour l’état français à la conquête de toujours plus de contrats, est une vitrine du complexe militaro-industriel. Selon le site du ministère des affaires étrangères (qui assure le soutien de l’état français aux projets d’exportation), c’est carrément « un vecteur de rayonnement international de l’offre française ». 
 
Des clients de tout les continents viendront. Israël par exemple, a annoncé sur le site de commerce France-Israël, que « Les meilleurs Officiers et Généraux de Tsahal vont assister au Salon Eurosatory 2016 qui ouvrira ses portes en Juin. » Ils viendront afin que la France puisse leur fournir le matériel nécessaire pour faire la guerre au peuple palestinien. 
 
Pour l’impérialisme français, ce salon est l’occasion de mettre en avant son industrie de l’armement, et de soutenir ses marchands d’armes. 
La France est en effet le deuxième exportateur mondial d’armes. Elle exporte plus qu’elle n’achète (la défense est pourtant le troisième budget de l’état et représente entre 10 et 15 milliards d’euros par an). Elle enregistre même en 2015 un record de ventes atteignant 16,9 milliards d’euros, cela malgré l’annulation par François Hollande de la vente à la Russie de deux navires Mistral (à hauteur de 2 milliard d’euros), en représailles au conflit Ukrainien. 
 
La France fait partie des 6 états à l’origine de 90% des exportations d’armes dans le monde. François Hollande peut se vanter d’avoir été le plus grand marchand d’armes de l’histoire du pays, qui sur ce marché se porte bien, il excelle dans la signature de contrats militaires. 
Le secteur est en croissance. La France compte 5 000 entreprises et 400 000 salariés dans le domaine de la défense, qui a un poids économique énorme. Cela représenterait 4% de l’emploi industriel. Les filières aéronautiques et navales en particulier sont stratégiques pour l’impérialisme français. Des multinationales comme Thalès (détenu à 27% par l’état français) ou Dassault Aviation sont considérées comme des leaders mondiaux dans le secteur. 
Industries civile et militaire sont étroitement imbriquées, les applications civiles suivant celles militaires.
L'industrie militaire est une industrie de haute technologie, à forte valeur ajoutée. L'économie des pays impérialistes tend à ne conserver que ce type de production pour externaliser la production des matières premières et la production lourde. C'est une économie parasitaire.
 
De nombreux pays sont clients de la France. L’Égypte (24 rafales pour 5,37 milliards d’euros), le Qatar (84 avions de combat au prix de 6,8 milliards), et l’Inde (qui négocie 36 rafales) par exemple, s’approvisionnent en France. 
Ces mêmes pays mènent des répressions terribles et armées contre leurs peuples, et la guerre hors de leurs frontières. L’Égypte par exemple est actuellement en guerre aux côtés de l’Arabie Saoudite au Yemen et utilise son armement français dans ce conflit. 
Ces armes sont aussi utilisées contre le mouvement communiste, en Inde notamment le gouvernement mène une guerre ouverte contre les maoïstes. Depuis l’opération Green Hunt lancé en novembre 2009, l’armée indienne et ses forces paramilitaires mènent une campagne militaire et des opérations armées dans cinq des états indiens, et organise la répression dans l’ensemble du pays. 

On retrouve d’ailleurs les armes françaises dans à peu près tous les conflits du globe, entre les mains de tous les acteurs, quels qu’ils soient. Ces armes sont utilisées par des milices armées, paramilitaires, djihadistes, fascistes, narcotrafiquants, en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie, etc.

On les retrouve en particulier sur le continent Africain, où l’armée française intervient militairement. L’Afrique est finalement le plus grand salon d’armement de la France, et la meilleure vitrine de son arsenal militaire.

 

Les opérations extérieures de la France sont la vitrine du marché d’arme français. Pour Hollande, la guerre c’est d’abord un succès commercial.

 

 

 

L’OC-FR considère que nous devons combattre ces projets bellicistes et marchands. Ce projet c’est le capitalisme, c’est l’impérialisme. 

 

À contrario, nous nous plaçons du côté des peuples en lutte. Nous sommes du côté du peuple palestinien, que Tsahal agresse sans cesse avec le soutien de la France. Nous sommes du côté du peuple kurde, que Al Nosra, la Turquie, l'ASL, etc, attaquent avec des armes françaises. Nous sommes du côté des peuples d'Afrique, occupés, pillés, massacrés par les armées françaises.
Pour l'OC-FR il est impératif de construire un mouvement anti-guerre. La mobilisation contre le salon de l’armement s’inscrit donc pour nous dans ce processus. Nous devons dénoncer chaque arme vendue par la France, chaque contrat signé, chaque euro dépensé pour la guerre. 
 
Nous soutenons les mobilisations et les différentes actions prévues pour cet évenement.
 
À bas l'impérialisme !
Non à l'eurosatory ! A bas l'imperialisme

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #International, #France

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