Publié le 30 Novembre 2015

 

La France a été frappée par un acte de guerre de Daech. Les tensions internationales s'expriment vivement autour de la question syrienne. Nous observons d'un oeil positif les initiatives prises actuellement par différentes organisations pour dénoncer l'impérialisme, contre l'intervention militaire française en Syrie et contre la guerre.

 

Aujourd'hui, nous devons lutter contre un certain nombre d'idées fausses qui pénètrent les mobilisations populaires. C'est sur des bases justes et claires que nous devons lutter ensemble.

Historiquement, il existe une quasi unanimité en France pour dénoncer le régime de Bachar Al Assad et soutenir la "révolution syrienne". Nombreuses sont les organisations à avoir déjà réclamé une intervention de la France, mot d'ordre porté par une minorité de la bourgeoisie syrienne cooptée par l'Etat français pour accéder au pouvoir une fois le but de la chute du régime atteint.

Il est urgent de mobiliser contre l'impérialisme français. Nous considérons cet impérialisme comme notre ennemi principal.

 

La guerre civile syrienne

 

Nous n'avons jamais parlé de révolution syrienne. Le faste de la bourgeoisie syrienne et les réformes libérales de Bachar Al Assad ont suscité un mouvement de protestation populaire en 2011. Très vite, les forces progressistes ont été écrasées par le gouvernement.

Le fragile équilibre inter-communautaire a volé en éclat après des mobilisations à base clanique. Divers groupes armés réactionnaires alimentés par les détenus libérés (!) par Bachar Al Assad, assassins de masse, ont mis le pays à feu et à sang. L'armée a répondu en bombardant des villes.

Ce qu'il se passait, c'était une guerre civile.

Au milieu de ce chaos, ll fallait de l'imagination pour voir une révolution. Seul-e-s les militant-e-s kurdes du Parti de la Vie Démocratique (PYD) profitaient de ce que les troupes du régime avaient déserté les trois cantons de Rojava pour y constituer des institutions autonomes regroupant les différentes communautés. Les Forces Démocratique de Syrie qui regroupent les kurdes et leurs alliés des différentes communautés sont confrontées à l'ensemble des milices réactionnaires, allant des débris de l'Armée Syrienne Libre pro-turque à Daesh, qui les haïssent au moins autant qu'elles ne haïssent le régime.

Aujourd'hui, divers groupes tels que Jahbat-al-Nosra, fidèle (ralliée) à Al-Qaida, soutenus par divers pays, s'opposent entre eux, à l'armée du régime (armée arabe syrienne), et à Daech.

 

Nous regardons avec effroi la situation d'aujourd'hui. Nous souffrons avec les civil-e-s syrien-ne-s. C'est près de la moitié de la population qui a dû fuir son pays pour se réfugier à l'étranger et a tout perdu. Avec celles et ceux qui vivent avec la peur des snipers sur place. Avec les minorités qui doivent faire face à des forces qui veulent les exterminer.

Pas de place pour la lutte des classes quand les clans prennent les armes. Pas de place pour la révolution quand l'ordre du jour est l'extermination de telle ou telle minorité religieuse.

 

 

Nous sommes solidaires des progressistes syrien-ne-s qui ont soutenu les réfugié-e-s et les combattant-e-s de Palestine (à qui le régime fait quelques très mauvais coups tordus). Depuis le milieu du vingtième siècle, d'importantes fractions des masses syriennes, issues de diverses classes sociales opprimées par l'impérialisme, se sont mobilisées pour l'unité arabe et ont cherché les voies politiques qui permettaient de résoudre les contradictions inter-communautaires et claniques dans leur société. Le parti Baath syrien, au pouvoir depuis 1968 et qui a pu dans un premier temps susciter des espoirs de transformations sociales, a échoué à apporter les solutions permettant de dépasser ces divisions féodales. Incapables de confiance dans les masses populaires, réprimant toutes les luttes qu'ils/elles ne contrôlaient pas, les dirigeant-e-s baathistes en sont venu-e-s à s'appuyer sur un clanisme et un clientèlisme qu'ils/elles prétendaient combattre, pour se maintenir au pouvoir. Ce sont les limites historiques de la bourgeoisie nationale syrienne.

 

Les kurdes et tous les autres peuples du Rojava ont rejeté son autorité avec raison pour construire un embryon d'Etat plus démocratique, plus proche des droits des femmes et des intérêts des travailleurs/euses.

La question n'est pas de savoir si Bachar Al Assad est un dictateur à l'heure actuelle. Malgré les horreurs qu’ils ont commises et leurs méthodes criminelles, le président Haïtien Martelly, le Turc Erdogan, le président Ivoirien Ouattara ou Sassou-Nguesso au Congo-Brazzaville n’ont jamais été qualifiés de dictateurs par la France.

 

Nous ne prétendons pas décider à la place des peuples de Syrie de ce que doit être le sort de Bachar Al Assad. Ce que nous ne voulons pas, et ce que nous cherchons absolument à éviter est l'internationalisation de la guerre. Nous considérons que c'est aux forces progressistes et révolutionnaires sur place de choisir ce qu'il doit advenir du régime syrien actuel. Notre rôle est de les soutenir dans leurs choix.

En attendant, il y a une résistance progressiste et démocratique visible et active aujourd'hui en Syrie. Nos espoirs se placent vers le peuple Kurde et ses allié-e-s des différentes communautés qui se battent contre Daech et qui rendent coup pour coup. Notre priorité en Syrie doit être de les soutenir. C'est ce que nos militant-e-s tentent de faire dans la mesure de nos maigres moyens. De même, nous essayons de soutenir les réfugié-e-s syrien-ne-s.

 

Ce que nous souhaitons, aux syrien-ne-s, plus que tout, c'est la paix.

Malheureusement cette question n'est plus entre les mains seules du peuple syrien depuis longtemps.

 

La paix en Syrie, en Irak, c'est le retrait total de l'armée française et l'arrêt de toutes agressions à l'encontre de la Syrie par la France

 

La France a des intérêts de longues date en Syrie et au Liban. Si le régime est devenu un ennemi, c'est que la France essayait d'étendre son influence dans la région au delà du Liban et de son alliance stratégique avec Israël. Pour cela, elle a mis la question syrienne à l'ordre du jour dès la reprise de ses discussions stratégiques avec les USA, en 2004, à l'occasion du 60ème anniversaire du débarquement.

Elle s'est préparée pas à pas à mettre le pied en Syrie avec l'accord de ses alliés. Elle a coopté une opposition syrienne, puis armé divers groupes armés réactionnaires qu'elle soutient encore aujourd'hui. Elle a demandé de façon insistante une intervention en 2013.

Elle a l'habitude de semer le chaos et de faire éclater les tensions inter-communautaires au Moyen Orient. C'est la France qui est à l'origine de la séparation du Liban sur une base confessionnelle instable qui a mené aux guerres civiles et parfois génocidaires dans ce pays.

C'est notamment la France qui a appuyé l'annulation au début des années 1920 du traîté de Sèvres qui prévoyait la création d'un état Kurde, dont le territoire a été partagé en quatre entre la Turquie kémaliste et les puissances colonialistes occidentales, rendant les kurdes minoritaires partout sur leur propre terre.

La France a soutenu la création d'Israël, partageant le territoire palestinien. Elle a toujours soutenu les pétro-monarchies, les Etats de la "réaction arabe" (Jordanie, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Bahreïn), alignés sur l'impérialisme. La France de François Hollande arme l'Arabie Saoudite et l'Egypte qui mènent la guerre et le chaos au Yemen contre la communauté chiite (Houthis). La France avec d'autres impérialistes a tracé des frontières à sa guise dans la région. Ce sont ces mêmes frontières que les peuples arabes et kurdes veulent désormais abolir.

 

Nous regardons avec effroi ce à quoi notre état a largement contribué.

 

La France n’a pas intérêt à résoudre quoi que ce soit en Syrie. Si elle pensait à l’intérêt de ces peuples, elle exigerait un corridor humanitaire pour que les révolutionnaires du Rojava puissent circuler librement en Turquie (pour que les militant-e-s présent-e-s en Turquie puissent rejoindre les cantons de Rojava), pour que des aides (médicaments, matériel de reconstruction) puissent arriver sur ce territoire qui résiste à Daech. Au lieu de ça, la France déroule le tapis rouge à Erdogan qui fait tout en Turquie pour faciliter les trajets meurtriers de Daech et établir un blocus autour du Rojava. Exigeons de la Turquie qu'elle arrête toute agression contre la Syrie et contre le Rojava et les kurdes.

 

Soyons vigilant-e-s face à la montée des tensions inter-impérialistes

 

Ce qui arrive aujourd'hui, c'est le bout de la stratégie de déstabilisation de la Syrie par la France dans une période où la crise du capitalisme exacerbe les tensions internationales. De l'Ukraine à la Syrie en passant par le Yémen, nombreux sont les lieux où les tensions entre états impérialistes risquent de se transformer en guerres ouvertes.

 

La crise nous mène à des heures de plus en plus sombres. L'économie étouffe, la production ne trouve pas de débouchés, la spéculation qui permet de faire circuler les capitaux (sur le bâtiment puis sur le pétrole puis sur le solaire) ne suffit plus à maintenir l'illusion, la crédibilité des banques est ruinée et celle des états au bord de la banqueroute.

 

Pour remédier à la crise, les USA se sont lancés à la conquête des puits de pétrole irakiens et se sont embourbés jusqu'à abandonner les fantoches corrompus et féodaux qu'ils avaient mis en place pour les laisser se faire balayer par une organisation réactionnaire et génocidaire qui a conquis du terrain et pris toutes les prérogatives d'un Etat : Daech.

L'Etat Islamique expansionniste dispute la Syrie à la France, met en danger l'Iran et les chiites. Il contrôle désormais une large part du marché pétrolier en Syrie, qui constituerait un quart de ses revenus. La Turquie veut se tailler une part du gâteau et est à l'offensive contre les kurdes et Bachar Al Assad. Elle profite de cette manne financière en laissant Daech écouler ses stocks en Turquie. Elle soutient l'Armée Syrienne Libre (ASL) contre la Russie. L'ASL aussi se bat pour le contrôle des puits pétroliers et surtout le contrôle de l'acheminement des productions irakienne et iranienne. Elle aussi veut sa part du gâteau pour elle même, et pour l'Etat turc qui la finance, l'arme et ouvre même des bureaux de recrutement pour renforcer ses troupes. Ce n'est pas la démocratie qui la motive, mais l'appât du gain.

La crise n'a jamais été aussi forte mais ce qui marche bien en ce moment, ce sont les industries de l'armement, l'aéronautique.

Il y a des années que les tensions n'ont pas été aussi vives entre pays impérialistes. Les aviations, les groupes armés locaux et parfois les troupes au sol des divers états impérialistes sont sur place et ne sont pas dans le même camp. Peut-être les tensions internationales vont-elles se résorber. Ou peut-être vont elle dégénérer en conflit mondial. Ce monde est une poudrière, il y a plusieurs zones de friction entre impérialismes (Syrie, Ukraine).

Ne restons pas muet-te-s face à cette situation ! Si nous voulons la paix, nous devons nous battre contre notre propre impérialisme et sa politique guerrière !

 

Et la Russie, la Chine et l'Iran ?

 

Il est de bon ton aujourd'hui d'attaquer politiquement les concurrents de la France et de ses alliés en Syrie. De nombreuses organisations dénoncent en coeur avec l'état français l'ingérence de ces pays. Mais pour nous cette ingérence n'est pas pire que celle de la France.

Pour nous, la  politique de la Russie, de la Chine et de l'Iran n'est que la démonstration des conflits inter-impérialistes. La Russie, la Chine et l'Iran soutiennent Bachar Al Assad, et n'ont pas intérêt à voir sa chute. Ils ont encore moins intérêt à voir les positions françaises ou américaines se renforcer dans la région. Leurs intérêts sont donc contraires avec ceux de la France. Ces contradictions, une fois aiguisées à l'extrême peuvent mener à la guerre, or c'est la guerre que nous voulons éviter! Nous n'avons rien à gagner en tant que peuple dans la guerre entre impérialistes. C'est leur guerre, mais ce sera nos morts !

Alimenter les velléités guerrières de la France contre les autres pays, c'est pousser la France à la guerre, c'est encourager notre bourgeoisie à marcher sur les peuples.

Dans cette configuration, le chaos pourrait mener à de nouveaux génocides, comme ceux dont l'impérialisme français est déjà été complice partout où ça favorisait son business, même au profit de centaines de milliers de morts, hommes, femmes et enfants.

Dans cette configuration de guerre, la France mène une politique de plus en plus antagonique à celle de la Russie et de l'Iran. La France était avec Israël la puissance la plus réticente à un accord avec l'Iran. Les médias français présentent les Russes et les chiites comme les seuls expansionnistes. Ils présentent le Hezbollah chiite libanais comme une force étrangère au conflit syrien, téléguidée depuis l'Iran.  C'est pourtant sur les chiites irakiens que les impérialistes US se sont appuyés pour constituer leurs autorités d'occupation.

 

Avant de nous préoccuper des politiques russes et iraniennes, occupons nous de l'ennemi sur lequel nous avons le plus de prise : notre propre impérialisme.

 

A bas l’impérialisme Français !

 

Nous devons nous rendre compte du rôle joué par notre pays dans l’échiquier politique mondial et combien il concourt depuis des années à l'aggravation des tensions dans la région de façon volontaire.

 

Le gouvernement nous promet que l'armée et ses opérations militaires nous apporteront la sécurité face au risque d'attentats. Nos vies ne valent pas plus que celles des autres prolétaires et des autres peuples du monde. Notre sécurité n'a pas à être une priorité par rapport à celle des civils syrien-ne-s, irakien-ne-s et nos bombes ne leur apportent aucune perspective à part la fuite ou la mort.

 

Notre sécurité n'est d'ailleurs même pas la priorité pour notre gouvernement. Sa priorité est dans les enjeux stratégiques du conflit syrien et les parts du marché du pétrole irakien et iranien que les capitalistes français veulent. Ce n'est pas pour nous défendre que notre pays bombarde la Syrie et l'Irak, mais pour défendre les capitalistes français et leurs intérêts. Nous n'avons aucun intérêt là dedans.

 

Les attentats de Paris ont été commis par un Etat avec lequel notre pays est en conflit. Nos bombes ne sont pas moins condamnables, meurtrières, barbares que les attentats.

 

La différence, c'est que ce sont nos bombes que nous pouvons arrêter par notre mobilisation contre l'impérialisme français.

 

Ne pas nous laisser museler par l'état d'urgence, persister à lutter au travail, contre les expulsions, contre les violences faites aux femmes est nécessaire. Nous n'avons pas à accepter l'unité nationale au nom de laquelle nous serions tenu-e-s d'arrêter nos grèves et nos manifestations. Celles et ceux qui nous exploitent, celles et ceux qui nous licencient, nous expulsent de nos logements, dans lesquels ils et elles nous entassent, deviendraient-ils soudain nos alliés ? Pouvons nous compter sur eux pour nous protéger ? De quoi ?

 

Nous ne pouvons pas ignorer la situation internationale et que des bombes tombent en notre nom sur la Syrie et l'Irak. Nous ne pouvons pas ne pas porter la revendication de l'arrêt des bombardements et de la politique agressive à l'encontre de la Syrie de l'Etat français. Ignorer la question anti-impérialiste à l'heure actuelle, c'est cautionner l'agression militaire de la France.

Notre pays joue les va-t-en guerre depuis des années, multiplie les interventions militaires. Il n'apporte que le chaos et la barbarie autour du monde. Les intérêts de l’Impérialisme Français et de ses grands groupes ne sont pas ceux des travailleuses et travailleuses de France, encore moins ceux de la classe ouvrière mondiale.

 

Sommes nous de son côté, ou du côté des peuples du monde qui souffrent par sa faute ?

Nous avons la responsabilité devant tou-te-s celles et ceux qui risquent d'en mourir, de tout perdre, par la faute de la politique étrangère de la France. Refusons qu'elle continue à agir de la sorte. Refusons les frappes aériennes. Exigeons l'arrêt du financement de groupes armés réactionnaires. Protestons lorsqu'on nous annonce l'envoi d'un porte avion, dans une toute petite mer Méditerranée.

 

De Madagascar à Paris, de Haïti à la Syrie, dans toute l’Afrique, nous soutiendrons toutes les initiatives progressistes qui affrontent l’Impérialisme Français, parce qu’il faudra beaucoup de luttes pour faire tomber l'une des plus agressives des puissances mondiales. Mais c'est une puissance en déclin, et coup après coup, nous participons à l'affaiblir.

 

Notre premier ennemi, cest notre impérialisme !

Non à l'intervention en Syrie !

Arrêt des bombardements, retrait des armées impérialistes !

Soutien à la résistance kurde et ses allié-e-s !

 

 Contre les faux amis de la Classe ouvrière, démasquons les vrais alliés de l'impérialisme

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #Syrie, #irak, #kurdistan, #Turquie, #Répression, #Paris

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Publié le 27 Novembre 2015

COP 21 : liberté de circuler et de manifester !
Nous ne nous soumettrons pas à l'Etat d'urgence !
 
Ils seront bientôt tous réunis. Mosanto, Total, Engie, Veolia, etc, les grands groupes capitalistes polluants et leurs lobbys qui produisent OGM et pesticides, construisent de nouvelles centrales à charbon ou nucléaire, les mêmes qui épuisent nos ressources non-renouvelables, défigurent nos régions, empoisonnent nos eaux, etc. Avec la COP21, ils veulent faire croire qu’ils se préoccupent de l’environnement, alors qu’ils sont les premiers responsables de la situation actuelle. Nous manifesterons pour dénoncer cette escroquerie !
 
Aux côtés de l’ICOR (International Coordination of Revolutionary Parties and Organizations) et des organisations et militant-e-s membres, l’OC-FR a décidé de participer à une campagne contre la COP 21, qui s'annonçait massif avant l'état d'urgence, et qui ne doit pas se démobiliser. 
 
Ils veulent entraver notre mobilisation
 
Du 30 Novembre au 11 Décembre 2015, 80 chefs d’état se rendront à Paris. Pour protéger les capitalistes et impérialistes les plus puissants de la planète et éviter toute contestation massive, la France a décidé de suspendre Schengen à ses frontières (via une clause de sauvegarde de l’article 2.2 de la convention). Pour empêcher des manifestant-e-s anti-COP 21 de rejoindre Paris, un dispositif policier triera donc les entrées. Certains visas seront refusés sur des critères politiques, triés en fonction de l’appartenance à des groupes politiques, associatifs et militants, ou selon le passé militant, et la présence sur un quelconque fichier policier. 
Tous/tes ceux/celles qui ont une fiche S en particulier sont visés. Cette fiche qui regroupe aussi des militant-e-s syndicalistes, écologistes, associatifs, des supporteurs/trices de football, les zadistes, etc, concerne plus de 20 000 personnes selon le journal Le Parisien. Plusieurs parlementaires ont poussé l'outrance après les attentats jusqu'à demander l'interpellation de toutes les personnes fichés S pour les regrouper dans des camps. Eric Ciotti par exemple veut les "incarcérer préventivement".
Plusieurs militant-e-s auraient également reçus des assignations à résidence pour la période de la COP 21. 
 
Après les attentats de 13 novembre à Paris, le président François Hollande a promulgué l'Etat d'urgence dans l'ensemble de son territoire. C'est une première depuis la guerre d'Algérie. Prévu pour trois semaines, il est prolongé pour trois mois à la quasi-unanimité (moins six votes contre, et une abstention) par l'Assemblée Nationale, puis le 20 novembre par le Sénat.
Le gouvernement profite de l'état de sidération dans le pays pour faire passer ses mesures d'exception. Toutes manifestations et rassemblements sont interdites. Pendant qu'ils continuent à mener leur politique capitaliste, impérialiste et liberticide, nous n'avons pas le droit de nous mobiliser. C'est une aubaine pour la France, qui craignait une mobilisation massive lors de la COP 21.
Face aux menaces de l'état français, il n'est pas possible pour nous de nous taire et d'abdiquer.  
 
Ils ont déjà essayé. Dimanche 22 novembre, la police et la gendarmerie ont voulu empêcher la tenue d'une manifestation à Paris, en soutien aux réfugiés. Malgré la répression, la manifestation s'est tenue entre Bastille et République. C'est une victoire et c'est ce type de victoires que nous devons réitérer.
Cependant nous restons vigilants. La police a dénoncé 58 personnes qui auraient manifesté et le parquet a annoncé vouloir les poursuivre. 
 
Nous revendiquons la liberté de circuler et de manifester. Nous veillerons à ce que tous nos camarades puissent nous rejoindre et serons attentifs aux tentatives de blocage aux frontières. Nous manifesterons dans la rue.
Cette COP 21 est une mascarade politique qui ne servira que de vitrine aux gouvernants et autres multinationales.
En outre, alors que les migrant-e-s sont parqué-e-s, pourchassé-e-s par la police, que les mobilisations racistes se multiplient, les mesures prises par la France à l'occasion de la COP21 vont encore permettre de renforcer la répression à leur encontre. Nous revendiquons la liberté de circulation pour chacun-e.
 
 
Le communiqué du gouvernement français justifie la suspension de Schengen en invoquant  des « risques de troubles à l’ordre public, qui pourraient venir entacher cette grande manifestation internationale ». Il est certain que pour le gouvernement, une manifestation d’ampleur accompagnée d’actions contestataires gâcherait la fête. François Hollande compte sur un « effet COP 21 » pour reprendre encore quelques points dans les sondages même si cela a peu de chance d’arriver. Cette grande messe sera l’occasion pour lui de se mettre au centre de la scène, à un an de la prochaine campagne présidentielle.
 
Selon une note interne du renseignement territorial que RTL s’est procurée, la police s’attend à des affrontements. 5 000 policiers seront en charge de la sécurité exclusive du sommet et le niveau d’alerte terroriste sera maximal. La mission sera notamment de protéger les sièges sociaux des grands groupes industriels : Areva, Thalès, etc. C’est bien par crainte du mouvement de contestation. Après l’annonce ubuesque de la reprise de la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes, le mouvement s’annonçait massif.
 
La COP 21 n’est qu’un écran de fumée
 
La COP 21 est un leurre car le système capitaliste ne peut qu’aggraver l’état de la planète. Son mode de fonctionnement anarchique, concurrentiel ne peut qu’aiguiser de nouvelles contradictions antagoniques et provoquer des crises toujours plus graves. Face à la concurrence inter-impérialiste, les grands groupes industriels sont prêts à repousser toutes les limites, jusqu’aux désastres, pour engendrer plus de profits. Actuellement, les tensions internationales sont aiguisées, pour les puits de pétrole et le contrôle des voies d'exportation, les impérialistes font la guerre en Irak et Syrie. Tout ce qui les intéresse, c'est la conquête de marchés et de matières premières, ils sont incapables de se mettre d'accord pour éviter la catastrophe environnementale, ils sont à l'origine de cette catastrophe et nous en paierons les conséquences.
Nous pensons que le système capitaliste est son propre fossoyeur, mais qu’il ne tombera pas seul dans le fossé. C’est à nous de l’y pousser, pour instaurer à la place un système politique et économique égalitaire et sain. Seule une planification socialiste peut résoudre les contradictions crées ou développées par le système capitaliste. En planifiant notre économie, nos industries, nos productions, et en aménageant autrement nos territoires, nous pourrons retrouver un équilibre dans la société, et une nouvelle unité entre l’homme et la nature. 
 
Tous et toutes dans la rue contre la COP 21 !
A bas l'état d'urgence !
Pour une planification socialiste de l’économie et de nos territoires !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Icor, #International, #environnement, #Répression

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Publié le 24 Novembre 2015

A Kobanê un centre de santé a été ouvert grâce à la solidarité internationale
 
Du 13 septembre 2014 au 26 janvier 2015, notre cœur a battu au rythme de la bataille de Kobanê, qui opposait les fascistes de Daesh à la résistance kurde et à ses allié-e-s de toutes les communautés de Syrie. Il ne s'agit pas d'exotisme révolutionnaire: cette bataille exemplaire, menée à 40% par des combattant-e-s nous donnait du courage dans nos résistances minuscules au quotidien contre toutes les oppressions capitalistes, impérialistes et patriarcales.
 
La destruction de la révolution démocratique, écologique et féministe du Rojava serait un recul stratégique qui ferait perdre des dizaines d'années  au mouvement de libération des peuples du monde, au mouvement de libération des femmes, au mouvement ouvrier et communiste international .
 
La mort d'Ivana Hoffmann, jeune communiste afro-allemande tuée le 7 mars en protégeant un village près de Kobanê contre les milices de Daesh a ému les communistes du monde entier. Le massacre à Suruç, le 20 juillet de 33 militant-e-s communistes et progressistes de Turquie qui partaient reconstruire Kobanê, ressemblait à un avertissement du régime turc "Tenez-vous en dehors de cette histoire qui ne vous concerne pas, sinon, gare à vous...". C'était un devoir de transgresser tous les avertissement du régime turc, et de venger nos martyres en continuant la reconstruction de Kobanê et en réalisant leur rêve.
 
La  lutte à Rojava casse l'eurocentrisme et détruit l'orientalisme. Dans le contexte guerrier et islamophobe, nous voulons construire la solidarité internationale prolétarienne.
 
Aujourd'hui, en apprenant l'ouverture du centre de santé de Kobanê, nous ressentons de la fierté...Ce projet a été impulsé par la Coordination Internationale d'Organisations Révolutionnaires (ICOR), en collaboration étroite avec nos camarades kurdes. Il  a mobilisé 170 personnes de différents pays: communistes, anarchistes, antifascistes, syndicalistes et autres progressistes. Notre organisation est petite et victime de toutes sortes de violences et de harcèlement pour nous réduire au silence et pourtant nous tenons bon. Nous essayons d'employer nos énergies réduites là où c'est le plus urgent et le plus nécessaire et c'est pourquoi un de nos camarades a participé à ce projet international, mené victorieusement à son terme malgré l'embargo de l'Etat kurde contre Kobanê. Pour saluer cet événement, nous reproduisons ce communiqué, traduit par les camarades du site Nouvelle Turquie:
 
"L’hôpital, construit grâce au travail de 170 membres de l’ICOR venus de pays différents, a été ouvert aujourd’hui. Le peuple de Kobanê a salué cette ouverture comme étant « le meilleur exemple de la reconstruction de Kobanê ».

KOBANÊ – Le Parti Révolutionnaire Internationaliste et la Coordination des Organisations (ICOR) a organisé la cérémonie d’ouverture de l’hôpital construit à Kobanê.

S’y sont joints Enver Müslim,le co-président du Canton de Kobanê, Şoreş Amed le porte-parole du SYPG, Irmila Specht le représentant de l’ICOR, Mahmut Beşar Cıpne représentant du PYD ainsi que de nombreux combattant-e-s des YPG/YPJ. La cérémonie organisée par l’ICOR qui a fait venir des groupes de nombreux pays a débuté avec les chants.

La victoire de Kobanê s’est propagée à travers le monde

Après la représentation du Groupe de Folklore de Jeunesse Pervin Çocuk, le représentant de l’ICOR, Irmila Specht, a déclaré : « Nous sommes fières d’être ici et de participer à la reconstruction de Kobanê. En même temps que la reconstruction de Kobanê, les victoires contre DAECH se multiplies ».

Specht a dénoncé les difficultés rencontrées par la délégation de l’ICOR au moment du passage de la frontière du Kurdistan du Sud (Irak). Il a déclaré qu’avec la Révolution du Rojava un grand pas avait été effectué : « Ceux qui combattent pour la libération et pour le socialisme ont grandement contribué à cette révolution. La lutte de libération du peuple kurde est à un point culminant et le monde est à ses côté. C’est ce que Kobanê a solidifié. Nous remercions le peuple et les dirigeant-e-s de Kobanê ».

Spech mettant en avant les 170 personnes venues de 10 pays différents s’est ainsi exprimé : « Toutes les personnes participantes avaient une motivation forte. C’est ainsi que ces travaux ont avancé. La victoire de Kobanê a ainsi touché le monde. Vive la Révolution du Rojava ».

Quant à la reconstruction de Kobanê

Le co-président du Canton de Kobanê, Enver Muslim, évoquant la victoire finale, a rappelé comment la reconstruction de Kobanê allait avoir lieu : « cette ouverture est le plus bel exemple de la reconstruction ». Muslim a déclaré ceci : « L’ouverture de cette hôpital par l’ICOR a démontré ce que devait devenir le monde. Elle a tenu sa promesse aux martyrs tombé pour elle. Nous allons continuer à reconstruire Kobanê jour après jour. En tant que dirigeants de kobanê, nous remercions l’ICOR ».

Le peuple de Kobanê n’oubliera jamais cet effort

Dozdar Hamo, prenant la parole au nom de la Coordination de la Reconstruction de Kobanê, a dit : « Nous remercions l’ICOR. Nous avons ressentis l’esprit du socialisme. Cet esprit a été un symbole pour la Révolution du Rojava. Ils ont construit cet hôpital dans des conditions très difficiles mais ils ont réussis. Cette œuvre ne sera jamais oubliée par notre peuple ».

Mahmut Beşar Cıpne, représentant du PYD Kobanê : « Nous saluons le travail de l’ICOR. Tout d’abord, nous présentons nos salutations respectueuses aux martyrs Ivana et Gelhat. En défendant Kobanê, ils ont été les représentants du monde dans la Révolution du Rojava. Cet hôpital fait ici aujourd’hui est une réponse l’inhumanité de DAECH ».

La victoire appartient à tous les peuples du monde

Şoreş Amed, porte-parole du Bureau de l’Unité et de solidarité des Peuples (SYPG), a commémoré les martyrs tombés pour Kobanê. « La voie suivie par les martyrs est à la base de la reconstruction de Kobanê. La victoire de Kobanê est la victoire de tous les peuples du monde. Nous remercions tous les socialistes du monde qui ont pris part à cette lutte. Si le Rojava a beaucoup d’ennemi, il a aussi beaucoup d’amis. Cet hôpital en est la preuve. Prendre part à cette reconstruction était le rêve des jeunes morts à Suruç. Ce rêve se réalise. Nous remercions encore une fois l’ICOR ».

Suite aux prises de paroles une cérémonie d’ouverture a été organisée par l’ICOR. Les représentants de l’ICOR ont remis l’hôpital à Encer Muslim et à Dozdar Hama au nom du peuple de Kobanê.
La cérémonie a pris fin avec un concert du groupe Koma Botan."

À Kobané, un centre de santé a été ouvert grâce à la solidarité internationale

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Syrie, #Anti-impérialisme, #Antifascisme

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Publié le 23 Novembre 2015

Contre l'islamophobie, le racisme, solidarité!
 
Depuis les attaques du vendredi 13 à paris, les musulman-e-s font face à des représailles de grande envergure.
La mosquée d'aubervilliers a été saccagée, celle de Brest encerclée par la police, certaines sont montrées du doigt par les journalistes.
Nous nous opposons aux perquisitions administratives menées par le raid dans des lieux de culte et chez des musulman-e-s.
L'état français a toujours tenté de mettre sous sa coupe "l'islam de France". Le 'conseil français du culte musulman" créé par Sarkozy a envoyé un prêche unique pour le vendredi suivant les attentats.
Nous nous inquiétons pour les libertés religieuses.
Les musulman-e-s n'ont pas à accepter que le contenu des prêches soient définies par des institutions proches de l'état.
L'aspect principal de notre expérience, c'est la solidarité qu'apportent mosquées et associations musulman-e-s aux réfugié-e-s, mal logé-e-s.
Nos désaccords idéologiques avec les divers courants de l'islam, nous voulons les régler au sein du peuple et non pas par la répression étatique.
 
Contre les agressions islamophobes, solidarité !
 
Nous tenons à témoigner notre soutien aux musulman-e-s qui vivent dans la peur des agressions.
En effet, depuis les attentats les agressions islamophobes contre les personnes et les attaques contre les lieux de culte se multiplient.
Quel service Daech a rendu aux fascistes en se réfugiant à Saint Denis ! Quelle image les médias ont ils renvoyé des affrontements qui y ont eu lieu cette semaine à des français-e-s abreuvé-e-s de propagande raciste et islamophobe par les médias de nos quartiers populaires !
Les fascistes organisent des patrouilles. Nous ne devons pas les laisser se réorganiser et organiser des manifestations et des campagnes d'agressions.
Au quotidien, témoignons notre soutien aux musulman-e-s, ne laissons pas passer la moindre remarque islamophobe et opposons nous aux agressions.
 
Soutien aux réfugiés !
 
Les organisateurs des attentats de paris ont pris un soin particulier à faire croire qu'ils s' étaient fondu-e-s dans la masse des réfugié-e-s.  Ils ont transporté le passeport d'un soldat mort de l'armée régulière syrienne de pays en pays avant de le laisser en évidence sous le nez des enquêteurs.
Ils ont poussé des centaines de milliers de personnes à fuir leur pays et ils tentent de les priver de tout refuge et de toute solidarité en nous faisant croire qu'il s'agit de terroristes. Plus que jamais nous devons être solidaires des réfugié-e-s syrien-ne-s que l'état réprime. Il les prive des lieux où ils ont l'habitude de se retrouver, les disperse, les enferme dans des camps d'internement.
Nos bombes vont en pousser toujours plus à la fuite ! Soyons prêt-e-s à les accueillir. Leur vie vaut autant que la nôtre !
Notre coeur souffre de voir également des algérien-ne-s ayant fuit le même type de violences obligé-e-s de se justifier aujourd'hui de ne pas soutenir les attentats.
Plus que jamais, nous sommes solidaires des musulman-e-s.
Daech, en commettant ces attentats, souhaitait sans doute jeter de l'huile sur le feu dans une société déjà fragilisée par des années de propagande raciste et islamophobe.
Cela démontre que tout ça n'a rien à voir avec la religion. Daech veut se tailler un état entre la Syrie et l'Irak et exploiter le pétrole qui s' y trouve et la France est une concurrente dans la guerre de rapine qui se livre actuellement.
Déjà les politiciens de différents bords se jettent dans la mêlée médiatique en pointant du doigt les migrant-e-s et en réclamant une fermeture durable et définitive des frontières de l'état français. 
Dimanche 22 Novembre, les forces de l'ordre ont tenté d'empêcher la tenue d'une manifestation de soutien aux réfugiés à Paris. Avec l'état d'urgence, l'état Français essaye de bloquer toutes mobilisations de solidarité, mais ils n'y parviendront pas. Ils ne sont déjà pas parvenus à empêcher la manifestation entre Bastille et République. 
Si le feu il doit il y avoir, cela ne doit pas être entre musulman-e-s et non musulman-e-s, mais contre ceux qui nous poussent à la guerre, nous privent de nos libertés démocratiques, nous licencient.

Nous serons là pour soutenir les musulman-e-s et les réfugiés et contrer la propagande qui est menée contre eux et elles.

 
Respect des libertés de culte des musulman-e-s !
Non à la répression de leurs pratiques religieuses !
Face aux agressions islamophobes, solidarité !
Contre le racisme, l'islamophobie, solidarité !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #islamophobie, #Antifascisme, #Anti-impérialisme, #Répression

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Publié le 18 Novembre 2015

A bas l'intervention en Syrie, résistons aux plans guerriers de l'Etat français !

 

L’Organisation Communiste Futur Rouge présente toutes ses condoléances aux proches des victimes des attentats de Paris et Saint Denis. Le plan meurtrier de Daesh a été conduit avec précision. Ils ont focalisé les forces de police sur l'évacuation des supporters du stade de France en faisant sauter des bombes au milieu de la population de Saint Denis. Ils ont ciblé des quartiers centraux dans la vie collective des parisien-ne-s et proches banlieusard-e-s.

 

Oui, ces victimes sont nos mort-e-s.

Oui, ce sont nos mort-e-s. Des personnes ordinaires, de différentes nationalité, qui passaient dans des quartiers où nous aurions pu passer à ce moment là, qui buvaient des bière à des terrasses où nous aurions pu boire. Ils /elles n'étaient pas coupables des guerres de l'Etat français, des guerres menées en notre nom à tou-te-s, avec nos impôts mais dont seule une poignée de personnes profitent réellement.

 

Daesh n’a rien visé de vraiment politique ou symbolique mais a seulement cherché à semer la terreur parmi la population. Ils y sont parvenus, prouvant du même coup que malgré tous les plans Vigipirate, une des polices les plus efficaces du monde, l’Etat Français n’est pas capable d’éviter des attaques sur son territoire.

Ce qui n’empêchera pas le gouvernement de restreindre de nouvelles libertés, de multiplier les contrôles abusifs, de s’enfoncer dans l’arbitraire en prétendant lutter contre le « terrorisme ». Quand « l’état d’urgence » est décrété, les pires abus d’autorités sont possibles. Les discours officiels incitent à la communion, à l’unité nationale, et très logiquement bannissent implicitement toute réflexion remettant en cause la république sacrée.

 

Lundi, les idéologues de l'impérialisme, comme le député Malek Boutih ou l'essayiste Caroline Fourest, se sont relayé sur la radio d'Etat (France Inter) pour dénoncer les "crétins" et les "crevures". Ce n'était pas les assassins qu'ils vouaient ainsi à la haine des auditeurs, mais toutes celles et tous ceux qui refusaient de "communier" dans l'unité nationale, comme l'a dit Caroline Fourest (qui se veut pourtant "laïque"). Toutes celles et tous ceux qui cherchaient à comprendre, à faire preuve d'esprit critique, à s'interroger sur le rôle de l'Etat français dans la situation au moyen-orient sont accusé-e-s de blasphémer la mémoire des victimes.

 

Dans un contexte où tout le monde est à cran, personne n'a envie de passer pour une crevure, et puisque nous sommes en guerre, il s'agit de marcher droit et de serrer les rangs. Et pourtant face à une bourgeoisie qui nous répète qu'il n'y a rien à comprendre sur ce qui vient de se passer, que chercher à comprendre c'est déjà excuser, nous ne cesseront pas de répéter que l'Etat français a contribué à intensifier le chaos au Moyen-Orient en menant une politique irresponsable et criminelle, qu'il a semé la désespérance dans la jeunesse prolétaire  en la maintenant dans la précarité et l'absence de perspective, et en enrobant le tout de mensonges cyniques sur l'égalité, qu'il a cherché à utiliser ces jeunes dans sa politique de déstabilisation de l'Etat syrien.

 

La France est en guerre

 

Le drame, par son nombre de morts amène la guerre sur le sol de l’hexagone. Nicolas Sarkozy affirme « La France est en guerre », comme si c’était un scoop.

D’où vient l'abondance dans laquelle une partie des français-e-s vivent ?

Nous avons des centrales nucléaires qui nous fournissent de l’électricité à bas prix 24h/24 parce que les nigérien-ne-s crèvent dans les mines d’uranium pour le plus grand profit de l’entreprise française Areva.

Nos campagnes sont paisibles alors qu’en notre nom la France intervient en Côte d’Ivoire, en Lybie, en Centre-Afrique, au Mali, en Syrie, en Irak, en Afghanistan.

Lorsqu’elle n’envoie pas directement ses troupes, elle finance des groupes qui lui permettent de déstabiliser des états. Elle finance et arme Boko Aram. Elle finance et arme Al-Nosra et d’autres groupes religieux réactionnaires.

« C’est pour se défendre » entendra-t-on. Après la violence des attentats, cet argument est affirmé avec force et conviction. Mais comment peut-on parler de défense quand l’aviation française a bombardé régulièrement le Moyen-Orient depuis presque trente ans ? Comment peut-on parler de solidarité internationale quand on cherche à déstabiliser des pays, entraînant des guerres civiles meurtrières  ?

C’est du pétrole et d’autres ressources souterraines que la France vient chercher et contrôler dans ces territoires, elle vient défendre sa place sur l’échiquier impérialiste, il n’y a pas de défense ni d’humanité, encore moins de solidarité dans ces guerres d’agressions.

Daesh, le rejeton monstrueux de la politique des impérialistes

 

Ce n'est pas faire de la théorie du complot que de dire ça: l'ingérence de l'Etat français en Syrie a été assumée publiquement depuis 2011 par les mêmes politicien-ne-s qui font aujourd'hui les étonné-e-s devant le monstre qu'ils ont contribué à nourrir.

Les jeux de billards à trois bandes des puissances impérialistes et régionales, qui toutes ont armé des groupes religieux réactionnaires, ont créé une situation de chaos de laquelle est né Daesh, autoproclamé Etat Islamique, ou E.I. Celui-ci est expansionniste et cherche à conquérir des territoires où il fait régner un ordre féodal brutal et mène une politique de génocide à l'encontre des chiites et des minorités religieuses (yezidi-e-s, alaouites, etc.) ou contre ceux qui lui résistent, comme les kurdes. Ils se sont attaqués au Hamas, il y a quelques jours au Hezbollah, curieusement il n'y a qu'Israël qui est épargné. Surtout Daesh tente de conquérir la Syrie convoitée par les forces impérialistes et les puissances régionales comme la Turquie.

Pour expliquer la puissance d'attraction de Daesh, Caroline Fourest nous présente une théorie du complot complètement aberrante selon laquelle Daesh serait l'héritier direct du KGB via les services secrets irakiens. En réalité  Daesh est un monstre que l'impérialisme français et ses alliés ont contribué à nourrir pour l'utiliser au Moyen-Orient dans le sens de leurs intérêts. L'impérialisme ne cherche pas à protéger les populations civiles de l'Etat français: il cherche le profit maximum à tout prix. L'impérialisme partage avec Daesh un même mépris de la vie humaine: au nom des victimes innocentes de Paris, l'impérialisme français bombarde des civils tout aussi innocents en Syrie, civils qui sont les premières victimes au quotidien du fascisme de Daesh. 

Alors c'est entendu: ce n'est pas l'Etat français qui a été frappé mercredi, ce sont des civil-e-s innocent-e-s qui ont été massacré. C'est le mode opératoire de leur bourreaux que ce soit en Irak, en Syrie, au Liban, en Palestine où à Paris. les dirigeants de Daesh ont déclaré la guerre à tous les peuples du monde, à toutes les cultures du monde au nom d'une communauté imaginaire.  Rien d'étonnant à ce qu'ils tuent des parisien-ne-s parce qui faisaient la fête et buvait un verre après une semaine de travail. C'est entendu: personne ne leur a demandé de faire ça, c'est le reflet de leur idéologie fasciste.

 

L'escalade du conflit militaire syrien

Le conflit militaire autour de la Syrie, de façon générale, au lieu de s'apaiser, entraîne de plus en plus de belligérants. Du financement de groupes armés, on est passé à des bombardements, puis à l'envoi de troupes au sol. La situation pour la population civile n'a fait que s'aggraver, la population syrienne, déjà en pleine guerre civile, doit faire face à l'offensive militaire de Daesh qui prône le nettoyage ethnique et pousse des centaines de milliers de syrien-ne-s à l’exil.

Une conférence était prévue à Vienne ce week-end entre les puissances impérialistes et les puissances régionales impliquées dans le conflit pour décider du sort du territoire syrien tandis qu'une attaque de Raqqa, capitale de l'E.I, se profilait.

Ces attentats représentent une escalade dans un conflit militaire en train de s'aggraver dont la France est particulièrement responsable. L’Etat français a grandement participé à déstabiliser la Syrie pour justifier une intervention militaire que François Hollande réclamait contre Bachar Al Assad. L'Etat français a établi des plans stratégiques : depuis 2005, il a  coopté des « opposant-e-s » pour former un futur régime. Devant leur échec à prendre la tête du peuple syrien à partir de 2011, il a financé et entraîné des groupes armés. Il a mené en 2013 une campagne internationale pour obtenir une intervention militaire. Il a envoyé des troupes cet été. Depuis dimanche elle bombarde Raqqa, capitale de l'E.I, où de nombreux civils pourraient être blessé-e-s ou mourir. L'offensive contre Raqqa a commencé.

 

L'Etat français et son gouvernement ont grâce à ces attentats un parfait casus belli pour entraîner encore une escalade du conflit, avec l'appui des autres pays impérialistes, mais en se taillant la part du lion.

 

A bas l'impérialisme français !

En tant que communistes et anti-impérialistes, nous disons haut et fort que les bombardements de la France sont aussi horribles et meurtriers que les attentats de Daesh, et que, comme ces derniers, ils ne correspondent pas à défendre les intérêts des peuples.

 

Face à un Etat français qui va utiliser les massacres de Paris pour intensifier encore sa guerre en Syrie, et qui profitera de l'"union nationale" pour criminaliser toujours plus celles et ceux qui s'y opposeront, quitte à présenter l'"extrême-gauche" comme "complice de Daesh", nous continuerons  assumer nos principes. Tout n'est pas égal à tout. Le communisme n'est pas égal au fasciste. La jeune communiste afro-allemande Ivana Hoffmann, morte en martyre au Kurdistan de Syrie le 7 mars dernier en protégeant un village kurde contre les milice de Daesh n'est pas égale à un jeune prolétaire qui croit donner un sens à son suicide en emportant un maximum d'innocent dans sa mort. Confronté à la même précarité, à la même absence d'avenir, l'une à choisi le chemin de la vie, l'autre a choisi le chemin de la mort. A l'heure où l'Etat français martèle au populations civiles "Nous sommes en guerre". Nous disons que cette guerre n'est pas la notre: notre guerre c'est la guerre d'Ivana. Notre camp de guerre c'est tous les peuples du monde, c'est les peuples du Moyen-Orient victimes de l'Impérialisme, des régimes corrompus et des groupes armés réactionnaires 

 

Il est dans la nature de l'impérialisme d'engendrer des monstres. L'impérialisme engendre chaque jour plus de guerre, de misère, de haine et de barbarie. L'impérialisme n'est pas réformable. Ce système pourrissant ne peut survivre qu'en obligeant les nouvelles générations à grandir dans un monde toujours plus violent, insécure et terrifiant. Nous refusons cet avenir, nous voulons la paix et l'amitié entre les peuples et c'est pourquoi nous voulons la révolution.

Ces massacres nous renforcent das notre volonté de lutter contre la guerre impérialiste.

 

Soutien à la résistance kurde et syrienne !

 

Ceux qui sur place nous donnent des perspectives de lutte, ce sont les forces de résistance et les forces progressistes de la région, principalement arabes et kurdes.

Quand ils ont déclenché un génocide à l'été 2014 contre les Yézidi-e-s d'Irak, les Yézidi-e-s d'Irak ne leur avaient pas déclaré la guerre: ils/elles n'aspiraient qu'à vivre en paix, leur seul crime était d'être différents de leurs bourreaux. Daesh tue des chi'ites parce qu'ils sont chi'ites. Daesh tue des kurdes parce qu'ils/elles se définissent comme kurdes et pas seulement par l'appartenance religieuse . Daesh tue des Palestinien-ne-s parce qu'ils se définissent comme Palestinien-ne-s et Arabes et pas seulement par l'appartenance religieuse. Daesh considère comme impie et idolâtre tout ce que la culture arabe a produit de beau et de grand depuis les trois premiers siècles de la hidjra.

Au Liban, l'Etat Islamique cherche à semer la guerre civile, sens de l'attentat contre le Hezbollah. Les milices liées à l'Iran combattent l'Etat Islamique en Irak.

 

Ils se sont attaqués au Hamas.

Les kurdes mènent un travail exemplaire : celui de construire une solidarité entre communautés religieuses et les peuples de la région et de s'opposer au saccage de la région par l'Etat Islamique et les impérialistes.

 

Les Forces Démocratiques de Syrie (constituées des forces kurdes et de leurs allié-e-s arabes et assyrien-ne-s) sont les seul-e-s à mettre en échec sur le terrain les milices réactionnaires (que ce soit l'Armée Syrienne libre, Jahbat al Nosra ou Daesh). C’est encore le soutien des troupes des FDS de Syrie et du PKK , qui vient de remporter une importante victoire  en reprenant le village d'al-Hol, qui a permis de reprendre la ville de Sinjar des griffes de Daesh.

 

Ils ne sont bien entendus pas soutenus par l'Etat français.

 

Les intérêts stratégiques de l'Etat français font en effet écho à ceux de de la Turquie, qui revendique et cherche à conquérir du territoire en Syrie : le démantelement du territoire syrien.

 

La Turquie réprime violemment le mouvement de résistance kurde et les forces progressistes turques, au besoin en armant l'Etat Islamique contre eux.

 

Soutenons les forces de résistances locales. Soutenons les réfugié-e-s des guerres que l'Etat français mène. Ne croyons pas un seul instant François Hollande quand il tente de nous faire croire que son objectif c'est l'Etat Islamique. Son objectif et l'objectif de l'Etat français, dans la région, ce sont des bases militaires, du pétrole et des régimes à leur botte.

 

Solidarité avec les Forces Démocratiques de Syrie !

Soutien aux peuples kurdes et arabes qui résistent aux religieux réactionnaires et aux impérialistes !

 

Assez d’agressions de l’armée française ! Retrait des troupes engagées, arrêt des bombardements ! Halte aux lois liberticides en France !

Après les attentats, résistons aux plans guerriers de l'Etat français

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #Paris, #Syrie, #kurdistan

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