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Publié le 30 Avril 2017

Macron et l'impérialisme décomplexé ou Le Pen et l'impérialisme décomplexé

Macron et l'impérialisme décomplexé ou Le Pen et là encore, l'impérialisme décomplexé

 

Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle sont clairs. Macron vs Le Pen sont deux représentant-e-s zélés de la bourgeoisie. Rien d'inattendu.

Au contraire de 2002, les manifestations, extrêmement réprimées, n'ont pas été massives en dehors des franges politisées de la jeunesse. C'est le résultat des désillusions de la population vis-à-vis de la politique. Après cinq ans d'une politique raciste et anti-populaire menée par le PS, dur de se ranger derrière Macron dans un "front républicain" pour les classes populaires.
Si les élections ne font plus recette, les perspectives révolutionnaires ne sont pas suffisamment crédibles pour entraîner les larges masses.

Les résultats du premier tour révèlent quelque chose de l'état d'esprit dans lequel se trouve la bourgeoisie, et des divisions qui la traversent. Macron, Le Pen, Fillon, Hamon, Mélenchon, autant de candidat-e-s pour autant de clans et d'intérêts différents au sein de la bourgeoisie. Une partie possède des intérêts dans les alliances et les traités actuels. Certain-e-s bourgeois-e-s ont des intérêts outre-Atlantique, d'autres outre-Oural, en Europe, en Afrique, ou partout à la fois. Des clans ont besoins de modifier les alliances actuels. Ceux et celles lié-e-s aux secteurs de l'énergie, de l'armement ont des intérêts en Russie. Ce sont deux secteurs stratégiques qui pèsent lourds sur les choix de la France et son économie. Ce sont les champions de la bourgeoisie française, des leaders régionaux, voir mondiaux. EDF, Engie, Areva, Alstom, Total : autant de groupes français qui attendent impatiemment une ouverture vers la Russie. Parce qu'ils souhaitent que l'impérialisme français change de stratégie, ils espéraient pour la plupart une victoire de Fillon, et lorgnent également du côté de Dupont-Aignan et de Le Pen.

D'autres, plus proches des secteurs bancaires, du BTP, des services, des médias, du numérique, des télécoms, des transports, ou de l'agroalimentaire, ont tout intérêt au maintien des traités actuels et du cadre européen, voire d'approfondir les relations atlantistes. Le secteur automobile a par exemple tout intérêt à ce que l'Union Européenne survive, pour continuer à fabriquer ses voitures en Roumanie. Vinci et Bouygues ont tout intérêt à ce que la directive sur les travailleurs-euses détaché-e-s ne soit pas abrogée, pour continuer à exploiter une main d'oeuvre quasi-gratuite. Macron était leur candidat, même s'il se voulait celui qui devait tous les réunir, celui qui allait pacifier les relations entre bourgeois-e-s, leur rappeler leur intérêt commun, celui de l'état profond français, de la françafrique et du socle qu'ils partagent tous ensemble.

Les intérêts financiers que défend Macron, si marqués dans certains secteurs, auprès de certains clans, ne lui permettent pas, en réalité, d'unir si facilement la bourgeoisie. Macron n'est que le symptôme d'une situation de division au sein de la classe bourgeoise, en proie à de nombreuses contradictions.

En attendant, nous devons exprimer politiquement notre voix, et les raisons de cette colère, par la lutte.

Macron, la caricature

S'il y en a un qui ne se cache pas, c'est bien lui. Emmanuel Macron, chouchou des financiers et des industriels, est le favori de la campagne présidentielle. Il sera peut-être le prochain président, même s'il est difficile de deviner avec certitude qui gagnera, tant les surprises sont possibles. Ils/elles étaient nombreux-euses, les zélé-e-s de la bourgeoisie capables de se faire élire.

Mais Macron a toutes ses chances, il mérite donc qu'on s'attarde sur ses positions, d'autant plus qu'il est arrivé en tête du premier tour. Il semble d'ailleurs très confiant, le candidat est parti fêter ce résultat à la Rotonde, brasserie bourgeoise de Paris, certain de l'emporter.

Macron est un vrai bourgeois. Il ne s'en cache pas. Pourtant il est l'un des rares des membres des gouvernements Hollande à ne pas avoir toujours vécu de la politique et à avoir travaillé... Comme banquier ! La finance est un monde qu'il connaît bien, qu'il fréquente encore au quotidien. C'est son univers, celui de sa classe sociale. On ne parle même plus de conflit d'intérêt avec les industriels le concernant, tant ses intérêts se confondent avec ceux de la grande bourgeoisie.

C'est un bourgeois cohérent, structuré, intelligent politiquement, libéral. Derrière il y a une idéologie très forte, avec une vision, un projet de société pour la France. Le renforcement du pouvoir capitaliste, du pouvoir des industriels, du pouvoir des classes dominantes... De manière encore plus agressive si besoin.

Macron a compris comment faire de la politique. Issu du PS, il a un sens aiguisé et cynique de la politique et des appareils. Il a su intelligemment construire ses réseaux, son appareil, ses ramifications, son analyse de la situation, mener des enquêtes en faveur de la bourgeoisie, faire son état des lieux, un bilan du contexte, établir son calendrier, élaborer sa stratégie, puis son programme et se lancer au bon moment dans la campagne. Il n'a pas précipité sa candidature, mais l'a préparée en amont, en débutant par un travail d'organisation au service de son idéologie capitaliste. C'est cela, et son organisation, qui lui ont permis de pallier à son absence de charisme et de notoriété publique.

Il y a une logique dans son programme. Le candidat n'avait pas besoin d'additionner les propositions pour présenter sa politique. Sans se cacher, il n'a pas multiplié les fausses promesses comme le PS. Il ne prétend pas apporter une solution à la crise, ni améliorer la vie des classes populaires. Il ne cache pas en revanche son soutien au patronat.
Son programme est court, concis, mais suffisant pour annoncer la politique d'austérité, de répression, libéral et impérialiste du prochain gouvernement.
Il veut poursuivre le travail commencé par le PS, avec l'ANI, la loi Macron, la loi Travail et le CICE. Il veut définitivement liquider le code du travail, et les organisations ouvrières.
Sa politique financière et industrielle répond à une vision à long terme, planifiée pour la bourgeoisie. Son programme conclue en affirmant qu'il "effectuera 60 milliards d'économie". Il va falloir s'organiser efficacement pour le combattre, et l'OC-FR s'attend à un quinquennat difficile, où les batailles seront rudes.
Nous appelons toutes les forces populaires à s'organiser, à se syndiquer dans les organisations ouvrières, à renforcer le mouvement social. Macron, ce n'est pas un ennemi qui se cache, c'est un ennemi déclaré de la classe ouvrière, assumé, qui nous mène une guerre sociale sans concession.

L'impérial greenwashing

Macron tergiverse. Fait semblant d'être un écologiste convaincu, tandis qu'il défend les intérêts de la grande bourgeoisie. Il inscrit son programme en matière écologique dans la continuité de la COP21, autrement dit, le néant. C'est un fervent défenseur du nucléaire. Il prévoit de faire évacuer la ZAD de Notre-dame-des-Landes et de construire l'aéroport.
En Guyane, Macron plaide pour développer l'activité aurifaire dans l'Amazonie, alors que ça signifierait la destruction d'une large partie de la forêt primaire. 450 tonnes d'or sont estimées en Guyane, métal pour l'instant principalement exploité de manière illégale par des orpailleurs clandestins qui empoisonnent le fleuve, le pays et la principale réserve biologique gérée par l'état français. Ils y déversent des métaux lourds, arsenic, cadmium, mercure, plomb et même uranium. Macron souhaite légaliser les gisements et cette situation, en remplaçant les contrebandiers par des costards cravates avec des permis de l'administration française. Il s'est rendu sur place pendant sa campagne pour vanter ce projet.
Avec l'extraction de l'or au profit des multinationales, alors même que les cours de l'or sont au plus bas, et pour la troisième année de suite à la baisse, Macron espère dégager de nouveaux profits pour l'impérialisme français et les grandes compagnies minières.
Pour développer les extractions et attirer des investisseurs capitalistes, Macron prépare une réforme du code minier, qui permettra aussi de développer les prospections pétrolières et gazières au large de la Guyane. Cela veut dire porter la responsabilité de crimes aux répercussions durables pour de nombreuses générations à venir. Il planifie l'écocide, son programme écologique est en réalité au service des industriels.

La politique internationale, dans la continuité des précédents chefs d'état

Emmanuel Macron revendique le bilan de François Hollande. Il soutient les interventions militaires du quinquennat qui prend fin. Il prône le maintien de la France dans le commandement intégré de l'OTAN.
Il veut maintenir les alliances actuelles, même si le Brexit et l'élection de Trump engagent une période d'incertitude sur le plan de la politique internationale.
Il veut intensifier l'intervention française en Syrie et en Iraq.
Il veut maintenir les troupes au Liban et renforcer de façon générale, militairement, diplomatiquement et économiquement, la présence française au Proche et Moyen Orient.
Il parle de couper le mal à sa racine, via des interventions militaires, en parlant du terrorisme. C'est le pompier pyromane qui ne fait qu'attiser le conflit, la guerre.

Concernant l'Europe, il souhaite sauver l'UE et la zone Euro. Son programme prévoit de renforcer Frontex, qui traque les réfugié-e-s de la Méditerranée.

À propos des accords de Touquet, entre la France et la Grande Bretagne, qui bloquent la traversée des migrant-e-s outre-Manche, Macron est favorable à une renégociation, maintenant qu'il y a le Brexit, mais il n'est en aucun cas dans une remise en cause de ce système, de l'espace Schengen ni de la politique migratoire et aux frontières de la France, de l'UE, et des traités avec la GB.

Vis à vis de l'Afrique, le programme de Macron est clair : la Françafrique c'est l'avenir de la France. Il veut intensifier la présence française en Afrique. Macron est un fidèle soldat de l'impérialisme français. Il est donc de nos principaux ennemis. 

 

Le Pen, encore une candidate de la grande bourgeoisie

 

L'OC-FR a déjà produit de nombreuses analyses sur elle et son parti. Depuis, les choses n'ont pas tellement changé. C'est une représentante de la bourgeoisie, bien qu'elle soit la tenante d'une ligne parfois divergente qui reflète des contradictions au sein de la classe au pouvoir. Son parti bourgeois privilégie d'autres alliances, car il défend des intérêts particuliers, ceux d'une partie de la grande bourgeoisie française.
Elle n'est néanmoins pas radicalement en rupture avec les pouvoirs précédents. Ses désaccords ne sont, pour la bourgeoisie, que tactiques. Elle se situe dans la suite logique des années Sarkozy et Hollande qui lui ont préparé tranquillement le terrain. Macron aussi ne fera que lui servir de tremplin.

Évidemment, elle se distingue par sa politique ouvertement xénophobe, raciste et anti-ouvrière. Même si elle attire un vote populaire, mais minoritaire, ceux et celles parmi la classe ouvrière qui votent pour elle se tirent une balle dans le pied. Le FN est un fervent opposant au mouvement ouvrier, s'y attaquant parfois violemment, physiquement. Ses militant-e-s sont des casseurs-euses de grèves. Pendant le mouvement contre la réforme des retraites, MLP déclarait : « Ensemble, gouvernement et syndicats jettent la France dans le chaos. Voilà deux semaines que la France s’installe dans le chaos, entre grèves, manifestations et blocus. La tolérance zéro doit s’appliquer à tous les émeutiers. »
En particulier opposée à la CGT, que le FN prévoit de liquider, Le Pen prépare des mesures pour interdire les organisations ouvrières, et les mobilisations populaires. Déjà à l'époque, Bruno Gollnish, élu à la Région Rhône-Alpes disait : « le sabotage de l’économie française caractérise l’action des dirigeants de la CGT. Ces blocages frappent avant tout les salariés qui se rendent à leur travail, les entreprises, et menacent l’emploi. La CGT doit être rendue pénalement responsable, ses dirigeants doivent en répondre ».
Elle compte s'en prendre aux droits syndicaux, aux libertés démocratiques. Voter pour elle, c'est lui donner mandat pour nous liquider.

Son programme économique ne se distingue pas réellement de celui de Macron, dont elle partage de nombreuses mesures.
Comme lui, elle prévoit de renforcer le secret des affaires.
Comme lui, elle veut libéraliser l'éducation et l'enseignement, accroitre la sélection dans les établissements scolaires, augmenter les frais d'inscriptions et étendre l'autonomie des universités et des lycées.
Comme lui, elle veut alléger la fiscalité des entreprises, et supprimer les cotisations sociales. Comme lui, elle parle de "coût du travail" pour justifier sa politique anti-sociale et sa volonté de tirer les salaires vers le bas alors que la bourgeoisie s'enrichit.
Elle va parfois plus loin, en prônant d'abaisser l'âge de l'apprentissage à 14 ans notamment.

 Le racisme contre la finance ? Un mot d'ordre qui n'a pas de sens

Les médias et plusieurs groupes militants présentent ainsi, "racisme Vs finance", le clivage entre les deux candidat-e-s. Cela est pour nous faux.

Tous deux sont des représentant-e-s de la bourgeoisie impérialiste. La bourgeoisie française est intégralement liée à la finance, le capitalisme est intégralement un capitalisme financier.

L'impérialisme est un système qui se justifie par le racisme, qui justifie le pillage des pays dominés par les pays impérialiste en désignant ses habitant-e-s comme inférieur-e-s.

Macron comme Le Pen sont racistes et mèneront une politique raciste.

Ce ne sont pas les individu-e-s qui déterminent la politique, ce sont les intérêts des capitalistes.

Ces dernières années, l'état a eu du mal à maintenir l'ordre, essuyant par exemple un mouvement déterminé l'année dernière en plein état d'urgence.

Marine Le Pen au second tour, c'est révélateur d'une volonté de réprimer toujours plus nos luttes et les populations issues des pays dominés.

Macron au second tour, c'est révélateur de la volonté des capitalistes de continuer leur politique offensive contre nos intérêts.

Leur calendrier n'est pas notre calendrier

Nous l'avions dit et écrit : ces élections ne sont pas les nôtres, elles ne changeront rien pour nous, quel que soit le résultat. Nous ne dévions pas de notre route. La lutte ne s'est jamais arrêtée, il n'y a pas eu de pause de notre côté, et le seul choix possible pour les communistes est de continuer.

Au second tour, nous ne voterons pas. Nous suivrons évidemment les résultats, mais sans y voir un enjeu à surestimer. Entre Macron et Le Pen il n'y a aucun choix à faire, autre que celui de lutter politiquement.

Nous pouvons également donner notre voix à des personnes étrangères qui veulent voter, et nous soutenons les initiatives et les plateformes qui permettent aux personnes vivant en France sans la nationalité française, de pouvoir s'exprimer, en les mettant en relation avec des abstentionnistes.
Nous comprenons, que nous autres militant-e-s, avec la nationalité française, avons le privilège de ce choix (car l'abstention est pour nous un choix politique), et que les personnes n'ayant pas cette nationalité, vivant dans l'état français n'ont pas ce choix.
Nous devons être capable de remettre en cause nos privilèges qui vont avec. Le droit de vote des étranger-ère-s a notamment complètement disparu du débat public.

Nous les invitons à choisir la lutte à nos côtés, mais nous militons aussi pour que nous possédions tous le choix. Vivant, travaillant ici, ils-elles sont tout-es autant concerné-e-s que nous par ces élections mais ils-elles en sont exclu-e-s.
En tant qu'étrangers-ères, ils-elles seront les premiers-ères concerné-e-s par la politique raciste de Le Pen et Macron. En tant que travailleurs-euses aussi.
C'est aussi un acte militant, contre le racisme de l'état français, que de permettre ce choix en laissant notre bulletin de vote à nos camarades, voisin-ne-s, ami-e-s et collègues étrangers-ères.
Si nous ne sommes pas d'accord, nous respectons leur volonté de voter, car nous comprenons la peur que suscite certaines politiques au sein de l'immigration. Il est normal de vouloir s'exprimer et d'être entendu, même si nous considérons que notre vote est dilué dans l'interprétation que la bourgeoisie en fait.

L'OC-FR soutient donc le mot d'ordre qui consiste à filer notre vote à ceux et celles qui en sont privés pour des raisons racistes, tout en expliquant autour de nous les raisons de notre acte, et pourquoi nous ne votons pas.

Nous appelons à manifester demain, 1er Mai, massivement, pour montrer que quelque soit le resultat des élections nous serons prêts à nous battre.

Macron et l'impérialisme décomplexé ou Le Pen et l'impérialisme décomplexé

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #élections, #France, #Antifascisme, #ANI, #Impérialisme

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Publié le 17 Mars 2017

 

Mélenchon, c’est l’impérialisme !

Analyse sur le prétendu « insoumis » du PG

 

Il vient d’obtenir ses 500 signatures pour se présenter officiellement et faire parler à nouveau de lui. Celui qui s’impose comme l’un des « gros candidats » est quasi-assuré de finir avec un score à deux chiffres.

Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle se positionne comme le principal atout de la gauche du PS. Le seul à gauche de Hamon qui serait capable de battre les candidats du gouvernement, et l’extrême droite aux élections. Il séduit de nombreuses personnes sincères, progressistes.

Pourtant, la seule solution qu’il propose, c’est celle des urnes. Son projet est réformiste, et électoraliste. C’est une imposture. Un politicien comme les autres.

Il s’inscrit dans le cadre du capitalisme, et non dans une remise en cause. Le projet de Mélenchon, c’est l’impérialisme français ! C’est le chauvinisme de la bourgeoisie française.

 

L’OC-FR considère important de combattre les illusions que sème cette gauche dite « radicale », alors qu’elle ne se positionne pas dans une rupture mais dans une continuité « plus sociale » de la politique française.

C’est pourquoi nous publions notre position à l’égard de Mélenchon, qui participe plus à la confusion qu’elle ne supporte l’alternative révolutionnaire.

Cette analyse ne se veut pas exhaustive mais énumère certains des aspects que nous avons jugé principaux concernant notre critique de son programme.

 

L’économie de la mer, si chère à Mélenchon

 

La France insoumise, ce mouvement électoral crée pour porter la candidature de J-L M, a fait du développement de « l’économie de la mer » avec une vision industrielle une priorité.

Ce pan du programme du candidat, est révélateur du caractère impérialiste de son programme.

Lors de son discours de clôture des « assises écosocialistes de la mer » de son parti, en janvier 2014 à Toulon, J-L M parle même de « conquête ».

La mer selon La France insoumise est un territoire économique à conquérir, pas un espace de biodiversité (Mélenchon veut sortir de l’alimentation carnée, pourtant il ne remet pas en cause l’écocide marin et prône le développement de la pèche).

Sur son blog, Mélenchon titre dès le 5 novembre 2014, un article révélateur de cette vision : « La France, puissance maritime qui s’ignore » avec une carte qui fait ressortir tous les territoires dominées par l’état français à travers le monde et son espace maritime, autour de ses colonies d’outre-mer, de la métropole et des TAAFs.

Et avec cet espace, Mélenchon l’affirme « la France dispose d’un trésor ». Pour faire du profit à priori. Car comme il l’explique, « elle est le premier réservoir des ressources rares, la mer aiguise de féroces appétits ».

 

Pour lui il s’agit de concurrencer le « leadership mondial des États-Unis » et de la Chine dont il veut être le premier partenaire. Il voit dans la mer un moyen de modifier les alliances politiques atlantistes de la France, ce qui aiguisera certaines contradictions inter-impérialistes.

L’enjeu c’est que l’impérialisme français devienne leader sur un nouveau marché profitable, qui concerne différents secteurs. Celui de la pêche, de la pisciculture, du transport, de la construction, de l’industrie militaire ou encore du très stratégique secteur de l’énergie.

Et c’est à ce dernier niveau que J-L M s’arrête le plus, notamment lorsqu’il pleurniche sur la vente du secteur énergétique d’Alstom à Général Électric. Il y voit une perte dans le patrimoine financier de l’impérialisme français.

Et puis il a conscience que les océans contiennent l’essentielle des réserves minières et d’hydrocarbures.

L’intention est celle de celui qui voit une manne financière exploitable, d’autant plus intéressante économiquement si elle est renouvelable. Et d’avoir de nouveaux « fleurons industriels ».

Il écrit d’ailleurs que « laisser au marché le soin de découvrir les produits demandés, c’est s’interdire de peser sur le choix des activités à développer », expliquant que l’économie de la mer peut booster l’économie capitaliste française en relançant son activité industrielle, car toutes les industries seraient concernées directement ou indirectement.

Pourtant on exploite pas la nature sans conséquence. La vision bourgeoise de Mélenchon amène à penser que l’espèce humaine à travers son activité économique peut tout maîtriser, et tout exploiter de façon intensive sans envisager l’avenir et pour un profit immédiat.

Or il est impératif d’envisager l’activité économique en fonction de ses conséquences à long terme, c’est l’un des intérêts de la planification socialiste. Mais elle ne peut se faire dans une économie capitaliste.

 

Nous rappelons aussi à J-L M que l’économie de la mer est déjà une préoccupation importante de l’impérialisme français et de l’état français.

Pour preuve son obstination à maintenir sa présence et sa flotte de pêche à Saint-Pierre et Miquelon. Son intérêt pour la baie de Guyane, et les prospections minières que la France y mène avec Total. Ses campagnes « scientifiques » et de pèche dans les eaux internationales, dans l’océan Indien, au large de l’antarctique, de l’arctique. Ses agitations parlementaires autour de l’île Tromelin, en début d’année encore. Son administration des TAAF chargé de gérer des territoires « australes » (mais en réalité parfois très tropicales) au milieu des océans.

L’écocide marin, ça fait bien longtemps que les capitalistes l’ont entamé. Au sein du CAC40, nombreuses sont les entreprises à avoir depuis longtemps investis en mer.

La France est déjà un leader dans la marine, avec son industrie agroalimentaire, de la pèche, et ses navires Auchan, Carrefour et cie qui raclent les fonds des océans.

La France exploite déjà durablement, souvent irrémédiablement les océans.

Total et son pétrole off-shore illustre ce phénomène qui nous maintient dans la catastrophe environnementale.

À l’OC-FR nous pensons au contraire que les mers, les océans et leurs faunes et flores ne s’en porteront que mieux sans activités économiques capitalistes.

Nous savons, et la science l’a prouvé, que notre activité en mer a des conséquences définitives et tragiques. Mélenchon est juste le porte-parole d’une frange des impérialistes français qui ont des intérêts en mer. Et qui se soucie peu de notre survie à long terme.

 

Le rapport aux outre-mer

 

À travers cette approche de l’espace maritime français, c’est aussi son rapport aux territoires « d’outre-mer » qui apparaît. Car pour lui, ces territoires sont avant tout « des joyaux » de sa République française.

Il voit en premier lieu le potentiel colonial et son domaine maritime. Il y voit l’intérêt économique que la France peut en tirer. Il ne se démarque en rien des colons. Au contraire, c’est un colon.

Pour l’OC-FR ces territoires sont des colonies. Notre rôle anti-impérialiste est de soutenir leur décolonisation, pas de vanter leur potentiel économique au sein de la domination française.

Pour J-L M pas question de parler d’indépendance, et il nie l’existence de peuples dominés dans l’état français, et de peuples sans états.

Sur cet aspect, il serait intéressant de confronter les postures de deux candidats que sont J-L M et Oscar Temaru qui a fait campagne pour l’indépendance de la Polynésie.

J-L M se positionne clairement et ouvertement du côté des colons et de nos ennemis.

Ses prises de positions sont inconciliables avec notre lutte anti-impérialiste. Au contraire, elles sont antagoniques.

 

Chauvinisme et protectionnisme

 

Mélenchon se veut le candidat de l’indépendance nationale. Mais quelle indépendance nationale pour l’une des principales puissances impérialistes ?

La France domine l’économie et la politique de nombreuses nations et de nombreux peuples, parfois militairement.

Elle importe des travailleurs et travailleuses de ces pays et les assigne aux tâches les plus difficiles de la production et les moins payées. J.L. Mélenchon nie les revendications démocratiques de ces populations en matière de liberté religieuse et d'égalité face à la ségrégation raciste. Il ne parle même pas de régulariser tou-te-s les sans papiers.

 

Ce sont ces peuples qui sont légitimes à revendiquer une indépendance nationale, pas les puissances impérialistes qui les exploitent.

En réalité, ce qui se cache derrière ce mot d’ordre c’est sa volonté de s’imposer dans les conflits inter-impérialistes, et de se démarquer de certains impérialistes, alliés de la France, en particulier les USA et l’Allemagne. Son rapport à ces deux États est révélateur de son idéologie.

J-L M est obsédé par les contradictions entre la France et ces deux états.

Il souhaite que la France s’en détache clairement, et prône un certain nombre de mesures pour rompre les alliances actuelles.

Par exemple, à l’OC-FR nous considérons l’OTAN comme un cadre d’alliance militaire inter-impérialiste autour de quelques puissances dominantes, comme l’Angleterre et les USA, de même que l’UE l’est politiquement autour de la France et l’Allemagne.

Nous sommes évidemment pour sortir de ces structures inter-impérialistes. Il faut les combattre. Nous avons encore en mémoire le succès du contre-sommet de Strasbourg en 2009 contre l’OTAN, et nous devons systématiser ces mobilisations.

Nous ne pensons cependant pas que le problème fondamental et structurel de nos sociétés ce soit la présence de la France dans ces alliances inter-impérialistes.

Et puis pour lui, il s'agit juste de sortir de ces traités d'alliances pour en passer d'autres avec d'autres impérialistes : la Chine ou la Russie notamment.

Le problème c’est le capitalisme, et l’impérialisme. Derrière ces épouvantails et ces contradictions inter-impérialistes que Mélenchon veut aiguiser et qu’il agite, il nous détourne en réalité des causes réelles des problèmes que nous vivons, de la lutte des classes. C’est le genre de fausses solutions qui nous précipitent dans les conflits.

Mais Mélenchon attise les contradictions entre impérialistes. Ces contradictions s'aiguisent de plus en plus et c'est pourquoi les masques tombent entre ceux qui prônent la défense de l'impérialisme français et celles et ceux qui défendent les peuples dominés par la France.

 

Sa France une et indivisible, négation des cultures minoritaires et minorisées

 

Le Parti de Gauche se revendique fièrement du jacobinisme et de l’interprétation qui en est faite aujourd’hui, qu’elle soit juste ou non.

La France de J-L M opprime les peuples dominés, et ceux qui ont été colonisés dans son histoire. Les cultures, les langues et les autres nations n’ont pas le droit de s’exprimer et d’exister au sein de son territoire. Pour lui, la France est une et indivisible, et non pas métissée et multiculturelle. Elle est unitaire, et se base sur les frontières actuelles de l’état français. Il confond volontairement nation et état, pour effacer les revendications nationales et les luttes de libération nationales qui existent en son sein.

Il est un ennemi ouvert des indépendantistes et des mouvements culturels minorisés, que lui préfère appeler avec mépris « régionalistes » pour mieux nier leur caractère national et leur droit démocratique.

Pour lui, il s’agit tout au plus de folklore. Et plutôt que de langue, lui préfère parler de « dialecte » ou de « patois » qu’il réduit à « une identité de terroir ».

Il n’imagine pas quelqu’un-e vivant dans l’état français, bilingue. Il l’imagine uniquement parler français. Selon lui il ne doit y avoir qu’une langue, et donc qu’une seule façon de penser (car la langue détermine aussi matériellement l’usage que l’on fait de notre cerveau).

Selon J-L M, il n’y a pas de sentiment binational. Il considère au contraire qu’une fois en territoire français, on doit se « fondre dans la république bourgeoise », « s’intégrer » comme ils disent, pour n’être plus que français (c’est dans cette même logique qui détermine sa définition de la laïcité qu’il stigmatise le voile et rejoint les rangs des islamophobes).

Un individu n’a qu’une seule culture croit-il, celle de sa république bourgeoise. S’en est même devenu une obsession. Il en a fait un cheval de bataille, notamment contre la ratification de la « charte européenne des langues régionales ou minoritaires » (qui n’apporterait pas de grandes modifications pourtant) qu’il qualifie « d’atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français », pour développer ses idées chauvines.

Pourtant l’égalité devant la loi, ne serait-ce pas justement de pouvoir permettre à quiconque de se défendre dans sa langue ?

Le refus de reconnaître le bilinguisme dans certains territoires amènent à des absurdités telles qu’en 2015 à La Réunion, 14,4% des 16-25 ans sont considérés illettrés car ne parlant que créole. Leur langue n’étant pas reconnue par l’état français, ce sont ces mêmes créoles qui n’ont pas accès à l’administration, au droit et à l’éducation dans leur propre pays, c’est cela l’égalité des droits selon J-L M?

Dans une lettre aux sénateurs du 30 Mai 2008, il écrit qu’« il est donc contradictoire d’introduire dans ce même article la reconnaissance d’un particularisme, quel qu’il soit, dans la mesure où celui ne concerne pas tous les citoyens, et en distingue certains par rapport à d’autres. »

Ce que J-L M nie, c’est que les différences culturelles et sociales sont un fait, une conséquence de notre système politique et économique inégalitaire, de classe, capitaliste, et que lorsqu’elles ne sont pas reconnues, les conséquences sont nombreuses, qu’elles soient sociales, sanitaires ou administratives, jusqu’à qualifier avec mépris des personnes qui parlent d’autres langues « d’illéttrés ».

Or pour résoudre un problème (car c’est un problème de ne pas pouvoir librement parler sa langue), il faut d’abord l’acter. Mais pour lui « elle ouvre la voie à une division entre citoyens contraire à la République » qui viendrait menacer la langue française, allant même jusqu’à écrire « La valorisation et la promotion de la langue française est-elle devenue à ce point subalterne ? » Le français serait même « le ciment de l’unité nationale » si chère à la bourgeoisie.

Les autres langues deviennent donc une menace, et il « dénonce » à ce propos sur son blog en septembre 2013 « la domination de l’enseignement de l’anglais comme seconde langue et la volonté à peine cachée des élites libérales et solfériniennes d’y soumettre tous les jeunes français », « la domination croissante de l’anglais est pourtant la seule véritable menace » qu’il compare à la promotion des langues minoritaires… Alors même que le français est pour lui un outil économique (et impérialiste et donc de domination selon nous) qu’il qualifie sur son blog de « prometteur » qui permet à la France d’agir au sein de la « Francophonie » dans la lignée des autres impérialistes français et de la françafrique.

Sa vision est donc réactionnaire sur toute la ligne. C’est celle des impérialistes français.

Dans son argumentaire, J-L M en arrive même à comparer ces revendications, et ces langues à la religion. Comme si la langue n’était pas un fait matériel, et que son usage relevait de la « foi ».

Du délire. En 2013, dans une explication de vote au Parlement européen, il y voit même une attaque à « la laïcité ». Rien que ça.

 

La planification écologiste, impossible sous le capitalisme

 

Le Front de Gauche en parlait déjà en 2012 et cette mesure peut paraître intéressante. Il semble agréable, alors que règne l’anarchie du mode de production qui caractérise le système économique capitaliste, d’entendre parler de planification.

Dans cette société violente, il n’y a pas d’autres politiques socialistes possibles que celle de la planification socialiste avec une vision à long terme pour sortir de la crise et de la catastrophe, après la révolution.

Mais s’agit-il réellement d’une planification, au sens socialiste, que Jean-Luc Mélenchon propose? Est-il possible de planifier sans sortir violemment du capitalisme?

 

Nous ne le pensons pas. Pour planifier l’économie, la politique, et l’aménagement des territoires, il faut le pouvoir sur l’économie, et donc le pouvoir sur les entreprises. Cela signifie notamment que sans expropriation il n’y aura jamais de planification. C’est bien la propriété privée, socle de base du capitalisme, qui détermine l’anarchie du mode de production, et la concurrence à tous les étages. Le libéralisme, c’est la propriété privé, et au nom du droit à la propriété privée et sa défense, le droit d’agir selon ses intérêts privés.

Planifier à l’échelle d’un état sans remettre en cause la propriété privée, ça n’est pas planifier l’économie nationale. Il existait un puissant ministère du plan a à la sortie de la seconde guerre mondial. Il créait des infrastructures au service des patron-ne-s, routes, autoroutes, voies de chemin de fer, des centrales électriques, développait le nucléaire. Tout ça au service des patron-ne-s qui mutualisaient les coûts développement de ces infrastructures.

Planifier ce n’est pas non-plus « nationaliser » les entreprises dans un état au mains d’une bourgeoisie (qui serait alors une multinationale « publique »), mais socialiser les moyens de productions entres les mains du peuple, et du pouvoir à la base, sans concurrence, et organisé en fonction des besoins réels, et des capacités de chacun-e-s. Ni plus ni moins. Mais impossible sous le capitalisme.

Au contraire, la vision politique du PG se base sur la petite propriété privée, et le service public, sans remise en cause du caractère bourgeois du service public dans un état bourgeois et capitaliste.

Or le service public peut aussi très bien défendre les intérêts privés, et fonctionner comme une entreprise comme une autre, à la recherche de nouvelles parts de marchés, défendant ses intérêts violemment dans la concurrence internationale, pillant les matières premières à travers le monde, soumettant les peuples dominés, polluant l’air, les sols et les eaux, et exploitant ses salariées pour dégager plus de profits.

C’est ce que font déjà les entreprises publiques françaises. Une entreprise publique sous le capitalisme, ça reste une entreprise capitaliste. C’est d’ailleurs le rôle de l’APE, une agence de Bercy qui incarne l’état actionnaire et assure ses intérêts stratégiques dans la direction des monopoles français que de s’en assurer.

Alors planifier pour quoi? Planifier pour assurer plus de profits à l’état capitaliste? Ou planifier pour la paix et mettre un terme à la catastrophe environnementale, à l’exploitation et à l’oppression?

 

La sixième république, de la poudre aux yeux

 

Tout cela nous amène naturellement à conclure sur la sixième république voulue par le Front de Gauche et différentes composantes du PS et des écologistes.

Si Jean-Luc Mélenchon gagne, il convoque une constituante pour rédiger une nouvelle constitution et proclamer une nouvelle république parlementaire.

Pour Mélenchon, le changement passe définitivement par les urnes.

Pourtant qu’est-ce que cela changera radicalement? Pas grand chose. Le système économique sera le même, celui du capitalisme.

Le système politique institutionnel sera organisé différemment, mais ce seront toujours les mêmes qui gouverneront en alternance, pour servir les intérêts de la bourgeoisie et de l’impérialisme français. Ce seront toujours les mêmes parasites qui vivront des élections sans jamais rien produire, qui décideront des politiques nationales.

Pour nous ce qui compte, ce n’est pas tant le nom que l’on donne aux institutions mais de savoir quelle classe sociale est au pouvoir.

Mélenchon n’est donc pas une alternative. Il sème une illusion, mais c’est une arnaque. Son programme vise à nous maintenir dans ce système politique et économique que nous rejetons. L’OC-FR combat l’économie capitaliste. J-L M en est l’un des boucliers. Pour abattre ce système, il faudra faire tomber ses défenseurs, J-L M y compris.

Melenchon, c'est l'impérialisme !

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Publié le 6 Février 2017

Solidarité avec Théo, police patriarcale, police raciste !

Solidarité avec Théo, police patriarcale, police raciste !
 

T.W viol

 

Jeudi, aux 3000 à Aulnay, un jeune homme de 22 ans, Théo, s'oppose aux policiers qui viennent de gifler un petit garçon. Ils le gazent et l'arrêtent. Lors de son arrestation, roué de coups, insulté, il a été violé par un policier avec sa matraque avant d'être placé en garde à vue. A l'hopital, il a reçu 60 jours d'ITT.

Face à la colère de la population, les parquet a placé les 4 policiers en garde  à vue et entamé des poursuites. Mais il a vite retiré de l'accusation le mot viol pour se contenter de parler de violences en réunion.

Theo a eu raison de les accuser de viol. Il a raison d'être en colère face à leurs insultes et violences racistes. Ce n'est pas lui qui est sali par cet acte barbare, ce sont ceux qui l'ont commis. Il n'a pas à avoir honte, parler et se battre permet à tous ceux et toutes celles victimes de tels actes de reprendre confiance en eux et elles et de faire que la honte change de camp.

Police patriarcale

Le parquet fait preuve de la mauvaise foi dont tous les soutiens de violeurs font preuve. Mis devant une preuve vidéo des actes commis par les policiers, ils parlent de pantalon qui glisse tout seul et de matraque qui s'introduit de 10 centimètres à cause de la confusion.

Nous sommes toujours stupéfait-e-s de la maladresse et de la surdité des hommes. Il y a 150 000 viols par ans, et donc à peu près autant d'hommes qui n'entendent pas les "non", de pénis ou de matraques qui glissent et d'hommes qui avaient trop bu pour se rendre compte qu'ils étaient en train de violer une fille. De toute façon, intentionnel ou non, un viol est un viol. Un homicide involontaire est un homicide. Un viol, pareil, ce sont les faits qui comptent.
 

Minimiser, nier, rejeter la faute sur la victime, parler de ses graves accusations, ce sont des tactiques battues et rebattues des soutiens d'agresseurs.

 

Que le parquet utilise de tels arguments ne nous choque pas spécialement. Nous vivons dans un monde patriarcal.

Une des fonction des policiers est de faire barrière aux victimes de violences sexistes qui souhaiterait déposer plainte. Ils les traitent de menteuses, enquêtent sur leur moralité, les dissuadent de porter plainte.

Ils répriment celles auxquelles la société patriarcale donne une valeur moindre et celles qui sortent de leur rôle de genre.

Ils sont là pour racketter, violer, faire chanter, abuser des travailleuses du sexe.

Ils sont là pour réprimer les femmes psychiatrisées et neuroatypiques, les menacer, les dénuder, les attacher, les agresser physiquement et sexuellement.

Ils répriment les lesbiennes, les transexuelles, nous contrôlent la nuit quand nous sommes seules dehors pour pour tapinage.

Ils utilisent les violences sexistes contre les militantes, il faut que les femmes restent à leur place, loin de l'espace public.

Quand nous tombons entre leurs mains, nous, femmes de classe populaires, nous avons peur, non seulement parce que le commissariat est long et pénible, mais aussi de ce qui pourrait passer par la tête. Leur uniforme leur confère le droit d'user pleinement de leurs privilèges masculins. Ils battent massivement leurs femmes et violent collectivement des touristes au Quai des Orfèvres.


 

Violence raciste à l'encontre d'un jeune homme de quartier
 

La population qui vit dans les quartiers populaires est une population largement issue des pays dominés par la France. Le viol, c'est une arme de guerre utilisée de longue date par l'impérialisme français.

Prosituer, violer les hommes des pays dominés par la France, c'est tenter de leur faire rentrer dans la tête leur infériorité par rapport aux colons. Et être inférieur pour les français, c'est, notamment, être une femme. Violer des hommes racisés pour les traiter comme des femmes en dit long sur le traitement que la police réserve à celles-ci.

Ces derniers mois nombreux ont été les jeunes hommes de quartier à se plaindre de violence sexuelles de la part de la police.


Ce n'est pas pour rien que ce type de violence s'abat sur les jeunes hommes des quartiers populaires de la banlieue, les lycéens du 19eme, une grande part de ces populations viennent de pays anciennement colonisés par la France.

De nombreux migrant-e-s, hommes, femmes et enfants, sont elles et eux aussi victimes de viol sur le trajet qui les mène en Europe par les milices servant de garde frontières aux européen-ne-s.

Les arrachages de voile comme on a pu en voir cet été pendant l'affaire du Burkini, en garde à vue après des manifestations pour Gaza et au moment de l'interdiction du voile intégral sont eux aussi des violences racistes et sexistes.

Les femmes issues des pays dominés par la France n'ont pas le droit de se dérober au regards des impérialistes, leur corps leur appartient.

Celui des enfants aussi. Les militaires français violent des enfants au Mali et en Centre-Afrique tandis que l'Éducation Nationale, la Mairie de Montreuil et l'État enterrent le viol subit par le petit Caïs, 4 ans, à l'école.

La population d'Aulnay soutient le jeune homme. Samedi soir, des émeutes ont éclaté à Aulnay sous Bois. La police manifestait il y a quelques mois pour obtenir plus de droits et de moyens. Violer, tuer, taper, c'est le type de droit qu'ils revendiquent. La police a tiré à Saint Ouen il y a quelques jours en plein après midi également sur un chien. Depuis de longs mois, nos quartiers sont sous pression et notre sang coule.



Ne nous laissons pas écraser. Soutenons nous les un-e-s les autres face aux violences policières, ne laissons pas la police prendre ses aises dans nos quartiers.
 

Manifestons le 19 Mars pour la dignité et la Justice.

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Paris, #aulnay, #Anti-impérialisme, #Impérialisme, #Féminisme

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Publié le 16 Janvier 2017

«Les massacres ne sont pas notre destin »
Solidarité avec les populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal
 
Le document qui suit ne concerne pas seulement le Moyen-Orient, c’est un texte d’espoir pour toutes les classes, peuples et genre opprimé-e-s par la domination capitaliste, impérialiste et patriarcale. Non les persécutions, les massacres et les souffrances ne sont pas notre destin. Uni-e-s et armé-e-s nous pouvons nous aussi être fort et refuser la loi de celles et ceux qui veulent nous briser et nous détruire.
Les Yezidi-e-s (Ezidi-e-s) sont une communauté du Kurdistan d’Irak, à la frontière des Etats turc et syrien. Souvent considéré-e-s comme les derniers dépositaires de la philosophie et des anciennes croyances dualistes du peuple kurde, antérieures à l’instauration des grandes religions monothéistes, les yézidi-e-s ont été régulièrement dénoncé-e-s comme des « adorateur/trice-s du diable » par les pouvoir locaux successifs (y compris kurdes). Ils ont subi 72 tentatives d’extermination au cours de leur histoire douloureuse. Beaucoup vivent en diaspora en Arménie, en Géorgie en Russie, et dans les Etats voisins du Moyen-Orient.
A l’été 2014, les milices fascistes de Daesh ont attaqué les Yezidi-e-s dans les monts Sinjar (ou Shengal), exterminant les hommes, violant systématiquement les femmes et les fillettes, et les réduisant à l’esclavage. Les troupes de Barzani, le dictateur féodal du Kurdistan d’Irak, armées et soutenues par l’Etat français, ont abandonné à leur sort les Yézidi-e-s qu’elles étaient censé protéger. Elles se sont même livré à des marchandages sordides avec Daesh, proposant d’échanger des Yézidi-e-s contre des Assyrien-ne-s (minorité « protégée » au Kurdistan d’Irak, pour l’instant qu’elle ne conteste pas le pouvoir de Barzani et de son clan).
Pendant que les « peshmergas » de Barzani se déshonoraient de façon abjecte, les combattant-e-s des trois principales forces de gauche au Kurdistan , le Parti de l’Unité Démocratique (PYD, Kurdistan de Syrie), le Parti de la Vie Libre au Kurdistan (PJAK, Kurdistan d’Iran) et le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, Kurdistan de Turquie) unissaient leurs forces pour voler au secours des Yezidi-e-s. Ils n’ont pas fait qu’assurer leur protection mais les ont aidé à formé leurs propres combattant-e-s aux sein des YBS, les groupes de résistance de Sinjar/Shengal. Pourtant ce sont les peshmergas que les médias français et Bernard-Henri Levy présentent régulièrement comme des héros, et les combattant-e-s du PKK que la France et l’Europe considère comme des « terroristes ». Hollande est allé le mois dernier en Irak pour garantir Barzani de l’indéfectible soutien de la France. Ce soutien dure depuis 1991 et a permis aux chefs de guerre du clan Barzani de se livrer à un juteux trafic d’armes françaises.
Aujourd’hui les Yézidi-e-s ne veulent plus du pouvoir de Barzani, qui multiplie les vexations minables à leur égard (bloquer les produits de premières nécessité, empêcher les familles de regagner leurs maison, fermer sous la menace des armes l’association de soignant-e-s Yazda qui aidait les survivant-e-s) pour leur faire sentir sa capacité de nuisance. Barzani est l’allié privilégié de la Turquie d’Erdogan, qui menace les familles yézidies réfugiées de représailles si leurs frères et sœurs restées en Irak continuent à soutenir le PKK qui les a sauvés. Barzani a rencontré la semaine dernière le premier ministre turc Yldirim et lui a promis sa collaboration contre les « terroristes » du PKK. Mais malgré les chantages et les menaces, les Yézidi-e-s n’oublient pas qui les a soutenu depuis 2014, et qui les a abandonné. . Ils/elles veulent majoritairement associer politiquement la région de Sinjar/Shengal aux cantons autogérés du Kurdistan de Syrie (Afrin, Kobané, Ceziré) et s’affranchir du pouvoir féodal de Barzani. Le PKK a pourtant proposé de partir de la région de Sinjar/Shengal pour ne plus que les Yézidi-e-s soient puni-e-s de la solidarité qu’ils leurs apportent. Les Yezidi-e-s ont répondu par une déclaration très courageuse, résumée ici par l’agence de presse kurde ANF. Nous reproduisons ce résumé même s’il contient à notre avis des illusions sur les impérialistes de l’Union Européenne et sur la caverne de brigands qu’est à nos yeux l’ONU. En relayant ce document, l'OC-FR souhaite apporter son soutien aux Yézidi-e-s et exprimer notre volonté internationaliste de nous tenir aux côtés des peuples en résistance, victimes du capitalisme et de l'impérialisme.
 
APPEL LANCÉ DES EZIDIS A LA GUÉRILLA KURDE ET AU MONDE
Shengal -La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a tenu une réunion avec la participation de plus de 60 délégués du Kurdistan, de l'Europe, de la Russie et de l'Arménie, sur le Mont Shengal entre le 25 et le 28 décembre. La coordination a publié la déclaration finale de cette réunion, où il a décrit la guérilla Kurde comme l'espoir des peuples d'Êzidî et a appelé les guérilleros à ne pas se retirer du Shengal.
LES MASSACRES NE SONT PAS NOTRE DESTIN
Dans sa déclaration, la coordination a souligné que les massacres ne sont pas le destin des êzidî, qui veulent maintenant y mettre un terme. À cet effet, elle a attiré l'attention sur la nécessité d'unité et de solidarité.
 
APPEL AUX FORCES LOCALES ET INTERNATIONALES
La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a décrit Shengal comme la patrie de tous les Êzidîs et a appelé les Ezidis à donner la priorité à Shengal et demandé un soutien matériel et moral
"Nous demandons que l'ONU, à l'UE et aux autres organisations internationales d'être des parties garantes, et que la guérilla kurde , qui est une force nationale efficace dans la lutte contre Daech , continue à défendre notre société.
Si vous n'étiez pas venu à notre secours, nous été abandonnés. Avec votre arrivée, vous êtes devenu l'espoir de notre peuple. Nous pensons que vous avez encore une responsabilité et, bien que vous n'ayez pas fait de déclaration officielle ou de tentative, nous ne pensons pas qu'il serait bon pour vous de vous retirer du Shengal. Nous croyons que cette société a besoin de vous et que vous serez sensible sur cette question.
 
L'AUTONOMIE DE SHENGAL SERA LA BASE
La coordination a déclaré qu'elle adopte l'autonomie du Shengal en garantissant les droits des Êzidîs comme base de tous les efforts politiques et diplomatiques, et a décidé de s'adresser aux institutions internationales sur cette question.
 
APPEL À LA MOBILISATION DES ÊZİDİS
La Coordination de la Société Démocrate Démocratique a souligné l'importance de la mobilisation et de l'expression des personnes dans le monde entier dans l'unification de la société et a décrit la mobilisation et l'institutionnalisation des Êzidîs au Shengal comme un exemple concret d'une telle organisation. La coordination a annoncé qu'une administration de la Société Démocratique d'Êzidî, composée de 31 représentants du Kurdistan et du reste du monde et de 5 coordinateurs, a été créée lors de la réunion sur le mont Shengal et une décision a été prise d'étendre et de renforcer les Unités de Résistance Shengal YBŞ) comme forces de défense au Shengal.
ANF
 
"Les massacres ne sont pas notre destin", solidarité avec es populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal

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Publié le 9 Janvier 2017

Lettre ouverte à propos de la situation en Syrie

Nous avions déjà écrit ce texte sur des positions similaires et sommes signataires de la présente lettre ouverte :

Il n'est pas possible de soutenir à la fois les opprimés et leurs oppresseurs.

Lettre ouverte aux organisations progressistes, révolutionnaires, ainsi qu'aux médias alternatifs et militants.

 

Dernièrement, le siège et la chute de la ville d'Alep a causé de violents remous dans l'opinion publique au sein de l’État Français. Les images de morts, de blessés, de destruction, de bombardements ont marqué les esprits. Il est logique, il est sain d'être horrifié par ce genre de scènes.

Pourtant, l'empathie légitime qu'il est possible de ressentir pour les victimes de ces opérations militaires, des exactions qui ont suivi la reprise de la ville, ne doit pas oblitérer tout jugement politique. Cela ne doit pas occulter la véritable nature politique de l'opposition armée connue sous le nom de « Armée Syrienne Libre » et les intérêts qu'elle sert, entre les mains de ses maîtres.

Que des individus soient mortifiés et réagissent avec leur cœur, comment le-leur reprocherions-nous ? Si ils sont dans l'ignorance des ramifications et des implications politiques, nous ne saurions les blâmer, c'est à nous, militants, de les en informer.

Mais qu'une organisation politique ou un média militant prenne position pour soutenir l'appel de la "mairie d'Alep-est", c'est une toute autre chose.

L'erreur existe, et l'ignorance également. C'est pour cela que nous rédigeons cette lettre. Nous les invitons à repenser leur position, à comprendre qu'on ne peut pas être équidistant entre les progressistes et les réactionnaires sans prendre fait et cause pour eux.

Beaucoup d'organisations politiques et de médias militants progressistes affirment soutenir la lutte du peuple kurde contre ses oppresseurs en Turquie et en Syrie. Ces organisations et médias retransmettent les informations transmises par la coalition formée autour du PKK, du TKP M/L, de leurs organisations militaires YPG - YPJ - TIKKO, et affirment également soutenir la politique du HDP en Turquie, qui combat contre l'ogre Erdogan et son régime.

La coalition que forment les organisations de combat kurdes est la seule à œuvrer à une lutte résolue pour le progrès, l'égalité, et pour chasser les impérialistes. Et ce, que ce soit au Rojava (Kurdistan Syrien) au Bakur (Kurdistan de Turquie), sur leur terre, tout comme pour l'émancipation générale des peuples de Syrie et de Turquie.

Le Parti HDP, dans l’État Turc, mène une lutte exemplaire pour le maintien des droits démocratiques dans un État qui sombre dans le fascisme.

Que veulent ces forces ?

Les forces combattantes du Kurdistan Turc et Syrien veulent l'indépendance. Elles veulent la constitution non pas d'un état bourgeois de plus, mais bien d'un État libre de démocratie populaire. Elles combattent, dans un front uni avec leurs alliés, contre l'impérialisme, le capitalisme, l'obscurantisme, le sexisme et la destruction de l'environnement.

Les forces Kurdes mènent la lutte depuis 1978 dans l’État Turc, date à laquelle a été fondé le Parti des Travailleurs du Kurdistan, sous l'impulsion de Abdullah Öcalan. Depuis le commencement de la guérilla, les forces Kurdes n'ont jamais renoncé à obtenir un état indépendant.

La coalition des Forces Démocratiques Syriennes est un front dans lequel luttent les Kurdes, contre le régime dictatorial et clientéliste de Bachar Al-Assad, laquais des Russes, et contre les pions de Erdogan et des réactionnaires, la clique de l'Armée Libre Syrienne. Ces forces combattent également les réactionnaires fascistes de Daesh. Pourtant cette alliance n'est pas toujours fiable et connaît des fractures. De nombreuses forces combattent aux côtés des Kurdes contre Daesh, l'ASL ou le régime, mais il est arrivé que les alliés de la veille se retournent contre les combattants kurdes dès que l'ennemi commun prend la fuite. Très peu de forces syriennes acceptent l'idée d'un Rojava indépendant. C'est pour cela que nous devons soutenir nos camarades au front. L'anti-impérialisme et l'internationalisme sont les meilleurs alliés des Kurdes.

Début 2016, les forces combattantes révolutionnaires Turques et Kurdes se sont unifiées autour d'un front commun nommé “Halkların Birleşik Devrim Hareketi” (Mouvement Révolutionnaire Unis des Peuples) rassemblant une dizaine d'organisations révolutionnaires Kurdes et Turques.
Voici quelles sont ces organisations:

  • Devrimci Karargâh (QG Révolutionnaire)

  • DKP (Parti de communards révolutionnaires)

  • MKP (Parti communiste maoiste)

  • MLKP (Parti communiste marxiste léniniste) pour combattre le fascisme turc au Kurdistan.)

  • THKP-C/MLSPB ( Parti/Front communiste de Turquie/marxiste-léniniste, brigades armées de propagande)

  • PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan)

  • TİKB (L’union des communistes Révolutionnaires de Turquie)

  • TKEP-L (Parti communiste de Travail, léniniste)

D'autres combattent également de manière indépendante ou côte-à-côte avec les forces progressistes Kurdes et Turques. Nous mentionnons leurs noms en annexe
.
Leur communiqué résume leurs objectifs:

  • "Notre mouvement a pour objectif d’obtenir un avenir libre, démocratique pour nos peuples, contre l’impérialisme, le capitalisme, le chauvinisme, le fascisme et le racisme. Il considère incontournable la destruction de l’AKP fasciste, avec tous ses soutiens sociaux et par la force révolutionnaire du peuple.

  • Le gouvernement AKP, est en train de détruire la nature, en même temps que la société. Il intensifie l’exploitation de la classe ouvrière et de tous les travailleur/ses, et impose les conditions d’esclavage. Sur toutes les masses de population, il est répressif et meurtrier.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, adopte le principe de réunir et d’organiser toutes ces forces sous les attaques de l’Etat bourgeois de la République Turque et du gouvernement AKP, et de les mobiliser pour la lutte.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, lutte pour l’écologie, pour la libération de la femme, pour la classe ouvrière, les droits et les libertés des travailleurs, ainsi que pour installer le pouvoir du peuple pour la Turquie, et l’autonomie au Kurdistan afin de permettre un avenir libre pour nos peuples.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, appelle toutes les masses populaires meurtries par le fascisme et l’intégrisme, en commençant par les femmes, les jeunes, les ouvriers et les travailleurs, à s’organiser, s’unir et lutter pour la liberté, la démocratie et la fraternité des peuples."

Certes la guerre force à des compromis. Le mouvement de libération kurde a dû en faire et en fera certainement d'autres. Mais ces compromis n'ont jamais détourné ces forces combattantes de leur but ; contrairement à une ALS qui est directement une marionnette entre les mains de ses maîtres. Ériger ces compromis en obstacles insurmontables est le paravent de la lâcheté et du sectarisme. Pendant que, bien au chaud, des militants s'échinent à trouver des groupes qui soient l'incarnation de la perfection, mais dont l'impact réel est nul, ceux qui combattent réellement meurent au front sans soutien. Dans notre calme État impérialiste, s'offusquer qu'il soit possible de chercher des alliés tactiques lorsque les bombes pleuvent est un luxe que ne peuvent connaître ceux qui subissent la guerre.

Il est possible, et il est d'ailleurs sain d'être critique. Mais il est nécessaire de savoir choisir également son camp.

Il est impossible de jouer sur deux tableaux.

L'occident, et au premier rang la France, condamne le régime de Bachar Al-Assad pour des motifs hypocrites, camouflant une opposition géopolitique avec la Russie. Lorsque la famille Assad était une bonne cliente de la France, celle-ci ne tarissait pas d'éloge au sujet du régime.
Certains groupes militants pensent qu'il faut appliquer alors, mécaniquement, le fait que l'ennemi de notre ennemi est notre allié. Ils soutiennent alors Bachar Al-Assad comme un rempart contre l’obscurantisme, comme un chef de file de l'anti-impérialisme. En somme, ils nient que Bachar Al-Assad est un simple agent de la Russie au Moyen-Orient, une marionnette des ambitions Irano-Russes dans l'orient de la Méditerranée.

Ces organisations peignent en rouge le régime, et peignent en rouge Poutine, ce qui est faux. Elles mettent en avant -tout aussi hypocritement- le fait que le régime serait l'allié des Kurdes, et qu'il est possible de concilier les deux. C'est escamoter le fait que, si des trêves existent lorsque Daech et l'ALS sont présentes, le régime n'a de cesse de tenter d'exterminer les Kurdes dès qu'ils sont seuls à seuls.

Soutenir le régime de Bachar Al-Assad, c'est célébrer l'impérialisme Russe, c'est célébrer faussement les BRICS [Les états émergents, Brazil, Russia, India, China, South Africa] comme étant la révolution mondiale, c'est se mettre à la solde d'une réaction contre une autre. Pire encore, certains souhaitent l'union de la France et de la Russie dans cette affaire, niant par là même le caractère criminel de l'impérialisme français, et souhaitant simplement qu'ils s'alignent sur un autre camp.

Qu'est ce que l'Armée Syrienne Libre et que veut cette coalition ?

L'Armée Syrienne Libre n'est pas unie idéologiquement, elle est une ligue de diverses organisations allant de démocrates sincères jusqu'à des obscurantistes virulents.

Ces forces sont principalement divisées en deux groupes, ou chambres d'opérations qui sont des alliances temporaires et non-exclusives autour d'objectifs ponctuels ou autour du soutien d'une puissance étrangère. La première Fatah Halab -conquête d'Alep- rassemble les agents d'Erdogan et des occidentaux. Elle est la force qui a été utilisée par la Turquie pour faire barrage à l'unification des zones contrôlées par les Kurdes au Rojava. Elle rassemble grossièrement 50% des forces armées de la nébuleuse de l'Armée Libre Syrienne. Ce sont les fameux "modérés" soutenus par l'occident. Issus des frères musulmans et des organisations réactionnaires locales, ils ne sont considérés comme modérés uniquement parce qu'ils ne menacent pas les intérêts occidentaux.

Jaish Al Fatah, -l'armée de la conquête- est construite autour des différentes cellules d'Al-Qaïda ayant survécus à la concurrence de Daesh. Cette chambre d'opération se démarque de la première par le fait qu'elle considère celle-ci comme "trop modérée." Egalement, Jaish Al Fatah est principalement le pion de l'Arabie Saoudite et du Qatar, avant d'être celui d'Erdogan.
Hors de ces chambres d'opération, des poussières qui s'agglutinent parfois dans des configurations différentes, mais toujours à la remorque, dans l'ombre, des deux chambres d'opération principales. C'est dans cette poussière que certaines organisations de l'Etat Français pensent trouver des joyaux d'une pureté révolutionnaire parfaite.

Le fait est qu'il existe des lignes progressistes au sein de l'Armée Syrienne Libre, c'est indéniable. Mais elles ont fait le choix de se mettre à la remorque des agents les plus réactionnaires de la coalition. Elles ont jeté par dessus bord leur indépendance politique pour se mettre eu ligne aux cotés d'Al-Qaïda et des obscurantistes. Elles ont abandonné toute stratégie en devenant des mercenaires de la Turquie, des USA et de la France. Ces forces, pendant la bataille d'Alep, n'ont servi qu'à assouvir les ambitions expansionnistes de la Turquie, et à être une des branches de la tenaille pour écraser les forces combattantes Kurdes, au lieu de combattre le régime de Bachar Al-Assad. Cette clique est plus une armée de mercenaires au service d'un maître qu'une force politique cohérente.

Plusieurs organisations politiques au sein de l’État français, mais également en occident en général, trouvent conciliable de marcher et de défiler à l'appel du "maire d'Alep-est" et de soutenir la cause du peuple Kurde. Nous affirmons que cela n'est pas possible. Il n'est pas possible de soutenir ceux qui s'allient avec la France et la Turquie, qui en sont les mercenaires, sans devenir soi-même un renégat.

Nous affirmons qu'il est impossible de pouvoir jouer sur les deux tableaux et de pouvoir défiler sous le pavillon d'une clique de bandits au service des intérêts de la Turquie. Qu'il est impossible de pouvoir saluer la lutte des YPG – YPJ – TIKKO et de marcher avec leurs bourreaux. Qu'il est impossible de prétendre combattre l'impérialisme et ses ramifications tout en soutenant ses agents.

Quelques soient les raisons invoquées, quelque soit la faction obscure soutenue par les groupes soi-disant révolutionnaires, soutenir toute branche de l'ASL, marcher avec Free Syria, c'est marcher avec l'AKP et ses sbires. C'est marcher avec les bourreaux du peuple kurde.

C'est également marcher main dans la main avec les laquais des impérialistes occidentaux dans la région. C'est marcher avec l'impérialisme français et embrasser son drapeau. Il n'est pas possible de tenir ce discours et d'ensuite "compenser" en agitant le drapeau du Kurdistan libre, le salissant par la même occasion.

Cela n'est pas conciliable.

Que le régime de Bachar Al-Assad soit un régime d'oppression à la solde des intérêts de la Russie est une vérité. Il est juste de le pointer du doigt et cela doit être fait, il n'est pas conciliable de se dire révolutionnaire tout en le saluant. Mais il est aisé de dénoncer les ennemis de son propre impérialisme.

Ceux qui, dans l’État français, se réjouissent des victoires de l'ASL, pleurent ses défaites, chantent leurs louanges ne sont pas seulement en contradiction avec le fait de soutenir les kurdes et les Forces Démocratiques Syriennes, ils se déclarent même ennemis de leur cause de libération nationale et de libération de la Syrie de la présence des impérialistes.

Une ligne de démarcation se trace, elle doit être franchie, que cela soit d'un coté ou de l'autre, par toutes les organisations ayant une position sur la question de la guerre en Syrie.

Certains prônent l'éclectisme et soutiennent tout ce qui lutte contre le régime de Bachar Al-Assad. Il n'est pas possible de l'être dans une lutte à mort.

Certains prennent ceci par dessus la jambe, le traitent avec légèreté. Ils se démasquent comme étant des opportunistes qui ne voient le fait de soutenir les kurdes que comme étant "de bon ton". Nous devons dénoncer cet opportunisme.

Lorsque, rien qu'à Lyon, la mairie Front de Gauche du premier arrondissement de Lyon accepte de relayer l'appel réactionnaire du maire d'Alep-Est, nous devons les dénoncer et dénoncer leur attitude de renégat.

Lorsque Europe Ecologie / Les Verts signe également cet appel, nous devons dénoncer l'attitude de laquais de l'impérialisme de cette organisation.

Lorsque "Ensemble" signe ceci aux côtés des agents fascistes d'AKP, c'est qu'ils prennent position en faveur de la répression du peuple Kurde.

Ceux qui parlent de "soutien critique" lorsqu'ils se rassemblent sous le drapeau de l'ASL de la France et de la Turquie se démasquent donc comme des soutiens de fait à ces forces.

Nous appelons toutes les organisations progressistes et révolutionnaires de l’État Français ou francophones à relayer cet appel, à prendre position sur le fond de celui-ci et à démasquer les mercenaires de l'impérialisme.

Nous devons dénoncer les appels hypocrites de la France et des organisations qui sont ses valets. Sous couvert d'humanitaire, ces cris servent à implanter les avant-postes de son impérialisme.

Nous appelons ces organisations et ces médias à rejeter les positions et la propagande des agents de l'impérialisme, au premier chef duquel l'impérialisme français, notre ennemi premier. Nous souhaitons la défaite de notre propre impérialisme, que ses griffes soient arrachées et ses armes brisées !


Nous appelons à la constitutions d'initiatives, militantes, politiques, financières pour soutenir depuis l'Etat Français la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour sa libération du Kurdistan et de la Syrie.

Vive la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour la liberté ! A bas le régime fasciste d'Erdogan et les laquais des impérialistes !


Vivent les volontaires internationaux qui combattent aux côtés des Kurdes

Premiers signataires : Maison de la Mésopotamie ; Unité Communiste - Lyon; OCML Voie Prolétarienne ; Organisation Communiste - Futur Rouge ; Jeunes Communistes Lyon.

Participer ou signer ? Solidarite.Kurdistan@gmail.com


Annexe:
Les forces des Kurdes et leurs alliés:


 

HPG : Force de Défense du Peuple.
YJA-Star : Unités des Femmes Libres.
PAJK : Parti des Femmes Libres du Kurdistan.
YPS : Unités de Protection Civile.
YDG-H : Mouvement de la Jeunesse Révolutionnaire Patriotique.
HDP : Parti Démocratique des Peuples.
DBP : Parti Démocratique des Régions.
HDK : Congrès Démocratique des Peuples.
PKK: Parti des Travailleurs du Kurdistan.
YPG: Unités de Défense du Peuple.
YPJ: Unités de Défense Féminines.
PYD: Parti de l'Union Démocratique Kurde (en Syrie).

Organisations turques combattant aux côtés des forces combattantes Kurdes.

MLKP : Parti Communiste Marxiste-léniniste.
DHKP-C : Parti-Front Révolutionnaire pour la Libération du Peuple.
TKP-ML : Parti Communiste Turc - Marxiste-léniniste. Sa branche armée est le Tikko.
MKP : Parti Communiste Maoïste.
MLSPB : Union Marxiste-léniniste pour la Propagande Armée.
DAF : Action Révolutionnaire Anarchiste.

Organisations de volontaires étrangers:
Bataillon International de la Libération au Rojava.

A.I.T. Antifascist Internationalist Tabur

Lettre ouverte à propos de la situation en Syrie

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Syrie, #kurdistan, #Kobane, #Impérialisme, #Turquie, #International

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Publié le 28 Novembre 2016

Déclaration de l'OC-FR au 38ème anniversaire du PKK
 
Nous étions invité à assister et à nous exprimer à l'anniversaire du PKK, principale organisation politique kurde en Turquie, qui mène une lutte armée de résistance face au régime réactionnaire d'Erdogan. 
La lutte de libération nationale au Kurdistan est une lutte juste que nous saluons dans toutes ses régions, quel que soit l'État qui domine. Nous saluons la résistance héroïque et le courage des combattant-e-s kurdes qui font face à tant d'ennemis.
Une répression intense est actuellement menée par le régime turc, en Turquie, mais aussi en Syrie et en Irak, où l'armée d'Erdogan intervient militairement. La Turquie occupe le Kurdistan-Nord et menace le Rojava. Erdogan menace l'existence même du peuple kurde, sauf ceux qui acceptent de collaborer docilement comme les forces de Barzani en Irak. L'État français l'assiste dans sa tâche génocidaire. Il est donc urgent d'exprimer et d'apporter tout notre soutien inconditionnel aux forces progressistes kurdes. 
 
Un de nos camarades nous a donc représenté, et a lu cette déclaration :
 

"Cher-e-s camarades

Je voulais d’abord transmettre mon salut chaleureux et celui de mon groupe politique, l’organisation communiste Futur Rouge, au peuple kurde et à son Parti.

La lutte au Kurdistan est aujourd’hui une des luttes émancipatrices les plus avancées dans le monde. Si nous pensons que nous devons lui apporter notre solidarité, c’est parce que nous avons des ennemis commun : l’impérialisme, le capitalisme et le patriarcat.

Il y a 100 ans les impérialismes français et britanniques se partageaient le territoire de l’ancien empire ottoman par les accords Sykes-Picot, dans le mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cent ans plus tard, c’est ce système qui est en train de s’effondrer dans le chaos. La région est un foyer de contradictions impérialistes entre les USA, la France, la Turquie, Israël, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Russie et l’Iran. Ces contradictions peuvent déboucher sur une nouvelle guerre mondiale.

Nous qui militons en France, nous avons une responsabilité particulière par rapport aux crimes de notre Etat, l’Etat français, membre de l’OTAN, allié privilégié du régime fasciste turc, d’Israël, du Qatar et de l’Arabie Saoudite. Nous ne pensons pas pour autant que la Russie et l’Iran soient des alliés des peuples du Monde contre l’impérialisme occidental. La Russie et l’Iran sont un bloc impérialiste concurrent de l’impérialisme occidental, mais lui aussi couvert de sang et oppresseur des peuples.

La véritable force qui peut vaincre l’impérialisme, c’est la solidarité internationale des peuples du monde.

Depuis 1978, le peuple kurde mène une lutte exemplaire, d’abord contre le régime fasciste turc, sous la direction du Parti des Travailleurs et de son président, Serok Öcalan, en lien avec les forces internationalistes, progressistes et démocrates au sein du peuple turc et des autres peuples d’Anatolie.

Aujourd’hui, la lutte se développe dans les quatre parties du Kurdistan contre les régimes dictatoriaux, les chefs féodaux et l’oppression patriarcale. Cette lutte démocratique fait à nos yeux objectivement partie de la révolution socialiste mondiale.

Après l’héroïque victoire de Kobané, début 2015, un pacte de solidarité à été signé entre les représentant de la lutte kurde en Europe et vingt-six organisations communistes d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Afrique réunies au sein de l’ICOR, la Coordination Internationale d’Organisations Révolutionnaires.

Une des matérialisation de ce pacte de solidarité a été la construction entre juin et novembre 2015 d’un centre de santé pour le croissant rouge kurde par 177 brigadistes venus de 11 pays différents.

Nous avons passé la frontière turco-syrienne sous la protection des camarades kurdes et œuvré selon les principes de la Révolution au Rojava, avec des méthodes de construction traditionnelle.

Nous continuons à collecter de l’argent pour l’acquisition de matériel médical et la reconstruction écologique de la vile.

Le centre de santé à ouvert en juillet 2006 avec un service d’accouchement et de soin aux femmes parturientes, ce qui est un symbole d’avenir, de reconstruction et de vie.

Car nous savons que la vie triomphera sur les forces du fascisme et de la mort, même si la situation est difficile.

Après son échec électoral de juin 2015, le parti AKP d’Erdogan a relancé la sale guerre contre le peuple kurde, mais aussi contre tous les progressistes et tous les peuples minoritaires d’Anatolie. Beaucoup de villes de Bakur sont aujourd’hui aussi détruites que Kobané.

Par ailleurs l’Etat turc cherche à détruire l’environnement et le cadre de vie traditionnel du peuple kurde avec un programme de centrales nucléaires et hydrauliques comme à Hasankeyf . Des grandes compagnies capitalistes françaises comme Areva prêtent la main à ce véritable écocide.

L’armée kurde et ses mercenaires ont lancé une campagne d’extermination fasciste contre la révolution au Rojava. Cette campagne a été préparée de longue date.

Les Forces Démocratiques Syriennes, constituées des YPG et des YPJ kurdes, mais aussi de combattant-e-s arabes, turkmènes, yézidi-e-s, syriaques…défendent les structures d’autogestion au Rojava et gagnent du terrain contre les fascistes de Daesh.

Les USA mènent un jeu dangereux en essayant d’utiliser les Forces Démocratiques Syriennes pour leurs intérêts tout en soutenant le régime fasciste turc.

L’impérialisme russe cherche lui aussi à utiliser les Forces Démocratiques de Syrie tout en soutenant le régime nationaliste arabe syrien qui a toujours nié le droit des Kurdes et des autres peuples minoritaires de Syrie.

En Europe une campagne médiatique se développe pour opposer les « gentils » Kurdes de Syrie et les Kurdes de Turquie, toujours considéré-e-s comme des « terroristes ». Pourtant c’est une seule et même révolution des deux côtés de la frontière.

Face à cette situation complexe et dramatique, les organisations révolutionnaires réunies dans l’ICOR ont décidé avec les représentant-e-s du mouvement de libération kurde de renforcer le pacte de solidarité. Ce nouveau pacte de solidarité a été signé le premier novembre.

Nous continuerons à porter nos mots d’ordres :

Abrogation de l’interdiction du PKK !

Libération de Serok Öcalan et de tou-te-s les prisonnier-e-s politiques progressistes en Turquie !

Retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne !

Non au blocus de l’Etat turc contre le Rojava !

Ouverture d’un corridor humanitaire avec le Rojava, pour les populations civiles et les réfugié-e-s !

Des armes pour les YPG et les autres forces de la guérilla kurde, en particulier le PKK.

Ne touchez pas au Rojava ! Liberté pour le Kurdistan !

Droit à l’autodétermination du peuple kurde !

Vive la lutte du peuple kurde pour la libération nationale et sociale !

Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous !

Vive la solidarité internationale des peuples !"

 
Déclaration au 38ème anniversaire du PKK

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Turquie, #kurdistan, #Kobane, #International, #Impérialisme, #Répression, #France

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Publié le 27 Novembre 2016

Mort de Fidel Castro : un espoir déçu.
Nous saluons la mémoire de celui qui fut l’un des dirigeants de la révolution cubaine


Fidel Castro est décédé le 25 novembre 2016 à la Havane, à l’âge de 90 ans. L’OC-FR souhaite rendre hommage à la mémoire de ce dirigeant cubain.

Nous ne sommes pas castristes, ni guevaristes. Nous n’avons jamais considéré Cuba comme un pays socialiste, ni la révolution cubaine comme une révolution socialiste. Nous ne considérons pas Fidel Castro comme un communiste authentique, de même que nous ne reconnaissons pas le Parti Communiste Cubain comme un parti révolutionnaire, mais comme un parti de la bourgeoisie nationale et révisionniste.

Néanmoins, cela ne nous empêche pas de soutenir les cubain-e-s face aux impérialistes, et de reconnaître le courage de Fidel Castro lorsqu’il a mené une lutte de libération nationale glorieuse aux cotés de Che Guevara et de nombreux-euses autres révolutionnaires authentiques. Le rôle de Fidel Castro était à l’époque majeur, et nous ne l’oublions pas. Il infligea une énorme défaite à l'impérialisme. Fidel Castro a représenté un progrès historique indéniable pour les peuples d'Amérique et d'Afrique dont il a été un allié. Nous ne sommes pas, comme les trotskistes, de ceux et celles qui rejettent en bloc l’héritage de Cuba et qui avec les bourgeois-e-s ne font que diffamer l’histoire de cette île.
Mais nous ne sommes pas comme les révisionnistes, de ceux et celles qui chantent les louanges du PCC sans prendre du recul.

Pour les révolutionnaires du monde entier, Cuba et Fidel Castro ont longtemps représenté un espoir. Après l’URSS, l’Albanie, la Chine, Cuba représentait une espérance socialiste de plus. Avec la guerre du Vietnam, les luttes de libération nationales dans les anciennes colonies, contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud ou contre l’État sioniste en Palestine, Cuba était l’un des fronts de la lutte contre l’impérialisme, où les peuples prenaient les armes pour se libérer et prendre en mains leur destinée. Le mouvement révolutionnaire cubain était partie intégrante du mouvement anti-impérialiste mondial.

Cuba, une île d’espérance et de désillusion


Pour nous, la révolution cubaine, bien que bourgeoise, fut une lutte glorieuse que nous saluons. Nous saluons aussi ses acteurs, dont Fidel Castro qui en a été l’un des combattants majeurs. Nous avons aussi une pensée particulière pour Ernesto Che Guevara, qui a combattu aux côtés des révolutionnaires jusqu’à la mort, et qui fut aussi un maillon essentiel de la révolution cubaine.
Néanmoins, après la prise de pouvoir des révolutionnaires, ce ne fut pas le socialisme qui fut instauré, et ce n’est pas le prolétariat cubain qui gouverna, mais une bourgeoisie nationale menée par Fidel Castro. Cette bourgeoisie nationale, progressiste mais opportuniste, a perdu son rôle révolutionnaire lorsqu’elle a elle-même commencé à dominer le prolétariat cubain. Aujourd’hui encore, et plus que jamais, Cuba est une démocratie bourgeoise, malgré la ferveur populaire.

Cette révolution, qui pouvait inspirer de nombreux autres peuples en lutte, en particulier en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, était insupportable aux yeux des impérialistes. Le Che lui-même tenta d’exporter cette dynamique à travers le monde. Et les impérialistes avaient peur que les peuples reprennent sa maxime :  "créez un, deux, trois Vietnam " !
Alors les USA instaurèrent un blocus économique complet autour de l’île, et tentèrent à de nombreuses reprises de renverser et de déstabiliser le régime cubain ou d’assassiner son dirigeant. Les États-Unis mirent fin unilatéralement à tout les traités entre les deux pays, mettant un terme aux commandes de sucre, principale denrée alors produite par l’économie semi-coloniale de Cuba.
Les cubain-e-s anti-castristes, souvent proches des mafias de Floride, étaient soutenus et financés par la CIA, parfois même armés et entrainés. En 1959, la CIA mis même en place des camps d’entrainement au Guatemala pour y former les cubains anti-castristes. En 1961, Kennedy envoya ces opposants tenter d’envahir Cuba. 1400 participèrent au fiasco de la baie des cochons. Aujourd’hui, les États-Unis continuent à occuper une partie de l’île, là où se situe Guantanamo, l’infâme prison terroriste américaine. 
L’embargo a pour objectif d’appauvrir l’île, d’accroitre la misère, la pénurie, rendant la situation sociale à Cuba très difficile. Face à ces agressions impérialistes continues, nous ne pouvons que les dénoncer et soutenir Cuba.

La bourgeoisie cubaine et les impérialistes à l’oeuvre


Avec Barack Obama, les États Unis ont décidé de renouveler les relations diplomatiques et économiques avec Cuba. Trump devrait poursuivre cette politique. Pas par altruisme, mais bien pour servir les intérêts économiques et stratégiques de l’impérialisme américain. 
L’embargo économique devrait être levé, au fur et à mesure que Cuba apporte des garanties à l’économie américaine, et que ces impérialistes fassent leur retour, qui a déjà débuté, dans l’île.
Cuba représente un marché pour les puissances étrangères, et les américain-e-s ne sont pas les seuls à baver dessus. L’impérialisme français aussi espère en tirer profit. Le président François Hollande s’est largement investi dans les négociations avec Cuba, apportant avec lui son lot de patron-ne-s prêts à investir, et dépecer l’île. L’industrie du tourisme, automobile, textile, culturelle, agroalimentaire, les bourgeoisies étrangères sont nombreuses à se ruer à la Havane pour avoir leur part du gâteau. Et il est évident que la politique actuelle de l’état de Cuba est conciliante avec les impérialistes, rompant définitivement avec l’héritage de la révolution cubaine, pour vendre l’île aux plus offrants. 

Depuis de nombreuses années, le gouvernement cubain opère un retournement radical, anti-social, liquidant les acquis de la révolution, remettant en cause les politiques progressistes en matière d’éducation, de culture, de santé, de logement, le développement économique de l’île, la réforme agraire, mettant en place des politiques de rigueur, mettant fin à l’économie planifiée, conforme aux intérêts d’une part de la bourgeoisie cubaine, une situation inévitable depuis la prise de pouvoir de cette classe sociale après le départ de Batista. 
C’est un bouleversement complet de la société cubaine. Un retour en arrière dramatique pour les classes populaires cubaines. C’est le retour de l’anarchie impérialiste, de la mise en concurrence à tous les niveaux, du chômage de masse et le dépècement organisé de l’île. Il n’y a plus rien à soutenir dans la politique cubaine actuelle.

Fidel Castro est mort, mais nous n’oublierons jamais son combat contre Batista et l’impérialisme.

 

Seule une nouvelle révolution libèrera les classes populaires de Cuba !
Hasta la victoria siempre !
Mort de Fidel Castro : un espoir deçu

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Impérialisme, #International

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Publié le 21 Août 2016

Expulsions fin Juillet : CARA, roms, migrant-e-s, solidarité !

 

Le 28 Juillet, 292 personnes ont été évacuées d'un squat dans lequel nous étions présent-e-s depuis 2 ans et demi à Saint Ouen, le foyer CARA, par une armada de CRS (30 camions présent-e-s).

 

Depuis la venue du DAL au mois de septembre 2015, les habitant-e-s du foyer CARA vivaient dans l'isolement vis à vis des militant-e-s ayant participé ou soutenu cette occupation.

 

Pourtant, le foyer CARA a été un lieu où des dizaines de réunions de diverses organisations politiques, féministes, communistes, se sont tenues. Cette tour, construite par l'architecte Chemetov, était symoblique de la « banlieue rouge », populaire, ouvrière. Classe ouvrière abandonnée par le front de gauche qui a été la première municipalité à s'attaquer à la fermeture de ce foyer qui a accueilli des milliers de jeunes primo-arrivants en région parisienne durant une trentaine d'année.

 

Face à la politique de gentrification de la proche couronne de Paris, Saint Ouen se préparant à devenir un nouvel arrondissement parisien, cette tour a servi de refuge à de nombreux et nombreuses jeunes de quartiers, migrant-e-s, mineur-e-s isolé-e-s, familles roms, à tous ceux et toutes celles que la politique du logement dans cette ville vise à chasser.

 

Nous trouvons dommageable que les militant-e-s se soient détourné-e-s de cette lutte, considérée comme « finie » depuis longtemps alors que plusieurs centaines de personnes y vivaient encore. Les conditions de luttes évoluent, les choses se transforment. Mais nous trouvons classiste de considérer que, une fois disparu le cadre officiel de « foyer de jeunes travailleurs », la lutte est terminée, comme si des centaines de squatteurs valaient moins que les jeunes travailleurs, alors que ce sont toujours des jeunes travailleurs. Nous trouvons raciste de considérer que le départ des militant-e-s blanc-he-s politiques signe la fin de la lutte, comme si seul-e-s les militant-e-s blanch-e-s politiques étaient à même de lutter.

 

Le manque de soutien n'a pas permis d'éviter la dispersion des habitant-e-s. La police a placé des barrières pour disperser les roms qui restaient en bas du foyer, faute de moyen, il n'a pas été possible de mettre en place un campement. Le DAL revendique le relogement des habitant-e-s du CARA et négocie avec la préfecture (sur la base de sa propre liste des hébergements à l'hôtel, ne prenant pas en compte les revendications des roms).

 

Cependant, nous avons obtenu un soutien de la part d'ex habitant-e-s du CARA, d'habitant-e-s de cités aux alentours et des rapports d'entraide et de solidarité persistent malgré notre dispersion.

 

Nous même sommes conscient-e-s que la situation du cara et son expulsion fait partie d'une politique globale. Les habitant-e-s du CARA en étaient eux même conscient-e-s, car faisant partie des populations visées par la politique raciste du gouvernement, au CARA ou ailleurs.

 

Et cet été, la politique raciste vise de plein fouet les quartiers populaires et les migrant-e-s.

 

Pression policière et offensive en banlieue

 

« L'autre riposte, dont François Hollande et Manuel Valls ont annoncé qu'elle serait massive et sans faiblesse, concerne le territoire français. (…) qu'il va demander aux députés et sénateurs pour des perquisitions massives dans les caves et les sous-sols des barres d'immeubles qui sont parfois devenues de véritables bunkers pour tous les trafics possibles. Et d'abord, ceux des armes et de la drogue qui alimentent l'un et l'autre des groupes susceptibles soit de se tourner vers le grand banditisme, soit de tomber dans le radicalisme islamiste. » (source « Le Point », le 11 Novembre 2015).

 

Quelques jours après les attentats, les déclarations étaient claires : offensive sur les quartiers populaires. Saint Denis a essuyé une opération militaire lors de laquelle des milliers de balles ont été tirées et plusieurs personnes blessées. Les manifestations contre la Loi Travail ont ensuite largement occupé les forces policières, mais l'été arrivant, elles se sont reconcentrées sur nos quartiers. Pendant l'euro, la présence policière était massive autour du stade de France : contrôles d'identités, palpations, barrage policiers, policiers en civils dans les cafés, hélicoptère au dessus de nos têtes.

 

L'hélicoptère n'a pas quitté le ciel de la banlieue nord après la fin de l'euro.

 

Le meurtre d'Adama Traoré, l'exécution d'un chien à la Courneuve, ont créé de l'émotion et de la colère dans les quartiers de la banlieue nord. Des échauffourées ont eu lieu à Saint Denis et à la Courneuve. L'hélicoptère de la police a survolé plusieurs fois ces villes depuis les dernières semaines.

 

Parallèlement, l'Etat est allé à l'offensive. Mi Juillet, un squat lyonnais, l'Hôtel California, a été expulsé. Le foyer CARA a été expulsé par une armada de CRS (30 camions) puis un squat de rom dans la foulée à Montreuil. Le 4 aout, c'est un camp de rom à Saint Denis qui a été expulsé.

 

Ces expulsions ne sont pas isolées des exactions policières touchant les jeunes de quartiers non-blanc-he-s comme Adama Traoré.

 

En effet, dans le cas du CARA, la préfecture avait longtemps hésité à intervenir par peur de causer un-e mort-e dans cette tour de 14 étages. Malgré les centaines de CRS, l'évacuation a mis plusieurs heures, un homme a été électrisé par la police et arrêté.

 

La population des squats du 93, la population du CARA correspond à celles et ceux dont, pour l'Etat, la vie ne compte pas, mais qui est de plus considérée comme une menace. Les chambres du CARA, ce sont les caves « hors de l'Etat de droit » qu'il fantasme comme terreau du grand banditisme ou du terrorisme. Prévenir les meurtres policiers, c'est être au quotidien aux côtés des personnes qui affrontent les violences policières et la répression dans les quartiers populaires.

 

Migrant-e-s, quartiers populaires, une seule et même cible

 

Après avoir expulsé les grands squats et camps dont il souhaitait se débarrasser, l'Etat jète son dévolu sur les migrant-e-s et demandeurs et demandeuses d'asile qui campent à Jaurès. Nous en sommes à la 8ème évacuation des demandeurs et demandeuses d'asile. Les premiers jours, l'Etat a agi avec le maximum de brutalité, plusieurs dizaines de personnes ont été blessées.

 

Le préfet de Paris a été condamné plusieurs centaines de fois pour entrave au droit d'asile, l'accueil réservé aux réfugié-e-s fuyant les guerres que sème la France à travers le monde, ce sont des coups de matraque, des renvois en Italie ou en Espagne.

 

Tout cela n'est pas étranger à la politique menée dans les quartiers populaires. La population de Seine Saint Denis concentre beaucoup d'étrangers et étrangères. Dans leur pays, la France exploite les ressources naturelles mais les capitalistes gardent tous le profit, distribuant des miettes à quelques bourgeois-e-s corrompu-e-s qui maintiennent cet ordre des choses par la terreur. La France joue factions contre factions, déclenche des guerres qui ravagent des régions entières. Elle importe (à leurs frais) une main d'oeuvre de ces pays vers la France qu'elle cantonne au travail sur les chantiers, en cuisine, la garde d'enfants ou le ramassage d'ordure.

 

Nos quartiers populaires ne sont pas isolé-e-s de la lutte des migrant-e-s, ils sont le lieu où ils et elles vivent, créent des solidarités, luttent. Au Foyer CARA, la politique vis à vis des réfugié-e-s avait une incidence sur les arrivées de nouveaux habitant-e-s au foyer. Entre primo-arrivant-e-s et habitant-e-s des quartiers existent des solidarités.

 

Importer une main d'oeuvre des pays dominés permet à l'Etat français d'assurer aux patron-ne-s une main d'oeuvre bon marché, mais il se méfie de la population de ces quartiers. L'oppression raciste à elle seule suffit à créer de la colère, de la révolte, dans nos quartiers.

Pour rappeler à la population quelle est sa place, il utilise différentes tactiques. Les exactions policières sont là pour nous signifier qu'il peut faire ce qu'il veut de la vie de la population de ces quartiers et des non-blanc-he-s en général. Cet été, l'état a opposé un déni de justice face aux violences sexuelles dont un petit garçon de 4 ans, Caïs, par un professeur à Montreuil a été victime.

 

Les demandeurs d'asile fuient la guerre, les migrant-e-s économiques sont importé-e-s comme main d'oeuvre. Les pays d'origine de ces populations sont ravagé-e-s ou maintenu-e-s dans le sous développement économique par l'Etat français.

 

 

Nous faisons face à un état impérialiste particulièrement réactionnaire, agressif. Etre présent-e-s auprès de la population des quartiers populaires, des migrant-e-s, dans les luttes du logement des quartiers populaires, tout cela est une nécessité pour mener la lutte contre cet état.

 

Face aux offensives de l'Etat dans nos quartiers, contre les migrant-e-s, créons des solidarités !

Solidarité avec les expulsé-e-s du CARA, de Montreuil, de Saint Denis, les réfugié-e-s !

Expulsions fin juillet : cara, roms, migrant-e-s, solidarité
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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #CARA, #Saint-Ouen, #Paris, #logement, #Impérialisme

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Publié le 20 Juillet 2016

Troupes françaises hors de Libye !

Dimanche, un hélicoptère de fabrication russe a été abattu par la Brigade de défense de Benghazi avec un missile sol-air SA-7. Trois militaires du service action de la DGSE sont morts. Hollande a été obligé de reconnaître que la France est présente militairement au sol, comme les américains et anglais, en Libye. 

L'intervention militaire à l'initiative de la France en 2011 a plongé la région entière dans l'instabilité et la violence. Les troupes aux soldes des pays impérialistes ont commis des massacres dans le nord du Mali, les français y sont intervenus. Il y a quelques jours il y a eu quatre morts dans une manifestation au Mali. L'Algérie elle même a essuyé une attaque.

L'état libyen s'est totalement effondré. Les seigneurs de guerre issus de l'armée libyenne, les chefs tribaux, groupes à base religieuse s'entredéchirent. Les impérialistes ont désigné un gouvernement fantoche qui ne contrôle rien du territoire. Le Nord du pays et donc les régions côtières est de fait contrôlé par un autre gouvernement.

Daesh est implanté dans le sud du pays et contrôle certaines routes ce qui permet une jonction avec Boko Haram. C'est par ces routes commerciales du sud que transite le pétrole et d'autres ressources précieuses en provenance du sahara et de l'Afrique Sub-Saharienne. L'enjeu d'une probable intervention militaire, c'est le contrôle de cette partie sud du pays.

Les deux gouvernements viennent de parvenir à un accord et les français et américains semblent être partis pour une opération militaire directe. Après les attentats, la France et les américains avaient fait des déclarations dans ce sens. 

En février Le Monde avait déjà révélé la présence des forces spéciales françaises. Le gouvernement n'avait pas validé ces informations. Dans les faits, ce secret n'en était plus un. De plus des reconnaissances aériennes sont effectuées depuis le porte-avion Charles de Gaulle.

L'OC-FR dénonce cette politique impérialiste. Nous combattrons toujours les guerres impérialistes, et les intérêts des impérialistes français, nombreux en Afrique du Nord.

Les impérialistes distribuent des armes à tout va, dans un contexte où les alliances se font et se défont, leurs armes se retournant contre eux mais surtout entre différents groupes. Les impérialistes ne savent que mettre de l'huile sur le feu. Ils sont incapabes d'apporter la moindre perspective de paix. Dans un tel contexte, l'avenir de la région est bien sombre, les armes vont continuer à circuler et les milices à se disputer les villes libyennes, les puits de pétrole, ports, routes libyennes.

 

Elles vont continuer à racketter et torturer les migrant-e-s dont des milliers se noient dans la méditérrannée, devenue un charnier tandis que ceux qui parviennent à traverser sont chassé-e-s des pays et laissé-e-s pour compte par les européeens. Nous sommes notamment inquiet-e-s pour les migrant-e-s cherchant à passer la frontière franco-italienne entre Vintimille et Menton près de Nissa qui risquent de pâtir du massacre du 14 Juillet.

 

Notre pays est très agressif militairement.

Nos impérialistes sont sans vergogne. Ils pleurent les vitres de l'hopital Necker et bombardent quelques jours après un hopital en Syrie. Ils commettent des actes pédophiles sur des enfants en Centrafrique pour montrer leur toute puissance sur les africain-e-s. Ils achètent du sable à Daesh et soutiennent Erdogan. Ils ont déstabilisé la Libye, mis des armes dans les mains de groupes génocidaires comme Boko Haram, les civil-e-s malien-ne-s ont subi de nombreuses exactions.

 

 

Nous subissons une intense propagande. Les impérialistes français nous cachent énormément. Ils détiennent les médias. Une instruction judiciaire avait été ouverte contre Le Monde lorsqu'ils ont dévoilé les manoeuvres françaises en Libye pour "compromission du secret de la défense nationales". Des directives européennes pour protéger le secret des affaires ont été adoptées. Aujourd'hui Hollande est bien obligé de reconnaître l'activité militaire de la France en Libye mais nous ignorons combien de troupes y sont déployées et la nature des opérations.

La France est en guerre et nous ne pouvons pas compter sur notre démocratie pour l'empêcher. Le parlement est acquis à l'impérialisme français, ne sert qu'à ratifier ce que les intérêts des groupes capitalistes français exigent. Et ils ont appétit de profit, dans un monde où ils sont concurrencés durement, et pour cela ils déclenchent des guerres poussant des millions de personnes à la fuite sous la menace des groupes génocidaires violents qu'ils ont armés.

Ils dissimulent leur barbarie et les raisons qui les poussent à commettre de telles atrocités. Ils nous parlent de religion pour nous cacher que les raisons des violences qui parfois nous éclaboussent sont à chercher du côté de leurs intérêts économiques. Ils désignent des populations issues des pays qu'ils dominent comme des ennemi-e-s de l'intérieur et les répriment violemment et multiplient les perquisitions. Ils  cherchent à nous faire croire que nous sommes dans le même bateau, alors qu'ils mènent le monde au conflit généralisé. Ils nous gazent, nous frappent, nous tirent dessus à coups de flash ball et interdisent nos manifestations organisées contre leurs offensives contre les droits des travailleurs et travailleuses. La seule sécurité qui leur importe c'est celle de leurs profits, puisque ils n'hésitent pas à nous mentir pour mener des guerres secrètes.

 

Il ne faut pas chercher l'ennemi bien loin, l'ennemi il est à la tête de notre pays. Ne laissons pas les impérialistes français plonger le monde dans toujours plus de chaos et de barbarie.

L'OC-FR reste vigilante face aux interventions de l'impérialisme français et ses opérations extérieures. Nous soutiendrons les initiatives anti-impérialistes qui exigent le retrait des troupes françaises.

 

A bas l'impérialisme français, troupes françaises hors d'Afrique !

 

 

 

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #Lybie, #International, #Impérialisme, #islamophobie, #France

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Publié le 25 Juin 2016

Le Brexit gagne, et alors?
Notre position :
 

Pour l’OC-FR, le Brexit ne changera radicalement pas grand chose pour les peuples britanniques, d’autant plus que le R-U n’est pas dans la zone euro, ni dans l’espace Schengen. 
Les migrant-e-s continueront à se faire réprimer sur les côtes de la Manche. L’accord du Touquet ne dépend pas de l’UE et ne sera pas remis en cause.
Des accords bilatéraux entre le R-U et les pays de l’UE remplaceront les traités de l’UE.

Dans ces conditions, la sortie de l’UE n’est qu’anecdotique. Les communistes n’avaient que peu d’intérêts dans cette campagne référendaire. Les partisan-ne-s du Brexit étaient surtout organisés autour de mouvement ultra-réactionnaire et fasciste. Le UKIP, qui a mené campagne sur des bases xénophobes, revendique comme une victoire personnelle ce résultat. Il est certain que les motivations à voter « Non » sont diverses, et parfois réactionnaires. Plutôt que de rejeter la bourgeoisie, de nombreuses-eux votant-e-s se sont exprimés sur une base raciste, ce qui rajoute de la confusion autour de cette campagne électorale.

Cependant, nous pensons qu’il y a de bonnes raisons à vouloir quitter cette Union Européenne. 
L’Union Européenne, c’est le rassemblement des impérialistes européens, qui se fera désormais sans l’Angleterre, avec la France et l’Allemagne en tête, pour la défense d’intérêts communs. Les bourgeoisies des deux pays y trouvent leur compte : l'espace économique européen permet de faciliter l'exportation de capitaux dans les pays dominés de l'union européenne et d'importer une main d'oeuvre dans les pays impérialistes. 

Les anglais-e-s ont de bonnes raisons de vouloir quitter l’UE 

Nous avons encore en mémoire les luttes étudiantes en Angleterre de 2010. L’augmentation massive des frais d’inscription outre-manche avait amené les étudiant-e-s à manifester massivement à de nombreuses reprises. Beaucoup y voyaient là l’oeuvre des directives européennes. Ils avaient alors envahi le QG du parti conservateur, favorable à l’UE.
Qu’il s’agisse des coupes drastiques ou des politiques de privatisation dans l’éducation, l’enseignement supérieur, la santé, le ferroviaire, les manoeuvres des gouvernements travaillistes ou conservateurs ont toujours été soutenues par l’UE. Cependant, ces gouvernements n’ont jamais eu réellement besoin de l’UE pour mener ces politiques anti-ouvrières, sur la Doxa de la libre concurrence et du libéralisme au profit des capitalistes. De Thatcher à Cameron, en passant par Tony Blair, tous défendaient d’abord les intérêts de la bourgeoisie anglaise.
De même, la loi travail contre laquelle nous sommes en lutte n'est pas imposée par l'UE, c'est l'intérêt des capitalistes français. 

Si une partie de la bourgeoisie anglaise a mis en place ce référendum et a entraîné une majorité de la population vers une sortie de l'UE, c'est que ses intérêts sont tournés ailleurs. Lorsque la bourgeoisie trouve son compte dans l'UE, elle n'hésite pas à passer outre la volonté populaire comme ça à été le cas avec le référendum de 2005 sur la constitution européenne dont les traités ont été adoptés malgré notre rejet.

L’impérialisme anglais a des intérêts souvent divergents avec les autres impérialistes européens. Ses intérêts sont parfois plus tournés outre-Atlantique, que du côté du vieux continent. Le Royaume Uni a sa propre structure d’influence, via le Commonwealth, bâti sur des siècles de colonisation sanglante. Il restera aussi un membre actif de l’OTAN, aux côtés des États Unis et de nombreux pays européens, dont la France.

Les Écossais-e-s, dominés par Londres, voient leurs intérêts et leur avenir ailleurs. Beaucoup ont voté pour le maintien dans l’UE, et voient ainsi un moyen de se démarquer des anglais-e-s, et de redonner du souffle aux volontés indépendantistes. L’OC-FR soutient les revendications nationales de l’Écosse. De même en Irlande du Nord, le Sinn Féin revendique la réunification de la colonie britannique au reste de l’Irlande indépendante. Nous nous inquietons des conséquences pour les irlandais-e-s du renforcement des frontières entre nord et sud du pays. La bourgeoisie anglaise ne saurait qu'en profiter pour asseoir sa main mise sur sa colonie. Nous espérons que les irlandais-e-s pourront trouver les moyens et les forces de redoubler d'efforts dans leur lutte.

Nous pensons cependant que l’Union Européenne n’apporte pas de perspectives aux peuples en lutte. C'est une Europe au service des imperialistes. Les seul-e-s écossais-e-s et irlandais-e-s qui y ont des intérêts sont leurs bourgeoisies nationales.

L’Union Européenne, cet espace de négociation et de décision entre impérialistes européens :

Nous aussi, nous avons de bonnes raisons de combattre l’UE

Alors que l'UE est mise à mal par ce vote, celle-ci négocie sans la moindre transparence avec les États-Unis, le Tafta. Ce traité de libre-échange transatlantique a pour objet l’accès aux marchés et investissements respectifs, US et UE, sans bénéficier aux travailleurs/euses américain-e-s ou européen-nes, mais aux capitalistes, sans que l’on sache réellement ce qu’il contient. 

Ce sont les lobbys et les organisations patronales qui dirigent les négociations. Pourtant cela aura un impact important sur nos législations, pas seulement économiques, mais aussi sanitaires, phytosanitaires, sociales, culturelles et environnementales. 
On peut s’attendre à ce que la situation se dégrade largement, et que cela soit suivi de nombreuses directives pour s’aligner notamment sur le marché et la législation nord-américaine, au profit des grands monopoles (Nord-américains et européens, le Tafta est très suivi par des grands groupes tels que Monsanto, Dow chemical, etc, prêts à s’abattre tels des rapaces sur l’Europe, tandis que les multinationales européennes (Bayer, Syngenta, Sanofi, etc) espèrent pouvoir élargir leur accès au marché américain). 
De très nombreuses économies sont concernées: agroalimentaires, pharmaceutiques, aéronautiques, ferroviaires, automobiles, cosmétiques, numériques, textiles, culturelles, etc. 
Les nouvelles législations pour la libre-concurrence devraient amener de nouvelles privatisations, et réduire au minimum les services publics. 
Internet aussi sera atteint, via ses logiciels libres, les « open source », avec le renforcement des brevets, des marques et des droits d’auteurs, dans la droite ligne d’Acta, Sopa, Pipa, des lois dictées par le patronat à l’échelle européenne pour réduire nos libertés et nos cultures non-marchandes au nom de la « propriété intellectuelle » et en France à travers les lois HADOPI, LOPPSI. L’Union Européenne s’est toujours opposée aux cultures libres, populaires, oeuvres de toutes et tous.

Pour les capitalistes français-e-s et américain-e-s, ce sera l’occasion d’étendre leur expansion outre-atlantique et leur domination culturelle bourgeoise et réactionnaire.

 
Dans le plus grand secret là encore, d’autres négociations sont en cours avec de nombreux états, tels que le Japon ou le Canada. Là encore, sans mandat, rien ne fuite, dans le secret des affaires.
 

Ainsi, l’UE continue ses politiques secrètes et capitalistes. Après la directive sur le secret des affaires, qui traque les lanceurs d’alerte et interdit la divulgation d'informations d’intérêt public, sous prétexte de défense des intérêts privés, et des industriels, l’Union Européenne a mis en place une législation européenne complexe, dans le seul but de faciliter les activités économiques de ses multinationales.
L’UE organise donc le dumping social. Elle a par exemple créé les mesures du travail détaché, pour exporter à bas coût des mains d’oeuvres flexibles et mobiles. On retrouve ainsi des travailleurs/euses détaché-e-s sur tous les grands chantiers européens, dans des conditions d’extrême précarité et d’insécurité. 
Cette même Union européenne qui pille actuellement la Grèce, qui divise l’Ukraine, pour les intérêts de ses impérialistes, ne peut être qu’un ennemi des peuples. 
La Troïka organise les attaques incessantes contre la classe ouvrière et soutien activement, et financièrement, la répression contre les luttes sociales d’un côté, les activités des multinationales de l’autre. 

Cependant pour l’OC-FR, si les gouvernement légitiment leurs mesures par les politiques européennes, cela ne les dédouane pas pour autant. 
Sortir de l’Union Européenne n’améliorera pas notre sort. 
Une partie de la bourgeoisie, au Royaume Uni comme dans l'Etat français, défend le protectionnisme face à la crise. Or, les barrières douanières sont un obstacle à la circulation des capitaux, facteur d'aggravation de celle-ci et des tensions inter-imperialistes. Ce n'est pas notre crise, c'est celle des capitalistes, mais nous ne nous laisserons pas entraîner par la bourgeoisie vers des solutions qui ont déjà prouvé être catastrophiques. Dans le capitalisme, il n'existe plus de solutions.
Sans l’UE, ces politiques continueront tout de même, car c’est l’intérêt des capitalistes et des impérialistes. En réalité l’UE n’est pour eux qu’un ressort de plus, et il ne faut pas oublier que derrière cette institution européenne, c’est bien les États impérialistes qui sont à la manoeuvre. L’UE n'impose rien aux états français ou allemands, ce sont ces pays qui imposent leur dictat en Grèce par-exemple. Ce sont donc ces États que nous devons prioritairement viser et combattre. Seul le socialisme nous sortira de là.

Une autre Europe n'est pas possible en contexte impérialiste, seulement une Europe des impérialistes. Elle ne tient que parce que leurs intérêts convergent et leurs intérêts sont de nous exploiter et de faire un maximum de profit, mais comme la bourgeoisie anglaise, notre bourgeoisie peut très bien décider que son intérêt se trouve ailleurs.

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Impérialisme

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