Publié le 29 Octobre 2015

Rendons hommage à Zyed et Bouna, et tirons le bilan d’une décennie de répression
 
Le 31 octobre 2015, la marche pour la dignité rendra hommage à Zyed et Bouna, deux jeunes de Clichy-sous-Bois que la police avait pris en chasse sans autre motif qu’un contrôle d’identité et qu’on a retrouvés morts électrocutés. Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, avait rajouté à ce crime une célèbre réplique pleine de mépris raciste pour les habitant-e-s des banlieues populaires, comme si ceux et celles qui protestaient contre les exactions policières ne valaient pas plus que de la saleté, de la racaille à nettoyer au karcher.
Mais à cette répression, toutes les cités et tous les quartiers populaires de l’Etat Français, toutes les ZUS (Zone Urbaine Sensible) avait réagi par des émeutes sans précédents. Partout cette jeunesse ouvrière victime du racisme et menacée par le chômage a montré à quel point elle se sentait concernée par ces crimes policiers et ces paroles insultantes. Dès lors, impossible de fermer les yeux : la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » masquait la réalité d’une France bourgeoise, coloniale et raciste qui ne s’était jamais reniée : les ZUS concentraient la majorité des personnes étrangères ou issues de l’immigration, appartenant socialement au prolétariat.
Devant cette offensive populaire, spontanée et hors des circuits politiques conventionnels, l’Etat avait répliqué par une forte répression et des centaines d’arrestations. Les partis et les personnalités de « gauche » avaient condamné ces émeutes.
Dix ans se sont écoulés depuis la mort de Zyed et Bouna. Depuis ce crime devenu événement historique, dix ans ont vu les conditions de vie des quartiers populaires s’empirer, dans la plupart des grandes villes et faire face à une contre-offensive de la part de l'Etat. La gentrification repousse toujours plus les classes populaires le plus loin possible du centre administratif de la ville. Ce sont dix années où la police n’a pas arrêté ses exactions, dix années qui ont vu le retour des milices fascistes et des ratonnades, le terrain préparé par un racisme qui s’affirme de manière de plus en plus décomplexée dans la société toute entière, dix années où la crise de l’impérialisme est devenue le prétexte pour couper toute oxygène aux masses avec des plans d’austérité qui contraignent chaque jour un grand nombre de familles à la misère. Dix années où l’empire français n’a cessé d’envoyer ses légions sanguinaires en Afrique et au Moyen-Orient, pour y apporter les « lumières » de la civilisation.
Ils ont cherché de plus en plus à isoler les quartiers populaires, les musulman-es, les noir-es et les rom-nies, afin que les blanc-hes d’Europe occidentale, eux aussi de plus en plus précarisé-es, rejettent l’unité avec leurs frères et sœurs de classe. 
Des idéologues fascistes ou fascisants ont même ressorti le racisme anti-blanc pour casser au mieux l’unité de la classe ouvrière. Mais comment pourrait-on dénigrer le fait que des personnes racisées, des personnes qui ressentent la même ségrégation s’organisent entre eux, alors que la communauté militante blanche les délaisse et ne reconnait pas leurs luttes ?
Cette répression grandissante, cette oppression qui s’intensifie montre bien à quel point le pouvoir bourgeois impérialiste a peur de l’unité des classes populaires, et comment la moindre émeute sans préparation ni organisation préalable le fait trembler de haut en bas. 
C’est pourquoi ils consacrent tant d’énergie à nous briser et à nous diviser. C’est parce qu’au fond nous avons TOUT ce qu’ils craignent. Les temps sont durs et rien n’est facile, mais en face de nous l’ennemi est en réalité paniqué et à bout de souffle, si nous tenons bons, si nous parvenons à restaurer la solidarité et l’organisation populaire, si nous sommes chaque jour plus nombreu-x-ses à mettre une énergie acharnée à les combattre, alors nous verrons qu’ils tiendront moins longtemps que nous, et que l’impérialisme français n’est rien de plus qu’un coq de papier.
 

Dans ce contexte, nous militant-e-s communistes vivant dans les quartiers populaires avons une responsabilité historique. Nous devons participer activement à la solidarité dans les quartiers. Nous devons construire l'unité à la base et dans l'action. Nous devons participer aux luttes.

Depuis les émeutes de 2005, les habitant-e-s des quartiers populaires ont continué à se battre. Des villes se sont soulevées contre les violences policières, par exemple dans le 95 à Villiers le Bel. L'année dernière, les lycéen-ne-s de Saint Denis ont manifesté suite à la mort de Rémi Fraysse. La jeunesse des quartiers s'est battue contre le CPE, la réforme des retraites, les réformes du lycée, les mauvaises conditions d'études... Contre les plans des promoteurs immobiliers qui veulent chasser les habitant-e-s des quartiers populaires, les quartiers se mobilisent pour le droit au logement, contre les violences fascistes et racistes lorsqu'ils y sont confrontés, contre les agressions islamophobes.
 
Pour notre organisation, la solidarité ne doit pas se cantonner à des phrases, à des communiqués. Elle se vit. Elle est concrète et matérielle. C'est sur le terrain, sur nos lieux de vies et de travail que la solidarité s'organise. Ce doit être notre quotidien. il ne suffit pas de dénoncer, il faut combattre !
 
Les camarades de l'OC-FR seront présent-e-s aux initiatives de soutien. Nous nous souvenons, et nous n'oublierons rien. Nous pensons aux familles, aux ami-e-s, aux voisin-ne-s des victimes et de tous-tes ceux/celles qui ont lutté.
Après le 31 octobre, nous serons toujours là, car c'est aussi notre quotidien, nos vies, notre environnement, nos ami-e-s et nos camarades que nous défendons ! 
HOMMAGE AUX VICTIMES DE LA POLICE ! 
UNITE DES QUARTIERS POPULAIRES ! 
ASSEZ DE REPRESSION ET D’EXACTIONS! 
AUTO-ORGANISATION DES RACISE-ES ET SOLIDARITE DES BLANC-HES ! 
IL N’Y A QU’UNE SEULE CLASSE OUVRIERE !
Rendons hommage à Zyed et Bouna et tirons le bilan d'une décennie de répression

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Paris

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Publié le 21 Octobre 2015

Depuis le mois de septembre, le Foyer CARA à Saint-Ouen est l'objet d'une « réquisition » par le DAL. Nos militant-e-s sont présent-e-s depuis deux ans et quelques au foyer CARA. Nous avons mis longtemps à nous exprimer sur le sujet, car les dernières semaines ont été assez tendues.
 
 
Un foyer avec une longue tradition de lutte
 
Les résident-e-s étaient encore une trentaine à y vivre, regroupés de force depuis quelques mois sur les 4 premiers étages, dans des conditions de déménagement en urgence et sans ascenseurs.
 
 
Les résident-e-s se sont battus contre la volonté de vider le foyer sans relogement de la mairie Front de Gauche à partir du mois de janvier 214. Manifestations, fêtes, réunions avec la mairie ont eu lieu pendant tout le printemps.
 
La visibilité était facilitée par la présence et l'habitude d'organiser des activités au foyer pour militant-e-s maoïstes, trotskistes (même si des tas d'autres militant-e-s de diverses nations et peuples vivaient au foyer et y avaient des activités eux aussi).
 
La lutte a amené un afflux d'activités militantes au foyer, notamment féministes. Le groupe Femmes en Luttes 93, par exemple, y a organisé des actvités, notamment une soirée de soutien aux femmes sans papiers de la CSP93.
 
 
Puis après le changement de municipalité passée à droite, les résident-e-s ont continué à se battre, avec moins de visibilité passé l'effet de mode exotisant.
 
Le maire, président de l'association CARA, a laissé pourrir la situation. Comme les lieux continuaient à se vider, les entrées d'argent se faisaient de plus en plus maigres pour continuer à payer le personnel. Au mois de janvier, celui-ci n'a plus pu être payé et est entré en grève. Suite à la vacance du gardiennage, de nouveaux voisins ont fait leur apparition.
 
100 à 150 personnes devaient alors occuper le foyer.
 
L'OPHLM, propriétaire, a mis en place des vigiles qui ont progressivement empêché ces nouveaux arrivés de rentrer chez eux, ainsi que nos voisin-e-s qui vivaient au foyer hébergés par des frères, petits amis ou petites amies et versaient un loyer en liquide. L'interdiction des visites, prétendument suite à un arrêté municipal jamais publié ou à une modification du règlement jamais voté, a entraîné de nombreuses expulsions.
 
 
Nous nous sommes battus tout le prinptemps contre ces expulsions avec les résident-e-s et les occupant-e-s. Le DAL était solidaire mais les résident-e-s étaient en première ligne.
 
Nous nous sommes organisé-e-s avec une partie des expulsé-e-s.
 
C'est pour cela que les résident-e-s ont naturellement appuyé l'occupation du foyer CARA. C'est logique que cette tour se remplisse. Avec ou sans association, à la moindre brèche dans le gardiennage, elle se remplit. Soutenir ou non les mal-logé-e-s, la plupart des résident-e-s ont fait leur choix il y a longtemps déjà.
 
Les choses ont continué à se dégrader suite aux expulsions de cet hiver pour les résident-e-s et ils se sont battus.
 
Lorsqu'on a menacé de leur couper le courant. Lorsqu'on leur a volé les portes coupes feu. Lorsqu'on leur a coupé l'eau. Un résident s'est battu pour empêcher l'OPHLM de murer les derniers étages et permis ensuite l'occupation.
 
 
Les résident-e-s ont toujours été en première ligne, dans l'isolement. L'intérêt du monde militant pour notre situation s'est effrité ces derniers mois. Les militant-e-s blanc-he-s de la tour sont partis pour leur plus grande part. Et puis, impossible maintenant de réserver des salles au foyer (c'est « quand même devenu un peu trop ghetto » pour y faire des meetings). Bref, cette lutte a eu lieu ces derniers mois en non mixité, où des mal-logés racisés se heurtaient à une mairie, un office HLM raciste, la dimension anti-raciste du combat mené par les résident-e-s saute aux yeux.
 
Et là … le DAL arrive...
 
Nous ne savons pas comment le DAL a présenté les résident-e-s aux mal logés venus occuper la tour. La plupart ne savaient pas qu'il y avait des habitant-e-s et rien n'a été fait pour préparer le travail commun qui pourtant semblait une nécessité, de même que prendre en compte la récente descente forcée des résident-e-s et les modes d'organisation qu'ils et elles se sont donnés pour résister.
 
 
Au contraire, consignes ont été données de chasser les résident-e-s venu-e-s récupérer des affaires abandonnées dans les étages supérieures (affaires qui ont toutes été jetées) et de leur interdire l'accès aux étages supérieurs du foyer. « On est 150, que vous le vouliez ou non, on allait rentrer, maintenant, on occupe les 10 étages supérieurs de la tour et vous n'avez pas votre mot à dire », voilà le message du DAL aux résident-e-s.
 
 
Alors que les résident-e-s ont ouvert les bras à l'occupation de la tour et se sont battus durant deux jours contre les vigiles et la police, ils et elles se sont heurtés au mépris. « Vous n'êtes pas très bien organisés ici », répond leur "chef" à  des questions sur le mode de répartition des chambres et les négociations avec la préfecture...
 
Racisme et autoritarisme
 
Nous avons laissé avec joie et prêt-e-s à se battre entrer des mal-logé-e-s mais nous nous sommes retrouvé-e-s face à une organisation raciste et autoritariste.
 
Une organisation raciste, qui, dès le premier jour de l'occupation de la tour, déclarait que la mairie de Paris en faisait trop pour les migrant-e-s sur France Inter. Voici quelques exemples d'attitudes racistes  :
- Leur "chef", qui passe, royal, à côté d'un résident bloqué par un vigile, sans lui jeter un regard, pour rentrer dans le foyer.
- Un repas organisé dans l'ancien appartement de notre camarade où des femmes africaines préparent et servent le repas à des blancs et où l'on applaudit « les fatous ».
- Des femmes africaines qui baissent les yeux et disent « c'est le chef » en parlant d'un de leur militants.
- Cette vidéo parle d'elle-même.
- La mise en place de vigiles un soir pour "lutter contre les pratiques de sous location". Les résident-e-s  sont toujours soupçonnés de pratiques mafieuses.
Quand bien même ils sont en train d'aider un voisin à démenager quelques affaires, on les prend en photo, parce que c'est une "preuve".
De la part d'une organisation qui dégage plusieurs salaires la leçon ne passe pas. 
D'autre part, payer des vigiles noirs pour surveiller des noirs, c'est révélateur. C'est de toute façon une tactique coloniale classique que de chercher à semer la division, que d'utiliser des racisé-e-s contre les autres. Cela permet aux dirigeant-e-s de sous traiter la surveillance, de dormir tranquille et d'éviter de se faire virer pour continuer de se la mettre bien et de manger mieux que tout le monde au cinquième étage en se faisant servir par des mal logé-e-s.
 
Quiconque ose poser des questions se mange coup de pression, rumeur sexiste, proposition de rejoindre le dal comme tentative de corruption... même pas la peine de leur demander d'héberger les expulsé-e-s du foyer ils n'en ont "rien à foutre c'est trop tard vous avez été expulsés" à 10 en haut des escaliers.
 
Les nuits ne sont pas tranquilles au CARA.
 
Après l'expulsion du campement de république, celes et ceux qui n'ont pas été relogé-e-s sont venu-e-s au CARA. Ce n'est pas le problème, c'est que pour leur trouver des chambres, des militants du DAL ont brisé la porte de chambres DEJA occupées, c'est en expulsant des personnes qu'on lutte pour le droit au logement ?
 
Contre le mot d'ordre de réquisition de la Tour
 
Les résident-e-s ont rejeté le mot d'ordre de réquisition. Ce mot d'ordre ne leur paraissait pas porteur d'unité avec les résident-e-s qui ne vont pas se battre pour réquisitionner un endroit où ils vivent déjà depuis de nombreuses années.
 
Et puis, tout de même, il faut se rendre à l'évidence. Le foyer CARA est la seule tour trentenaire qui tient au beau milieu de grues qui font sortir de terre bureaux, immeubles de logement neufs, sortie de ligne 14.
 
 
Les promoteurs immobiliers et les entreprises comme Vinci s'en donnent à cœur joie à Saint Ouen pour construire des immeubles de bureaux qui resteront vides, des appartements pour une population de cadres, un métro pour que les cadres puissent être en deux temps trois mouvements au cœur de Paris.
 
Et vous savez quoi ? L'Etat et les institutions (région, départements, municipalités, précédente et actuelle, préfecture) sont là pour assurer ces marchés. Ils accompagnent cette offensive dans la proche banlieue parisienne par des modifications institutionnelles (Grand Paris). Justice et police expulsent en masse. Les flics sont très présent-e-s à Saint-Ouen.
 
Aller demander à la préfecture de réquisitionner la tour dont la résistance des résident-e-s et du personnel a fait louper à Vinci un marché et dont la présence fait chuter le prix de l'immobilier, c'est ou être naïf ou mentir sur ses objectifs.
 
Bien entendu, il y a besoin d'une main d'oeuvre qui puisse se reposer. Quand les patron-ne-s ont besoin d'importer de la main d'oeuvre, l'Etat construit des HLM. Mais dans un contexte de crise, toute une partie de la main d'oeuvre est surnuméraire et ses conditions de vie n'intéressent plus l'Etat.
 
Porter des illusions quant à la neutralité de l'Etat vis à vis des mal-logés, c'est mettre en danger leur capacité d'autodéfense.
 
Des négociations secrètes avec la préfecture
 
Publiquement, a été expliqué que les négociations porteraient sur l'ensemble des habitant-e-s du CARA. Puis alors qu'une de nos militantes demandaient comment les résident-e-s non adhérent-e-s au DAL auraient accès à ces négociations, elle s'est vue répondre que les négociations ne concernaient pas les résident-e-s mais la question de l'hébergement dont est responsable la préfecture de région. Cette explication a été redonnée en AG, puis des bruits de couloirs ont été répandu comme quoi ces négociations n'avaient jamais eu lieu.
 

Cette association a envahi le foyer pour avoir un point d'appui pour entrer en négociation avec la préfecture car le campement de République ne suffisait pas. Mal-logé-e-s parisien-ne-s et audonien-ne-s ont été entraîné-e-s vers la tour dans cet objectif.

 
Foyer auto-géré, le mot d'ordre porté par les résident-e-s
 
Les résident-e-s ont eu le temps d'élaborer des mots d'ordre correspondant à leur analyse de la situation les mois précédents. Le mot d'ordre – ambitieux – de foyer autogéré. C'est la transmission d'expériences de lutte (celle des Sorins à Montreuil par exemple), qui a permis à ce mot d'ordre d'émerger.
 
Rester chez nous, s'organiser, pour avoir les moyens de peser face à l'Etat, voilà ce qui est proposé depuis des mois par les résident-e-s du foyer CARA.
 
Les violences commises par les sbires de l'OPHLM ont réprimé les tentatives de réaliser ce mot d'ordre.
 
Pas besoin de bouclier, nous sommes notre propre bouclier
 
Les résident-e-s du CARA n'ont jamais eu de collectif de soutien autour d'eux et elles. Ils et elles ont toujours oeuvré en non mixité de mal-logé-e-s. "La place des militants qui ont un appartement, c'est en soutien, pas dans notre tour", rappelait un résident. De notre part, il s'agit d'une volonté politique. Nous n'avions pas envie de reproduire des exemples autour de nous où un collectif de soutien majoritairement petit-bourgeois, blanc, bien logé, se permet de prendre des décisions en lieu et en place des mal-logés.
 
De toute façon, jusqu'à récemment, il n'a pas été trop difficile de repousser des modes de soutien qui ne nous convenaient pas.
 
En effet, tout l'hiver et au printemps, lorsque nous nous battions contre les expulsions, quand tous les soirs des migrant-e-s tentaient de conserver un toit le reefugee welcome n'était pas à la mode, les soutiens ne venaient qu'au compte goutte.
 
Quand des noir-e-s se battent contre des vigiles privés, les militant-e-s ne s'intéressent pas à cette lutte, ne la qualifient même pas de lutte. Ils disent que tout est déjà perdu et que ça ne sert à rien de s'accrocher, qu'il faut être quand même un peu taré. Ils/elles traitent celles et ceux qui se battent contre les expulsions de mafieux/euses.
 
Mais quand le DAL débarque au foyer, soudain, les communiqués de soutien pleuvent. Réquisitionner la tour c'est super.
 
Les seules luttes reconnues, ce sont celles qui sont encadrées par des militant-e-s blanch-e-s. Logique raciste. Logique qui oublie que les opprimé-e-s sont les principaux acteurs de leur lutte.
 
Les organisations s'intéressent en particulier aux luttes qui mobilisent des réseaux militants et journalistiques et universitaires, à ce qui est déjà visible et pourra leur apporter de la visiblité. Logique politicienne plutôt que militante.
 
Les résident-e-s ont en assemblée générale repoussé un collectif de soutien.
Les bonnes âmes charitables, ils n'en veulent pas. 
De la récupération politique non plus. « Nos vies ne sont pas à récupérer politiquement ». Quant à l'importance du soutien, ils et elles le minimisent. « Nous n'avons pas besoin de bouclier, nous sommes notre propre bouclier ».
 
Les militant-e-s parlent beaucoup de jeunes de quartiers, parlent beaucoup des luttes qui s'y mènent. Force est de constater que face à ces luttes, le mépris raciste et classiste reste de mise.
 
Nous mêmes trouvons que la lutte à laquelle nous participons développe davantage de forces et nous apprend davantage que des colloques universitaires.
 
Nous sommes prêt-e-s à participer à la gestion collective du lieu. Ce lieu n'est pas « trop grand » pour nous. Nous nous y sommes déjà battus dans des conditions beaucoup plus mauvaises. Nous ne revendiquons pas la direction de la lutte. Nous préférons renforcer et épauler celles et ceux qui vont permettre de réaliser le mot d'ordre d'autogestion du foyer CARA.
 
 
Autogestion du foyer CARA !
Pas besoin de direction blanche aux luttes des noir-e-s, des rroms et des arabes!
Vive la lutte des mal-logé-e-s, à bas les pratiques racistes et autoritaristes !
Occupation du cara : point de vue d'une organisation présente depuis deux ans dans la lutte
Occupation du cara : point de vue d'une organisation présente depuis deux ans dans la lutte
Occupation du cara : point de vue d'une organisation présente depuis deux ans dans la lutte
Occupation du cara : point de vue d'une organisation présente depuis deux ans dans la lutte
Occupation du cara : point de vue d'une organisation présente depuis deux ans dans la lutte
Occupation du cara : point de vue d'une organisation présente depuis deux ans dans la lutte
Occupation du cara : point de vue d'une organisation présente depuis deux ans dans la lutte
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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #logement, #Paris

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Publié le 13 Octobre 2015

ATTENTAT-MASSACRE D’ANKARA : « NOUS ETIONS VENU-E-S AVEC NOS BANDEROLES DE PAIX, ELLES ONT SERVI A COUVRIR NOS MORT-E-S »

 

 

Ce samedi 10 octobre, une manifestation était organisée à Ankara (Turquie) pour la paix et pour protester contre les massacres de l’armée turque au Kurdistan. 

A l’appel des grandes centrales syndicales DİSK, KESK, TMMOB et TTB, et soutenue par les organisations démocrates et révolutionnaires, plusieurs centaines de personnes étaient en train de se rassembler lorsque deux bombes ont explosé au milieu de la foule. 

Ces explosions ont visé les cortèges du parti démocratique des peuples (HDP), du Partizan et de Kaldiraç. A l’heure où nous écrivons ces lignes, au moins une centaine de personnes sont mortes, et le bilan peut encore s’alourdir.

Ce nouvel attentat-massacre contre la gauche kurde et ses allié-e-s est une nouvelle étape dans la fuite en avant du gouvernement AKP et de l’Etat turc dans la répression. 

En ce jour de deuil et de colère, nous voulons exprimer notre solidarité à nos camarades du Partizan, à nos ami-e-s du HDP et de Kaldiraç, à toutes les familles des victimes, à toutes celles et tout ceux qui en Turquie et en Kurdistan-Nord partagent les idéaux progressistes et émancipateurs pour lesquels ils/elles manifestaient ce jour là à la gare d’Ankara, qu’ils soient syndicalistes, membres de minorités culturelles ou religieuses, féministes, militant-e-s LGBTIQ, écologistes, anarchistes, communistes où simplement épris-e-s de paix et de démocratie.

 

Erdogan, de l’ « ouverture démocratique » aux massacres 

 

L’arrivée au pouvoir en 2003 de Recep Tayip Erdogan et de son Parti de la Justice et du Développement (AKP) a représenté une rupture dans l’histoire de la République Turque. 

Erdogan ne semblait lié à aucune des fractions bourgeoises matériellement intéressées à la perpétuation de la guerre coloniale au Kurdistan de Turquie. L’AKP se réclame de la réislamisation de la société turque. Il se présente comme un parti néoconservateur sur les questions de société et néolibéral en économie. Il est arrivé au pouvoir avec l’appui de la fraction bourgeoise ascendante des « tigres d’Anatolie ». Ces « tigres », qui avaient principalement fait fortune dans le BTP réclamaient la liquidation à leur profit du secteur économique d’état et entraient ainsi en contradiction avec la bourgeoisie bureaucratique, l’armée, la mafia et les milices fascistes qui avaient jusque là constitué la colonne vertébrale de l’Etat turc.

Pour parvenir au pouvoir, Erdogan s’est alors présenté comme le seul capable d’enclencher un processus de paix avec le peuple kurde. Il apparaissait alors comme un homme neuf, capable de faire mieux que ses rivaux du CHP (nationalistes « laïcs » de « centre-gauche ») du MHP (parti ouvertement fasciste, « laïc » lui aussi ) couverts de sang dans une guerre qui a fait 45 000 mort-e-s depuis 1978. 

 

Abdullah Ocalan, le principal dirigeant  du Parti des travailleurs du Kurdistan a alors proposé une feuille de route vers la paix, renonçant à l’indépendance kurde pour une forme d’autonomie dans les frontières de l’Etat turc.

 

Douze ans plus tard, Erdogan est toujours au pouvoir. Tantôt premier ministre, tantôt président, éliminant une partie de ses ancien-ne-s allié-e-s, ralliant une partie de ses ancien-ne-s adversaires, il cherche désormais à devenir président à vie et à affaiblir ses derniers contre-pouvoir. 

Le gouvernement est éclaboussé par toutes sortes de scandales financiers touchant ses soutiens, les « tigres d’Anatolie ». Les classes populaires se révoltent contre la spéculation immobilière (Parc Gezi à Istanbul 2013), les grands travaux inutiles et nuisibles (centrales hydro-électriques…), les catastrophes industrielles endeuillant les travailleurs (mines de Soma, 2014. 301 mort-e-s). La croissance économique turque est touchée par la crise mondiale du capitalisme. Le régime tente d’assurer sa survie par une fuite en avant dans la répression. 

A partir de 2011, il s’efforce, avec ses alliés (notamment l’Etat français et les pétromonarchies arabes), de renverser le régime syrien et de détruire l’unité nationale syrienne, en armant tour à tour (et parfois en même temps) diverses milices réactionnaires : l’Armée syrienne libre, Jahbat al-Nosra (succursale d’Al Qaida en Syrie), Daech et, de nouveau, l’Armée syrienne libre (à partir de l’été 2015, quand son soutien à Daech est devenu trop voyant).

Dès 2011, inquiet des succès électoraux croissants de la gauche kurde légale (BDP, parti de la démocratie et de la paix qui deviendra par la suite HDP), Erdogan abandonne sa politique d’ « ouverture kurde » pour une reprise de la répression et des provocations. Il intensifie cette tendance au printemps 2015, alors qu’il espère remporter un triomphe aux élections législatives pour parachever son entreprise de présidentialisation du pouvoir.  

 

Les provocations contre le HDP vont crescendo tout au long de la campagne : coup de feu contre des militant-e-s, meurtre…jusqu’à une double attaque à la bombe, lors du meeting de fin de campagne à Diyarbakir (5 juin 2015) qui fait 130 blessé-e-s dont 25 graves.

Loin de détruire la dynamique en faveur du HDP, les provocations ne font que la renforcer…Avec 13% des suffrages, il empêche l’AKP de remporter la majorité absolue, et rend de ce fait la formation d’un gouvernement impossible (CHP et MHP refusent les offres de l’AKP qui exclut par principe toute coalition avec le HDP). 

De nouvelles législatives sont provoquées pour « débloquer la situation ». C’est alors qu’Erdogan va faire basculer le processus électoral dans l’horreur et la guerre, pour instaurer un climat d’union sacré autour de lui.

 

Le 20 juillet, un attentat à Suruç (Kurdistan de Syrie) tue 32 militant-e-s communistes et progressistes qui s’apprêtaient à passer la frontière syrienne pour participer à la reconstruction de la ville kurde de Kobâné. L’attentat est attribué par le gouvernement à Daech (qui ne l’a à ce jour jamais revendiqué). C’est le début d’une manipulation d’un cynisme inouï. Dans les jours qui suivent, Erdogan déclare sa volonté de combattre le terrorisme « d’où qu’il vienne ». 

Il en profite surtout pour relancer la guerre contre les forces armées du Parti des Travailleurs du Kurdistan, concentrées à la frontière irakienne, tout en intensifiant sa répression contre l’extrême-gauche (et notamment contre le DHKP-C, un parti guévariste qui a depuis longtemps rompu toute solidarité avec la résistance kurde).

Au fur et à mesure qu’approchent les élections législatives (prévues en novembre), le gouvernement turc concentre ses troupes dans le Kurdistan de Turquie pour instaurer un climat de terreur.

En septembre, des centaines de locaux du HDP sont saccagés par des militant-e-s de l’AKP, main dans la main avec des groupuscules fascistes (on verra même un ministre se joindre à ces opérations). Pendant 9 jours, l’armée proclame l’Etat de siège dans la ville  kurde de Cizre, bloquant tout accès aux hôpitaux et obligeant avec une cruauté incroyable la population de garder ses blessé-e-s et les corps de ses mort-e-s dans les maisons.

Après le massacre d’Ankara, Erdogan et les responsables de l’AKP ont tenu des propos insensés, affirmant qu’aucune piste ne devait être rejetée, que le PKK avait peut-être massacré ses propres camarades et ami-e-s, à moins que ce ne soit les guévaristes du DHKP-C. Même dans l’Etat français, l’AKP a mobilisé ses militant-e-s, pour crier « provocation » face aux  manifestant-e-s rassemblé-e-s pour exprimer leur douleur et leur colère. Pour les survivant-e-s et les familles des victimes, un tel cynisme relève de la torture.

 

Qu’est-ce que le HDP ?

 

Le HDP est plus qu’un parti de la  gauche autonomiste kurde (une « vitrine légale  du PKK » pour reprendre l’interprétation de l’Etat turc). Sur les 13% récoltés aux dernières élections législatives, on estime que le cinquième des voix, soit un million, n’étaient pas des voix kurdes. Le HDP défend les peuples dominés de Turquie (Arménien-ne-s, Arabes, Alévi-e-s, Assyrien-ne-s…) et est actif au côté des réfugié-e-s yezidis, par exemple.

 

Il développe un programme économique « autogestionnaire », fondé sur le développement de coopératives ouvrières. Son corpus téhorique emprunte moins à Marx qu’à Proudhon (ou plutôt au théoricien anarchiste US Murray Bookchin).

 

Le HDP se veut pro-féministe et pro-LGBTIQ.

 

Le HDP se veut aussi le parti de la protection de l'environnement et du respect du droit à la vie de toutes les espèces.

 

Les hommes et les femmes qui sont mort-e-s sous les bombes ce week-end à Ankara sous les drapeaux de l’HDP avaient espéré pouvoir dépasser les logiques d’affrontement armé avec le pouvoir qui bornent la vie politique turque depuis les années 70. Face à une classe dominante qui assume cyniquement le mépris de l'environnement et de la vie humaine et animale au nom de la modernité capitaliste, ils/elles voulaient construire par les élections et la convergence des luttes une alternative de paix et de démocratie. 

Le gouvernement vient de leur signifier très clairement qu’il ne poserait jamais son coutelas de boucher, et qu’il entendait maintenir son pouvoir, même au prix d’un bain de sang. L’Etat turc est structurellement criminel, comme l’écrivent nos camarades du Partizan, eux/elles aussi durement frappé-e-s par les attentats : « l’histoire de l’Etat turc est pleine de massacres. ». Face à ce nouveau crime, la jeunesse progressiste et révolutionnaire de Turquie/Kurdistan Nord doit de nouveau se préparer à une lutte longue et difficile. 

 

Nous voulons rester à ses côtés dans cette lutte, qui est une part de la lutte internationale pour la libération et le socialisme. L'OC-FR participe aux initiatives de solidarité aux côtés des camarades turques et kurdes.

Nous exigeons le retrait du PKK (et du DHKP-C) de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Cette liste est une épée de Damoclès au dessus de la tête des militant-e-s, qui peuvent être arrêté-e-s pour avoir simplement tenu une table de presse à une fête de soutien (alors que le criminel de guerre Erdogan a pu tenir un meeting électoral à Strasbourg début octobre et lancer des appels à la haine devant 12 000 personnes). 

Nous exigeons que les militant-e-s progressistes kurdes et turc-que-s encore détenu-e-s dans les prisons françaises soient libéré-e-s. 

Nous exigeons la fin de la collaboration répressive entre les polices des deux Etats.

 

Erdogan l’allié de l’Impérialisme français pour la guerre en préparation

 

Nous nous tiendrons plus que jamais aux côtés de nos camarades et ami-e-s de Turquie et du Kurdistan-Nord. Nos appelons à renforcer partout les manifestations de solidarité dans ces heures terribles.

Cette semaine, des personnes de bonne foi, sincèrement indignées, préféreront aller manifester contre l’ « ingérence » de la Russie sur le territoire syrien. L’armée russe est en Syrie à la demande du président Bachar Al-Assad, que l’impérialisme français trouvait assez légitime pour le recevoir en grandes pompes le 14 juillet 2008. Mais c’était avant…

Contrairement à certaines personnes mal informées, nous savons que la Russie n’est plus socialiste, qu’elle est un pays impérialiste et comme tel réactionnaire sur toute la ligne. 

Nous n’ignorons rien de la répression que le régime syrien faisait subir depuis de longues années à ses opposants. Nous connaissons le sort que ce régime réservait aux communistes qui refusaient de lui servir de caution de gauche, aux syndicalistes qui refusaient d’être des courroies de transmission de sa politique néolibérale, et aux militant-e-s kurdes.

La question n’est pas là. Ces manifestations ne font que répéter ce que le gouvernement de l’Etat français raconte sur la Syrie depuis des années par les voix de ses ministres Juppé et Fabius. Elles servent de caution au gouvernement français pour sa politique de guerre en Syrie.

 

En 2003 quand les USA attaquaient l’Irak, 80% de la population de l’Etat français s’opposaient à cette guerre. A l’époque, la population semblait partager la thèse de l’Etat français comme quoi aucune puissance n’avait le droit de s’ingérer dans les affaires intérieures d’un Etat souverain sans accord du conseil de sécurité de l’ONU.

1)      La Russie impérialiste intervient en Syrie à la demande du gouvernement d’un Etat souverain (quoi qu’on pense de la dynastie Assad elle n’est ni plus ni moins légitime que Saddam Hussein, arrivé au pouvoir lui aussi par un coup d'Etat).

2)      La France impérialiste et son allié turc interviennent en Syrie sans que personne ne leur ait rien demandé. Il s’agit bien d’une ingérence et d’une invasion en bonne et due forme, qui devrait indigner tout les fétichistes du droit international, surtout celles et ceux qui vont la payer avec leurs impôts…

 

Depuis 2011, l’Etat français et l’Etat turc arment et entraînent de concert les milices réactionnaires qui affrontent le régime syrien et multiplient les exactions contre les minorités religieuses. L’Etat français a délibérément laissé nombre de ses ressortissant-e-s rejoindre ces milices en transitant par la Turquie. Désormais la France et la Turquie  interviennent directement en Syrie en essayant de reconstituer une « opposition modérée » avec les débris de l’Armée Syrienne Libre (ASL) et du Jahbat Al-Nosra (Al Qaida) qui n’ont pas encore rejoint Daech (l’Etat turc a même créé des bureaux de recrutement pour l’ASL).

L’Etat turc a énoncé cet été quelques uns de ses « buts de guerre » : créer en Syrie une zone d’exclusion aérienne, notamment au dessus du Kurdistan de Syrie (le Rojava, qui s’est doté d’institutions autonomes depuis l’été 2012), prendre le contrôle de la région de Jarabulus (dernière enclave encore contrôlée par Daech au Kurdistan de Syrie, qui risque à tout moment de céder sous la pression militaire de la résistance kurde), confier la gestion de Jarabulus à l’armée syrienne libre et en faire une zone tampon entre le canton autonome kurde d’Efrin et ceux de Kobâné et Cizîré, bref casser durablement l’unité territoriale des trois cantons autonomes kurdes de Rojava en attendant de pouvoir les détruire (ce que l’Etat turc n’a pas encore les moyens de déclarer ouvertement).

Depuis le 5 octobre, le gouvernement turc accuse le gouvernement russe de plusieurs violations de son espace aérien. L’Etat français et les USA se sont empressés de se solidariser avec leur allié turc… 

Ces accusations font monter d’un cran les tensions internationales. Pendant ce temps, personne au sein de l’OTAN ne s’émeut des violations répétées de l’espace aérien syrien par les avions turcs, français ou US.

 

En tant que communistes, nous n’avons pas à distribuer les bons et les mauvais plans dans le ballet de vautours qui planent au dessus des peuples de Syrie. L’alliance Russie-Chine-Iran est une coalition impérialiste, tout comme l’alliance USA-France-Turquie-Israël-pétromonarchies arabes. L’impérialisme c’est la réaction sur toute la ligne.  Cependant, comme communistes dans l’Etat français, nous avons la responsabilité de dénoncer les crimes de notre propre impérialisme et d’entraver son effort de guerre autant que nos forces nous le permettent. Nous souhaitons la défaite de notre impérialisme. L’ennemi est dans notre pays.

Il faut par ailleurs ne pas perdre de vue que l’Etat français est avec l’Etat turc, les pétromonarchies arabes et l’Etat sioniste une des puissances les plus agressives de sa propre coalition impérialiste, une de celles qui a le plus intérêts à pousser ses alliés à une guerre mondiale pour surmonter sa propre crise.

L’Etat français et l’Etat turc reprochent à l’armée russe de frapper non seulement Daech, mais aussi l’ « opposition syrienne modérée », notamment Jahbat Al Nosra et la soi-disant'"Armée Syrienne Libre". 

Concernant Jahbat al-Nosra, le ministre Fabius annonçait il y a quelques années que cette milice affiliée à al-Qaida "faisait du bon boulot" .  Les crimes de guerre contre les minorité, c'est du "bon boulot" pour les impérialistes qui veulent semer la haine et la division pour affaiblir les peuples

Nous ne savons pas ce qui leur permet de parler de modération au sujet de la milice réactionnaire qui se fait appeler « armée syrienne libre » (par rapport à Daech qui constituerait la seule opposition extrémiste). Quand l’idéologue en chef de l’armée syrienne libre affirme que, pour que les viols de guerre contre les femmes des minorités religieuses soient licites, il faut qu’elles aient passé 14 ans, fait-il preuve de sa « modération » par rapport  à Daech?

Pour autant, nous ne sommes pas des soutiens du régime d’Al-Assad. Si nous ne connaissons pas d’opposition syrienne « modérée », nous connaissons une opposition syrienne démocratique constituée notamment  sur le plan militaire des Forces Démocratiques de Syrie , qui regroupe la résistance kurde (YPG/YPJ), ses allié-e-s arabes (Jaïch al Thuwar, Burkan al Furat) et syriaque, mais aussi sur le plan politique des diverses forces progressistes arabes et kurdes qui tentent de maintenir leur autonomie et leur unité d'action a milieu d'une situation complexe et changeante  . Nous souhaitons que l’ensemble de la Syrie connaisse un jour les transformations sociales en cours dans les cantons autonomes kurdes de Rojava: une révolution démocratique, écologique et féministe. Et que cette révolution ouvre la voie au socialisme. Mais tant que les peuples de Syrie seront la proie des milices réactionnaires Daech, Jahbat al-Nosra, Al-Fath, Al-Sham, ASL, etc, et de leurs alliés impérialistes une telle révolution sera impossible. Les cafards ne se transforment jamais en papillons. La libération des peuples de Syrie ne peut être que l’œuvre des peuples de Syrie eux-mêmes.

 

Notre organisation considère comme urgent de reconstruire un mouvement anti-impérialiste. Il n'est pas normal qu'il n'y ait aucune réaction face aux activités guerrières de la France. 

L'OC-FR mobilise aujourd'hui ses forces dans une campagne anti-impérialiste et en fait sa priorité. C'est une nécessité.

 

ARMEE FRANCAISE, ARMEE TURQUE HORS DE SYRIE !

DEFENDONS L’UNITE NATIONALE SYRIENNE CONTRE LES MANŒUVRES IMPERIALISTES !

DEFENDONS LA REVOLUTION DEMOCRATIQUE, ECOLOGIQUE ET FEMINISTE DE ROJAVA, MEILLEUR GARANT DE L’UNITE NATIONALE SYRIENNE !

DROIT DES PEUPLES A DISPOSER D’EUX-MÊMES !

Attentat massacre d'Ankara : nous étions venus avec nos banderoles de paix, elles nous ont servi à couvrir nos mort-e-s

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Turquie, #Syrie, #Anti-impérialisme, #International

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