Publié le 4 Avril 2018

Après l’assassinat de dix-sept civils palestiniens lors de la journée de la terre

Le vendredi 30 mars, le peuple palestinien célébrait sa « journée de la terre », qui commémore l’assassinat par l’armée israélienne, en 1976, de six manifestants qui protestaient contre la spoliation des terres agricoles de Palestine par l’Etat colonial d’Israël.  A cette occasion, des milliers de manifestant-e-s ont convergé pacifiquement vers la frontière qui sépare la bande de Gaza du reste de la Palestine occupée.

En plus des revendications concernant la terre propres à cette journée de mobilisation, ils/elles demandaient cette année la réouverture de la frontière entre Gaza et l’Egypte (depuis 11 ans l’armée israélienne exerce un blocus à géométrie variable sur les produits à destination de Gaza, exerçant ainsi un chantage sur la population, soumise aux pénuries,  aux privations continuelles, et à la menace permanente d’une famine ou d’une catastrophe humanitaire en cas de blocus total). Ils/elles demandaient aussi le droit au retour pour les familles palestiniennes expulsées lors de la fondation de l’Etat d’Israël en 1948, droit reconnu par les résolutions 194, 394, 513, 3236 des Nations-Unies (résolutions qui ont à chaque fois servi de paillassons sur lesquels les autorités israéliennes se sont essuyé les pieds). La journée de la terre devait être un temps fort des « grandes marches du retour » qui devaient durer un mois.

Cette année, la journée de la terre, qui commémore un crime de guerre,  a été le théâtre d’un nouveau massacre. L’armée israélienne a tiré sur la foule à balles réelles, faisant mille-quatre-cent blessé-e-s et seize martyrs (un dix-septième est décédé depuis des suites de ses blessures). Ensuite, l’armée a affirmé sans preuves avoir voulu  protéger la frontière d’une intrusion, et avoir voulu riposter à des tirs de pierres et de cocktails molotov. Le premier ministre Netanyahou a validé la version des militaires, a estimé que leur riposte avait été proportionnée et les a félicités. L’Union Européenne et le secrétaire des Nations Unies ont demandé une enquête indépendante. Netanyahou, fort du soutien des USA, leur a répondu qu’ils pouvaient toujours rêver. Comme d’habitude, l’Etat français a exprimé sa « vive préoccupation » et a refusé de condamner.

Evidemment le premier ministre turc  Erdogan s’est empressé de condamner un acte « inhumain » et de traiter Netanyahou d’ « occupant » et de « terroriste ». Netanyahou lui a répondu que l’armée turque en faisait autant au Kurdistan. Une fois de plus, après avoir joué aux yeux du monde le jeu de l’hôpital et de la charité, ces deux là se téléphoneront en privé pour se faire des congratulations d’assassins. La Turquie n’a aucune raison de souhaiter que la  légalité internationale s’applique contre Israël (si tant est que la légalité internationale était autre chose qu’une utopie qui sert à cacher les marchandages entre les brigands du conseil de sécurité). C’est pour se protéger lui-même que l’Etat turc a toujours soutenu l’Etat français pendant la guerre d’Algérie et a refusé l’intervention de la communauté internationale  (« internationalisation du problème algérien ») réclamée par la résistance algérienne. L’Etat turc et l’Etat d’Israël veulent continuer à noyer sous leurs bombes des civils à Afrine ou à Gaza, tout en traitant les resistant-e-s kurdes et palestinien-ne-s de « terroristes », l’Etat turc et l’Etat d’Israël sont les piliers du dispositif du bloc impérialiste occidental dans la région contre les peuples arabes, l’Iran et la Russie, et ce n’est pas près de changer malgré les manœuvres de Poutine (en direction d’Erdogan comme de Netanyahou, d’ailleurs). L’Etat turc et l’Etat d’Israël sont des partenaires militaires et économiques de premier plan et ils entendent tous les deux être également partenaires dans le démembrement de la Syrie.

L’Etat colonial d’Israël est fondé sur l’oppression nationale du peuple palestinien et la colonisation de ses terres, c’est pourquoi nous sommes favorables à un Etat multinational où toutes les populations présentes en Palestine puissent vivre ensemble sur un pied d’égalité. Nous n’attendons pas à ce que cet Etat multinational tombe du ciel ou du progrès de la légalité internationale. Nous soutenons le droit du peuple palestinien à la résistance.

Les dirigeants israéliens cherchent à criminaliser cette opinion dans tous les pays du monde (et tout spécialement en France où Macron a déjà  assimilé toute critique du projet colonial sioniste à de l’antisémitisme). Ils voudraient limiter le « droit à la critique » à la question suivante : voulez-vous que ce soit un gouvernement de « gauche », du centre ou d’extrême droite qui dirige l’Etat d’Israël, organise la colonisation des terres et fasse tirer sur les Palestinien-ne-s qui s’y opposent (avec des balle de « gauche », du centre ou d’extrème-droite). Pour cela Netanyahou cherche à instrumentaliser les crimes antisémites dans l’Etat français (comme l’assassinat barbare de Mireille Knoll la semaine dernière), comme Erdogan instrumentalise au profit de l’Etat turc les crimes islamophobes commis dans l’Etat français. Comme si des criminels barbares pouvaient servir de remparts contre la barbarie. Nous, communistes de l’Etat français nous tenons aux côtés des minorités nationales juives et musulmanes face à ces crimes.  Seul le socialisme, en unissant le prolétariat et les masses dans toutes leurs composantes,  en organisant l’autodéfense des masses, constitue un rempart solide contre la barbarie.

Au fur et à mesure que la perspective de la guerre mondiale se rapproche, l’impérialisme laisse tomber son masque pour montrer son visage monstrueux. Divisant pour mieux régner, l’impérialisme cherche à inoculer sa barbarie à toute  la société, qu’il entraine dans une spirale de crimes sexistes, racistes, antisémites et islamophobes. Les valets de l’Impérialisme ne sont pas en reste et piétinent chaque jour toute légalité. L’Etat d’Israël comme l’Etat turc sont désormais dirigés par  des conglomérats d’extrémistes laïcs et pseudo-religieux. Ni le gouvernement Netanyahou/Lieberman, ni le gouvernement Erdogan/Bahçeli ne reviendront à la tables des négociations avec les peuples palestinien et kurde, leurs maîtres impérialistes US leurs garantissent l’impunité et la Russie cherche trop à les séduire pour dénoncer leurs crimes. Nous communistes de l’Etat français nous tenons aux côté des peuples victimes de l’oppression nationale et de la colonisation.   Seuls les progrès de la Révolution socialiste mondiale, dont les luttes de libération nationale sont une composante essentielle, apportera la paix aux peuples du monde.

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN !

Après l'assassinat de 17 civils palestiniens lors de la journée de la terre

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Palestine, #International, #Anti-impérialisme, #Impérialisme

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