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Publié le 13 Juillet 2015

L'OC-FR est une organisation communiste, Marxiste-Léniniste qui s'est constitué de militant-e-s issus du Roc-ML. Nous avions alors posé l'unité des communistes comme priorité de notre groupe dans l'état Français. Nous étions motivé-e-s enthousiaste, mais aujourd'hui cet élan spontané s'est rompu après que nous ayons côtoyé d'autres organisations qui nous ont cassé-e-s, mais aussi après nous être confronté à des événements douloureux La violence dont nous avons été victime a généré une pression déstabilisante en interne : c’était son but.
Si nous avons reçu de la solidarité, d’autres ont tracé un cordon sanitaire entre nous et eux pour ne pas être confronté - e-s à la violence, d’autres font preuve d’indifférence et d’autres en ont profité pour nous etouffer.

Nous étions naïfs de faire spontanément confiance aux autres groupes, et de croire que parce que l'on se revendiquait communiste, nous étions spontanément camarades et partagions les mêmes objectifs.

Nous avons déchanté à propos de ce milieu, sectaire, où les organisations, plutôt que de s'entraider dans la lutte, se tirent dans les pattes pour de faibles enjeux de pouvoirs, alors que notre faiblesse et marginalité est flagrante. Ces enjeux à nos yeux sont pourtant risibles et ne représentent rien à l'échelle de l'état français, mais visiblement, c'est suffisant pour ces groupes pour sans cesse vouloir nous porter des coups.

De ce contexte et cette situation, notre organisation a produit une analyse et en produira d'autres. Alors que notre ennemi, les bourgeois-e-s et l'impérialisme sont forts, nous passons notre temps à défendre notre peau contre d'autres groupes. Nous voudrions utiliser notre énergie tournée vers la classe ouvrière, mais régulièrement d'autres militant-e-s nous rappellent leur hostilité à notre égard. Ils/elles savent que l'on est faible, moralement, numériquement, alors ils/elles pensent à chaque fois pouvoir porter le dernier coup à notre égard. Mais nous tenons bon, car notre motivation n'est pas liée à quelques petits enjeux de pouvoirs, mais à faire la révolution, objectif que nous gardons en vu, à terme.

Cela ne peut cependant jamais se faire, si nous ne sommes pas capables entre nous de gérer collectivement la violence, les traumastismes, la solidarité. Certaine-e-s préfèrent traiter de "folle" ou de "pute" les militantes qui dénoncent cette réalité, au sein du milieu militant. Pouvons-nous le tolérer?

Si nous ne sommes pas capables de gérer la violence et les crimes racistes, sexistes, homophobes, etc, alors nous ne pouvons pas nous prétendre révolutionnaire.

Aujourd'hui, alors que nous y sommes quotidiennement confronté - e-s, nous considérons que nous devons réagir. C'est pour nous déjà une ligne de démarcation. Nous dénonçons ce milieu sectaire, destructeur, où les organisations préfèrent utiliser leurs énergies à mener des offensives contre d'autres organisations, d'autres militant-e-s, et n'ont en réalité aucun soucis pour la vie humaine. Ils oublient que notre combat est une lutte sans cesse contre la mort et l'exploitation des capitalistes. Ces violences, ils/elles les répercutent chez nous. Ceux/celles-là ne devraient pas avoir leur place dans les espaces de solidarité populaire.

 

A bas les sectes, vive le communisme

 

Les lignes de démarcation au sein du mouvement communiste

Les débats théoriques ne sont pas coupés de la pratique. Au contraire, la théorie, c'est passer de la pratique au concept. Lorsque des questions se sont posées au cours de l'histoire au mouvement ouvrier, différentes théories se sont affrontées. Une théorie validée par la pratique comme conforme à l'idéologie prolétarienne est scientifiquement validée. Elle passe du statut de théorie à celle de ligne de démarcation.

Aujourd'hui le mouvement maoïste international est traversé de contradictions, notamment autour des éléments de synthèse apportés par Gonzalo à propos des écrits et de l'expérience de mao.

Les divisions historiques entre "enveristes" et "maoïstes" sont encore la cause de contradictions assez fortes entre diverses organisations communistes, par exemple au Maroc.
Nous même ne pensons pas que la contradiction entre enveristes et maoïstes soient indépassable. Nous souscrivons notamment aux analyses du MLKP, "enveristes" alors que nous puisons moins auprès des analyses des maoistes turcs.

D'autres organisations se référent au guevarisme dans les pays dominés (ex : le DHKPC en Turquie).

La question de staline reste marginale.

 

Il paraît tout à fait juste de tracer des lignes de démarcations nettes entre par exemple nous et les réformistes (la révolution s’étant montrée comme le moyen pour le prolétariat d'accéder au pouvoir et le réformisme de le garder sous la coupe de la bourgeoisie). L'expérience a montré de quel côté entre idéologie bourgeoise ou prolétarienne penchaient les deux.

Les schismes dans le mouvement ouvrier se créent d’abord par une accumulation quantitative de contradictions qui débouche sur un bond qualitatif : un se divise en deux.

Les lignes de démarcation sont tracées par les questions que pose la lutte des classes au mouvement ouvrier.

La démarcation se fait avant la validation scientifique de telle ou telle ligne comme étant propre à amener le prolétariat à la victoire ou à rejeter comme bourgeoise.

Lorsque deux théories s’affrontent, une démarcation se trace. Lorsque Lenine, pour reprendre cet exemple, a voulu bâtir un parti du prolétariat en Russie, ses théories sur le parti restaient des théories qui n'avaient pas été validée par la pratique. Lorsque les bolcheviques se sont opposés aux sociaux chauvins, ils n'étaient pas grand chose dans le mouvement communiste international dont Kautsky était lui une sommité.

Néanmoins les théories et sur la guerre impérialiste des bolcheviques ont tracé des lignes de démarcations. Les bolcheviques et les mencheviks se sont séparés. Les bolcheviques ont mis en pratique leur théorie et transformé la guerre impérialiste en guerre révolutionnaire.

Les lignes divergentes ainsi tracées autour de théories correspondaient réellement à des pratiques antagoniques vis-à-vis des questions posées par la lutte des classes.


Aujourd'hui, dans les pays impérialistes, en quoi l'universalité de la stratégie de la guerre populaire est elle une ligne de démarcation ?

Il y a-t-il une seule organisation dans un pays impérialiste pour laquelle se démarquer d'organisations pensant que l'insurrection est la stratégie valable en pays impérialiste est une nécessité pratique car les "insurrectionnalistes" étroits freinent le déclenchement de celle ci ?

Il y a-t-il en pays impérialiste une seule organisation pensant que la stratégie de la guerre populaire est réservée aux pays dominés qui soit à l'aube de déclencher l'insurrection et doive affronter des militant-e-s qui pensent que l'heure reste à la tactique de la petite guérilla tant que l'équilibre stratégique ne sera pas atteint ?

S'il existait ce type de contradictions, ayant une incidence concrète sur la pratique de partis révolutionnaires en pays impérialistes, la question de l'universalité de la stratégie de la guerre populaire prolongée serait une ligne de démarcation et nécessiterait une rupture organisationnelle. En l'état, pour nous, cela reste une théorie à laquelle nous souscrivons, mais nous n’en faisons pas une ligne de démarcation.

 

En faire une ligne de démarcation, c'est sortir de la pratique maoïste de la lutte de ligne pour entrer dans le dogmatisme le plus complet. C'est ériger des théories en dogme. La lutte entre deux lignes, une ligne bourgeoise et une ligne prolétarienne, elle a une base matérielle concrète, celui de l'affrontement entre deux classes. Le reste n'est que scolastique.

Porter des dogmes tels que "l'universalité de la stratégie de la guerre populaire prolongée", c'est agir en idéaliste, pas en matérialistes.

 

Fétichisme dogmatique, fétichisme d’organisation : nous restons à l’époque des sectes

Si aujourd'hui des organisations groupusculaires se saisissent de questions théoriques pour en faire des dogmes, c'est parce qu'il y a une ligne de démarcation qui coince. Celle de la rupture avec la nature de secte. Nous aussi avons échoué à dépasser cette ligne de démarcation.

Nous disons secte au plein sens du mot. Les sectes sont portées par une croyance téléologique en ce que cette organisation elle seule porte les dogmes qui lui permettront de faire la révolution.

Nous disons téléologique car aucune secte n'a une activité qui va lui permettre de faire la révolution. Fétichisme autour de dogmes qui ne sont en aucun cas vérifiables par la pratique. Fétichisme de la secte envers elle même car elle seule porte les dogmes qui lui permettront de faire la révolution, les autres étant des hérétiques.

On en arrive à des aberrations.

 

Cet état de secte dans lequel végètent les communistes a une base matérielle : celle de la petite bourgeoisie.

Dans les pays impérialistes, la force de l'idéologie bourgeoise gangrène de l'intérieur les organisations se revendiquant du communisme.

Dans l'état français, une recrudescence de groupes de jeunes ayant créé des organisations para - communistes, rejoint des organisations existantes, créé des organisations dans les années 2000 venaient pour la plupart du mouvement étudiant comme la majeure partie du milieu militant tel qu'il est actuellement.

Cette origine petite bourgeoise n’a rien arrangé.

Les sectes jouent un rôle de sauvegarde sociale pour une petite bourgeoisie en déclin et de personnes issues des classes populaires qui voient leur progression sociale stoppée par la situation économique.

Nous sommes dans un pays impérialiste en crise où la précarité rend difficile toute construction d'une cellule familiale. La plupart de nous viennent d'une classe désorganisée et individualiste ou ont rompu avec leur milieu d'origine.

Les sectes offrent à la fois des capitaux sociaux, économiques et affinitaires à leurs adhérents. C'est cette base matérielle là qui est à protéger à tout prix, pas des principes politiques. Ce n’est pas au nom de la défense de la théorie du fascisme moderne qu’on viole, harcèle et tape nos camarades, mais au nom de la défense de la secte comme espace économique.

L’économie interne à la secte est un moyen également de tenir les adhérent-e-s. Les capitaux économiques et sociaux ne sont pas également répartis à l'intérieur de la secte et que ceux qui y sont socialement dominant-e-s les accumulent en entretenant des rapports d'oppression et d'exploitation au sein de la secte.

Pour les adhérent-e-s, peu à peu, espace affinitaire, politique et petite économie domestique se confondent, faisant de l’organisation une nécessité vitale pour celles et ceux qui n’ont pas les moyens économiques et sociaux de se reconstruire en cas de disparition de la secte ou d’exclusion. Rapports de maître-ss-e à esclave, violences sexistes se nouent dans ces espaces affinitaires clos.

Le regroupement en secte apparaît comme un moyen de se protéger de la violence pour la petite bourgeoisie.

 

Dans un pays impérialiste, la petite bourgeoisie entretient un rapport contradictoire à la violence. Alors que c’est la violence de l’impérialisme qui lui permet de maintenir son train de vie, elle-même n’y est pas directement confrontée et redoute de, par la dégradation de sa situation sociale, devoir l’affronter.

 

Commençons par être capables de nous positionner par rapport aux lignes de démarcation que la vie nous pose

 

La lutte des classes, le système patriarcal, l'impérialisme en posent à chaque instant aux révolutionnaires, des lignes de démarcations. Nous vivons dans un état policier et de ségrégation raciale. Nous vivons dans un impérialisme en crise, qui engendre une violence barbare.

Les sectes n’échappent pas à la lutte des classes.

Quand la question principale qui se pose, c'est celle de la validité ou non de la stratégie de la guerre populaire, se positionner sur ces faits matériels et concrets est secondaire, parasitaire.

La petite bourgeoisie est habituée, par contre, à ce que la violence tombe sur les opprimé-e-s. Viols et violences racistes et sexistes sont des choses qui ne la choquent pas.

Nous, communistes, ne refusons pas d’être confronté-e-s à la violence. Nous y sommes confronté-e-s forcément si nous nous tenons aux côtés des opprimé-e-s.

 

Nous mêmes avons eu maille à partir avec des camarades refusant de lever le moindre petit doigt dans nos déboires. Nous demandons à ces camarades comment ils vont faire la révolution s'ils sont incapables de défendre une camarade face à une secte microscopique (alors qu'à l'intérieur des pays dominés et des quartiers populaires, il existe d’incontournables sectes beaucoup plus puissantes auxquelles nous sommes et serons confronté-e-s).

Au sein du "Bloc rouge" ou du Rocml par-exemple, deux organisations que nous avons bien connues, il n'y a jamais eu l'espace pour s'interroger sur les questions de racisme ou de sexisme en interne alors même qu'elles étaient flagrantes.

Que les militant-e-s de sectes arrivent à se positionner sur un viol ou une agression raciste avant de se positionner sur l’universalité de la guerre populaire serait une première étape. Qu’ils ne fassent pas comme des ex-militant-e-s de l’AGEN, avec qui pourtant nous avions participé dans le passé aux mêmes luttes, et en qui nous avions eu naïvement confiance parce que comme nous ils se revendiquaient maoïstes, traiter de pute et mettre des coups dans le visage de la première femme qui a osé revendiquer justice suite à un viol dans ce milieu qui se dit "maoïste".

Le P"C"MF / Bloc Rouge / la Cause du Peuple, le Frap, exemple typique de la secte

Nous n'avons pas été exempts de pratiques sectaires. Nous avions pourtant décidé en 2009 que la lutte contre le sectarisme était une priorité pour la construction du parti (dont nous faisons un fétichisme certain alors que notre nombre n'a jamais été conséquent).

Pour nous, devenir militant-e communiste, c’est prendre le contrôle de sa vie, c’est devenir un-e dirigeant-e capable de mener au sein du prolétariat des luttes. C’est le contraire de la soumission que l’on exige des militant-e-s (et surtout des militantes) au sein des sectes et de la coercition que l’on exerce contre eux et elles par le chantage affinitaire et la menace de perdre capitaux sociaux, économiques en cas de rupture. Nous n'avons pas été étranger-e-s à ces types de pratiques.

Nous avions fondé le Roc-ml avec des militant-e-s enveristes alors que notre groupe se revendiquait de maoïste. Nous avions ensuite, face à leur dogmatisme sectaire, fondé une organisation qui avait pour but de disparaître rapidement et de fonder quelque chose de plus grand.

Rigoureux et rigoureuses jusque là quant à nos pratiques affinitaires para politique nous nous étions laissés déborder sur notre droite et avions adopté des pratiques sectaires.

Parallèlement, nous sommes entrés en relation en vue d’une fusion avec ce qui allait se révéler une secte particulièrement engoncée dans ce statut, que seul peut être le P « C »MLM dépasse en terme de dogmatisme sectaire.

Nous disons secte parce que :

-un "parti" de deux personnes. Oui, le PCMF était un parti où deux personnes avaient le droit de vote à l’époque où nous avons commencé notre processus d’unification.

- Ce parti pratiquait les exclusions arbitraires conformément à ses statuts : devant deux personnes et non pas devant l’ensemble des militant-e-s. Le reste des militant-e-s n’est pas là pour devenir des cadres mais pour être « placé à un poste de combat », de toute façon.

- Le PCMF construisait un Front (le FRAP / la Cause du Peuple) réunissant son cercle sectaire front de toutes les luttes de " France" à 5.

- une secte pour laquelle des dogmes tels que l'universalité de la stratégie de la guerre populaire ou le fascisme moderne (le fascisme ancien mais de type nouveau qui est déjà là mais qui arrive) méritent que ne soient pas respectés les processus de décision entre nos deux organisations. En effet, nous avions décidé d’un débat franc et ouvert de tou-te-s nos militant-e-s afin de mener les débats théoriques en vue d’un congrès. Cela signifiait que les militant-e-s ne pouvaient être tenus par toutes les positions idéologiques de leurs organisations mais par celle de la base minimale que nous avions convenue.

Cela était nécessaire pour arriver à autre chose qu’un congrès entre deux fractions ce qui est contraire à toutes les règles de fonctionnement des organisations communistes. Débat franc et ouvert qui n’a pas été respecté, le PCMF exigeant la défense de l’universalité de la guerre populaire de la part de ses adhérents.

- un parti de deux personnes ayant une telle croyance téléologique en l'importance de ces principes qu’alors qu'une de nos camarades critiques vis-à-vis de ces pratiques et de ces théories a été violée par un militant les soutenant, au moment où elle a suffisamment d'éléments d'enquête pour les dénoncer, ce viol a été l’occasion d’un procès à charge contre elle mené entre hommes blancs suite auquel six mois de harcèlement se sont suivis alors qu’une autre de nos camarades avait quant à elle été violée par un fasciste. Aucune forme de la répression patriarcale n’a été épargnée à nos militantes, ce dans le but de nous annihiler politiquement.

Dans la pratique, il y a des 150 000 femmes victimes de viol dans l'état français par an (estimation basse).

Et il n'y a pas de guerre populaire dans l'état français à l'ordre du jour. Certes, par exemple cette semaine des affrontements ont eu lieu en soutien à une camarade menacée par un barbouze dans le 93. Ce n'est pas un signe de la guerre populaire pour autant car la stratégie de la guerre populaire est une stratégie et donc consciente et dirigée par un état major qui n'existe pas.

Est-ce que la défense de la théorie effarante de stupidité du fascisme moderne est tellement importante qu'elle mérite qu'on en arrive là ? Est-ce que dans nos organisations il est normal d’utiliser le viol comme un moyen de lutte politique, de toute façon ?

Notre physionomie politique a évolué au cours de ces événements. Notre groupe historique s'est séparé. Nous avons affronté la répression interne au milieu militant et continuons à l'affronter.

Fort heureusement, nous savons qu’en dehors du monde clos des sectes, de notre tout petit milieu, il existe des forces dans le prolétariat, dans nos quartiers populaires, forces bien souvent moins réactionnaires que celles des sectes communistes. Nous découvrons chaque jours de nouvelles forces.

Nous n’avons pas la réponse à toutes les questions que nous nous posons, mais nous souhaitons rester organisés. Au moins, aujourd’hui, nous savons mieux que jamais ce dont nous ne voulons pas.

Nous ne pouvons pas dire feu sur le quartier général puisqu’il n’existe pas de quartier général. Alors, nous disons : « Feu sur le quartier minable ».

 

L'OCFR

A bas les sectes, vive le communisme

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Actualité de notre organisation, #Répression, #Féminisme

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Publié le 7 Septembre 2014

Notre camarade Lucie, violée par un fasciste au mois d’aout 2013, souhaite expliquer pourquoi elle ne portera pas plainte. Nous souscrivons bien entendu à cette déclaration et c’est avec fierté que nous la publions. Solidarité avec les victimes de violences policières, avec les prisonnier-e-s !

A.C.A.B.

Quand on me dit « police » j’ai la nausée, quand je les vois je suis énervée. Pourquoi ? Parce que, pour moi, ce sont les nervis du Capital, ce sont mes ennemis au quotidien, ce sont eux qui nous matraquent, qui nous expulsent, qui nous arrêtent, qui nous frappent, qui parfois nous violent ou nous tuent aussi. La police n’est et ne sera jamais mon alliée. Je ne cesserai jamais de les haïr. La bourgeoisie leur donne le pouvoir de s’adonner à leur pulsion barbare.

 

• Jeudi 21 Août 2014, des policiers traînent de force un algérien de 51 ans sous le coup d’un arrêt d’expulsion qui meurt « d’asphyxie » selon le parquet… Qui considère cette mort comme a priori accidentelle….
• Le 21 avril 2014 les militant-e-s de la CREA (Campagne de Réquisition, d’Entraide et d’Autogestion) de Tolosa sont réprimés pendant l’ouverture de deux maisons dans le quartier de la Roseraie. Encerclé-e-s par une centaine de flics, les occupant-e-s décident de partir en évitant les arrestations. Pourtant les militant-e-s désigné-e-s comme CREA sont violenté-e-s par les flics : matraques, lacrymo, grenades de désencerclement, … un militant prend une balle de LBD 40 dans la tête, plus de la moitié des os du visage explosent. Quatre personne ont été mises en garde à vue, puis relâchées.
• Le 31 Octobre 2013, un couple arrêté après la violente répression de l’émotion déclenchée par un verdict au tribunal de Cergy, un couple est victime de violences policières et ISMAHENE est menacée de viol par les policiers. C’est le couple qui est accusé d’outrage.
• Le 6 février 2013, à Strasbourg un métallurgiste d’Arcelor Mittal venu manifester perd l’usage de son œil suite à un tir de flashball.
• Le 31 décembre 2011, la police clermontoise s’acharne sur WISSAM EL-YAMNI qui tombe dans le coma puis meurt. Aucune justice n’a été rendue à sa famille.
• En 2010, la police suisse abat au fusil mitrailleur UMUT, un jeune kurde, pour vol de voiture, blanchit les assassins et réprime son frère jumeau et l’un de ses amis.
• Le 9 mai 2008 à Grasse, ABDELHAKIM AJIMI meurt lors d’une interpellation. Pourtant condamnés à des peines de 18 et 24 mois de prison, les policiers sont toujours en poste.
• Ce même mois JOSPEPH GUERDENER est assassiné de trois balles dans le dos par un gendarme alors qu’il tentait de s’échapper de la gendarmerie de Draguignan. La Cour d’assises de Draguignan a jugé qu’il avait accompli « un acte prescrit ou autorisé par les dispositions législatives ou réglementaires ». Détail ayant son importance : Joseph était gitan.

 

Les flics, c’est un danger pour les personnes prostitué-e-s, ils profitent de leur situation précaire pour en faire leur vicitmes, en sachant très bien combien ce sera compliqué pour elles et eux de réclamer justice.

 

En tant que victime, je pourrais me dire que porter plainte est un bon choix. Après tout, la justice est censée faire son travail sans discrimination. Mais la réalité est tout autre. Ainsi un militant fasciste de Clarmont prend deux ans de prison pour avoir tiré sur des militant-e-s en procédure de flagrant délit pour éviter toute enquête. Alors que les autorités refusent de libérer le militant basque IBON IRRADI, atteint d’une sclérose en plaque sévère malgré l’avis des médecins ; il a été condamné pour avoir voulu défendre l’indépendance de son pays et croupit en prison avec Georges Abdallah. Je pense aussi à ZEHRA KURTAY, militante et journaliste turque, libérée par la Turquie pour raison médicale suite à sa grève de la faim et de nouveau incarcérée en France depuis un an et demi. IBAI PENA, militant abertzale et antifasciste ayant fuit avec ses camarades la torture et la prison au Pays Basque sud a été extradé par MAE par l’Etat français et jeté en prison pour 5 longues années. ENGUERRAND fêtera son anniversaire en prison le 14 septembre prochain.

 

Des prisonnier-e-s qui meurent et qui sont torturé-e-s en prison parce qu’ils se soulèvent contre l’Etat français, impérialiste et raciste, d’un côté. De l’autre, des militant-e-s fascistes et des policier-e-s qui s’en tirent avec pas ou peu de peine car ils servent le Capital. Je ne fais pas partie du bon camp pour être défendue par la justice bourgeoise.

 

La justice bourgeoise, les condés et l’Etat français sont nos ennemis, et nous devons les abattre. Cette justice qui ne mérite pas son nom, a fait le choix de libérer Esteban Morillo l’assassin de Clément Méric. En plus d’être une injustice, c’est aussi déclarer clairement que la justice est du côté des fascistes, des assassins. C’est une main tendue au groupe de soutien Justice pour Esteban, un laissé-faire aux fafs et à la violence en toute impunité. Alors que nous, militant-e-s antifascistes nous sommes toujours surveillé-e-s et matraqué-e-s.

Le viol est un crime, crime puni par la loi. Dans les faits c’est 150 000 viols par an, et 198 000 tentatives de viol par an. Une femme est violée toutes les sept minutes. Pourtant ce n’est qu’un viol sur onze qui fait l’objet d’une plainte. 1 356 condamnations pour viol en 2010, on est loin des 150 000 viols effectifs.
Ce qu’on peut voir aussi, c’est l’affaire de la canadienne violée en réunion au 36 quai des Orfèvres par des policiers. Les flics font ce qu’ils/elles veulent, et les gradé-e-s les protègent. Doit-on se laisser faire face aux bourreaux en uniforme ? Non. Nous devons montrer aux fascistes, montrer aux flics ce dont on est capables, ce qu’on est : solidaires et dangereuses et dangereux.

 

Alors c’est pour les violences policières, pour leur politique raciste et coloniale, pour le harcèlement et les violences que subissent les victimes de viol et d’agression sexuelle par la procédure judiciaire, c’est pour tout cela que je dis « NON ».
Non je ne porterai pas plainte.
Non je ne demanderai pas l’aide des flics.
Non je n’ai pas besoin de la reconnaissance de mon statut de victime par la justice bourgeoise.
Non je ne subirais pas les violences d’une procédure.
Non je ne veux pas de tout ça.

Si vous exigez de moi que je porte plainte, vous dépolitisez le crime que j’ai subi. C’est me renvoyer à un rapport intime et l’agresseur et moi-même. La société entière est concernée parce que j’ai subi. Je l’ai subi parce que je défends mes idées antifascistes mais aussi communistes. Je l’ai subi parce que je refuse le capitalisme, que je refuse de voir mes rues envahies par les fascistes, parce que je porte la solidarité aux prolétaires du monde entier, aux militant-e-s indépendantistes.
Je refuse de répéter les atrocités que j’ai subi devant les condé, les juges, les procureur-e-s, les avocat-e-s, et tout ce clan bourgeois et sexiste qui vont essayer de trouver le point de flou, le point qui fait mal et appuyer dessus. Je refuse de parler à des gens qui vont essayer de savoir si j’ai pu éprouver du plaisir pendant ce viol. Car non, je n’ai à aucun moment éprouvé du plaisir, j’ai seulement atteint le summum de l’horreur. Je ne me suis pas sentie bien, je me suis sentie sale et mal. Je refuse de répondre à des questions portant sur ça, je refuse d’entendre des présomptions sur ça. Je refuse également de détailler où, à quelle heure, avec qui et pourquoi j’étais à cet endroit et à ce moment. Cela ne change rien, l’attaque il la voulait, ce n’est pas du hasard.

 

Ce dont j’ai besoin, c’est de la force du collectif, c’est de voir des mobilisations et du soutien. Je ne me laisserai pas abattre par la répression fasciste, je resterai militante communiste et antifasciste. Cela ne freinera en rien mes actions et ma détermination à mener ces luttes.

Alors oui, A.C.A.B. et soutien à toutes les victimes de violences policières.

Lucie.

ACAB

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Antifascisme, #Répression, #Actualité de notre organisation

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Publié le 7 Septembre 2014

« Salope de gauchiste, pute d’antifa »

 

C’est ce qu’a dit un militant fasciste à notre camarade Lucie, pendant qu’il la violait, le 9 d’aout 2013, dans la rue, alors qu’elle était à une soirée.
Pour protéger notre camarade, nous protégerons son anonymat. Nous ne donnerons pas plus de précisions, ni nom, ni localité et nous vous demandons de respecter ce choix nécessaire.
C’était clairement une attaque ciblée contre une militante antifasciste dont l’objectif était de briser le développement d’une activité antifasciste dans sa ville en la brisant elle. Ce qui a doublement échoué. C’était aussi un message adressé à l’ensemble des militant-e-s antifascistes de l’Etat français.
C’est son choix de dénoncer le crime dont elle a été victime et ce choix est une autre preuve de son courage exemplaire que nous saluons. Notre camarade souffre de séquelles physiques à vie.

Un viol, c’est un crime. Un viol commis par un fasciste, pour des raisons politiques, c’est un crime fasciste et sexiste.

Nous réaffirmons notre solidarité avec les victimes de violences et de crimes fascistes de part le monde, crimes desquels l’Etat français est solidaires et complice. L’armée s’est faite une spécialité de l’exportation de ses savoirs faire contre-insurrectionnels, l’Etat français n’a jamais reculé devant les crimes de masse, notamment contre les femmes, pour maintenir sous le joug impérialiste les populations des pays qu’elle domine. Nous réaffirmons notre solidarité avec les victimes de la répression fasciste dans l’Etat français et leurs camarades, répression fasciste qui est allée en 2013 jusqu’au meurtre.

Nous n’avons pas honte. La honte, elle est là pour nous faire taire. Aucun-e survivant-e ne peut être tenu-e pour responsable de la barbarie du système capitaliste et patriarcal. C’est cette société qui est une honte.
C’est un message de solidarité à toutes les victimes d’agressions sexistes que nous souhaitons porter. Nous refusons de considérer comme sali-e-s ou dégradé-e-s les survivant-e-s de violences sexuelles. Ce sont des camarades à part entière, des combattantes. Ce sont les agresseurs qui sont salis et dégradés.

 

Plus d’un an pour dénoncer un crime fasciste…

Il nous aura fallu plus d’un an pour rendre public ce crime fasciste. Le corps de notre camarade n’est pas un champ de bataille. Qu’elle soit en sécurité matérielle et morale nous paraissait essentiel et a été notre priorité.
Pour la protéger, nous avons du lutter contre les attitudes et propos réactionnaires qui se sont exprimés dans notre entourage politique proche et les effets démoralisants qu’escomptaient les fascistes en commettant cette attaque.

En tant qu’organisation, nous ne nous faisons aucune illusion sur la démocratie bourgeoise. La répression fasciste et policière, c’est un risque que nous assumons, que nous avons déjà eu à surmonter. Chaque épisode répressif que nous avons vécu a renforcé notre capacité de résistance, notre détermination. Notre camarade est un exemple de résistance, de survie, que tous et toutes peuvent saluer.

Nous sommes toujours plus déterminé-e-s à mettre à bas le système capitaliste dont les violences fascistes sont le symptôme du plus complet pourrissement. Nous avons toujours plus la volonté de briser les chaînes de l’oppression sexiste. La rage de vaincre, l’envie de lutter, nous espérons que les faits que nous exposons les renforceront chez vous également.
C’est notre insoumission aux directions bourgeoises des mouvements de masse et aux directives des préfectures qui font nos qualités et nous souhaitons être toujours plus un poison pour elles.

 

Valoriser l’engagement des femmes dans l’antifascisme

Idéologie fasciste et sexiste vont de pair. Les fascistes, classiquement, lorsqu’ils attaquent des militantes s’adressent avant tout aux hommes de nos organisations et de notre milieu. Menacer de viol, agresser sexuellement ou violer une militante ou la copine d’un militant, c’est dire aux antifascistes, comme l’écrit Virginie Despentes, « je baise ta meuf à l’arrachée ». C’est leur propriété qu’ils souhaitent dégrader et ce faisant, priver nos camarades de tout espace de repli et de sécurité, briser leur moral. Un viol de guerre.

Montrons à ce fasciste, montrons à tous ceux qui, fascistes, policiers, agresseurs, pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent des femmes qu’elles ne sont la propriété de personne, mais des combattantes. Montrons leur combien, solidaires, en mixité ou en non-mixité, elles sont dangereuses.

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Les arrachages de voile, les agressions contre les femmes voilées, policières ou fascistes, sont des actes sexistes et racistes. Arracher un voile, c’est un attentat à la pudeur, souvent doublé de violences physiques voire sexuelles. L’Etat et les gouvernements font tout pour exclure les femmes voilées de l’espace public, par la loi, par une propagande acharnée, encouragent le rejet et les violences.
C’est réduire les femmes à un outil de reproduction que de s’attaquer aux non-blanches et aux couples mixtes. Dans l’imaginaire des réactionnaires, c’est par le ventre des femmes que passe le « grand remplacement » visant à « métisser la race blanche ».

Valoriser l’engagement antifasciste des femmes, c’est non seulement leur faire une place dans les organisations antifascistes, mais c’est aussi porte la lutte contre le racisme et l’islamophobie, avoir une pratique et des mots d’ordre résolument tournés vers les classes populaires.

 

Regarder la barbarie de la société capitaliste en face et serrer les rangs

Ce que notre camarade a subi nous a obligé-e-s à regarder droit dans les yeux la barbarie du système capitaliste. Nous ne pourrions prétendre être révolutionnaires en refusant d’affronter les terribles violences qu’elle engendre, car refuser de regarder la réalité dans toute son horreur, c’est se priver de mener la lutte contre ces violences.

Dans cette société qui laisse seul-e les individu-e-s, ballotté-e-s par le système capitaliste, faire face aux usures et traumatismes, nous avons besoin pour faire face de reconstruire du collectif et de la solidarité. Chaque camarade de lutte, chaque prolétaire est capable d’apporter dans la lutte pour la révolution, de nous aider à bâtir une société débarrassée de l’exploitation et des oppressions. Nous ne bâtirons pas la révolution ni le socialisme en piétinant nos camarades.

 

La lutte contre l’influence du sexisme dans nos organisations et nos milieux

Nous ne sentons guère à même de donner des leçons à qui que ce soit concernant l’anti-sexisme. Les retards dans notre capacité à nous exprimer publiquement sont autant le fait d’éléments extérieurs à notre organisation que d’une réalité interne bien plus retardée que celle que nous affichions fièrement.

La société patriarcale craque de partout. Mais notre culture et nos rapports sont imprégnés des rapports sexistes. L’essentiel est de le reconnaître, de ne pas se contenter d’une autosatisfaction d’oppresseurs à l’aise dans leur rôle d’oppresseurs, mais de l’affronter.
Ce n’est pas celles et ceux qui dénoncent sexisme, racisme, islamophobie, LGBTIQphobie qui sont une menace pour nos organisations mais bien ces rapports d’oppression.

Les faits que nous dénonçons ne sont exceptionnels que dans la mesure où c’est un ennemi politique qui a commis ce crime. Le viol est une réalité de masse, puisque 150 000 viols sont commis par ans dans l’Etat français. Le viol, c’est une arme de guerre utilisée contre les femmes. Et c’est une guerre qui se déroule avant tout dans les espaces affinitaires puisque 85% des viols sont commis par des personnes connues des victimes et à 60% à leur domicile.

Chaque parole publique dénonçant une agression sexiste, un viol, est une brèche dans l’omerta qu’on impose aux filles victimes de viol. Qu’elle puisse encourager d’autres femmes à parler est pour ceux qui n’ont pas la conscience tranquille un risque trop important. Voilà pourquoi nous avons du affronter les rires, l’hostilité, la minimisation des faits que dénonçait notre camarade dans notre espace politique le plus proche. En faire taire une, c’est faire comprendre à toutes qu’elles ne doivent pas parler.

 

L’impasse de l’antifascisme républicain

Nous tenons à pointer la responsabilité du PS dans ce qu’il s’est passé : il a laissé intentionnellement déferler les hordes réactionnaires plusieurs mois durant dans les rues de tout l’Etat français pendant le mouvement contre l’adoption du mariage pour tous. En outre, quel a été l’effet des mesures de dissolutions de groupes fascistes prises par Manuel Valls ? Un fasciste se permettait, juste après ces mesures, de violer l’une de nos camarades.

Il arrive à la bourgeoisie de réprimer ses nervis fascistes lorsqu’ils dépassent le cadre de leur mission de terreur. Mais ils sont l’un des appareils de répression de la bourgeoisie, comme l’est la police. Vaine et destructrice en terme de forces est la tactique qui consiste à aller toquer à la porte des préfectures et des mairies.
Police et justice dressent des barrières infranchissables devant les survivant-e-s d’agressions sexistes, elles sont elles-mêmes là pour maintenir l’ordre bourgeois et patriarcal.

L’antifascisme n’a pas besoin d’avoir l’air gentil, de se dépolitiser et de se tourner vers les sociaux-démocrates pour être de masse, au contraire. L’antifascisme n’est pas une question morale, c’est une question de classe, c’est une lutte contre un des bras armé de la bourgeoisie et contre les divisions qu’elle sème dans nos rangs. Les idées réactionnaires gagnent du terrain. A nous de savoir porter mots d’ordres et pratiques propres à rétablir conscience, organisation et solidarité de classe au sein du prolétariat.

Que le courage de notre camarade soit salué, que sa parole vous transmette toute sa détermination, toute sa colère, toute sa volonté de vaincre.

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Face aux violences sexistes et fascistes,

construisons la solidarité de classe !
Unité et solidarité contre les fascistes, sexistes et violeurs, nervis des capitalistes et du patriarcat

 

L’OCFR

Solidarité avec notre camarade Lucie, violée par un fasciste !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Antifascisme, #Répression, #Actualité de notre organisation, #Féminisme

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Publié le 5 Septembre 2014

Communiqué de Congrès de l'OC-FR 02-09-2014

 

L'Organisation-Communiste Futur-Rouge a tenu ce dimanche 31 août et lundi 1 septembre son deuxième congrès à Lille.

 

Notre organisation a désormais plus d'un an d'existence. L'OC-FR est né à la suite d'un départ collectif de militant-e-s du Roc-ML et de la JCML en janvier 2013. Nous avions alors placé au dessus de tout notre politique d'unité pour aboutir sur la construction d'une organisation communiste. Nous avions conçu l'OC-FR comme un moyen de mener cette politique d'unité au plus court terme possible. Nous avions également rédigé une charte afin de poser les fondements de notre politique. Depuis de l'eau a coulé sous les ponts, et l'OC-FR subsiste.

 

L'an dernier, peu de temps après notre création en tant que OC-FR, nous nous sommes adressé-e-s à une autre organisation : le P »c »mF. Nous leur avions proposé d'organiser avec nous nos journées de formations et de rencontre en août. Une déclaration commune avait suivie, et nous avions décidé alors de nous unir politiquement, et organisationnellement avec eux.

Nous avions alors vu là une première étape pour aboutir à nos perspectives d'unité avec le mouvement communiste dans l'état français.

Fin septembre 2013, nous avions tenu notre premier congrès à Paris. Celui-ci avait décidé de lancer un processus d'unification avec le P "c"mF et d'affirmer publiquement notre adhésion à l'idéologie maoïste. A partir de là, nous avions commencé un travail théorique et d'organisation avec d'autres militant-e-s, certain-e-s du P"c"mF, et des sympathisant-e-s non-organisé-e-s. Le processus d'unification était alors, croyions-nous, lancé. 

Aujourd'hui, nous avons décidé lors de ce deuxième congrès la fin de la participation de l'OC-FR à ce processus. Nous n'y participerons plus, et dénonçons les méthodes abjectes utilisées par certains membres de ce processus qui n'ont pas hésité à piétiner certain-e-s de nos adhérent-e-s.

Nous avons décidé de rompre avec eux/elles, et faisons l'autocritique de notre précipitation qui nous a conduit dans ce bourbier. Enthousiastes à l'idée de nous unir avec d'autres militant-e-s et de nous développer, nous n'avions pas pris le temps d'étudier correctement les conditions de cette unité, et de la construire dans la pratique. Cela ne pouvait donc mener qu'à l'échec, et nous prenons acte de nos erreurs.

Nous avons la volonté de créer un Parti révolutionnaire et désirons ardemment dépasser le repli sur l’esprit de cercle de boutique qui freine sa création. Mais notre enthousiasme à nous lancer dans une politique d’unité s’est jusque là heurtée à la malhonnêteté des organisations dont nous nous sommes rapproché-e-s, qui se sont toujours imaginées avoir à faire des militant-e-s jeunes, malléables, naïfs et naïves.

L'OC-FR demeure donc, et poursuivra son existence en dehors de ce processus. Nous restons ouverts à l'unité des communistes, mais pour rendre objectivement possible les conditions de sa réalisation, il nous reste du travail, et nous devons améliorer notre propre style de travail. Désormais nous allons nous concentrer sur d'autres tâches et nous passons notre chemin.

 

Pourquoi ce processus a échoué ?

Dans les faits, notre dernière participation à ce processus d'unification remonte au mois d'Avril, lors d'une « cession plénière ». Depuis nous avons été mis sur la touche par le P »c »MF qui a verrouillé et rendu opaque ce processus jusqu'à ne plus nous transmettre aucune information à ce propos, et n'avons même pas reçu le compte-rendu de cette rencontre.

De plus, malgré nos demandes réitérées, le P"c"mF a refusé de nous rencontrer.

D'ailleurs la participation à cette rencontre s'était faite sans consultation préalable.

Cependant, pour nous ces contradictions qui sont apparues résultent d'une genèse mal-négociée. Dès le départ, le calendrier ultra resserré du processus d'unification ne pouvait pas permettre de prendre le temps nécessaire pour sereinement construire cette unité. Avec le calendrier initial, la qualité du débat ne pouvait qu'être mauvaise.

 

Également, dès le début de ce processus, deux visions contradictoires ont étés formulées.

Nous nous étions mis d'accord pour prévoir un congrès commun qui verrait naître la nouvelle organisation. Pour nous, cela ne pouvait se faire qu'avec une liberté de parole des militant-e-s. Les débats doivent être franc et ouvert, or ce principe n'a jamais été accepté par le P »c »mF.

Pour nous, l'unité n'est ni une absorption, ni une synthèse, elle est un bond qualitatif, idéologique, théorique et pratique. Pour cela, il fallait un travail idéologique de grande envergure pour assurer une unité réelle, et donc remettre en question certaines positions pour les dépasser.

Ainsi, à propos de la Guerre Populaire Prolongée, que l'OC-FR considère comme universelle, il nous paraissait nécessaire de creuser. Il ne nous paraît pas évident que son universalité soit une ligne de démarcation car cela n'a pas été prouvé dans la pratique. Or le marxisme-léninisme est une science, et notre démarche est scientifique. Nous ne considérons que par l'expérience un fait comme un fait. Rien n'est venu prouver que nous avions raison, et une approche humble s'impose donc.

Ces questions devaient être traitées au Congrès, et en amont. Cependant, nous nous retrouvions dans une situation où le P"c"mF fuyait le débat et où nous n'arrivions pas à poser ces questions.  Des frustrations sont donc apparues, et les contradictions se sont aiguisées, cela au sein même de notre organisation avec un caractère fractionniste, gagné par les dérives sectaires du P"c"mF.

 

A partir de là, tout était permis de leur part, jusqu'à piétiner nos camarades avec des méthodes sexistes et des attitudes conciliantes de leurs sympathisant-e-s.

La ligne était franchie, c'était pour nous un « casus belli ».

Des attaques terroristes ont été menées contre notre organisation dans l'objectif de taire les contradictions que nous soulevions, et de refuser la discussion. Des rumeurs parfois diffamantes ont été lancées à notre encontre.

L'OC-FR avait alors demandé que cela cesse, que soit reconnues ces fautes, qu'une autocritique et des excuses soient formulées. Ce ne fut pas le cas.

Nous nous démarquons du PCmF et des matériels (affiches et autocollants) qui ont pu être signés en notre nom par le PcmF.

En attendant, ils salissent le mouvement maoïste.

 

Et sinon, quoi de neuf ?

Le congrès a aussi été l'occasion pour nous de faire le point sur la situation. Nos militant-e-s ont participé-e-s en 2013 et 2014 à de nombreuses luttes. Des camarades ont par-exemple lutté pour le maintien du foyer CARA à Saint-Ouen, que la mairie menace d'expulsion. Contre la réforme de l'assurance-chômage, dans la lutte antifasciste, féministe, etc, nous étions présent-e-s et nous avons construit à la base, et dans l'action, l'unité avec d'autres forces progressistes.

Ce congrès fut l'occasion de réaffirmer notre solidarité avec les luttes de libération nationale, et notamment celles qui sont menées au sein de l'état français. Nous avons donc pris position en faveur de la gauche révolutionnaire basque, avec qui nous voulons lutter.

Notre activité antifasciste a amené l’une d’entre nous à être victime d’un crime fasciste. Cette répression fasciste a nécessité un traitement interne à notre organisation. Aujourd’hui, nous sommes prêt-e-s à lancer une campagne antifasciste et féministe unitaire dont le mot d’ordre est Unité contre les fascistes, sexistes et violeurs, nervis du patriarcat et de la bourgeoisie, solidarité ! (une déclaration de notre organisation à ce propos suivra).

Nous avons également actualisé notre charte.

Ce congrès est l'occasion de rebondir, après les difficultés que nous avons vécues, plus que jamais, nous voulons avancer vers la révolution.

La crise du capitalisme ne trouvera d'issue que dans la révolution et le socialisme : rejoignez-nous !

 

L'OC-FR

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Actualité de notre organisation

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Publié le 13 Janvier 2013

CHARTE DE L'ORGANISATION COMMUNISTE - FUTUR ROUGE

Nous, l'Organisation Communiste - Futur Rouge, sommes du côté des ouvrierEs, des travailleurs-EUSES, des privéEs d'emploi et de la jeunesse populaire. Tout nous oppose à la grande bourgeoisie capitaliste qui tient actuellement toutes les manettes du pouvoir.

Nous le savons bien, la société actuelle, toute capitaliste qu’elle est, regorge de luttes ouvrières et populaires. Mais cette conflictualité ne se résume pas à de grands mouvements organisés. La lutte des classes est un fait, et chacun la vit dans son quotidien. Elle se trouve en fait partout : dans les discussions privées ou sur le lieu de travail sur les méfaits de l’exploitation, dans les conflits avec les petitEs chefs dans les entreprises, avec son-SA patronNE, avec la police, avec son-SA banquierE, son-sa propriétaire, son Pôle Emploi, etc, elle se trouve dans tous les gestes de ras-le-bol sous toutes leurs formes, ou dans la moindre petite action, même symbolique, de solidarité. Partout où il y a de l’injustice, il y a de la lutte.

Les luttes et les grèves des 7 millions d’ouvrierEs de ce pays et, plus globalement, de touTEs les salariéEs, posent les questions de l’emploi, du chômage, des délocalisations. Elles posent également la question des salaires, des conditions de travail, des horaires et des cadences. Indirectement, c’est toute l’organisation économique qui est mise en question. Coeur de l'économie, les ouvrierEs occupent, de fait, une position fondamentale dans la société française. Le mouvement ouvrier démarre et donne le ton de toutes les grandes mobilisations sociales. TouTEs les salariéEs regardent vers les ouvrierEs car ils-ELLES sont les seulEs à pouvoir bloquer la production, et potentiellement porter un coup sérieux à la bourgeoisie. TouTEs les politicienNEs bourgeoisES draguent aujourd’hui les ouvrierEs, dont ils-ELLES commencent à craindre la colère.

A l'heure qu'il est, la précarité touche des secteurs croissants de la population. Contrats bidons, stages non-rémunérés, ou à peine, offres d’emplois inadaptées, licenciements facilités, la vie sous le capitalisme se résume toujours plus à une seule alternative : la misère et/ou l'exploitation. Pour touTEs, jeunes et moins jeunes, c’est l’incertitude du lendemain qui pèse sur nos épaules. Cette insécurité économique permanente est d'autant plus forte que nous vivons dans une société d'individualisme et de chacun pour soi: on doit porter seul tout le poids de ses difficultés. Cette incertitude a pour résultat de durcir l’exploitation, mais aussi d’exercer la terreur économique sur les travailleurs, de les réduire au silence par le chantage.

Alors que le capitalisme est entré dans une crise dont on ne voit pas le bout, partout s’exprime une colère et une inquiétude grandissante. Chacun s’inquiète de la baisse du niveau de vie, de la hausse des prix, de la misère qui gagne chaque jour du terrain. Dans chaque entreprise, la pression sur les salariéEs se fait plus forte. Les gouvernements « de gauche » comme de droite accumulent les « réformes » qui remettent en cause les quelques acquis dont les travailleursEUSES pouvaient encore bénéficier, allant de la retraite aux hôpitaux et aux médicaments déremboursés, de l’éducation aux contrats de travail. A chaque fois, l’on est pousséE à la grève et à la manifestation, ou bien à l’accumulation de la rancœur légitime des travailleurs-EUSES.

Des mouvements de révolte (« émeutes ») de la jeunesse des quartiers populaires, jusque dans l’isolement des campagnes pauvres, des politiques racistes contres les immigréEs aux mouvements qui, comme dans le cas des sans-papiers, cherchent à s’y opposer, des politicienNEs et des médias qui prêchent le racisme à demi-mot aux mouvements d'opinion contre ce même racisme, du rejet des violences policières à l’autodéfense nécessaire contre les groupes fascistes qui réapparaissent, on se retrouve devant le même problème. La guerre contre les pauvres fomentée par les bourgeoisES et leurs serviteurs. En face, les tentatives de riposte menées par la frange la plus active du peuple. Et à chaque fois, ce sont les prolos, les futurEs prolos, les privéEs d'emploi, que l'on retrouve en première ligne.

 

C’est chaque jour et à chaque heure que des millions d’enfants des classes populaires subissent mépris et vexations quotidiennes sous toutes leurs formes, dans un monde qui ne tolère que les bourgeoisES « bien comme il faut » et qui fait bien sentir à tous les autres qu’ils-elles feraient mieux de « rester à leur place ».

C’est chaque jour et à chaque heure que se manifeste la violence faite aux femmes, sous forme physique ou symbolique, et les efforts de certaines et de certains pour venir à bout de cette situation. Mais là où règne l’individualisme, les choses ne changent pas véritablement.

Partout fleurit également diverses formes de culture populaire de jeunes et de moins jeunes, qui permettent de se ménager une existence face au rouleau compresseur. Elles expriment les sentiments, la révolte et les aspirations de générations d'ouvrierEs et de précaires, et leur donne un espace appréciable. La musique et internet jouent dans ce domaine un rôle important. Il s’agit de se démarquer des médias et de l’Etat qui ne donnent parfois une place à cette expression que dans l’espoir de la récupérer.

La lutte se manifeste aussi, dans les nations sans Etat, et groupes culturels basques, corses, bretons ou occitans, dont les identités et les cultures sont toujours étouffées, réprimées, niées par un Etat français brutal et arrogant, méfiant de ses « provinces rebelles », qui veut uniformiser pour garantir le marché bourgeois, et mater toute expression du peuple par la même occasion. Ces luttes peuvent parfois déboucher sur des revendications culturelles ou bien sur celle de l’autonomie, voire de l’indépendance. Ces combats sont légitimes, ils forment une part des aspirations populaires dans la réalité de l’hexagone. Ce combat rejoint la juste lutte d'indépendance dans les confettis de l'ancien Empire colonial en Outre-Mer.

Dans ce système économique sourd, aveugle, irrationnel, des parts croissantes de la population se lèvent également contre les dégâts faits à l’environnement. Il ne s’agit pas d’un rejet abstrait, « bobo », ou politicien. Il s’agit de luttes de plus en plus ancrées localement face à la pollution industrielle, dont les travailleurs-euses sont les premières victimes, face à des projets absurdes de « grands travaux » qui ravagent des régions entières, face aux entorses flagrantes contre les principes les plus élémentaires de sécurité. Ce ne sont pas les besoins collectifs, ce ne sont pas les projets d’emploi qui dictent ces folies, mais la recherche de profit. Les mobilisations qui se développent posent en fait, là aussi, la question de l’organisation économique elle-même et de ses finalités.

La lutte, c’est aussi la prise de conscience, parmi le peuple, de ce qu’est réellement la politique extérieure de la France. Bombarder, envahir, et occuper des pays au nom des « droits de l’homme », soutenir des dictateurs fantoches, fomenter des guerres civiles, organiser des coups d’Etat, appuyer des génocides. Et tout cela au profit des grands groupes français qui étouffent tout développement local, et réduisent des millions de personnes à la famine. Ce système, c’est l’impérialisme. Et il se trouve que l’impérialisme français est l’un des plus puissants et des plus criminels sur cette planète. Les mensonges des médias pour justifier ces menées expansionnistes exercées en notre nom trompent de moins en moins de monde. Cela, même sans trouver les mots exacts pour le dire, un nombre croissant de personnes le perçoit et le dénonce. Lier la lutte contre le capitalisme dans l’hexagone et contre l’impérialisme à l’extérieur qui en est le prolongement, sera demain un élément majeur pour remporter la victoire.

Les différentes manifestations de la conflictualité sociale peuvent être individuelles ou collectives. Elles peuvent se développer consciemment ou intuitivement. Elles peuvent être légales et pacifiques, ou éventuellement illégales ou violentes. Elles peuvent prendre une forme organisée, ou bien au contraire spontanée. Elles peuvent s’attaquer aux conditions d’existence économiques actuelles ou encore poser des questions politiques.

Au bout du compte, ce qui intéresse ceux qui nous dirigent c'est l'augmentation du taux de profit. C'est toujours la recherche du profit maximum qui se heurte aux intérêts des travailleurs et du peuple. En réalité, l'ensemble des luttes populaires s'articule autour de la lutte des classes, de la lutte entre ceux qui exploitent et ceux qui produisent. Dans ce combat, ce sont les ouvrierEs, les technicienNEs et les employéEs, noyau des classes populaires et cœur de l’organisation économique, ce que nous appelons le prolétariat, qui joueront le rôle central. Etant ceux et celles qui font réellement tourner le pays, ils et elles pourront continuer de le faire hors du capitalisme, une fois les bourgeois chassés du pouvoir.

L’ensemble de ces tensions sociales est le fruit de la violence capitaliste, et porte dans le même temps les germes de sa suppression future. A l’heure actuelle, tous ces combats, à la fois proches et différents, sont éparpillés. Ils ne parviennent pas à aller au-delà d’une situation immédiate telle qu’elle se pose immédiatement, pour poser la question du nécessaire renversement du capitalisme. C'est là que les communistes ont un rôle à jouer.

Si la lutte piétine aujourd’hui, c’est faute de perspective victorieuse. C’est parce qu’il n’y a pas aujourd’hui, de véritable alternative politique qui émerge. La question de cette alternative politique est la première que nous devons nous poser.

Faire aboutir ce combat nécessite de regrouper tout ces combats. Mais ça ne se fera pas en les « collant » les uns aux autres, en additionnant des luttes à des luttes. Cela se fera par une véritable unité populaire réalisée autour d’une vision commune, d’un projet commun, d’une organisation commune.

TOUT S'ARTICULE AUTOUR DU COMBAT CONTRE LE CAPITALISME
UNITE POPULAIRE AUTOUR DU PROLETARIAT

Le but majeur des communistes est de conduire au pouvoir le prolétariat et de réaliser une révolution socialiste :

- une économie collectivisée, sans exploiteurs-trices : la propriété des moyens de production devient collective. Nous travaillons donc pour la société, et non plus pour un groupe de capitalistes qui accumule du capital. De ce fait, nous cessons d’être en concurrence les uns et les unes avec les autres. De variable d’ajustement, le prolétariat devient le maître : ce sont les producteurs de richesses qui décident, pas les parasites qui profitent d’eux.

- une production planifiée en fonction des besoins : travailler sert à améliorer la situation du peuple. Comme la production n’est plus basée sur la recherche du profit maximum, les conditions de travail se transforment : baisse du temps de travail, bien être du travailleur et de la travailleuse pris en compte, etc.

- une élimination progressive de la séparation entre travail manuel et intellectuel, entre encadrement et exécution, des inégalités géographiques, culturelles, etc. La lutte des classes que nous connaissons sous le capitalisme continue sous le socialisme. Tant qu’il existe une séparation entre les masses et les dirigeants, entre les producteurs et productrices et les encadrantEs, tant qu’il existe la petite propriété, la bourgeoisie risque se reconstituer pour reprendre le pouvoir (c’est ce qui s’est passé en URSS et en Chine).

- un régime placé sous la direction d’un parti communiste : en tant que noyau dirigeant, et détachement le plus avancé de la classe ouvrière, ce dernier garantit une marche en avant continue sur la voie du socialisme. Pour mener la lutte des classes, et construire et organiser la nouvelle société il est vital de pouvoir compter sur un parti communiste réellement guidé par une ligne révolutionnaire.

- un Etat démocratique fondé sur la mobilisation des masses : le socialisme ne se construit pas à coups de décrets. Construire le socialisme est impossible sans la mobilisation consciente des masses pour ses intérêts. Le but est de construire la plus large démocratie populaire faite par les classes populaires, permettant à celles-ci de participer directement à la gestion des affaires, et ainsi de se saisir elles-mêmes des enjeux de la révolution socialiste. Les éluEs seront tenus à un mandat précis, contrôlés et révocables. Cette forme de démocratie est tournée contre les bourgeoisES, les carriéristes et les réactionnaires. Elle se différencie de la "démocratie" bourgeoise puisqu'il s'agit d'une participation directe et permanente aux affaires, plutôt que d'aller voter tous les cinq ans pour des ennemiEs du peuple comme cela se passe aujourd’hui.

- un Etat prolétarien défendu par le peuple en armes. Dans le socialisme, la police, la justice, l'armée, seront l’arme du peuple constituée par le peuple, "l'épée dégainée de la révolution". Elles ne seront plus un outil d'oppression du peuple au service des privilégiéEs, comme c’est le cas aujourd’hui sous le capitalisme.

Notre but est l'établissement définitif d'une société sans exploitation, fondée sur l'association libre de l'humanité entière: le communisme. Le socialisme que nous proposons est un Etat transitoire entre le capitalisme et le communisme. C’est la seule voie possible pour sortir du capitalisme.

Nous ne sommes pas pour autant des rêveurs et des rêveuses idéalistes. Nous savons pertinemment que l’ensemble du système politique actuel est bloqué et verrouillé. Nous ne nous attendons pas à ce que la bourgeoisie au pouvoir capitule sans combattre, et elle a à ses ordres tout l’appareil d’Etat qu’elle contrôle à tous les niveaux. L’expérience le montre, arracher le pouvoir à la bourgeoisie ne se fait pas de façon légale ou pacifique. C’est à un combat révolutionnaire sans merci que nous devons nous préparer, jusqu’à la victoire complète. C’est, bien sûr, le point essentiel qui différencie les véritables communistes des « communistes » inconséquentEs, politicienNEs, électoralistes ou menteurs et menteuses.

Nous savons également que ce n’est pas en se tournant les pouces en attendant la révolution, le « grand soir », que les choses risquent de changer. Nous devons nous organiser, combattre et travailler à construire l’outil indispensable qui nous permettra de réaliser nos objectifs. Cet outil, c’est un parti communiste puissant capable de diriger, d’organiser, d’orienter et de guider le combat, de mettre fin à la dispersion, d’ouvrir une perspective, de disposer des moyens nécessaires et de les affecter selon une stratégie bien définie.

NOUS AVONS BESOIN DE TOI

Le profit capitaliste est la cause principale des souffrances du peuple, celles-ci ne seront guéries que par la suppression du profit capitaliste. Pourtant, le monde capitaliste tient encore debout. Dans ces conditions, devons-nous nous résigner, et attendre ? Nous ne le pensons pas.

Nous en appelons aujourd’hui à toutes les bonnes volontés, à nous aider, à nous rejoindre, pour mettre en commun nos efforts. Nous devons travailler à briser l'isolement, la routine, l'individualisme auxquels on cherche à nous réduire. Nous avons besoin de lutter tous côte à côte, de débattre, et de nous organiser ensemble. Il est nécessaire, d'aller au delà de la simple activité syndicale ou associative (même si celle-ci est importante), pour nous atteler à ce qui nous manque aujourd'hui: une perspective politique conséquente. Notre organisation y travaille.

Notre organisation s’inscrit dans la continuité historique du mouvement communiste. Elle se réfère, comme il est juste et nécessaire, à toutes les expériences de pouvoir du prolétariat, telles que la Commune de Paris de 1871, la Révolution Russe de 1917, la Révolution Chinoise de 1949, et à leurs résultats. Pour autant, nous n’exigeons pas, pour nous rejoindre, une connaissance historique ou théorique particulière. Cette connaissance s’acquiert dans la pratique, la formation, et le débat.

TouTEs ceux et celles qui le souhaitent sont les bienvenuEs, qui veulent s'inscrire dans un engagement régulier dans l'action, la réflexion et l'organisation, pour la révolution dont le pays a besoin.

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Rédigé par OCFR

Publié dans #Actualité de notre organisation

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Publié le 13 Janvier 2013

Nous annonçons aujourd'hui notre départ collectif du ROCML et de la JCML.

Nous ne regrettons en rien notre passage dans ces organisations. Issues d'un processus d'unification entre organisations communistes, en effet, elles ont permis à une part non négligeable des communistes, en France, de sortir de l'esprit de cercle et de permettre à de nombreux jeunes d'accéder à la théorie communiste. En outre, le travail effectué pour remettre au centre de l'activité des communistes la classe ouvrière par le ROCML nous a permis de placer la classe ouvrière au centre de la stratégie de construction du parti.

Néanmoins, si nous décidons aujourd'hui de partir, c'est pour quatre raisons.

- Des divergences politiques ont éclaté dans le ROCML, à propos de la participation des communistes aux luttes démocratiques. Pour la direction du ROCML, elles ne concernent pas la classe ouvrière et sont petites bourgeoises. Il est vrai, en l'absence d'un parti communiste, que les seules perspectives politiques d'un, mouvement, y compris les luttes des ouvrierEs, sont des perspectives réformistes et ils restent sous la direction de la bourgeoisie. Il est faux, pour autant, de considérer que ces luttes démocratiques (contre les groupes fascistes, pour les droits des LGBT, pour la culture populaire ou autres), ne concernent pas les intérêts matériels, moraux et politiques de la classe ouvrière. Il est faux également de nier que de nombreux ouvriers, parfois des ouvriers avancés, participent également à ces mouvements, comme si cette dernière vivait coupé de ces problèmes, sur une carte postale ou dans un roman d'Emile Zola. Nous estimons que ces différences d'appréciations proviennent du manque d'intérêt de la part de certains dirigeants pour la réalité du terrain. Le refus de mener l'enquête, mais de préférer plaquer des a priori est lié, chez ces mêmes dirigeants, à la conception que la théorie se suffit à elle même et que tout aurait déjà été dit par les classiques du marxisme-léninisme jugés "nécessaires et suffisants". Pour nous, la théorie et la pratique fonctionnent ensemble. La théorie doit se nourrir de la pratique et se développer sans cesse: c'est le propre de la science. Pour autant le recours à la théorie est un passage obligé pour comprendre de façon pertinente la réalité et, a fortiori, pour la transformer.

- Un désaccord est également apparu, sur le moyen le plus efficace et rentable d'avancer vers la nécessaire construction d'un parti communiste, alors même que nos forces sont très réduites. Cette même logique d'isolement par rapport au terrain, a selon nous conduit une partie du ROCML a considérer que, vis-à-vis des masses, la seule chose à faire serait la propagande. Plus précisément de discuter individuellement avec des éléments déjà trés avancés, ou de distribuer des tracts qui ne sont accessibles qu'à un très petit nombre de personnes. Nous pensons au contraire que nous devons faire nos preuves dans l'action de masse, en associant l'agitation et la propagande, pour accumuler des forces et améliorer, dans l'épreuve de la pratique, la qualité de nos cadres. Ce moyen est également plus efficace pour rencontrer et rallier les éléments les plus avancés.

 

- Cela n'aurait pas été antagonique si le style de travail de la direction du ROCML avait permis un débat franc et ouvert dans l'organisation. Ces questions auraient pu être résolues dans le cadre normal du centralisme démocratique. Or, pour le ROCML, du moins sur sa ligne actuelle, l'organisation doit être un monolithe , ce qui est impossible. L'organisation est en effet perméable à l'influence de la bourgeoisie et de fait, une organisation communiste est traversée par des lignes bourgeoises et des lignes prolétariennes qui s'affrontent. Ne pas reconnaître qu'il existe une, c'est se condamner à la cécité politique et à l'opportunisme.

- Enfin, pour nous, le travail d'unité des communistes ne trouvait pas sa fin avec le ROCML, qui ne pouvait pas prétendre être le centre exclusif de formation du parti en France.

C'est en considérant le travail d'unité qui reste à mener entre les communistes dans l'hexagone que notre départ peut ne pas être un recul. Les militantEs ayant choisi de quitter l'organisation ont en effet choisi de rester organisés ensemble. Cela implique une pratique commune et un débat théorique pour continuer à définir une stratégie révolutionnaire dans l'Etat français. Les militantEs non organiséEs à la JCML ou au ROCML sont invitéEs à nous rejoindre dans ce processus. En outre, nous nous refusons à un repli sectaire, travaillerons à l'unité des communistes et ferons rapidement des propositions concrètes dans cet objectif.

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Rédigé par OC-FR

Publié dans #Actualité de notre organisation

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