Publié le 24 Février 2016

Un syndicaliste étudiant de Solidaires Étudiant-es à Lyon 2 a reçu une convocation au commissariat alors que l'université a porté plainte, après une mobilisation des étudiant-e-s en soutien à des sans-papiers. Lyon 2 perpétue une longue tradition repressive à l'encontre des syndicats étudiants. Avant Solidaires Étudiant-es, la FSE (qui a fondé Solidaires Étudiant-es après une fusion avec Sud Étudiant) avait subi de lourdes répressions à Lyon 2.

 

L'OC-FR témoigne son soutien au camarade réprimé. Nous sommes solidaires de sa lutte qui est aussi notre lutte !

 

Aujourd'hui, l'université Lyon 2 s'en prend au mouvement de soutien aux sans-papiers. Solidaires Étudiant-es et le collectif des Étudiant-e-s étrangers de Lyon ont mené une lutte sur le campus contre la sélection des étudiant-e-s sans-papier. Une délégation avait rencontré la présidence de l'université pour y porter ses revendications, et s'était retrouvé face à un mur qui refusait de discuter. Ils/elles ont alors poursuivi la lutte. Depuis la présidence de l'université fait de l'intox et communique avec outrance. C'est dans ce contexte que s'opère cette repression.

Nous soutenons les revendications de ce mouvement, qui exige la régularisation des sans-papier, la non-sélection à l'université, et le principe une carte étudiante = une carte de séjour.

L'université est un pan de la société. Les contradictions au sein de la société ne s'arrêtent pas aux portes des campus. La lutte contre l'impérialisme et pour les libertés démocratiques doivent se mener sur tous les fronts, y compris dans nos lieux d'études.

Que ce soit de Menton à Calais, dans nos quartiers, dans nos HLM et nos foyers, à l'usine, à l'université ou dans les lycées, à Paris ou à Lyon, c'est une même lutte pour les droits des sans-papiers et des réfugiés ! À Lyon 2, le collectif des étudiant-es étrangers de Lyon et le syndicat étudiant mènent une bataille parmi toutes celles que les militant-e-s progressistes sont en train de mener contre l'impérialisme français.

 

A bas l'impérialisme français !

 

La France est une puissance impérialiste, et se donne le droit de massacrer, piller, et diriger les peuples dominés.

En Afrique en particulier d'où est issu une partie de la population immigré dans l'état français, la France mène ses politiques impérialistes. L'État Français et ses entreprises y sont très présentes et y ont d'importants intérêts stratégiques. Total, CGG, Engie, Veolia, Orange, Alstom, Areva... ne sont qu'un panel des entreprises françaises qui exploitent les travailleurs/euses africain-e-s et les ressources de ce continent, sans que les peuples n'y aient accès, et qu'ils ne participent au développement des économies locales et nationales.

Les peuples africains y sont expropriés, déplacés massivement, et parfois génocidé par les impérialistes. Ils y amènent la guerre, au Congo (RDC) où l'on exploite le Coltan, au Mali où l'industrie nucléaire français a des intérêts, en Centrafrique autre réservoir français d'uranium, d'or, de diamants et véritable empire de Bolloré ou encore au Burkina Faso dont l'économie repose sur l'or.

Actuellement, l'impérialisme français est aussi très actif dans le Proche Orient où il est en guerre. On y retrouve en masse les armes de l'industrie militaire française, au Yemen, en Syrie, en Iraq...

Toutes les guerres et politiques impérialistes amènent des mouvements de population, et lorsque les peuples victimes de l'impérialisme veulent venir dans les pays impérialistes, ces derniers ferment leur porte. C'est le cas de la politique hypocrite et criminelle de la France et de l'Union Européenne avec son traité Schengen qui ferme les frontières et traque les migrant-e-s. La politique migratoire de la France est intrinsèquement lié à sa politique impérialiste, et à sa nature impérialiste.

Le mouvement des sans-papiers est donc une lutte anti-impérialiste, et fait partie du front anti-impérialiste.

Il est normal de fuir la misère, la guerre, le chômage et la faim et d'aspirer à une vie meilleure dans des pays "attractifs", surtout que ce sont les gouvernements de ces pays qui sont responsables de leurs conditions de vie dans leurs pays d'origine.

Mais l'état français impérialiste est aussi un état raciste. Le gouvernement français fait tout pour rendre la migration plus difficile voir impossible, et se permet de les trier selon leurs besoins en mains d'oeuvre, ou pour ce que la bourgeoisie appelle le "brainstorming", c'est à dire le pillage des "cerveaux" et des "talents" pour la France. Les sans-papiers doivent faire face à toutes les étapes au racisme institutionnel, et au racisme ordinaire et parfois ouvertement hostile des français-es et des partis politiques français.

Ceux et celles qui sont solidaires sont alors à leur tour réprimé, pour empêcher toutes connexions au sein des classes populaires dans l'état français, et tente au contraire d'attiser les divisions et les contradictions en son sein. C'est pourquoi à Calais par-exemple l'état français qui se charge d'empêcher aux migrant-es la traversée de la Manche vers l'Angleterre, réprime les mobilisations de soutien aux habitant-e-s de la "jungle", bidonville gigantesque où sont coincés des migrant-e-s.

Quelques jours après les attentats du 13 Novembre et de la promulgation de l'état d'urgence, la police avait également réprimé une manifestation de soutien aux migrant-e-s.

 

Pour l'OC-FR il est donc essentiel de lutter avec les sans-papiers et de faire sien-nes leurs revendications. Ce sont les mêmes multinationales et les mêmes patrons qui ici nous exploitent, et là-bas les oppriment. Bolloré, Lagardère, Dassault, ce sont les mêmes ennemis que l'on a en commun.

Notre rôle politique, avec les sans-papiers et les réfugiés, est d'unifier la classe ouvrière, qui elle est internationale. Les communistes doivent contribuer à l'unité de la classe ouvrière. L'unité de la classe ouvrière n'a pas de frontières !

 

Retrait des plaintes et renonciation aux poursuites !

Liberté de circuler !

Unité de la classe ouvrière internationale !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Lyon, #Sans-papiers, #Impérialisme, #Anti-impérialisme

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Publié le 23 Février 2016

L'État turc continue son opération militaire de répression à l'encontre du peuple kurde. C'est une véritable guerre ouverte, avec des meurtres massifs et des accusations outrancières, que le gouvernement turc mène contre les kurdes de Turquie, mais aussi contre les Kurdes de Syrie.

 

Par ailleurs, tout en cherchant à créer un consensus contre le soi-disant "terrorisme" kurde en Syrie et en Turquie, le gouvernement turc en profite pour réprimer tou-te-s les empêcheur/euse-s de massacrer en rond au sein de sa population: le mouvement ouvrier et ses syndicats, les intellectuels progressistes et pacifistes, les mouvement féministes et LGBTI (qui entretiennent des relations de solidarité mutuelle anciennes avec le mouvement national kurde) les minorités nationales (notamment les Alévi-e-s et les Arménien-ne-s), les organisations communistes.

 

Depuis sa fondation l'OC-FR entretient des relations de solidarité avec les militant-e-s communistes et progressistes d'Anatolie exilé-e-s en France, qu'ils/elles soient kurdes, arménien-ne-s, alévi-e-s et turc-que-s. Ces relations de solidarité sont fondées sur la lutte contre les accord entre les gouvernements turcs et français pour la répression des militant-e-s révolutionnaires. Elles sont aussi fondées sur la volonté de profiter de la riche expérience révolutionnaire qu'ils/elles ont accumulé dans un contexte de répression très forte. Nous nous en sommes toujours tenu à une position de non ingérence dans les contradictions internes du mouvement révolutionnaire en Anatolie, car nous pensons que, face à la répression de notre Etat, la solidarité de classe ne se monnaye pas. Nous avons régulièrement soutenu des militant-e-s emprisonnées en France au nom de leur supposée appartenance au Front Révolutionnaire de Libération du Peuple (DHKP-C) tout en ne partageant pas les prises de positions de cette organisation contre le mouvement national kurde. Nous continueront à les soutenir malgré cette divergence.

 

Nous considérons que le mouvement national kurde en Turquie, alliance de plusieurs classes, fait de facto partie intégrante du mouvement révolutionnaire mondial. Nous sommes pour ce qui nous concerne solidaires des luttes des peuples opprimés par l'impérialisme français, et dénonçons l'opportunisme des organisations chauvines française qui refusent de soutenir-par exemple-les militant-e-s basques emprisonné-e-s sous prétexte qu'ils/elles seraient "nationalistes petits-bourgeois", "identitaires" ou "réactionnaires sans le savoir". Dans les années 60-70 l'époque ou la plupart des organisations communistes turques ont commencé à construire leurs analyses et leur programme, le développement des forces productives était beaucoup plus faible en Anatolie, les survivances de formations sociale antérieures au capitalisme étaient beaucoup plus puissantes, l'impérialisme US était omniprésent. Il est relativement compréhensible que l'idée d'une lutte de libération nationale contre l'OTAN et les Etats-Unis continue encore aujourd'hui d'apparaître comme principale à beaucoup de militant-e-s communistes de l'Etat turc par rapport à la lutte des peuples opprimés par l'Etat turc. Plus compréhensible en tout cas que l'obstination de certaines organisations opportunistes de l'Etat français a présenter la bourgeoisie française comme "vassale de Washington et de Berlin" alors que la bourgeoisie française est impérialiste depuis les années 1880 et ne participe à l'OTAN, à l'Europe capitalistes et aux différents blocs réactionnaire où elle adhère qu'en fonction de ses propres intérêts bien compris.

 

Nous apprécions tout particulièrement l'attitude internationaliste de la majorité des organisations communistes en Turquie envers le mouvement national kurde. Cet internationalisme peut prendre des formes différentes, certaines organisations ont fait le choix d'entretenir des liens organisationnels étroits avec le mouvement national, d'autres de garder une plus grande autonomie. Il serait paternaliste et présomptueux de notre part de prétendre distribuer des bons et des mauvais points à des organisations devant faire des choix stratégiques et tactiques dans une situation d'une complexité et d'une richesse inouïe. Nous apprécions les nouvelles solidarités apparues à la faveur des derniers événements, notamment le fait que des combattant-e-s de différents groupes communistes combattent au coude à coude au sein du Bataillon de Libération du Rojava, contre Daesh et les autres milices réactionnaires au Kurdistan de Syrie.

 

De façon générale, le mouvement révolutionnaire en Anatolie nous propose des analyses plus avancées sur les questions des luttes démocratiques et féministes, sur la question des peuples opprimés, des minorités nationales et religieuses, sur la question de l'écologie et du droit à la vie des différentes espèces. Tout un tas de question que les opportunistes considèrent comme "secondaires" dans l'Etat français. Apprendre de cette richesse pour nos propres luttes, ce n'est certainement pas de l'exotisme révolutionnaire ou du cosmopolitisme.

 

L'OC-FR continue à suivre avec attention l'actualité du Kurdistan et de l'Anatolie, et apporte son soutien aux organisations kurdes et turques dans la mesure de nos forces limitées. Nous menons campagne avec les forces démocratiques et progressistes solidaires du Kurdistan et des peuples du Proche-Orient, auprès des militant-e-s kurdes et turc-que-s présent-e-s en Europe. C'est notre responsabilité en tant qu'internationalistes, alors que l'état français, allié d'Erdogan, mène la guerre en Syrie.

 

Les impérialistes veulent à nouveau réorganiser le partage du Proche Orient, et sont prêts à fermer les yeux sur les revendications kurdes, pour satisfaire leur alliance avec la Turquie. Le PYD n'a ainsi pas été autorisé à participer à la conférence de Genève, où les différents acteurs du conflit en Syrie se retrouvent. Pendant ce temps, la Turquie bombarde les bases kurdes en Irak et en Syrie, pourtant en première ligne sur le front contre Daesh, et surtout les premiers à avoir engagé les combats contre eux.

 

En France, nous devons nous mobiliser pour que l'état français cesse son soutien actif à la guerre contre le peuple kurde et à la répression des mouvements communistes, démocratiques et pacifiste dans toute l'Anatolie. De nombreux initiatives ont déjà eu lieu. Un rassemblement internationaliste a eu lieu récemment pour soutenir le TKP/ML. L'OC-FR y était présente. Nous reproduisons ci-dessous l'allocution qu'un de nos camarades y a prononcé :

 

SALUT INTERNATIONALISTE AU TKP/ML ET AU TIKKO
(Allocution prononcée à l’occasion du rassemblement du 13 février)
Nous, Organisation Communiste-Futur Rouge, tenons à donner notre salut internationaliste au TKP/ML et au TIKKO et l’assurer de notre solidarité face au régime turc, membre de l’OTAN et allié privilégié de l’Impérialisme français.
Si les Etats impérialistes et réactionnaires sont unis pour traquer les révolutionnaires et réprimer les peuples aux quatre coins du monde, de la même façon les révolutionnaires et les peuples du monde doivent construire leur solidarité dans la lutte.
La bourgeoisie turque a emprunté son idéologie à la bourgeoisie impérialiste française. Mélange de positivisme et de darwinisme social, cette idéologie ne pouvait déboucher que sur des massacres. Quand la bourgeoisie turque a accompli son accumulation primitive de capital dans le sang d’un million 600 000 Arménien-ne-s, c’était en se cachant derrière la devise de « Liberté, Egalité, Fraternité ». En France, cette même devise avait servi à justifier le massacre des peuples d’Indochine, d’Algérie et d’Afrique. 
Ibrahim Kaypakkaya a eu le mérite historique de rompre avec les fausses analyses qui faisaient du kémalisme un phénomène national-bourgeois et de démontrer que le kémalisme était bien une des premières formes de fascisme.
Nous saluons avec respect la mémoire d’Ibrahim Kaypakkaya qui a été une source d’inspiration pour nous.
Pour nous, jeunes révolutionnaires, qui ont grandi dans un monde où les Etats socialistes s’étaient effondrés, les avancées du TKP/ML et du TIKKO ont été une lueur dans la nuit de l’Impérialisme et de la réaction.
De la même façon, pour nous jeunes révolutionnaires des pays impérialistes, la camarade Kinem, Barbara Anna Kistler, a été un exemple d’internationalisme vivant.
Aujourd’hui, l’impérialisme français, de concert avec l’Etat turc, sème le chaos au Moyen-Orient, entraînant le départ de centaine de milliers de réfugié-e-s. L’impérialisme français utilise ces réfugié-e-s comme boucs émissaires pour faire oublier sa crise. Nous devons marquer notre solidarité avec ces prolétaires face aux violences de la police française et des milices fascistes
Nous devons également soutenir les prisonnier-e-s politiques turc-que-s, kurdes et alévi-e-s persécuté-e-s par l’Etat français pour le compte de l’Etat turc.
Notre mission historique est d’abattre l’Impérialisme français, ce qui sera le meilleur service à rendre à tous les peuples du monde.
VIVE LE TKP/ML ! VIVE LE TIKKO !
VIVE L’INTERNATIONALISME PROLETARIEN !
VIVE LE COMMUNISME !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Turquie, #Syrie, #kurdistan

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Publié le 22 Février 2016

Le collectif "Ni guerre ni état de guerre" organise samedi 27 Février à 14H à Stalingrad un rassemblement et une manifestation contre la guerre le samedi 19 Mars.

L'OC-FR a signé la plateforme du collectif, et appelle à rejoindre cette mobilisation !

 

Nous reproduisons ci-dessous la plateforme du collectif :

 

Collectif ni guerres ni état de guerre

Texte fondateur

 

La France était en guerre bien avant les attentats du 13 novembre, lesquels ont largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires. Les guerres de pillage pour le contrôle des ressources n’ont pas manqué depuis le début des années 2000, en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Mali, en Centrafrique. Ces conflits doivent être désignés par leur nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La France n’a aucun « rôle positif » dans ces interventions, malgré ses prétentions puisées à l’ancien répertoire colonial.

 

Les interventions militaires que mène l’État français sont très largement invisibles dans les médias. Le peu qui en est dit impose un consentement au nom d’une logique sécuritaire, avec ou sans habillage humanitaire ; le discours belliciste entend anesthésier et tétaniser la population. Pourtant, comment ne pas rappeler les désastres que sèment ces guerres, les millions de morts, de blessés et de déplacés, la misère, le désespoir jetant les populations sur les routes, tandis que s’enrichissent les profiteurs de guerre, les multinationales vendeuses d’armes – la France tenant en la matière le quatrième rang mondial. Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de dépenses sociales, culturelles et écologiques vitales. De surcroît, l’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les « Rafale » tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan. Ces bombardements sont des bombes à retardement.

 

La guerre devient désormais un moyen de gouverner – et de gouverner par la peur. L’état de guerre proclamé justifie la privation croissante des libertés et des mesures directement inspirées de l’extrême droite comme la déchéance de nationalité. Cette situation, d’une extrême gravité, passe pourtant pour une évidence dans le discours politique dominant, comme s’il s’agissait de banaliser la guerre et de nous habituer à cet état martial et sécuritaire. Car l’état d’urgence vise à museler les colères et les luttes : cette guerre est aussi une guerre sociale.

 

Nous nous opposons aux guerres d’ingérence et de spoliation - donc à tous les impérialismes. Mais nous sommes en France et c’est donc en France que nous pouvons nous battre en priorité contre « notre » propre impérialisme. Nous pouvons le faire concrètement, sans abstraction ni proclamation : parce que les questions géopolitiques qui se jouent parfois à des milliers de kilomètres ont des résonnances fortes, ici, dans nos quartiers. C’est pour cela que la lutte de notre collectif passe par le combat contre tous les racismes, et notamment le racisme antimusulman, contre les inégalités et les discriminations, le soutien aux migrants et aux sans-papiers, l’opposition aux mesures d’exception et au contrôle généralisé des populations qui ciblent en priorité les personnes musulmanes ou supposées telles, les quartiers populaires et les mouvements sociaux.

 

Il nous faut donc nous organiser, riposter par une résistance à la hauteur de ce que nous subissons, à la hauteur des guerres qui se font contre les populations, contre nous et en notre nom. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer un Collectif contre la guerre, qui

• exige l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises, le retrait des bases militaires, la fin des traités et alliances (OTAN…) ;

• dénonce le marché des ventes d’armes qui irrigue entre autres les pires dictatures ;

• combat la militarisation de la société, le quadrillage des territoires et des esprits par le complexe militaro-sécuritaire ;

• soutient le droit à l’autodétermination des peuples, apporte sa solidarité aux forces de résistance et d’émancipation.

 

Nous voulons élargir ce comité, nationalement et localement, à toutes les organisations et toutes les personnes qui se retrouvent dans ce combat.

Pour tout contact et signature : antiguerre16@gmail.com

 

Signataires au 18 février 2016

 

Bedriye Akyol (Association culturelle des travailleurs immigrés de Turquie) ; Jean-Claude Amara (porte parole de Droits devant!!) ; Nils Andersson (ancien éditeur) ; Hamadi Aouina (musicien) ; Robert Assens (Service Civil International) ; Ana Azaria (présidente de Femmes Egalité) ; Ludivine Bantigny (historienne) ; Emmanuel Barot (philosophe) ; Jacques Bidet (philosophe) ; Daniel Blondet (militant anti-impérialiste) ; Françoise Boman (médecin) ; Maguy Borrás (féministe) ; Thomas Bouchet (historien) ; Antoine Boulangé (syndicaliste enseignant CGT, académie de Créteil) ; Alima Boumediene Thiery (avocate) ; Bruno Boussagol (metteur en scène) ; Youssef Boussoumah (PIR) ; Paul Cabannes (enseignant) ; Anna Caetano (conseillère en insertion professionnelle) ; Sylvain Cantaloube (militant CGT Toulouse) ; Bénédicte Cappello ; Philippe Chesneau (militant écologiste) ; Déborah Cohen (historienne) ; Alexis Cukier (philosophe) ; François Cusset (historien des idées) ; Fanny Darbus (sociologue) ; Marielle Debos (politiste) ; Laurence De Cock (enseignante) ; Christine Delphy (sociologue) ; Esra Demir (Union des femmes socialistes) ; Patrick K. Dewdney (écrivain) ; Jeanne Dion (militante éducation nouvelle) ; Paul Dirkx (enseignant-chercheur) ; Samuel Domino (étudiant) ; Joss Dray (auteure-photographe) ; Christian Drouet (militant antimilitariste) ; Clément Dousset ; Julien Dufour (doctorant en sociologie, Université de Lorraine) ; Alice Dula (militante féministe altermondialiste) ; Christiane Etévé (enseignant-chercheur) ; Christian Faucomprez ; Otman Fekar (association Marxistes unitaires) ; Isabelle Garo (philosophe) ; Marif Gleizes ; Renée Gramaize (citoyenne) ; Alain Gresh (journaliste) ; Léna Grigoriadou (enseignante) ; Caroline Guibet Lafaye ; Fatima Har (Ailes-Femnes) ; Odile Henry (sociologue) ; Odile Hélier ; Sabina Issehnane (économiste) ; Fanny Jedlicki (sociologue) ; Thérèse Jouffroy (Amnesty International, Sortir du Nucléaire) ; Barbara Karatsioli (anthropologue) ; Patricia Kasperet (élue EELV, documentariste) ; Razmig Keucheyan (sociologue) ; Amaury Lambert (enseignant-chercheur) ; Patrice Lardeux (militant CGT Paris) ; Daniel Lartichaux-Ullmann (association Marxistes unitaires) ; Luc Lejeune ; Marie Lejeune (sociologue) ; Amélie Le Renard (sociologue) ; Laurent Lévy (essayiste) ; Benjamin Lormet (association Marxistes unitaires) ; Christian Mahieux (syndicaliste SUD-Rail) ; Henri Maler ; Philippe Marlière (politiste) ; Eliane Meillier (médecin et féministe) ; Marwan Mohammed (sociologue) ; Maurice Montet (secrétaire Union pacifiste) ; Christian de Montlibert (sociologue) ; Bénédicte Monville-De Cecco (conseillère régionale Île de France) ; René Monzat (membre d'Espaces Marx) ; José-Luis Moraguès (universitaire) ; François Nadiras (militant Ligue des Droits de l’Homme, Toulon) ; Olivier Neveux (historien de l’art) ; Adrien Nicolas (association Marxistes unitaires) ; Claude Normand (NPA) ; Gisèle Noublanche (membre de la LIFPL et du MRAP) ; Lucille Nouri (étudiante) ; Marc Ollaf (militant marxiste-léniniste) ; Chrystel Oloukoï (étudiante) ; Eugénia Palieraki (historienne) ; Elise Palomares (sociologue) ; Christiane Passevant (chroniques rebelles/Radio Libertaire) ; Willy Pelletier (sociologue) ; Timothy Perkins (artiste et enseignant à l'ENSCI) ; Hélène Peytavi (syndicaliste) ; Christian Pierrel (directeur de publication de La Forge) ; Joanny Poncet (militant syndicaliste CGT) ; Zineb Rachedy ; Laetitia Remy (étudiante en sociologie et fille d'ouvriers) ; Paula Rice (enseignante) ; Théo Rival (Alternative libertaire) ; Tarik Safraoui (réalisateur) ; Nordine Saïdi (Bruxelles Panthères) ; Catherine Samary (économiste) ; Serge Seninsky (retraité) ; Ariel Sevilla (sociologue) ; Omar Slaouti (enseignant) ; Nadine Slyper ; Teddy Theodose ; Julien Théry-Astruc (historien) ; Ali Tolu (militant syndicaliste CGT) ; Rémy Toulouse (éditeur) ; Enzo Traverso (historien) ; Marlène Tuininga (journaliste militante) ; Eleni Varikas (professeur émérite, Université Paris VIII) ; Christian Vernet ; Monique Vidal (retraitée de l'Education Nationale, ancienne responsable syndicale) ; Olivier Vinay (militant syndical) ; Louis Weber (éditeur) ; Béatrice Whitaker (architecte, militante Ensemble) ; François Wolf

 

Association culturelle des travailleurs immigrés de Turquie (ACTIT) ; Ailes-Femnes ; Alternative Libertaire ; Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP34) ; CAPJPO-Europalestine ; CGT Paris 7e ; Collectif des Féministes pour l'Egalité (CFPE) ; Comité anti-impérialiste ; Droits devant !!; Emancipation tendance intersyndicale ; Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s (FASTI) ; Femmes plurielles ; Fondation Frantz Fanon ; Front Uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) ; Marxistes Unitaires ; Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ; Organisation Communiste - Futur Rouge (OC-FR) ; Organisation de Femmes égalité ; Parti des Indigènes de la République (PIR) ; Parti communiste des ouvriers de France (PCOF) ; Rassemblement organisé des communistes (ROCML) ; Sangha-Paris ; Section française de la LIFPL/WILPF (Women International League for Peace and Freedom) ; Sortir du colonialisme ; Union juive française pour la paix (UJFP) ; Union des Femmes Socialistes de Turquie (SKB) ; Union pacifiste de France (UPF)

Rejoignons la mobilisation "ni guerre ni état de guerre" !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #Impérialisme

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Publié le 3 Février 2016

La situation dans le Kurdistan évolue aujourd'hui très vite, parfois de façon inquiétante du côté turc, malgré la résistance héroïque du PKK et de la population, parfois de façon très positive, grâce à la lutte des YPG et des PYD contre Daesh en Iraq et en Syrie.

L'OC-FR s'associe avec la lutte des Kurdes. Nous suivons attentivement les événements dans le Proche Orient, et nous sommes particulièrement solidaire des peuples en lutte contre Daesh. Nous soutenons les initiatives de reconstruction du Rojava, et à Kobâne. Nous soutenons aussi les Kurdes de Turquie qui font face à une répression féroce de l'Etat turc.

Nous appelons à participer massivement à la manifestation du 6 Février à 14H à Paris. L'Etat Français soutient activement l'Etat turc qui collabore avec Daesh et mène la guerre au peuple Kurde. C'est par la lutte et le rapport de force que nous devons affaiblir le soutien français à la Turquie.

Les élections législatives de juin dernier dans l’Etat turc ont été marquées par une poussée du HDP (parti démocratique des peuples) rassemblant la gauche kurde et ses allié-e-s. Avec ses 13% le HDP empêchait le parti AKP du président Erdogan de remporter la majorité absolue. Sur les cinq millions de voix remportées par le HDP on peut estimer qu’un million des voix provenaient d’électeur/trice-s non-kurdes. C’était un échec historique pour le parti au pouvoir AKP (« islamo-conservateur »), et plus largement pour l’ensemble des partis de la bourgeoisie turque qui se sont toujours efforcés de maintenir leur domination en créant au sein du peuple un consensus fondé sur la peur du « séparatisme » kurde.

La gauche kurde commençait à rompre le cordon sanitaire que la bourgeoisie turque avait dressé autour d’elle, en ne se présentant pas comme le parti d’un seul peuple mais s’adressant à l’ensemble de celles et ceux que la bourgeoisie turque exploite et opprime, des communautés LGBTIQ aux religieux/se traditionnalistes. Le HDP a présenté un programme qui n’était nullement révolutionnaire, mais simplement démocratique. Il s’est présenté non seulement comme le parti de la paix, mais aussi le parti des travailleur/euse-s, le parti pro-féministe et contre l’hétéro-patriarcat, le parti de la protection de l'environnement et du respect du droit à la vie de toutes les espèces, le parti de toutes les minorités nationales et religieuses.

Depuis le coup d’état fasciste de 1980, les progressistes de Turquie ont connu des années de massacres et de répressions anticommunistes et antisyndicales et le peuple kurde vingt années de guerre (45 000 mort dans la guerre coloniale au Kurdistan dans les années 80-90). Depuis des années, face à l’exigence croissante de vérité et de justice des victimes et de leur proches, l’Etat a baissé le masque et assumé ouvertement l’impunité structurelle pour les crimes sexistes et racistes, créant un climat favorable à ce qu’elles augmentent encore (5406 femmes tuées par leurs conjoints depuis l’arrivée au pouvoir d’Erdogan, banalisation par le gouvernement des viols et des meurtres de femmes alévies, de personnes LGBTIQ, culpabilisation officielle des victimes etc.).

La croissance économique de ces 20 dernières années a entraîné une augmentation des catastrophes industrielles et autres « accidents du travail » meurtriers dus à la rapacité du patronat (1712 mort-e-s pour la seule année dernière), une destruction accrue de l’environnement et des espèces animales.

Après des années d’aggravation de la violence sociale mais aussi d’augmentation des résistances locales, le HDP a représenté pour les progressistes de Turquie l’espoir d’une démocratisation de la société, l’espoir que les coopératives ouvrières viendraient progressivement à bout du capitalisme sauvage, et que l’autogestion à l’échelle locale viendrait progressivement à bout de l’Etat central, l’espoir de contourner l’affrontement direct avec le pouvoir, de sortir de la logique de la militarisation. Comme si en laissant de côté les mots d’ordre antagoniques de révolution socialiste et d’indépendance du Kurdistan on convaincrait petit à petit la bourgeoisie de se laisser dépouiller de son pouvoir, et l’Etat central d’abandonner ses prérogatives.

Cet espoir s’est nourri du dynamisme des luttes démocratiques, féministes et écologique et des défaites de la gauche armée. Personne ne peut faire aux progressistes de Turquie le reproche d’avoir voulu y croire, certainement pas les communistes de l’Etat français : il n’y a pas une famille progressiste kurde, turque, arménienne ou alévie qui n’ait pas eu un-e ou plusieurs mort-e dans ses rangs depuis le coup d’Etat fasciste de 1980.

Mais la force du plus beau des espoirs ne peut abolir à elle seule la sale brutalité des conditions objectives. L’histoire de la République turque est pleine de massacres, la base matérielle de la bourgeoisie turque est imprégnée de sang, elle a réalisé son accumulation primitive sur les cadavres d’un million et demi d’Arménien-ne-s, elle a maintenu sa domination par une longue suite de coups d’Etats militaires. Comme la République française, fondée sur le massacre des Communard-e-s et le colonialisme, et qui fût pendant longtemps le modèle des dirigeant-e-s turc-que-s, un tel Etat ne peut pas être réformé, mais détruit de fond en comble. La progression historique du HDP en juin a été l’occasion d’une grande fête au Kurdistan, dans tout l’Etat turc et dans l’immigration, mais la fête a rapidement cédé la place à l’horreur. L’Etat turc ne pouvait répondre au surgissement de la vie que par la mort et la terreur.

Punir les Kurdes

Le 20 juillet, un attentat à Suruç (ville où le HDP fait 90%) tue 32 militant-e-s communistes et progressistes qui s’apprêtaient à passer la frontière syrienne pour participer à la reconstruction de la ville kurde de Kobâné. Le 10 octobre, à Ankara, l’attaque-suicide d’une manifestation organisée par le HDP et plusieurs syndicats pour réclamer la paix au Kurdistan fait 102 autres victimes. Dans les deux cas le gouvernement accuse les milices de Daech, qui ne revendiquent pas les attaques (alors qu’habituellement ils le font systématiquement et en tirent gloire). L’enquête est accablante pour les services de sécurité : un des deux kamikazes présumés d’Ankara se trouve être le propre frère du kamikaze de Suruç, leur propre famille avait depuis longtemps averti la police de leur dangerosité et les services de sécurité connaissaient tout de leurs faits et gestes. Qu’importe, pour le Premier ministre Ahmet Davutoglu, dans un "État de droit" comme la Turquie, "nous ne sommes pas autorisés à les arrêter avant qu'ils ne passent à l'acte"(sic). Un légalisme qui n’avait pourtant pas empêché le même Premier ministre d’accuser d’abord, dans les heures qui avaient suivi l’attentat, la gauche kurde d’avoir organisé le massacre de ses propres militant-e-s.

Entre ces deux massacres, relativement médiatisés en France parce qu’attribués à Daesh, d’autres tueries toutes aussi massives ont été passé sous silence par la plupart des médias français, parce que perpétrées par l’armée turque, armée d’un pays ami, membre de l’OTAN, allié privilégié de l’Etat français dans sa politique guerrière au Moyen-Orient. Le massacre de Suruç (et l’exécution de deux officiers turcs notoirement lié à Daesh par la guerilla kurde en guise de représailles) a servi de prétexte au gouvernement turc pour faire semblant de déclarer la guerre à ses ancien-ne-s allié-e-s de Daesh et pour la déclarer en réalité au peuple kurde et à ses organisations. Le Premier ministre Davutoglu l’avouait cyniquement dès la première semaine, il s’agissait de venger l’affront des élections de Juin et permettre la convocation de nouvelles législatives début novembre, dans un climat de terreur. En juillet-août, l’armée commence à bombarder les bases de la guerilla kurde repliées en Irak depuis les années 90 (et les villages qui avaient le malheur de se trouver à proximité). En septembre, les milices de l’AKP s’allient à celles de l’extrême-droite nationaliste pour mettre à sac les locaux du HDP et des syndicats . Cette provocation sert de prétexte au déploiement de l’armée dans les villes où le HDP a fait le plus de voix. A Cizre et à Bismil en septembre, à Silvan en novembre, puis de nouveau à Cizre, à Silopi et à Sur depuis décembre, l’armée décrète des couvre-feux, tue des militant-e-s (comme les femmes militantes Sêvê Demir, Pakize Nayır et Fatma Uyar, tuées à Silopi le 5 janvier) mais aussi des civil-e-s choisi-e-s à l’aveugle, empêche la population d’enterrer ses mort-e-s…

Face à la brutalité étatique, la colère de la jeunesse kurde se développe en un flot impétueux que les cadres de la gauche peinent à canaliser, eux qui se voulaient depuis des années les porteurs d’un projet de paix négociée, projet désormais noyé dans le sang. Il semble que le gouvernement, comme les sionistes en Palestine, soit près à assumer jusqu’au bout cette confrontation avec une jeunesse radicalisée, en liquidant en priorité toutes celles et tous ceux ce qui pourrait jouer un rôle de médiation comme le bâtonnier de Diyarbakır, Tahir Elçi assassiné par la police en novembre . Ou comme le co-président du HDP Selahattin Demirtaş, menacé de 24 ans de prison pour avoir affirmé que des « Etats indépendants au Kurdistan » étaient en train d’émerger du conflit. La jeunesse des villes se dote de plus en plus de leur propres structures d’autodéfense et d’autogestion, l’histoire dira si, en refusant toute négociation et en faisant le pari de l’épreuve de force, Erdogan parviendra à isoler et à fractionner la lutte kurde, où s’il est comme l’idiot qui a soulevé une pierre pour se la faire retomber sur le pied.

Des délires complotistes pour justifier le massacre

À son arrivée au pouvoir en 2003, Erdogan avait reconnu la spécificité kurde et promis d’engager des négociations. Il faut dire qu’il représentait une fraction ascendante de la bourgeoisie turque (les Tigres d’Anatolie, représentant entre autre le secteur des BTP), contre une fraction déclinante, née de la spoliation des biens arméniens, liée à l’armée et à la mafia et personnellement intéressée à la perpétuation d’une « sale guerre » au Kurdistan (qui faisait tourner les trafics d’armes et de drogue). Le leader « islamo-conservateur » se présentait alors comme le représentant des classes moyennes conservatrices de la partie orientale du pays contre les « élites » stambouliotes occidentalisées. Il visait ainsi les deux partis qui servaient jusque là de prête-nom à l’armée entre deux coups d’Etat : le CHP (« centre-gauche ») et le MHP (extrême-droite). Le singulier « universalisme à la française » qui servait d’idéologie à ces politicien-ne-s traditionnel-le-s n’avait pas empêché les 45 000 mort-e-s de la guerre au Kurdistan (c’est pour ça qu’il est « à la française » : c’est un universalisme de guerre coloniale). Au Kurdistan de Turquie beaucoup espéraient alors qu’en rompant avec les délires assimilationnistes qui faisait des Kurdes de simples « Turc-que-s des montagnes » à civiliser, Erdogan ouvrait la voie à des négociations de nation à nation.

Aujourd’hui, Erdogan a abandonné la vieille résidence présidentielle pour un palais des mille-et-une nuit à 350 millions de dollars, construit par ses amis des BTP et matérialisant ses ambitions « néo-ottomanes ». Il se veut pourtant toujours la voix de la majorité silencieuse de l’Anatolie profonde contre les élites cosmopolites. Et il reconnait plus que jamais la spécificité kurde : d’ailleurs il traite ses propres concitoyen-ne-s kurdes comme des ennemis, et les contradictions sociales comme une guerre, en envoyant les tanks. En évoquant le HDP, le parti qui représente 13% de ses concitoyen-ne-s il le présente comme un corps étranger à la nation : « Avant les élections du 7 juin, ils ont commencé à dire qu'ils étaient un 'parti de Turquie" et on se rend compte qu'il n'en est rien. Ce n'est pas en jouant du saz ou en faisant un tour à Nisantasi (quartier chic d'Istanbul) qu'on devient parti de Turquie » (discours du 28 décembre). Chacun reconnaîtra dans les habitant-e-s de Nisantasi, la figure familière des « bobos bien pensant-e-s qui n’aiment pas assez leur pays ». D’ailleurs, il affirme son « mépris » pour les 1200 universitaires signataires la semaine dernière d’une simple pétition pour la paix et l’arrêt des massacres au Kurdistan. Il les a qualifié-e-s de « traîtres » et de « complices des terroristes » qui « crachent leur haine sur les valeurs et l'histoire de ce pays ». « Vous pouvez taper tant que vous voulez : l'ère de la "vieille Turquie", quand tout un pays était dirigé par une poignée de soi-disant intellectuels, est révolue » (discours du 20 janvier). En période de guerre, « Expliquer c’est déjà vouloir excuser » comme le disait tout récemment un Premier ministre français. L’unité nationale, c’est comme le poisson : ça pourrit par la tête. Traqué-e-s par la police, (une vingtaine ont été placé-e-s en garde à vue), les 1200 universitaires pacifistes sont désormais traduit-e-s en justice par le même gouvernement qui appelle leurs étudiant-e-s à boycotter leurs cours. Dans cet Etat d’exception, chaque jour est une journée particulière.

Dans cette propagande, le HDP cesse d’être l’expression politique de contradictions sociales réelles pour devenir un corps étranger à la nation. Il ne peut donc qu’être l’instrument de puissances étrangères hostiles. L’impérialisme russe est aujourd’hui l’ennemi n°1 de l’Etat turc. En soutenant le régime de Bachar El-Assad, l’armée russe s’oppose au démembrement de la Syrie par les milices réactionnaires, soutenues depuis 2011 par Ankara. Pour Erdogan, le dirigeant HDP Demirtaş n’a parlé de l’émergence d’ « Etats indépendants au Kurdistan » que pour faire plaisir à Poutine « Après sa visite en Russie, sans doute sous l'influence de ce qu'on lui a soufflé à l'oreille, ce co-président a divagué. C'est très clairement une provocation claire, une trahison » (discours du 28 décembre). En réalité, l’Impérialisme russe, s’il ne perd pas une occasion de dénoncer la répression de l’Etat turc au Kurdistan se refuse également à soutenir toute velléité d’indépendance pour ne pas gêner ses alliés iranien et syrien, confrontés à une gauche kurde liée à celle de Turquie. Mais la réalité n’intéresse plus Erdogan.

Comparaison n’est pas raison, mais il y a un précédent dans l’histoire turque : les Arménien-ne-s furent exterminé-e-s au début de la première guerre mondiale parce qu’ils/elles étaient censé-e-s être un élément pathogène et la cinquième colonne de la Russie tsariste. Alors qu’autour de la Syrie les tensions peuvent à tout moment dégénérer en conflit mondial, on ne peut qu’y penser. Le 31 décembre dernier Erdogan de retour d’Arabie Saoudite, prônait un rapprochement avec Israël pour compenser la rupture des relations économique avec la Russie. Il se vantait en même temps d’avoir « éliminé 3000 terroristes » en un an et annonçait qu’il s’était trouvé un nouveau maître à penser : « Dans un système unitaire (comme la Turquie) un système présidentiel peut parfaitement exister. Il y a actuellement des exemples dans le monde et aussi des exemples dans l'histoire. Vous en verrez l'exemple dans l'Allemagne d'Hitler » (conférence de presse du 31 décembre).

Erdogan cherche manifestement à créer une emprise autour de son électorat, en le maintenant dans un état de sidération où il se pose comme recours face à une situation de guerre qu’il a lui-même provoquée. Il fait taire toutes les voix discordantes qu’il accuse de complicité avec le « terrorisme ». De plus en plus de secteurs de la bourgeoisie turque s’inquiètent de cette fuite en avant, et appellent de leurs vœux un coup d’Etat.

Et l’impérialisme français dans tout ça ? Erdogan est son allié depuis 2011 dans sa guerre secrète contre l’Etat syrien, aux côtés de l’Arabie Saoudite et des autres pétro-monarchies. Cela explique qu’on lui envoie des milliards qui serviront à semer la mort et la destruction, puis qu’au nom de l’Europe on lui envoie d’autres milliards pour qu’il bloque les réfugié-e-s qu’il aura contribué à créer. Une collaboration fructueuse entre criminels, qui nécessite de savoir fermer les yeux comme lors de l’assassinat par les services secrets turc de trois militantes kurdes, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Söylemez, en plein Paris, le 9 janvier 2013. L'Etat français utilise l'Etat d'urgence pour réduire les Kurdes au silence et interdire sur les massacres en Turquie comme à Lyon les 18 décembre et 23 janvier derniers.

AUTODEFENSE ET LIBERATION POUR LES POPULATIONS DU KURDISTAN !

ARMEE TURQUE HORS DU KURDISTAN !

LA LUTTE CONTRE L’ETAT TURC PASSE PAR LA LUTTE CONTRE L’IMPERIALISME FRANÇAIS !

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Rédigé par OC Futur Rouge

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