turquie

Publié le 21 Mars 2018

DECLARATION A L’OCCASION DE NEWROZ 2018

Aujourd’hui nous fêtons Newroz, le nouvel an kurde,  qui commémore la révolte du forgeron Kawa contre la tyrannie du roi Dihak et la victoire des forces de la lumières et de la vie sur l’hiver et les ténèbres. Cette année, Newroz est hélas marqué par des nouvelles douloureuses puisque le drapeau de l’envahisseur turc flotte au centre ville d’Afrin.

Après deux mois de résistance farouche, face à la deuxième armée de l’OTAN et à ses milices de fantoches, après que les criminels turcs aient cruellement pilonné la population civile et coupé l’accès en eau de la ville, les YPG et les YPJ ont du évacuer 250 000 civil-e-s pour éviter un drame humanitaire. Ce n’est pas la victoire claironnée par la propagande turque. Les criminels turcs et leurs fantoches sont entrés sans combat et dans un silence de mort dans une ville où des combattant-e-s aguerri-e-s et determiné-e-s les attendent de pied ferme dans leurs cachettes, prêt-e-s à leur mener la vie dure. Depuis la soi-disant « chute » d’Afrin les snipers de la résistance ont revendiqué 75 morts dans les rangs ennemis.

En entrant, avant de piller la ville, les fascistes ont commencé par jeter à bas la statue de Kawa le forgeron, qu’ils avaient pris pour celle d’un combattant YPG. Et en sens ils n’avaient pas tort car la flamme de Kawa brûle dans le cœur de chaque combattant-e-s YPG et YPJ. Kawa représente le courage des peuples travailleurs qui survivent les larmes aux yeux, la révolte contre la tyrannie au nom de la dignité humaine. La statue est à terre, mais ce que représente Kawa est toujours debout. Les fascistes ne tarderont pas à l’apprendre dans leur chair.

Depuis 2012, la population d’Afrin vivait en paix à l’écart du conflit syrien. Kurdes, Arabes, Turkmènes, Tcherkesses…y coexistaient dans l’amitié. Ils /elles avaient accueilli 200 000 refugié-e-s de toutes les communautés. Ils/elles cultivaient l’olivier et fabriquaient le fameux savon dit d’Alep. Les bombes turques se sont abattues sur ce territoires miraculeusement épargné par la guerre, semant la mort et la souffrance et détruisant un patrimoine archéologique inestimable. Les mercenaires de la Turquie, résidus de Daesh, d’Al Nosra et d’autres milices réactionnaires ont été lancés comme une meute de charognards sur le malheureux peuple d’Afrin. Avec leur smartphones, et comme s’il y avait de quoi être fiers ils se sont filmés insultant et humiliant d’honnêtes travailleurs, proférant des menaces de viols contre les femmes, brûlant des maisons, infligeant des mutilations sexistes aux corps de combattantes tombées au combat, faisant les poches des cadavres,  torturant un malheureux handicapé mental, et sans cesse pillant :: le bétail, les tracteurs, les voitures, les mobylettes  et jusqu’aux objets de la vie quotidienne, jusqu’au shampooing…La flamme de la haine brûle désormais dans le cœur des paisibles habitant-e-s d’Afrin et ce feu finira par brûler les oppresseurs.

En attaquant en priorité cette zone peuplée de réfugié-e-s les fascistes turcs ont montré une fois de plus l’étendue de leur cynisme, en privilégiant leur évacuation, les YPG/YPJ ont prouvé une fois de plus la force de leur humanité.

Les impérialistes d’Europe de l’Ouest, avec à leur tête les impérialismes français et allemand ont fait des promesses aux Kurdes et les ont trahi. Les impérialistes européens refusent d’accueillir les malheureux/ses réfugié-e-s syrien-ne-s  que le régime d’Erdogan séquestre, maltraite et exploite. Merkel et Macron vendent des armes à l’Etat turc pour frapper Afrin. Merkel interdit le drapeau kurde et celui des YPG/YPJ et Macron traite les combattant-e-s  PKK de terroristes  pour complaire à l’Etat turc.

Malgré toutes les mascarades de brouille, les imperialistes US restent  le premier partenaire économique de l’Etat turc, ils négocient pour le maintenir dans l’OTAN, leur alliance d’assassins et de bandits. Ils s’apprêtent à lui abandonner Manbij que les YPG/YPJ est leur allié-e-s arabes ont reconquis en 2016 aux milices de Daesh, au prix de leur sang.

L’homme qui vient de se faire réélire dimanche à la tête de la Russie peut multiplier les mises en scène virilistes et grotesques de judoka amateur et de dompteur d’ours, il n’en est pas moins un lâche. Un homme sans dignité, sans vergogne, sans parole, sans honneur…Afrin était dans la zone d’influence russe, sous la protection de l’armée russe. 15 jours avant de se retirer pour permettre l’attaque turques, les Russes avaient tenu à décoré le commandant YPG Sipan Hemo du ruban dit de Saint-Georges, symbole des combattant-e-s de Stalingrad. Ils s’apprêtaient pourtant à le poignarder dans le dos. Poutine est ce que Staline appelait un dvaroujnik, un individu à double face. Il fait honte à tou-te-s les Russes qui se souviennent de Lénine, de Staline et de la grande guerre antifasciste.

Il suffisait de maintenir les troupes russes à Afrin, et d’envoyer quelques Sukhoi pour sécuriser l’espace aérien pour éviter les centaines de mort-e-s de l’invasion turque. Les dirigeant-e-s de la fédération de la Syrie du Nord (Rojava) ont longtemps cru que la Russie pouvait être un contrepoids à l’impérialisme US. En réalité, la Russie n’est un contrepoids à rien du tout. La Russie est un impérialisme plus faible mais pas moins cynique que ses rivaux. En 1999, l’impérialisme russe  a vendu Abdullah Öcalan à l’Etat turc, en 2008 il lui a donné Afrin.

Et demain Idlib.

L’impérialisme russe se présente comme le garant de l’intégrité territoriale syrienne et il vient de vendre une portion de territoire syrien contre un contrat avec l’Etat turc sur un gazoduc. L’impérialisme russe est un allié de merde. Les peuples du monde doivent penser à cela. Les petits Etats qui se croient protégés des bandits impérialistes occidentaux  par leur partenariat avec la Russie doivent y penser aussi. La Russie a trahi le peuple sahraoui pour se concilier la monarchie féodale-compradore marocaine, comme elle a trahi le peuple kurde pour se concilier les fascistes turcs. Demain, la Russie vendra le Sahara algérien à l’Impérialisme français comme elle a vendu la Syrie du Nord à l’Etat turc.

Les dirigeant-e-s  des cantons d’Afrin, de Kobané et de Qamishli n’ont jamais remis en question l’intégrité territoriale syrienne. Ils/elles ont remis en cause le régime baathiste brutal et corrompu et réclamé la démocratisation du pays et d’avantage d’autonomie locale.

Le régime baathiste de Damas avait un intérêt commun avec les trois cantons de la fédération du Nord-Syrie, celui de préserver l’unité de la Syrie en attendant la confrontation finale entre leurs deux visions inconciliables de ce que devait être l’après-guerre. Les baathistes ont fait mine d’être prêts à se battre contre les envahisseurs turcs aux côté des YPG/YPJ. Ils se sont contentés d’envoyer des volontaires courageux mais mal armés, Nous devons nous poser des questions. N’y a-t-il plus aucun-e aviateur-trice dans l’Armée Arabe Syrienne ? Est-ce qu’en laissant des Sukhoi aux baathistes, les Russes sont partis en emportant les clés ? Le régime de Damas a-t-il perdu toute autonomie face à son allié russe pour se contenter de protestations verbales et d’envoyer leurs volontaires et leurs amis de la milice de Mihraç Ural se faire tuer pour rien, faute de moyens militaires.

Une fois de plus le peuple kurde doit compter sur ses propres forces, sans autres ami-e-s que ses montagnes. Ou presque. Seul-e-s sont resté-e-s jusqu’au bout à leurs côté leurs allié-e-s communistes et anarchistes, les héroïques combattant-e-s du TKP/ML-TIKKO, du MLKP et des autres organisations révolutionnaires anatoliennes, les antifascistes internationaux comme le patriote breton Kendal  Breizh.

Nous avons une pensée particulière pour tous les laquais de Poutine déguisés en super-révolutionnaires qui meublent le vide de leur vie militante en crachant sur la résistance au Rojava. Ils  auraient préféré que les kurdes restent bien sagement comme des moutons et des brebis dans la bergerie baathistes en attendant de s’y faire tondre ou d’être mené-e-s à l’abattoir. Aujourd’hui ils exultent en disant « Poutine les avait prévenu et leur a donné une dure leçon », « le loup les mange et c’est bien fait ! ». On espère que pour l’occasion ils  ont  repris deux fois de la glace et qu’ils ont bien dormi. Voilà.

Sinon, nous sommes au regret de leur apprendre que la résistance d’Afrin ne fait que commencer, quand on a goûté à la liberté et que l’on connait la valeur de la vie, on ne se laisse pas remettre facilement le licol.

Après la victoire de Kobané en février 2015, quand ils/elles ont continué la lutte contre les milices de Daech au-delà même des cantons du Rojava, les combattant-e-s kurdes des YPG-YPJ et leurs allié-e-s disaient volontiers « Nous nous battons pour l’humanité ». Savaient-ils/elles, eux/elles qui citent si souvent la Commune de Paris comme une source d’inspiration majeure, qu’un des derniers défenseurs de la dernière barricade de la Commune n’avait pas dit autre chose aux soldats versaillais venus l’assassiner « Nous sommes ici pour l’humanité ».  Aujourd’hui, alors que les impérialistes ont négocié leur abandon pour préserver leurs business avec l’Etat turc, nous aimerions dire à nos ami-e-s kurdes de Syrie et à leurs allié-e-s que l’humanité est fière de leur courage, que les peuples du monde entier sont fiers de leur courage. Leur lutte est un encouragement pour les opprimé-e-s du monde entier. Ils/elles ne seront jamais seul-e-s.

LES PEUPLES DE SYRIE DU NORD VAINCRONT L’IMPERIALISME ET LA REACTION !

LA FLAMME DE NEWROZ, LA FLAMME DE LA RESISTANCE NE S’ETEINDRA JAMAIS !

Déclaration à l'occasion de Newroz 2018

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International, #Anti-impérialisme, #Turquie, #Syrie, #kurdistan

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Publié le 5 Juin 2017

IBRAHIM KAYPAKKAYA OU LA DEUXIEME NAISSANCE DU COMMUNISME EN ANATOLIE

Il y a 44 ans, fin mai 1973, le dirigeant communiste Ibrahim Kaypakkaya était assassiné par les forces de répression de l’Etat turc, après avoir résisté héroïquement à des mois de tortures. Il avait 24 ans. Au cours de sa courte existence, il avait totalement bouleversé la gauche révolutionnaire en Turquie par son travail d’enquête, d’analyse et d’organisation. Aujourd’hui, par delà le modèle de courage et d’intégrité qu’il nous a laissé, nous aimerions revenir sur les apports politiques du camarade Ibrahim et ce qui fait de lui une figure importante et actuelle pour nous.

Une vie de combats

Le camarade Ibrahim Kaypakkaya est né en 1949 dans le village de Karakaya (préfecture de  Çorum) où vivaient côte à côte des paysan-ne-s turc-que-s, alévi-e-s et arménien-ne-s. Issu d’une famille de paysan-ne-s pauvres , c’est un élève sensible et rigoureux, doué pour les arts comme pour les sciences. Après le coup d’état de 1960, mené contre la bourgeoisie conservatrice, les militaires putschistes entrouvrent les portes de l’université aux élèves méritants des périphéries pauvres de l’Etat turc, autant par démagogie sociale que pour y créer une classe moyenne qui leur serve de courroie de transmission. Mauvais calcul, puisque beaucoup des jeunes qui ont bénéficié de cette politique découvriront à la fac les causes véritables de la misère de leurs familles et de leurs villages, et deviendront des militants révolutionnaires. C’est le cas du camarade Ibrahim comme ça sera le cas d’Abdullah Ocalan, le fondateur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) quelques années plus tard.

C’est entre 16 et 17 ans que le camarade Ibrahim réussit le concours d’entrée à l’IUFM de Çapa , puis entre à la faculté de physique d’Istanbul. Il devient rapidement membre de la FKF (Fédération des clubs d’idées-ou des clubs de débats), il s’agit de défendre la liberté d’expression et de discussion. Rapidement les idées de la grande révolution culturelle prolétarienne chinoise (1966) deviennent populaires en Turquie et un premier parti se réclamant de la pensée de Mao Zedong se constitue : le Parti des Travailleurs de Turquie. Rapidement critique sur la ligne du nouveau parti, le camarade Ibrahim préfère rester à l’écart et fonder son propre cercle d’étude marxiste et son propre journal. Bien lui en prend : ce parti opportuniste, sans bases idéologiques solides vole en éclat au premier choc dès 1968, donnant naissance à une floraison de groupes rivaux. Aux yeux du camarade Ibrahim, le plus prometteur semble être le Parti révolutionnaire des ouvriers et des paysans de Turquie (TIIKP) auquel il décide de participer. Mais en 1970, de grandes grèves éclatent à Istanbul et le TIIKP se révèle incapable d’en prendre la direction et d’organiser la résistance contre le nouveau coup d’Etat militaire que la bourgeoisie déclenche en réaction en 1971.

De 1970 à 1972, le camarade Ibrahim mène d’intenses controverses idéologiques pour refonder le parti sur des bases assainies, réellement maoïstes. Au fur et à mesure que le congrès approche, son étoile ne cesse de croître aux yeux des militant-e-s de bases, tandis que les dirigeants opportunistes sont de plus en plus discrédités. Le principal d’entre eux, Doğu Perinçek tentera même de le faire assassiner (ce répugnant personnage descendra par la suite toutes les marches de la trahison, jusqu’à devenir agent provocateur, indicateur de police et négateur du génocide arménien, tout en continuant à se dire « maoïste »).
Finalement le congrès du TIIKP est annulé pour des prétextes bureaucratiques, mais le camarade Ibrahim a rassemblé suffisamment de forces, regroupées en comités, pour organiser un contre-congrès qui verra la fondation du Parti communiste de Turquie/ marxiste-léniniste (TKP/ML) et de L’Armée ouvrière et paysanne de libération de la Turquie (TIKKO) le 24 avril 1972. Deux organisations qui existent toujours et continuent à jouer un rôle important dans le mouvement révolutionnaire en Anatolie.

Fin janvier 1973, il est blessé et fait prisonnier alors qu’il menait la lutte armée dans les montagnes du Dersim avec ses camarades. Il passera plus de deux mois et demi aux mains de ses bourreaux avant d’être assassiné sans avoir parlé.

Une révolution culturelle :

Le camarade Mao Zedong disait souvent que c’était les jeunes et les classes populaires qui, grâce à leur absence de préjugés apportaient les idées nouvelles et progressistes dans la société et pas les soi-disant « élites » dominantes. Fils de paysan-ne-s pauvres à peine sorti de l’enfance, le camarade Ibrahim a rompu en l’espace de quelques années avec 50 années de déformations opportunistes et révisionnistes du marxisme dans l’Etat turc, sans se laisser impressionner par le prestige de tous les prétendus professeurs en théorie révolutionnaire, et en démasquant leurs atermoiements derrière de grands mots ronflants.

Il a caractérisé le kémalisme, le système et l’idéologie instauré au début des années 20 sous l’égide de Mustafa Kemal, comme une des premières formes historique de fascisme, cousine du fascisme italien de Mussolini qui se développe à la même époque. Un fascisme impulsé par une  bourgeoisie bureaucratique ayant accompli son accumulation primitive de capital par le génocide arménien. Un fascisme fondé sur la mobilisation réactionnaire des masses, menée contre les mécontent-e-s et les minorités au nom de l’ « unité du peuple turc».

Il a mis en avant le compromis inévitable de cette bourgeoisie moyenne avec l’aile droite de la bourgeoisie compradore (« intermédiaires » vivant du pillage impérialiste), avec les propriétaires fonciers féodaux, et avec les impérialistes occidentaux, dont Mustafa Kemal et sa clique n’ont fait qu’accélérer encore l’implantation tout en se drapant dans de grandes proclamations nationalistes (surtout dirigées contre les minorités intérieures). Le camarade Ibrahim a caractérisé la formation sociale née de ce compromis comme semie-féodale et semie-capitaliste.

Après deux ans de travail d’enquête à travers l’Anatolie, auprès des ouvrier-e-s et des paysan-ne-s pauvres, il a montré que les conditions de la guerre populaire et du pouvoir rouge pouvaient exister dans l’est, spécialement dans les montagnes du Dersim qui abritent les populations les plus pauvres de l’Etat turc.

Il a soutenu le droit inconditionnel à l’autodétermination du peuple kurde.

La deuxième naissance du communisme en Anatolie :

Après l’assassinat de Mustafa Suphi et des autres fondateurs du Parti communiste turc (TKP) par les kémalistes en 1921, ce parti a rapidement sombré dans l’opportunisme, adhérant à la propagande du régime qui faisait de Mustafa Kemal un héros de la résistance à l’impérialisme et un progressiste. L’URSS de Lénine avait cherché à s’allier avec la bourgeoisie kémaliste contre l’ennemi commun qui cherchait à démembrer leur territoire : les bourgeoisies française et  britannique. Comme ils voulaient réduire l’URSS à la seule Russie actuelle (pour ensuite la détruire bel et bien), les impérialistes anglo-français voulaient couper en trois ce qui restait de l’Empire ottoman (c'est-à-dire l’actuelle république turque) : une partie arménienne, une partie kurde, une partie turque. Évidemment, ils étaient poussés par de cyniques motivations de pillage. L’URSS a dénoncé le traité de Sèvres par lequel les vainqueurs prétendaient partager le territoire des vaincus, et a organisé le congrès des peuples de l’Orient à Bakou en 1920. Ce congrès est encore considéré comme « un moment de grand espoir » par les trotskystes, bien que la parole ait été longuement laissée aux anciens bourreaux des peuples arménien et assyrien, comme Ibrahim Enver. Les bolchéviques avaient du mal à comprendre que les impérialistes cherchaient à manipuler à leur profit les aspirations de peuples opprimés, comme les Arménien-ne-s et les Kurdes, mais que ces aspirations n’en étaient pas moins justes.

Dans les années qui ont suivi, les opportunistes et les révisionnistes du TKP ont refusé d’appuyer les revendications d’autonomie des Kurdes et les demande de réparations des associations internationales arméniennes pour le génocide de 1915. A chaque fois, il s’agissait de défendre « l’intégrité nationale turque » contre de soi-disant manœuvres impérialistes de division, alors que les gouvernants turcs vendaient chaque jour un peu plus l’Anatolie aux grandes entreprises capitalistes occidentales.

Le poète et romancier Nâzım Hikmet (1901-1963), figure populaire et courageuse du TKP, a été une des grandes voix de l’humanité progressiste. Il a réclamé la paix, la démocratie et le bonheur pour tous les peuples du monde, il a été jusqu’à reconnaître le génocide arménien et l’existence d’un peuple kurde. Pourtant, au-delà de l’indignation humaniste, son œuvre (par exemple l’épopée de la guerre d’indépendance) est presque totalement consacrée aux faits et gestes du peuple turc dominant (vu comme globalement honnête, travailleur, confiant, mais périodiquement détourné de ses missions révolutionnaires par des politiciens pervers). Les kurdes, les arménien-ne-s et les alévi-e-s ne sont que des fantômes qui traversent cette histoire. Des fantômes pour qui on peut avoir de la pitié, mais qui n’ont pas grand-chose à nous raconter.  Pour Kaypakkaya au contraire, ces « fantômes » sont des êtres de chair et de sang qui l’ont guidé jusqu’à ses 16 ans sur les chemins de la vie. Il connait le potentiel révolutionnaire de la minorité alévie avec ses idéaux égalitaristes et sa longue histoire de révoltes contre le pouvoir. Il choisit le Dersim, cœur de la culture alévie, comme premier foyer de la guerre populaire en partant de cette tradition progressiste. De fait, 45 ans après l’Etat turc n’arrive toujours pas à y déraciner la guerilla tant son implantation y est profonde et nourrie de rivières souterraines.

Un marxisme vivant

Des jeunes révolutionnaires africains qui avaient demandé conseil au camarade Mao Zedong on raconté qu’il leur avait répondu en substance : « Je peux vous expliquer comment faire la guerre révolutionnaire en Chine, mais pour l’Afrique, je n’y connais rien…Pourquoi vous n’allez pas consulter plutôt quelqu’un qui a dirigé la guerre révolutionnaire dans un pays d’Afrique ?  Abdelkrim al-Khattabi, par exemple, est un grand stratège. ». Evidement, la différence fondamentale entre Mao Zedong et le grand révolutionnaire riffain Abdelkrim al-Khattabi (1882-1963), c’est que Mao applique à la Chine une méthode d’analyse scientifique que l’on peut appliquer à tous les pays du monde.

Il est important, quand nous nous inspirons de Mao dans notre combat révolutionnaire, de comprendre ce qui dans ses écrits (y compris ses écrits militaires) relève du général et de l’universel et ce qui relève du particulier, des situations concrètes qu’il analyse…C’est ainsi que nous ferons de la pensée de Mao Zedong non un dogme mais un guide pour l’action.
C’est ce qu’a fait le camarade Ibrahim pour l’Anatolie, il a donné tort à Lénine et à la troisième internationale sur l’analyse du kémalisme (comme Mao avait donné tort à Staline sur l’analyse du parti nationaliste Guomindang en 1927), c’est aussi ce qu’à fait le camarade Charu Majumdar  pour l’Etat indien. C’est pourquoi nous les célébrons comme des modèles de marxistes vivants.

Nous ne faisons pas la révolution dans le monde des bisounours, nous devons dès à présent nous fixer une option stratégique pour renverser le capitalisme. Remettre cette question à plus tard c’est être soit inconscient soit malhonnête, car la bourgeoisie a sur ces questions des idées claires et y réfléchit depuis fort longtemps.
L’histoire nous enseigne qu’elle n’a jamais hésité à déclencher des bains de sang pour protéger ses privilèges. C’est le sens du texte célèbre du camarade Ibrahim Les Racines et le développement de nos différences avec le révisionnisme de Safak. Dans ce texte, il démontre qu’au moment où la montée conjointe des luttes ouvrières et de la réaction fasciste l’obligeait à prendre une option et à s’y tenir, le parti TIIKP s’est cabré comme un cheval devant l’obstacle. Mais au contraire du cheval, qui a mille fois raison de résister aux humains qui veulent le forcer à sauter des obstacles pour leur propre divertissement, les révolutionnaires ont fait le choix d’être là, et s’ils/elles sont incapable d’assumer la préparation de la révolution, ils/elles doivent se taire et s’en aller. Celles et ceux qui étaient dans le déni de l’option stratégique ont été balayé-e-s ou sont devenu des traitres et des mascottes du fascisme comme Perincek. Le camarade Ibrahim aurait pu se rallier aux conceptions militaires aventuristes à la mode à l’époque : le guevarisme, le foquisme et  la guérilla urbaine. Mais il n’a pas suivi la mode, il a mené l’enquête avec sérieux et a déterminé sur une base scientifique que la stratégie pour l’Anatolie était la guerre populaire, avec le Dersim comme première base rouge.

Le camarade Ibrahim n’a pas construit le parti, le TKP/ML et son arme (le TIKKO) sur du sable, mais sur une analyse concrète de la réalité concrète de la société qu’il voulait révolutionner, c’est pourquoi son Parti et son arme sont toujours debout après 45 ans, et qu’à travers un front populaire profondément enraciné dans tous les peuples et la classe ouvrière d’Anatolie, il se ressource sans cesse.
Cette année douze combattant-e-s du TIKKO sont tombé-e-s les armes à la main, nous ne pouvons pas saluer la mémoire du camarade Ibrahim sans saluer leur mémoire. Ils/elles ont suivi son chemin, pourtant aucun-e d’entre eux/elles n’étaient né quand le camarade Ibrahim a donné sa vie. Ils s’appelaient Zilan (Esrin Güngör), Özlem (Hatayî Balcı), Ekin (Gamze Gülkaya), Aşkın (Hasan Karakoç), Hakan (Ersin Erel), Tuncay (Murat Mut), Orhan (Alican Bulut), Bakış (Samet Tosun), Ahmet (Yetiş Yalnız), Munzur (Serkan Lamba), Cem (Umut Polat), Ferdi (Doğuş Doğan). Le TKP/ML n’a jamais prétendu être un parti père et faire la leçon aux organisations communistes du monde entier en matière d’option stratégique. Les camarades ont toujours dit que c’était aux organisations des différents pays d’analyser la réalité de leur terrain et de fixer leur propre option stratégique.  D’autres n’ont pas eu cette modestie, ils ont prétendu imposer des dogmes militaires universels, et où sont-ils aujourd’hui ? Le peuple a rejeté leur arme au loin, et l’ennemi l’a brisé en mille morceaux.

Les dogmatiques ne raisonnent pas de façon scientifique. Ils prennent leur impatience (et parfois leur fantasmes de violence) pour un principe théorique et négligent l’enquête. Ils/elles prétendent que parce qu’une stratégie militaire était adaptée pour l’Anatolie, elle est forcement  la stratégie correcte tout le temps et partout, pour le monde entier. Ils/elles nient la loi de l’inégalité de développement et des maillons faibles et réduisent l’analyse concrète à des phrases stéréotypées. A la fin il n’en reste que quelques séquences gênantes.

Vouloir transposer artificiellement l’Anatolie dans l’Etat français, sous prétexte de copier le parti que l’on s’est donné pour modèle, ce n’est pas l’esprit partisan, c’est l’esprit courtisan.

Il y a déjà eu par le passé des groupes dogmatiques dans l’Etat français qui se payaient de grandes phrases creuses sur l’universalité de ceci et de cela, ils/elles ont tordu la réalité dans tous les sens pour la faire entrer dans leurs dogmes, jusqu’ à la faire hurler et ont fini par voter Macron parce qu’ils avaient eu peur de leur ombre.

Il en va de même pour le kémalisme. Ce n’est pas parce que le camarade Ibrahim a analysé le kémalisme comme un fascisme au service de la bourgeoisie moyenne et de l’aile droite de la bourgeoisie compradore, qu’il faut appliquer cette analyse a chaque mouvement petit bourgeois se réclamant des réformes sociales et de l’indépendance nationale dans les pays dominés, en étendant à l’infini et de façon dogmatique le concept de « bourgeoisie bureaucratique ». La même année que le camarade Ibrahim, le président chilien Allende tombait avec courage face aux mêmes ennemis, victime d’un coup d’Etat fasciste orchestré par la CIA. Le fait qu’il n’ait pas été communiste, qu’il ait renoncé à armer les masses populaires et que son légalisme ait eu des conséquences dramatiques, n’en fait pas pour autant l’équivalent de Mustafa Kemal ou du dictateur chinois Jiang Jieshi (Tchang Kaï-chek 1887-1975).

Pour nous, être fidèle à l’héritage du camarade Ibrahim ce n’est pas cultiver des fantasmes, mais analyser la réalité de l’Etat français de façon vivante, pour pouvoir la transformer, comme il l’a fait avec la réalité anatolienne.

L’héritage du camarade Ibrahim

Souvent, les organisations d’extrême-gauche dans l’Etat turc et les personnes qu’elles influencent  associent Ibrahim Kaypakkaya à deux autres dirigeants révolutionnaires assassinés après le coup d’Etat de 1971 : Deniz Gezmiş (1947-1972) et Mahir Çayan (1946-1972). Tous les trois, outre leur jeunesse, avaient en commun un dévouement total à leur cause et un grand courage. Pour le reste, ils s’étaient durement opposés de leur vivant. Gezmiş et Çayan appartenaient à des courants d’inspiration guévariste (ou prétendant synthétiser Mao et Guevara, dans le style de l’époque). Ils reprenaient de façon plus ou moins démagogique et plus ou moins sincère le mythe de Mustafa Kemal pour toucher les masses, et prétendaient « terminer  la lutte de libération nationale » en chassant l’OTAN, les militaires et les capitaux US hors de l’Etat turc. Ils reprenaient la plupart des erreurs opportunistes du vieux parti communiste TKP en y ajoutant le romantisme révolutionnaire de la kalachnikov. Ils considéraient la Turquie comme une sorte de deuxième Cuba, sans tenir compte de l’emprise profonde de l’armée sur la société, ni de son pouvoir économique (sans commune mesure avec celle d’un fantoche sans autonomie comme le dictateur cubain Battista). Ils considéraient que la contradiction principale opposait la masse saine du peuple turc à l’Impéralisme et à une poignée de parasites à sa solde. Du coup les contradictions au sein du peuple et les phénomènes de domination interne de la périphérie par le centre, les minorités, la question kurde et le génocide arménien passaient au second plan, voir carrément sous le tapis (rouge, bien sûr).

En revanche, le camarade Ibrahim jouit du respect tout particulier de la gauche révolutionnaire kurde, car il a réclamé le droit inconditionnel d’autodétermination pour le peuple kurde dix ans avant la constitution du PKK.

Aujourd’hui les apports du camarade Ibrahim sur le caractère semi-capitaliste et semi-féodal de l’Etat turc continuent de soulever des controverses passionnées. Au cours des dernières années, si les capitaux européens et US restent dominant dans l’économie turque, les forces productives se sont beaucoup développées et de nombreuses personnes sont passées de la paysannerie au prolétariat, les  rapports de forces entre fractions bourgeoisies ont évolué en faveur de la bourgeoisie de l’est du pays, ce rééquilibrage a profité à de nouvelles forces politique comme l’AKP d’Erdogan. Le débat pour analyser ces problèmes nouveaux sont particulièrement riches dans la gauche révolutionnaire de l’Etat turc. Il lui revient de trouver ses propres réponses.

A l’été 2015, puis à l’été 2016, le régime a passé des seuils dans la répression, en l’étendant à des couches de plus en plus larges de la société, en envoyant l’armée dans les villes kurdes qui avaient voté à gauche, en enfermant d’abord les militant-e-s révolutionnaires, puis les progressistes, les syndicalistes, les féministes, les pacifistes, en révoquant des dizaines de milliers de fonctionnaires, en entrant en Syrie pour y combattre la résistance kurde et ses allié-e-s.

Face à cette situation dramatique, l’urgente nécessité de renforcer la solidarité de classe amènent les organisations à travailler de plus en plus sur une base de front commun, épaules contre épaules. Gageons que cela renforcera les conditions de confiance nécessaires au débat et à l’unification progressive des analyses au sein de la gauche révolutionnaire. Le TKP/ML et le TIKKO sont membres du mouvement révolutionnaire uni des peuples (Halkların Birleşik Devrim Hareketi, HBDH) qui regroupe une douzaine d’organisation armées turques et kurdes. De même le TIKKO combat au Rojava, au côté de la résistance kurde, de ses allié-e-s et d’autres branches armées des partis révolutionnaires de l’Etat turc: MLKP, DHKP-C, MLSPB, DAF et MKP.

Pourquoi fêter le camarade Ibrahim dans l’Etat français en 2017

La question de la résolution des contradictions au sein du peuple est souvent posée de façon souvent plus correcte dans les organisations politique de la diaspora anatolienne que dans les orgas « blanches ». C’est une constatation de longue date qui vaut pour plusieurs organisations politiques qui nous ont souvent apporté plus de solidarité que nous ne pouvions nous même leur en apporter. Nous avons pu noter que les femmes de différentes organisations avaient construit des espaces de non-mixité qui n’étaient pas de simples vitrines des organisations mixtes auxquelles elles étaient rattaché, mais menaient une lutte contre le patriarcat d’où qu’il vienne, y compris des camarades et des alliés. Nous avons pu noter que ces organisations de femmes savaient nouer des solidarités par delà les divergences organisationnelles. Nous apprécions tout particulièrement le travail de l’organisation Yeni Kadın (femme nouvelle), dont une des figures importantes, la docteure Dilay Banu Büyükavci est en prison en Allemagne avec dix autres camarades de la confédération des travaileur-euses turc-que-s en Europe (ATIK). Mais nous saluons aussi d’autres organisations comme l’Union des femmes socialistes (SKB). La solidarité est indivisible.

Tout cela n’est pas tombé du ciel, c’est le fruit d’un combat. Sur la question arménienne par exemple, le parti communiste TKP et les groupes d’extrême-gauche des années 60 ne voyaient qu’une façon de résoudre la contradiction : réduire au silence les enfants des victimes pour protéger le sommeil des enfants des bourreaux. Certes des figures populaires comme Nâzım Hikmet (TKP) et surtout l’écrivain kurde Yasar Kemal (Parti des Travailleurs de Turquie) ont posé des actes courageux pour la reconnaissance du génocide. Mais c’est dans le sillage du camarade Ibrahim et du TKP/ML que des militant-e-s arménien-ne-s vont sortir de l’ombre et lutter sous leur véritable identité, en portant des mots d’ordres spécifiques à la libération arménienne. Certains ont combattu dans le TIKKO, comme Armenak Bakırcıyan, tombé au combat en 1980, d’autres se sont formés dans le parti et sont devenues d’éminentes figures démocratiques comme le journaliste Hrant Dink, assassiné par un fasciste en 2007. Le parti TKP/ML valorise et promeut les aspects progressistes de toutes les cultures de l’Anatolie (y compris celles des populations réputées favorables au régime comme les Azéri-e-s) et en rejette les aspects féodaux, chauvin, racistes.

En tâtonnant, depuis 2013, nous tentons de construire une organisation communiste en lien avec les besoin de l’époque dans l’Etat français. Les fondateurs de la République turque étaient de fervents admirateurs de la République française (que ce soit les bourreaux du peuple arménien, les trois pachas Enver, Talaat et Djemal, ou que ce soit Mustafa Kemal qui leur a succédé). Leur brutalité envers les minorités était justifiée à leurs yeux par la nécessité de reproduire en accéléré le modèle français de formation de l’Etat nation. L’étude des révolutionnaires qui se sont opposés à l’idéologie kémaliste, comme le camarade Ibrahim est un contre-poison contre l’idéologie impérialiste française.

Dans notre précédente organisation, nous luttions d’abord pour arracher la classe ouvrière de l’influence du réformisme et du révisionnisme, et puis nous nous sommes rendu compte que nous ne pouvions pas nous contenter de reconstruire le parti de Thorez et de Duclos.

L’Etat français s’est constitué sur une volonté d’éradication violente des peuples et cultures minoritaires de l’hexagone. La culture de la bourgeoisie parisienne a été considérée comme la seule culture légitime et inculquée aux enfants de toutes les classes et de tous les peuples de l’Etat français. De même que l’histoire de la bourgeoisie parisienne et de ses « ancêtres les gaulois », qui devait transformer les enfants de toutes les classes et de tous les peuples de l’Etat français en chair à canon docile pour l’armée.

Après avoir réalisé avec plus ou moins de succès cette entreprise de lavage de cerveau, la bourgeoisie française a cherché à résoudre ses propres contradictions en envoyant ses prolétaires en surnombre coloniser l’Afrique et l’Asie. Puis en faisant venir de nombreux jeunes prolétaires des campagnes d’Afrique et d’Asie vers la métropole.

La conquête du pouvoir politique de la bourgeoisie parisienne après 1789 a été un évènement historiquement nécessaire, mais il n’y a pas lieu de l’enjoliver comme le font le P « C »F et Mélenchon : Elle a aussi été un moment d’aggravation des conditions d’existence des travailleurs, des peuples minorisés, des femmes, des personnes LGBT, ainsi que de réification maximale de la nature et des animaux (même si c’est dans le bouillonnement d’après 1789 que tous les mouvements de résistances contre ces dominations se sont constitués comme sujets politiques).

Le P « C »F et Mélenchon cherchent également à sauver la figure de De Gaulle en jouant sur un « gaullisme populaire » qui identifie De Gaulle à la lutte contre les USA, à l’indépendance nationale, en enjolivant l’impérialisme français. Quand Mélenchon appelle les Guyanai-se-s « nos chéris, la France en Amérique latine, le symbole de l’universalisme de la culture française », il ment : la Guyane c’est le symbole de la participation de la France au génocide et à l’ethnocide des premières nations d’Amérique (dites amérindiennes), c’est le symbole du remplacement des populations massacrées, par des esclaves Africain-e-s déporté-e-s, le symbole du bagne de Cayenne pour les prolétaires européens « en trop », délinquants par misère. La récente affaire du festival afroféministe Nyansapo nous rappelle comment cette gauche chauvine devient littéralement folle de rage dès lors que les personnes racisées refusent d’être ses « chéri-e-s » pour se constituer en sujet politique autonome.

Nous trouvons des échos à tout cela dans l’œuvre du camarade Ibrahim. En rompant avec le chauvinisme du DKP (tout en assumant les aspects progressistes de ce parti), il nous enseigne de rompre avec le chauvinisme du PCF (en assumant ce que ce parti a fait de grand entre 1920 et 1945).

Nous voulons nous imprégner des aspects progressistes de toutes les cultures minoritaires présentes dans l’Etat français. Cela ne veut pas dire faire la même opération que Mélenchon pour la Guyane (sous prétexte de prouver que la France est métisse, en niant la violence à l’origine de ce « métissage »), nous voulons le droit au divorce, à l’autodétermination pour tous les peuples de l’Etat français, mais cela n’empêche pas que leurs résistances soient une source d’inspiration et une composante de notre héritage.

Disciples de Marx, Lénine et Mao, nous sommes donc aussi héritier-e-s de Jeanne d’Arc (celle là même que Mélenchon traitait de « givrée » la semaine dernière), mais aussi de Kahina, de  Fadhma N’Soumeur, de Djamila Bouhired, de Djamila Boupacha, de la mulâtresse Solitude - famm doubout- et des Amazones du Dahomey.

Héritier-e-s de Toussaint l’Ouverture, d’Abdelkader el Djazaïri, de Abd el Krim el Khattabi et de Samory Touré.

Heritier-e-s  des camisard-e-s, des bonnets rouges, de Matalas (exécuté à Maule dans la Soule en 1661), de Pontkalleg, de Marion Tromel du Faouët, de Pasquale Paoli u babbu di a patria.

Heritier-e-s de la Commune de Paris, de la révolte d’el Mokrani (1871), de la grande révolte kanake (1878).

Heritier-e-s d’Hô Chi Minh, de Frantz Fanon, d’Argala, d’Eloi Machoro, de Serge Sinimalé.

Et, compte tenu du rôle de la diaspora anatolienne dans notre politisation et notre formation, Heritier-e-s d’Ibrahim Kaypakkaya.

 

IBRAHIM KAYPAKKAYA OU LA DEUXIEME NAISSANCE DU COMMUNISME EN ANATOLIE

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Turquie, #Anti-impérialisme, #International

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Publié le 16 Janvier 2017

«Les massacres ne sont pas notre destin »
Solidarité avec les populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal
 
Le document qui suit ne concerne pas seulement le Moyen-Orient, c’est un texte d’espoir pour toutes les classes, peuples et genre opprimé-e-s par la domination capitaliste, impérialiste et patriarcale. Non les persécutions, les massacres et les souffrances ne sont pas notre destin. Uni-e-s et armé-e-s nous pouvons nous aussi être fort et refuser la loi de celles et ceux qui veulent nous briser et nous détruire.
Les Yezidi-e-s (Ezidi-e-s) sont une communauté du Kurdistan d’Irak, à la frontière des Etats turc et syrien. Souvent considéré-e-s comme les derniers dépositaires de la philosophie et des anciennes croyances dualistes du peuple kurde, antérieures à l’instauration des grandes religions monothéistes, les yézidi-e-s ont été régulièrement dénoncé-e-s comme des « adorateur/trice-s du diable » par les pouvoir locaux successifs (y compris kurdes). Ils ont subi 72 tentatives d’extermination au cours de leur histoire douloureuse. Beaucoup vivent en diaspora en Arménie, en Géorgie en Russie, et dans les Etats voisins du Moyen-Orient.
A l’été 2014, les milices fascistes de Daesh ont attaqué les Yezidi-e-s dans les monts Sinjar (ou Shengal), exterminant les hommes, violant systématiquement les femmes et les fillettes, et les réduisant à l’esclavage. Les troupes de Barzani, le dictateur féodal du Kurdistan d’Irak, armées et soutenues par l’Etat français, ont abandonné à leur sort les Yézidi-e-s qu’elles étaient censé protéger. Elles se sont même livré à des marchandages sordides avec Daesh, proposant d’échanger des Yézidi-e-s contre des Assyrien-ne-s (minorité « protégée » au Kurdistan d’Irak, pour l’instant qu’elle ne conteste pas le pouvoir de Barzani et de son clan).
Pendant que les « peshmergas » de Barzani se déshonoraient de façon abjecte, les combattant-e-s des trois principales forces de gauche au Kurdistan , le Parti de l’Unité Démocratique (PYD, Kurdistan de Syrie), le Parti de la Vie Libre au Kurdistan (PJAK, Kurdistan d’Iran) et le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, Kurdistan de Turquie) unissaient leurs forces pour voler au secours des Yezidi-e-s. Ils n’ont pas fait qu’assurer leur protection mais les ont aidé à formé leurs propres combattant-e-s aux sein des YBS, les groupes de résistance de Sinjar/Shengal. Pourtant ce sont les peshmergas que les médias français et Bernard-Henri Levy présentent régulièrement comme des héros, et les combattant-e-s du PKK que la France et l’Europe considère comme des « terroristes ». Hollande est allé le mois dernier en Irak pour garantir Barzani de l’indéfectible soutien de la France. Ce soutien dure depuis 1991 et a permis aux chefs de guerre du clan Barzani de se livrer à un juteux trafic d’armes françaises.
Aujourd’hui les Yézidi-e-s ne veulent plus du pouvoir de Barzani, qui multiplie les vexations minables à leur égard (bloquer les produits de premières nécessité, empêcher les familles de regagner leurs maison, fermer sous la menace des armes l’association de soignant-e-s Yazda qui aidait les survivant-e-s) pour leur faire sentir sa capacité de nuisance. Barzani est l’allié privilégié de la Turquie d’Erdogan, qui menace les familles yézidies réfugiées de représailles si leurs frères et sœurs restées en Irak continuent à soutenir le PKK qui les a sauvés. Barzani a rencontré la semaine dernière le premier ministre turc Yldirim et lui a promis sa collaboration contre les « terroristes » du PKK. Mais malgré les chantages et les menaces, les Yézidi-e-s n’oublient pas qui les a soutenu depuis 2014, et qui les a abandonné. . Ils/elles veulent majoritairement associer politiquement la région de Sinjar/Shengal aux cantons autogérés du Kurdistan de Syrie (Afrin, Kobané, Ceziré) et s’affranchir du pouvoir féodal de Barzani. Le PKK a pourtant proposé de partir de la région de Sinjar/Shengal pour ne plus que les Yézidi-e-s soient puni-e-s de la solidarité qu’ils leurs apportent. Les Yezidi-e-s ont répondu par une déclaration très courageuse, résumée ici par l’agence de presse kurde ANF. Nous reproduisons ce résumé même s’il contient à notre avis des illusions sur les impérialistes de l’Union Européenne et sur la caverne de brigands qu’est à nos yeux l’ONU. En relayant ce document, l'OC-FR souhaite apporter son soutien aux Yézidi-e-s et exprimer notre volonté internationaliste de nous tenir aux côtés des peuples en résistance, victimes du capitalisme et de l'impérialisme.
 
APPEL LANCÉ DES EZIDIS A LA GUÉRILLA KURDE ET AU MONDE
Shengal -La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a tenu une réunion avec la participation de plus de 60 délégués du Kurdistan, de l'Europe, de la Russie et de l'Arménie, sur le Mont Shengal entre le 25 et le 28 décembre. La coordination a publié la déclaration finale de cette réunion, où il a décrit la guérilla Kurde comme l'espoir des peuples d'Êzidî et a appelé les guérilleros à ne pas se retirer du Shengal.
LES MASSACRES NE SONT PAS NOTRE DESTIN
Dans sa déclaration, la coordination a souligné que les massacres ne sont pas le destin des êzidî, qui veulent maintenant y mettre un terme. À cet effet, elle a attiré l'attention sur la nécessité d'unité et de solidarité.
 
APPEL AUX FORCES LOCALES ET INTERNATIONALES
La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a décrit Shengal comme la patrie de tous les Êzidîs et a appelé les Ezidis à donner la priorité à Shengal et demandé un soutien matériel et moral
"Nous demandons que l'ONU, à l'UE et aux autres organisations internationales d'être des parties garantes, et que la guérilla kurde , qui est une force nationale efficace dans la lutte contre Daech , continue à défendre notre société.
Si vous n'étiez pas venu à notre secours, nous été abandonnés. Avec votre arrivée, vous êtes devenu l'espoir de notre peuple. Nous pensons que vous avez encore une responsabilité et, bien que vous n'ayez pas fait de déclaration officielle ou de tentative, nous ne pensons pas qu'il serait bon pour vous de vous retirer du Shengal. Nous croyons que cette société a besoin de vous et que vous serez sensible sur cette question.
 
L'AUTONOMIE DE SHENGAL SERA LA BASE
La coordination a déclaré qu'elle adopte l'autonomie du Shengal en garantissant les droits des Êzidîs comme base de tous les efforts politiques et diplomatiques, et a décidé de s'adresser aux institutions internationales sur cette question.
 
APPEL À LA MOBILISATION DES ÊZİDİS
La Coordination de la Société Démocrate Démocratique a souligné l'importance de la mobilisation et de l'expression des personnes dans le monde entier dans l'unification de la société et a décrit la mobilisation et l'institutionnalisation des Êzidîs au Shengal comme un exemple concret d'une telle organisation. La coordination a annoncé qu'une administration de la Société Démocratique d'Êzidî, composée de 31 représentants du Kurdistan et du reste du monde et de 5 coordinateurs, a été créée lors de la réunion sur le mont Shengal et une décision a été prise d'étendre et de renforcer les Unités de Résistance Shengal YBŞ) comme forces de défense au Shengal.
ANF
 
"Les massacres ne sont pas notre destin", solidarité avec es populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal

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Publié le 9 Janvier 2017

Lettre ouverte à propos de la situation en Syrie

Nous avions déjà écrit ce texte sur des positions similaires et sommes signataires de la présente lettre ouverte :

Il n'est pas possible de soutenir à la fois les opprimés et leurs oppresseurs.

Lettre ouverte aux organisations progressistes, révolutionnaires, ainsi qu'aux médias alternatifs et militants.

 

Dernièrement, le siège et la chute de la ville d'Alep a causé de violents remous dans l'opinion publique au sein de l’État Français. Les images de morts, de blessés, de destruction, de bombardements ont marqué les esprits. Il est logique, il est sain d'être horrifié par ce genre de scènes.

Pourtant, l'empathie légitime qu'il est possible de ressentir pour les victimes de ces opérations militaires, des exactions qui ont suivi la reprise de la ville, ne doit pas oblitérer tout jugement politique. Cela ne doit pas occulter la véritable nature politique de l'opposition armée connue sous le nom de « Armée Syrienne Libre » et les intérêts qu'elle sert, entre les mains de ses maîtres.

Que des individus soient mortifiés et réagissent avec leur cœur, comment le-leur reprocherions-nous ? Si ils sont dans l'ignorance des ramifications et des implications politiques, nous ne saurions les blâmer, c'est à nous, militants, de les en informer.

Mais qu'une organisation politique ou un média militant prenne position pour soutenir l'appel de la "mairie d'Alep-est", c'est une toute autre chose.

L'erreur existe, et l'ignorance également. C'est pour cela que nous rédigeons cette lettre. Nous les invitons à repenser leur position, à comprendre qu'on ne peut pas être équidistant entre les progressistes et les réactionnaires sans prendre fait et cause pour eux.

Beaucoup d'organisations politiques et de médias militants progressistes affirment soutenir la lutte du peuple kurde contre ses oppresseurs en Turquie et en Syrie. Ces organisations et médias retransmettent les informations transmises par la coalition formée autour du PKK, du TKP M/L, de leurs organisations militaires YPG - YPJ - TIKKO, et affirment également soutenir la politique du HDP en Turquie, qui combat contre l'ogre Erdogan et son régime.

La coalition que forment les organisations de combat kurdes est la seule à œuvrer à une lutte résolue pour le progrès, l'égalité, et pour chasser les impérialistes. Et ce, que ce soit au Rojava (Kurdistan Syrien) au Bakur (Kurdistan de Turquie), sur leur terre, tout comme pour l'émancipation générale des peuples de Syrie et de Turquie.

Le Parti HDP, dans l’État Turc, mène une lutte exemplaire pour le maintien des droits démocratiques dans un État qui sombre dans le fascisme.

Que veulent ces forces ?

Les forces combattantes du Kurdistan Turc et Syrien veulent l'indépendance. Elles veulent la constitution non pas d'un état bourgeois de plus, mais bien d'un État libre de démocratie populaire. Elles combattent, dans un front uni avec leurs alliés, contre l'impérialisme, le capitalisme, l'obscurantisme, le sexisme et la destruction de l'environnement.

Les forces Kurdes mènent la lutte depuis 1978 dans l’État Turc, date à laquelle a été fondé le Parti des Travailleurs du Kurdistan, sous l'impulsion de Abdullah Öcalan. Depuis le commencement de la guérilla, les forces Kurdes n'ont jamais renoncé à obtenir un état indépendant.

La coalition des Forces Démocratiques Syriennes est un front dans lequel luttent les Kurdes, contre le régime dictatorial et clientéliste de Bachar Al-Assad, laquais des Russes, et contre les pions de Erdogan et des réactionnaires, la clique de l'Armée Libre Syrienne. Ces forces combattent également les réactionnaires fascistes de Daesh. Pourtant cette alliance n'est pas toujours fiable et connaît des fractures. De nombreuses forces combattent aux côtés des Kurdes contre Daesh, l'ASL ou le régime, mais il est arrivé que les alliés de la veille se retournent contre les combattants kurdes dès que l'ennemi commun prend la fuite. Très peu de forces syriennes acceptent l'idée d'un Rojava indépendant. C'est pour cela que nous devons soutenir nos camarades au front. L'anti-impérialisme et l'internationalisme sont les meilleurs alliés des Kurdes.

Début 2016, les forces combattantes révolutionnaires Turques et Kurdes se sont unifiées autour d'un front commun nommé “Halkların Birleşik Devrim Hareketi” (Mouvement Révolutionnaire Unis des Peuples) rassemblant une dizaine d'organisations révolutionnaires Kurdes et Turques.
Voici quelles sont ces organisations:

  • Devrimci Karargâh (QG Révolutionnaire)

  • DKP (Parti de communards révolutionnaires)

  • MKP (Parti communiste maoiste)

  • MLKP (Parti communiste marxiste léniniste) pour combattre le fascisme turc au Kurdistan.)

  • THKP-C/MLSPB ( Parti/Front communiste de Turquie/marxiste-léniniste, brigades armées de propagande)

  • PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan)

  • TİKB (L’union des communistes Révolutionnaires de Turquie)

  • TKEP-L (Parti communiste de Travail, léniniste)

D'autres combattent également de manière indépendante ou côte-à-côte avec les forces progressistes Kurdes et Turques. Nous mentionnons leurs noms en annexe
.
Leur communiqué résume leurs objectifs:

  • "Notre mouvement a pour objectif d’obtenir un avenir libre, démocratique pour nos peuples, contre l’impérialisme, le capitalisme, le chauvinisme, le fascisme et le racisme. Il considère incontournable la destruction de l’AKP fasciste, avec tous ses soutiens sociaux et par la force révolutionnaire du peuple.

  • Le gouvernement AKP, est en train de détruire la nature, en même temps que la société. Il intensifie l’exploitation de la classe ouvrière et de tous les travailleur/ses, et impose les conditions d’esclavage. Sur toutes les masses de population, il est répressif et meurtrier.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, adopte le principe de réunir et d’organiser toutes ces forces sous les attaques de l’Etat bourgeois de la République Turque et du gouvernement AKP, et de les mobiliser pour la lutte.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, lutte pour l’écologie, pour la libération de la femme, pour la classe ouvrière, les droits et les libertés des travailleurs, ainsi que pour installer le pouvoir du peuple pour la Turquie, et l’autonomie au Kurdistan afin de permettre un avenir libre pour nos peuples.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, appelle toutes les masses populaires meurtries par le fascisme et l’intégrisme, en commençant par les femmes, les jeunes, les ouvriers et les travailleurs, à s’organiser, s’unir et lutter pour la liberté, la démocratie et la fraternité des peuples."

Certes la guerre force à des compromis. Le mouvement de libération kurde a dû en faire et en fera certainement d'autres. Mais ces compromis n'ont jamais détourné ces forces combattantes de leur but ; contrairement à une ALS qui est directement une marionnette entre les mains de ses maîtres. Ériger ces compromis en obstacles insurmontables est le paravent de la lâcheté et du sectarisme. Pendant que, bien au chaud, des militants s'échinent à trouver des groupes qui soient l'incarnation de la perfection, mais dont l'impact réel est nul, ceux qui combattent réellement meurent au front sans soutien. Dans notre calme État impérialiste, s'offusquer qu'il soit possible de chercher des alliés tactiques lorsque les bombes pleuvent est un luxe que ne peuvent connaître ceux qui subissent la guerre.

Il est possible, et il est d'ailleurs sain d'être critique. Mais il est nécessaire de savoir choisir également son camp.

Il est impossible de jouer sur deux tableaux.

L'occident, et au premier rang la France, condamne le régime de Bachar Al-Assad pour des motifs hypocrites, camouflant une opposition géopolitique avec la Russie. Lorsque la famille Assad était une bonne cliente de la France, celle-ci ne tarissait pas d'éloge au sujet du régime.
Certains groupes militants pensent qu'il faut appliquer alors, mécaniquement, le fait que l'ennemi de notre ennemi est notre allié. Ils soutiennent alors Bachar Al-Assad comme un rempart contre l’obscurantisme, comme un chef de file de l'anti-impérialisme. En somme, ils nient que Bachar Al-Assad est un simple agent de la Russie au Moyen-Orient, une marionnette des ambitions Irano-Russes dans l'orient de la Méditerranée.

Ces organisations peignent en rouge le régime, et peignent en rouge Poutine, ce qui est faux. Elles mettent en avant -tout aussi hypocritement- le fait que le régime serait l'allié des Kurdes, et qu'il est possible de concilier les deux. C'est escamoter le fait que, si des trêves existent lorsque Daech et l'ALS sont présentes, le régime n'a de cesse de tenter d'exterminer les Kurdes dès qu'ils sont seuls à seuls.

Soutenir le régime de Bachar Al-Assad, c'est célébrer l'impérialisme Russe, c'est célébrer faussement les BRICS [Les états émergents, Brazil, Russia, India, China, South Africa] comme étant la révolution mondiale, c'est se mettre à la solde d'une réaction contre une autre. Pire encore, certains souhaitent l'union de la France et de la Russie dans cette affaire, niant par là même le caractère criminel de l'impérialisme français, et souhaitant simplement qu'ils s'alignent sur un autre camp.

Qu'est ce que l'Armée Syrienne Libre et que veut cette coalition ?

L'Armée Syrienne Libre n'est pas unie idéologiquement, elle est une ligue de diverses organisations allant de démocrates sincères jusqu'à des obscurantistes virulents.

Ces forces sont principalement divisées en deux groupes, ou chambres d'opérations qui sont des alliances temporaires et non-exclusives autour d'objectifs ponctuels ou autour du soutien d'une puissance étrangère. La première Fatah Halab -conquête d'Alep- rassemble les agents d'Erdogan et des occidentaux. Elle est la force qui a été utilisée par la Turquie pour faire barrage à l'unification des zones contrôlées par les Kurdes au Rojava. Elle rassemble grossièrement 50% des forces armées de la nébuleuse de l'Armée Libre Syrienne. Ce sont les fameux "modérés" soutenus par l'occident. Issus des frères musulmans et des organisations réactionnaires locales, ils ne sont considérés comme modérés uniquement parce qu'ils ne menacent pas les intérêts occidentaux.

Jaish Al Fatah, -l'armée de la conquête- est construite autour des différentes cellules d'Al-Qaïda ayant survécus à la concurrence de Daesh. Cette chambre d'opération se démarque de la première par le fait qu'elle considère celle-ci comme "trop modérée." Egalement, Jaish Al Fatah est principalement le pion de l'Arabie Saoudite et du Qatar, avant d'être celui d'Erdogan.
Hors de ces chambres d'opération, des poussières qui s'agglutinent parfois dans des configurations différentes, mais toujours à la remorque, dans l'ombre, des deux chambres d'opération principales. C'est dans cette poussière que certaines organisations de l'Etat Français pensent trouver des joyaux d'une pureté révolutionnaire parfaite.

Le fait est qu'il existe des lignes progressistes au sein de l'Armée Syrienne Libre, c'est indéniable. Mais elles ont fait le choix de se mettre à la remorque des agents les plus réactionnaires de la coalition. Elles ont jeté par dessus bord leur indépendance politique pour se mettre eu ligne aux cotés d'Al-Qaïda et des obscurantistes. Elles ont abandonné toute stratégie en devenant des mercenaires de la Turquie, des USA et de la France. Ces forces, pendant la bataille d'Alep, n'ont servi qu'à assouvir les ambitions expansionnistes de la Turquie, et à être une des branches de la tenaille pour écraser les forces combattantes Kurdes, au lieu de combattre le régime de Bachar Al-Assad. Cette clique est plus une armée de mercenaires au service d'un maître qu'une force politique cohérente.

Plusieurs organisations politiques au sein de l’État français, mais également en occident en général, trouvent conciliable de marcher et de défiler à l'appel du "maire d'Alep-est" et de soutenir la cause du peuple Kurde. Nous affirmons que cela n'est pas possible. Il n'est pas possible de soutenir ceux qui s'allient avec la France et la Turquie, qui en sont les mercenaires, sans devenir soi-même un renégat.

Nous affirmons qu'il est impossible de pouvoir jouer sur les deux tableaux et de pouvoir défiler sous le pavillon d'une clique de bandits au service des intérêts de la Turquie. Qu'il est impossible de pouvoir saluer la lutte des YPG – YPJ – TIKKO et de marcher avec leurs bourreaux. Qu'il est impossible de prétendre combattre l'impérialisme et ses ramifications tout en soutenant ses agents.

Quelques soient les raisons invoquées, quelque soit la faction obscure soutenue par les groupes soi-disant révolutionnaires, soutenir toute branche de l'ASL, marcher avec Free Syria, c'est marcher avec l'AKP et ses sbires. C'est marcher avec les bourreaux du peuple kurde.

C'est également marcher main dans la main avec les laquais des impérialistes occidentaux dans la région. C'est marcher avec l'impérialisme français et embrasser son drapeau. Il n'est pas possible de tenir ce discours et d'ensuite "compenser" en agitant le drapeau du Kurdistan libre, le salissant par la même occasion.

Cela n'est pas conciliable.

Que le régime de Bachar Al-Assad soit un régime d'oppression à la solde des intérêts de la Russie est une vérité. Il est juste de le pointer du doigt et cela doit être fait, il n'est pas conciliable de se dire révolutionnaire tout en le saluant. Mais il est aisé de dénoncer les ennemis de son propre impérialisme.

Ceux qui, dans l’État français, se réjouissent des victoires de l'ASL, pleurent ses défaites, chantent leurs louanges ne sont pas seulement en contradiction avec le fait de soutenir les kurdes et les Forces Démocratiques Syriennes, ils se déclarent même ennemis de leur cause de libération nationale et de libération de la Syrie de la présence des impérialistes.

Une ligne de démarcation se trace, elle doit être franchie, que cela soit d'un coté ou de l'autre, par toutes les organisations ayant une position sur la question de la guerre en Syrie.

Certains prônent l'éclectisme et soutiennent tout ce qui lutte contre le régime de Bachar Al-Assad. Il n'est pas possible de l'être dans une lutte à mort.

Certains prennent ceci par dessus la jambe, le traitent avec légèreté. Ils se démasquent comme étant des opportunistes qui ne voient le fait de soutenir les kurdes que comme étant "de bon ton". Nous devons dénoncer cet opportunisme.

Lorsque, rien qu'à Lyon, la mairie Front de Gauche du premier arrondissement de Lyon accepte de relayer l'appel réactionnaire du maire d'Alep-Est, nous devons les dénoncer et dénoncer leur attitude de renégat.

Lorsque Europe Ecologie / Les Verts signe également cet appel, nous devons dénoncer l'attitude de laquais de l'impérialisme de cette organisation.

Lorsque "Ensemble" signe ceci aux côtés des agents fascistes d'AKP, c'est qu'ils prennent position en faveur de la répression du peuple Kurde.

Ceux qui parlent de "soutien critique" lorsqu'ils se rassemblent sous le drapeau de l'ASL de la France et de la Turquie se démasquent donc comme des soutiens de fait à ces forces.

Nous appelons toutes les organisations progressistes et révolutionnaires de l’État Français ou francophones à relayer cet appel, à prendre position sur le fond de celui-ci et à démasquer les mercenaires de l'impérialisme.

Nous devons dénoncer les appels hypocrites de la France et des organisations qui sont ses valets. Sous couvert d'humanitaire, ces cris servent à implanter les avant-postes de son impérialisme.

Nous appelons ces organisations et ces médias à rejeter les positions et la propagande des agents de l'impérialisme, au premier chef duquel l'impérialisme français, notre ennemi premier. Nous souhaitons la défaite de notre propre impérialisme, que ses griffes soient arrachées et ses armes brisées !


Nous appelons à la constitutions d'initiatives, militantes, politiques, financières pour soutenir depuis l'Etat Français la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour sa libération du Kurdistan et de la Syrie.

Vive la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour la liberté ! A bas le régime fasciste d'Erdogan et les laquais des impérialistes !


Vivent les volontaires internationaux qui combattent aux côtés des Kurdes

Premiers signataires : Maison de la Mésopotamie ; Unité Communiste - Lyon; OCML Voie Prolétarienne ; Organisation Communiste - Futur Rouge ; Jeunes Communistes Lyon.

Participer ou signer ? Solidarite.Kurdistan@gmail.com


Annexe:
Les forces des Kurdes et leurs alliés:


 

HPG : Force de Défense du Peuple.
YJA-Star : Unités des Femmes Libres.
PAJK : Parti des Femmes Libres du Kurdistan.
YPS : Unités de Protection Civile.
YDG-H : Mouvement de la Jeunesse Révolutionnaire Patriotique.
HDP : Parti Démocratique des Peuples.
DBP : Parti Démocratique des Régions.
HDK : Congrès Démocratique des Peuples.
PKK: Parti des Travailleurs du Kurdistan.
YPG: Unités de Défense du Peuple.
YPJ: Unités de Défense Féminines.
PYD: Parti de l'Union Démocratique Kurde (en Syrie).

Organisations turques combattant aux côtés des forces combattantes Kurdes.

MLKP : Parti Communiste Marxiste-léniniste.
DHKP-C : Parti-Front Révolutionnaire pour la Libération du Peuple.
TKP-ML : Parti Communiste Turc - Marxiste-léniniste. Sa branche armée est le Tikko.
MKP : Parti Communiste Maoïste.
MLSPB : Union Marxiste-léniniste pour la Propagande Armée.
DAF : Action Révolutionnaire Anarchiste.

Organisations de volontaires étrangers:
Bataillon International de la Libération au Rojava.

A.I.T. Antifascist Internationalist Tabur

Lettre ouverte à propos de la situation en Syrie

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Syrie, #kurdistan, #Kobane, #Impérialisme, #Turquie, #International

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Publié le 28 Novembre 2016

Déclaration de l'OC-FR au 38ème anniversaire du PKK
 
Nous étions invité à assister et à nous exprimer à l'anniversaire du PKK, principale organisation politique kurde en Turquie, qui mène une lutte armée de résistance face au régime réactionnaire d'Erdogan. 
La lutte de libération nationale au Kurdistan est une lutte juste que nous saluons dans toutes ses régions, quel que soit l'État qui domine. Nous saluons la résistance héroïque et le courage des combattant-e-s kurdes qui font face à tant d'ennemis.
Une répression intense est actuellement menée par le régime turc, en Turquie, mais aussi en Syrie et en Irak, où l'armée d'Erdogan intervient militairement. La Turquie occupe le Kurdistan-Nord et menace le Rojava. Erdogan menace l'existence même du peuple kurde, sauf ceux qui acceptent de collaborer docilement comme les forces de Barzani en Irak. L'État français l'assiste dans sa tâche génocidaire. Il est donc urgent d'exprimer et d'apporter tout notre soutien inconditionnel aux forces progressistes kurdes. 
 
Un de nos camarades nous a donc représenté, et a lu cette déclaration :
 

"Cher-e-s camarades

Je voulais d’abord transmettre mon salut chaleureux et celui de mon groupe politique, l’organisation communiste Futur Rouge, au peuple kurde et à son Parti.

La lutte au Kurdistan est aujourd’hui une des luttes émancipatrices les plus avancées dans le monde. Si nous pensons que nous devons lui apporter notre solidarité, c’est parce que nous avons des ennemis commun : l’impérialisme, le capitalisme et le patriarcat.

Il y a 100 ans les impérialismes français et britanniques se partageaient le territoire de l’ancien empire ottoman par les accords Sykes-Picot, dans le mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cent ans plus tard, c’est ce système qui est en train de s’effondrer dans le chaos. La région est un foyer de contradictions impérialistes entre les USA, la France, la Turquie, Israël, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Russie et l’Iran. Ces contradictions peuvent déboucher sur une nouvelle guerre mondiale.

Nous qui militons en France, nous avons une responsabilité particulière par rapport aux crimes de notre Etat, l’Etat français, membre de l’OTAN, allié privilégié du régime fasciste turc, d’Israël, du Qatar et de l’Arabie Saoudite. Nous ne pensons pas pour autant que la Russie et l’Iran soient des alliés des peuples du Monde contre l’impérialisme occidental. La Russie et l’Iran sont un bloc impérialiste concurrent de l’impérialisme occidental, mais lui aussi couvert de sang et oppresseur des peuples.

La véritable force qui peut vaincre l’impérialisme, c’est la solidarité internationale des peuples du monde.

Depuis 1978, le peuple kurde mène une lutte exemplaire, d’abord contre le régime fasciste turc, sous la direction du Parti des Travailleurs et de son président, Serok Öcalan, en lien avec les forces internationalistes, progressistes et démocrates au sein du peuple turc et des autres peuples d’Anatolie.

Aujourd’hui, la lutte se développe dans les quatre parties du Kurdistan contre les régimes dictatoriaux, les chefs féodaux et l’oppression patriarcale. Cette lutte démocratique fait à nos yeux objectivement partie de la révolution socialiste mondiale.

Après l’héroïque victoire de Kobané, début 2015, un pacte de solidarité à été signé entre les représentant de la lutte kurde en Europe et vingt-six organisations communistes d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Afrique réunies au sein de l’ICOR, la Coordination Internationale d’Organisations Révolutionnaires.

Une des matérialisation de ce pacte de solidarité a été la construction entre juin et novembre 2015 d’un centre de santé pour le croissant rouge kurde par 177 brigadistes venus de 11 pays différents.

Nous avons passé la frontière turco-syrienne sous la protection des camarades kurdes et œuvré selon les principes de la Révolution au Rojava, avec des méthodes de construction traditionnelle.

Nous continuons à collecter de l’argent pour l’acquisition de matériel médical et la reconstruction écologique de la vile.

Le centre de santé à ouvert en juillet 2006 avec un service d’accouchement et de soin aux femmes parturientes, ce qui est un symbole d’avenir, de reconstruction et de vie.

Car nous savons que la vie triomphera sur les forces du fascisme et de la mort, même si la situation est difficile.

Après son échec électoral de juin 2015, le parti AKP d’Erdogan a relancé la sale guerre contre le peuple kurde, mais aussi contre tous les progressistes et tous les peuples minoritaires d’Anatolie. Beaucoup de villes de Bakur sont aujourd’hui aussi détruites que Kobané.

Par ailleurs l’Etat turc cherche à détruire l’environnement et le cadre de vie traditionnel du peuple kurde avec un programme de centrales nucléaires et hydrauliques comme à Hasankeyf . Des grandes compagnies capitalistes françaises comme Areva prêtent la main à ce véritable écocide.

L’armée kurde et ses mercenaires ont lancé une campagne d’extermination fasciste contre la révolution au Rojava. Cette campagne a été préparée de longue date.

Les Forces Démocratiques Syriennes, constituées des YPG et des YPJ kurdes, mais aussi de combattant-e-s arabes, turkmènes, yézidi-e-s, syriaques…défendent les structures d’autogestion au Rojava et gagnent du terrain contre les fascistes de Daesh.

Les USA mènent un jeu dangereux en essayant d’utiliser les Forces Démocratiques Syriennes pour leurs intérêts tout en soutenant le régime fasciste turc.

L’impérialisme russe cherche lui aussi à utiliser les Forces Démocratiques de Syrie tout en soutenant le régime nationaliste arabe syrien qui a toujours nié le droit des Kurdes et des autres peuples minoritaires de Syrie.

En Europe une campagne médiatique se développe pour opposer les « gentils » Kurdes de Syrie et les Kurdes de Turquie, toujours considéré-e-s comme des « terroristes ». Pourtant c’est une seule et même révolution des deux côtés de la frontière.

Face à cette situation complexe et dramatique, les organisations révolutionnaires réunies dans l’ICOR ont décidé avec les représentant-e-s du mouvement de libération kurde de renforcer le pacte de solidarité. Ce nouveau pacte de solidarité a été signé le premier novembre.

Nous continuerons à porter nos mots d’ordres :

Abrogation de l’interdiction du PKK !

Libération de Serok Öcalan et de tou-te-s les prisonnier-e-s politiques progressistes en Turquie !

Retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne !

Non au blocus de l’Etat turc contre le Rojava !

Ouverture d’un corridor humanitaire avec le Rojava, pour les populations civiles et les réfugié-e-s !

Des armes pour les YPG et les autres forces de la guérilla kurde, en particulier le PKK.

Ne touchez pas au Rojava ! Liberté pour le Kurdistan !

Droit à l’autodétermination du peuple kurde !

Vive la lutte du peuple kurde pour la libération nationale et sociale !

Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous !

Vive la solidarité internationale des peuples !"

 
Déclaration au 38ème anniversaire du PKK

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Turquie, #kurdistan, #Kobane, #International, #Impérialisme, #Répression, #France

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Publié le 21 Septembre 2016

Pour le Rojava, continuons à exprimer notre soutien !
Menons campagne en solidarité avec le peuple kurde qui tente de reconstruire son pays !
 
La Turquie réprime massivement les kurdes, attaquant au-delà de ses frontières et a pris le contrôle de 900 kilomètres carrés en Syrie. Elle a récemment exprimé son intention d’étendre son contrôle à 5000 km2. Ses offensives militaires n’ont pas d’autres buts que d’empêcher l’unification du Rojava. Pour cela la Turquie revendique une zone « tampon » à sa frontière avec la Syrie, en territoire kurde. Daesh de son côté continue sa guerre contre les peuples du Proche-Orient qui résistent et combattent pour leur survie. Les puissances impérialistes poursuivent leurs politiques criminelles aux côtés des dirigeant-e-s locaux corrompus et des milices réactionnaires. De très nombreux acteurs divers interviennent, parfois aux intérêts contradictoires ou ponctuellement convergents, avec des alliances instables. Tous tentent de gagner en influence pour servir leurs intérêts géostratégiques. Ce sont des enjeux globaux qui dictent le conflit, et non l’intérêt des vies humaines et civiles qui tentent de survivre sur place. Les impérialistes invoquent une intervention humanitaire alors qu’elle est tout sauf désintéressée. Leurs bombes explosent les maisons. Les villes assiégées sont détruites. Des populations sont massacrées. Ceux et celles qui le peuvent fuient la mort et sont contraint-e-s à l’exil au péril de leur vie. Les réfugié-e-s qui survivent aux traversées sont parfois arrêté-e-s par les autres états et renvoyé-e-s à la mort ou à la ruine vers ceux/celles qu'ils/elles ont fuis. 
Dans ce chaos, les kurdes se battent pour survivre et se reconstruire un avenir, avec leurs alliés des forces démocratiques syriennes (FDS). Au Rojava, ils bâtissent un nouveau monde, menacé par la guerre. Tout a été rasé, alors tout est à refaire mais sur de nouvelles bases démocratiques. Il faut construire des écoles, des hôpitaux, des routes, des universités. Il faut semer les champs, mettre en place des systèmes d'irrigation, installer de nouveaux centres de productions électriques et assurer l’approvisionnement du territoire. Il faut reconstruire les habitats pour assurer le retour de la diaspora. C’est tout un peuple qui n’a pas d’autre choix que de travailler d’unisson pour son émancipation et son autonomie. À Sinjar en Iraq aussi, les kurdes Yézédis doivent construire ce nouveau monde.
 
Lénine disait que le « communisme c’est les soviets plus l’électricité ». Nous n’en sommes pas encore là, mais le minimum est déjà d’assurer l’électricité dans un premier temps. Pour l’OC-FR, il est urgent de soutenir cette politique de reconstruction, et de faire campagne pour apporter une aide internationaliste et anti-impérialiste. Nous soutenons par-exemple l’initiative de l’ICOR qui avec l’aide de brigades de solidarités a construit à Kobane un centre de soin. Ce centre de soin doit être financé pour fonctionner normalement, être équipé et répondre à ses objectifs. L’aide internationaliste doit donc se poursuivre, et la solidarité concrète de l’ICOR doit trouver de nouveaux relais et être poursuivie par les soutiens progressistes. La reconstruction de Kobané est une priorité sur le chemin de la révolution au Rojava, et pour la libération de l’humanité. Cet acte inspire tous les mouvements révolutionnaires et est un exemple pour tous-tes ceux-celles qui se battent pour la révolution.
C’est pourquoi nous soutenons les actions de solidarités concrètes, et notamment celle de l’UPML et du centre culturel kurde de Nantes qui organisent une soirée-débat samedi 24 septembre en présence d’un des brigadistes. 
 
L'OC-FR soutient cette initiative que nous relayons, et appelons à l’organisation d’autres événements de ce type pour promouvoir la politique de reconstruction du Rojava. Il nous faut mener campagne pour faire la lumière sur l’actualité au proche-orient, sur les interventions impérialistes et les complicités criminelles des états, à commencer par l'état français, et des milices réactionnaires. Nous devons apporter notre énergie aux kurdes et à leurs alliés progressistes. Les forces révolutionnaires attendent de nous que nous puissions contribuer à la révolution démocratique et populaire au Rojava. Dans un premier temps, nous devons répondre aux demandes du Rojava. Il faut équiper et financer le fonctionnement du centre de soin. Nous appelons tous les internationalistes à y participer !

 

Voir ci-dessous le texte de présentation de la soirée-débat :

 

Le gouvernement turc a déclenché une répression massive contre le mouvement kurde et démocratique. Les États réactionnaires de la région comme les puissances impérialistes à l'origine de la déstabilisation de la région craignent par dessus tout le combat d'un peuple pour sa liberté.

La solidarité avec le peuple kurde s'est déjà mise en marche. En 2015, la Coordination Internationale des partis et organisations révolutionnaires (ICOR) a organisé des Brigades de solidarité pour la reconstruction d'un hôpital à Kobané (Rojava).

La lutte se poursuit et il faut continuer les actions de solidarité. Cette soirée-débat permettra de mieux connaître la lutte du peuple kurde à travers le film « Assurer la victoire » qui retrace la construction du centre de santé. Nous pourrons également mieux comprendre la situation actuelle grâce aux membres du Centre culturel Kurde de Nantes, co-organisateurs de cette soirée.

Soirée-débat en présence d'un brigadiste et des membres du Centre Culturel kurde (Nantes)

samedi 24 septembre, 18h30 Centre Culturel kurde, La Rabotière, Saint Herblain

La rencontre sera suivi d'un encas et des tables de presse permettront de poursuivre les discussions.

Contact : Centre culturel kurde (Nantes) zin44@gmail.com

Union prolétarienne marxiste-léniniste contact-upml@riseup.net

Organisation Communiste - Futur Rouge  www.futur-rouge.overblog.com

 

Pour le Rojava, continuons à exprimer notre soutien !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Turquie, #kurdistan, #Kobane, #Icor, #Syrie

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Publié le 15 Mai 2016

Accord Sykes-Picot : 100 ans plus tard c’est la guerre, les carnages, les massacres !
 
Il y a un siècle, les impérialistes français et britanniques signaient le 16 Mai 1916 un accord secret, que l'on nomme du nom de ses deux principaux négociateurs, le britannique Sykes et le français Picot. C’était un partage impérialiste du Proche Orient entre la France et l’Angleterre qui se partageaient l’ancien Empire Ottoman en prévision de l'après-guerre. 
 
 
L'Empire ottoman avait jeté ses dernières forces dans l'extermination d'un million et demi d'Arménien-ne-s et dans la répression de la révolte arabe, révolte encouragée en sous-main par l'Impérialisme britannique et ses agents (dont le fameux T.E Lawrence) contre la promesse mensongère d'un Etat arabe. Mais malgré toute leur démagogie sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, les impérialistes ne voulaient que prendre la place du dominateur ottoman et de son allié allemand dans la région.
C’est la révolution victorieuse en Russie qui a permis la révélation de ces accords secrets, le texte du traité ayant été découvert par les bolchéviques dans les archives du ministère des affaires étrangères.
100 ans plus tard, nous voyons les conséquences de ces négociations impérialistes.
 
 
Pour notre organisation, l’OC-FR, il est important de rappeler que la situation d’aujourd’hui, au Proche-Orient, est, pour une grande partie, le fruit pourri des manoeuvres impérialistes. 
Pour mener nos luttes anti-impérialistes et de solidarité avec les peuples du Proche, du Moyen Orient et de l’Anatolie, nous devons rappeler la responsabilité historique des impérialistes, en particulier français.
De la Mer Noire à la Mer Rouge, de la Méditerranée à l’Océan Indien, les puissances impérialistes de l’époque ont tracé des frontières à leur convenance.
En Avril 1920, cet accord est définitivement formalisé par les impérialistes avec la bénédiction de la Société des Nations lors de la conférence de San Remo, en Italie, puis intégré au traité de Sèvres. Dès lors l’état français gère officiellement le Liban et la Syrie. La Grande Bretagne contrôle l’Iraq, le Koweït, la Palestine et la Jordanie. Ils ont morcelé les territoires. Des monarchies et des gouvernements fantoches sont mis en place comme en Jordanie. C’est aussi les prémices du projet sioniste porté par les impérialistes en Palestine, particulièrement la Grande Bretagne qui lui apporte son soutien par la déclaration Balfour de 1917.
En revanche, la création d'un Etat kurde et la restitution de territoires anatoliens à l'Arménie, initialement prévus par le traité de Sèvres seront remis en cause en 1923 par le traité de Lausanne. La bourgeoisie française escomptait d'importants contrats avec la nouvelle République Turque pour la construction de chemins de fer. C'est le président du conseil français Clémenceau qui utilisait les Arménien-ne-s (survivant-e-s du Génocide de 1915) et les Kurdes (désormais divisé-e-s entre quatre Etats) comme une monnaie d'échange. L'Etat turc acceptait en contrepartie le démembrement de l'Empire ottoman et le nouvel ordre impérialiste. 
 
L’OC-FR soutient la lutte des peuples qui dénoncent encore aujourd’hui les conséquences de ces négociations entre impérialistes. En redessinant la carte du monde, en séparant les peuples, en créant de nouvelles frontières, de nouveaux Etats (le Liban par exemple) sans légitimité populaire, les états français et britanniques ont crée le chaos. Ils ont aussi trahi leurs promesses faites aux peuples arabes en 1916, spolié les peuples kurde, arménien, arabe palestinien.
L’enjeu était de taille pour eux, il s’agissait d’asseoir leur contrôle sur des régions pétrolières et d’assurer leur approvisionnement énergétique. Il s’agissait aussi de sécuriser la route vers le reste de l’Asie et un débouché sur l’Océan Indien. Pour la France, le contrôle des littoraux est donc nécessaire. (Ce sont ces mêmes enjeux qui aujourd’hui dominent encore dans le conflit Syrien et lors des deux guerres du Golfe en Iraq).
 
Un siècle de lutte contre ces accords !
 
Les frontières d’aujourd’hui, les conflits d’hier et d’aujourd’hui sont le résultat de ces politiques impérialistes. De nombreux mouvements politiques, certains réactionnaires, d’autres progressistes ont tiré leur légitimité du rejet de ces accords. C’est le cas en Anatolie du kémalisme, dans le monde arabe du panarabisme et du baathisme.
 
En semant l'humiliation, l'impérialisme a engendré des monstres.
L’État Islamique proclame abolir la frontière entre la Syrie et l’Iraq, tracée artificiellement par les impérialistes français et anglais. Après la prise de Mossoul, l’EI crée sur twitter le hashtag #SykesPicotOver. Il s'agit de surfer sur le ressentiment des peuples contre la division semée par les impérialistes, tout en augmentant encore la division et le chaos. 
Pour l’OC-FR, Daesh est une émanation directe de Sykes-Picot et de l’impérialisme. Mais cette propagande montre bien le rejet total des politiques impérialistes en Iraq et en Syrie dans la population, et à quel point il est important pour les forces en lutte de se légitimer et de se positionner par rapport à cette histoire coloniale.
Nous, prolétariat des métropoles impérialistes et peuples du monde, n'avons pas d'intérêt à de tels accords, qui entraînent la guerre, le chaos, la misère, dont les seul-e-s à tirer profit sont les impérialistes. Ils se partagent le monde, créent des frontières en les traçant sur une carte et nous entraînent vers toujours plus de barbarie.
 
L’impérialisme a aussi crée les conditions propres à sa défaite. Du rejet de sa domination nait aussi les résistances nationales et révolutionnaires qui s’organisent, comme au Kurdistan et en Palestine. Là où l'impérialisme opprime, il trouve en face de lui des femmes et des hommes prêt-e-s à combattre, il trouve des forces qui refusent de se laisser entraîner dans la guerre civile inter-confessionnelle et inter-communautaire. Au Kurdistan comme en Palestine, les peuples résistent à l'impérialisme. Les tentatives de déstabilisation du Liban menacent les réfugié-e-s palestinien-ne-s. Le peuple kurde combat Daesh, accueille celles et ceux qui fuient la guerre tout en faisant face au terrorisme et aux forces militaires turques. 
Nous dénonçons la présence militaire de la France dans la région, les bombardements français, nous n'avons pas confiance dans les impérialistes qui ont semé le chaos pour arrêter la guerre civile qu'ils ont eux même largement fomenté. Nous soutenons à notre mesure le peuple kurde. Nous participons aux initiatives anti-impérialistes en France et appelons à renforcer les mots d'ordre anti-impérialistes. Loi travail, Etat d'urgence ici, bombardements, troupes françaises, espions là bas. 
 
L’OC-FR soutient les revendications nationales des peuples qui luttent pour leurs droits à un état démocratique, laïc, multiconfessionnel et multiculturel. Nous soutenons les peuples Palestinien et les autres peuples arabes, les peuples kurde, arménien, Yézidi, alévi, syriaque. Nous saluons les progrès révolutionnaires portés dans la lutte, en particulier au Rojava, où les kurdes et leurs alliés arabes et syriaques se battent contre Daesh.
Nous ne serons pas de ceux et celles qui fêteront l'anniversaire d'un accord génocidaire, mais nous sommes de ceux et celles qui souhaitons la défaite des impérialistes et de leurs projets dans le monde !
Nous considérons qu'ici, il est impératif de lutter contre l'impérialisme français, l'un des plus actifs dans le monde, belliciste et dangereux. Nous regrettons qu'il n'y ait plus de mouvement antiguerre massif, et souhaitons sa reconstruction. Dans ce sens l'OC-FR salue les initiatives du Comité national "ni guerres ni état de guerre" et nous appelons les individu.e.s et organisations progressistes, sincèrement anti-impérialistes à soutenir ce comité. Il est urgent d'obtenir des victoires politiques contre l'impérialisme français, qui seront autant de défaites de l'état français.
 
 
 
Ces frontières tracées par Sykes-Picot n'ont rien d'inéluctable. La lutte du peuple Kurde nous le montre. Nous soutenons sans réserve les organisations révolutionnaires kurde et le projet politique du Rojava. À Kobané, nous soutenons la reconstruction de la ville, et soutenons concrètement les aides internationalistes.
 
 
À Sinjar aussi, nous espérons que les Yézidis pourront très vite se reconstruire un avenir, loin de Daesh et des bombes de la coalition. Nous souhaitons voir les peuples arabe, syriaque, arménien, s'unir sur des bases démocratiques, dans le respect de toutes les cultures, et reprendre le contrôle de leur vie.
En Turquie, le gouvernement mène une guerre ouverte au peuple Kurde, avec la complicité des impérialistes européens et américains. Ce sont des alliés objectifs de Daesh. La Turquie est pour les impérialistes européens et nord-américains l'un des meilleurs garants, du maintien de leurs intérêts au Proche Orient, établis depuis Sykes-Picot.
Nous admirons la résistance kurde et son courage politique qui transforme la géographie des montagnes de Turquie, d'Iraq, d'Iran et de Syrie. 
En Palestine, l'actualité est toujours aussi dense. Le peuple palestinien aussi lutte avec les moyens qu'il a, et nous soutenons sans réserve leur combat qui est aussi le nôtre. L'état Israélien continue à mener la répression, agressant militairement encore ces derniers jours Gaza, et détruisant des tunnels qui permettaient de contourner le blocus. Là aussi, nous sommes persuadés qu'un jour le peuple palestinien effacera les frontières réactionnaires.
 
 
À bas Sykes-Picot
À bas l’impérialisme français !
Solidarité internationale !
 
Accord Sykes-Picot : 100 ans plus tard, c'est la guerre, les carnages, les massacres

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Impérialisme, #Syrie, #Turquie, #kurdistan, #Kobane, #France, #International

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Publié le 27 Mars 2016

PLUS QUE JAMAIS AUX COTES DU PEUPLE KURDE !
 
Le 13 mars dernier, un attentat à la voiture piégée a explosé contre un bus à Ankara. Cet attentat a tué 35 personnes et en a blessé 120. Principalement des civil-e-s. Le gouvernement turc comme d’habitude a accusé le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Il a finalement été revendiqué par les Faucons de Libération du Kurdistan (TAK) qui se présente comme une scission du PKK, née de l’échec du processus de paix et de la répression toujours plus sauvage de l’Etat turc contre les populations civiles kurdes. Les TAK ont expliqué que l’objectif de l’attentat était militaire, que les civil-e-s avait été tué-e-s par erreur et a présenté ses excuses aux familles des victimes  Cette action a été condamnée tant par le PKK que par le Parti Démocratique des Peuples (HDP) que le gouvernement turc présente comme la « vitrine légale du PKK ». En même temps, le gouvernement turc qui considère les Faucons de Libération comme un « prête-nom » du PKK a pris prétexte de l’attentat pour demander la levée de l’immunité des parlementaire du HDP (qui ont rassemblé 13% des voix aux législative de juin) et intensifier encore sa guerre contre le peuple kurde, en bombardant les forces armées du PKK en Irak et celle du Parti de l’Union Démocratique (PYD) en Syrie. Dans ce contexte, l’OC-FR continue à soutenir les forces progressistes kurdes et turques. Il est important de mobiliser et d’exprimer collectivement notre solidarité avec les peuples en luttes. L’OC-FR dénonce aussi le rôle de l’État Français, complice actif de l’État turc, et qui prépare l’opinion a de nouvelles offensives militaires.
Dès que la nouvelle de l’attentat a été connue, et avant même qu’il ait été revendiqué, toutes sortes d’ « experts » et d’ « universitaires » amis du régime turc sont venus vomir leur propagande sur les chaînes française d’« informations » en continu : « Le PKK qui a décidé de lancer une guerre contre la Turquie» (sic), « Le PKK, c’est Pol Pot au stade d’avant » (re-sic), « Le PKK organisation terroriste crypto-marxiste et totalitaire » (re-re-sic). Tout ça est bien dans la ligne de l’Etat français, dont le ministère des affaires étrangères à déclaré  "La position de la France est claire et constante: le PKK est un groupe inscrit sur la liste des organisations terroristes établie par l'Union européenne. Les raisons qui ont présidé à son inscription restent pleinement valables"
Cette inscription sur la liste des organisations terroristes est une épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête de nos camarades kurdes qui peuvent en permanence être incarcéré-e-s pour leur engagement politique. L’OC-FR milite pour le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’UE. Les militant-e-s kurdes en France sont en permanence les otages de l’évolution des relations des Etats turc et français. Cette ambiguïté peut entraîner des situations absurdes. Quand un membre des services secrets turcs a assassiné trois militantes kurdes en plein Paris dans la nuit du 9 au 10 juillet 2013, François Hollande a annoncé qu’il avait personnellement rencontré l’une des victimes, l’activiste des droits humains Fidan Dogan, au Parlement européen. Le premier ministre turc (devenu aujourd’hui président) Erdogan a ainsi pu s’indigner sans honte que le président d’un pays ami  s’entretienne avec une « terroriste », sans que personne ne lui fasse remarquer que ses mains étaient encore rouges du sang de nos camarades.
Depuis 2011 l’Etat français et l’Etat turc ont collaboré étroitement pour déstabiliser l’Etat syrien, finançant, armant et entraînant les combattant-e-s de l’ « Armée syrienne libre », de Jahbat el Nosra, de Daesh et d’autres milices sectaristes et ethnicistes, sans trop s’occuper de qui était qui (de toute façon les idéologies de ces groupes sont poreuses et leurs allégeances fluctuantes). En contribuant à détruire la Syrie, ces Etats ont contribué à créer des millions de réfugié-e-s. Aujourd’hui, l’Union Européenne paie l’Etat turc a créer de vastes camps où les migrant-e-s sont retenu-e-s dans des conditions inhumaines, et l’Etat turc utilise cyniquement ces migrant-e-s comme une monnaie d’échange dans ses négociations avec l’Union Européenne. L’OC-FR exprime tout son soutien aux réfugié-e-s et revendique la liberté de circuler. 
Une criminalisation accrue des militant-e-s kurdes en Europe est une des conditions que pose Erdogan qui a déclaré lors de ses négociations avec l’UE  : « Une nouvelle fois, j'en appelle aux pays qui soutiennent directement ou indirectement les organisations terroristes : vous nourrissez une vipère en votre sein», son ministre de la justice déclarant pour sa part : "Nous recevons des messages de condoléances, mais il n'y a pas d'opération contre ceux qui mènent ces attaques.". Les victimes de Daesh au quatre coins du monde apprécieront les cyniques leçons d’anti-terrorisme d’Erdogan.
Qui sont les terroristes ?
Le PKK a rejeté en 1991 tout acte de violence contre des civil-e-e et s’y est tenu depuis 25 ans. C’est une question de morale révolutionnaire et de stratégie : l’Anatolie  est un territoire où s’entremêlent étroitement les populations turques, kurdes, arméniennes et alévies (même si les Alévi-e-s sont souvent nié-e-s en tant que peuple et réduit à une identité purement religieuse) et beaucoup d’autres minorités nationales. L’Etat turc est l’ennemi commun des prolétaires turc-que-s, du peuple kurde et des autres peuples dominés d’Anatolie. La violence doit donc viser à détacher les prolétaires turc-que-s de leur Etat et être uniquement dirigée contre les ennemis communs des peuples d’Anatolie : l’Etat turc, sa police et son armée. C’est cette stratégie qui a permis la solidarité des révolutionnaires de Turquie et du Kurdistan. Le combat des Kurdes de Syrie contre Daesh soutenu par de nombreux/se-s révolutionnaires de Turquie a encore renforcé cette solidarité combattante. L’annonce le 12 mars de la création d’un Mouvement Révolutionnaire Uni des Peuples, unissant les forces militaires du PKK a celles de neuf organisations révolutionnaires de Turquie (notamment le TKP/ML et le MLKP) pour combattre ensemble le régime turc est une avancée importante dans ce sens.
Depuis plus de 15 ans, le PKK tente désespérément d’engager un processus de paix avec l’Etat tur Pour les populations du Kurdistan de Turquie, il est chaque jour plus évident que ce processus est un échec et qu’il n’y a pas d’interlocuteur du côté turc. L’attentat-suicide du 13 mars, revendiqué par les TAK fait suite à une série d’attentats massacres dirigés contre la gauche kurde, attribués à Daesh et où la complicité (au bas mot) de l’Etat semble évidente : Diyarbakir 05/06/2015 (130 blessé-e-s), Suruç 20/07/2015 (32 mort-e-s), Ankara 10/10/2015 (102 mort-e-s). Il fait surtout suite à la guerre que l’armée et la police turque mène contre le peuple kurde depuis le 16 juillet, sous le nom d’état d’urgence et qui a déjà fait plusieurs centaines de mort-e-s. Chaque semaines nous apprenons de nouvelles horreurs attestées par des photos et des vidéos . Snipers tirant à l’aveuglette sur des civil-e-s. Familles empêchées des jours durant d’enterrer leurs mort-e-s. Cadavres de femmes militantes mutilés, dénudés et exposés dans la rue. Bombardement de villes hostiles à l’Etat, avec de forts soupçons d’utilisation d’armes chimiques à Cizre et Yüksekova. Le 23 janvier à Cizre, au moins 30 personnes (probablement beaucoup plus) qui s’étaient réfugié dans les sous-sols des immeubles pour fuir les bombardements, ont été brûlées vives par la police. 
De tout cela, les médias bourgeois de France ne parlent pas et consacrent leurs seuls reportages aux attentats qui tuent des turc-que-s et des touristes à Ankara et Istanbul. Les mort-e-s kurdes n’ont pas la même valeur. C’est pourtant le véritable visage de la République turque, amie de l’Etat français, amie des entreprises française (comme Areva dont les centrales nucléaires contribuent à la destruction de l’écosystème des provinces kurdes), membre de l’OTAN qui frappe à la porte de l’Union Européenne. L’amie des miliciens de Daesh qu’elle a armé et financé, et qu’elle continue à soutenir en bombardant les kurdes de Syrie qui les combattent. C’est le véritable visage du président turc Erdogan, l’ennemi des Kurdes, des Alévi-e-s et des Arménien-ne-s, l’ennemi des prolétaires, des syndicalistes, des progressistes et des communistes, l’ennemi des femmes et des personnes LGBTI, l’ennemi des migrant-e-s qu’il parque pour le compte de l’Union Européenne, l’ennemi de la nature et de la biodiversité qu’il détruit pour le profit maximum de ses ami-e-s les patron-ne-s.
Erdogan explique au monde que si l’armée russe exclue les « terroristes » de Daesh et al-Nosra du cessez-le-feu en Syrie, il a bien le droit de continuer à bombarder les « terroristes » kurdes de Syrie, lié-e-s au PKK. Les impérialistes, Etat français et USA en tête, interdisent aux kurdes de Syrie de participer à la conférence de Genève sur l’avenir de la Syrie. Mais les peuples du monde ont la mémoire longue : ils savent que la résistance kurde en Syrie a mérité la reconnaissance de l’humanité en sauvant les yézidi-e-s menacées d’extermination et en infligeant les première défaites à Daech, dans la ville de Kobâné et ailleurs. Ce souvenir, la propagande de l’Etat turc et de ses alliés impérialistes ne l’effacera jamais de nos coeurs. Le peuple kurde est l’ami de tous les peuples du monde. 
RETRAIT DU PKK DE LA LISTE DES ORGANISATIONS TERRORISTES DE L’UNION EUROPÉENNE !
RECONNAISSANCE DE LA RESISTANCE KURDE COMME ACTEUR INCONTOURNABLE DE L’AVENIR DE LA SYRIE !
HALTE AU TERRORISME D’ETAT AU KURDISTAN DE TURQUIE !
HALTE AUX BOMBARDEMENTS TURCS EN SYRIE ET EN IRAK !
ERDOGAN TERRORISTE, HOLLANDE COMPLICE !
 
Plus que jamais aux côtés du peuple kurde

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Anti-impérialisme, #International, #Syrie, #Turquie

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Publié le 23 Février 2016

L'État turc continue son opération militaire de répression à l'encontre du peuple kurde. C'est une véritable guerre ouverte, avec des meurtres massifs et des accusations outrancières, que le gouvernement turc mène contre les kurdes de Turquie, mais aussi contre les Kurdes de Syrie.

 

Par ailleurs, tout en cherchant à créer un consensus contre le soi-disant "terrorisme" kurde en Syrie et en Turquie, le gouvernement turc en profite pour réprimer tou-te-s les empêcheur/euse-s de massacrer en rond au sein de sa population: le mouvement ouvrier et ses syndicats, les intellectuels progressistes et pacifistes, les mouvement féministes et LGBTI (qui entretiennent des relations de solidarité mutuelle anciennes avec le mouvement national kurde) les minorités nationales (notamment les Alévi-e-s et les Arménien-ne-s), les organisations communistes.

 

Depuis sa fondation l'OC-FR entretient des relations de solidarité avec les militant-e-s communistes et progressistes d'Anatolie exilé-e-s en France, qu'ils/elles soient kurdes, arménien-ne-s, alévi-e-s et turc-que-s. Ces relations de solidarité sont fondées sur la lutte contre les accord entre les gouvernements turcs et français pour la répression des militant-e-s révolutionnaires. Elles sont aussi fondées sur la volonté de profiter de la riche expérience révolutionnaire qu'ils/elles ont accumulé dans un contexte de répression très forte. Nous nous en sommes toujours tenu à une position de non ingérence dans les contradictions internes du mouvement révolutionnaire en Anatolie, car nous pensons que, face à la répression de notre Etat, la solidarité de classe ne se monnaye pas. Nous avons régulièrement soutenu des militant-e-s emprisonnées en France au nom de leur supposée appartenance au Front Révolutionnaire de Libération du Peuple (DHKP-C) tout en ne partageant pas les prises de positions de cette organisation contre le mouvement national kurde. Nous continueront à les soutenir malgré cette divergence.

 

Nous considérons que le mouvement national kurde en Turquie, alliance de plusieurs classes, fait de facto partie intégrante du mouvement révolutionnaire mondial. Nous sommes pour ce qui nous concerne solidaires des luttes des peuples opprimés par l'impérialisme français, et dénonçons l'opportunisme des organisations chauvines française qui refusent de soutenir-par exemple-les militant-e-s basques emprisonné-e-s sous prétexte qu'ils/elles seraient "nationalistes petits-bourgeois", "identitaires" ou "réactionnaires sans le savoir". Dans les années 60-70 l'époque ou la plupart des organisations communistes turques ont commencé à construire leurs analyses et leur programme, le développement des forces productives était beaucoup plus faible en Anatolie, les survivances de formations sociale antérieures au capitalisme étaient beaucoup plus puissantes, l'impérialisme US était omniprésent. Il est relativement compréhensible que l'idée d'une lutte de libération nationale contre l'OTAN et les Etats-Unis continue encore aujourd'hui d'apparaître comme principale à beaucoup de militant-e-s communistes de l'Etat turc par rapport à la lutte des peuples opprimés par l'Etat turc. Plus compréhensible en tout cas que l'obstination de certaines organisations opportunistes de l'Etat français a présenter la bourgeoisie française comme "vassale de Washington et de Berlin" alors que la bourgeoisie française est impérialiste depuis les années 1880 et ne participe à l'OTAN, à l'Europe capitalistes et aux différents blocs réactionnaire où elle adhère qu'en fonction de ses propres intérêts bien compris.

 

Nous apprécions tout particulièrement l'attitude internationaliste de la majorité des organisations communistes en Turquie envers le mouvement national kurde. Cet internationalisme peut prendre des formes différentes, certaines organisations ont fait le choix d'entretenir des liens organisationnels étroits avec le mouvement national, d'autres de garder une plus grande autonomie. Il serait paternaliste et présomptueux de notre part de prétendre distribuer des bons et des mauvais points à des organisations devant faire des choix stratégiques et tactiques dans une situation d'une complexité et d'une richesse inouïe. Nous apprécions les nouvelles solidarités apparues à la faveur des derniers événements, notamment le fait que des combattant-e-s de différents groupes communistes combattent au coude à coude au sein du Bataillon de Libération du Rojava, contre Daesh et les autres milices réactionnaires au Kurdistan de Syrie.

 

De façon générale, le mouvement révolutionnaire en Anatolie nous propose des analyses plus avancées sur les questions des luttes démocratiques et féministes, sur la question des peuples opprimés, des minorités nationales et religieuses, sur la question de l'écologie et du droit à la vie des différentes espèces. Tout un tas de question que les opportunistes considèrent comme "secondaires" dans l'Etat français. Apprendre de cette richesse pour nos propres luttes, ce n'est certainement pas de l'exotisme révolutionnaire ou du cosmopolitisme.

 

L'OC-FR continue à suivre avec attention l'actualité du Kurdistan et de l'Anatolie, et apporte son soutien aux organisations kurdes et turques dans la mesure de nos forces limitées. Nous menons campagne avec les forces démocratiques et progressistes solidaires du Kurdistan et des peuples du Proche-Orient, auprès des militant-e-s kurdes et turc-que-s présent-e-s en Europe. C'est notre responsabilité en tant qu'internationalistes, alors que l'état français, allié d'Erdogan, mène la guerre en Syrie.

 

Les impérialistes veulent à nouveau réorganiser le partage du Proche Orient, et sont prêts à fermer les yeux sur les revendications kurdes, pour satisfaire leur alliance avec la Turquie. Le PYD n'a ainsi pas été autorisé à participer à la conférence de Genève, où les différents acteurs du conflit en Syrie se retrouvent. Pendant ce temps, la Turquie bombarde les bases kurdes en Irak et en Syrie, pourtant en première ligne sur le front contre Daesh, et surtout les premiers à avoir engagé les combats contre eux.

 

En France, nous devons nous mobiliser pour que l'état français cesse son soutien actif à la guerre contre le peuple kurde et à la répression des mouvements communistes, démocratiques et pacifiste dans toute l'Anatolie. De nombreux initiatives ont déjà eu lieu. Un rassemblement internationaliste a eu lieu récemment pour soutenir le TKP/ML. L'OC-FR y était présente. Nous reproduisons ci-dessous l'allocution qu'un de nos camarades y a prononcé :

 

SALUT INTERNATIONALISTE AU TKP/ML ET AU TIKKO
(Allocution prononcée à l’occasion du rassemblement du 13 février)
Nous, Organisation Communiste-Futur Rouge, tenons à donner notre salut internationaliste au TKP/ML et au TIKKO et l’assurer de notre solidarité face au régime turc, membre de l’OTAN et allié privilégié de l’Impérialisme français.
Si les Etats impérialistes et réactionnaires sont unis pour traquer les révolutionnaires et réprimer les peuples aux quatre coins du monde, de la même façon les révolutionnaires et les peuples du monde doivent construire leur solidarité dans la lutte.
La bourgeoisie turque a emprunté son idéologie à la bourgeoisie impérialiste française. Mélange de positivisme et de darwinisme social, cette idéologie ne pouvait déboucher que sur des massacres. Quand la bourgeoisie turque a accompli son accumulation primitive de capital dans le sang d’un million 600 000 Arménien-ne-s, c’était en se cachant derrière la devise de « Liberté, Egalité, Fraternité ». En France, cette même devise avait servi à justifier le massacre des peuples d’Indochine, d’Algérie et d’Afrique. 
Ibrahim Kaypakkaya a eu le mérite historique de rompre avec les fausses analyses qui faisaient du kémalisme un phénomène national-bourgeois et de démontrer que le kémalisme était bien une des premières formes de fascisme.
Nous saluons avec respect la mémoire d’Ibrahim Kaypakkaya qui a été une source d’inspiration pour nous.
Pour nous, jeunes révolutionnaires, qui ont grandi dans un monde où les Etats socialistes s’étaient effondrés, les avancées du TKP/ML et du TIKKO ont été une lueur dans la nuit de l’Impérialisme et de la réaction.
De la même façon, pour nous jeunes révolutionnaires des pays impérialistes, la camarade Kinem, Barbara Anna Kistler, a été un exemple d’internationalisme vivant.
Aujourd’hui, l’impérialisme français, de concert avec l’Etat turc, sème le chaos au Moyen-Orient, entraînant le départ de centaine de milliers de réfugié-e-s. L’impérialisme français utilise ces réfugié-e-s comme boucs émissaires pour faire oublier sa crise. Nous devons marquer notre solidarité avec ces prolétaires face aux violences de la police française et des milices fascistes
Nous devons également soutenir les prisonnier-e-s politiques turc-que-s, kurdes et alévi-e-s persécuté-e-s par l’Etat français pour le compte de l’Etat turc.
Notre mission historique est d’abattre l’Impérialisme français, ce qui sera le meilleur service à rendre à tous les peuples du monde.
VIVE LE TKP/ML ! VIVE LE TIKKO !
VIVE L’INTERNATIONALISME PROLETARIEN !
VIVE LE COMMUNISME !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Turquie, #Syrie, #kurdistan

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Publié le 30 Novembre 2015

 

La France a été frappée par un acte de guerre de Daech. Les tensions internationales s'expriment vivement autour de la question syrienne. Nous observons d'un oeil positif les initiatives prises actuellement par différentes organisations pour dénoncer l'impérialisme, contre l'intervention militaire française en Syrie et contre la guerre.

 

Aujourd'hui, nous devons lutter contre un certain nombre d'idées fausses qui pénètrent les mobilisations populaires. C'est sur des bases justes et claires que nous devons lutter ensemble.

Historiquement, il existe une quasi unanimité en France pour dénoncer le régime de Bachar Al Assad et soutenir la "révolution syrienne". Nombreuses sont les organisations à avoir déjà réclamé une intervention de la France, mot d'ordre porté par une minorité de la bourgeoisie syrienne cooptée par l'Etat français pour accéder au pouvoir une fois le but de la chute du régime atteint.

Il est urgent de mobiliser contre l'impérialisme français. Nous considérons cet impérialisme comme notre ennemi principal.

 

La guerre civile syrienne

 

Nous n'avons jamais parlé de révolution syrienne. Le faste de la bourgeoisie syrienne et les réformes libérales de Bachar Al Assad ont suscité un mouvement de protestation populaire en 2011. Très vite, les forces progressistes ont été écrasées par le gouvernement.

Le fragile équilibre inter-communautaire a volé en éclat après des mobilisations à base clanique. Divers groupes armés réactionnaires alimentés par les détenus libérés (!) par Bachar Al Assad, assassins de masse, ont mis le pays à feu et à sang. L'armée a répondu en bombardant des villes.

Ce qu'il se passait, c'était une guerre civile.

Au milieu de ce chaos, ll fallait de l'imagination pour voir une révolution. Seul-e-s les militant-e-s kurdes du Parti de la Vie Démocratique (PYD) profitaient de ce que les troupes du régime avaient déserté les trois cantons de Rojava pour y constituer des institutions autonomes regroupant les différentes communautés. Les Forces Démocratique de Syrie qui regroupent les kurdes et leurs alliés des différentes communautés sont confrontées à l'ensemble des milices réactionnaires, allant des débris de l'Armée Syrienne Libre pro-turque à Daesh, qui les haïssent au moins autant qu'elles ne haïssent le régime.

Aujourd'hui, divers groupes tels que Jahbat-al-Nosra, fidèle (ralliée) à Al-Qaida, soutenus par divers pays, s'opposent entre eux, à l'armée du régime (armée arabe syrienne), et à Daech.

 

Nous regardons avec effroi la situation d'aujourd'hui. Nous souffrons avec les civil-e-s syrien-ne-s. C'est près de la moitié de la population qui a dû fuir son pays pour se réfugier à l'étranger et a tout perdu. Avec celles et ceux qui vivent avec la peur des snipers sur place. Avec les minorités qui doivent faire face à des forces qui veulent les exterminer.

Pas de place pour la lutte des classes quand les clans prennent les armes. Pas de place pour la révolution quand l'ordre du jour est l'extermination de telle ou telle minorité religieuse.

 

 

Nous sommes solidaires des progressistes syrien-ne-s qui ont soutenu les réfugié-e-s et les combattant-e-s de Palestine (à qui le régime fait quelques très mauvais coups tordus). Depuis le milieu du vingtième siècle, d'importantes fractions des masses syriennes, issues de diverses classes sociales opprimées par l'impérialisme, se sont mobilisées pour l'unité arabe et ont cherché les voies politiques qui permettaient de résoudre les contradictions inter-communautaires et claniques dans leur société. Le parti Baath syrien, au pouvoir depuis 1968 et qui a pu dans un premier temps susciter des espoirs de transformations sociales, a échoué à apporter les solutions permettant de dépasser ces divisions féodales. Incapables de confiance dans les masses populaires, réprimant toutes les luttes qu'ils/elles ne contrôlaient pas, les dirigeant-e-s baathistes en sont venu-e-s à s'appuyer sur un clanisme et un clientèlisme qu'ils/elles prétendaient combattre, pour se maintenir au pouvoir. Ce sont les limites historiques de la bourgeoisie nationale syrienne.

 

Les kurdes et tous les autres peuples du Rojava ont rejeté son autorité avec raison pour construire un embryon d'Etat plus démocratique, plus proche des droits des femmes et des intérêts des travailleurs/euses.

La question n'est pas de savoir si Bachar Al Assad est un dictateur à l'heure actuelle. Malgré les horreurs qu’ils ont commises et leurs méthodes criminelles, le président Haïtien Martelly, le Turc Erdogan, le président Ivoirien Ouattara ou Sassou-Nguesso au Congo-Brazzaville n’ont jamais été qualifiés de dictateurs par la France.

 

Nous ne prétendons pas décider à la place des peuples de Syrie de ce que doit être le sort de Bachar Al Assad. Ce que nous ne voulons pas, et ce que nous cherchons absolument à éviter est l'internationalisation de la guerre. Nous considérons que c'est aux forces progressistes et révolutionnaires sur place de choisir ce qu'il doit advenir du régime syrien actuel. Notre rôle est de les soutenir dans leurs choix.

En attendant, il y a une résistance progressiste et démocratique visible et active aujourd'hui en Syrie. Nos espoirs se placent vers le peuple Kurde et ses allié-e-s des différentes communautés qui se battent contre Daech et qui rendent coup pour coup. Notre priorité en Syrie doit être de les soutenir. C'est ce que nos militant-e-s tentent de faire dans la mesure de nos maigres moyens. De même, nous essayons de soutenir les réfugié-e-s syrien-ne-s.

 

Ce que nous souhaitons, aux syrien-ne-s, plus que tout, c'est la paix.

Malheureusement cette question n'est plus entre les mains seules du peuple syrien depuis longtemps.

 

La paix en Syrie, en Irak, c'est le retrait total de l'armée française et l'arrêt de toutes agressions à l'encontre de la Syrie par la France

 

La France a des intérêts de longues date en Syrie et au Liban. Si le régime est devenu un ennemi, c'est que la France essayait d'étendre son influence dans la région au delà du Liban et de son alliance stratégique avec Israël. Pour cela, elle a mis la question syrienne à l'ordre du jour dès la reprise de ses discussions stratégiques avec les USA, en 2004, à l'occasion du 60ème anniversaire du débarquement.

Elle s'est préparée pas à pas à mettre le pied en Syrie avec l'accord de ses alliés. Elle a coopté une opposition syrienne, puis armé divers groupes armés réactionnaires qu'elle soutient encore aujourd'hui. Elle a demandé de façon insistante une intervention en 2013.

Elle a l'habitude de semer le chaos et de faire éclater les tensions inter-communautaires au Moyen Orient. C'est la France qui est à l'origine de la séparation du Liban sur une base confessionnelle instable qui a mené aux guerres civiles et parfois génocidaires dans ce pays.

C'est notamment la France qui a appuyé l'annulation au début des années 1920 du traîté de Sèvres qui prévoyait la création d'un état Kurde, dont le territoire a été partagé en quatre entre la Turquie kémaliste et les puissances colonialistes occidentales, rendant les kurdes minoritaires partout sur leur propre terre.

La France a soutenu la création d'Israël, partageant le territoire palestinien. Elle a toujours soutenu les pétro-monarchies, les Etats de la "réaction arabe" (Jordanie, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Bahreïn), alignés sur l'impérialisme. La France de François Hollande arme l'Arabie Saoudite et l'Egypte qui mènent la guerre et le chaos au Yemen contre la communauté chiite (Houthis). La France avec d'autres impérialistes a tracé des frontières à sa guise dans la région. Ce sont ces mêmes frontières que les peuples arabes et kurdes veulent désormais abolir.

 

Nous regardons avec effroi ce à quoi notre état a largement contribué.

 

La France n’a pas intérêt à résoudre quoi que ce soit en Syrie. Si elle pensait à l’intérêt de ces peuples, elle exigerait un corridor humanitaire pour que les révolutionnaires du Rojava puissent circuler librement en Turquie (pour que les militant-e-s présent-e-s en Turquie puissent rejoindre les cantons de Rojava), pour que des aides (médicaments, matériel de reconstruction) puissent arriver sur ce territoire qui résiste à Daech. Au lieu de ça, la France déroule le tapis rouge à Erdogan qui fait tout en Turquie pour faciliter les trajets meurtriers de Daech et établir un blocus autour du Rojava. Exigeons de la Turquie qu'elle arrête toute agression contre la Syrie et contre le Rojava et les kurdes.

 

Soyons vigilant-e-s face à la montée des tensions inter-impérialistes

 

Ce qui arrive aujourd'hui, c'est le bout de la stratégie de déstabilisation de la Syrie par la France dans une période où la crise du capitalisme exacerbe les tensions internationales. De l'Ukraine à la Syrie en passant par le Yémen, nombreux sont les lieux où les tensions entre états impérialistes risquent de se transformer en guerres ouvertes.

 

La crise nous mène à des heures de plus en plus sombres. L'économie étouffe, la production ne trouve pas de débouchés, la spéculation qui permet de faire circuler les capitaux (sur le bâtiment puis sur le pétrole puis sur le solaire) ne suffit plus à maintenir l'illusion, la crédibilité des banques est ruinée et celle des états au bord de la banqueroute.

 

Pour remédier à la crise, les USA se sont lancés à la conquête des puits de pétrole irakiens et se sont embourbés jusqu'à abandonner les fantoches corrompus et féodaux qu'ils avaient mis en place pour les laisser se faire balayer par une organisation réactionnaire et génocidaire qui a conquis du terrain et pris toutes les prérogatives d'un Etat : Daech.

L'Etat Islamique expansionniste dispute la Syrie à la France, met en danger l'Iran et les chiites. Il contrôle désormais une large part du marché pétrolier en Syrie, qui constituerait un quart de ses revenus. La Turquie veut se tailler une part du gâteau et est à l'offensive contre les kurdes et Bachar Al Assad. Elle profite de cette manne financière en laissant Daech écouler ses stocks en Turquie. Elle soutient l'Armée Syrienne Libre (ASL) contre la Russie. L'ASL aussi se bat pour le contrôle des puits pétroliers et surtout le contrôle de l'acheminement des productions irakienne et iranienne. Elle aussi veut sa part du gâteau pour elle même, et pour l'Etat turc qui la finance, l'arme et ouvre même des bureaux de recrutement pour renforcer ses troupes. Ce n'est pas la démocratie qui la motive, mais l'appât du gain.

La crise n'a jamais été aussi forte mais ce qui marche bien en ce moment, ce sont les industries de l'armement, l'aéronautique.

Il y a des années que les tensions n'ont pas été aussi vives entre pays impérialistes. Les aviations, les groupes armés locaux et parfois les troupes au sol des divers états impérialistes sont sur place et ne sont pas dans le même camp. Peut-être les tensions internationales vont-elles se résorber. Ou peut-être vont elle dégénérer en conflit mondial. Ce monde est une poudrière, il y a plusieurs zones de friction entre impérialismes (Syrie, Ukraine).

Ne restons pas muet-te-s face à cette situation ! Si nous voulons la paix, nous devons nous battre contre notre propre impérialisme et sa politique guerrière !

 

Et la Russie, la Chine et l'Iran ?

 

Il est de bon ton aujourd'hui d'attaquer politiquement les concurrents de la France et de ses alliés en Syrie. De nombreuses organisations dénoncent en coeur avec l'état français l'ingérence de ces pays. Mais pour nous cette ingérence n'est pas pire que celle de la France.

Pour nous, la  politique de la Russie, de la Chine et de l'Iran n'est que la démonstration des conflits inter-impérialistes. La Russie, la Chine et l'Iran soutiennent Bachar Al Assad, et n'ont pas intérêt à voir sa chute. Ils ont encore moins intérêt à voir les positions françaises ou américaines se renforcer dans la région. Leurs intérêts sont donc contraires avec ceux de la France. Ces contradictions, une fois aiguisées à l'extrême peuvent mener à la guerre, or c'est la guerre que nous voulons éviter! Nous n'avons rien à gagner en tant que peuple dans la guerre entre impérialistes. C'est leur guerre, mais ce sera nos morts !

Alimenter les velléités guerrières de la France contre les autres pays, c'est pousser la France à la guerre, c'est encourager notre bourgeoisie à marcher sur les peuples.

Dans cette configuration, le chaos pourrait mener à de nouveaux génocides, comme ceux dont l'impérialisme français est déjà été complice partout où ça favorisait son business, même au profit de centaines de milliers de morts, hommes, femmes et enfants.

Dans cette configuration de guerre, la France mène une politique de plus en plus antagonique à celle de la Russie et de l'Iran. La France était avec Israël la puissance la plus réticente à un accord avec l'Iran. Les médias français présentent les Russes et les chiites comme les seuls expansionnistes. Ils présentent le Hezbollah chiite libanais comme une force étrangère au conflit syrien, téléguidée depuis l'Iran.  C'est pourtant sur les chiites irakiens que les impérialistes US se sont appuyés pour constituer leurs autorités d'occupation.

 

Avant de nous préoccuper des politiques russes et iraniennes, occupons nous de l'ennemi sur lequel nous avons le plus de prise : notre propre impérialisme.

 

A bas l’impérialisme Français !

 

Nous devons nous rendre compte du rôle joué par notre pays dans l’échiquier politique mondial et combien il concourt depuis des années à l'aggravation des tensions dans la région de façon volontaire.

 

Le gouvernement nous promet que l'armée et ses opérations militaires nous apporteront la sécurité face au risque d'attentats. Nos vies ne valent pas plus que celles des autres prolétaires et des autres peuples du monde. Notre sécurité n'a pas à être une priorité par rapport à celle des civils syrien-ne-s, irakien-ne-s et nos bombes ne leur apportent aucune perspective à part la fuite ou la mort.

 

Notre sécurité n'est d'ailleurs même pas la priorité pour notre gouvernement. Sa priorité est dans les enjeux stratégiques du conflit syrien et les parts du marché du pétrole irakien et iranien que les capitalistes français veulent. Ce n'est pas pour nous défendre que notre pays bombarde la Syrie et l'Irak, mais pour défendre les capitalistes français et leurs intérêts. Nous n'avons aucun intérêt là dedans.

 

Les attentats de Paris ont été commis par un Etat avec lequel notre pays est en conflit. Nos bombes ne sont pas moins condamnables, meurtrières, barbares que les attentats.

 

La différence, c'est que ce sont nos bombes que nous pouvons arrêter par notre mobilisation contre l'impérialisme français.

 

Ne pas nous laisser museler par l'état d'urgence, persister à lutter au travail, contre les expulsions, contre les violences faites aux femmes est nécessaire. Nous n'avons pas à accepter l'unité nationale au nom de laquelle nous serions tenu-e-s d'arrêter nos grèves et nos manifestations. Celles et ceux qui nous exploitent, celles et ceux qui nous licencient, nous expulsent de nos logements, dans lesquels ils et elles nous entassent, deviendraient-ils soudain nos alliés ? Pouvons nous compter sur eux pour nous protéger ? De quoi ?

 

Nous ne pouvons pas ignorer la situation internationale et que des bombes tombent en notre nom sur la Syrie et l'Irak. Nous ne pouvons pas ne pas porter la revendication de l'arrêt des bombardements et de la politique agressive à l'encontre de la Syrie de l'Etat français. Ignorer la question anti-impérialiste à l'heure actuelle, c'est cautionner l'agression militaire de la France.

Notre pays joue les va-t-en guerre depuis des années, multiplie les interventions militaires. Il n'apporte que le chaos et la barbarie autour du monde. Les intérêts de l’Impérialisme Français et de ses grands groupes ne sont pas ceux des travailleuses et travailleuses de France, encore moins ceux de la classe ouvrière mondiale.

 

Sommes nous de son côté, ou du côté des peuples du monde qui souffrent par sa faute ?

Nous avons la responsabilité devant tou-te-s celles et ceux qui risquent d'en mourir, de tout perdre, par la faute de la politique étrangère de la France. Refusons qu'elle continue à agir de la sorte. Refusons les frappes aériennes. Exigeons l'arrêt du financement de groupes armés réactionnaires. Protestons lorsqu'on nous annonce l'envoi d'un porte avion, dans une toute petite mer Méditerranée.

 

De Madagascar à Paris, de Haïti à la Syrie, dans toute l’Afrique, nous soutiendrons toutes les initiatives progressistes qui affrontent l’Impérialisme Français, parce qu’il faudra beaucoup de luttes pour faire tomber l'une des plus agressives des puissances mondiales. Mais c'est une puissance en déclin, et coup après coup, nous participons à l'affaiblir.

 

Notre premier ennemi, cest notre impérialisme !

Non à l'intervention en Syrie !

Arrêt des bombardements, retrait des armées impérialistes !

Soutien à la résistance kurde et ses allié-e-s !

 

 Contre les faux amis de la Classe ouvrière, démasquons les vrais alliés de l'impérialisme

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #Syrie, #irak, #kurdistan, #Turquie, #Répression, #Paris

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