Publié le 27 Mars 2016

PLUS QUE JAMAIS AUX COTES DU PEUPLE KURDE !
 
Le 13 mars dernier, un attentat à la voiture piégée a explosé contre un bus à Ankara. Cet attentat a tué 35 personnes et en a blessé 120. Principalement des civil-e-s. Le gouvernement turc comme d’habitude a accusé le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Il a finalement été revendiqué par les Faucons de Libération du Kurdistan (TAK) qui se présente comme une scission du PKK, née de l’échec du processus de paix et de la répression toujours plus sauvage de l’Etat turc contre les populations civiles kurdes. Les TAK ont expliqué que l’objectif de l’attentat était militaire, que les civil-e-s avait été tué-e-s par erreur et a présenté ses excuses aux familles des victimes  Cette action a été condamnée tant par le PKK que par le Parti Démocratique des Peuples (HDP) que le gouvernement turc présente comme la « vitrine légale du PKK ». En même temps, le gouvernement turc qui considère les Faucons de Libération comme un « prête-nom » du PKK a pris prétexte de l’attentat pour demander la levée de l’immunité des parlementaire du HDP (qui ont rassemblé 13% des voix aux législative de juin) et intensifier encore sa guerre contre le peuple kurde, en bombardant les forces armées du PKK en Irak et celle du Parti de l’Union Démocratique (PYD) en Syrie. Dans ce contexte, l’OC-FR continue à soutenir les forces progressistes kurdes et turques. Il est important de mobiliser et d’exprimer collectivement notre solidarité avec les peuples en luttes. L’OC-FR dénonce aussi le rôle de l’État Français, complice actif de l’État turc, et qui prépare l’opinion a de nouvelles offensives militaires.
Dès que la nouvelle de l’attentat a été connue, et avant même qu’il ait été revendiqué, toutes sortes d’ « experts » et d’ « universitaires » amis du régime turc sont venus vomir leur propagande sur les chaînes française d’« informations » en continu : « Le PKK qui a décidé de lancer une guerre contre la Turquie» (sic), « Le PKK, c’est Pol Pot au stade d’avant » (re-sic), « Le PKK organisation terroriste crypto-marxiste et totalitaire » (re-re-sic). Tout ça est bien dans la ligne de l’Etat français, dont le ministère des affaires étrangères à déclaré  "La position de la France est claire et constante: le PKK est un groupe inscrit sur la liste des organisations terroristes établie par l'Union européenne. Les raisons qui ont présidé à son inscription restent pleinement valables"
Cette inscription sur la liste des organisations terroristes est une épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête de nos camarades kurdes qui peuvent en permanence être incarcéré-e-s pour leur engagement politique. L’OC-FR milite pour le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’UE. Les militant-e-s kurdes en France sont en permanence les otages de l’évolution des relations des Etats turc et français. Cette ambiguïté peut entraîner des situations absurdes. Quand un membre des services secrets turcs a assassiné trois militantes kurdes en plein Paris dans la nuit du 9 au 10 juillet 2013, François Hollande a annoncé qu’il avait personnellement rencontré l’une des victimes, l’activiste des droits humains Fidan Dogan, au Parlement européen. Le premier ministre turc (devenu aujourd’hui président) Erdogan a ainsi pu s’indigner sans honte que le président d’un pays ami  s’entretienne avec une « terroriste », sans que personne ne lui fasse remarquer que ses mains étaient encore rouges du sang de nos camarades.
Depuis 2011 l’Etat français et l’Etat turc ont collaboré étroitement pour déstabiliser l’Etat syrien, finançant, armant et entraînant les combattant-e-s de l’ « Armée syrienne libre », de Jahbat el Nosra, de Daesh et d’autres milices sectaristes et ethnicistes, sans trop s’occuper de qui était qui (de toute façon les idéologies de ces groupes sont poreuses et leurs allégeances fluctuantes). En contribuant à détruire la Syrie, ces Etats ont contribué à créer des millions de réfugié-e-s. Aujourd’hui, l’Union Européenne paie l’Etat turc a créer de vastes camps où les migrant-e-s sont retenu-e-s dans des conditions inhumaines, et l’Etat turc utilise cyniquement ces migrant-e-s comme une monnaie d’échange dans ses négociations avec l’Union Européenne. L’OC-FR exprime tout son soutien aux réfugié-e-s et revendique la liberté de circuler. 
Une criminalisation accrue des militant-e-s kurdes en Europe est une des conditions que pose Erdogan qui a déclaré lors de ses négociations avec l’UE  : « Une nouvelle fois, j'en appelle aux pays qui soutiennent directement ou indirectement les organisations terroristes : vous nourrissez une vipère en votre sein», son ministre de la justice déclarant pour sa part : "Nous recevons des messages de condoléances, mais il n'y a pas d'opération contre ceux qui mènent ces attaques.". Les victimes de Daesh au quatre coins du monde apprécieront les cyniques leçons d’anti-terrorisme d’Erdogan.
Qui sont les terroristes ?
Le PKK a rejeté en 1991 tout acte de violence contre des civil-e-e et s’y est tenu depuis 25 ans. C’est une question de morale révolutionnaire et de stratégie : l’Anatolie  est un territoire où s’entremêlent étroitement les populations turques, kurdes, arméniennes et alévies (même si les Alévi-e-s sont souvent nié-e-s en tant que peuple et réduit à une identité purement religieuse) et beaucoup d’autres minorités nationales. L’Etat turc est l’ennemi commun des prolétaires turc-que-s, du peuple kurde et des autres peuples dominés d’Anatolie. La violence doit donc viser à détacher les prolétaires turc-que-s de leur Etat et être uniquement dirigée contre les ennemis communs des peuples d’Anatolie : l’Etat turc, sa police et son armée. C’est cette stratégie qui a permis la solidarité des révolutionnaires de Turquie et du Kurdistan. Le combat des Kurdes de Syrie contre Daesh soutenu par de nombreux/se-s révolutionnaires de Turquie a encore renforcé cette solidarité combattante. L’annonce le 12 mars de la création d’un Mouvement Révolutionnaire Uni des Peuples, unissant les forces militaires du PKK a celles de neuf organisations révolutionnaires de Turquie (notamment le TKP/ML et le MLKP) pour combattre ensemble le régime turc est une avancée importante dans ce sens.
Depuis plus de 15 ans, le PKK tente désespérément d’engager un processus de paix avec l’Etat tur Pour les populations du Kurdistan de Turquie, il est chaque jour plus évident que ce processus est un échec et qu’il n’y a pas d’interlocuteur du côté turc. L’attentat-suicide du 13 mars, revendiqué par les TAK fait suite à une série d’attentats massacres dirigés contre la gauche kurde, attribués à Daesh et où la complicité (au bas mot) de l’Etat semble évidente : Diyarbakir 05/06/2015 (130 blessé-e-s), Suruç 20/07/2015 (32 mort-e-s), Ankara 10/10/2015 (102 mort-e-s). Il fait surtout suite à la guerre que l’armée et la police turque mène contre le peuple kurde depuis le 16 juillet, sous le nom d’état d’urgence et qui a déjà fait plusieurs centaines de mort-e-s. Chaque semaines nous apprenons de nouvelles horreurs attestées par des photos et des vidéos . Snipers tirant à l’aveuglette sur des civil-e-s. Familles empêchées des jours durant d’enterrer leurs mort-e-s. Cadavres de femmes militantes mutilés, dénudés et exposés dans la rue. Bombardement de villes hostiles à l’Etat, avec de forts soupçons d’utilisation d’armes chimiques à Cizre et Yüksekova. Le 23 janvier à Cizre, au moins 30 personnes (probablement beaucoup plus) qui s’étaient réfugié dans les sous-sols des immeubles pour fuir les bombardements, ont été brûlées vives par la police. 
De tout cela, les médias bourgeois de France ne parlent pas et consacrent leurs seuls reportages aux attentats qui tuent des turc-que-s et des touristes à Ankara et Istanbul. Les mort-e-s kurdes n’ont pas la même valeur. C’est pourtant le véritable visage de la République turque, amie de l’Etat français, amie des entreprises française (comme Areva dont les centrales nucléaires contribuent à la destruction de l’écosystème des provinces kurdes), membre de l’OTAN qui frappe à la porte de l’Union Européenne. L’amie des miliciens de Daesh qu’elle a armé et financé, et qu’elle continue à soutenir en bombardant les kurdes de Syrie qui les combattent. C’est le véritable visage du président turc Erdogan, l’ennemi des Kurdes, des Alévi-e-s et des Arménien-ne-s, l’ennemi des prolétaires, des syndicalistes, des progressistes et des communistes, l’ennemi des femmes et des personnes LGBTI, l’ennemi des migrant-e-s qu’il parque pour le compte de l’Union Européenne, l’ennemi de la nature et de la biodiversité qu’il détruit pour le profit maximum de ses ami-e-s les patron-ne-s.
Erdogan explique au monde que si l’armée russe exclue les « terroristes » de Daesh et al-Nosra du cessez-le-feu en Syrie, il a bien le droit de continuer à bombarder les « terroristes » kurdes de Syrie, lié-e-s au PKK. Les impérialistes, Etat français et USA en tête, interdisent aux kurdes de Syrie de participer à la conférence de Genève sur l’avenir de la Syrie. Mais les peuples du monde ont la mémoire longue : ils savent que la résistance kurde en Syrie a mérité la reconnaissance de l’humanité en sauvant les yézidi-e-s menacées d’extermination et en infligeant les première défaites à Daech, dans la ville de Kobâné et ailleurs. Ce souvenir, la propagande de l’Etat turc et de ses alliés impérialistes ne l’effacera jamais de nos coeurs. Le peuple kurde est l’ami de tous les peuples du monde. 
RETRAIT DU PKK DE LA LISTE DES ORGANISATIONS TERRORISTES DE L’UNION EUROPÉENNE !
RECONNAISSANCE DE LA RESISTANCE KURDE COMME ACTEUR INCONTOURNABLE DE L’AVENIR DE LA SYRIE !
HALTE AU TERRORISME D’ETAT AU KURDISTAN DE TURQUIE !
HALTE AUX BOMBARDEMENTS TURCS EN SYRIE ET EN IRAK !
ERDOGAN TERRORISTE, HOLLANDE COMPLICE !
 
Plus que jamais aux côtés du peuple kurde

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Anti-impérialisme, #International, #Syrie, #Turquie

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Publié le 23 Mars 2016

Loi-Travail et Code du Travail : plus d'un siècle de rapport de force


Après une série de mesures en faveur du patronat depuis l'ANI en 2013, la loi travail est un nouveau palier franchi par le gouvernement « socialiste » pour saboter les droits des travailleuses et travailleurs obtenues par plus d’un siècle de lutte. 

La loi Travail est peut-être l'attaque la plus franche, mais les précédentes ont permis de préparer le terrain au gouvernement pour casser définitivement le cadre national mis en place par le code du travail, et remettre législativement en cause le principe de l'égalité devant la loi, acquis en 1910 par les luttes syndicales. 
Cette réforme c'est peut-être la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Pour l'OC-FR, nous devons mettre nos forces dans cette lutte, soutenir les syndicalistes combattifs et combattives, isoler les conciliateurs/trices, et porter la revendication de retrait total de la loi sans négociation.
 
Cette loi répond à une vieille revendication du CNPF (ancêtre du Medef). Son objectif premier est de briser les conventions collectives et nationales, pour permettre aux patron-ne-s de négocier entreprises par entreprises les conditions de travail, et d'isoler les travailleurs/euses et les syndicalistes face aux patron/nes. Ce sont les accords d'entreprises qui pour 5 ans détermineront le temps de travail. Les règles ne seront plus nationales, mais décidées par le/la patron-ne.
Les conséquences seront immédiates. Dans les entreprises où les syndicats sont très faibles, voir inexistants, et où les travailleurs-euses n’ont pas les moyens de combattre leur patron-ne, les conditions de travail vont se dégrader largement et entraîner vers le bas celles de toutes et tous.  
La concurrence à tous les niveaux, entre travailleurs/euses, entre salarié-e-s de différentes entreprises, et leurs isolement, va se développer. Sans la lutte et la solidarité, on ne pourra plus dire non aux conditions posées par les patron-ne-s pour un emploi, tandis que l'opacité dans les entreprises augmentera. Sans la mobilisation collective, les pouvoirs du patron-ne-s sont systématiquement renforcés dans les négociations. Nier ce fait, c'est nier la relation de subordination entre l'employeur et l'employé-e, c'est nier la lutte des classes. Le code du travail était justement écrit pour tenter de limiter les pouvoirs du patronat dans l'entreprise, ce que la réforme tente de gommer.
 
Le gouvernement prétend que ces mesures visent à soutenir l'activité des PME et TPE pour embaucher en CDI. En réalité, ces mesures sont des cadeaux aux grands groupes industriels qui y voient une opportunité nouvelle pour développer la sous-traitance.
En externalisant au maximum la production, ces groupes industriels peuvent réduire leur masse salariale, accroitre leur profits, et imposer plus facilement aux ouvriers-ères leurs conditions de travail, en invoquant la concurrence, et sous la menace du travail sous-traité, le/la salarié-e n'étant qu'une variable d'ajustement. 

 

Les syndicats doivent établir le rapport de force et organiser la lutte !
 

Le syndicalisme est traversé de fortes contradictions. Des sections syndicales ouvrières comme celle des Goodyear, de cheminots, des unions locales comme dans le nord sont à la pointe de la lutte et ont appuyé le mot d'ordre de grève générale. Certaines se sont opposées ouvertement à la direction de la CGT et ont dénoncé son attentisme et la faiblesse de ses réponses à l'offensive du gouvernement.

Entre un syndicalisme intégré à l'appareil d'état, dont les représentant-e-s sont payé-e-s par des subventions étatiques et un syndicalisme de lutte de classe à la base, c'est le jour et la nuit. Réunions dans les bureaux cossus, adresse polie au gouvernement contre manifestations, grèves, blocages. Cela reflète la défense d'intérêt divers.


Nous trouvons très positif que des forces se redéveloppent et se pérennisent dans la jeunesse. Nous assistons à un renouveau des luttes lycéennes et étudiantes qui ne doit rien au hasard ni aux organisations syndicales et politiques jaunes comme l’Unef et les MJS. Ces jeunes en formation ont connu par eux-mêmes ou dans leur entourage l’expérience de la précarité. Ils/elles sont conscient-e-s que le gouvernement travaillent pour les intérêts de la bourgeoisie et au nom de ces intérêts-là les contraints à la précarité, à la soumission au travail et restreint drastiquement leur chance de pouvoir construire une vie stable à laquelle ils/elles aspirent, suivant leurs choix personnels et leurs initiatives.

 Renforcer nos organisations de classe en prévision des futures batailles


Nous étions septiques sur la possibilité d'une grève interprofessionnelle le 9 mars et constatons le travail qu'il y a à réaliser pour rendre concret un tel mot d'ordre. Il faut que les forces du prolétariat déterminées à la lutte réussissent à entrainer leurs syndicats et avec eux la majorité des travailleurs/euses. 

La CFDT restant hors mouvement, une partie des travailleurs et travailleuses syndiqué-e-s ou travaillant dans des boîtes où la CFDT est forte ne sont pas mobilisé-e-s. De plus, nous constatons toujours une faiblesse des organisations syndicales en général dans la classe ouvrière. Cette faiblesse a été accentuée par les réformes internes à la CGT dont la direction a attaqué le financement des unions locales ces dernières années. C’est pourtant dans ces unions locales que les travailleurs/euses des différents secteurs peuvent échanger, se rassembler, se constituer en force contre leurs patron-ne-s qui les exploitent.

Une grève générale est sensée désorganiser la production. Cela demande que de nombreux travailleurs et travailleuses cessent le travail. Cela demande qu'ils et elles soient informé-e-s de la réforme, des grèves, qu'ils et elles aient des espaces de discussion. Cela demande une organisation solide et une solidarité infaillible entre tous les secteurs afin de permettre aux grévistes de tenir l’effort de grève.

Nous considérons qu'abattre la réforme du code du travail et renforcer les organisations qui nous permettront de renforcer le mouvement et de pérenniser les forces acquises peut se faire du même élan.
Avec les ouvriers et ouvrières, syndicalistes combatifs et combattives, les lycéen-ne-s, les étudiant-e-s, construisons l'unité à la base et dans l'action. Mobilisons autour de nous, dans nos boites, nos écoles, nos quartiers. Manifestons, dotons-nous d’espaces de discussion pour prendre nos décisions, organisons des assemblées générales, votons la grève.

Nous sommes dans une situation économique et politique qui exacerbe les tensions au sein de la société de l'état français. La crise capitaliste fait de notre pays un des plus agressifs militairement au monde. Le gouvernement tente de faire passer des réformes aux conséquences terribles pour les travailleurs et travailleuses. C'est le chômage, la misère, le racisme nauséabond. Sur le territoire de l'état français, pour museler toute opposition à ses campagnes militaires et pouvoir mener à bien sa politique, c'est l'état d'urgence.

Face à l'accroissement des contradictions au sein de la société de l'état français, il est normal que des forces prêtes à se mettre en mouvement se créent. A tous et toutes de faire en sorte de gagner cette bataille et en sortir renforcé-e-s en prévision de batailles de plus en plus importantes.

 

 Guerre, état d'urgence, réformes assassines : assez. Relevons la tête et battons nous !
 Renforçons le mouvement ! Renforçons nos organisations !
Unité à la base et dans l'action !
Non à la loi travail !

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Rédigé par OC Futur Rouge

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Publié le 23 Mars 2016

Non au MCE Deep Water development à Pau !

 

Total reçoit à Pau le sommet des pétroliers offshores du 5 au 7 Avril 2016. Les entreprises Shell, Exxon, Repsol, BP, parmi d’autres, y participeront. Elles discuteront des marchés stratégiques du gaz et du pétrole en eau profonde. 

Ce sont ces entreprises, avec Total, qui s’accaparent les ressources naturelles et les matières premières des peuples pour leurs profits, au mépris de l’environnement qu’ils saccagent, des sols et des océans qu’ils empoisonnent, de la planète qu’ils polluent et des peuples qu’ils exploitent et oppriment.

Le mouvement écologiste appelle à manifester contre ce sommet. En tant qu’anti-impérialistes, l’OC-FR appelle à se mobiliser contre la tenue de ce sommet.

 

 Ne nous laissons pas enfumer !

 

La COP 21 fut une vaste opération d’enfumage du gouvernement. Aujourd’hui, l’impérialisme français et ses concurrents continuent toujours autant à vouloir nous enfumer. Or le système capitaliste ne peut qu’empirer la situation. 

« L’accord de Paris » du 12 décembre 2015 n’a rien changé. Il ne menace aucun intérêt des groupes industriels et des grandes puissances impérialistes. 

Dans un contexte de concurrence inter-impérialiste, les grands groupes pétroliers sont prêts à repousser toutes les limites, en fermant les yeux sur les conséquences, pour engendrer plus de profits. Ils veulent conquérir de nouveaux marchés et accéder à toujours plus de pétrole, malgré la surproduction qui va nous mener à la pénurie. Le marché est par ailleurs déjà largement irrigué : il y a une suroffre et cela s’intensifie.

Jamais les pétroliers ne se mettront d’accord sur autre chose, ils sont en partie responsables de la catastrophe environnementale, et c’est à nous d’en subir les conséquences.

 

Ni oubli ni pardon !

 

Nous n’oublierons jamais la responsabilité des capitalistes. Ils veulent discuter de l’exploration et de l’exploitation du pétrole en eaux profondes, mais nous n’oublions pas la catastrophe de Deep Water Horizon. La compagnie pétrolière BP qui participe à ce sommet est responsable de la marée noire la plus grave de l’histoire. Sa plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique exploitait le puits le plus profond jamais creusé en offshore. En Avril 2010, elle génère une fuite estimée à 4,9 millions de barils, soit 780 millions de litres. L’ampleur des dégâts est incalculable. 50% du pétrole brut serait encore dans l’environnement sous forme de microparticules.

Pourtant ils veulent continuer à forer en mer. C’est le but de ce sommet. 

Les groupes français notamment, qui gèrent déjà des plateformes pétrolières, veulent suivre l’exemple de BP. L’un des premiers actes politiques de Hollande, élu président en 2012, a été de donner des permis d’explorer en eaux profondes à Shell et Total au large de la Guyane, alors même qu’il en avait fait une promesse inverse durant sa campagne électorale, et que les risques écologiques d’une marée noire au large de la Guyane seraient immenses et catastrophiques. Au large de l’Afrique et de l’Antarctique aussi, dans l’Océan Indien, la France a des velléités en haute mer. Rien n’arrête cette soif de profit.

Au sommet de l’état français, Total a donc ses entrées partout. Membre actif de l’Afep, le lobby du Cac 40, les patrons de l’entreprise sont très actifs pour influencer les réformes et la politique économique du gouvernement. 

Avec Total, on se souvient aussi du naufrage de l’Erika en 1999 au large de la Bretagne ou l’explosion en 2001 de l’usine AZF à Toulouse. Et on pardonne rien.

 

Total, ambassadeur de l’impérialisme français

 

Total qui accueille ce sommet est un représentant actif de l’impérialisme français. C’est une « supermajors », c’est à dire l’une des six plus grosses entreprises dans le secteur à l’échelle mondiale, avec notamment Shell et BP. Selon le magazine américain Fortune, elle est l’une des onze plus grandes multinationales. L’entreprise est notamment très présente en Afrique, et de longue date. Ses intérêts y sont immenses et elle y a encore des projets. Comme Areva, elle constitue l’un des piliers de la Françafrique. Elle l’était déjà à l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud, pays avec lequel l’entreprise collabore activement pour détourner l’embargo pétrolier international (décidé par l’ONU en 1977) via des pipe-lines secrets en échange d’uranium pour la centrale du Tricastin, dans le sud de la France. 

Christophe de Margerie, l’ancien président de Total, décédé dans un crash d’avion, était avec Bolloré l’un des leaders de l’impérialisme français en Afrique. Il avait fait de ce continent son terrain de développement principal en cultivant son réseau françafricain et en intervenant directement dans les politiques des états africains. Il était un grand ami des dirigeant-e-s les plus corrompus et avait mis en place un système puant les barbouzes et les services secrets, utilisant les réseaux de la défunte Elf (entreprise à l’origine de la création de Total) pionnière de la Françafrique. C’est lui-même qui affirmait en Mai 2010 en marge d’un sommet France-Afrique : « Total a besoin de l’Afrique », « Total a beaucoup plus d’intérêts en Afrique qu’en France ». 

20% des réserves mondiales d’hydrocarbures se situent en Afrique. Plus de 30% de la production de Total s’y trouve. 10% des effectifs du groupe y travaillent. Total est ainsi devenu la première compagnie pétrolière d’Afrique, présente dans 43 pays du continent où il explore, produit, raffine et distribue. C’est le continent où l’entreprise progresse le plus aujourd’hui et cela malgré la concurrence accrue. 

C’est de façon générale le continent où l’impérialisme français est le plus présent. En 2008, le secrétaire d’état à la coopération français déclarait d’ailleurs : « L’implantation des entreprises françaises en Afrique est une de mes priorités. » « On veut aider les africains, mais il faut que cela nous rapporte ». On ne change pas les bonnes vieilles recettes de l’état capitaliste français.

 

L’impérialiste Clémenceau disait :  « chaque goutte de pétrole est une goutte de sang ». Il savait de quoi il parlait, lui qui en 1918 a défini la politique pétrolière de la France, poursuivi sous De Gaulle qui créera plus tard « Elf Aquitaine » pour assurer les intérêts stratégiques de la France lors de la décolonisation et le maintien de sa domination sous une autre forme, néo coloniale. Il n’est d’ailleurs pas anodin que ce soit cette figure politique qui inspire aujourd’hui Valls et Hollande. 

Pour l’OC-FR, cette phrase, bien que prononcée par un dirigeant de l’impérialisme français, est entièrement juste et toujours autant d’actualité. 

Comme Clémenceau jadis, nos dirigeant-e-s sont aujourd’hui prêts à partir en guerre pour l’or noir. En 2011, à propos de l’intervention en Libye, le ministre des affaires étrangères français (Alain Juppé, aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle) déclarait : « On nous dit que cette intervention coûte cher, mais c’est aussi un investissement pour l’avenir ». 

En septembre 2011, une lettre du Conseil National de Transition Libyen fuite dans la presse, promettant 35% du brut Libyen à la France. Sous Kaddafi, Total exploitait 15% du pétrole Libyen. Comme par hasard, dès mars 2011, Total est l’un des premiers à soutenir les insurgés Libyens, organisant à Benghazi une rencontre avec des représentants de l’entreprise. 

Le pays est désormais plongé dans un chaos total. La France y est toujours en guerre. Et Daesh profite du chaos pour à son tour prendre le contrôle de puits de pétrole. 

 

Les ambitions des pétroliers sont toujours aussi pressantes en Afrique, à la conquête de nouveaux gisements. Au Congo, le Parc National des Virunga, plus ancien parc d’Afrique abrite les derniers 200 gorilles de montagne (menacés d’extinction) et environ 200 000 personnes vivent des ressources du lac et de la pêche artisanale. Les pétroliers font tout pour s’accaparer ce territoire et en expulser les habitant-e-s malgré l’interdiction de la loi congolaise concernant la présence d’industries d’extraction. 

Des explorations sismiques ont été menées sur le lac Edouard en 2014. Pour cela il a fallu emprisonner les pêcheurs qui s’opposent aux multinationales, certains ont même été tués. Tous les coups sont permis, y compris l’usage de milices armées qui attaquent régulièrement le parc. Une très large part (85%) de la réserve pourrait être transformée en concession pétrolière, et Total, comme la compagnie Soco ne perdent pas de vue les Virunga. Vingt-cinq hectares de forêt y disparaissent chaque minute. 

 

Les peuples d’Afrique n’acceptent pas cette main-mise sur leurs ressources. La France, et son fleuron du pétrole Total sont par exemple en conflit avec Madagascar qui reproche le vol des îles éparses (ou îles Malgaches selon la dénomination du droit international) dans l’Océan indien, revendiquées par le pays depuis plus de 30 ans. Le sous-sol y serait riche en hydrocarbures, dans des quantités estimées au moins aussi importantes que les réserves du Qatar ! Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu devant l’ambassade de France. L’OC-FR soutient ces mobilisations du peuple malgache.

 

Il faut dire que Total a déjà causé beaucoup de dommages irréversibles à Madagascar. L’entreprise y exploite aussi des gisements de sables bitumineux, forme semi-solide de pétrole mélangé à de la terre, dont le captage demande énormément d’énergie. Les conséquences environnementales sont dramatiques, avec des impacts sur la biodiversité locale. Les réserves de Tsimiroro, exploitées par Total, sont estimées à 1 milliard de barils de pétrole. Celles de Bemolanga 1,2 milliard de barils. D’autres sites sont explorés. Ces productions raréfient les ressources en eau (il faut six barils d’eau pour produire un baril de pétrole), rejettent massivement du souffre, des métaux lourds, provoquent des pluies acides…

 

En Afrique, il serait impossible de citer tous les crimes de Total, tant ils sont nombreux. En Angola, au Soudan, au Sahara Occidental, au Mali… Partout où le pétrolier passe, il laisse derrière lui une trainée de sang. 

 

Total, à la pointe du crime partout dans le monde

 

Il n’y a pas qu’en Afrique que Total fait couler le sang. En Birmanie par exemple, l’entreprise soutient très activement la junte militaire depuis 1992. La Birmanie est un pays où le régime bouddhiste réprime les minorités nationales et religieuses et fait notamment des Rohingyas des apatrides, les stérilise de force ou encore les soumet en esclavage. L’ONU les reconnait comme « l’une des ethnies les plus persécutées au monde ».

 

Total est le principal investisseur du pays (avec 31,24% du total des investissements). En 2000 l’OIT (Organisation Internationale du Travail) pointait du doigt la pratique du travail forcé, caractérisée comme « une forme contemporaine d’esclavage », y compris dans les structures de Total. L’entreprise n’a même pas nié. Le président de son comité d’éthique déclare en 2001 : « Lorsqu’un cas de travail forcé est porté à notre connaissance, nous nous efforçons d’apporter une compensation ».

En 2012, Total obtient l’acquisition de 40% d’un bloc d’exploration d’hydrocarbures au large du pays. L’aventure en mer continue. Elle continue aussi ailleurs, en Amérique du sud, en mer du Nord, dans l’océan Arctique…

 

Total et ses vallées de la chimie

 

Total a aussi beaucoup investi dans le Béarn et à Pau où se situe une partie de ses activités et où l’industrie chimique est très importante. Les ouvriers-ères du territoire connaissent bien Total. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si c’est cette ville qui reçoit le sommet MCE Deep Water Development. 

 

À Pau, Total a profité de la réforme LRU de 2007, pour investir dans l’université. L’objectif est de profiter à long terme d’une recherche gratuite et subventionnée (par l’état et les frais d’inscription des étudiant-e-s) qui serve ses intérêts. Egalement en vue : la formation de ses cadres à la recherche appliquée aux besoins très spécifiques de l’entreprise, ouvrant ainsi des laboratoires en génie pétrolier, en géosciences, géologie des réservoirs et en ressources fossiles, travaillant sur des enjeux qui ne profitent qu’à Total, sans transparence dans la société. Total participe en revanche activement aux instances décisionnelles de l’université. En plus de tout cela, l’entreprise peut profiter d’une manne inépuisable et à bas coût de stagiaires. Quel beau cadeau que la LRU pour les multinationales !

 

Les militant-e-s de l’OC-FR combattent chaque jour dans les universités les conséquences de la loi LRU. Or à Pau nous observons très concrètement son application, au profit d’un grand groupe monopolistique. Le président de l’université lui-même a déclaré vouloir faire de Pau une« pétro-pôle ». Total a implanté un centre scientifique et technique sur le campus, qui emploie près de 3 000 personnes. 

La « collaboration » avec l’université est tellement poussée, que cette dernière travaille à créer en Côte d’Ivoire une école de génie pétrolier pour le groupe Total. Cette école s’inscrit dans le cadre du développement du groupe pétrolier en Afrique, et est pilotée par l’UFR Sciences et techniques de l’université de Pau. En bref, l’établissement apporte son savoir-faire, sa trésorerie et son crédit à Total pour encore plus de Françafrique. En même temps, l’université espère bien que les perspectives de Total en Afrique de l’Ouest constituent un débouché pour ses futurs cadres, formés à Pau.

Pour l’OC-FR, l’université au service des intérêts privés est inadmissible, et contraire à nos luttes qui défendent recherche et savoirs fondamentaux, populaires, accessibles à tous et toutes. Ceci dit, c’est le lot de la société capitaliste que de reproduire des formations professionnelles au service du patronat et des impérialistes, et c’est ce que nous combattons. Pas seulement dans le Béarn mais partout où les capitalistes nous exploitent. Il n’y a pas qu’à Pau que Total concentre à son service la classe ouvrière ou la recherche. C’est aussi le cas dans la vallée de la chimie au sud de Lyon, dans les raffineries de pétrole, ou encore dans le centre de recherche de Solaize. Partout où Total nous exploite, les travailleurs-euses, et l’environnement, nous nous organiserons pour lutter.

 

Impossible de citer tout les exemples, tant Total intervient dans le monde,

mais c’est un système économique global, celui de l’impérialisme,

que nous souhaitons ici dénoncer. 

 

Pour l’OC-FR, il nous faut combattre les agissements de Total, et en dénoncer les conséquences qui sont un pan de l’impérialisme français que nous combattons

 

Tous et toutes contre le MCE Deep Water development !

Non au MCE Deep Water development à Pau

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #environnement, #Pau, #Impérialisme

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