Publié le 27 Mars 2015

Foyer CARA

« Nous ne vivrons plus comme des rats »

 

Foyer de jeune travailleur historique de la mairie de Saint Ouen d’une capacité de 192 logements, le CARA semblait il y a quelques semaines dans une impasse.

Un projet immobilier aujourd’hui abandonné visait à transformer cette tour de 14 étages en hôtel, bien placé entre la future sortie de la ligne 14 et le siège d’Alsthom. La précédente mairie, front de gauche, avait commencé à coup d’annonces de fermeture à vider la tour, sans penser au relogement des résidents. Lesquels sont privé-e-s de tout accompagnement social. La nouvelle municipalité UDI, bien que le maire soit président du conseil d’administration de l’association gérant le foyer, s’est lavé les mains de ce dossier « de merde ».

Le personnel, devant l’incapacité de continuer à se verser des salaires, s’est mis en grève durant 9 semaines pour obtenir son licenciement et le reclassement de l’un d’entre eux. Durant cette période, la situation s’est largement dégradée au CARA.

 

Le foyer CARA, au lieu d’aider les résidents et résidentes a s’installer en région parisienne, est devenu un facteur d’exclusion pour les jeunes migrant-e-s et les jeunes des quartiers qui y vivent. "Quand on entre au CARA, on ne peut plus en sortir", c'est l'impression partagée par de nombreux et nombreuses résidents.

Les pouvoirs publics ont cherché à ôter toute dignité aux résidents et résidentes du foyer CARA. « Vivre comme des rats », c’est le sort auquel destine la mairie de saint ouen les résident-e-s. Jusqu’à l’incendie fatal qui permette d’expulser la tour qui compte encore plus d'une soixantaine d'habitants et d'habitantes.

Mais cette jeunesse immigrée, cette jeunesse des quartiers, elle n’a pas dit son dernier mot. Laissée à l’abandon, elle crée des solidarités, elle s’organise, elle se reprend en main.

Le personnel a repris le travail et aujourd’hui, résidents, résidentes comme employé-e-s ont l’intention de gérer eux-mêmes le foyer.

Puisque ils et elles ne peuvent pas compter sur l’état, c’est à eux et elles de se prendre en charge, d’organiser la vie au foyer, de payer le salaire du personnel, d’aider les plus précaires, d’assurer la sécurité de tous et toutes au sein du foyer. Les résidents et résidentes ont déjà obtenu par un rassemblement que l’électricité ne soit pas coupé au foyer.

Autogestion, c’est le mot d’ordre juste à l’heure actuelle, jusqu’au relogement de tous ceux et toutes celles qui s’impliqueront dans cette lutte.

Nous ne pouvons que saluer cette perspective, qui permettra de faire vivre un foyer, lieu de réunion pour de nombreux collectifs et organisations progressistes en région parisienne. Nous-mêmes, résident-e-s au foyer, participerons à cette lutte. Nous appelons au soutien, mais comptons avant tout sur les résidents et résidentes et les militant-e-s de quartier populaire pour bâtir l'autogestion au foyer CARA.

 

Seule la lutte paye !

Foyer CARA : "nous ne vivrons plus comme des rats"
Foyer CARA : "nous ne vivrons plus comme des rats"

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #CARA, #Saint-Ouen, #logement

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Publié le 26 Mars 2015

Elections départementales au premier tour : une défaite pour le gouvernement !

 

C’est une claque pour le Parti Socialiste et ses alliés. Et une claque pour la politique du gouvernement. 

Les électeurs et électrices traditionnels de la « gauche » ne sont pas allés voter. Le PS ferait entre 20 et 25% des votants, et arrive loin derrière la droite, alors que le premier Ministre, Manuel Valls, s’était personnellement engagé dans la campagne électorale. Europe Ecologie les verts ne totalisent pas 2%.  La gauche est absente dans plus de 500 cantons au second tour. C’est une véritable déroute pour les partis de gouvernements. 

 

Après l’ANI, la réforme de l’assurance chômage, la loi ferrovière, etc, et maintenant la loi Macron, les classes populaires ont conscience que cette politique ne leur est pas favorable. Ils ont conscience que cette politique s’en prend à leurs intérêts.

 

Pour la gauche non-gouvernementale, les résultats ne sont pas meilleurs. 

Ils n’apparaissent pas comme une force crédible.  Totalement résignés, ils diffusent un climat défaitiste dans les classes populaires, dont elles ne veulent pas. 

Ces organisations n’ont pas mobilisés depuis 2012, malgré les nombreuses attaques incessantes du gouvernements. Aujourd’hui encore, contre la loi Macron, aucune mobilisation d’ampleur n’est prévu.  Dans ce contexte, le Front de Gauche s’écroule et apparaît bien faible. Ce sont des alliés objectifs du Parti Socialiste.

 

De cette défaite, nous ne pouvons que nous en réjouir. 

 

Alors que l’UMP arrive en tête, avec 30%, l’élément principal de cette élection est la poussée du Front National qui continue à grimper à chaqueélections. 

Avec 26%, c’est un résultat historique pour le FN. 

Dans le Var en particulier, il fait plus de 30% dans tous les cantons.  Dans le Vaucluse, le FN se place en tête dans certains cantons devant la Ligue du Sud, proche des identitaires. Orange assiste à une opposition entre Ligue du Sud et FN au second tour… La ville de Le Pontet élit le FN dès le premier tour. Dans les Alpes-Maritimes, le FN s'est allié avec Nissa Rebella, du Bloc Identitaire. Présents au second tour dans la moitié des départements, et avec 6 conseillers départementaux élus dès le premier tour, le FN est le parti qui monte. 

Il faut dire que les médias ont fait campagne pour eux.

Cet élément est inquiétant, car d’élections en élections le FN augmente son nombre de votants. 

Parmi ces votants, beaucoup viennent des classes populaires.  Les classes populaires n’ont aucun intérêt dans le Front National, qui les divise, et détourne leur colère. La politique que le FN veut mener dans les départements est une politique anti-sociale, et place la chasse aux allocataires du RSA en tête de leurs priorités. La seule aide sociale que le FN veut maintenir est le minimum vieillesse.  Surtout, le FN veut mettre en place au niveau des départements la préférence nationale et locale, dans l’attribution de ces aides sociales. Cette mesure est raciste et xénophobe. Enfin, le FN au pouvoir c’est la rigueur et l’austérité, avec la fin des services publics de proximité, des transports scolaires, du bas coûts des cantines dans les collèges, et la fin des repas sans porc.  Le FN au pouvoir, c’est une politique raciste et islamophobe décomplexé et sans tabou.

Certes, le FN reste un Parti bourgeois comme les autres, tous les partis bourgeois agissent à l’encontre des classes populaires et sont islamophobes et racistes. L’alternance entre UMP et PS n’apparaît plus comme une perspective mobilisatrice et il sert de troisième option permettant de continuer à faire jouer l’illusion d’une alternance possible à travers les élections.

Cependant, que le nombre de votants FN augmente est le signe que face à cette situation de crise du capitalisme, une partie grandissante des classes populaires choisit de se tourner vers un Parti qui appelle clairement à la répression d’une partie immigrée ou d’origine immigrée d’entre elles. Qu’une partie grandissante des classes populaires choisit clairement d’assumer de faire front avec la bourgeoisie impérialiste française pour écraser une large partie des classes populaires.

 

La gauche appelle à un « Front Républicain ». Un concept idéaliste qui ne veut pas dire grand chose. Etant donné la politique raciste, islamophobe et sécuritaire portée par le gouvernement, se positionner comme rempart contre un danger raciste et sécuritaire, ça ne marche plus. Pour nous, il n’y a aucun choix possible entre tous ces partis bourgeois, qui alternent la gestion au pouvoir.  Ils sont tous responsables de la situation. Tous sont des partis capitalistes, aucun ne représentent la classe ouvrière.

 

Si nos militant-e-s ne votent pas aux élections, nous ne donnons pas de consigne de vote.  Pour nous l’abstention est le meilleur choix, mais nous ne nous focalisons pas sur les élections bourgeoises.  C’est la lutte qui nous intéresse. Et la seule consigne que nous pourrions donner est de s’organiser pour lutter contre la politique du gouvernement, et pour donner le pouvoir à la classe ouvrière !

 

De toute façon, vu l’éparpillement des révolutionnaires, nous n’avons pas les forces de mener une campagne de boycott.  Cette abstention nous paraît saine, et reflète une colère des classes populaires. Mais elle n’est pas organisé, et ne peut donc pas aboutir politiquement. 

 

Pour nous révolutionnaires, il est temps de transformer cette colère en force révolutionnaire, et de s’organiser. Cette conscience que rien ne va, doit s’élever qualitativement, et devenir une conscience révolutionnaire.

Pour sortir de cette situation, la seule solution et réponse possible, est donc de s’organiser entre révolutionnaires dans un parti révolutionnaire. 

 

Pas de Front républicain, seule la lutte paye !

La seule solution : la révolution !

 

Elections départementales au premier tour : une défaite pour le gouvernement

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #élections

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Publié le 20 Mars 2015

Deux créations qui projettent un peu de lumière sur un angle mort de la société française : l’exploitation du travail de l’étudiant-e chercheur/euse par les directeur/trice-s de recherche et l’institution ; le mépris de ce travail car il n’est pas l’œuvre d’un pair.
L’étudiant-e chercheur/euse est soumis-e à l’arbitraire discrétionnaire de son/sa directeur/trice de recherche qui lui fait miroiter des perspectives ambitieuses avant de l’exclure (ou de le laisser exclure) impitoyablement du système universitaire.
L’étudiant-e chercheur/euse exclu-e se trouve confronté-e à un mur de silence : l’institution exclut, mais elle ne dit jamais pourquoi.

17 h - Pour des Figues de Barbarie

Un film de Hind Dadssi

Mon père ne travaille plus depuis que j’ai 7 ans.

Marocain venu en France pour ses études, il passe en 1988 un Doctorat D’Etat ès Sciences en Biochimie à l’Université Lyon 1. Tout s’arrête ou tout commence là. J’ai assisté à sa transformation, résultat de la violence qui lui a été faite, à lui, et à toute la famille. Son histoire c’est aussi celle que nous portons tous comme un échec amer. Il fallait cadre après cadre, donner une profondeur à la réalité humaine qui pourrit derrière le mot "chômage longue durée".

En présence de la réalisatrice

 


 

18h30 - L’Arrivée de l’Apothicaire

Une saynète de Sophie Perrin

C’est l’histoire d’un gros chat qui rentre tranquillou chez lui : c’est le chat du labo, sis à Lyon 2 Bron, quelque part entre l’autoroute, le parc, et le centre commercial.

Le gros chat - la panthère - revient de Sibérie, avec un trophée en cadeau pour son humain associé : l’apothicaire. Mais une mystérieuse odeur plane sur la ville, sur sa banlieue, sur l’ensemble des lieux...que s’est-il passé ?

Cette histoire, c’est peut-être comme un putain de scénario pourri qui se multiplie, se diffracte, se réfracte, se reproduit à l’infini : fractale, on la retrouve partout, en France, aujourd’hui. Il fallait la condenser, la rassembler en une saynète. Pour la raconter. La montrer, peut-être. L’expliciter.

En présence de l’auteure

19H - Discussion libre, collective et autogérée

A partir du film et de la saynète…et de ce qu’ils vous donneront envie de mettre en discussion autour du thème de la soirée.

 

 

20H – Dans la maison des hommes, récit modeste des aventures d’un garçon perdu en territoire scolaire

par Ashraf, suivi de chants et poèmes (open mic’ ouvert à tou.te.s !)

Glou-glou et miam-miam (végétarien) sur place

Affiches de Duck et d’Ashraf en vente

PAF libre en soutien à Sophie Perrin

Sophie Perrin a réalisé, dans le cadre d’une reprise d’études en tant que salariée, une recherche de master (DEA) sur l’inceste en partant du point de vue des victimes. Malgré des résultats prometteurs et ce, sur un sujet très mal connu alors qu’il concerne 2 millions de personnes victimes directes de tels actes en France, elle n’a pu accéder au doctorat…en lieu et place, elle a été traînée en justice par l’université Lyon 2 où elle avait repris ses études, pour avoir mené une protestation pacifique contre son éviction.
Les fonds récoltés serviront à payer une partie de ses frais de justice, qui se montent aujourd’hui à plus de 2000 euros.


Cette soirée, placée sous le signe de la lutte contre toutes les dominations, est aussi dédicacée à Lucie, violée par un fasciste, qui a besoin de l’affirmation publique de notre solidarité militante.

 

 

Arts les murs présentent... "Violence ordinaire de l’université contemporaine"

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #lyon, #Féminisme, #Université

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Publié le 7 Mars 2015

Solidarité avec la lutte contre le barrage de Sivens !

 
Un mort ne suffit pas à l'Etat Français. La police et les gendarmes mobiles ont évacué la ZAD de Sivens, aidé des milices de la FNSEA, qui représentent les intérêts des gros exploitants agricoles.
C'est une provocation de plus !
Rappelons que la construction d'un barrage à Sivens vise à retenir 1,5 million de mètre cube d'eau sur 42 hectares, au prix de 8,49 millions d'euros hors taxe, et 300 000 euros de gestion annuelle.
Ce projet profitera aux riches exploitants de masse, mais pas aux petits paysans locaux, qui s'y opposent, et qui se retrouveraient étouffés par la concurrence. Seuls une quarantaine d'exploitation, essentiellement de Maïs en profiteraient. C'est un cadeau coûteux pour la population et qui ne rend service qu'aux patrons !
Nous nous opposons à ce projet. Des militant-e-s anti-capitalistes avaient décidés de lutter contre la construction de ce barrage, et comme à Notre Dame des Landes, ils/elles ont installés une ZAD sur place et occupent le terrain. L'un d'entre eux : Rémi Fraisse, a payé cette résistance de sa vie, assassiné par l'Etat Français.
A l'issue d'une stratégie de tension, ils et elles se font expulser par la force, et sont réprimé-e-s violemment. 21 ont été arrêtés. 
La police et les gendarmes se font largement aider par leurs complices de la FNSEA qui mènent des agressions physiques sur la ZAD et autour, et menacent de mort ceux/celles qui résistent. 
Leurs militant-e-s sont venus en masse pour participer à l'expulsion, en tout impunité, et ont entièrement bloqué la zone, coupant les zadistes de leurs soutiens extérieurs et empêchant tout convoi alimentaire. Ces commandos armés ont totalement saccagés les campements de la ZAD. Plusieurs zadistes se sont fait gravement tabasser, parfois avec l'intention de tuer. 
Après la mort de Rémi Fraisse, laisser la FNSEA faire "le sale boulot" est le moyen de ne pas se mouiller, mais c'est bien le rôle de supplétif de l'état français que joue la FNSEA. Rien d'étonnant à cette convergence entre riches exploitants agricoles et un état au service des capitalistes.
 
Solidarité avec les zadistes !
A bas la FNSEA et la répression !
Une attaque contre un.e seul.e est une attaque contre tous/tes !
Non au barrage !
Solidarité avec la lutte contre le barrage de Sivens

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #environnement, #Répression

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