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Publié le 21 Août 2016

Expulsions fin Juillet : CARA, roms, migrant-e-s, solidarité !

 

Le 28 Juillet, 292 personnes ont été évacuées d'un squat dans lequel nous étions présent-e-s depuis 2 ans et demi à Saint Ouen, le foyer CARA, par une armada de CRS (30 camions présent-e-s).

 

Depuis la venue du DAL au mois de septembre 2015, les habitant-e-s du foyer CARA vivaient dans l'isolement vis à vis des militant-e-s ayant participé ou soutenu cette occupation.

 

Pourtant, le foyer CARA a été un lieu où des dizaines de réunions de diverses organisations politiques, féministes, communistes, se sont tenues. Cette tour, construite par l'architecte Chemetov, était symoblique de la « banlieue rouge », populaire, ouvrière. Classe ouvrière abandonnée par le front de gauche qui a été la première municipalité à s'attaquer à la fermeture de ce foyer qui a accueilli des milliers de jeunes primo-arrivants en région parisienne durant une trentaine d'année.

 

Face à la politique de gentrification de la proche couronne de Paris, Saint Ouen se préparant à devenir un nouvel arrondissement parisien, cette tour a servi de refuge à de nombreux et nombreuses jeunes de quartiers, migrant-e-s, mineur-e-s isolé-e-s, familles roms, à tous ceux et toutes celles que la politique du logement dans cette ville vise à chasser.

 

Nous trouvons dommageable que les militant-e-s se soient détourné-e-s de cette lutte, considérée comme « finie » depuis longtemps alors que plusieurs centaines de personnes y vivaient encore. Les conditions de luttes évoluent, les choses se transforment. Mais nous trouvons classiste de considérer que, une fois disparu le cadre officiel de « foyer de jeunes travailleurs », la lutte est terminée, comme si des centaines de squatteurs valaient moins que les jeunes travailleurs, alors que ce sont toujours des jeunes travailleurs. Nous trouvons raciste de considérer que le départ des militant-e-s blanc-he-s politiques signe la fin de la lutte, comme si seul-e-s les militant-e-s blanch-e-s politiques étaient à même de lutter.

 

Le manque de soutien n'a pas permis d'éviter la dispersion des habitant-e-s. La police a placé des barrières pour disperser les roms qui restaient en bas du foyer, faute de moyen, il n'a pas été possible de mettre en place un campement. Le DAL revendique le relogement des habitant-e-s du CARA et négocie avec la préfecture (sur la base de sa propre liste des hébergements à l'hôtel, ne prenant pas en compte les revendications des roms).

 

Cependant, nous avons obtenu un soutien de la part d'ex habitant-e-s du CARA, d'habitant-e-s de cités aux alentours et des rapports d'entraide et de solidarité persistent malgré notre dispersion.

 

Nous même sommes conscient-e-s que la situation du cara et son expulsion fait partie d'une politique globale. Les habitant-e-s du CARA en étaient eux même conscient-e-s, car faisant partie des populations visées par la politique raciste du gouvernement, au CARA ou ailleurs.

 

Et cet été, la politique raciste vise de plein fouet les quartiers populaires et les migrant-e-s.

 

Pression policière et offensive en banlieue

 

« L'autre riposte, dont François Hollande et Manuel Valls ont annoncé qu'elle serait massive et sans faiblesse, concerne le territoire français. (…) qu'il va demander aux députés et sénateurs pour des perquisitions massives dans les caves et les sous-sols des barres d'immeubles qui sont parfois devenues de véritables bunkers pour tous les trafics possibles. Et d'abord, ceux des armes et de la drogue qui alimentent l'un et l'autre des groupes susceptibles soit de se tourner vers le grand banditisme, soit de tomber dans le radicalisme islamiste. » (source « Le Point », le 11 Novembre 2015).

 

Quelques jours après les attentats, les déclarations étaient claires : offensive sur les quartiers populaires. Saint Denis a essuyé une opération militaire lors de laquelle des milliers de balles ont été tirées et plusieurs personnes blessées. Les manifestations contre la Loi Travail ont ensuite largement occupé les forces policières, mais l'été arrivant, elles se sont reconcentrées sur nos quartiers. Pendant l'euro, la présence policière était massive autour du stade de France : contrôles d'identités, palpations, barrage policiers, policiers en civils dans les cafés, hélicoptère au dessus de nos têtes.

 

L'hélicoptère n'a pas quitté le ciel de la banlieue nord après la fin de l'euro.

 

Le meurtre d'Adama Traoré, l'exécution d'un chien à la Courneuve, ont créé de l'émotion et de la colère dans les quartiers de la banlieue nord. Des échauffourées ont eu lieu à Saint Denis et à la Courneuve. L'hélicoptère de la police a survolé plusieurs fois ces villes depuis les dernières semaines.

 

Parallèlement, l'Etat est allé à l'offensive. Mi Juillet, un squat lyonnais, l'Hôtel California, a été expulsé. Le foyer CARA a été expulsé par une armada de CRS (30 camions) puis un squat de rom dans la foulée à Montreuil. Le 4 aout, c'est un camp de rom à Saint Denis qui a été expulsé.

 

Ces expulsions ne sont pas isolées des exactions policières touchant les jeunes de quartiers non-blanc-he-s comme Adama Traoré.

 

En effet, dans le cas du CARA, la préfecture avait longtemps hésité à intervenir par peur de causer un-e mort-e dans cette tour de 14 étages. Malgré les centaines de CRS, l'évacuation a mis plusieurs heures, un homme a été électrisé par la police et arrêté.

 

La population des squats du 93, la population du CARA correspond à celles et ceux dont, pour l'Etat, la vie ne compte pas, mais qui est de plus considérée comme une menace. Les chambres du CARA, ce sont les caves « hors de l'Etat de droit » qu'il fantasme comme terreau du grand banditisme ou du terrorisme. Prévenir les meurtres policiers, c'est être au quotidien aux côtés des personnes qui affrontent les violences policières et la répression dans les quartiers populaires.

 

Migrant-e-s, quartiers populaires, une seule et même cible

 

Après avoir expulsé les grands squats et camps dont il souhaitait se débarrasser, l'Etat jète son dévolu sur les migrant-e-s et demandeurs et demandeuses d'asile qui campent à Jaurès. Nous en sommes à la 8ème évacuation des demandeurs et demandeuses d'asile. Les premiers jours, l'Etat a agi avec le maximum de brutalité, plusieurs dizaines de personnes ont été blessées.

 

Le préfet de Paris a été condamné plusieurs centaines de fois pour entrave au droit d'asile, l'accueil réservé aux réfugié-e-s fuyant les guerres que sème la France à travers le monde, ce sont des coups de matraque, des renvois en Italie ou en Espagne.

 

Tout cela n'est pas étranger à la politique menée dans les quartiers populaires. La population de Seine Saint Denis concentre beaucoup d'étrangers et étrangères. Dans leur pays, la France exploite les ressources naturelles mais les capitalistes gardent tous le profit, distribuant des miettes à quelques bourgeois-e-s corrompu-e-s qui maintiennent cet ordre des choses par la terreur. La France joue factions contre factions, déclenche des guerres qui ravagent des régions entières. Elle importe (à leurs frais) une main d'oeuvre de ces pays vers la France qu'elle cantonne au travail sur les chantiers, en cuisine, la garde d'enfants ou le ramassage d'ordure.

 

Nos quartiers populaires ne sont pas isolé-e-s de la lutte des migrant-e-s, ils sont le lieu où ils et elles vivent, créent des solidarités, luttent. Au Foyer CARA, la politique vis à vis des réfugié-e-s avait une incidence sur les arrivées de nouveaux habitant-e-s au foyer. Entre primo-arrivant-e-s et habitant-e-s des quartiers existent des solidarités.

 

Importer une main d'oeuvre des pays dominés permet à l'Etat français d'assurer aux patron-ne-s une main d'oeuvre bon marché, mais il se méfie de la population de ces quartiers. L'oppression raciste à elle seule suffit à créer de la colère, de la révolte, dans nos quartiers.

Pour rappeler à la population quelle est sa place, il utilise différentes tactiques. Les exactions policières sont là pour nous signifier qu'il peut faire ce qu'il veut de la vie de la population de ces quartiers et des non-blanc-he-s en général. Cet été, l'état a opposé un déni de justice face aux violences sexuelles dont un petit garçon de 4 ans, Caïs, par un professeur à Montreuil a été victime.

 

Les demandeurs d'asile fuient la guerre, les migrant-e-s économiques sont importé-e-s comme main d'oeuvre. Les pays d'origine de ces populations sont ravagé-e-s ou maintenu-e-s dans le sous développement économique par l'Etat français.

 

 

Nous faisons face à un état impérialiste particulièrement réactionnaire, agressif. Etre présent-e-s auprès de la population des quartiers populaires, des migrant-e-s, dans les luttes du logement des quartiers populaires, tout cela est une nécessité pour mener la lutte contre cet état.

 

Face aux offensives de l'Etat dans nos quartiers, contre les migrant-e-s, créons des solidarités !

Solidarité avec les expulsé-e-s du CARA, de Montreuil, de Saint Denis, les réfugié-e-s !

Expulsions fin juillet : cara, roms, migrant-e-s, solidarité
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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #CARA, #Saint-Ouen, #Paris, #logement, #Impérialisme

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Publié le 27 Mars 2015

Foyer CARA

« Nous ne vivrons plus comme des rats »

 

Foyer de jeune travailleur historique de la mairie de Saint Ouen d’une capacité de 192 logements, le CARA semblait il y a quelques semaines dans une impasse.

Un projet immobilier aujourd’hui abandonné visait à transformer cette tour de 14 étages en hôtel, bien placé entre la future sortie de la ligne 14 et le siège d’Alsthom. La précédente mairie, front de gauche, avait commencé à coup d’annonces de fermeture à vider la tour, sans penser au relogement des résidents. Lesquels sont privé-e-s de tout accompagnement social. La nouvelle municipalité UDI, bien que le maire soit président du conseil d’administration de l’association gérant le foyer, s’est lavé les mains de ce dossier « de merde ».

Le personnel, devant l’incapacité de continuer à se verser des salaires, s’est mis en grève durant 9 semaines pour obtenir son licenciement et le reclassement de l’un d’entre eux. Durant cette période, la situation s’est largement dégradée au CARA.

 

Le foyer CARA, au lieu d’aider les résidents et résidentes a s’installer en région parisienne, est devenu un facteur d’exclusion pour les jeunes migrant-e-s et les jeunes des quartiers qui y vivent. "Quand on entre au CARA, on ne peut plus en sortir", c'est l'impression partagée par de nombreux et nombreuses résidents.

Les pouvoirs publics ont cherché à ôter toute dignité aux résidents et résidentes du foyer CARA. « Vivre comme des rats », c’est le sort auquel destine la mairie de saint ouen les résident-e-s. Jusqu’à l’incendie fatal qui permette d’expulser la tour qui compte encore plus d'une soixantaine d'habitants et d'habitantes.

Mais cette jeunesse immigrée, cette jeunesse des quartiers, elle n’a pas dit son dernier mot. Laissée à l’abandon, elle crée des solidarités, elle s’organise, elle se reprend en main.

Le personnel a repris le travail et aujourd’hui, résidents, résidentes comme employé-e-s ont l’intention de gérer eux-mêmes le foyer.

Puisque ils et elles ne peuvent pas compter sur l’état, c’est à eux et elles de se prendre en charge, d’organiser la vie au foyer, de payer le salaire du personnel, d’aider les plus précaires, d’assurer la sécurité de tous et toutes au sein du foyer. Les résidents et résidentes ont déjà obtenu par un rassemblement que l’électricité ne soit pas coupé au foyer.

Autogestion, c’est le mot d’ordre juste à l’heure actuelle, jusqu’au relogement de tous ceux et toutes celles qui s’impliqueront dans cette lutte.

Nous ne pouvons que saluer cette perspective, qui permettra de faire vivre un foyer, lieu de réunion pour de nombreux collectifs et organisations progressistes en région parisienne. Nous-mêmes, résident-e-s au foyer, participerons à cette lutte. Nous appelons au soutien, mais comptons avant tout sur les résidents et résidentes et les militant-e-s de quartier populaire pour bâtir l'autogestion au foyer CARA.

 

Seule la lutte paye !

Foyer CARA : "nous ne vivrons plus comme des rats"
Foyer CARA : "nous ne vivrons plus comme des rats"

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #CARA, #Saint-Ouen, #logement

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Publié le 23 Avril 2014

Pendant des années, les médias nous ont matraqué le mot d'ordre de solidarité avec le peuple syrien en butte à la répression du régime de Bachar Al Assad... Parti d'un mouvement populaire à Homs contre les réformes libérales de Bachar Al Assad, la situation en Syrie est rapidement devenue le reflet des contradictions inter-impérialistes. Les impérialistes ont toujours joué sur les divisions religieuses, claniques pour diviser les peuples syriens et libanais et tâcher de leur imposer leur domination.

Etre solidaires signifiait pour l'Etat français envoyer des troupes et bombarder la Syrie. L'Etat français n'a pas reçu le soutien d'autres impérialistes dans sa volonté d'attaquer la Syrie. Les américains sont déjà embourbés dans suffisamment de conflits, quant à eux, pour risquer de s'attaquer à la Syrie avec les conséquences qui en découlent. En effet, d'autres impérialistes, comme les russes, s'opposaient à cette intervention. Depuis, des violences en Syrie, ne sont plus évoquées dans les médias.

Pourtant, le chaos semé par les impérialistes continue de faire des ravages en Syrie. Les jihadistes sont des mercenaires incontrôlables que l'Etat français n'a pas hésité à utiliser en Lybie, amenant le chaos au Mali et qu'elle continue à utiliser en Syrie.

Les impérialistes français forcent des populations à quitter leur pays pour fuir la misère et la terreur engendrée par la guerre. De l'arrivée de malien-ne-s qui ont fui la Lybie dans l'Etat français, de là aujourd'hui l'arrivée de syrien-ne-s.

Passé-e-s par l'Algérie, le Maroc, Ceuta et Melila, 150 syrien-ne-s, dont une majorité d'enfants en bas âge, ont atterri la semaine dernière à Saint Ouen dans le 93. La préfecture ne leur a pas expliqué leurs droits, ils ont été livrés à eux et elles mêmes, sans avoir été inscrit-e-s comme demandeurs d'asiles, sans que la moindre démarche administrative aie été effectuée et se sont réfugiés dans un parc de la ville. Depuis, sans tente, sans point d'eau, sans sanitaires, les réfugié-e-s occupent ce parc, abandonnés par les pouvoirs publics. Le nouveau marie de St Ouen, William Delannoy, semblait « trop fatigué » ce week-end pour se préoccuper du sort de femmes enceintes et de nourrissons. Heureusement, les associations ont permis aux réfugié-e-s de trouver des hôtels, mais leurs deniers ne sont pas intarissables et ce n'est pas elles d'assumer la totalité de la prise en charge de ces réfugié-e-s.

C'est pourquoi un rassemblement a été organisé mardi 22 avril. La préfecture s'est rendue sur place et a expliqué qu'ils n'avaient pas de solution immédiate à proposer, que puisque certain-e-s s'étaient acheté des voitures (pour y dormir), c'est qu'ils avaient de l'argent, qu'il fallait connaître la situation cas par cas pour pouvoir agir. L'urgence, ce n'est pas les démarches administratives. L'urgence, ce n'est pas le recensement, la connaissance cas par cas, car dans tous les cas, pour les réfugié-e-s, c'est un toit qui est l'urgence.

Partis en cortège à la mairie pour obtenir l'ouverture d'un gymnase, la délégation reçue s'est vue offrir 1200 euros pour passer la nuit ce qui fait 6 euros par personne. Le maire a expliqué que pendant les vacances des cours de sport se tenaient dans les gymnases, mais l'excuse paraît grosse quand des enfants dorment eux à la rue. Le maire n'a trouvé rien de mieux à faire que de renvoyer la responsabilité au ministère des affaires étrangères.

Dans un pays qui expulse les familles rroms de leurs campements plusieurs fois par ans, à quel traitement peut on s'attendre vis à vis de ces réfugié-e-s ? Dans une municipalité où la précédente, Front de gauche, expulsait il y a quelques mois 700 rroms, que peut on espérer d'une nouvelle majorité de droite ?

 

Nous dénonçons l'impérialisme français, responsable du chaos qui règne en Syrie et dans bien des pays. L'impérialisme prend des prétextes humanitaires à ses interventions mais face à la situation de ces réfugié-e-s, nous voyons bien ce qui le préoccupe : permettre aux capitalistes français de faire du profit sur le dos des peuples du monde entier en semant la guerre et la misère autour du globe.

 

 

Nous appelons à la solidarité de classe autour des réfugié-e-s syrien-ne-s, à un nouveau rassemblement à 15h00 au square Edouard Vaillant derrière le formule 1. Nous exigeons une solution immédiate de logement de la part des institutions.

Humanitaire, l'impérialisme français ?  Les réfugié-e-s syrien-ne-s de St Ouen sont là pour en témoigner !

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Saint-Ouen, #logement, #Impérialisme

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