Publié le 26 Octobre 2018

Le 15 Octobre,  Mercredi à Loudéac, en Bretagne, un chien american staff en divagation, Eden, est abattu par la police.

 

Deux jours plus tard, un chien du même type, Arkham est signalé par la gendarmerie à la police municipale de l’Isle d’Abeau (Isère). Il a échappé au contrôle de ses propriétaires et est donc considéré comme errant.  Alors que le chien ne présente aucun signe d’agressivité, un premier flic municipal lui tire dessus sans chercher à comprendre. L’animal blessé tente de s’enfuir en hurlant de douleur et de peur ; un deuxième flic lui tire trois autres balles. Transporté chez un véto par ses propriétaires qui sont arrivé-e-s entre temps, il mettra encore plusieurs heures à agoniser.

 

Voilà, à quoi sert l’armement de la police municipale si cher aux réactionnaires.

 

Ces faits ne sont pas isolés : nombreux sont les american staffs et les pitbulls à être assassinés ou blessés par balle par la police.

 

Il y a deux ans, c'était AK-47, le chien d'un sourd muet, à la Courneuve, plus tard le chien d'un dealer lors d'une interpellation, il y a quelques mois un chien à Sevran lors d'un contrôle.

Cela fait 30 ans que les médias bourgeois racontent n’importe quoi sur les pits et les staffs, présenté-e-s comme des « machines à tuer », qu’ils alimentent des légendes urbaines sur le shit qui serait planqué dans leurs colliers et autres délires. Ça a commencé au début des années 90, au moment de la révolte de Vaulx-en-Velin (1991) et en même temps que les reportages sur le rap « anti-français ». Cela a été bien résumé au début des années 2000 par un autocollant du Front National de la Jeunesse avec une caricature raciste d’un jeune noir (avec capuche et casquette) et de son pit, le chien et son propriétaire avec la même expression de rage sur le visage, et le slogan «  Tu nique la France, dégage ! ». C’est cette propagande qui a tué ce chien innocent, c’est cette propagande qui a armé le bras de ses assassins.

Depuis 1999, les american staffs et les pitbulls font l'objet de lois répressives. Les pitbulls ont été interdit-e-s et sont déclaré-e-s comme american staffs (amstaffs). Les démarches à faire pour posséder ces chien-ne-s sont coûteuses et nombreuses. Si elles ne sont pas faites, ce sont des chien-ne-s en sursis, qui peuvent se faire embarquer et euthanasier à tout moment. Cette législation sur les chiens dits "dangereux" est le support légal de ces assassinats. .

Ces lois ne protègent nullement les chien-ne-s, qui sont en masse renvoyé-e-s à une clandestinité, les amstaffs pullulent dans les refuges et la législation pousse les associations à l'euthanasie massive.

Ces lois visent à réprimer les propriétaires de ces chiens et s'inscrivent dans la répression des quartiers populaires.

 

Non à la récupération fasciste hypocrite

La mort d'Arkham à suscité beaucoup d'émotion.

 

Malgré les menaces des flics, des passant-e-s ont filmé la scène et l'ont fait tourner sur les réseaux sociaux.

 

Une personne manifestement sincère et révoltée de ce qu’elle a vu a lancé une pétition sur Avaaz demandant des sanctions contre les flics. ( https://secure.avaaz.org/fr/petition/La_police_est_responsable_Sanction_pour_la_police_qui_a_abattu_ce_pauvre_chien_inoffensif/?axwnYbb ). 3000 personnes l'ont rapidement signé.

 

Apprenant cette mobilisation populaire les fascistes du « Bastion social », basé-e-s à Lyon, se sont emparé de l’affaire sans que personne ne leur ai rien demandé, et ont lancé un mot d’ordre de rassemblement pour le dimanche, sous le mot d’ordre « Fort contre un animal, faible contre la racaille ». Sous prétexte de dénoncer « la lâcheté et l’ignominie de cet acte de violence gratuite » ils/elles en profitaient pour lancer un appel au meurtre, en conseillant aux flics d’aller plutôt " jouer de la gâchette"  dans les quartiers populaires.

 

L’Isle d’Abeau est une ville ouvrière de la périphérie de Lyon, proche de Saint-Quentin-Fallavier, où les HLM et les pavillons familiaux voisinent et parfois se font face. Ici comme ailleurs, on rencontre des solidarités mais aussi des contradictions qui sont des contradictions internes aux classes populaires. Le Bastion social est une organisation fasciste constitué d’enfants de bourgeois de centre ville qui essaient de se créer une base populaire en attisant ces contradictions, sur le modèle des fascistes italien-ne-s de la Casa Pound. C’est pour cela qu’ils ont lancé cet appel. C’était aussi pour cela qu’il y a deux ans, ils/elles ont prétendu-e-s réquisitionner des logements vides qu’ils/elles voulaient réserver aux « familles SDF françaises » afin de dénoncer l’accueil de réfugié-e-s par l’Etat français (accueil dont nous constatons tous les jours que c’est de la poudre aux yeux par rapport aux besoins réels, mais il ne faut pas non plus demander aux fascistes de s’intéresser à la réalité).

 

Les fascistes n’en ont pas rien à battre de la question animale, pas plus qu’ils/elles n’en ont à battre des SDF qu’ils/elles prétendent reloger où nourrir avec de la soupe au porc.  C’est juste une façon de diviser le peuple. On n’est pas dans la tête des flics, mais il nous paraît plus que probable qu’ils ont assassiné Arkham juste parce que c’était un amstaff,  c'est-à-dire dans leur esprit un « chien de racaille ». C’est plus que probable parce que des staffs, des pits et des rotts sont régulièrement tué-e-s par la police dans les quartiers populaires,  que ça arrive beaucoup plus rarement en centre ville et que ça arrive beaucoup plus rarement aux autres types de chien-ne-s .

 

Les flics sont nourris à la même idéologie que les fascistes. 

Quand la police et les fascistes parlent de la « racaille », ils visent à la fois le prolétariat, les habitant-e-s des quartiers populaires et les minorités nationales issues de l’immigration post-coloniale. Le mot à la même racine que « canaille » (qui servait aux bourgeois du XIXème à qualifier les ouvrier-e-s) : il s’agit dans les deux cas de traiter les prolétaires de « chien-ne-s », et de leur faire comprendre que la bourgeoisie de donne guère plus de valeur à leur vie qu’elle n’en donne à la vie d’un-e chien-ne. Quand les fascistes invitent la police municipale de l’Isle d’Abeau à « jouer de la gâchette » dans les quartiers populaires, ils/elles font comme si ce n’était pas  déjà le cas. Comme si des jeunes des quartiers populaires ne tombaient pas déjà chaque année victimes des balles de la police, des courses-poursuites de la police, des tortures par étouffement de la police… Pourquoi les habitant-e-s des quartiers obtiendraient justice pour la mort d’un-e chien-ne, alors que pour la mort d’un fils ou d’un frère la justice leur rit au nez ou les harcèle. La bourgeoisie,  sa police et ses fascistes partage le même goût de la hiérarchie : il y a des chiens de première et de deuxième catégorie parce qu’il y a des humains de seconde zone, victime du mépris de classe et du racisme colonial.

 

Les sales gosses, l'une des principales associations de protection des amstaffs, à dénoncé la récupération fasciste et appelé au boycott de la manif, tout en en prévoyant d'en appeler à une.

 

Contre les lois répressives 

Depuis la mort de ces deux chiens, les maires ont soutenu la police municipale, parlant de port de plainte pour diffamation, de poursuites contre les propriétaires d'Arkham. Le maire de Loudéac est entré en contact avec d'autres maires et des députés afin d'accentuer la répression contre les chien-ne-s categorise-e-s.

Un projet de loi renforçant la législation conduirait systématiquement à des euthanasies massives, comme elles ont déjà eu lieu lors de l'application de la loi sur les chiens dits "dangereux".

Nous ne pensons pas qu'il faille être libéraux concernant ces chien-ne-s (comme envers les chien-ne-s de tout type: accueillir un animal, c'est une responsabilité). Bien évidemment, le respect de la sécurité de tous et toutes est indispensable . Néanmoins, ils et elles ont surtout besoin de protection et d'être soustrait-e-s à une loi qui met en danger leur vie.

Accorder  de la valeur aux vies animales, Ce n’est pas enlever pas de la valeur à la vie humaine, comme le pensent les bourgeois de « gauche ». En luttant pour les droits animaux, nous renforçons au contraire les droits humains. La sensibilité aux droits animaux est un enrichissement de l’idée d’égalité, qui est à la base des luttes émancipatrices. Les militant-e-s les plus conséquentes de la cause animale luttent aussi contre l’exploitation, le racisme, le sexisme, le colonialisme et si ils/elles vont au bout de leur logique contre le capitalisme, car seul le socialisme permettra d’en finir avec la marchandisation des vies humaines et animale.

 

Justice pour Eden et Arkham!

Non à la stigmatisation et à la persécution des chiens de catégorie!

La vraie sécurité c'est la protection de tous et de toutes! La police bourgeoise assassine et fait régner la peur! Autodéfense populaire!

Suite aux assassinats par la police de deux chiens, non à la répression !

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Rédigé par OC Futur Rouge

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Publié le 17 Octobre 2018

L’année dernière nous saluions le martyr au Rojava du camarade breton indépendantiste et libertaire Olivier Le Clainche (nom de guerre : Kendal Breizh), aujourd’hui c’est avec la même émotion que nous apprenons la mort d’un camarade anarchiste et écologiste marseillais de 36 ans, Farid Medjahed (nom de guerre Shahin Qarachokh).

Le camarade Farid aurait pu faire carrière dans l’enseignement en attendant la retraite, mais il a préféré suivre son cœur et parcourir l’Europe en autostop pour protéger des forêts menacées d’abattage par les multinationales à Hambach (Allemagne) ainsi qu’en Angleterre. Il n’avait aucune fascination pour la violence, il cherchait à protéger et à apporter sa solidarité. Dans son adolescence, il admirait Gandhi, mais il a fini par faire une analyse politique et considérer que prendre le fusil était la meilleure solution pour soutenir la lutte des peuples du Moyen-Orient contre Daesh et pour une société démocratique. Il a rejoint les unités de protection du peuple (YPG) et il est tombé en combattant Daesh à Hajin, dans la province de Deir-Ez-Zor. 

Quelques instruits et autres andouilles ont fait les intéressants ces dernières années en expliquant à qui voulait bien les écouter que l’empathie des révolutionnaires devaient aller d’abord aux présumé-e-s « prolétaires »  séduit-e-s par les idéologies fascistes et réactionnaires, et non aux présumé-e-s « petit-e-s bourgeois-e-s » qui les combattent. C’est ainsi que le cinéaste Pierre Carles a essayé de nous faire pleurer sur le sort d’Esteban Morillo, présenté comme un prolétaire de Picardie ayant accompli un acte de lutte de classe en assassinant Clément Méric. D’autres ont essayé de nous présenter les jeunes prolétaire de Lunel (Occitanie) ou d’ailleurs qui rejoignaient Daesh comme des « révoltés anti-impérialistes », alors que le projet de Daesh n’a jamais été de chasser l’impérialisme du Moyen-Orient mais bien  d’ « administrer les sauvages » (selon leur vocabulaire colonial) à coups de sabres et de bâtons. Pendant ce temps, les multinationales impérialistes (comme le cimentier français Lafarge) ont pu continuer leur business sans être inquiétées. Pourtant pour certains « anti-impérialistes » de pacotille, ce sont les internationalistes qui partent combattre aux côtés des YPG qui sont présenté-e-s comme des agents de la CIA ou de la DGSE, et nous devrions pleurer sur le sort des milicien-ne-s français-e-s de Daesh fait prisonniers par les YPG.

Récemment un des principaux responsable aux relations internationales de la fédération de Syrie du Nord (Rojava), Abdelkarim Omar demandait aux gouvernements impérialistes et autres de venir rechercher leur ressortissant-e-s qui avaient rejoint Daesh et étaient désormais prisonnier-e-s, soit 900 combattants-hommes, 400 à 500 femmes et plus de 1000 enfants originaires de 44 pays. On sait la position de la ministre française des armées, Florence Parly, qui a appelée à mots couverts les autorités du Rojava à assassiner massivement les prisonnier-e-s comme le font les alliés traditionnels de la France, les criminels Barzani et al-Abadi en Irak. Il semble que depuis, un accord à été trouvé entre l’impérialisme français et les représentant-e-s du Rojava à Paris, et que la France verse désormais une pension pour l’entretien de ces jeunes qui sont de purs produits de l’Etat français, de son école et de sa culture impérialiste et violente. Tant mieux. 

Les YPG et les autorités du Rojava sont les seules forces de la région à traiter leurs prisonnier-e-s dans le respect des conventions internationales. Ils/elles essaient de faire en sorte que les enfants de Daesh, qui ont grandi au milieu des cadavres, puissent se reconstruire après cette éducation maltraitante. Mais cela constitue une charge supplémentaire alors que le Rojava accueille déjà des réfugié-e-s de toutes les régions de Syrie et qu'il faut aussi accueillir et héberger les malheureux/se-s habitant-e-s d'Afrin qui fuient l'armée turque et ses milices de mercenaires.

N’en déplaise aux relativistes sans principes, la réaction et le fascisme n’est pas la seule alternative qui s’offre aux jeunes prolétaires de France. Un autre choix est possible, un choix qu’incarnent Olivier le Clainche, ancien ouvrier du volailler Doux et Farid Medjahed issu d’une famille prolétaire de Marselha. C’est cette alternative progressiste que nous, communistes nous efforçons de faire vivre dans nos quartiers populaires, sur nos lieux de travail et de vie. Kendal Breizh et Shahin Qarachokh sont tombés sur le chemin de la vie et, à la fin, la vie triomphera.

 

LES MARTYR-E-S DU PEUPLE SONT IMMORTEL-LE-S !

ŞEHÎD NAMIRIN !

APRES LE MARTYR DE FARID MEDJAHED (SHAHIN QARACHOKH )

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Rédigé par OC Futur Rouge

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