Victoire du peuple kurde et des peuples de Syrie à Kobane

Publié le 31 Janvier 2015

Victoire du peuple kurde et des peuples de Syrie à Kobane

VIVE LA VICTOIRE DU PEUPLE KURDE ET DES PEUPLES DE SYRIE A KOBANE

 

Au cœur de la longue nuit barbare dans lequel l’impérialisme pourrissant plonge l’humanité, les lueurs annonciatrices de l’aube sont trop rares. La libération de la ville de Kobané, assiégée depuis quatre mois par les miliciens de Daesh, est une de ces lueurs qui nous aide à garder espoir et à continuer le combat. Cette victoire empêchent Daesh de détruire la région de Rojava , où, sous la protection de la résistance kurde, de nouvelles relations égalitaires s’expérimentent entre les communautés de Syrie. Cette victoire n’est pas seulement une grande victoire pour le peuple kurde dont les combattant-e-s ont joué un rôle prépondérant, ‘mais aussi pour les différents peuples de Syrie qui ont participé à la résistance de Kobané (notamment arabes, turkmènes et arménien-ne-s). C’est d’ailleurs cet aspect plurinational de la lutte que Salih Muslim, dirigeant de la résistance kurde, a constamment mis en avant. C’est aussi une victoire pour les nombreux communistes et internationalistes de Turquie et du Kurdistan de Turquie (et d’autre pays, jusqu’au Vietnam !) qui ont participé à la résistance. C’est une victoire pour l’humanité toute entière. Alors que nous célébrons le soixante-dixième anniversaire libération des déporté-e-s d’Auschwitz par l’héroïque armée rouge soviétique, nous nous rappelons de la résistance des combattant-e-s assiégé-e-s de Stalingrad, qui eux/elles-aussi défendaient l’humanité toute entière.

Une victoire pour l’Humanité ne peut qu’être une défaite pour l’impérialisme, car l’impérialisme est l’ennemi de tous les peuples du monde. Il porte en lui la barbarie et la guerre. Certaines personnes se sont étonnées de ce que les bombardements états-uniens aient pu jouer un rôle, même secondaire, dans la libération de Kobané et que les combattant-e-s kurdes aient pu appeler ces bombardements de leurs vœux et s’en féliciter. Les mêmes s’étonnaient il y a quatre-vingt ans que l’Union soviétique passe temporairement une alliance avec les Etats-Unis et l’Angleterre contre les nazis-fascistes. Il semble effectivement que des contradictions soient apparues au cours de ces derniers mois entre les Etats-Unis d’une part, l’impérialisme français et ses alliés turcs, qataris et sionistes d’autre part. La résistance kurde a su tirer profit de ces contradictions et elle a bien fait…

L’impérialisme français, l’un des plus agressifs du monde, misait clairement sur la victoire de Daesh et n’a pas levé le petit doigt pour sauver Kobané. Le seul responsable bourgeois en France (P « C »F excepté) qui a appelé à soutenir la résistance kurde a été le ministre en retraite Kouchner, connu depuis longtemps pour ses liens privilégiés avec l’impérialisme US. Hollande s’est contenté, en octobre, de verser une larme de crocodile sur « ces pauvres gens de Konabé » (sic) pendant que le ministre des affaires étrangères Fabius, réaffirmait le 12 janvier sur la radio d’état (France Inter) que la France avait toujours fait les bons choix en Syrie et se refusait à évoquer les Kurdes. L’impérialisme français, empêché par l’impérialisme russe d’intervenir directement en Syrie et de terminer le démembrement de l’Etat syrien (engagé avec la création artificielle du Liban en 1943 par le protectorat français en Syrie), a armé, financé et entraîné les groupes takfiristes les plus radicaux depuis la Turquie, parce qu’il pensait qu’ils étaient les plus à même de semer le chaos et de détruire l’unité nationale syrienne. Il a facilité le départs des jeunes garçons et filles de France qui rejoignaient Daesh et Jahbat al-Nosra (même si ce phénomène ultra-minoritaire a été grossi par Marine Le Pen a des fin de propagande raciste). En revanche, le projet « confédéraliste » des kurdes de Kobané qui se posaient (avec le soutien de nombreuses forces progressiste et patriotiques en Syrie) comme « le meilleur garant de l’unité nationale syrienne » était un véritable caillou dans le brodequin de l’impérialisme français. La soi-disant « coalition internationale » contre Daesh qui rassemble les Etats-Unis, la France, le Qatar, l’Arabie Saoudite et l’Etat turc est un véritable fourrier de contradictions inter-impérialistes. L’Etat turc a constamment empêché les kurdes de Turquie de défendre Kobané, qui a financé Daesh en lui achetant du pétrole et qui l’a approvisionné en chars d’assauts. Les sionistes profitent de leur côté du chaos pour violer l’intégrité territoriale syrienne et s’attaquer au Hezbollah libanais (qui protège le régime corrompu de Bachar al-Assad, mais aussi les populations civiles chi’ites et alaouites contre les miliciens de Daesh).

La victoire de Kobané est un important symbole : à l’heure ou les musulman-e-s de France (mais aussi l’ensemble des personnes issu-e-s de l’immigration post-coloniale) sont sommée par l’Etat français de se désolidariser des attentats de Paris sous prétexte que l’Islam serait responsable de ces attentats, les peuples du Moyen-Orient s’unissent contre les milices de Daesh, largement perçus comme des mercenaires de l’impérialisme occidental, et notamment français!

L’impérialisme français cherche à promouvoir sa vision essentialiste des peuples moyen-orientaux, et à leur imposer une forme de sécessionnisme confessionnel en les divisant par communautés pour mieux les dominer. Pourtant ces sociétés vivent et luttent. Depuis 30 ans, les organisations progressistes du peuple kurde travaillent à briser les vieilles loyautés féodales et patriarcales pour libérer des énergies politiques nouvelles. La part importante qu’ont prit les femmes dans la libération de Kobané témoigne d’ailleurs de cette dynamique. Surtout, les défenseur-euse-s de Kobané aimaient encore plus la vie que leurs ennemis n’aimaient la mort, et la vie finit toujours par triompher…

Victoire du peuple kurde et des peuples de Syrie à Kobane

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #kurdistan, #Kobane, #Impérialisme, #Syrie

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