Face à la loi Travail, restons uni-e-s !

Publié le 17 Mai 2016

Face à la loi Travail, restons uni-e-s !
 
Jusque-là, la mobilisation contre la loi Travail s'est appuyé essentiellement sur une composante de la jeunesse (lycéenne, étudiante).
Cependant, pour porter suffisamment de coups au gouvernement pour le faire reculer, nous avons besoin que le mouvement s'étende à des secteurs professionnels ouvriers. 
Certains secteurs de la classe ouvrière (chimie, marins, cheminot-e-s) se mettent en mouvement et appellent à la grève reconductible. Les ouvriers et ouvrières peuvent bloquer l'économie du pays, nous avons besoin de placer cette classe au centre de notre mobilisation. L'OC-FR salue cette avancée dans la lutte.
À l'approche de l'Euro, mettons nous en capacité de faire peur au gouvernement, de construire le rapport de force, de les menacer de tout bloquer, les voies de circulation économiques et les lieux de production.
 
Le syndicat, c'est l'outil d'organisation des ouvriers et ouvrières. Nous sommes syndiqué-e-s et appelons à renforcer nos organisations de classe.
 
Cependant, nous constatons une fracture entre la mobilisation d'une fraction gauchiste et la mobilisation syndicale. Le 9 Mai, la préfecture de Paris a publié un communiqué dans lequel elle déclarait avoir négocié les modalités du maintien de l'ordre (pas de cortège de tête "autonome" entre la police et le service d'ordre) et une dispersion de la manifestation avant son arrivée prévue devant l'assemblée nationale.
Des incidents ont éclaté le lendemain dans plusieurs villes entre services d'ordres syndicaux et cortèges "autonomes", alors que les manifestations subissaient de plein fouet la répression policière.
 
Nous n'avons rien en soi contre les services d'ordres équipés s'ils sont là pour garantir la sécurité des manifestant-e-s face à la police et la tenue de la manifestation. Si tel n'est pas leur but, ils ne font que rajouter de l'huile sur le feu.

 

Pour nous, il n'est pas possible de discuter des modalités de la répression avec la police. La police et l'armée sont structurellement aux ordres de la bourgeoisie et de l'état français. Ce sont des ennemis. Tout est antagonique entre nous. Pour preuve le nombre de blessé-e-s qu'ils ont fait lors des manifestations de ce mouvement, pour preuve le fait que Martinez lui même essuie des tirs de lacrymogènes. Pour preuve le nombre de personnes blessées, assassinées par la police dans les quartiers populaires où vivent les ouvriers et ouvrières. La colère contre la police est normale, juste, légitime. Affronter la police, c'est de l'auto-défense, dans un contexte marqué par l'Etat d'Urgence, le vote de lois et de mesures permettant à la police d'agir avec toujours plus d'impunité.
Les organisations doivent toutes dénoncer explicitement la violence policière. Nous ne pouvons pas défiler avec la police. Nous devons les pointer du doigt à chaque fois qu'ils agissent.
Nous ne croyons pas de toute façon que négocier quoi que ce soit avec la police soit une garantie contre la répression, au contraire.
 
 
Solidaires a démenti, la CGT également, mais cela ne suffit pas. Visiblement, la stratégie de communication de l'état français semble marcher (dans une certaine mesure). Celle des syndicats non et reste confuse.

Les syndicats sont traversés de contradictions. La CGT a essuyé une campagne médiatique de la part du gouvernement attaquant les affiches de la CGT info-com dénonçant la répression. 
La CGT Police défilera demain avec Alliance et des groupes fascistes à République contre la "Haine Anti-Flic" et a été soutenue par Martinez.
Les syndicats ont une double nature. D'une part, ce sont des outils de luttes, d'autre part, ils sont intégrés à l'appareil d'état qui nourrit de nombreux représentant-e-s syndicales et syndicaux. Nous devons mener la lutte pour maîtriser nos outils syndicaux.
 
 
Syndiqués et non-syndiqués, nous avons le droit à des éclaircissement de la part de l'inter-syndicale, dont toutes les organisations membres participaient au SO. Pour lever toutes ambiguïtés, les syndicats doivent s'exprimer, et communiquer sur le rôle de leur service d'ordre.
 
La police n'est pas du côté des ouvriers et ouvrières.
Nous reconnaissons le droit à l'auto-défense contre un service d'ordre hostile visant à l'isolement d'une partie de manifestant-e-s et les réprimant. Cependant, nous ne sommes pas naïfs et ne nous laisserons pas entraîner par les perches tendues par la préfecture. 
Pour nous, l'hostilité d'une partie du cortège autonome vis à vis des syndicats est une hostilité idéologique de classe, anti-ouvrière. Les cortèges syndicaux comprennent de nombreux travailleurs et travailleuses subissant elles et eux aussi la répression.

 
Ne nous laissons pas entraîner dans la division voulue par l'Etat. Lorsque nos manifestations sont suffisamment massives, nous sommes capables d'être solidaires comme lors du 1er Mai où, à Paris, cortège de tête pris en nasse et reste du cortège se sont rejoints. L'unité à la base et dans l'action est possible et la seule voie pour vaincre. 
 
La solidarité est notre arme !
Unité à la base et dans l'action !
Face à la loi Travail, restons uni-e-s !

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Paris, #Syndicalisme, #France

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