Rendons hommage à Zyed et Bouna et tirons le bilan d'une décennie de répression

Publié le 29 Octobre 2015

Rendons hommage à Zyed et Bouna, et tirons le bilan d’une décennie de répression
 
Le 31 octobre 2015, la marche pour la dignité rendra hommage à Zyed et Bouna, deux jeunes de Clichy-sous-Bois que la police avait pris en chasse sans autre motif qu’un contrôle d’identité et qu’on a retrouvés morts électrocutés. Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, avait rajouté à ce crime une célèbre réplique pleine de mépris raciste pour les habitant-e-s des banlieues populaires, comme si ceux et celles qui protestaient contre les exactions policières ne valaient pas plus que de la saleté, de la racaille à nettoyer au karcher.
Mais à cette répression, toutes les cités et tous les quartiers populaires de l’Etat Français, toutes les ZUS (Zone Urbaine Sensible) avait réagi par des émeutes sans précédents. Partout cette jeunesse ouvrière victime du racisme et menacée par le chômage a montré à quel point elle se sentait concernée par ces crimes policiers et ces paroles insultantes. Dès lors, impossible de fermer les yeux : la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » masquait la réalité d’une France bourgeoise, coloniale et raciste qui ne s’était jamais reniée : les ZUS concentraient la majorité des personnes étrangères ou issues de l’immigration, appartenant socialement au prolétariat.
Devant cette offensive populaire, spontanée et hors des circuits politiques conventionnels, l’Etat avait répliqué par une forte répression et des centaines d’arrestations. Les partis et les personnalités de « gauche » avaient condamné ces émeutes.
Dix ans se sont écoulés depuis la mort de Zyed et Bouna. Depuis ce crime devenu événement historique, dix ans ont vu les conditions de vie des quartiers populaires s’empirer, dans la plupart des grandes villes et faire face à une contre-offensive de la part de l'Etat. La gentrification repousse toujours plus les classes populaires le plus loin possible du centre administratif de la ville. Ce sont dix années où la police n’a pas arrêté ses exactions, dix années qui ont vu le retour des milices fascistes et des ratonnades, le terrain préparé par un racisme qui s’affirme de manière de plus en plus décomplexée dans la société toute entière, dix années où la crise de l’impérialisme est devenue le prétexte pour couper toute oxygène aux masses avec des plans d’austérité qui contraignent chaque jour un grand nombre de familles à la misère. Dix années où l’empire français n’a cessé d’envoyer ses légions sanguinaires en Afrique et au Moyen-Orient, pour y apporter les « lumières » de la civilisation.
Ils ont cherché de plus en plus à isoler les quartiers populaires, les musulman-es, les noir-es et les rom-nies, afin que les blanc-hes d’Europe occidentale, eux aussi de plus en plus précarisé-es, rejettent l’unité avec leurs frères et sœurs de classe. 
Des idéologues fascistes ou fascisants ont même ressorti le racisme anti-blanc pour casser au mieux l’unité de la classe ouvrière. Mais comment pourrait-on dénigrer le fait que des personnes racisées, des personnes qui ressentent la même ségrégation s’organisent entre eux, alors que la communauté militante blanche les délaisse et ne reconnait pas leurs luttes ?
Cette répression grandissante, cette oppression qui s’intensifie montre bien à quel point le pouvoir bourgeois impérialiste a peur de l’unité des classes populaires, et comment la moindre émeute sans préparation ni organisation préalable le fait trembler de haut en bas. 
C’est pourquoi ils consacrent tant d’énergie à nous briser et à nous diviser. C’est parce qu’au fond nous avons TOUT ce qu’ils craignent. Les temps sont durs et rien n’est facile, mais en face de nous l’ennemi est en réalité paniqué et à bout de souffle, si nous tenons bons, si nous parvenons à restaurer la solidarité et l’organisation populaire, si nous sommes chaque jour plus nombreu-x-ses à mettre une énergie acharnée à les combattre, alors nous verrons qu’ils tiendront moins longtemps que nous, et que l’impérialisme français n’est rien de plus qu’un coq de papier.
 

Dans ce contexte, nous militant-e-s communistes vivant dans les quartiers populaires avons une responsabilité historique. Nous devons participer activement à la solidarité dans les quartiers. Nous devons construire l'unité à la base et dans l'action. Nous devons participer aux luttes.

Depuis les émeutes de 2005, les habitant-e-s des quartiers populaires ont continué à se battre. Des villes se sont soulevées contre les violences policières, par exemple dans le 95 à Villiers le Bel. L'année dernière, les lycéen-ne-s de Saint Denis ont manifesté suite à la mort de Rémi Fraysse. La jeunesse des quartiers s'est battue contre le CPE, la réforme des retraites, les réformes du lycée, les mauvaises conditions d'études... Contre les plans des promoteurs immobiliers qui veulent chasser les habitant-e-s des quartiers populaires, les quartiers se mobilisent pour le droit au logement, contre les violences fascistes et racistes lorsqu'ils y sont confrontés, contre les agressions islamophobes.
 
Pour notre organisation, la solidarité ne doit pas se cantonner à des phrases, à des communiqués. Elle se vit. Elle est concrète et matérielle. C'est sur le terrain, sur nos lieux de vies et de travail que la solidarité s'organise. Ce doit être notre quotidien. il ne suffit pas de dénoncer, il faut combattre !
 
Les camarades de l'OC-FR seront présent-e-s aux initiatives de soutien. Nous nous souvenons, et nous n'oublierons rien. Nous pensons aux familles, aux ami-e-s, aux voisin-ne-s des victimes et de tous-tes ceux/celles qui ont lutté.
Après le 31 octobre, nous serons toujours là, car c'est aussi notre quotidien, nos vies, notre environnement, nos ami-e-s et nos camarades que nous défendons ! 
HOMMAGE AUX VICTIMES DE LA POLICE ! 
UNITE DES QUARTIERS POPULAIRES ! 
ASSEZ DE REPRESSION ET D’EXACTIONS! 
AUTO-ORGANISATION DES RACISE-ES ET SOLIDARITE DES BLANC-HES ! 
IL N’Y A QU’UNE SEULE CLASSE OUVRIERE !
Rendons hommage à Zyed et Bouna et tirons le bilan d'une décennie de répression

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Paris

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