Elections départementales au premier tour : une défaite pour le gouvernement

Publié le 26 Mars 2015

Elections départementales au premier tour : une défaite pour le gouvernement !

 

C’est une claque pour le Parti Socialiste et ses alliés. Et une claque pour la politique du gouvernement. 

Les électeurs et électrices traditionnels de la « gauche » ne sont pas allés voter. Le PS ferait entre 20 et 25% des votants, et arrive loin derrière la droite, alors que le premier Ministre, Manuel Valls, s’était personnellement engagé dans la campagne électorale. Europe Ecologie les verts ne totalisent pas 2%.  La gauche est absente dans plus de 500 cantons au second tour. C’est une véritable déroute pour les partis de gouvernements. 

 

Après l’ANI, la réforme de l’assurance chômage, la loi ferrovière, etc, et maintenant la loi Macron, les classes populaires ont conscience que cette politique ne leur est pas favorable. Ils ont conscience que cette politique s’en prend à leurs intérêts.

 

Pour la gauche non-gouvernementale, les résultats ne sont pas meilleurs. 

Ils n’apparaissent pas comme une force crédible.  Totalement résignés, ils diffusent un climat défaitiste dans les classes populaires, dont elles ne veulent pas. 

Ces organisations n’ont pas mobilisés depuis 2012, malgré les nombreuses attaques incessantes du gouvernements. Aujourd’hui encore, contre la loi Macron, aucune mobilisation d’ampleur n’est prévu.  Dans ce contexte, le Front de Gauche s’écroule et apparaît bien faible. Ce sont des alliés objectifs du Parti Socialiste.

 

De cette défaite, nous ne pouvons que nous en réjouir. 

 

Alors que l’UMP arrive en tête, avec 30%, l’élément principal de cette élection est la poussée du Front National qui continue à grimper à chaqueélections. 

Avec 26%, c’est un résultat historique pour le FN. 

Dans le Var en particulier, il fait plus de 30% dans tous les cantons.  Dans le Vaucluse, le FN se place en tête dans certains cantons devant la Ligue du Sud, proche des identitaires. Orange assiste à une opposition entre Ligue du Sud et FN au second tour… La ville de Le Pontet élit le FN dès le premier tour. Dans les Alpes-Maritimes, le FN s'est allié avec Nissa Rebella, du Bloc Identitaire. Présents au second tour dans la moitié des départements, et avec 6 conseillers départementaux élus dès le premier tour, le FN est le parti qui monte. 

Il faut dire que les médias ont fait campagne pour eux.

Cet élément est inquiétant, car d’élections en élections le FN augmente son nombre de votants. 

Parmi ces votants, beaucoup viennent des classes populaires.  Les classes populaires n’ont aucun intérêt dans le Front National, qui les divise, et détourne leur colère. La politique que le FN veut mener dans les départements est une politique anti-sociale, et place la chasse aux allocataires du RSA en tête de leurs priorités. La seule aide sociale que le FN veut maintenir est le minimum vieillesse.  Surtout, le FN veut mettre en place au niveau des départements la préférence nationale et locale, dans l’attribution de ces aides sociales. Cette mesure est raciste et xénophobe. Enfin, le FN au pouvoir c’est la rigueur et l’austérité, avec la fin des services publics de proximité, des transports scolaires, du bas coûts des cantines dans les collèges, et la fin des repas sans porc.  Le FN au pouvoir, c’est une politique raciste et islamophobe décomplexé et sans tabou.

Certes, le FN reste un Parti bourgeois comme les autres, tous les partis bourgeois agissent à l’encontre des classes populaires et sont islamophobes et racistes. L’alternance entre UMP et PS n’apparaît plus comme une perspective mobilisatrice et il sert de troisième option permettant de continuer à faire jouer l’illusion d’une alternance possible à travers les élections.

Cependant, que le nombre de votants FN augmente est le signe que face à cette situation de crise du capitalisme, une partie grandissante des classes populaires choisit de se tourner vers un Parti qui appelle clairement à la répression d’une partie immigrée ou d’origine immigrée d’entre elles. Qu’une partie grandissante des classes populaires choisit clairement d’assumer de faire front avec la bourgeoisie impérialiste française pour écraser une large partie des classes populaires.

 

La gauche appelle à un « Front Républicain ». Un concept idéaliste qui ne veut pas dire grand chose. Etant donné la politique raciste, islamophobe et sécuritaire portée par le gouvernement, se positionner comme rempart contre un danger raciste et sécuritaire, ça ne marche plus. Pour nous, il n’y a aucun choix possible entre tous ces partis bourgeois, qui alternent la gestion au pouvoir.  Ils sont tous responsables de la situation. Tous sont des partis capitalistes, aucun ne représentent la classe ouvrière.

 

Si nos militant-e-s ne votent pas aux élections, nous ne donnons pas de consigne de vote.  Pour nous l’abstention est le meilleur choix, mais nous ne nous focalisons pas sur les élections bourgeoises.  C’est la lutte qui nous intéresse. Et la seule consigne que nous pourrions donner est de s’organiser pour lutter contre la politique du gouvernement, et pour donner le pouvoir à la classe ouvrière !

 

De toute façon, vu l’éparpillement des révolutionnaires, nous n’avons pas les forces de mener une campagne de boycott.  Cette abstention nous paraît saine, et reflète une colère des classes populaires. Mais elle n’est pas organisé, et ne peut donc pas aboutir politiquement. 

 

Pour nous révolutionnaires, il est temps de transformer cette colère en force révolutionnaire, et de s’organiser. Cette conscience que rien ne va, doit s’élever qualitativement, et devenir une conscience révolutionnaire.

Pour sortir de cette situation, la seule solution et réponse possible, est donc de s’organiser entre révolutionnaires dans un parti révolutionnaire. 

 

Pas de Front républicain, seule la lutte paye !

La seule solution : la révolution !

 

Elections départementales au premier tour : une défaite pour le gouvernement

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #élections

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Xuan 26/03/2015 16:47

Bonjour,
Je reprends votre communiqué sur le forum ml.
Le PS est tombé à 6 % de l’électorat soit la moitié du FN.
La publicité qui est faite à Le Pen date de Mitterrand et relève des campagnes sciemment organisées par la bourgeoisie dans toutes ses opérations de lavage de cerveau. Depuis c’est un exutoire pour la révolte populaire et simultanément un repoussoir pour le vote « républicain ».

Mais le scénario ne prend plus. Les militants du PCF finissent par comprendre où les mène la ligne de l’union de la gauche initiée par Marchais : moins de 1 % des électeurs.
Ils ne votent plus pour les socialos. On voit le résultat.

La stratégie du Front de Gauche n’est pas plus efficace comme vous l’expliquez, elle ressemble à la transformation de la LCR en NPA. C’est le rejet du titre de communiste et de toute allusion à la révolution. Dans les deux cas le résultat est un échec.

Effectivement nous ne pouvons pas boycotter et la reconstitution d’un parti communiste est notre priorité. Mais puisque nous sommes réduits à l’abstention sur le terrain électoral, nous pourrions commencer à nous rendre visibles en glissant des bulletins rouges frappés d’une faucille et d’un marteau par exemple.
L’opposition révolutionnaire doit redevenir une forme d’expression populaire.

fraternellement
Xuan