Verdict du procès des meurtriers de Zied et Bouna, solidarité dans nos quartiers

Publié le 17 Mai 2015

Verdict du procès des meurtriers de Zied et Bouna,

Solidarité dans nos quartiers !

 

Il y a 10 ans, la mort de Zied et Bouna

Il y a 10 ans, la mort de deux jeunes poursuivis par la police, Zied et Bouna, à Clichy sous Bois, avait été suivie de trois semaines d’affrontements contre la police, en banlieue parisienne principalement. Cette lutte avait été porteuse d’espoir pour la jeunesse en montrant que l’Etat n’était pas tout puissant et que nous pouvions le tenir en respect.

Ce 19 mai, après un procès éprouvant pour les familles des victimes, 10 ans après la mort de Zied et Bouna, le verdict sera rendu. Nous ne nous faisons aucune illusion sur l’issue du procès. Chaque jour, les capitalistes nous rappellent ce que vaux notre vie pour eux.

La décadence de l’impérialisme

En face de nous, une bourgeoisie décadente. Elle vit de l’exploitation des pays dominés, elle vit de notre exploitation, elle est parasitaire et pourrie jusqu’à la moelle par son parasitisme. C’est elle qu’on a vue en tête de cortège au mois de janvier se mobiliser pour le droit à l’expression raciste, islamophobe et sexiste. Elle exploite et sème la guerre de part le monde et regarde tranquillement des milliers de gens mourir à ses frontières. Elle justifie le viol d’enfants par son armée, tout naturellement. L’impérialisme français est soumis à une sévère concurrence et d’autant plus agressif.

Notre place dans ce système, aujourd’hui, c’est quoi ? Notre couleur de peau, notre nationalité, notre maîtrise de la langue française crée entre nous une hiérarchie qui nous assène une place dans l’économie. Nous vivons dans un pays où la marque de l’impérialisme structure la société, société d’apartheid, ségrégationniste. Primo-arrivant-e-s sur-exploité-e-s, chassé-e-s par la police, victimes de rackets. Banlieusard-e-s balloté-e-s de mission d’interim en CDD d’un bout à l’autre de la région parisienne, angoisse et frustration de longs mois de chômage. La précarité du travail engendre une précarité affinitaire, nous empêche de quitter nos parents, de bâtir une famille, nous isole les un-e-s des autres.

Logiques de survie, logiques de solidarité

On a faim, dans nos banlieues, à deux pas de Paris. La spontanéité, c’est de vouloir sa part du gâteau de l’impérialisme. L’économie informelle reste marginale dans l’Etat français, mais assure la survie de nombre d’entre nous tout en développant des contradictions. Elle crée une exploitation interne aux classes populaires, dont encore une fois les primo-arrivant-e-s sont les premières victimes. La concurrence pour le contrôle de marchés peut prendre un tour violent, comme c’est le cas actuellement dans le 93.

Renforcement de la présence policière, misère, rendent la situation explosive dans nos quartiers. L’Etat, en déstabilisant l’économie informelle, ne fait que jeter de l’huile sur le feu. La répression dont des villes comme Saint Ouen sont aujourd’hui les victimes fait partie d’un plan pour repousser les classes populaires toujours plus loin de Paris et permettre l’installation de bourgeois-e-s. Nous, communistes, ne jetons pas la pierre à celles et ceux qui participent à l’économie informelle, mais luttons contre l’exploitation et contre les violences au sein du peuple. A nous de savoir proposer et renforcer les logiques de solidarité au détriment des logiques de survie individuelles.

Le capitalisme nous apprend la violence. Et pour l’instant, sous la chape de plomb policière où nous vivons, la violence, nous l’apprenons aussi les un-e-s contre les autres. 10 ans après la mort de Zied et Bouna, le petit Moussa, 14 ans, à Trappes, a été assassiné, pris pour cible pour atteindre son quartier.

Pendant que nous nous entretuons, la police travaille et la liste de nos morts s’allonge. Il y a quelques semaines, à Saint Denis, mourait Pierre Cayet, 54 ans sous les coups de la police. Après les attentats du mois de Janvier, la police a les mains libres et le soutien de la population blanche et bourgeoise. Les lois répressives nous soumettent toujours plus au joug de l’Etat policier.

Nos vies comptent

Ce n’est pas parce qu’on nous assène à coups de matraques, à coups de caricatures racistes que nous nos vies ne valent rien que nous devons les croire. Comme les afro-américain-e-s, nous devons affirmer que nos vies comptent. Les peuples de nombreux pays africains, au Burkina Faso, au Burundi, en Guinée se soulèvent contre les chefs d’Etats mis en place par les pays impérialistes, la France en tête. Aux USA, les afro-américain-e-s manifestent et s’organisent contre les violences policières et le racisme.

Le capitalisme nous apprend la violence. La bourgeoisie a raison d’avoir peur. Les armes qu’elle met entre nos mains finiront par se retourner contre elle. Assez de morts. Assez de misère. Assez d’humiliations. Assez de frustrations.

En 2005, on avait raison de se révolter, aujourd’hui, la situation est bien pire. Racisme décomplexé, police omniprésente, difficultés économiques nous privent d’oxygène. Tant que nous ne mettrons pas fin au capitalisme et à l’impérialisme, la situation continuera d’empirer. Là où il y a oppression, il y a résistance, à nous de savoir, ensemble, l’organiser.

Pour Zied et Bouna, pour tou-te-s les autres, vérité et justice ! Tous et toutes devant les tribunaux lundi 18 Mai !

Dans nos quartiers, sur nos lieux de travail, organisons nous, créons des solidarités !

Soutiens aux quartiers populaires victimes de la répression !

Verdict du procès des meurtriers de Zied et Bouna, solidarité dans nos quartiers

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Paris

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