Communiqué en soutien au mouvement au Congo

Publié le 28 Janvier 2015

Communiqué en soutien au mouvement au Congo

Des manifestations congolaises de Paris… aux téléphones portables du monde entier.

Samedi dernier, le 24 janvier 2015, les Congolais de France ont manifesté massivement à Paris en soutien au mouvement populaire de leur pays d’origine contre leur président Joseph Kabila.  Celui-ci a en effet entrepris un projet de loi visant à modifier la constitution afin de se maintenir au pouvoir après les élections de 2016. Au-delà de l’injonction à respecter la constitution Congolaise qui interdit le troisième mandat, ce mouvement populaire qui se renforce au Congo et dans la diaspora entend rejeter totalement la politique désastreuse et meurtrière du  président Kabila.

A Kinshasa la capitale, ce mouvement qui rassemble de très nombreux étudiant-e-s et les principaux partis d’oppositions a été durement réprimé : une trentaine de morts par la police la semaine passée, dénonce une organisation congolaise de défenses de droits humains. La répression commence les premiers jours par des grenades lacrymogènes et finit par des balles réelles, mais la police en plusieurs endroits a finie par être débordée par des émeutiers et émeutières bien déterminés. Une mairie a été incendiée mardi 20 janvier, et de nombreux magasins ont été attaqués. Le mouvement s’est manifesté également dans la région orientale du Kivu ou celle méridionale du Katanga, ou la répression violente ne s’est pas fait attendre.

Mais qui est Joseph Kabila ? Que lui reprochent les Congolais ?

Issu d’une dynastie de la bourgeoisie compradore, il avait été désigné comme président après l’assassinat de son père Laurent Désiré Kabila par un de ses propres gardes du corps en Janvier 2001. Joseph Kabila compte conserver le trône tel un roi. Il faut rappeler que depuis Mobutu, le gouvernement de l’ex-Zaïre est toujours resté une affaire de tyrans instrumentalisés par les puissances impérialistes, la France et les Etats-Unis prenant le pas sur l’ancien colonisateur belge. Alors que son père Laurent Désiré avait manifesté quelques résistances aux pouvoirs qui se regroupent derrière l’OTAN et l’ONU, Joseph Kabila a caractérisé son règne par une allégeance zélée à leur égard.

Les ressources minières du Kivu, cible des impérialistes et de leurs soudards sanguinaires

L’enjeu énergétique principal se trouve à l’est du pays, dans la région du Kivu, près des frontières Rwandaises et Ougandaises. Riche en or, ce sous-sol détient surtout 80% des ressources mondiales de Coltan, un matériau utilisé dans la fabrication des ordinateurs et des téléphones portables. Comme cela arrive souvent dans un pays dominé par l’impérialisme, cette richesse minière cause la misère de la population locale : les habitants du Kivu sont en effet la cible d’agressions de divers groupes armés qui recherchent à se procurer ces richesses. Ces derniers n’hésitent pas à réduire les hommes en esclavage et sèment la terreur en violant les femmes et détruisant les villages.

Jusqu’à une époque récente, un de ces groupes armé provenaient du Rwanda et plus précisément des dernières milices hutues responsables du génocide de 1994, les Interhamwe, qui selon les témoignages d’un ancien du GIGN et de plusieurs citoyens rwandais auraient été formées par l’armée française, alliés des hutus. Parmi ces pays multiethniques, les Etats-Unis ont préféré favorisé les tutsis, comme les belges avant eux.

Dans cette partie complexe, Joseph Kabila a joué exactement le rôle que les impérialistes attendaient de lui : il a mis de l’ordre dans la région pour stabiliser l’extraction de Coltan, s’est associé avec les troupes de la MONUC envoyés par l’ONU, et a finalement scellé la paix avec le Rwanda, une paix de notables corrompus sous les insignes américains. Pendant ce temps, la population du Kivu a vu les pillages et les viols des mercenaires de Kabila, les FARDC, succéder à ceux des groupes armés précédents. Avec la complicité de L’ONU qui se limite à dénoncer des « actes isolés » de temps à autres, pour masquer la nature de l’oppression sanglante dont il est question.

Comme l’écrit le Monde, des photos du Burkina Faso ont bien été utilisées frauduleusement pour alerter les médias sur ce qui se passe au Congo. Mais à côté de cette falsification il y a une révolte réelle et violente actuellement au Congo. Et ce n’est pas pour rien que les congolais s’inspire de la lutte des burkinabés contre le tyran Blaise Compaoré, d’ailleurs cette inspiration du Burkina Faso effraie beaucoup le pouvoir de Joseph Kabila, comme le prouve les récentes paroles du président de l’Assemblée nationale : « Il n’y aura pas de Burkina Faso à Kinshasa, arrêtez de rêver. L’opposition n’imposera pas son rythme aux institutions »
 

Ce mouvement populaire prouve, s’il en était besoin, que ni la République Démocratique du Congo, ni le Burkina Faso pas plus qu’aucun peuple africain n’a besoin de l’armée française ou des Etats-Unis, ou d’une autre puissance impérialiste pour se mobiliser, se défendre d’un tyran  et rechercher la démocratie. Il est évident que ce n’est que les Africain-e-s eux-mêmes qui peuvent administrer une meilleure gestion des ressources nationales, qui profiteraient à toute la population au lieu de servir aux firmes multinationales occidentales. Toutes les interventions militaires de l’OTAN ou de l’ONU ayant pour but de « stabiliser la situation », « d’assurer la transition démocratique », ne sont en fait que des casus belli hypocrites pour piller les pays africains, les fragiliser et continuer la politique coloniale. En revanche, quand un bourreau aux services des impérialistes est menacé par sa population, Paris ne se montre pas ingrat aux services rendus, et reconnait publiquement avoir facilité la fuite de Blaise Compaoré pour lui éviter d’avoir à affronter la justice populaire de son pays… Ou encore c’est Ben Ali que les douaniers français laissent passer avec 72 millions d’euros en lingots d’or volé au peuple tunisien…

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Congo, #Anti-impérialisme, #International

Repost 0
Commenter cet article