Le mieux pour Mayotte, c’est que la France dégage !

Publié le 14 Mars 2018

Annick Girardin, la ministre de l’outre-mer estime que le problème de Mayotte c’est la situation sociale de l’océan Indien. En réalité, le problème de Mayotte, c’est le colonialisme et la présence des impérialistes dans l’océan Indien et dans l’archipel des Comores. 
C’est l’impérialisme qui crée cette instabilité sociale dans l’océan Indien, et maintien dans la pauvreté les îles.
 
Depuis plusieurs semaines, une mobilisation d’ampleur dite contre « l’insécurité » des mahorais-e-s paralyse l’île. Les manifestant-e-s pointent du doigt les violences et la présence nombreuse de comorien-ne-s venu-e-s des autres îles dans l’espoir d’y trouver une vie meilleure, souvent en risquant leur vie et en bravant de nombreux dangers. 
Les manifestant-e-s imputent les violences à l’immigration sans rendre compte des divisions sociales et communautaires que l’impérialisme français a réussi à créer dans l’archipel.
Ce racisme anti-comorien-ne (non mahorais-e-s) est le fruit du colonialisme dans les Comores qui s’inscrit dans la politique de la francafrique (l’état français y défend ses intérêts, la possession d’un territoire dans l’océan Indien, en face de l’Afrique ayant une portée stratégique, lui permet également de contrôler la zone maritime environnante et d’assurer sa présence dans la région).
Parce qu’en réalité, les comorien-ne-s non-mahorais-e-s ne sont pas des étrangers, et les mahorais-e-s sont des comorien-ne-s. Ils étaient là bien avant les français-e-s. Mayotte est comorienne, l’île fait partie de l’archipel des Comores. Elle en a été détachée administrativement et politiquement par la France, mais est toujours revendiquée par la République des Comores. C’est la France qui a crée cette distinction et cette division entre les mahorais-e-s et les autres comorien-ne-s. Les étranger-ère-s à Mayotte, ce sont les français-e-s !
Les comorien-ne-s qui veulent venir à Mayotte y ont souvent de la famille, dont ils/elles ont été séparés par la France. Ils/elles devraient pouvoir être chez eux/elles à Mayotte.
 
L’OC-FR soutient les revendications d’unité et d’unification des territoires des Comores. Les comorien-ne-s ont été dépossédé par la France de Mayotte, mais l’île leur appartient.
 
Une politique de développement ou une politique impérialiste?
 
Le gouvernement français a déclaré, pour sortir de la crise, vouloir impulser une nouvelle politique de développement en coopération avec les Comores et Madagascar, l’autre île proche. Sauf que quand les politiques français parlent de « politique de développement dans les pays du sud », c’est en principe synonyme de politique impérialiste de maintien des intérêts français dans les pays dominés. Il s’agit juste pour le pouvoir français de chercher à camoufler certaines contradictions pour mieux assurer sa présence.
Cette politique ne remet en rien en cause les mesures racistes et coloniales édictées par les gouvernements précédents. Ni l’instauration du visa Balladur en 1995, qui empêche la libre circulation des comorien-ne-s dans l’archipel, ni la départementalisation de 2011, qui accroit leur précarité et accentue la politique répressive de la France à leur égard. Ces politiques ont toujours désignés les comorien-ne-s comme des clandestin-ne-s, des personnes vivant dans l’illégalité, les empêchant d’avoir une vie normale et d’accéder aux services que tout être humain devrait avoir droit.
Plus particulièrement, les mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s sont pointés du doigts et souvent considérés responsables de l’insécurité que dénonce le mouvement en cours. Mayotte est le territoire appartenant à la France où il y a le plus de mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s. Ces dernier-ère-s pour survivre dans la rue doivent souvent se regrouper. 
Pour les empêcher d’acquérir la nationalité française, d’autant qu’un certain nombre sont né-e-s à Mayotte, des politiques demandent à ce que le droit du sol ne soit plus reconnu dans l’île. Cette revendication raciste vise à criminaliser toujours plus les comorien-ne-s et les mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s, dont la faute est de naître sur un territoire détenu par la France.
Pour répondre à cette revendication criminelle, le gouvernement annonce vouloir légiférer sur l’hôpital de Mayotte, pour qu’il soit classé en zone extraterritoriale, c’est à dire internationale, et que les naissances n’y soient plus considérées comme faites en France.
 
Pour l’OC-FR, tout cela témoigne d’autant plus du caractère criminel et raciste de l’impérialisme français. La colonisation continue encore aujourd’hui de faire éclater des fractures dans la société et des divisions dans les classes populaires. 
La solution ne passe pas en désignant certain-e-s des nôtres coupables de nos problèmes, mais en dévoilant clairement le véritable responsable de la situation : l’état français.
 
À La Réunion, le député de La France insoumise, Jean-Hugues Ratenon, déclare que la situation à Mayotte va amener irrémédiablement de nombreux-euses mahorais-e-s à immigrer à La Réunion comme c’est déjà le cas. À son tour, la société coloniale réunionnaise désigne les mahorais-e-s comme des indésirables. 
Certain-e-s veulent la mise en place d’une nouvelle mesure raciste, la préférence régionale, afin d’empêcher les mahorais-e-s d’accéder à l’emploi à La Réunion. Du racisme anti-comorien à Mayotte, au racisme anti-mahorais à La Réunion, l’état français réussit le tour de passe passe qui consiste à désigner les « étrangers comme des boucs émissaires », responsables de tous les maux de l’océan Indien. 
Là encore, la réalité c’est que les seuls véritables étrangers indésirables ce sont les impérialistes !
 
Un mouvement social qui parle de la situation sociale à Mayotte
 
Néanmoins le mouvement ne parle pas que de l’insécurité et de l’immigration, bien que ce soit les seuls éléments relayés par la presse française.
Un certain nombre de mesures sociales d’urgences sont exigées, en particulier dans les domaines de la santé, de l’aide sociale à l’enfance et de l’éducation. 
Mais les revendications de l’inter-syndicale sont invisibilisées par les médias qui détournent le caractère social de la mobilisation pour le réduire à un mouvement contre l’insécurité. On retrouve là les mêmes manoeuvres mises en place lorsque les syndicats de Guyane se mobilisaient.
Ces revendications sociales et syndicales, nous devons les entendre et les mettre en avant. 
Nous espérons voir le développement de forces anti-impérialistes et révolutionnaires à Mayotte, qui puissent mobiliser sur des mots d’ordres démocratiques et progressistes, démasquer l’impérialisme français et isoler les discours racistes dans le mouvement social. 
Comme tout ce qui concerne les colonies de l’état français, nous restons attentif aux mobilisations anti-coloniales, et nous tenons prêts à relayer en France les luttes de libération nationales menées par nos camarades de l’océan Indien, d’Afrique, des îles du pacifique, des caraïbes ou d’Amérique du sud. 
 
La victoire des mahorais-e-s, y compris sur les mesures syndicales, ne peut s’arracher qu’en s’en prenant au véritable ennemi, l’état français.  
 
À bas l’état français !
Liberté de circuler pour tous et toutes !
Le mieux pour Mayotte, c’est que la France dégage !

Rédigé par OC Futur Rouge

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