Face aux violeurs : solidarité et autodéfense féministe

Publié le 24 Février 2013

Face aux violeurs : solidarité et autodéfense féministe

Face aux violeurs :

solidarité et autodéfense féminine !

Depuis quelques semaines déjà la rumeur prenait de l'ampleur: un violeur en série opérerait à Lyon, tard le soir, notamment dans le 8ème arrondissement où de nombreuses étudiantes vivent et vont en cours. Des messages circulaient sur les réseaux sociaux, incitant à la prudence.

Les présidents des trois universités lyonnaises dont l'une, Lyon 3, est située dans l’arrondissement, ont envoyé des mails confirmant la rumeur et demandant aux étudiants « ne pas sortir non accompagné(e)s et à rester vigilant(e)s, cela concernant surtout les étudiantes ». Le parquet a par la suite confirmé qu'une information judiciaire pour le viols de cinq femmes, les faits laissant supposer que le coupable est le même.

Les rumeurs continuent à aller bon train : les victimes seraient blondes, grandes, le violeur leur arracherait leur sac ou leur téléphone pour les entraîner à l'écart. Il leur découperait les joues au couteau (sourire de l'ange). On a même pu lire que les victimes auraient été attirées par des enfants en pleurs dans les caves d'immeubles à proximité du 8ème. Le violeur serait noir.

Le climat de paranoïa en cours à Lyon renforce la pression sur les étudiantes pour qu'elles rentrent sagement après les cours, ne sortent pas dehors la nuit et surtout pas toutes seules. Si elles doivent vraiment sortir, c'est accompagnées, et de préférence d'hommes.

En outre, les rumeurs alimentent les fantasmes racistes. Le lieu identifié comme dangereux se situe à la croisée de la banlieue lyonnaise et du centre ville : ce sont les classes populaires lyonnaises qui représenteraient le principal danger pour les étudiantes lyonnaises. Cette interprétation raciste est reprise par le groupe fasciste GUD (groupe union défense) qui a organisé la semaine dernière des patrouilles pour partir à la recherche du violeur.

Sortir dehors, la nuit, seule, expose à des réactions d'hostilités masculine allant de la drague lourde au viol et au meurtre. Car ce n'est pas notre place. Notre place désignée par la société, la nuit, c'est la maison.

Se focaliser sur les viols commis par un seul violeur, c'est nier qu'il s'agit d'un crime commis en masse. En France, il y en a plus de 200 par jours. Ce n'est pas le fait de psychopathes isolés, c'est un phénomène social, qui naît du sexisme et du patriarcat qui existent dans notre pays.

Cette pression pousse les femmes à rester dans l'espace privé de l'appartement, de la maison, avec leur conjoint, leur père, leur mari, leur bande de pote de la fac. Or, les ¾ des viols sont commis par des personnes connues de la victime et les deux tiers ont lieu à leur domicile. Pousser les femmes à réduire leur vie sociale à la vie domestique, c'est faciliter leur oppression.

Ces violences internes au groupe social sont totalement invisibilisées. Si les présidents d'universités s'inquiétaient réellement des étudiantes, ils interdiraient les soirées des corporations où sont commises de nombreux viols. Le GUD Lyon prétend nous protéger de ce violeur, mais nous avons avant tout à nous protéger de lui (voir à droite). Quant à l'Etat, sa police représente l'une des principales menaces pour les femmes la nuit. Elle viole, elle frappe, elle dépouille, elle séquestre. Nous ne pouvons pas compter sur elle non plus pour nous protéger.

Si les administrations et les fascistes s'inquiètent de ce violeur en particulier, c'est qu'il prend pour cible des filles sur lequel ils pensent avoir un droit de propriété, que dégrade le violeur en série. Nous n'appartenons pas à qui que ce soit. Si nous ne voulons pas être violées, c'est parce que nous refusons qu'on prenne le pouvoir sur notre corps.

Face au sexisme qui règne dans la société française, nous devons conquérir le droit d'être dans la rue, l'espace public. Et pour ce faire, nous ne pouvons pas attendre des hommes qu'ils protègent ce droit. Nous devons être solidaires et nous défendre collectivement.

 

Que les sexistes, le parquet, la police, les administrations des universités, les fascistes aillent se faire voir, on ne restera pas cloîtrées chez nous !

Face aux violeurs : solidarité et autodéfense féministe

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Féminisme, #lyon

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