Communiqué suite à notre départ du ROCML

Publié le 13 Janvier 2013

Nous annonçons aujourd'hui notre départ collectif du ROCML et de la JCML.

Nous ne regrettons en rien notre passage dans ces organisations. Issues d'un processus d'unification entre organisations communistes, en effet, elles ont permis à une part non négligeable des communistes, en France, de sortir de l'esprit de cercle et de permettre à de nombreux jeunes d'accéder à la théorie communiste. En outre, le travail effectué pour remettre au centre de l'activité des communistes la classe ouvrière par le ROCML nous a permis de placer la classe ouvrière au centre de la stratégie de construction du parti.

Néanmoins, si nous décidons aujourd'hui de partir, c'est pour quatre raisons.

- Des divergences politiques ont éclaté dans le ROCML, à propos de la participation des communistes aux luttes démocratiques. Pour la direction du ROCML, elles ne concernent pas la classe ouvrière et sont petites bourgeoises. Il est vrai, en l'absence d'un parti communiste, que les seules perspectives politiques d'un, mouvement, y compris les luttes des ouvrierEs, sont des perspectives réformistes et ils restent sous la direction de la bourgeoisie. Il est faux, pour autant, de considérer que ces luttes démocratiques (contre les groupes fascistes, pour les droits des LGBT, pour la culture populaire ou autres), ne concernent pas les intérêts matériels, moraux et politiques de la classe ouvrière. Il est faux également de nier que de nombreux ouvriers, parfois des ouvriers avancés, participent également à ces mouvements, comme si cette dernière vivait coupé de ces problèmes, sur une carte postale ou dans un roman d'Emile Zola. Nous estimons que ces différences d'appréciations proviennent du manque d'intérêt de la part de certains dirigeants pour la réalité du terrain. Le refus de mener l'enquête, mais de préférer plaquer des a priori est lié, chez ces mêmes dirigeants, à la conception que la théorie se suffit à elle même et que tout aurait déjà été dit par les classiques du marxisme-léninisme jugés "nécessaires et suffisants". Pour nous, la théorie et la pratique fonctionnent ensemble. La théorie doit se nourrir de la pratique et se développer sans cesse: c'est le propre de la science. Pour autant le recours à la théorie est un passage obligé pour comprendre de façon pertinente la réalité et, a fortiori, pour la transformer.

- Un désaccord est également apparu, sur le moyen le plus efficace et rentable d'avancer vers la nécessaire construction d'un parti communiste, alors même que nos forces sont très réduites. Cette même logique d'isolement par rapport au terrain, a selon nous conduit une partie du ROCML a considérer que, vis-à-vis des masses, la seule chose à faire serait la propagande. Plus précisément de discuter individuellement avec des éléments déjà trés avancés, ou de distribuer des tracts qui ne sont accessibles qu'à un très petit nombre de personnes. Nous pensons au contraire que nous devons faire nos preuves dans l'action de masse, en associant l'agitation et la propagande, pour accumuler des forces et améliorer, dans l'épreuve de la pratique, la qualité de nos cadres. Ce moyen est également plus efficace pour rencontrer et rallier les éléments les plus avancés.

 

- Cela n'aurait pas été antagonique si le style de travail de la direction du ROCML avait permis un débat franc et ouvert dans l'organisation. Ces questions auraient pu être résolues dans le cadre normal du centralisme démocratique. Or, pour le ROCML, du moins sur sa ligne actuelle, l'organisation doit être un monolithe , ce qui est impossible. L'organisation est en effet perméable à l'influence de la bourgeoisie et de fait, une organisation communiste est traversée par des lignes bourgeoises et des lignes prolétariennes qui s'affrontent. Ne pas reconnaître qu'il existe une, c'est se condamner à la cécité politique et à l'opportunisme.

- Enfin, pour nous, le travail d'unité des communistes ne trouvait pas sa fin avec le ROCML, qui ne pouvait pas prétendre être le centre exclusif de formation du parti en France.

C'est en considérant le travail d'unité qui reste à mener entre les communistes dans l'hexagone que notre départ peut ne pas être un recul. Les militantEs ayant choisi de quitter l'organisation ont en effet choisi de rester organisés ensemble. Cela implique une pratique commune et un débat théorique pour continuer à définir une stratégie révolutionnaire dans l'Etat français. Les militantEs non organiséEs à la JCML ou au ROCML sont invitéEs à nous rejoindre dans ce processus. En outre, nous nous refusons à un repli sectaire, travaillerons à l'unité des communistes et ferons rapidement des propositions concrètes dans cet objectif.

Rédigé par OC-FR

Publié dans #Actualité de notre organisation

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