Liberté pour Jacqueline Sauvage

Publié le 30 Décembre 2015

Jacqueline Sauvage est incarcérée depuis le 10 septembre 2012.
Ce jour là, après avoir été battue par son mari, elle l'abat de trois balles.
La cour d'appel de Blois a condamné Jacqueline sauvage à 10 ans de prison ferme.
L'avocat général a argué qu'elle était d'autant plus coupable qu'elle était sa femme et les jurés ont suivi son réquisitoire.
Nous ne pouvons que nous élever contre la répression d'une victime qui n'a fait que sauver sa vie piétinée depuis 50 ans par un mari tortionnaire. Elle a également mis à l'abri ses filles qui ont malheureusement été victimes de la prédation de leur père et soutiennent leur mère.

La famille, lieu de terreur. 

La famille reste fondamentale dans notre société. C'est par elle que se transmet l'héritage. C'est l'espace où nous transformons les produits que nous achetons en nourriture, nous nous lavons, nous dormons, nous reproduisons et sommes élevés.

Mais la famille, tout le monde n'y a pas la même place. Propriétaires, assignés aux tâches de production, maîtres de l'espace public, les hommes y exercent un pouvoir discrétionnaires. En France, les enfants y vivent cachés, les filles parfois enfermées jusqu'à l'âge adulte, elles passent d'un père a un mari, astreintes par les tâches ménagères.
Coups, meurtres, violences sexuelles, torture, séquestration, voilà ce à quoi les femmes et les enfants s'exposent dans l'espace familial, d'avoir à vivre sous le joug d'un tortionnaire, à une terreur permanente.

 Un acte d'autodéfense

Nous tenons à faire part de nos condoléances à Jacqueline Sauvage et ses filles dont le fils s'est suicidé le jour même où Jacqueline a abattu son mari.
Il cherchait à échapper à l'entreprise familiale créée par son père. Il exploitait économiquement sa famille dépendante économiquement et corvéable à merci.
Elle l'a fait au moment où l'emprise criminelle de son mari atteignait son stade ultime de développement; au moment où il donnait la mort. Il est responsable directement du suicide de son fils.
C'est bien sa vie que Jacqueline Sauvage à sauvé.

 Une justice au service du patriarcat

Le modèle patriarcal craque de partout. Les femmes rejettent l'asservissement millénaire dont elles sont victimes. On commence à se mobiliser autour des droits de l'enfant. Les luttes poussent les capitalistes à légiférer. Ils votent des lois interdisant les viols, les violences intra-familiales.

Mais ensuite, ils répriment et culpabilisent les victimes. Du procès d'Outreau à celui de Jacqueline sauvage en passant par celui des viols collectifs de Fontenay sous bois, elles sont à chaque fois piétinées. Ces accusations de mensonge, cette façon criminelle de réprimer les victimes est un avertissement faites à toutes, une injonction à se taire.

Si les bourreaux patriarcaux, les violeurs, les geôliers, se recrutent dans toutes les classes, ceux qui sont au pouvoir ont des intérêts spécifiques à faire taire les femmes et les enfants qui osent se révolter. L'ordre patriarcal est nécessaire au bon fonctionnement du capitalisme, à la reproduction des travailleurs et travailleuses. La soumission imposée par les pères et les maris prépare à la soumission au patron-ne-s.
Nous ne sommes donc pas étonné-e-s de ce verdict.
Mais, pour Jacqueline et tou-te-s les autres, femmes et enfants, nous ne pouvons que réaffirmer notre volonté de balayer le patriarcat.

 Solidarité avec les femmes et les enfants qui luttent contre les violences patriarcales 

Nous sommes révolutionnaires et nous ne pensons pas que cette question soit secondaire. Nous ne rêvons pas d'une société où persiste une petite économie domestique à laquelle femmes et enfants sont asservi-e-s.
Nous nous battons concrètement au quotidien en soutien aux femmes et enfants victimes de violence, y compris dans le milieu militant. Nous ne tolérons pas que les victimes y soient victimes de répression.
Les criminels patriarcaux et celles et ceux qui repriment les victimes sont nos ennemi-e-s.
Nous soutenons les initiatives des féministes et de leurs alliés. Par exemple, à Lyon, des camarades organisaient une rencontre récemment contre les violences intra-familiales.
Nous trouvons l'élan de solidarité envers Jacqueline Sauvage très positif. 10 000 euros ont été récoltés. La voix des filles de Jacqueline a été mise en avant par les soutiens. Elles réclament une grâce présidentielle. Nous soutenons ce mot d'ordre et appelons à la mobilisation le 23 janvier. Les militant-e-s de l'OC-FR y participeront !

Halte à la répression !
Liberté pour Jacqueline Sauvage !

Droit à l'autodéfense pour les victimes de violence patriarcale !

Liberté pour Jacqueline Sauvage

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Féminisme, #France, #Répression

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