Foyer CARA : Ne cédons pas aux pressions ! Soyons solidaires pour obtenir le maintien du foyer ouvert jusqu’à notre relogement

Publié le 24 Juillet 2014

Foyer CARA : Ne cédons pas aux pressions ! 
 
Soyons solidaires pour obtenir le maintien du foyer ouvert jusqu’à notre relogement
 
Aujourd’hui, en plein été, direction du foyer et mairie font pression sur les résidents et résidentes du CARA, menaçant d’une expulsion au 31 Juillet. Ils ont annoncé la fermeture du CARA au 30 Septembre lors d’une réunion au foyer.
Au mois de Janvier, les résidents et résidentes s’étaient mobilisés contre l’expulsion illégale d’une dizaine d’entre eux. Nous avions appris que le foyer allait fermer. Le bâtiment appartient à l’office HLM qui l’a vendu à Vinci pour que ce promoteur immobilier y fasse un hôtel. La vue sur la Tour Eiffel, le Sacré Cœur, la défense, c’est trop beau pour de jeunes travailleurs et travailleuses ! Et les noir-e-s, les arabes, les pauvres n’ont plus leur place dans ce quartier, situé à côté de la future bouche de métro de la ligne 14.
Le foyer était censé être livré vide de ses occupants et occupantes le 31 Juillet, et rien n’avait été prévu pour notre relogement, rien n’avait été même prévu pour nous signifier la fermeture du CARA. Nous n’existions même pas aux yeux de la mairie. Comme toujours, ce sont les intérêts financiers qui priment sur nos vies.
Mais les résidents et résidentes du CARA ont montré que la jeunesse du 93 ne se laissait pas faire. Ils pensaient que nous allions nous laisser virer les un-e-s après les autres en silence ? Ils se sont lourdement trompés. Nous avons exigé l’arrêt des expulsions et le maintient du foyer ouvert jusqu’au relogement de tous et toutes. La solidarité a permis de stopper les expulsions.
L’élection de la nouvelle municipalité a mis un coup d’arrêt aux négociations. La nouvelle municipalité a été interpellée sans obtenir de réponses, le nouveau maire prétendant que ses nouvelles responsabilités ne lui avaient pas laissé le temps d’étudier le dossier. Le nouveau maire de Saint Ouen, Delannoy, avait déclaré avant les élections qu’une « majorité de droite n’aurait pu utiliser » les mêmes « méthodes » que l’ancienne majorité front de gauche n’a pas eu « le moindre scrupule » à utiliser. Il a fallu que les résidents et résidentes se rendent au conseil municipal pour obtenir une rencontre avec le maire, qui s’est montré rassurant. Il a déclaré qu’il n’avait pas envie d’une manifestation de 120 personnes au 31 Juillet, et qu’il allait négocier plusieurs mois de maintien du foyer ouvert avec Vinci.
On pouvait déjà savoir un peu à quoi s’attendre de cette nouvelle mairie. Par exemple, des familles syriennes réfugiées se réunissaient dans un parc de Saint Ouen et la mairie a fait fermer le parc, laissant des dizaines enfants sur un trottoir au bord d’une route fréquentée. Cela n’annonçait rien de bon pour nous.
Et voilà qu’on nous menace de nouvelles expulsions – toujours aussi illégales – au 31 Juillet si nous ne montrons pas « notre bonne foi » en payant nos loyers. Et on nous dit que les « mauvais payeurs » ne seront pas relogés. En réalité, on nous reproche d’être pauvres et on veut nous punir parce que pauvres. Comme si nous n’étions pas dans une société raciste qui laisse peu de chances aux immigré-e-s, comme si nous n’étions pas dans une société où les chômeurs se comptent par millions ! Ce n’est pas à nous d’avoir honte de notre situation. Nous, on n’a pas l’intention de jeter une centaine de jeunes à la rue, les voyous, ce n’est pas nous.
 
Nous ne devons surtout pas nous laisser diviser. La mairie a tout fait pour faire pourrir la situation au foyer. 
De toute façon, même les « bons payeurs » n’ont aucune garantie de relogement et le 30 Septembre, c’est dans deux mois. Nous sommes tous et toutes dans la même galère.
Cela dit, même si le foyer fermait au 30 septembre, la mairie ou Vinci n’auraient toujours pas le droit de nous déloger. En effet, pour nous faire quitter le foyer, il faut une procédure juridique d’expulsion. Mais les affaires d’immobilier, ce sont des affaires de gros sous et mairie et promoteurs n’hésitent souvent pas à ne pas respecter la loi. Dans ce genre d’affaire, les attaques de milices à coups de machette, les incendies qui tombent bien pour les promoteurs sont monnaie courante. Nos chambres, c’est notre force. 
 
Nous devons rester solidaires, ne pas céder aux pressions et montrer à la mairie que nous ne nous laisserons pas faire ! Ils veulent fermer le foyer, à eux de se donner le temps et les moyens pour qu’aucun-e-s  d’entre nous ne se retrouve à la rue !
 
Personne à la rue !
Maintien du foyer ouvert jusqu’au relogement de tous et toutes !

 

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #logement, #Paris

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