Tu te souviens quand le PS promettait la retraite à 60 ans?

Publié le 18 Juin 2013

 

Rapport Moreau sur les retraites

Parti Socialiste, Parti au service des capitalistes !

 

Tu te souviens quand le PS promettait la retraite à 60 ans ?

 

Rappelle toi de l'automne 2010. Les petits matins automnaux de piquets de grève où tu te serrais contre un brasero, avalant le café instantané et la barre pâtissière qui constituait l'essentiel de ton régime alimentaire. Les courses sous le feu des flash ball, où tu peinais à trouver ton souffle, les bronches irritées par les gaz lacrymogènes.

Tu te rappelles quel débouché politique donnait on à ta lutte dans les médias, les discours des partis bourgeois ?

Voter PS.

Ils promettaient la retraite à 60 ans.

Nous expliquions alors que l'âge officiel du départ à la retraite n'est pas très important par rapport à la durée des cotisations.

Nous sommes peut être les mères de plusieurs enfants et avons du arrêter de travailler. Nous avons peut être fait de longues études dans l'espoir de nous en sortir. Nous subissons tous et toutes un système économique moribond, qui est incapable d'apporter le plein emploi et produit une armée de chomeurs.

Un âge officiel de la retraite à 60 ans ou 62, c'est bien beau, mais si, arrivés à cet âge, nous avons le choix entre, épuisés par des années d'exploitation, partir avant d'avoir cotisé 44 ans avec une retraite de misère ou continuer à trimer jusqu'à à souffrir de graves maladies dans l'espoir de partir à un taux plein, merci bien.

Un peu moins misérable ne signifie pas suffisante. Les retraité-e-s pouvant se permettre de se dorer la pilule au soleil ne sont pas nombreux. Et ce sont bien souvent les retraité-e-s qui ne se sont pas bien fatigués lorsqu'ils travaillaient. Celles et ceux qui ont trimé toute leur vie vivent bien souvent dans la pauvreté. Pour les immigré-e-s, arriver au bout des annuités nécessaires pour toucher une retraite à taux plein est quasi impossible.

Le PS a presque tenu ses promesses. Il ne touche pas à l'âge officiel de la retraite. Mais le rapport Moreau remis le vendredi 14 Juin au gouvernement annonce une augmentation de la durée des cotisations. On s'attend à entendre des 44 ans, 43 ans... En outre, le PS ose s'attaquer aux revenus déjà insuffisants des retraité-e-s, en proposant d'aligner la CSG prélevée sur leur pension avec celle des salarié-e-s.

Elle a bon dos, l'Union Européenne. La France, qui est l'un des pays qui y domine, a fait adopter les pactes de stabilité budgétaire avant tout pour pouvoir dévorer les pays les plus faibles de l'union. Notre gouvernement n'est absolument ni contraint et forcé par des forces extérieures de faire des réformes, il les fait uniquement parce qu'il sert l'intérêt des capitalistes français.

 

On vit plus longtemps, on devrait se faire exploiter plus longtemps ?!

 

On veut nous faire croire que l'accroissement de l’espérance de vie nécessiterait un allongement de la durée des cotisations.

Premièrement, nous rappelons que la situation de la France n'a pas changé depuis 2010 et qu'elle ne changera pas avec des élections. C'est toujours la crise : une crise mondiale du capitalisme et une crise de l'impérialisme français, militairement agressif.

Aujourd'hui, tout le monde n'a pas la même espérance de vie. Celle des ouvriers et ouvrières est de 6 ans inférieure à celle des cadres. Avec la crise, cette inégalité ne saurait que s'accroître. Le chômage, la misère croissante des retraité-e-s, la casse du système hospitalier public, tout cela pèse sur notre espérance de vie.

Quelle hypocrisie que de prétendre que nous devons travailler plus longtemps puisque nous vivons plus longtemps.

 

Nous n'avons jamais été aussi exploité-e-s et nous devrions encore faire des efforts

On exige de nous que nous fassions des efforts, comme si c'était déjà gentil de la part des capitalistes de nous donner un travail, qu'on présente comme « un coût ». La productivité de notre travail n'a cessé d'augmenter depuis les dernières décennies. Cela signifie que sur notre journée de travail, nous produisons beaucoup plus qu'avant. Or, nos salaires, eux, n'ont pas évolué. Notre travail n'a jamais été aussi exploité.

Dans notre société, il existerait tout à fait les moyens de produire suffisamment pour que nous puissions permettre à chacun et chacune d'avoir une longue et aisée retraite. Mais ça ne suffit pas aux capitalistes de faire toujours plus de profit sur notre travail. Leur appétit est insatiable.

Leur seule règle, toujours plus de profit.

Les capitalistes s'engraissent sur notre travail et sur celui des travailleurs de pays dominés. Par le biais de l'Etat, ils nous en redistribuent des miettes : allocations, chômage, bourses, assurance maladie, retraites... Dans la situation de crise profonde du système capitaliste, pour continuer à faire plus de profits, les capitalistes sont amené-e-s à attaquer tous les droits qu'ils ont bien voulu nous concéder.

Le gouvernement nous parle d'équité, de justice, mais la seule justice sociale qu'il sert, c'est celle qui est dans l'intérêt de la classe dominante.

 

Préparons nous à une longue lutte !

 

ANI, Sécu, loi Fioraso, retraites.... Le gouvernement attaque sur tout les fronts.

Nous soupçonnions – et nous avions raison – qu'avoir le PS au gouvernement n'arrangerait pas nos affaires. Non seulement le Parti Socialiste se montre complètement sourd à nos revendications, réprimant violemment tous les mouvements (syndicalistes, sans papiers) qui s'opposent à lui.

Mais en plus, nombreuses sont les forces syndicales, associatives et politiques qui, au prétexte d'antisarkozysme, se sont adossées dans les luttes au Parti Socialiste, au risque de se retrouver aujourd'hui pieds et poings liés.

Tout cela démontre que les ouvriers, ouvrières et l'ensemble des classes populaires ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour défendre leurs intérêts.

Pour repousser les offensives des capitalistes, nous devrions faire mieux qu'en 2010. Or, nous partons avec l'handicap démoralisateur des luttes perdues un camp des organisations prêtes à mener la lutte réduit à une peau de chagrin.

Pourtant, face aux fermetures d'usines, aux agressions allant jusqu'au meurtre des fascistes, un véritable dynamisme s'exprime.

Nous devons nous préparer à lutter, aggréger et regrouper des forces en nous organisant syndicalement et politiquement. Il est plus que temps que le camp du prolétariat se reconstitue.

 

Rédigé par OC Futur Rouge

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