Soyons solidaires des militants et militantes basques jugé-e-s à paris

Publié le 23 Février 2013

Soyons solidaires des militants et militantes basques en jugement à Paris

Du 18 Février au 15 Mars a lieu à Paris le procès pour enlèvement et séquestration de 10 militants et militantes basques dont un énième militant accusé d'avoir été chef militaire d'ETA Garikoitz Aspiazu Rubina .

Le mouvement basque compte 700 détenu-e-s, dispersé-e-s principalement dans les Etats français et espagnols, à des centaines de kilomètres de leur famille et de leur peuple.

Les prévenu-e-s ne reconnaissent pas la légitimité de la cour d'Assises qui représente l'Etat français, « Etat qui nie les droits du Pays Basque », l'un des « deux états oppresseurs » belligérants dans ce conflit. Néanmoins, ils ont réitéré devant la cour leur appel « en faveur de la résolution du conflit basque au cœur des appareils de l'Etat français ».

En effet, ETA a annoncé il y a quelques temps une trêve illimitée et souhaite entrer en négociation directe avec les Etats français et espagnols. Pour l'instant, ni l'Etat espagnol ni la France n'ont donné suite à cette volonté de négociation. La répression continue : deux jours après le début du procès, deux arrestations ont eu lieu à Moulins.

La lutte de libération du pays basque est une juste lutte

La propagande médiatique autour de la question basque a réussi à avoir une importante influence vis à vis de la population de l'Etat français, y compris celles et ceux qui y militent. Cela a pour conséquence que l'attitude de beaucoup d'organisations va de l'indifférence à l'hostilité quant à cette question.

Les militantes et militantes basques sont présenté-e-s comme des terroristes. La question basque paraît à beaucoup comme étant séparée de la lutte des classes. Or, basques ou non, nous faisons face au même ennemi, l'Etat français. Ceux qui les enferment et les torturent sont les mêmes qui tentent d'étouffer les luttes ouvrières, expulsent 35 000 sans papiers et portent la guerre en Afrique : c'est le camp des capitalistes. Il n'en existe que deux, le leur et le nôtre, celui du prolétariat.

Si le mouvement d'indépendance basque a été violemment réprimé, c'est parce qu'il a défendu héroïquement les intérêts du prolétariat en portant la revendication de l'indépendance et du socialisme, que ce soit à l'époque franquiste ou après la « transition  ''démocratique'' ». Il n'y a pas de différence fondamentale entre les militant-e-s basques et les militant-e-s progressistes et révolutionnaires du reste des Etats français et espagnols. Si l'Etat français en ressentait le besoin, ils traiterait de la même façon les militant-es françaises. Même s'ils et elles sont traînés devant des tribunaux d'exception, c'est la même classe qui nous juge.

Pour certaines organisations, tous les drapeaux nationaux sont réactionnaires. Le drapeau français est porté par la bourgeoisie, c'est l'étendard de la réaction. Il est donc sain pour les militants et militantes françaises de le repousser. Mais tous les drapeaux ne sont pas des bannières de l'oppression.

Il existe une histoire collective qui relie culturellement et économiquement les individus entre eux. Cela crée le sentiment national. Ce sentiment a une base matérielle. Dans un monde dirigé par les impérialismes, il existe des nations dominantes et des nations dominées qui cherchent à se libérer de l'emprise de leurs oppresseurs.

La négation de la nation, le nihilisme national, a la même conséquence que le chauvinisme : nier aux nations dominées le droit de lutter pour se gouverner elles-mêmes. Ce n'est pas, comme certains et certaines peuvent se dire, de lutter pour libérer son peuple qui divise le prolétariat, c'est refuser ce droit à ces nations, au contraire. Nous ne saurions être libres tant que nous écraserons d'autres peuples.

D'autre part, on ne peut nier que le refus de soutenir les militantes et militants basques révèle l'inconséquence de nombre d'organisations françaises, qui, derrière une phraséologie révolutionnaire, rechignent à soutenir celles et ceux qui sont accusé-e-s de violence. La lutte des classes prend nécessairement des formes violentes. La bourgeoisie est une classe en crise, en déclin, et elle en est d'autant plus violente, prête à tout pour maintenir son pouvoir. Si le prolétariat veut se débarrasser de l'exploitation, de la misère, ses formes de luttes passent inévitablement par la confrontation directe avec la bourgeoisie. C'est la mobilisation massive et déterminée du prolétariat des classes populaires qui lui permet d'obtenir quoique ce soit de la bourgeoisie.

 

Soutenons les revendications des militants et militantes basques

 

Les Etats espagnols et français ont tout fait pour étouffer la lutte des militants et militantes basques : tortures, assassinats et une incarcération massive, bien souvent à vie, de la part la plus courageuse et déterminée de cette nation.

Le Pays basque est avec la Catalogne le poumon économique d'un Etat Espagnol en grave crise. Il est essentiel à la bourgeoisie de cet état pour qu'elle puisse continuer à faire du profit. Quant à la France, elle est elle aussi en crise et se raidit et se crispe dans la répression des mouvements ouvriers et populaires. Et elle fait preuve d'une extraordinaire agressivité au point de vue international, ne cessant pas les coups de force impérialistes ces dernières années.

L'ouverture proposée par les militants et militantes basques ne trouve pas pour l'instant d'écho favorable au sein des états français et espagnols. Au contraire, les provocations se sont multipliées : refus de relâcher un détenu gravement malade pour l'Etat Espagnol (finalement relâché sous la pression). Dans l’État français, ce sont des menaces de mandats d'arrêt européens sur des personnalités, des extraditions effectives de nombreux militants et militantes vers l'Etat espagnol et des toujours des arrestations. Le gouvernement socialiste a traité par dessus la jambe les revendications minimales du peuple basque (comme une collectivité territoriale) comme d'ailleurs il l'a fait avec les nôtres.

C'est avant tout le peuple basque qui est acteur de sa libération. C'est à lui de choisir son destin, et s'il souhaite rompre avec la France, nous ne pouvons que soutenir cette revendication, quelques soient les formes de lutte qu'il choisisse pour arriver à ses objectifs stratégiques.

Nous avons néanmoins notre rôle à jouer en tant que militants et militantes agissant dans l'Etat français. Nous ne pouvons pas admettre que notre bourgeoisie traite des militants et militantes qui sont résolument dans notre camp de cette façon. Et d'autant plus que tout cela se passe dans les au sein de l'Etat où nous vivons également.

La réussite des objectifs du mouvement de libération national basque serait un coup majeur aux Etats français et Espagnols. Chaque coup porté à ces États est un pas en avant vers la libération du prolétariat. Chacune des luttes doit se renforcer mutuellement et aller vers la réussite de nos objectifs.

Être indifférent, c'est être complice. Nous devons soutenir les revendications des prisonniers et prisonnières basques et le droit à l'autodétermination de cette nation.

 

 

Les vrai-e-s terroristes sont au gouvernement !

Liberté pour le peuple basque et ses militants et militantes incarcéré-e-s !

 

Soyons solidaires des militants et militantes basques jugé-e-s à paris

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International, #Répression, #Pays Basque, #prison

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Langile borroka, iraultza gorria ! 23/02/2013 13:51

Tout d'abord merci pour votre soutien à la lutte de libération nationale (LLN) basque. Votre article fait chaud au coeur.

Cependant, il me faut apporter quelques précisions (et je comprends parfaitement que vous n'ayez pas mis certains éléments, afin de ne pas nuire au but de l'article):
- Le MLNV est actuellement en ruines. Il n'a plus d'activité réelle. Aujourd'hui, ce sont les forces politiques (Bildu, EHbildu, Amaiur, Sortu) qui agissent.
- ETA(m) a également mis fin à certaines activités qu'une trêve n'entraine pas obligatoirement, comme par exemple l'impôt révolutionnaire.
- Les militants basques étant en faveur d'une résolution pacifique du conflit sont certes très nombreux, mais ce n'est pas l'intégralité. En effet, il existe un nombre croissant de militants ou de citoyens sans engagement profond qui sont en désaccord avec l'auto-proclamé "processus de paix" qui est en fait une reddition pure et simple, basée sur le modèle de la trahison du Sinn Féin irlandais.
- Pour les marxistes (de tous types, trotskistes exclus cela va de soi) basques, la gauche patriote (ezker abertzalea) a trahi le mouvement populaire basque et son héritage communiste (la Coordination Patriote Socialiste KAS était composée en majorité de communiste). La gauche patriote a abandonné les revendications sociales pour se concentrer sur l'indépendance. Mais comme le dénonçait déjà James Connolly, si l'on n'obtient que l'indépendance, rien n'aura changé: la classe travailleuse basque sera toujours exploitée. C'est pour cela qu'il faut mener une lutte de libération nationale ET sociale, reconstruire les organes du MLNV qui existaient avant la liquidation par la tendance Otegiste (milikis, issus d'ETA(p-m)) et mener une lutte révolutionnaire, comme nos anciens ont si bien su le faire. Prenons en exemples Argala et Santi Brouard et revenons à leurs théories.
Iraultza, sozialismoa eta independentziaren alde!