Police Nationale, Police patriarcale, chiens du capital

Publié le 22 Juillet 2013

Police nationale, police patriarcale, chiens du capital

 

Du 10 au 20 juillet, la Lesbian and Gay Pride de Marseille a organisé l'EuroPride méditerranéenne. Marseille étant « capitale de la culture » pour l'année 2013, l'Europride a bénéficié d'une visibilité accrue. Mais en fait d'initiative militante, l'EuroPride vient valider la politique menée par la mairie pour cacher la misère marseillaise et soumettre la ville par la présence policière massive et les plans d'aménagement urbain.

La Parade, festive plus que militante, a eu lieu Samedi 20 et a rassemblé 7500 personnes selon la préfecture. Le cortège était composé d'organisations politiques (dont le PS), d'associations LGBT (Le Refuge, la Lesbian and Gay Pride Marseille,...) et de quelques chars se revendiquant gay friendly, mais qui se servent de la Pride comme d'une occasion pour faire un coup de pub (NRJ, LMDE,...) ! Ainsi, la ville de Marseille est présentée comme une ville progressiste alors qu'elle n'est que l'image de l'hypocrisie du gouvernement français qui se présente comme défenseur des personnes LGBTTIQ (Lesbiennes, Gays, Bisexuel.le.s, Transexuel.le.s, Transgenres, Intersexuel.le.s et Queer) dans un intérêt électoraliste et récupère nos luttes pour en faire l'un des fers de lance de la soumission de Marseille.

 

Nous ne pouvons pas nous retrouver dans cet événement. Anniversaire historique des émeutes de Stonewall à New-York dans la nuit du 29 juin 1969, les marches des fiertés sont des moments et des espaces de lutte et de mémoire pour les travailleur.se.s du sexe et pour les LGBTTIQ qui revendiquent la liberté et l'égalité.

 

C'est pourquoi une Marche des Freaks a été organisée samedi à 22h30 à la Plaine par un collectif marseillais de queerstranspédésbi.e.sgouines et féministes. Une cinquantaine de personnes se sont donc rassemblées. Les mots d'ordre étaient de lutter contre la politique raciste de l’État français, le système capitaliste et patriarcal et la trans.lesbo.bi.homophobie. Derrière plusieurs banderoles (« Nos identités ne rentrent pas dans leur cases, nous ne sommes pas capitalisables, nous sommes ingouvernables ») et avec des slogans tels que « contre le patriarcat et le capital, guerre sociale » ou « police nationale, police patriarcale, chien du capital », nous sommes parti.e.s en cortège. Tout au long du parcours, des passant.e.s nous ont soutenu.e.s, malgré la présence de quelques réac' discrets. Arrivé.e.s sur le cour Lieutaud, vers minuit, la police nous a encerclé.e.s pour « ne pas gêner la population », révélant l'hypocrisie de l'Etat, qui ne tolère les LGBTTIQ que lorsqu'ils et elles sont bourgeois.e.s et dociles. Après ½ heure d'encerclement pendant laquelle nous avons redoublé d'énergie en criant des slogans, nous avons pu partir, puis nous nous sommes dispersé.e.s.

Cette action a permis aux queerstransbi.e.spédésgouines d'être visibles et de se réapproprier leur lutte avec des mots d'ordre politiques et revendicatifs. Nous ne voulons pas nous intégrer dans les schémas réactionnaires de la société, nous ne voulons pas montrer une « bonne image normalisée » de l'homosexualité, de la bisexualité et de la transidentité. Nous prônons la solidarité de classe, antiraciste, anti-homophobe et anti-patriarcale. Nous existons et, à travers cette action, nous nous battons pour détruire une société qui nous opprime.

 

Police Nationale, Police patriarcale, chiens du capital

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Homophobie, #Marseille

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