En Inde et partout ailleurs, halte aux violences sexuelles !

Publié le 13 Janvier 2013

 

Le 16 Decembre 2012, un viol collectif commis dans un bus par 6 hommes mène à la mort de la victime. Ce décès met le feu aux poudres dans un pays où le viol est monnaie courante, ou il n'est quasiment jamais porté en justice, et, en pratique, jamais condamné. Les statistiques parlent de 1 condamnation sur 632 plaintes.

Une énorme mobilisation de masse s'est saisie de cette question, là bas, revendiquant la condamnation la plus lourde pour les agresseurs, et qu'enfin ce fléau soit pris en compte par les autorités et combattu par la justice.

La mobilisation à visé également le rôle de la police, qui refusait de prendre les plaintes, et qui allait jusqu'à conseiller aux victimes de se marier avec leurs agresseurs pour éviter le rejet social. Déjà par le passé le suicide d'une jeune fille mariée de force à son agresseur avait déclenché une mobilisation au Maroc en mars 2012.

 

Malgré une réponse par l'intervention de la police, et l'agression sur de nombreux manifestantEs, le gouvernement indien promet des avancées, qu'il ne consent que par la pression des populations en lutte.

Nous félicitons tous les mobiliséEs, femmes et hommes, qui se saisissent de cette question et veulent la justice. Nous sommes solidaires d'elles et d'eux comme nous le sommes de toutES celles et ceux qui luttent contre ces crimes partout dans le monde.

Mais la situation en Inde, qui apparaît comme invraisemblable, où tant les violences sexuelles sont impunies, ne fait que jeter à la face du monde le fait qu'aucun pays n'a éradiqué ce fléau, et certainement pas la France.

La France des 75 000 viols par ans.

Il serait facile de croire que la France échappe à la règle, malgré quelques gros titres parfois, le viol reste une pratique de masse et tolérée par la société, puisque uniquement 5% des viols sont condamnés. Rappelons nous le front de genre et de classe qui s'était dressé pour défendre le droit à la vie privée, la présomption d'innocence et pire, le droit au "troussage domestique" de DSK. Plus récemment, le procès des viols collectifs jugés à Créteil a été l'occasion d'une charge de tout l'appareil judiciaire contre les victimes de violence sexuelle.

Le viol, c'est une arme de guerre contre les femmes pour qu'elles ne sortent pas du rôle qui leur est imposé par la division sexuelle du travail : un rôle domestique, privé, sous la soit disant protection d'hommes - qui sont souvent d'ailleurs les plus dangereux. Le viol est une arme de domination, qui s'exerce de dominant à dominé, et permet le maintien du pouvoir dans les entreprises, les familles, les « clans », les bandes de potes. Toutes ces structures potentiellement réactionnaires facilitent le passage à l'acte et limitent la possibilité pour les victimes de pouvoir obtenir la justice, même ne serais ce que de pouvoir en parler.

Quand bien même il est possible d'en parler, souvent on se heurte à un mur, mur de ceux qui ne veulent pas écouter, mur de ceux qui accablent les victimes de mille reproches, qui pensent qu'une minijupe, de l'alcool, un flirt, font de la victime une coupable. Mur de ceux qui disent que cela ne sert à rien, qu'il faut l'accepter, mur d'une police qui bâcle les investigations, des procureurs qui classent les affaires, des non-lieux.

La société elle même accepte à demi-mot cet état de fait. Le corps n'est elle pas une valeur marchande ? Transmise dans la pornographie, la publicité. Tout s'achète, et ce qui ne peut s'obtenir de gré, il s'arrache de force. D'autant plus qu'on appartient à une classe dominante, et qu'on a le sentiment que tout nous est du. N'est ce pas là la morale capitaliste en dernière instance ? Partout, que ce soit au travail, dans les écoles et universités, au foyer ou « entre amis », la sujétion morale, la domination et le viol existent.

Face à la solidarité, lâche ou active, des oppresseurs, il faut répondre par la solidarité de touTEs ceux qui disent non à ces agressions, qui refusent cet état de fait. Elle doit dépasser, briser les cadres réactionnaires qui cousent les bouches et tolèrent l'inacceptable. Que les femmes puissent prendre toute leur place dans l'espace public sans craindre d'agression est essentiel pour l'unité du prolétariat, qui est la condition de l'obtention des victoires sociales.

Sans mobilisation sur cette question, il n'y aura jamais d'avancée sur ce sujet, et jamais il ne faut s'attendre à ce la situation évolue d'elle même. Sans mobilisation jamais ni en Inde ni en France il n'y aura un changement à la foi dans la justice, à la fois dans les esprits.

Cependant tant qu'existera le patriarcat, tant qu'existera une division sexuée du travail et des tâches, il n'y aura jamais d'égalité réelle entre hommes et femmes. Car ce n'est pas qu'une question de « mentalité », une simple question d'éducation. La division des tâches entre hommes et femmes, dans la société, dans la famille et au travail pousse à reproduire des schémas de domination.

La seule véritable clé de la résolution de ces crimes, de la destruction du terreau qui les favorise, est entre les mains des mouvements et organisations progressistes et révolutionnaires, les seules capables de mettre à bas une société qui consent, qui tolère et qui accepte le patriarcat, le sexisme et toutes les discriminations qui existent.

Vive la lutte légitime contre les agressions sexuelles, en Inde, en France, et partout ailleurs !

 

 

http://hehozines.files.wordpress.com/2012/05/viol-c-est-quoi-200.jpg

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