Conférence débat à Lyon contre l'intervention au Mali

Publié le 23 Février 2013

Au Mali comme ailleurs,

Troupes françaises hors d’Afrique

Depuis le 11 janvier, l’armée française est en guerre au Mali. Comme à chaque guerre, le gouvernement, les politiciens bourgeois et les médias nous expliquent que c’est pour défendre la liberté contre les « terroristes djihadistes ». La presse et la télé aux ordres nous ont beaucoup montré des populations maliennes en liesse reconnaissantes à l’égard du « Président Hollande ». Nous comprenons le soulagement de beaucoup de Maliens après le coup d’arrêt porté à l’offensive de groupes armés obscurantistes qui semaient la terreur dans le nord du Mali. Pourtant, nous dénonçons l’intervention française au Mali, tout comme les autres interventions extérieures en cours ou programmées.

La France ne va pas éteindre l’incendie qu’elle a elle-même allumé !

Depuis 50 ans, l’Etat français a accordé une soi-disant « indépendance » à ses anciennes colonies d’Afrique. En réalité, il n’a cessé de piller leurs richesses et leur main d’œuvre. Au Mali, il a éliminé en 1968 le président Modibo Keita, jugé trop indépendant, et a soutenu pendant 20 ans la dictature sanglante de Moussa Traore pour mieux garantir les profits des multinationales françaises. Il n’était alors pas question pour l’Etat français de « défendre la liberté ».

Sans remonter des années en arrière, quand l’Etat français a envahi la Libye en 2010, il a promis son soutien aux indépendantistes touareg-ue-s du Mouvement National de Libération de l’Azawad qui s’y étaient réfugié-e-s pour qu’ils/elles lâchent leur protecteurs Kadhafi et qu’ils/elles retournent au Mali avec armes et bagages. Il a également armé toutes sortes de groupes djihadistes contre Kadhafi.

Certains de ces groupes sont ensuite partis pour le Mali où ils se sont alliés un temps aux Touareg-ue-s du MNLA avant de les doubler et d’installer leur domination sur les populations locales.

Pendant ce temps, une fraction de l’armée malienne chassait le président malien Touré, jugé corrompu et incapable de reprendre le contrôle de la situation. La France, loin d’appuyer le peuple malien pour qu’il se libère par ses propres moyens, manoeuvrait dans les coulisses pour préparer sa propre intervention armée sous couvert de l’ONU et de la CEDEAO. L’embargo imposé au nouveau gouvernement gelait tous ses avoirs et son commerce, lui coupait en particulier toute possibilité de s’approvisionner en armes.

Bref, la France allume l'incendie, entretenant la pauvreté des peuples africains et la corruption des bourgeoisies locales, bombardant la Lybie, et joue ensuite les pompiers ! Voilà comment notre pays maintient les peuples d’Afrique sous sa dépendance et prétend ensuite qu’ils sont incapables de se débrouiller seuls ! A cause du fauteur de guerre français, c'est toute la région qui est déstabilisée. Cela fera un prétexte de plus pour maintenir la présence militaire française au Sahel et contrer ainsi la montée en puissance de la Chine et des USA dans la région.

Une guerre pour la liberté… de piller !

Contrairement à ce que voudrait faire croire le gouvernement, la France a bien autre chose que la démocratie à défendre au Mali. Ce sont ses intérêts économiques et son influence politique de puissance impérialiste dans toute la zone sub-saharienne qui sont en jeu. Cette guerre que le peuple malien, d’autres peuples africains, et nous-mêmes allons payer si cher en euros et en sang ne nous rapportera rien mais garantira les profits des capitalistes français qui veulent continuer de contrôler l’uranium et les richesses minières du Sahel. Au Niger, la multinationale française Areva surexploite depuis 40 ans le travail de populations touarègues qui meurent à petit feu des effets de la pollution radioactive pour approvisionner les centrales nucléaires françaises. C’est pour défendre cette « liberté » là que les soldats français vont tuer d’autres touaregs dans le Mali voisin. Au Mali même, Areva veut obtenir l’exploitation des quelques 5000 tonnes d’uranium de Falea à 350 kilomètres de Bamako. Le pétrole récemment découvert au Nord du Mali, déjà concédé à la société algérienne Sonatrach, est aussi l’objet de convoitises.

Ce n’est pas notre guerre !

Ce n’est pas notre sécurité menacée qu’est partie défendre l’armée française au Mali. C’est celle des grands groupes comme Areva, Bolloré, Bouygues ou Total qui font leurs profits sur le dos des populations africaines. Cette armée n’est pas notre armée. Elle ne défend ni nos intérêts ni ceux du peuple malien.

Le chômage explose en France, et l’armée annonce à grand renfort de publicité l'embauche de 100 000 personnes. Des plans d’économie très sévères sont partout annoncés, visant nos allocations chômage, nos indemnités sécu, nos retraites, nos salaires, mais par heure un Mirage coûte 7 à 8000 euros et un Rafale 14000 euros, et l’Etat n’hésite pas à les dépenser…

Au Mali, des organisations progressistes se sont opposées aux préparatifs de guerre de la France et de la CEDEAO en cherchant des solutions à la crise dans les capacités du peuple malien à prendre lui-même en mains ses propres intérêts. L’Etat français et ses alliés locaux veulent aujourd’hui les réduire au silence. Nous devons au contraire faire entendre leur voix.

La paix, la démocratie, le progrès pour le peuple malien, c’est au peuple malien d’en décider en toute indépendance !

Troupes françaises hors du Mali et hors d’Afrique !

REUNION-DEBAT

SAMEDI 16 MARS MATIN A 10H30

MJC MONTPLAISIR. 25, Av. des Frères Lumière. Lyon 8ème. Métro D, sans-souci

Mouvement Alternatif Panafricain. OC-Futur rouge. OCML-Voie Prolétarienne. OCL Lyon

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International, #Mali, #lyon

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