Charte de l'Organisation Communiste - Futur Rouge

Publié le 13 Janvier 2013

CHARTE DE L'ORGANISATION COMMUNISTE - FUTUR ROUGE

Nous, l'Organisation Communiste - Futur Rouge, sommes du côté des ouvrierEs, des travailleurs-EUSES, des privéEs d'emploi et de la jeunesse populaire. Tout nous oppose à la grande bourgeoisie capitaliste qui tient actuellement toutes les manettes du pouvoir.

Nous le savons bien, la société actuelle, toute capitaliste qu’elle est, regorge de luttes ouvrières et populaires. Mais cette conflictualité ne se résume pas à de grands mouvements organisés. La lutte des classes est un fait, et chacun la vit dans son quotidien. Elle se trouve en fait partout : dans les discussions privées ou sur le lieu de travail sur les méfaits de l’exploitation, dans les conflits avec les petitEs chefs dans les entreprises, avec son-SA patronNE, avec la police, avec son-SA banquierE, son-sa propriétaire, son Pôle Emploi, etc, elle se trouve dans tous les gestes de ras-le-bol sous toutes leurs formes, ou dans la moindre petite action, même symbolique, de solidarité. Partout où il y a de l’injustice, il y a de la lutte.

Les luttes et les grèves des 7 millions d’ouvrierEs de ce pays et, plus globalement, de touTEs les salariéEs, posent les questions de l’emploi, du chômage, des délocalisations. Elles posent également la question des salaires, des conditions de travail, des horaires et des cadences. Indirectement, c’est toute l’organisation économique qui est mise en question. Coeur de l'économie, les ouvrierEs occupent, de fait, une position fondamentale dans la société française. Le mouvement ouvrier démarre et donne le ton de toutes les grandes mobilisations sociales. TouTEs les salariéEs regardent vers les ouvrierEs car ils-ELLES sont les seulEs à pouvoir bloquer la production, et potentiellement porter un coup sérieux à la bourgeoisie. TouTEs les politicienNEs bourgeoisES draguent aujourd’hui les ouvrierEs, dont ils-ELLES commencent à craindre la colère.

A l'heure qu'il est, la précarité touche des secteurs croissants de la population. Contrats bidons, stages non-rémunérés, ou à peine, offres d’emplois inadaptées, licenciements facilités, la vie sous le capitalisme se résume toujours plus à une seule alternative : la misère et/ou l'exploitation. Pour touTEs, jeunes et moins jeunes, c’est l’incertitude du lendemain qui pèse sur nos épaules. Cette insécurité économique permanente est d'autant plus forte que nous vivons dans une société d'individualisme et de chacun pour soi: on doit porter seul tout le poids de ses difficultés. Cette incertitude a pour résultat de durcir l’exploitation, mais aussi d’exercer la terreur économique sur les travailleurs, de les réduire au silence par le chantage.

Alors que le capitalisme est entré dans une crise dont on ne voit pas le bout, partout s’exprime une colère et une inquiétude grandissante. Chacun s’inquiète de la baisse du niveau de vie, de la hausse des prix, de la misère qui gagne chaque jour du terrain. Dans chaque entreprise, la pression sur les salariéEs se fait plus forte. Les gouvernements « de gauche » comme de droite accumulent les « réformes » qui remettent en cause les quelques acquis dont les travailleursEUSES pouvaient encore bénéficier, allant de la retraite aux hôpitaux et aux médicaments déremboursés, de l’éducation aux contrats de travail. A chaque fois, l’on est pousséE à la grève et à la manifestation, ou bien à l’accumulation de la rancœur légitime des travailleurs-EUSES.

Des mouvements de révolte (« émeutes ») de la jeunesse des quartiers populaires, jusque dans l’isolement des campagnes pauvres, des politiques racistes contres les immigréEs aux mouvements qui, comme dans le cas des sans-papiers, cherchent à s’y opposer, des politicienNEs et des médias qui prêchent le racisme à demi-mot aux mouvements d'opinion contre ce même racisme, du rejet des violences policières à l’autodéfense nécessaire contre les groupes fascistes qui réapparaissent, on se retrouve devant le même problème. La guerre contre les pauvres fomentée par les bourgeoisES et leurs serviteurs. En face, les tentatives de riposte menées par la frange la plus active du peuple. Et à chaque fois, ce sont les prolos, les futurEs prolos, les privéEs d'emploi, que l'on retrouve en première ligne.

 

C’est chaque jour et à chaque heure que des millions d’enfants des classes populaires subissent mépris et vexations quotidiennes sous toutes leurs formes, dans un monde qui ne tolère que les bourgeoisES « bien comme il faut » et qui fait bien sentir à tous les autres qu’ils-elles feraient mieux de « rester à leur place ».

C’est chaque jour et à chaque heure que se manifeste la violence faite aux femmes, sous forme physique ou symbolique, et les efforts de certaines et de certains pour venir à bout de cette situation. Mais là où règne l’individualisme, les choses ne changent pas véritablement.

Partout fleurit également diverses formes de culture populaire de jeunes et de moins jeunes, qui permettent de se ménager une existence face au rouleau compresseur. Elles expriment les sentiments, la révolte et les aspirations de générations d'ouvrierEs et de précaires, et leur donne un espace appréciable. La musique et internet jouent dans ce domaine un rôle important. Il s’agit de se démarquer des médias et de l’Etat qui ne donnent parfois une place à cette expression que dans l’espoir de la récupérer.

La lutte se manifeste aussi, dans les nations sans Etat, et groupes culturels basques, corses, bretons ou occitans, dont les identités et les cultures sont toujours étouffées, réprimées, niées par un Etat français brutal et arrogant, méfiant de ses « provinces rebelles », qui veut uniformiser pour garantir le marché bourgeois, et mater toute expression du peuple par la même occasion. Ces luttes peuvent parfois déboucher sur des revendications culturelles ou bien sur celle de l’autonomie, voire de l’indépendance. Ces combats sont légitimes, ils forment une part des aspirations populaires dans la réalité de l’hexagone. Ce combat rejoint la juste lutte d'indépendance dans les confettis de l'ancien Empire colonial en Outre-Mer.

Dans ce système économique sourd, aveugle, irrationnel, des parts croissantes de la population se lèvent également contre les dégâts faits à l’environnement. Il ne s’agit pas d’un rejet abstrait, « bobo », ou politicien. Il s’agit de luttes de plus en plus ancrées localement face à la pollution industrielle, dont les travailleurs-euses sont les premières victimes, face à des projets absurdes de « grands travaux » qui ravagent des régions entières, face aux entorses flagrantes contre les principes les plus élémentaires de sécurité. Ce ne sont pas les besoins collectifs, ce ne sont pas les projets d’emploi qui dictent ces folies, mais la recherche de profit. Les mobilisations qui se développent posent en fait, là aussi, la question de l’organisation économique elle-même et de ses finalités.

La lutte, c’est aussi la prise de conscience, parmi le peuple, de ce qu’est réellement la politique extérieure de la France. Bombarder, envahir, et occuper des pays au nom des « droits de l’homme », soutenir des dictateurs fantoches, fomenter des guerres civiles, organiser des coups d’Etat, appuyer des génocides. Et tout cela au profit des grands groupes français qui étouffent tout développement local, et réduisent des millions de personnes à la famine. Ce système, c’est l’impérialisme. Et il se trouve que l’impérialisme français est l’un des plus puissants et des plus criminels sur cette planète. Les mensonges des médias pour justifier ces menées expansionnistes exercées en notre nom trompent de moins en moins de monde. Cela, même sans trouver les mots exacts pour le dire, un nombre croissant de personnes le perçoit et le dénonce. Lier la lutte contre le capitalisme dans l’hexagone et contre l’impérialisme à l’extérieur qui en est le prolongement, sera demain un élément majeur pour remporter la victoire.

Les différentes manifestations de la conflictualité sociale peuvent être individuelles ou collectives. Elles peuvent se développer consciemment ou intuitivement. Elles peuvent être légales et pacifiques, ou éventuellement illégales ou violentes. Elles peuvent prendre une forme organisée, ou bien au contraire spontanée. Elles peuvent s’attaquer aux conditions d’existence économiques actuelles ou encore poser des questions politiques.

Au bout du compte, ce qui intéresse ceux qui nous dirigent c'est l'augmentation du taux de profit. C'est toujours la recherche du profit maximum qui se heurte aux intérêts des travailleurs et du peuple. En réalité, l'ensemble des luttes populaires s'articule autour de la lutte des classes, de la lutte entre ceux qui exploitent et ceux qui produisent. Dans ce combat, ce sont les ouvrierEs, les technicienNEs et les employéEs, noyau des classes populaires et cœur de l’organisation économique, ce que nous appelons le prolétariat, qui joueront le rôle central. Etant ceux et celles qui font réellement tourner le pays, ils et elles pourront continuer de le faire hors du capitalisme, une fois les bourgeois chassés du pouvoir.

L’ensemble de ces tensions sociales est le fruit de la violence capitaliste, et porte dans le même temps les germes de sa suppression future. A l’heure actuelle, tous ces combats, à la fois proches et différents, sont éparpillés. Ils ne parviennent pas à aller au-delà d’une situation immédiate telle qu’elle se pose immédiatement, pour poser la question du nécessaire renversement du capitalisme. C'est là que les communistes ont un rôle à jouer.

Si la lutte piétine aujourd’hui, c’est faute de perspective victorieuse. C’est parce qu’il n’y a pas aujourd’hui, de véritable alternative politique qui émerge. La question de cette alternative politique est la première que nous devons nous poser.

Faire aboutir ce combat nécessite de regrouper tout ces combats. Mais ça ne se fera pas en les « collant » les uns aux autres, en additionnant des luttes à des luttes. Cela se fera par une véritable unité populaire réalisée autour d’une vision commune, d’un projet commun, d’une organisation commune.

TOUT S'ARTICULE AUTOUR DU COMBAT CONTRE LE CAPITALISME
UNITE POPULAIRE AUTOUR DU PROLETARIAT

Le but majeur des communistes est de conduire au pouvoir le prolétariat et de réaliser une révolution socialiste :

- une économie collectivisée, sans exploiteurs-trices : la propriété des moyens de production devient collective. Nous travaillons donc pour la société, et non plus pour un groupe de capitalistes qui accumule du capital. De ce fait, nous cessons d’être en concurrence les uns et les unes avec les autres. De variable d’ajustement, le prolétariat devient le maître : ce sont les producteurs de richesses qui décident, pas les parasites qui profitent d’eux.

- une production planifiée en fonction des besoins : travailler sert à améliorer la situation du peuple. Comme la production n’est plus basée sur la recherche du profit maximum, les conditions de travail se transforment : baisse du temps de travail, bien être du travailleur et de la travailleuse pris en compte, etc.

- une élimination progressive de la séparation entre travail manuel et intellectuel, entre encadrement et exécution, des inégalités géographiques, culturelles, etc. La lutte des classes que nous connaissons sous le capitalisme continue sous le socialisme. Tant qu’il existe une séparation entre les masses et les dirigeants, entre les producteurs et productrices et les encadrantEs, tant qu’il existe la petite propriété, la bourgeoisie risque se reconstituer pour reprendre le pouvoir (c’est ce qui s’est passé en URSS et en Chine).

- un régime placé sous la direction d’un parti communiste : en tant que noyau dirigeant, et détachement le plus avancé de la classe ouvrière, ce dernier garantit une marche en avant continue sur la voie du socialisme. Pour mener la lutte des classes, et construire et organiser la nouvelle société il est vital de pouvoir compter sur un parti communiste réellement guidé par une ligne révolutionnaire.

- un Etat démocratique fondé sur la mobilisation des masses : le socialisme ne se construit pas à coups de décrets. Construire le socialisme est impossible sans la mobilisation consciente des masses pour ses intérêts. Le but est de construire la plus large démocratie populaire faite par les classes populaires, permettant à celles-ci de participer directement à la gestion des affaires, et ainsi de se saisir elles-mêmes des enjeux de la révolution socialiste. Les éluEs seront tenus à un mandat précis, contrôlés et révocables. Cette forme de démocratie est tournée contre les bourgeoisES, les carriéristes et les réactionnaires. Elle se différencie de la "démocratie" bourgeoise puisqu'il s'agit d'une participation directe et permanente aux affaires, plutôt que d'aller voter tous les cinq ans pour des ennemiEs du peuple comme cela se passe aujourd’hui.

- un Etat prolétarien défendu par le peuple en armes. Dans le socialisme, la police, la justice, l'armée, seront l’arme du peuple constituée par le peuple, "l'épée dégainée de la révolution". Elles ne seront plus un outil d'oppression du peuple au service des privilégiéEs, comme c’est le cas aujourd’hui sous le capitalisme.

Notre but est l'établissement définitif d'une société sans exploitation, fondée sur l'association libre de l'humanité entière: le communisme. Le socialisme que nous proposons est un Etat transitoire entre le capitalisme et le communisme. C’est la seule voie possible pour sortir du capitalisme.

Nous ne sommes pas pour autant des rêveurs et des rêveuses idéalistes. Nous savons pertinemment que l’ensemble du système politique actuel est bloqué et verrouillé. Nous ne nous attendons pas à ce que la bourgeoisie au pouvoir capitule sans combattre, et elle a à ses ordres tout l’appareil d’Etat qu’elle contrôle à tous les niveaux. L’expérience le montre, arracher le pouvoir à la bourgeoisie ne se fait pas de façon légale ou pacifique. C’est à un combat révolutionnaire sans merci que nous devons nous préparer, jusqu’à la victoire complète. C’est, bien sûr, le point essentiel qui différencie les véritables communistes des « communistes » inconséquentEs, politicienNEs, électoralistes ou menteurs et menteuses.

Nous savons également que ce n’est pas en se tournant les pouces en attendant la révolution, le « grand soir », que les choses risquent de changer. Nous devons nous organiser, combattre et travailler à construire l’outil indispensable qui nous permettra de réaliser nos objectifs. Cet outil, c’est un parti communiste puissant capable de diriger, d’organiser, d’orienter et de guider le combat, de mettre fin à la dispersion, d’ouvrir une perspective, de disposer des moyens nécessaires et de les affecter selon une stratégie bien définie.

NOUS AVONS BESOIN DE TOI

Le profit capitaliste est la cause principale des souffrances du peuple, celles-ci ne seront guéries que par la suppression du profit capitaliste. Pourtant, le monde capitaliste tient encore debout. Dans ces conditions, devons-nous nous résigner, et attendre ? Nous ne le pensons pas.

Nous en appelons aujourd’hui à toutes les bonnes volontés, à nous aider, à nous rejoindre, pour mettre en commun nos efforts. Nous devons travailler à briser l'isolement, la routine, l'individualisme auxquels on cherche à nous réduire. Nous avons besoin de lutter tous côte à côte, de débattre, et de nous organiser ensemble. Il est nécessaire, d'aller au delà de la simple activité syndicale ou associative (même si celle-ci est importante), pour nous atteler à ce qui nous manque aujourd'hui: une perspective politique conséquente. Notre organisation y travaille.

Notre organisation s’inscrit dans la continuité historique du mouvement communiste. Elle se réfère, comme il est juste et nécessaire, à toutes les expériences de pouvoir du prolétariat, telles que la Commune de Paris de 1871, la Révolution Russe de 1917, la Révolution Chinoise de 1949, et à leurs résultats. Pour autant, nous n’exigeons pas, pour nous rejoindre, une connaissance historique ou théorique particulière. Cette connaissance s’acquiert dans la pratique, la formation, et le débat.

TouTEs ceux et celles qui le souhaitent sont les bienvenuEs, qui veulent s'inscrire dans un engagement régulier dans l'action, la réflexion et l'organisation, pour la révolution dont le pays a besoin.

Rédigé par OCFR

Publié dans #Actualité de notre organisation

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