ACCORDS PS/MEDEF/CFDT : la solution passe par la lutte !

Publié le 9 Mars 2013

ACCORDS PS/MEDEF/CFDT :

LA SOLUTION EST DANS LA LUTTE !

Mercredi a été présenté le projet de loi issu de l'accord signé entre les représentants du patronat, l'Etat et plusieurs syndicats minoritaires. Il est présenté comme un accord « donnant / donnant » alors qu'il s'agit uniquement de briser le code du travail pour nous rendre toujours plus corvéables à merci ! C'est une offensive majeure de la part des capitalistes contre les droits que nous avons acquis de haute lutte qui se déroule en ce moment !

LA FIN DU CDI, DES CONVENTIONS COLLECTIVES, DES RECOURS AUX PRUD'HOMMES

Le texte de loi reprend points par points l'accord passé entre le MEDEF et les syndicats minoritaires :

RECOURS PRESQUES IMPOSSIBLES CONTRE LES LICENCIEMENTS INDIVIDUELS OU COLLECTIFS: Plus besoin de plans sociaux à négocier pour les patron-ne-s tant qu'ils et elles proposeront un reclassement – bidon, comme d'habitude ! Si les salarié-e-s refusent le reclassement, on pourra aussitôt les virer par une nouvelle procédure. Sinon, il sera toujours possible de faire « homologuer administrativement » les plans sociaux. Ils deviendront très difficiles à contester. Les Prud'hommes sont rendus totalement impuissants.

LA FIN DU DROIT DU TRAVAIL: A la moindre déclaration de « difficultés » Les patron-ne-s pourront nous imposer une baisse de salaire et une augmentation de notre temps de travail. Notre contrat de travail pourra tout le temps être remis en cause. Les conventions collectives n'auront plus aucune valeur : ce seront des négociations boites par boites, bien plus défavorables aux salarié-e-s qui auront lieu. Le droit du travail lui même ne voudra plus rien dire : ces accords seront au dessus de la loi!

VERS LA PRIVATISATION DES CAISSES DE SECURITE SOCIALE : La santé des salarié-e-s livrée aux assurance privées ("comlémentaire santé", qui se substitue à l'URSSAF sans offrir d'ailleurs aucun remboursement supplémentaire).

Le droit au chômage individualisé selon le temps travaillé par chaque salarié-e ("droits rechargeables") .

DES SALARIE-E-S JETABLES A TOUT INSTANT: Le temps de travail prévu par notre contrat ne voudra plus rien dire : nous pourrons être mis-e-s aux chômage partiel très facilement. Sera expérimenté un « contrat intermittent » : alors que jusque là, lorsqu'une boite nous appelait au jour le jour, c'était illégal. Maintenant, nous serons tous et toutes en interim ! Est prévue une "mobilité volontaire sécurisée" permettant à votre patron-ne de vous envoyer balader dans une autre entreprise, ce qui revient à généraliser la sous traitance .

LE GOUVERNEMENT ACCELERE LA MARCHE

Les « syndicats » qui ont signé cet accord ne représentent qu'une fraction corrompue par l'Etat et le patronat des travailleurs et des travailleuses. Il n'y a qu'eux pour s'en féliciter. La plupart des prolétaires et la grande majorité des travailleurs et des travailleuses ne pourront que s'y opposer.

Alors que le gouvernement prétend prôner le dialogue, alors qu'il a tellement fait traîner le vote de la loi sur le mariage gay au risque de déchaîner les propos homophobes, cette loi doit être votée en urgence : elle sera présentée à l'assemblée le 2 avril. Pourquoi ? Pour nous couper l'herbe sous le pied, pour que nous n'ayons pas le temps de nous mobiliser, et que la seule perspective qui nous reste, c'est d'attendre du parlement quelques menues modifications.

N'ATTENDONS RIEN DU PARLEMENT

Certain-e-s organisations syndicales et politiques nous disent qu'il est possible d'obtenir du parlement un texte qui serait dans notre intérêt. Or, on ne transforme pas un texte qui est dans l'intérêt exclusif du patronat en un texte qui est bon pour les prolétaires et la grande majorité des travailleurs. Entre nous et les capitalistes, il n'y a pas d'intérêt commun.

Dans ce cadre, aucune négociation n'est possible. Cela reviendrait à accepter leur stratégie générale, et a cautionner à demi mots que leurs objectifs sont acceptables.

A moins que nous commettions la terrible erreur de tomber dans le piège de négociations, où le seul mot d'ordre du gouvernement sera « ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable », il nous faut défendre sans concession le retrait total et intégral des projets de réformes.

 Ce texte, amendé ou pas, nous serons contre, nous exigeons son retrait.

De plus, qu'aurions nous à attendre du parlement ? Lui non plus ne représente pas notre intérêt. Encore une fois, il existe des intérêts inconciliable dans la société, entre ceux et celles qui exploitent et ceux et celles qui sont exploité-e-s. Celles et ceux qui nous exploitent, les capitalistes, détiennent non seulement le capital mais aussi le pouvoir politique. Le parlement républicain n'a jamais été qu'une chambre d'enregistrement des décisions des capitalistes. Quelques fois, leur intérêt a été de lâcher quelques miettes aux exploité-e-s. Mais aujourd'hui, en période de crise, le parlement servira de caution démocratique à la régression sociale dans l'intérêt d'une petite minorité de bourgeois-e-s.

Le capitalisme traverse une grave crise. Pour continuer à faire le maximum de profit, les capitalistes n'ont d'autre choix que de rogner sur ce quoi ils peuvent rogner : baisser nos salaires et nous faire travailler plus ! Cette réforme est vitale pour eux. Ce n'est pas en négociant dans les salons cossus de l'Etat entre « partenaires sociaux », pas en allant mendier quelques aménagements aux parlementaires que nous obtiendrons un recul face à cette offensive.

Si les grandes entreprises comme PSA, Goodyear licencient maintenant, si les ouvriers et ouvrières de Renault se voient imposer des accords autour de 7500 licenciements et des reculs en terme de salaires et de temps de travail, ce n'est pas innocent. Ces grandes usines constituent des bastions de la classe ouvrière. Ce qui se passe là bas, c'est ce qui nous arrivera ensuite : nous battre boite par boite contre l'imposition d'accords honteux et de licenciements massifs. Se battre maintenant, c'est éviter de se battre plus tard dans de plus mauvaises conditions. Rejoignons les PSA, les Goodyear dans la lutte !

C'est uniquement par notre mobilisation collective que nous pourrons faire reculer cette offensive ! Celui et celle qui ne se bat pas a déjà perdu. Nous n'avons peut être pas réussi à faire reculer la réforme des retraites en 2010, gage à nous de faire mieux qu'en 2010, d'être plus mobilisé-e-s, plus organisé-e-s et plus déterminé-e-s.

L'Histoire l'a prouvé, toutes les victoires que les travailleurs et les travailleuses ont eu ont été obtenues en arrêtant le travail, en bloquant la production, en occupant massivement les usines et la rue.

PREPARONS NOUS A AFFRONTER

LE POUVOIR BOURGEOIS

Mobilisons autour de nous !

Expliquons la réforme à nos proches, nos collègues, nos camarades de classe !

Mobilisons dans nos boites, lycées, facs ! Organisons des réunions, des assemblées générales !

Rendons nous avec eux aux actions et aux manifestations contre le projet de loi !

Organisons nous !

Organisons nous dans nos entreprises : créons des syndicats, des comités de lutte, rejoignons les syndicats combatifs !

Constituons des comités de lutte locaux pour organiser la lutte à l'échelle de la ville entre les journées d'actions !

ACCORDS PS/MEDEF/CFDT : la solution passe par la lutte !

Rédigé par OC Futur Rouge

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