La révolution sera féministe ou ne sera pas !

Publié le 5 Mars 2017

La révolution sera féministe ou ne sera pas !

Pour un 8 mars de lutte !

Le mot d'ordre de grève des femmes est porté par le syndicat solidaires pour le 8 mars, journée de lutte pour les droits des femmes, depuis plusieurs années. 

Cette année, plusieurs confédérations syndicales, la CGT, FSU et Solidaires appellent à la grève le 8 mars à 15h40. Dans de nombreuses entreprises, des appels à la grève pour la journée entière du 8 mars ont été lancés. Un grève dans la fonction publique, notamment hospitalière, a lieu le 7 mars : le secteur de la santé est très féminisé. Les femmes, toute la semaine, seront mobilisées.

L'OC-FR soutient cette initiative : le 8 mars, ce n'est pas "la journée de la femme" où on nous offre une rose et un épilateur, c'est une journée de lutte pour le droit des femmes, crée par l'Internationale Communiste en 1910 sur une proposition de Clara Zetkin et Alexandra Kollontaï, deux militantes communistes.

Des femmes opprimées et doublement exploitées

Dans un pays comme la France, les violences patriarcales sont massives : une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint. Ce qui est arrivé à Théo parce qu'il est un jeune homme non blanc de quartier arrive à 150 000 femmes par ans. Ces violences ne sont rien d'autre que de la répression.

Les hommes violent les femmes pour leur rappeler par la terreur qu'ils ont tous les droits sur elles. Ils les frappent parce qu'elles refusent l'exploitation domestique. Ils les menacent parce qu'elles sortent dans la rue, parce qu'elles militent. Ils les tuent parce qu'elles osent tenter de les quitter.

La justice ne condamne que rarement ces violences : elle est au service d'un ordre patriarcal, qui sert le capitalisme.

La grande majorité des femmes dans ce pays travaille bénévolement au quotidien. Ce sont elles qui assument la majeure partie des tâches ménagères. Qu'elles effectuent gratuitement ce travail permet à leur patron-ne et à celui de leur éventuel conjoint-e de ne pas avoir à payer de quoi manger dehors tous les soirs, par exemple.

En outre, l'exploitation est au coeur du capitalisme. Les hommes comme les femmes ouvrier-e-s et employé-e-s vendent leur force de travail à des patron-ne-s. Chaque jour, quand, ouvrières, employées, nous allons travailler, notre travail rapporte beaucoup plus d'argent à notre patron-ne que ce que nous recevons comme salaire.

Il n'y a que sur notre travail qu'ils peuvent générer du profit et nous sommes dans le pays où la productivité est parmi les plus élevée au monde. Si nous devions arrêter de travailler dès que nous travaillons gratuitement, nous serions en grève depuis des mois.

Le patriarcat assigne les femmes de classe populaire à des emplois parmi les plus mal considérés et mal payés. Les femmes occupent plus souvent que les hommes des postes d’ouvrières et employées. 

Elles sont donc plus exploitées que les hommes car :
- moins payées qu'eux
- pour des emplois moins payés.
- effectuent du travail domestique gratuit supplémentaire.

Pour un féminisme de classe et anti-impérialiste

Mais toutes les femmes ne sont pas exploitées et elles ne le sont pas toutes au même degré. Les femmes de la bourgeoisie vivent de l'exploitation d'autres femmes. Elles emploient des femmes qui font des ménages. Leurs revenus proviennent de l'exploitation d'autres personnes et animaux. Elles ne sont pas de notre camp et pour elles revendiquer le droit à l'égalité salariale c'est revendiquer le droit de participer de la même manière que les hommes à notre exploitation, elles ont plutôt intérêt à ce que nous continuions à être sous payées

Nous vivons dans un pays impérialiste et les femmes bourgeoises françaises exploitent non seulement les femmes françaises et immigrées dans notre pays, mais aussi dans de nombreux autres pays.

Les femmes des pays dominés et leurs organisations s'abîment les yeux, les mains, dans les ateliers de confection et y meurent comme au Bangladesh. Des femmes arrivent aujourd'hui dans l'état français après avoir fui nos bombes et sont jetées dans la misère. Des femmes sont importées des pays dominés pour être prostituées. Des femmes sans papiers sont surexploitées, esclaves domestiques, bien souvent par des patronnes. Des femmes sont exclues du marché de l'emploi : voilées, trans, roms, psychiatrisées.

Le moteur d'une grève des femmes, ce sont les ouvrières et les employées qui s'épuisent au boulot pour un salaire de misère, leurs organisations de classe, les organisations et collectifs de sans papiers.

Nous revendiquons bien entendu l'égalité salariale, mais nous allons au delà.

Nous nous battons pour mettre fin à l'exploitation et au patriarcat.

En effet, nous ne pensons pas que l'un aille sans l'autre.

Le capitalisme n'est plus capable de générer autre chose que des crises entraînant misère, guerre, répression. Ce système a fait son temps. Sortir du capitalisme, exproprier ceux qui nous exploitent et sont incapables de voir plus loin que le bout de leur nez qu'ils ont rivé sur leurs profits immédiats, organiser collectivement la production pour qu'elle satisfasse les besoins matériels et culturels des travailleurs et travailleuses, voilà la solution.

Mais le patriarcat lui aussi a fait son temps. Il assigne les femmes à des tâches de reproduction (ménage, cuisine, s'occuper des enfants) dans la cellule familiale. Les hommes y trouvent l'avantage de pouvoir occuper l'espace public et de ne pas avoir à réaliser ces tâches. Or aujourd'hui cette situation n'est plus tenable. Les femmes brûlent de pouvoir participer pleinement à l'économie et à la politique. Cela va dans le sens du développement économique. Pour libérer l'économie des carcans qui l'entravent se débarrasser du capitalisme comme du patriarcat est nécessaire.

Nous soutenons les féministes contre la répression sexiste qu'elles subissent y compris dans les milieux dits progressistes et révolutionnaires. Nous soutenons les cadres d'organisations non-mixtes des femmes prolétaires et ouvrières, issues des pays dominés par la France.

La révolution sera féministe ou ne sera pas.

Manifestons à Belleville le 8 mars à 19h30 !

Contre l'exploitation domestique et au travail, contre les violences patriarcales,organisons nous et battons nous ! Toutes en grève le 8 mars !

La révolution sera féministe ou ne sera pas !

Rédigé par OC Futur Rouge

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