Cyber-harcelement : contre la répression sexiste, solidarité féministe !

Publié le 17 Janvier 2017

T.W

Lorsque les femmes dénoncent des agressions sexuelles, des viols ou du harcèlement sexiste, les masculinistes montent toujours au créneau pour exposer leur intimité, les menacer, les harceler, les agresser de nouveau.

En faire taire une, c'est dissuader d'autres de parler, pour eux.

Sur Twitter, une femme qui avait parlé publiquement d'une agression le mois dernier avait été prise pour cible par les membres du forum du site "jeuxvideo.com", antre de jeunes masculinistes actifs sur les réseaux sociaux qui fichent et attaquent les féministes. Elle a lancé un hastag #HELLOJVC" pour dénoncer leur sexisme et a été menacée de viol et harcelée.

Certain-e-s personnes soit disant bienveillantes lui ont dit qu'elle n'aurait pas du lancer ce hashtag.

Cette femme a eu raison de vouloir demander des comptes aux membres de JVC. Les femmes ont raison de se révolter contre le sexisme. La répression qu'elles subissent en retour, ce sont les masculinistes qui en sont responsables. Celles et ceux qui préfèrent critiquer les méthodes des féministes plutôt que de les soutenir font partie de la répression.

JVC appartient à la société Webdia, leader européen du numérique, monopole d'internet, propriétaire d'Allociné, de l'équipe e-sport du PSG, de Norman fait des vidéo et de Cyrpien. Que cette entreprise, saluée par François Hollande comme un fleuron de l'économie numérique, laisse s'organiser les masculinistes sur ce forum ne nous étonne pas.

A la télé, Cyril Hanouna commet des agressions sexistes en direct, Morandini, agresseur pédophile, officie sur I télé malgré l'opposition de nombreux et nombreuses journalistes qui ont préféré quitter la chaîne. Sur Internet, Facebook refuse de sanctionner les harceleurs sexistes,  censure des pages dénonçant les violences conjugales, il faut une mobilisation pour faire fermer des groupes non mixtes hommes où s'échangent des photos de femmes nues dans leur consentement. La justice réprime celles qui se défendent et absous les militaires français pédophiles.

Twitter est également un terrain ou les masculinistes peuvent sévir. Cette semaine, Buffy Mars, une autre féministe, a lancé #HARCELEMENTADOMICILE suite à l'utilisation de données personnelles par un technicien pour la draguer. Elle a été menacée de viol et de mort et harcelée par les masculinistes. Une page Facebook a été créé contre elle. 

Nous vivons dans une société patriarcale où les hommes ont une place privilégiée par rapport aux femmes, reléguées à l'espace privé dans lequel elles sont exploitées et opprimées. Les capitalistes y trouvent leur compte : l'exploitation domestique, c'est du travail gratuit réalisé par les femmes.

Là où il y a oppression, il y a résistance et les femmes se battent et s'organisent pour échapper à l'oppression patriarcale. Une large partie des hommes n'est pas prêt à renoncer à ces privilèges et combattent celles qui tentent de se soustraire à leur domination ou la dénoncent. Dans l'espace privé, ce sont les viols, les violences, séquestrations. Dans l'espace public, le harcèlement, la diffusion de rumeurs issues des fantasmes des masculinistes, l'exposition de l'intimité des femmes (photos, récits pornographiques) pour les atteindre dans leur intégrité et les exclure socialement.

Le harcèlement sexiste, l'exclusion sociale des femmes qui menacent les privilèges masculins, qu'elles osent dénoncer les violences, qu'elles refusent de se placer sous la domination d'un homme a toujours existé.

Les médias puis les réseaux sociaux ont aggravé les choses. Les campagnes de harcèlement contre des femmes dépassent le cercle local, les réseaux sociaux permettent aux masculinistes de s'organiser et de lancer des campagnes massives, les photos et textes postés sont durs à effacer.

Les campagnes de harcèlement  sexiste ont des conséquences dans la réalité. Certaines femmes se suicident. L'exclusion sociale les fragilise socialement et psychologiquement augmentant leur vulnérabilité aux agressions sexistes. Ce n'est pas pour rien que les menaces de viol et de violences accompagnent le cyber-harcèlement. Il vise à anéantir socialement les femmes à défaut de pouvoir les anéantir physiquement. Ce n'est pas un jeu, c'est de la répression. La vie de femmes est menacée par celle-ci.

Nous nous tenons auprès de celles et ceux qui, victimes de violences patriarcales, osent les dénoncer et font face à la répression. Nous nous tenons aussi auprès de celles et ceux qui sont muselé-e-s par celle-ci. Nous nous tenons auprès de celles et ceux dont le comportement ou l'identité de genre bouscule l'ordre patriarcal et sont désigné-e-s du doigt.

Nous sommes communistes et voulons mettre fin au système patriarcal.

Nous considérons comme antagonique avec nos objectifs l'anti-féminisme. C'est un combat d'arrière garde mené par ceux qui ne veulent pas perdre leurs privilèges.

Le patriarcat a largement fait son temps, aujourd'hui, et c'est parce qu'il est aussi pourrissant que les masculinistes défendent aussi ardemment leurs privilèges menacés.

Nous regrettons qu'une large partie des milieux progressistes et révolutionnaires préfère préserver les privilèges masculins de ses membres, combattre et exclure celles qui dénoncent les violences ou tolérer la répression contre les féministes.

Nous ne considérons pas notre confort politique dans les milieux militants comme étant supérieur ou principal nos objectifs révolutionnaires.

Nous préférons nous tenir auprès de la grande masse de celles et ceux qui sont révolté-e-s par le patriarcat et se battent chaque jour pour s'en émanciper.

La victime de harcèlement de la part des membres de JVC souhaite recueillir des témoignages de personnes victimes de harcèlement de ceux ci sur ce tumblr  et à cette adresse mail : hellojvc1825@gmail.com

Contre toutes les formes de répression sexiste, solidarité féministe !

Cyber-harcelement : contre la répression sexiste, solidarité féministe !

Rédigé par OC Futur Rouge

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