Pas de justice pas de paix ! Justice pour la famille Traoré !

Publié le 22 Décembre 2016

Pas de justice pas de paix !
Justice pour la famille Traoré !

Le 14 décembre, Youssouf et Bagui Traoré, deux frères d'Adama Traoré, jeune homme noir tué par la police il y a cinq mois à Persan, sont passés en jugement au Tribunal de Pontoise. Ils ont été condamnés, pour Youssouf, à trois mois d'emprisonnement et pour Bagui, à cinq mois d'emprisonnement et à deux ans d'interdiction de séjour à Persan. Il reste en prison. Son frère et lui font appel de la décision de justice.

Quelques semaines plus tôt, la maire de Persan avait annoncé porter plainte contre leur soeur, Assa Traoré. La maire n'avait jamais daigné présenter ses condoléances ou apporter le moindre soutien à la famille d'Adama Traoré et ose se plaindre d'être mise en cause par le comité de soutien.
Des rassemblements ont été organisés devant la mairie à l'occasion de conseils municipaux et réprimés. C'est à cette occasion qu'une policière s'est gazée elle-même, ce qui a servi de prétexte à la mise en cause des deux frères Traoré, arrêté quelques jours plus tard.
Dossier vide, procédure bâclée, n'ont pas empêché le Tribunal de condamner les deux frères. L'urgence pour l'Etat, de la mairie au Tribunal en passant par la préfecture, c'est de faire taire cette famille qui s'est engagée pour réclamer justice suite au meurtre de leur jeune frère Adama.
Ce jeune homme essayait simplement d'échapper à un contrôle de police afin d'éviter ce qui pourrait arriver si la police lui mettait la main dessus sans ses papiers. Et ce qui pourrait arriver est malheureusement arrivé.

La mobilisation a permis d'obtenir de la justice que soient nommés 3 juges pour s'occuper de l'affaire.

Le procès des frères Adama est un procès politique. La répression, dans nos quartiers, ce n'est pas une affaire de lutte contre la criminalité, contre le terrorisme, contre le trafic de drogue. C'est une répression politique, raciste et de classe.

Nous avons en face de nous une petite minorité de privilégié-e-s qui vit dans l'opulence. Sa richesse, elle la tient de l'exploitation et du pillage. La bourgeoisie pille des ressources naturelles des pays dominés, réalisé au prix de massacres coloniaux et de guerres effroyables, exploitation des ouvriers et ouvrières de ces pays maintenus sous la férule de dictateurs amis de la France. Elle importe des millions de ces travailleurs-euses pour venir travailler dans les usines, les chantiers, faire le ménage et s'occuper de ses enfants en France. Elle les entasse dans des taudis ou des barres HLM de lointaine banlieue parisienne, surexploite celles et ceux qui n'ont pas de papiers. Et elle écrase celles et ceux qui osent relever la tête.

Seulement, les bourgeois-ses ne sont qu'une toute petite minorité, et ils/elles ont largement fait leur temps. La bourgeoisie a peur, donc elle construit des figures de délinquant-e-s, elle construit des figures de terroristes, en essayant d'entraîner la partie blanche des classes populaires derrière elle.

La France a été à la pointe de la théorisation de la contre-insurrection face aux luttes des peuples asiatiques et africains qui se sont soulevés pour obtenir leur indépendance. Elle utilise dans nos quartiers les mêmes méthodes.

Les forces de répression au service de la bourgeoisie tirent des milliers de balles pour abattre des hommes et des femmes retranchés dans un immeuble de Saint Denis avec un pistolet, tirent sur les occupant-e-s innocent-e-s, pour terroriser toute la population de la ville.

Elles passent à tabac et tuent de leurs mains des jeunes hommes parce que noirs. Elles tirent sur des chiens en pleine journée au pied des tours des 4000 à la Courneuve.

Les hélicoptères braquent des projecteurs le lundi matin à 6h30 sur les barres HLM de banlieue et survolent tous les soirs la Seine Saint-Denis, tandis qu'en silence, les drones filment.

Elles perquisitionnent des milliers de musulmans et musulmanes, saccagent des mosquées, forcent les femmes à se dévoiler.

Elles embarquent, emprisonnent, laissant des femmes et des enfants sans ressources, frappent, violent.

Elles s'attaquent à quiconque contrecarre leur plan. Elles enferment des militant-e-s basques en train de déposer les armes et en extradent d'autres réfugié-e-s depuis des années en France. Elles enferment des militant-e-s politiques en utilisant des montages aussi grossiers que celui contre les frères d'Adama.

Elles peuvent utiliser des nervis fascistes et des barbouzes pour faire ce que la police ne peut pas faire, torturer, tuer, mettre le feu à des foyers. On peut citer en exemple un incendie volontaire au foyer cara à Saint Ouen. Le feu était parti de poussettes de familles roms et avait ravagé le rez de chaussée. Plusieurs familles avaient été blessées. Quelques jours après, la police avait tazé de multiples fois des individu-e-s tentant de se réfugier dans la tour et cassé les vitres des camions des familles roms qui terrorisées préféraient dormir en bas.

On nous parle de démocratie, on nous parle de justice, de liberté d'expression, mais la seule démocratie et la seule justice, ce sont les leurs, pour eux et elles, contre nous.

Ces dernières années, l'impérialisme français, en crise, est hyper agressif militairement. Sur le territoire, elle cherche à nous exploiter toujours plus, étouffer les révoltes par une répression qui va crescendo. Plus d'un an d'état d'urgence derrière nous, sans cesse reconduit, des policiers et policières autorisé-e-s à porter leurs armes hors de leurs heures de service. Le droit à la légitime défense des policiers et policières a été réformé, pour couvrir toujours plus leurs exactions. Après les attentats du 13 novembre, l'Etat avait promis une offensive massive contre les quartiers populaires décrits des nids délinquants et de terroristes.

Ils ont raison de se méfier des quartiers populaires.

Notre exigence de justice, notre liberté d'expression les menacent.
Nous exploiter, toujours plus, voici leur intérêt, nous forcer à courber l'échine.
Nos intérêts sont inconciliables.
La bourgeoisie a l'armée, la police, les médias, mais cela ne change rien, c'est une petite minorité. Ils n'ont pas empêché la mobilisation contre la Loi Travail, malgré une forte répression.
Nous sommes habitué-e-s à la patience, nous sommes habitué-e-s à la galère, à l'humiliation. Eux et elles sont habitué-e-s à humilier et à obtenir tout ce qu'ils et elles veulent tout de suite.
Redevenir maîtres et maîtresses de nos destins, c'est construire des solidarités et s'opposer à leurs plans. C'est ce que fait l'entourage d'Adama Traoré et la population de Persan. Nous saluons leur courage.


Comme eux et elles, nous devons lutter. Les quartiers populaires sont des foyers de résistance que la bourgeoisie veut briser, mais elle n'y parviendra pas. La lutte vaincra !

Un mur "anti-dealers" à Emile


Autre exemple, à Saint Ouen, la semaine dernière, l'OPHLM avait décidé de murer la cité "Michelet-Bauer" et ses habitant-e-s pour "lutter contre le trafic de drogue". Le matin, les habitant-e-s se sont mobilisé-e-s pour empêcher la construction du mur, construction sous surveillance policière. Une habitante a été arrêtée. Les habitant-e-s ont pétitionné et ont obtenu l'arrêt de la construction du mur... et la destruction du mur qui avait été construit à la cité voisine d'Emile Cordon, voilà deux ans, par la municipalité PCF. Dans cette ville en plein embourgeoisement, c'est une victoire contre la volonté de chasser les classes populaires de la ville.

Notre force, c'est dans le collectif et la solidarité que nous les créons !

Soutenons Youssef, Bagui et Assa Traoré contre la répression, nous voulons la Justice pour Adama et pour toutes celles et ceux qui sont mort-e-s sous les coups de la police, pour tous nos frères et nos soeurs qui croupissent en prison.

Liberté pour Youssef et Bagui Traoré ! Arrêt des poursuites contre Assa Traoré ! Justice pour Adama, justice pour nos quartiers ! A bas l'état raciste ! Notre force est dans la solidarité !

Rejoignons les différentes initiatives en soutien notamment la manifestation du 28 décembre à 18 heures place Saint Bernard contre tous les racismes et celle du 19 mars contre les violences policières!

Pas de justice pas de paix ! Justice pour la famille Traoré !

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Paris, #racisme,, #Antifascisme

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