Que ce soit en Turquie comme en Syrie, la lutte continue !

Publié le 23 Février 2016

L'État turc continue son opération militaire de répression à l'encontre du peuple kurde. C'est une véritable guerre ouverte, avec des meurtres massifs et des accusations outrancières, que le gouvernement turc mène contre les kurdes de Turquie, mais aussi contre les Kurdes de Syrie.

 

Par ailleurs, tout en cherchant à créer un consensus contre le soi-disant "terrorisme" kurde en Syrie et en Turquie, le gouvernement turc en profite pour réprimer tou-te-s les empêcheur/euse-s de massacrer en rond au sein de sa population: le mouvement ouvrier et ses syndicats, les intellectuels progressistes et pacifistes, les mouvement féministes et LGBTI (qui entretiennent des relations de solidarité mutuelle anciennes avec le mouvement national kurde) les minorités nationales (notamment les Alévi-e-s et les Arménien-ne-s), les organisations communistes.

 

Depuis sa fondation l'OC-FR entretient des relations de solidarité avec les militant-e-s communistes et progressistes d'Anatolie exilé-e-s en France, qu'ils/elles soient kurdes, arménien-ne-s, alévi-e-s et turc-que-s. Ces relations de solidarité sont fondées sur la lutte contre les accord entre les gouvernements turcs et français pour la répression des militant-e-s révolutionnaires. Elles sont aussi fondées sur la volonté de profiter de la riche expérience révolutionnaire qu'ils/elles ont accumulé dans un contexte de répression très forte. Nous nous en sommes toujours tenu à une position de non ingérence dans les contradictions internes du mouvement révolutionnaire en Anatolie, car nous pensons que, face à la répression de notre Etat, la solidarité de classe ne se monnaye pas. Nous avons régulièrement soutenu des militant-e-s emprisonnées en France au nom de leur supposée appartenance au Front Révolutionnaire de Libération du Peuple (DHKP-C) tout en ne partageant pas les prises de positions de cette organisation contre le mouvement national kurde. Nous continueront à les soutenir malgré cette divergence.

 

Nous considérons que le mouvement national kurde en Turquie, alliance de plusieurs classes, fait de facto partie intégrante du mouvement révolutionnaire mondial. Nous sommes pour ce qui nous concerne solidaires des luttes des peuples opprimés par l'impérialisme français, et dénonçons l'opportunisme des organisations chauvines française qui refusent de soutenir-par exemple-les militant-e-s basques emprisonné-e-s sous prétexte qu'ils/elles seraient "nationalistes petits-bourgeois", "identitaires" ou "réactionnaires sans le savoir". Dans les années 60-70 l'époque ou la plupart des organisations communistes turques ont commencé à construire leurs analyses et leur programme, le développement des forces productives était beaucoup plus faible en Anatolie, les survivances de formations sociale antérieures au capitalisme étaient beaucoup plus puissantes, l'impérialisme US était omniprésent. Il est relativement compréhensible que l'idée d'une lutte de libération nationale contre l'OTAN et les Etats-Unis continue encore aujourd'hui d'apparaître comme principale à beaucoup de militant-e-s communistes de l'Etat turc par rapport à la lutte des peuples opprimés par l'Etat turc. Plus compréhensible en tout cas que l'obstination de certaines organisations opportunistes de l'Etat français a présenter la bourgeoisie française comme "vassale de Washington et de Berlin" alors que la bourgeoisie française est impérialiste depuis les années 1880 et ne participe à l'OTAN, à l'Europe capitalistes et aux différents blocs réactionnaire où elle adhère qu'en fonction de ses propres intérêts bien compris.

 

Nous apprécions tout particulièrement l'attitude internationaliste de la majorité des organisations communistes en Turquie envers le mouvement national kurde. Cet internationalisme peut prendre des formes différentes, certaines organisations ont fait le choix d'entretenir des liens organisationnels étroits avec le mouvement national, d'autres de garder une plus grande autonomie. Il serait paternaliste et présomptueux de notre part de prétendre distribuer des bons et des mauvais points à des organisations devant faire des choix stratégiques et tactiques dans une situation d'une complexité et d'une richesse inouïe. Nous apprécions les nouvelles solidarités apparues à la faveur des derniers événements, notamment le fait que des combattant-e-s de différents groupes communistes combattent au coude à coude au sein du Bataillon de Libération du Rojava, contre Daesh et les autres milices réactionnaires au Kurdistan de Syrie.

 

De façon générale, le mouvement révolutionnaire en Anatolie nous propose des analyses plus avancées sur les questions des luttes démocratiques et féministes, sur la question des peuples opprimés, des minorités nationales et religieuses, sur la question de l'écologie et du droit à la vie des différentes espèces. Tout un tas de question que les opportunistes considèrent comme "secondaires" dans l'Etat français. Apprendre de cette richesse pour nos propres luttes, ce n'est certainement pas de l'exotisme révolutionnaire ou du cosmopolitisme.

 

L'OC-FR continue à suivre avec attention l'actualité du Kurdistan et de l'Anatolie, et apporte son soutien aux organisations kurdes et turques dans la mesure de nos forces limitées. Nous menons campagne avec les forces démocratiques et progressistes solidaires du Kurdistan et des peuples du Proche-Orient, auprès des militant-e-s kurdes et turc-que-s présent-e-s en Europe. C'est notre responsabilité en tant qu'internationalistes, alors que l'état français, allié d'Erdogan, mène la guerre en Syrie.

 

Les impérialistes veulent à nouveau réorganiser le partage du Proche Orient, et sont prêts à fermer les yeux sur les revendications kurdes, pour satisfaire leur alliance avec la Turquie. Le PYD n'a ainsi pas été autorisé à participer à la conférence de Genève, où les différents acteurs du conflit en Syrie se retrouvent. Pendant ce temps, la Turquie bombarde les bases kurdes en Irak et en Syrie, pourtant en première ligne sur le front contre Daesh, et surtout les premiers à avoir engagé les combats contre eux.

 

En France, nous devons nous mobiliser pour que l'état français cesse son soutien actif à la guerre contre le peuple kurde et à la répression des mouvements communistes, démocratiques et pacifiste dans toute l'Anatolie. De nombreux initiatives ont déjà eu lieu. Un rassemblement internationaliste a eu lieu récemment pour soutenir le TKP/ML. L'OC-FR y était présente. Nous reproduisons ci-dessous l'allocution qu'un de nos camarades y a prononcé :

 

SALUT INTERNATIONALISTE AU TKP/ML ET AU TIKKO
(Allocution prononcée à l’occasion du rassemblement du 13 février)
Nous, Organisation Communiste-Futur Rouge, tenons à donner notre salut internationaliste au TKP/ML et au TIKKO et l’assurer de notre solidarité face au régime turc, membre de l’OTAN et allié privilégié de l’Impérialisme français.
Si les Etats impérialistes et réactionnaires sont unis pour traquer les révolutionnaires et réprimer les peuples aux quatre coins du monde, de la même façon les révolutionnaires et les peuples du monde doivent construire leur solidarité dans la lutte.
La bourgeoisie turque a emprunté son idéologie à la bourgeoisie impérialiste française. Mélange de positivisme et de darwinisme social, cette idéologie ne pouvait déboucher que sur des massacres. Quand la bourgeoisie turque a accompli son accumulation primitive de capital dans le sang d’un million 600 000 Arménien-ne-s, c’était en se cachant derrière la devise de « Liberté, Egalité, Fraternité ». En France, cette même devise avait servi à justifier le massacre des peuples d’Indochine, d’Algérie et d’Afrique. 
Ibrahim Kaypakkaya a eu le mérite historique de rompre avec les fausses analyses qui faisaient du kémalisme un phénomène national-bourgeois et de démontrer que le kémalisme était bien une des premières formes de fascisme.
Nous saluons avec respect la mémoire d’Ibrahim Kaypakkaya qui a été une source d’inspiration pour nous.
Pour nous, jeunes révolutionnaires, qui ont grandi dans un monde où les Etats socialistes s’étaient effondrés, les avancées du TKP/ML et du TIKKO ont été une lueur dans la nuit de l’Impérialisme et de la réaction.
De la même façon, pour nous jeunes révolutionnaires des pays impérialistes, la camarade Kinem, Barbara Anna Kistler, a été un exemple d’internationalisme vivant.
Aujourd’hui, l’impérialisme français, de concert avec l’Etat turc, sème le chaos au Moyen-Orient, entraînant le départ de centaine de milliers de réfugié-e-s. L’impérialisme français utilise ces réfugié-e-s comme boucs émissaires pour faire oublier sa crise. Nous devons marquer notre solidarité avec ces prolétaires face aux violences de la police française et des milices fascistes
Nous devons également soutenir les prisonnier-e-s politiques turc-que-s, kurdes et alévi-e-s persécuté-e-s par l’Etat français pour le compte de l’Etat turc.
Notre mission historique est d’abattre l’Impérialisme français, ce qui sera le meilleur service à rendre à tous les peuples du monde.
VIVE LE TKP/ML ! VIVE LE TIKKO !
VIVE L’INTERNATIONALISME PROLETARIEN !
VIVE LE COMMUNISME !

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Turquie, #Syrie, #kurdistan

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