Incendie criminel au foyer CARA

Publié le 6 Décembre 2015

Jeudi, un incendie criminel a ravagé le rez de chaussée du Foyer Cara.

Les 200 habitant-e-s du bâtiment se sont retrouvés bloqués par les flammes et menacés d'asphyxie.

Les habitant-e-s ont ouvert leurs fenêtres et se sont adressé-e-s aux habitant-e-s du quartier pour leur demander de prévenir les pompiers que peu arrivaient à joindre.

Des riverains sont venus soutenir les habitant-e-s. La police une fois sur place a tout d'abord menacé ces riverains, complètement paniquée. Il a fallu les supplier de se calmer. Et de considérer les conséquences de morts au cara pendant l'état d'urgence, à savoir que les vies parties en fumée de nos camarades, cohabitant-e-s, ex-cohabitant-e-s et ami-e-s allumeraient d'autres incendies en banlieue pour qu'ils prennent en charge la tâche de sécuriser les habitant-e-s.

La sécurité des banlieusard-e-s et notamment de la population du foyer en très grande majorité noir-e-s arabes et roms n'est pas une priorité pour l'état qui criminalise les mal logé-e-s du 93, particulièrement après les attentats du 13 novembre. Pas d'état d'urgence pour sauver les habitant-e-s du cara. Pas d'hélico pour évacuer "Carayevo".

200 personnes sont menacé-e-s de mort par un acte criminel et la réaction des forces de l'ordre est de les considérer eux comme des criminels et les secours tardent. Toutes les vies ne se valent pas dans ce pays.

Les pompiers ont mis plusieurs dizaines de minutes à arriver. Alors que les habitant-e-s suppliaient ceux ci d'intervenir, ils ont attendu que 8 camions de pompiers soient là pour venir éteindre l'incendie pourtant circonscrit au rez de chaussée, ne voulant pas prendre le risque d'intervenir dans la tour sans une solide équipe.

Cela a éveillé la méfiance des habitant-e-s qui ont craint d'être expulsé-e-s.

Il n'y a pas eu de mort-e-s grâce à la solidarité du quartier mais une personne à sauté par la fenêtre et plusieurs personnes sont tombées dans les escaliers et certain-e-s ont été brûlé-e-s et ont failli mourir étouffées par la fumée.

L'eau et l'électricité sont toujours là, les habitant-e-s ne se laisseront pas déloger par un incendie. Ils et elles appellent à la solidarité pour nettoyer les dégâts et réclament leur relogement.

Nous nous félicitons que tous et toutes soient sain-e-s et sauf-ve-s et que les forces de l'ordre aient entendu ce que nous leur disions. Nous sommes solidaires depuis deux ans des habitant-e-s du Foyer. Des centaines de personnes y sont passées et y passent et y ont tissé des liens de solidarité. Les forces de l'ordre si elles ne s' étaient pas ressaisies aurait pu placer tout l'état en face d'une situation qu'il aurait eu du mal à gérer, dans le climat de tension actuel, avec tout son arsenal répressif déjà mobilisé suite aux attentats et à la cop 21.

Nous apprenons le même jour l'expulsion d'ancien-ne-s habitant-e-s du cara de leur squat à Saint Denis. Assez de répression dans nos quartiers.

Solidarité avec les mal logé-e-s. A bas le racisme d'état

Rédigé par OC Futur Rouge

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