Le coeur de l'Etat est d'uranium

Publié le 5 Novembre 2014

Le cœur de l’Etat est d’uranium
 

Depuis plusieurs jours, des drônes survolent les centrales nucléaires de l'état Français. Personne ne saurait d'où viennent ces engins. Greenpeace, se sentant menacé, fait scandale. Pour eux il faudrait améliorer la sécurité des centrales face aux risques terroristes. En réalité, ce discours revient à soutenir l'impérialisme français, à exiger de l'Etat plus de surveillance de sa population. Nous, communistes, nous ne cherchons pas à colmater les brèches dans la surveillance de l'Etat et dénonçons l'impérialisme français, question qui est pour nous centrale dans la politique nucléaire de la France.

 

Le nucléaire est un choix guidé par la recherche du profit

 
Le nucléaire, en France, permettrait la production d'électricité à bas coût et d'assurer notre confort.
Mais le choix d'avoir développé un parc nucléaire assurant les trois quart de la production d'électricité en France n'est absolument pas guidé par la recherche de la satisfaction de nos besoins. Les capitalistes ont donné pour mandat à l’Etat d’assurer la production énergétique dans l’Etat français pour pouvoir que la production industrielle soit assurée. Non pas, encore une fois, pour satisfaire nos besoins, mais pour que ceux qui détiennent cette industrie puissent continuer à en tirer des profits… par l’exploitation de notre travail.
Le secteur de l'énergie est stratégique pour l'Etat et pour les capitalistes. Le nucléaire, qui a quasi monopole sur la production d'électricité est un élément au cœur même de l’Etat français.
 
Le nucléaire n'est pas un « service public »
 
Que les centrales soient gérées par une entreprise publique ne doit pas nous rassurer. Un monopole d'Etat comme EDF est lié aux monopoles privés. Le CV de Proglio, qui était à la tête d'EDF, en est un parfait exemple. Tout le monde le sait très lié à Veolia, mais il est aussi membre du CA de Natixis (Banque) et de Dassault Industrie (armement). Areva, privée, est également un acteur majeur du nucléaire en France (fabrication de combustible, traitement des déchets, développement des centrales). A EDF d'assurer les activités à faible valeur ajoutée, au privé de se gaver.
Ce n'est pas parce qu'une entreprise appartient à l'Etat qu'elle ne recherche pas le profit. EDF n'hésite pas à rogner sur la maintenance des centrales et a tout sauf envie d'assumer le coût du démantèlement des centrales vieillissantes. EDF a recours à une pléthore d'entreprises privées afin d'alléger le coût de la main d’œuvre. Ces ouvrier-ères sont en première ligne et sont exposé-e-s à des risques réels. En 2008, à St Alban, 15 travailleur-euse-s d'une entreprise extérieure ont été irradié-e-s.
Balayons toute illusion comme quoi le nucléaire, entre les mains de l'Etat, serait entre de bonnes mains. Henri Proglio est par exemple très lié à l'homme d'affaire mafieux Alexandre Djouhri. Celui-ci intervient directement auprès d'Areva et d'EDF. Public, privé, hommes d'affaires douteux... Quel cocktail ! Il ne manque que les services secrets !
 
Une société nucléaire, une société sécuritaire
 
Or, bien sûr, ceux-ci sont de la partie. Une société nucléaire, c'est une société qui cultive le secret d'Etat au nom de la sécurité nationale. Le sceau du secret d'Etat permet à tout de ce beau monde de magouiller discrètement, de mener une diplomatie secrète, une politique industrielle qui a des incidences importantes sur nos vies, en toute opacité.
La sûreté d’État lui permet de cultiver le secret, mais nous, nous devrions être transparent-e-s ! Au prétexte de nous protéger du risque nucléaire, nous devrions être prêt-e-s à accepter de vivre dans une société ultra-sécuritaire. L'espionnage industriel et le risque terroriste légitiment que l'Etat et les entreprises privées puissent tout connaître de nous.
 Le risque terroriste est un prétexte pour nous faire accepter que l'armée soit prête à intervenir sur le sol français. En effet, pour protéger l’espace aérien au dessus des centrales nucléaires, les avions de chasse de l’armée française sont toujours prêts à intervenir. En cas d’accidents, l’armée de terre se tient elle aussi prête à occuper militairement les villes concernées. La vallée du Rhône, ultra-nucléarisée, est particulièrement surveillée par l’OTAN.
Les actions de Greenpeace d’envahissement des centrales nucléaires tentent de prouver que les centrales ne sont pas assez surveillées. Nous trouvons, nous, que nous sommes déjà bien assez surveillés comme cela. ‘L’espionnage industriel, les risques terroristes liés aux contradictions entre les impérialistes français et leurs concurrents, ce n’est pas notre problème, c’est celui des impérialistes. S’il y a des failles dans la capacité de notre Etat à tout surveiller, à tout contrôler, comme le prouve la récente affaire des drones, et bien, tant mieux pour nous.
 
Un des fers de lance de l'influence (néfaste) française sur le monde
 
Stratégique pour le contrôle des populations et le dégagement de profits pour les capitalistes sur le territoire français, le nucléaire est aussi stratégique pour l'influence de la France au niveau mondial.
La France est un pays impérialiste : elle a les moyens d'assurer des débouchés pour sa production et sa domination sur d'autres pays. Cela permet de rapporter aux capitalistes français encore plus de profits.
Le savoir faire nucléaire français est exporté partout dans le monde. La France cherche à s'assurer un monopole sur l'énergie nucléaire dans le monde. Outre de l'argent, cela lui permet aussi d'entretenir de bonnes relations avec les pays émergents. Très présente aux USA, Areva a remporté de nombreux marchés en Chine. L'entreprise Decote, par exemple, à Feyzin, exporte des électrovannes pour des réacteurs au Mox actuellement construits en Chine. Areva cherche également à obtenir des marchés en Inde.
Là encore, c'est le secret qui règne dans les négociations.
En outre, le nucléaire civil et le nucléaire militaire ne sont pas séparés. C’est d’abord pour construire des bombes qu’a été construite une usine d’enrichissement à Pierrelatte, c’est par un partenariat entre l’armée et la COGEMA qu’était gérée la première usine d’enrichissement d’uranium. L’enrichissement à des fins militaires n’a été arrêté que dans les années 90.
L’arme nucléaire est  l’un des éléments stratégique permettant à la Fran
ce de se maintenir au rang des puissances impérialistes, face aux USA, au sortir de la seconde guerre mondiale. Les essais nucléaires réalisés par la France dans ses colonies, démonstrations de force, ont vitrifié le désert, contaminé l’environnement. la France s’est servie des polynésien-ne-s et de militaires comme de cobayes humains, peu ont été indemnisés
La possession du savoir et des technologies militaires nucléaires est un moyen pour la France dans la deuxième partie du 20ème siècle de nouer des alliances avec d’autres Etats. L’Iran devait bénéficier d’uranium enrichi et le retournement de l’Ayatollah Khomeiny contre l’USA et la France a occasionné d’houleuses négociations. La France est responsable de la possession de l’arme atomique par Israël.
Le nucléaire est inséparable de l’impérialisme français, on ne peut lutter contre lui sans s’attaquer à cette question
 
L'indépendance énergétique ? Non ! Le pillage et la guerre !
 
Nos capitalistes ne se mobilisent pas que pour (essayer) de vendre du nucléaire au monde entier. Le nucléaire a une autre incidence sur la politique internationale de la France.
On nous rabâche à longueur de temps que le nucléaire permet l'indépendance énergétique de la France. Or, il n'y pas de mines d'uranium en France, cela se saurait. D'où vient la matière première transformée en France en combustible ?
Notre pays est un pays en guerre, un pays qui mène opérations militaires sur opérations militaires en Afrique. Intervenir au Mali, c’était réaffirmer le contrôle de la France sur les mines d’uranium du Niger, sur lesquelles lorgne la Chine.
 
La présence de la France au Niger est contestée, ce qui entraîne par exemple les enlèvements de cadres d’AREVA. Qu'est ce qu'ils font au Niger, ça on ne nous l'explique jamais. Areva exploite au Niger des mines d'Uranium. Bien entendu, à part quelques politiciens corrompus, les peuples du Niger ne reçoivent rien en échange. Ou si : un paquet de radiations. Les conditions de travail dans les mines sont exécrables.
Les enlèvements de cadres d'Areva sont, une fois ce cadre posé, tout à fait logiques. Pour assurer la sécurité du pillage français sur place, l’État déploie sa force armée au Niger. Le nucléaire nous mène à la guerre et à l'écrasement de la colère légitime de peuples. La France est peut être énergétiquement indépendante des autres pays dominants, mais les peuples d'autres pays le payent de leur sang.
 
La recherche du profit fait fi de la pollution et des risques
 
Le nucléaire français tue donc déjà. Nous n'avons aucun intérêt à accepter cela, nous ne bénéficions que de quelques miettes de l’impérialisme français aux prix du sang de nos frères et sœurs du Niger, du Mali.
Mais nous sommes aussi menacés directement par le nucléaire. Les incidents se répètent dans les centrales nucléaires. Les institutions manient l’art de les minimiser. Dans la filière de production de combustible, il arrive aussi parfois des incidents. Entre les irradiations, la toxicité de l’uranium, des produits chimiques utilisés par la filière, cette industrie est dangereuse pour les travailleurs et travailleuses du nucléaire, les riverains et l’environnement.
Le démantèlement des centrales pose lui aussi de sérieux risques écologiques. L’usine Georges Besse exploitée par Eurodif de production d’uranium va être démantelée en utilisant des produits chimiques très dangereux, de façon totalement expérimentale, occasionnant une double menace pour l’environnement et les habitants et habitantes de la vallée du Rhône, nucléaire et chimique.
A vrai dire, ceux qui dirigent l'Etat et ceux qui nous exploitent au travail n'en ont rien à faire de notre sécurité. Ils n'en ont rien à faire de laisser sur les bras des générations suivantes des tonnes de déchets irréductibles et hautement radioactifs.
La question du nucléaire est révélatrice de la faillite du capitalisme. Chaque capitaliste recherchant le profit, toutes les infrastructures qu'ils développent sont au service de cet objectif. Même si cela doit mettre en danger des populations et pourrir la planète. Seule compte la recherche du profit immédiat, et après moi le déluge.
Cependant, la question du nucléaire doit être mise en perspective. La production énergétique est une question stratégique. Le territoire de la France n’est pas vraiment riche de ressources naturelles permettant de satisfaire les besoins des capitalistes en énergie. Remplacer le nucléaire par une autre énergie, c’est se heurter toujours aux mêmes questions, celles du pillage des ressources naturelles et la surexploitation d’autres peuples. Et ce, tant que la loi du profit régnera. Ce n’est pas l’énergie qu’il faut remplacer, c'est surtout détruire notre impérialisme et remplacer le capitalisme par un autre système économique.
La science et à plus forte raison la technologie ne sont pas neutres, pas au dessus des classes, pas au dessus du système économique : elles sont le produit des rapports de production, qu’elles transforment à leur tour.
En changeant de système, en brisant les entraves du capitalisme, nous bâtirons une société où nos choix énergétiques ne seront plus guidés par la recherche du profit, mais par la satisfaction de nos besoins collectifs, sur le long terme. La science et la technologie ne seront plus entravées par les rapports capitalistes. Nous serons à mêmes de décider collectivement de la façon d’organiser notre économie et la développer sans foncer vers notre autodestruction.
Alors que les contestations de grands projets qui ne sont utiles qu’aux capitalistes, aberrants d’un point de vue écologique se multiplient, c’est la question de mettre fin à l’impérialisme et au capitalisme que nous devons nous poser.
 
Areva, troupes françaises hors d’Afrique, à bas l’impérialisme français !
 
Ce qui nous met en danger, c’est l’impérialisme français, refusons le chantage sécuritaire qu’on nous impose !
 
Pour mettre fin au désastres écologiques, mettons fin au capitalisme !
Le coeur de l'Etat est d'uranium

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Impérialisme, #environnement, #International, #Mali

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Commenter cet article

organique 12/11/2014 07:54

Merci très beaucoup pour cet article. Continuez.