Foyer de Jeunes travailleurs CARA a st Ouen L'incertitude a trop duré !

Publié le 14 Juin 2014

Foyer de Jeunes travailleurs CARA à St-Ouen

a trop duré !

 

Depuis début Janvier, les résidents et résidentes du foyer CARA ainsi que son personnel sont dans le flou quant à leur avenir.

Début Janvier, une dizaine de résidents et résidentes ont reçu des lettres d'expulsions leur demandant – illégalement – de déguerpir sous 15 jours, ils ont refusé de voir leurs voisins et voisines jetés à la rue. Lors de leur mobilisation, les résidents et résidentes ont découvert que la fermeture du foyer avait été prévu au mois de Juin par la mairie Front de Gauche, sans qu'il aie été prévu de solutions de relogement pour celles et ceux qui habitent le foyer.

 

La mairie, qui possédait le foyer, a vendu le bâtiment à l'office HLM Saint-Ouen habitat. Il l'a lui même vendu à un promoteur qui a prévu d'en faire un hôtel, des logements en accessiblité à la propriété et des commerces.

 

Le foyer est censé être livré par l'Office HLM au promoteur « vide de ses occupants fin juillet ». C'est clair, il était prévu de vider petit à petit le foyer de ses occupant-e-s les plus fragiles et isolé-e-s, de laisser le foyer à l'abandon pour que celles et ceux qui ont les moyens de partir partent, et de chasser le restant cet été.

 

A la mobilisation des résidents et résidentes, la mairie Front de Gauche a répondu par le mépris. Refus de recevoir les délégations, propos insultants contre les jeunes du foyer en lutte, trop pauvres, trop immigré-e-s pour être de vrais audoniens et audoniennes. L'équipe municipale a joué la division entre les résidents et résidentes, entre les bons et mauvais payeurs, entre les membres du collectif et les autres.

 

Comme si être pauvre et ne pas avoir de quoi payer son loyer était une responsabilité individuelle. Comme si c'était de la faute des résidents et résidentes si les usines ferment, si les patrons licencient, si dans notre société raciste les jeunes immigré-e-s ont d'autant plus de mal à trouver un travail. Les résidents et résidentes aussi, comme l'ex-adjoint PCF au logement, aimeraient sans doute pouvoir se vanter de payer 2000 euros d’impôts locaux.

 

Quant aux membres du collectif, ils et elles ont montré que la lutte permet d'obtenir des victoires. Ils et elles ont permis à celles et ceux visés par les menaces d'expulsions de rester au foyer et ont obtenu l'arrêt des expulsions jusqu'à la fermeture du foyer.

 

Les municipales ont montré que les habitants et habitantes du CARA n'étaient pas seuls à St-Ouen à en avoir assez de la politique clientéliste et bourgeoise de la mairie Front de Gauche. La maire sortante n'a pas mobilisé son électorat et a été battue par la droite.

 

Pour les habitants et habitantes du CARA, cela signifie revenir à zéro dans les négociations. Cela dit, elles n'étaient pas très abouties, car pour 120 résidents et résidentes à reloger, la mairie en était à trois relogements – peut être. Pour le personnel auquel avait été promis un reclassement, c'est l'incertitude.

 

Diverses rumeurs contradictoires circulent, le foyer ne fermerait plus, ce qui serait étonnant car la vente a été actée, le foyer fermerait en juin, la cessation de paiement serait pour demain... La dernière décision ferme, c'était que le foyer fermerait fin Juillet. Nous sommes au début du mois de Juin, et toujours pas de nouvelles de la mairie.

 

Deux lettres ont été envoyées par le collectif CARA pour obtenir un rendez vous avec la mairie, restées sans réponse. Inquiet pour son avenir, le personnel a également envoyé une lettre à la mairie exigeant une réponse. Silence radio là aussi.

 

L'argument selon lequel la mairie a besoin de temps pour se mettre au travail commence à dater : les élections ont eu lieu il y a deux mois. De toute façon, ce changement de mairie, ce n'est pas le problème des résidents et résidentes et du personnel. Leur urgence, c'est la fermeture du foyer, c'est leur relogement, c'est leur reclassement. En effet, la rumeur persistante veut que le foyer ferme fin Juillet. Les résident-e-s n'ont néanmoins encore été avisés officiellement de cette fermeture, n'ont eu vent d'aucune procédure judiciaire d'expulsion, ni n'ont reçu d'aide concernant leur relogement. La mairie pense-t-elle vraiment que la grosse centaine de résident-e-s va accepter de quitter le CARA fin juillet ?

 

Le nouveau maire, William Delannoye et son équipe ont utilisé l'affaire du foyer CARA contre la mairie Front de Gauche, surfant sur la mobilisation des résidents et résidentes. Mais jamais, au conseil municipal, il n'est intervenu pour défendre celles et ceux qui vivent et travaillent au CARA. Pour la droite comme le Front de Gauche, le CARA, c'est une affaire d'argent. Si les résidents et résidentes ne s'étaient pas mobilisé-e-s, ils auraient continué à ignorer que derrière les marchés qui se chiffrent en millions d'euros, il y a des vies de jeunes et moins jeunes travailleurs et travailleuses.

 

Des chambres vue sur le sacré cœur et la Tour Eiffel, c'est trop beau pour des jeunes galériens et galériennes, souvent immigré-e-s. Les touristes et les petit-e-s-bourgeois-e-s qui viennent s'encanailler en banlieue, c'est plus rentable !

 

Partout, les travailleurs et travailleuses, les pauvres, sont chassés peu à peu de la petite couronne, bientôt intégrée au Grand Paris, repoussés sans cesse vers la périphérie. Il faut bien donner des marchés aux géant du bâtiment, VINCI, VEOLIA. Tant pis si les bureaux et les luxueux appartements neufs qui surgissent à la place de nos quartiers populaires restent vides tandis que les résident-e-s et tant d'autres, eux/elles, se retrouvent à la rue. Le 93 détient le peu enviable record des expulsions locatives.

 

Cette politique d'exclusion des classes populaires, ce sont bien les mairies Front de Gauche de la petite couronne qui en sont les premières responsables. Jaqueline Rouillon, ex-maire de Saint-Ouen, a ainsi porté le projet pharaonique du quartier des docks, destiné à accueillir la petite bourgeoisie parisienne au détriment des classes populaires et a l'année dernière chassé 700 roms de saint Ouen.

 

Partout, en Ile de France, se loger, pour les classes populaires, représente un énorme poste de dépense. Au CARA lui-même, foyer municipal à vocation social, c'est plus de 400 euros par mois pour vivre à deux dans une chambre de 9 mètres carrés qu'il faut débourser. Néanmoins, la fermeture des près de 200 chambres que compte le CARA n'arrangera rien à cette situation. Voilà pourquoi le foyer doit rester ouvert.

 

Ce ne sont pas ni les résidents et résidentes du foyer, ni le personnel, qui sont responsables de cette situation, voilà pourquoi une solution de relogement et de reclassement doit être trouvée pour chacun et chacune d'entre eux/elles avant même d'envisager une fermeture du foyer.

 

Non à la fermeture du Foyer CARA !

Non aux expulsions !

Un toit pour tous-tes !

Seul la lutte paye!

 

Rédigé par OC Futur Rouge

Repost 0
Commenter cet article