Cheminot-e-s ou pas, la réforme ferroviaire on en veut pas !

Publié le 19 Mai 2014

Cheminot-e-s ou pas, la réforme ferroviaire on en veut pas !

Cet été sera débattue au Parlement une « réforme ferroviaire », application d'une directive européenne de 2013, qui sera appliquée au plus tard au 1er janvier 2015.

 

Nationaliser les pertes, privatiser les profits

 

Cette réforme continue le processus de division de la SNCF en plusieurs entités, commencée par la gauche plurielle et son ministre – PCF – Gayssot en 1997 qui a séparé la SNCF de RFF. Cette fois-ci ce sont trois entités qui vont être crées.

 

-La SNCF « mère » serait une coquille vide maintenant l'illusion d'une unité entre les différentes branches.

-La SNCF « réseau » regrouperait les activités concernant l'infrastructure et la circulation des trains.

 

Nécessitant de lourds investissements, cette activité resterait dans un premier temps publique car elle n’intéresse pas les capitalistes : nationaliser les pertes, privatiser les profits, voilà la logique.

-Privatiser les profits, c'est regrouper toutes les activités dites rentables dans une troisième entité, la SNCF « mobilité » qui deviendra un opérateur privé.

 

                        

 

Attaquer les droits sociaux des cheminot-e-s

 

Cette division en trois entités de la SNCF divise les cheminot-e-s et affaiblit leur rapport de force avec la direction de la SNCF. Présenté-e-s dans les médias comme des privilégiés, les cheminot-e-s se sont battu-e-s pour obtenir des droits. Lorsque l'Etat ou la SNCF attaque leurs droits, ils et elles se battent pour les sauver. Ils et elles se battent aussi avec l'ensemble des ouvriers et ouvrières contre les attaques des gouvernements contre nos droits sociaux, que ce soit contre le CPE ou les réformes des retraites. Avec la réforme ferroviaire, c'est un alignement de tou-te-s les cheminot-e-s sur la convention collective du transport qui s'annonce. Alignement a la baisse par rapport a leur statut actuel en terme de rythme de travail, de sécurité de l'emploi. « Harmoniser le cadre social », ce n'est harmonieux que pour les capitalistes, parce que pour les cheminot-e-s comme pour tou-te-s, cela signifie de graves reculs de nos droits sociaux !

 

Comme de nombreux et nombreuses autres ouvrier-e-s, c'est face a un « plan de compétitive » que sont les cheminot-e-s : la destruction des droits des travailleurs et travailleuses boites par boites, but de l'ANI.

 

                  

 

 

La seule loi du capitalisme, c'est la recherche de toujours plus de profits !

 

D'aucun-e-s vont, a quelques jours des européennes, accuser l'Europe des maux des cheminot-e-s. Elle a bon dos, l'UE. Ce n'est pas l'UE qui s'est attaquée aux régimes de retraite des cheminot-e-s ces dernières années ou a leur droit de grève. UE ou pas, cette réforme ferroviaire est l'expression de la volonté des capitalistes de l'Etat français.

 

Pour que la production puisse être réalisée, dans l'Etat français, il faut des travailleurs et travailleuses formé-e-s, donc des écoles, en bonne santé, donc des hopîtaux et des médecins. Ils faut aussi qu'ils et elles circulent pour se rendre au travail. Il faut aussi que les marchandises circulent pour que la production puisse se faire et qu'elle soit ensuite vendue. Il faut donc des routes et des trains. Les capitalistes ont décidé de laisser une part de leurs profits pour que ce soit l'Etat qui les réalise de façon planifiée a leur place : c'est ce qu'on appelle les « services publics ».

Mais aujourd’hui, le capitalisme est en crise. Les marchés sont saturés et la production a du mal à s'écouler. Toute une part de la production industrielle dans l'Etat français ne parvient pas à générer des profits immédiats suffisants pour intéresser les capitalistes. Ils la sabordent donc. Ils trouvent aussi moins d'intérêt a dépenser de l'argent dans les « services publics », dépense qui rogne un peu plus leurs profits immédiats et mènent donc une politique de désengagement vis a vis de l'Etat.

Surtout, tous ces secteurs, médicaux, scolaires, routiers, ferroviaires intéressent beaucoup les capitalistes qui y voient des secteurs où ils pourraient investir leurs capitaux et en tirer des profits. Voilà pourquoi l'Etat a vendu les autoroutes, favorise le secteur privé dans le secteur de la santé : pour ouvrir de nouveaux marchés, permettre aux capitalistes d'y investir leurs capitaux. Voilà l'avenir que réserve au ferroviaire l'Etat.

 

Une réforme contraire aux intérêts des usager-e-s

 

Bien entendu, le désengagement de l'Etat du rail va avoir des conséquences pour tou-te-s. La multiplication du nombre d'entreprises œuvrant sur une même ligne ferroviaire va toujours plus désorganiser la circulation des trains, les risques d'erreurs d'aiguillage, le laisser-aller dangereux dans la maintenance. L'abandon des lignes les moins rentables, des petites gares se poursuivra. En outre, alors que tant d'entre nous ont besoin du train pour aller travailler, ce sera de plus en plus a nous d'assumer le prix du billet, de payer pour aller travailler et engraisser les capitalistes.

 

Nous ne pensons par que la SNCF est une entreprise œuvrant dans l’intérêt de tous et toutes. Privées ou publiques, les entreprises sont mues par la recherche de profit. Il est intéressant de constater que l'entreprise qui est sur la brèche pour répondre aux appels d'offre des régions concernant les ter, c'est KEOLIS, une filiale 100% SNCF.

 

Le service de transport au service des ouvriers et ouvrières, des larges masses populaires, ce n'est pas sous une société capitaliste qu'il existera, mais sous une société où l'économie sera guidée non pas par la recherche de profits, mais du bien de tous et toutes.

 

Mais ce n'est pas une raison pour laisser attaquer les droits conquis de haute lutte par les cheminot-e-s, parce qu'un recul pour les un-e-s est un recul pour tou-te-s, ni pour laisser les capitalistes jouer avec nos vies en dégradant nos conditions de transport.

 

Retrait de la réforme ferroviaire !

Tou-te-s solidaires des cheminot-e-s !

Rédigé par OC Futur Rouge

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