100 jours de grève ! Soutien aux facteurs ! Une attaque contre un.e est une attaque contre tous.tes

Publié le 10 Mai 2014

100 jours de grève ! Soutien aux facteurs ! Une attaque contre un.e est une attaque contre tous.tes !
 
Fin janvier, suite au licenciement d'une employée en contrat précaire a laquelle un cdi avait été promis, les postier-e-s du bureau de poste de Rueil Malmaison se mettent en grève. La grève s'étend rapidement à d'autres bureaux de poste du 92. Voilà 100 jours que les postier-e-s du 92 sont dans un bras de fer contre la direction.
Nous appelons à signer leur pétition, manifester avec eux et elles, notamment le 15 mai et les soutenir financièrement. Nous relayons leur blog pour que vous puissiez vous informer de l'actualité de leur lutte.
 
Sortir de l'isolement
Chaque bureau de poste est face à ses problèmes spécifiques et a ses revendications spécifiques. Pris un par un, ces bureaux de poste ne pèsent pas lourd face à la direction de la Poste. Les grévistes de Rueil, bureau particulièrement revendicatif, ont eu raison d'aller chercher leurs camarades des autres bureaux du 92 et de construire la solidarité avec eux et elles. Aujourd'hui, chacun-e porte les revendications de tout le monde. Des avancées ont eu lieu, mais il est hors de question de négocier des victoires séparées pour des bureaux de poste au prix d'une défaite générale.
 
Refuser de se laisser ballotter par le capitalisme
Cette lutte est partie d'une lutte contre la précarité, du refus de voir des travailleurs et travailleuses de la Poste enchaîner contrats précaires sur contrats précaires pour finalement être jeté-e-s par la Poste. Nous avons tous et toutes le droit à la sécurité matérielle, de refuser de nous voir ballotter par le capitalisme. Intérimaire, CDD, CDI, contrat d'avenir, les statuts différenciés existent non seulement pour faire de nous une main d’œuvre soumise aux besoins immédiats des patron-ne-s, mais aussi pour nous diviser. Cette lutte affirme la solidarité et l'unité entre tou-te-s les travailleurs et travailleuses.
 
Un bras de fer avec la direction
La direction de la Poste cherche le pourrissement du conflit, tente de décourager les grévistes en faisant traîner les négociations. Récemment elle a rompu le protocole de négociation, s'attendant sans doute à voir repartir la tête basse les grévistes au travail.
Son objectif est de casser durablement les postier-e-s du 92. Elle mène une violente contre-offensive contre eux. 7 procédures de licenciement sont lancées contre des postier-e-s du 92. Récemment l'Etat s'est mis dans la partie : 5 postier-e-s sont convoqués le 21 mai par la police.
Aujourd'hui, c'est le rapport de force, sur le long terme, entre les postier-e-s et leur direction qui est en jeu dans le 92.
 
Un soutien trop faible à cette lutte
100 jours de grève, dans une période où le gouvernement fait voter sans rencontrer d'opposition réelle réformes sur réformes s'attaquant au droits des travailleurs et travailleuses, cela donne du courage, cela montre qu'il est possible de se battre, de résister. On ne peut que regretter l'absence de soutien massif à la lutte des postier-e-s, mais nous ne nous étonnons pas.
Syndicalement, les grévistes sont isolé-e-es. La CFDT se place délibérément au côté de la direction. Elle a accusé de violences les grévistes et le syndicat sud poste vis-a-vis d'un de leur militant. Malheureusement, la fédération de sud poste reste en retrait quant au soutien qu'elle apporte aux syndicalistes en lutte et aux grévistes et dans son soutien contre la répression.
 
C'est par la lutte qu'on obtient des victoires
Il semblerait, en effet, que les « méthodes » employées par les postier-e-s en lutte ne correspondent pas à celles en vigueur dans le syndicalisme à la Poste. La question est de savoir si la « méthode » d'un syndicat doit être de passer son temps coupé des travailleurs et travailleuses dans les salons et les salles de réunion cossues de la direction de la Poste, ou de mener la lutte sur le terrain avec les postier-e-s et de construire avec eux un rapport de force contre la direction. D'où le syndicat tire-t-il sa légitimité, par la reconnaissance d'un rôle de partenaire social de la part de la la direction de la Poste ou en étant reconnu comme un outil de lutte par les postier-e-s ? La grève, l'occupation de locaux de la direction, la manifestation ne sont-elles pas des méthodes bien pacifiques face a une direction de la Poste qui exploite durant des années des précaires avant de les jeter dehors, qui met à pied depuis un an un syndicaliste, qui colle des bulletins de salaire de 0 euros aux grévistes ?
Bien entendu et fort heureusement, les grévistes du 92 sont capables de construire des solidarités, notamment avec les intermittent-e-s et précaires en lutte contre la réforme de l'assurance-chômage dont les revendications rejoignent les leurs. En outre, ils s'organisent avec les postier-e-s de la région parisienne et organisent des coordinations avec eux. Un préavis de grève est déposé à Paris pour le 15 mai.
 
Reconstruisons le camp du prolétariat
 
Face à la violence du capitalisme en crise, la lutte des postier-e-s du 92 pose des questions à tou-te-s. Elle agit comme un révélateur des faiblesses qui minent notre camp, celui du prolétariat. La première faiblesse est organisationnelle. Faute de relais puissants, cette lutte n'a pas l'écho qu'elle mériterait. La seconde faiblesse est politique. Nous faisons face à une offensive de la bourgeoisie qui attaque nos droits réformes après réformes, et les syndicats de la Poste soit se placent délibérément du côté de la direction soit restent trop en retrait dans leur soutien. Nous avons besoin de reconquérir de tracer une frontière nette entre les intérêts entre notre camp et celui des capitalistes, nous avons besoin de reconquérir notre indépendance politique.
 
Solidarité !
100 jours de grève ! Soutien aux facteurs ! Une attaque contre un.e est une attaque contre tous.tes

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Paris, #grêve

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