Centrafrique : l'humanisme s'en va t'en guerre

Publié le 11 Décembre 2013

L’ « Odyssée " des interventions impérialistes françaises suit son cours, depuis l’opération « Aube de l’Odyssée » en Lybie la France poursuit sa course contre les impérialistes rivaux pour le partage sauvage de l’Afrique.

En 2003, le général Bozizé fait un coup d’Etat appuyé par 300 militaires français. « Le chef (Bozizé) qui s’est résolu à prendre le pouvoir par les armes promet de rendre le pouvoir aux civils tandis que la situation sécuritaire s’est améliorée » assurée par la présence de l’armée française. En mars 2013 Bozizé est renversé. La France décide de déposer un projet de résolution à l’ONU qui autorise le recours à la force. La France envoie 1.000 soldats et l’ambassadeur de France envoie un rapport recommandant 6.000 à 9.000 casques bleus, l’ambassadeur de France précise que 3.600 soldats africains sont censés se déployés le 19 décembre. C’est désormais à la République Centrafricaine que la République française vient réaffirmer son statut de propriétaire. Honorant sa grande tradition d’esclavage des peuples et dans la lignée de ses patriarches, de de Brazza à Jacques Foccart, elle s’apprête à faire couler le sang pour sauver ses monopoles.

 

Comme à son habitude, l’impérialisme français se donne le bon rôle de l’humaniste désintéressé devant l’opinion publique. Scandalisé par le conflit armé qui agite le pays, il impose son aide comme en Cote d’Ivoire, en Lybie, au Mali etc. « Nous n’avons pas vocation à être le gendarme de l’Afrique, dit Fabius, mais le Mali était mort si nous n’étions pas intervenus ». Les impérialistes sont toujours des bons samaritains. Mais les peuples de Lybie, d’Irak, d’Afghanistan, d’Haïti et tant d’autres témoignent du cynisme de ce genre de propos. Le pseudo-humanisme se cache derrière des termes tels que le « devoir d’ingérence » en invoquant les « drames humanitaires » et nous convainc que ses armes sont là pour « favoriser une transition démocratique ». Cela est d’autant plus cynique qu’il est à la portée de n’importe qui dans un pays comme la France de comprendre toute la logique de la pourriture impérialiste. Que nous dit le site internet gouvernemental www.diplomatie.gouv.fr sur les « relations économiques bilatérales » avec la République Centrafricaine ? :

« En dépit de l’instabilité politique et des risques sécuritaires, Air France, Bolloré (logistique et transport fluviale), Castel (boissons et sucre), Total (stockage et distribution des produits pétroliers) CFAO (distribution automobile) ont maintenu leurs implantation en RCA. L’arrivée en 2007 de France Télécom dans la téléphonie mobile marque un certain intérêt des investisseurs français. Les pillages consécutifs à la prise de Bangui par les rebelles le 24 mars ont fortement perturbé l’activité des entreprises françaises. "

 Alors qu’Areva avait signé un accord avec le gouvernement centrafricain le 1er Aout 2008 pour l’exploitation du gisement d’Uranium de Bakouna(Est), les nombreuses difficultés (éloignement du gisement, mise au point du procédé de traitement du minerai, fourniture d’énergie, insécurité) et la baisse des cours mondiaux d’uranium à la suite de la catastrophe de Fukushima ont conduit Areva à suspendre ce projet. " En 2003, l'intervention avait été dictée par les intérêts d'Areva. Patrick Balkany déclarait : « J’ai aidé Areva à régler son litige avec le Président Bozizé ». Ce dernier est complimenté par l’ambassadeur de France pour son « réalisme ».

 

Chacun comprendra que si la République française intervient en sauveuse, c’est bien en sauveuse de ses monopoles, pilleurs des richesses africaines, surexploiteurs de la force de travail du prolétariat d’Afrique. L’impérialisme français, premier investisseur, est omniprésent en Centrafrique. Il l’empoisonne de son aide alimentaire (« la main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit » disait Napoléon), il l’empoisonne par l’infiltration parasitaire de ses PME et ETI débarquées sous l’aile d’UBIFRANCE (agence « publique » d'aide à l'export), il finance et forme sa gendarmerie, sa justice, ses écoles etc. Pour continuer à assurer la descendance des larbins dignes de Bokassa, le site de l’Etat bourgeois nous dit même qu’ « il est également essentiel de veiller au renouvellement des élites centrafricaines »

 

Il existe bien évidemment des capitalistes et des intellectuels bourgeois africains qui croient dur comme fer au développement capitaliste de l’Afrique. Les impérialistes créent des « élites » pour reproduire l’avilissement des peuples d’Afrique, leurs soumissions à leurs monopoles ; c’est sa qu’ils appellent démocratie. Ils forment des agents dociles comme Bokassa, ancien tirailleur de l’armée française combattant d’Indochine et d’Algérie. Dans les métropoles impérialistes, ils facilitent les études des gosses de la bourgeoisie compradore des pays dominés. Leurs études finis, ils retourneront dans leur pays administrer les intérêts des capitalistes français. Certains les appellent les « espoirs » de l’Afrique. Or, l'impérialisme ne veut pas réellement développer les pays qu'il domine : il n'y développe que ce qui assure le taux de profit maximal des capitalistes. En outre, les dirigeants bourgeois des pays dominés peuvent vouloir changer de maître impérialiste pour un autre, qui leur promet de leur distribuer davantage de miettes de la surexploitation des peuples et des ressources. Ils peuvent réclamer davantage d'indépendance économique. Ces revirements, ces volontés d'indépendance déclenchent systématiquement des opérations militaires pour rétablir l'ordre impérialiste.

 

Les communistes n’ignorent pas le travail réactionnaire et criminel de l’Etat bourgeois impérialiste en Afrique. Pas plus qu’ils n’oublient que tant de frères et sœurs d’Afrique ont versé leur sang dans la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme. Cet héritage est sans cesse calomnié par la culture impérialiste qui veut nous faire passer les africains pour des faibles incapable de se révolter, ces bourgeois qui, comme Sarkozy disait que « l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire », comme si les impérialistes avaient laissés les africains décider de leur histoire. L’héritage des meilleurs fils et filles des peuples d’Afrique doit être repris par les prolétaires africains. L’héritage d’Um Nyobé, Félix Moumié, Ossendé Afana, Ernest Ouandié, Patrice Lumumba, Pierre Mulele, Ange Diawara, Omar Blondin Diop, Amilcar Cabral, Thomas Sankara etc. Autant de noms que l’impérialisme n’a pas laissé entrer dans l’histoire. Mais jamais les impérialistes n’effaceront le souvenir chez les masses prolétariennes des mouvements révolutionnaires et progressistes du continent africain. Mais nous, communistes savons que la force du continent africain, se trouve comme partout dans ce monde dans les forces du prolétariat, de la classe ouvrière et des paysans pauvres de ces pays. La voie de la « Démocratie Nouvelle » tracée par Mao Tsé-toung en son temps ne doit pas être abandonnée. Il y affirmait que la seule voie possible pour un pays dominé serait le communisme. Avec lucidité révolutionnaire il balaya l’illusion que certains avaient dans la bourgeoisie nationale, il analysait que le caractère de classe de celle-ci ne lui permettait pas de mener jusqu’au bout la lutte de libération contre l’impérialisme.

 

Dans les pays dominés ou les actions des impérialistes provoquent les conflits sanglants de groupes armés, seigneurs de la guerre à la botte des puissances étrangères, les peuples doivent s’appuyer sur leur propre force. Prendre exemple sur leur propre histoire de lutte comme celles des guerres populaires actuelles menée par les communistes dans le monde ; en Inde, en Turquie, au Pérou, aux Philippines. Dans plusieurs endroits du monde, les maoïstes font vivre la lutte pour l’émancipation de l’humanité, pour balayer à jamais l’impérialisme et le système capitaliste pourrissant. Si les peuples d’Afrique prennent cette voie, ils n’auront plus jamais à quémander leur survie.

 

Il n’y a pas de réelle indépendance possible pour les peuples opprimés en dehors du combat pour le communisme. Le système capitaliste étant responsable des guerres, des famines, des crises de surproduction subies par l’humanité. Les laquais médiatiques de la bourgeoisie monopoliste condamnent sans surprise toutes les luttes armées des peuples exploités tout en couvrant leurs bombes d’auréoles et d’humanisme.

 

Compter sur ses propres forces. S’inspirer de la démocratie nouvelle de Mao Tsé-toung et non de la démocratie servile des « maitres » impérialistes, voilà la solution pour tous les peuples des pays dominés qui veulent briser leurs chaines.

 

Si les troupes françaises et leurs pantins africains chassent les rebelles, il n’y aura pas plus de vivres, pas plus d’eau potable, il n’y aura pas plus d’espoir d’avenir pour la Centrafrique. Il y’aura seulement, encore et pour longtemps, la domination impérialiste française, rien de plus. Richesse pour les monopoles français, misère pour les centrafricains et les centrafricaines. Le prolétariat de Centrafrique doit prendre son avenir en main et ne pas laissez les impérialistes se comporter comme au bon vieux temps colonial de l’Oubangui-Chari. (*)

 

Mao Tsé-toung nous à appris que les impérialistes sont des « tigres de papiers ». L’Etat bourgeois impérialiste à du diminuer son contingent au Kosovo pour étrangler les peuples du Mali et de Centrafrique. Comme l’impérialisme U.S il ne peut être partout à la fois, ses forces ne sont pas illimitées. Si les peuples dominés se dressent de toutes leurs forces contre lui, ils le balayeront !!

 

Le PCmF et l’OC-FR se prononcent contre toutes les formes d’ingérences par lesquelles l’impérialisme étend sa domination barbare !!!

 

La seule voie de lutte contre le système impérialiste c’est de préparer la révolution dans les pays dominés comme dans les pays impérialistes !!!

 

(*) L’Oubangui-Chari est l’ancien nom colonial de la République Centrafricaine. Comprenant uniquement le Sud- Est actuel de la RCA.

Centrafrique : l'humanisme s'en va t'en guerre

Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #International

Repost 0
Commenter cet article