Publié le 12 Mai 2017

C'est à la classe ouvrière de présider
Mobilisons-nous : c’est à la classe ouvrière de présider !
 
Les patron-ne-s se frottent les mains. Emmanuel Macron est élu président de la république française, félicité par le président sortant. 
Notons la forte abstention : un record depuis 1969 avec plus de 25% des personnes inscrites.
Le vote blanc ou nul atteint également un record, à plus de 12%, concernant plus de 4 millions 200.000 personnes. Ce résultat démontre à quel point le nouveau président est minoritaire, en effet, entre Marine Le Pen et Macron, comment se sentir représenté pour les classes populaires? 
 
Du côté de l’extrême droite, l’objectif n’est pas atteint. Avec moins de 40 %, Le Pen n’a pas réussi à s’imposer. Elle sort fragilisée de cette élection. 
Cependant, son score est un résultat record pour son parti. Jamais le FN n’a eu autant de voix. D’années en années, son organisation progresse dans un contexte marqué à la fois par une crise économique et par une agressivité extrême de l’impérialisme français, soutenue par une idéologie et une politique raciste. 
Le FN veut une nouvelle structure, élargir sa base, unir la droite conservatrice la plus réactionnaire. Ce projet de recomposition de l’extrême droite n’est pas nouveau, et Le Pen veut surfer sur la dynamique électorale pour en être le maître d’oeuvre. C’est une nouvelle étape pour grossir ses rangs et recruter de nouveaux cadres politiques dont le nombre lui fait encore défaut. 
L’OC-FR s’est toujours opposé au FN et à ses soutiens fascistes. Nous devons continuer à lutter contre eux. C’est par la lutte sociale et politique que nous prouverons que l’opposition ce n’est pas eux, qui servent la bourgeoisie mais nous, les forces populaires, antifascistes, syndicales, le mouvement social et ouvrier sommes l’opposition. 
 
Après l’émergence d’EM et de FI, l’écroulement des verts, des radicaux et du PCF, LR et le PS qui s’entredéchirent, le FN aussi expose ses divisions, entre ceux et celles qui soutiennent la ligne actuelle de Marine Le Pen, et les autres, qui poussent Marion Maréchal Le Pen à s’opposer à sa tante avec des positions ouvertement négationnistes et libérales. 
Si les partis changent de nom, ils ne changent pas structurellement. Les programmes restent ceux de la bourgeoisie qu’ils représentent, et demeurent dans la continuité de la configuration traditionnelle de la cinquième république. Nous ne sommes pas dupes.
 
Le réel enjeu pour nous n’est pas l’élection mais la prise du pouvoir par le prolétariat
 
Nous n’avons pas voté. Nous nous sommes intéressés que modérément à cette élection car nous savons que rien ne changerait fondamentalement. Nous sommes restés attentifs à l’actualité, avons suivis les positions des un-e-s et des autres, lu les programmes, mais jamais nous n’y avons donné plus d’importance que celle que ces élections en ont réellement. 
La bourgeoisie reste au pouvoir, et qui que soit le ou la vainqueur, elle était assurée avant l’élection de rester au pouvoir. C’est elle qui organise et encadre ces élections : du début à la fin, le jeu apparaît truqué pour les classes populaires. 
Nous ne disons pas que Le Pen ou Macron, c’est la même chose. Si leurs divergences traduisent des contradictions présentes au sein de la classe bourgeoise, leur socle politique de base est néanmoins commun. Les deux candidat-e-s se retrouvent sur les intérêts fondamentaux de leur classe, la défendent au pouvoir. Ils sont liés à la grande bourgeoisie et aux monopoles impérialistes français.
Évidemment nous combattons le Front National, ses militant-e-s fascistes, son discours ouvertement raciste, xénophobe, sexiste et homophobe. Mais nous combattons aussi Macron et sa clique qui prônent une politique capitaliste tout autant raciste, sexiste et homophobe, dans la continuité des politiques menées sous la cinquième république. 
L’OC-FR appelle donc à la mobilisation ! Nous devons nous organiser, lutter. Le réel enjeu pour les classes populaires n’est pas dans les élections. Le moyen pour nous d’exercer le pouvoir et d’imposer nos politiques passe hors des élections.
Seule une révolution, que nous devons préparer, mènera la classe ouvrière au pouvoir.
L’OC-FR se joindra aux mouvements populaires qui s’organisent. Nous appelons les personnes combattives à rejoindre les syndicats, les collectifs de lutte, et à s’organiser politiquement pour la révolution. 
 
Concernant les législatives qui viennent, l’OC-FR ne donne aucune consigne de vote. Là aussi, nous nous y intéresserons que modérément car ce qui nous intéresse, ce sont les batailles populaires qui se profilent dans la rue et les usines.
 
À gauche du PS, Mélenchon, les verts et le PCF se ridiculisent avec leurs négociations électorales. La FI n’est qu’un appareil électoraliste, qui n’a aucun respect pour son électorat. Les manoeuvres d’appareils auxquelles nous assistons ces derniers jours montrent des pratiques détestables et réactionnaires, et rappellent à quel point, pour quelques enjeux de pouvoirs ridicules et minuscules, les appareils sont prêts à se rouler dans la boue. Au-delà de l’idéologie et du projet politique, ce spectacle politicien nous rebute. Nous les combattons.  
 
Dans les territoires dominés par l’Etat français, nous suivrons avec plus d’intérêt les résultats des forces anti-coloniales et indépendantistes. En Corse, en Polynésie, en Kanaky, dans les caraïbes, l’océan Indien, ou encore en Guyane récemment traversée par un mouvement social, des forces nouvelles peuvent progresser. Nous espérons le développement d’un mouvement anti-impérialiste, en particulier là où les nations sans état mènent une lutte de libération nationale.
 
Nous avons encore tout à construire 
 
Ne nous voilons pas la face, la bourgeoisie est forte, et notre camp, malgré son potentiel révolutionnaire est aujourd’hui faible. Si nous ne voulons pas vivre un quinquennat comme le dernier, et voir la victoire de l’extrême droite en 2022, il nous faudra mobiliser bien davantage car l’objectif est que nous soyons les prochain-e-s à gouverner. Nous voulons préparer chaque ouvrier-ère à exercer le pouvoir.
 
Le mouvement communiste ne représente aujourd’hui pas grand chose. Nous sommes peu nombreux, désunis, et n’apparaissons pas crédibles. Nous n’avons pas encore les moyens de nos ennemis. Dans cette situation, la classe ouvrière est désarmée, sans direction. Elle n’a pas les outils pour prendre le pouvoir.
Nous représentons cependant l’avenir. Nous n’avons pas le choix : pour changer les choses, nous avons beaucoup à faire, et nous devrons faire bien mieux.
Sans un parti révolutionnaire, il n’y aura pas de changement. Nous devons être capables de voir nos faiblesses, pour corriger notre politique. Sans auto-critique, sans bilan, il n’y aura pas de futur rouge. Nous devons interroger nos structures, questionner nos attitudes, se demander si nous nous posons les bonnes questions. Il y a des raisons à nos faiblesses, et nous avons notre part de responsabilité collective. Depuis bientôt trois ans, nous le répétons. 
 
Nous devons être capables d’analyser correctement la situation. Pour cela, nous devons mener l’enquête dans tous les pans de la société, au sein de toutes les classes sociales, dans toutes les strates de l’économie et tous les territoires de l’état français, avec une démarche scientifique. 
Trop souvent, le mouvement communiste a manqué de rigueur, se contentant d’agitations et de campagnes de propagande, sans s’atteler au travail idéologique et programmatique, esquivant un travail d’enquête sérieux et complet. Nous en payons les conséquences.
 
Nous devons également proposer une stratégie et un programme révolutionnaires à la classe ouvrière. Les forces existantes ne sont pas suffisantes pour y parvenir. 
Nous avons toujours dit que cela ne se ferait pas autour du noyau militant actuel, ce qui serait inquiétant compte tenu de notre responsabilité dans nos échecs répétés. Nous devons élargir notre base, et la renforcer politiquement. Ça ne se fera ni autour de l’OC-FR, ni autour des autres groupes marxistes-léninistes actuellement existants.
Nous sommes au service du peuple, nous serons toujours là pour ceux et celles qui veulent nous aider à changer le monde. Nous travaillons à l’unité, à condition qu’elle soit juste, saine, sur une base idéologique révolutionnaire, prolétarienne, pro-féministe, anti-raciste, avec une discussion franche et ouverte.
Nous luttons contre l’esprit de cercle, mais nous constatons que cet esprit sectaire, coupé du prolétariat, domine. Il est majoritaire dans le milieu militant et c’est plus qu’un frein pour parvenir à nos fins. Tant que les organisations communistes se cantonneront à de l’agitation au sein de la petite bourgeoisie, il n’y aura aucune progression, aucune possibilité pour développer ensemble nos forces. Nous le regrettons, mais c’est la réalité d’aujourd’hui.
Il y a encore du boulot, mais nous sommes optimistes. Nous nous adressons aux ouvriers et ouvrières, aux révolutionnaires, et nous les appelons à s’engager politiquement, à nos côtés ou dans une force organisationnelle nouvelle, à prendre le pouvoir.
La priorité est de renforcer le mouvement ouvrier. Pour cela, nous devons aussi renforcer le mouvement communiste, et nos idées politiques. 
 
C’est notre tâche et il y a urgence.
 
C'est à la classe ouvrière de présider

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Rédigé par OC Futur Rouge

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Publié le 30 Avril 2017

Macron et l'impérialisme décomplexé ou Le Pen et l'impérialisme décomplexé

Macron et l'impérialisme décomplexé ou Le Pen et là encore, l'impérialisme décomplexé

 

Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle sont clairs. Macron vs Le Pen sont deux représentant-e-s zélés de la bourgeoisie. Rien d'inattendu.

Au contraire de 2002, les manifestations, extrêmement réprimées, n'ont pas été massives en dehors des franges politisées de la jeunesse. C'est le résultat des désillusions de la population vis-à-vis de la politique. Après cinq ans d'une politique raciste et anti-populaire menée par le PS, dur de se ranger derrière Macron dans un "front républicain" pour les classes populaires.
Si les élections ne font plus recette, les perspectives révolutionnaires ne sont pas suffisamment crédibles pour entraîner les larges masses.

Les résultats du premier tour révèlent quelque chose de l'état d'esprit dans lequel se trouve la bourgeoisie, et des divisions qui la traversent. Macron, Le Pen, Fillon, Hamon, Mélenchon, autant de candidat-e-s pour autant de clans et d'intérêts différents au sein de la bourgeoisie. Une partie possède des intérêts dans les alliances et les traités actuels. Certain-e-s bourgeois-e-s ont des intérêts outre-Atlantique, d'autres outre-Oural, en Europe, en Afrique, ou partout à la fois. Des clans ont besoins de modifier les alliances actuels. Ceux et celles lié-e-s aux secteurs de l'énergie, de l'armement ont des intérêts en Russie. Ce sont deux secteurs stratégiques qui pèsent lourds sur les choix de la France et son économie. Ce sont les champions de la bourgeoisie française, des leaders régionaux, voir mondiaux. EDF, Engie, Areva, Alstom, Total : autant de groupes français qui attendent impatiemment une ouverture vers la Russie. Parce qu'ils souhaitent que l'impérialisme français change de stratégie, ils espéraient pour la plupart une victoire de Fillon, et lorgnent également du côté de Dupont-Aignan et de Le Pen.

D'autres, plus proches des secteurs bancaires, du BTP, des services, des médias, du numérique, des télécoms, des transports, ou de l'agroalimentaire, ont tout intérêt au maintien des traités actuels et du cadre européen, voire d'approfondir les relations atlantistes. Le secteur automobile a par exemple tout intérêt à ce que l'Union Européenne survive, pour continuer à fabriquer ses voitures en Roumanie. Vinci et Bouygues ont tout intérêt à ce que la directive sur les travailleurs-euses détaché-e-s ne soit pas abrogée, pour continuer à exploiter une main d'oeuvre quasi-gratuite. Macron était leur candidat, même s'il se voulait celui qui devait tous les réunir, celui qui allait pacifier les relations entre bourgeois-e-s, leur rappeler leur intérêt commun, celui de l'état profond français, de la françafrique et du socle qu'ils partagent tous ensemble.

Les intérêts financiers que défend Macron, si marqués dans certains secteurs, auprès de certains clans, ne lui permettent pas, en réalité, d'unir si facilement la bourgeoisie. Macron n'est que le symptôme d'une situation de division au sein de la classe bourgeoise, en proie à de nombreuses contradictions.

En attendant, nous devons exprimer politiquement notre voix, et les raisons de cette colère, par la lutte.

Macron, la caricature

S'il y en a un qui ne se cache pas, c'est bien lui. Emmanuel Macron, chouchou des financiers et des industriels, est le favori de la campagne présidentielle. Il sera peut-être le prochain président, même s'il est difficile de deviner avec certitude qui gagnera, tant les surprises sont possibles. Ils/elles étaient nombreux-euses, les zélé-e-s de la bourgeoisie capables de se faire élire.

Mais Macron a toutes ses chances, il mérite donc qu'on s'attarde sur ses positions, d'autant plus qu'il est arrivé en tête du premier tour. Il semble d'ailleurs très confiant, le candidat est parti fêter ce résultat à la Rotonde, brasserie bourgeoise de Paris, certain de l'emporter.

Macron est un vrai bourgeois. Il ne s'en cache pas. Pourtant il est l'un des rares des membres des gouvernements Hollande à ne pas avoir toujours vécu de la politique et à avoir travaillé... Comme banquier ! La finance est un monde qu'il connaît bien, qu'il fréquente encore au quotidien. C'est son univers, celui de sa classe sociale. On ne parle même plus de conflit d'intérêt avec les industriels le concernant, tant ses intérêts se confondent avec ceux de la grande bourgeoisie.

C'est un bourgeois cohérent, structuré, intelligent politiquement, libéral. Derrière il y a une idéologie très forte, avec une vision, un projet de société pour la France. Le renforcement du pouvoir capitaliste, du pouvoir des industriels, du pouvoir des classes dominantes... De manière encore plus agressive si besoin.

Macron a compris comment faire de la politique. Issu du PS, il a un sens aiguisé et cynique de la politique et des appareils. Il a su intelligemment construire ses réseaux, son appareil, ses ramifications, son analyse de la situation, mener des enquêtes en faveur de la bourgeoisie, faire son état des lieux, un bilan du contexte, établir son calendrier, élaborer sa stratégie, puis son programme et se lancer au bon moment dans la campagne. Il n'a pas précipité sa candidature, mais l'a préparée en amont, en débutant par un travail d'organisation au service de son idéologie capitaliste. C'est cela, et son organisation, qui lui ont permis de pallier à son absence de charisme et de notoriété publique.

Il y a une logique dans son programme. Le candidat n'avait pas besoin d'additionner les propositions pour présenter sa politique. Sans se cacher, il n'a pas multiplié les fausses promesses comme le PS. Il ne prétend pas apporter une solution à la crise, ni améliorer la vie des classes populaires. Il ne cache pas en revanche son soutien au patronat.
Son programme est court, concis, mais suffisant pour annoncer la politique d'austérité, de répression, libéral et impérialiste du prochain gouvernement.
Il veut poursuivre le travail commencé par le PS, avec l'ANI, la loi Macron, la loi Travail et le CICE. Il veut définitivement liquider le code du travail, et les organisations ouvrières.
Sa politique financière et industrielle répond à une vision à long terme, planifiée pour la bourgeoisie. Son programme conclue en affirmant qu'il "effectuera 60 milliards d'économie". Il va falloir s'organiser efficacement pour le combattre, et l'OC-FR s'attend à un quinquennat difficile, où les batailles seront rudes.
Nous appelons toutes les forces populaires à s'organiser, à se syndiquer dans les organisations ouvrières, à renforcer le mouvement social. Macron, ce n'est pas un ennemi qui se cache, c'est un ennemi déclaré de la classe ouvrière, assumé, qui nous mène une guerre sociale sans concession.

L'impérial greenwashing

Macron tergiverse. Fait semblant d'être un écologiste convaincu, tandis qu'il défend les intérêts de la grande bourgeoisie. Il inscrit son programme en matière écologique dans la continuité de la COP21, autrement dit, le néant. C'est un fervent défenseur du nucléaire. Il prévoit de faire évacuer la ZAD de Notre-dame-des-Landes et de construire l'aéroport.
En Guyane, Macron plaide pour développer l'activité aurifaire dans l'Amazonie, alors que ça signifierait la destruction d'une large partie de la forêt primaire. 450 tonnes d'or sont estimées en Guyane, métal pour l'instant principalement exploité de manière illégale par des orpailleurs clandestins qui empoisonnent le fleuve, le pays et la principale réserve biologique gérée par l'état français. Ils y déversent des métaux lourds, arsenic, cadmium, mercure, plomb et même uranium. Macron souhaite légaliser les gisements et cette situation, en remplaçant les contrebandiers par des costards cravates avec des permis de l'administration française. Il s'est rendu sur place pendant sa campagne pour vanter ce projet.
Avec l'extraction de l'or au profit des multinationales, alors même que les cours de l'or sont au plus bas, et pour la troisième année de suite à la baisse, Macron espère dégager de nouveaux profits pour l'impérialisme français et les grandes compagnies minières.
Pour développer les extractions et attirer des investisseurs capitalistes, Macron prépare une réforme du code minier, qui permettra aussi de développer les prospections pétrolières et gazières au large de la Guyane. Cela veut dire porter la responsabilité de crimes aux répercussions durables pour de nombreuses générations à venir. Il planifie l'écocide, son programme écologique est en réalité au service des industriels.

La politique internationale, dans la continuité des précédents chefs d'état

Emmanuel Macron revendique le bilan de François Hollande. Il soutient les interventions militaires du quinquennat qui prend fin. Il prône le maintien de la France dans le commandement intégré de l'OTAN.
Il veut maintenir les alliances actuelles, même si le Brexit et l'élection de Trump engagent une période d'incertitude sur le plan de la politique internationale.
Il veut intensifier l'intervention française en Syrie et en Iraq.
Il veut maintenir les troupes au Liban et renforcer de façon générale, militairement, diplomatiquement et économiquement, la présence française au Proche et Moyen Orient.
Il parle de couper le mal à sa racine, via des interventions militaires, en parlant du terrorisme. C'est le pompier pyromane qui ne fait qu'attiser le conflit, la guerre.

Concernant l'Europe, il souhaite sauver l'UE et la zone Euro. Son programme prévoit de renforcer Frontex, qui traque les réfugié-e-s de la Méditerranée.

À propos des accords de Touquet, entre la France et la Grande Bretagne, qui bloquent la traversée des migrant-e-s outre-Manche, Macron est favorable à une renégociation, maintenant qu'il y a le Brexit, mais il n'est en aucun cas dans une remise en cause de ce système, de l'espace Schengen ni de la politique migratoire et aux frontières de la France, de l'UE, et des traités avec la GB.

Vis à vis de l'Afrique, le programme de Macron est clair : la Françafrique c'est l'avenir de la France. Il veut intensifier la présence française en Afrique. Macron est un fidèle soldat de l'impérialisme français. Il est donc de nos principaux ennemis. 

 

Le Pen, encore une candidate de la grande bourgeoisie

 

L'OC-FR a déjà produit de nombreuses analyses sur elle et son parti. Depuis, les choses n'ont pas tellement changé. C'est une représentante de la bourgeoisie, bien qu'elle soit la tenante d'une ligne parfois divergente qui reflète des contradictions au sein de la classe au pouvoir. Son parti bourgeois privilégie d'autres alliances, car il défend des intérêts particuliers, ceux d'une partie de la grande bourgeoisie française.
Elle n'est néanmoins pas radicalement en rupture avec les pouvoirs précédents. Ses désaccords ne sont, pour la bourgeoisie, que tactiques. Elle se situe dans la suite logique des années Sarkozy et Hollande qui lui ont préparé tranquillement le terrain. Macron aussi ne fera que lui servir de tremplin.

Évidemment, elle se distingue par sa politique ouvertement xénophobe, raciste et anti-ouvrière. Même si elle attire un vote populaire, mais minoritaire, ceux et celles parmi la classe ouvrière qui votent pour elle se tirent une balle dans le pied. Le FN est un fervent opposant au mouvement ouvrier, s'y attaquant parfois violemment, physiquement. Ses militant-e-s sont des casseurs-euses de grèves. Pendant le mouvement contre la réforme des retraites, MLP déclarait : « Ensemble, gouvernement et syndicats jettent la France dans le chaos. Voilà deux semaines que la France s’installe dans le chaos, entre grèves, manifestations et blocus. La tolérance zéro doit s’appliquer à tous les émeutiers. »
En particulier opposée à la CGT, que le FN prévoit de liquider, Le Pen prépare des mesures pour interdire les organisations ouvrières, et les mobilisations populaires. Déjà à l'époque, Bruno Gollnish, élu à la Région Rhône-Alpes disait : « le sabotage de l’économie française caractérise l’action des dirigeants de la CGT. Ces blocages frappent avant tout les salariés qui se rendent à leur travail, les entreprises, et menacent l’emploi. La CGT doit être rendue pénalement responsable, ses dirigeants doivent en répondre ».
Elle compte s'en prendre aux droits syndicaux, aux libertés démocratiques. Voter pour elle, c'est lui donner mandat pour nous liquider.

Son programme économique ne se distingue pas réellement de celui de Macron, dont elle partage de nombreuses mesures.
Comme lui, elle prévoit de renforcer le secret des affaires.
Comme lui, elle veut libéraliser l'éducation et l'enseignement, accroitre la sélection dans les établissements scolaires, augmenter les frais d'inscriptions et étendre l'autonomie des universités et des lycées.
Comme lui, elle veut alléger la fiscalité des entreprises, et supprimer les cotisations sociales. Comme lui, elle parle de "coût du travail" pour justifier sa politique anti-sociale et sa volonté de tirer les salaires vers le bas alors que la bourgeoisie s'enrichit.
Elle va parfois plus loin, en prônant d'abaisser l'âge de l'apprentissage à 14 ans notamment.

 Le racisme contre la finance ? Un mot d'ordre qui n'a pas de sens

Les médias et plusieurs groupes militants présentent ainsi, "racisme Vs finance", le clivage entre les deux candidat-e-s. Cela est pour nous faux.

Tous deux sont des représentant-e-s de la bourgeoisie impérialiste. La bourgeoisie française est intégralement liée à la finance, le capitalisme est intégralement un capitalisme financier.

L'impérialisme est un système qui se justifie par le racisme, qui justifie le pillage des pays dominés par les pays impérialiste en désignant ses habitant-e-s comme inférieur-e-s.

Macron comme Le Pen sont racistes et mèneront une politique raciste.

Ce ne sont pas les individu-e-s qui déterminent la politique, ce sont les intérêts des capitalistes.

Ces dernières années, l'état a eu du mal à maintenir l'ordre, essuyant par exemple un mouvement déterminé l'année dernière en plein état d'urgence.

Marine Le Pen au second tour, c'est révélateur d'une volonté de réprimer toujours plus nos luttes et les populations issues des pays dominés.

Macron au second tour, c'est révélateur de la volonté des capitalistes de continuer leur politique offensive contre nos intérêts.

Leur calendrier n'est pas notre calendrier

Nous l'avions dit et écrit : ces élections ne sont pas les nôtres, elles ne changeront rien pour nous, quel que soit le résultat. Nous ne dévions pas de notre route. La lutte ne s'est jamais arrêtée, il n'y a pas eu de pause de notre côté, et le seul choix possible pour les communistes est de continuer.

Au second tour, nous ne voterons pas. Nous suivrons évidemment les résultats, mais sans y voir un enjeu à surestimer. Entre Macron et Le Pen il n'y a aucun choix à faire, autre que celui de lutter politiquement.

Nous pouvons également donner notre voix à des personnes étrangères qui veulent voter, et nous soutenons les initiatives et les plateformes qui permettent aux personnes vivant en France sans la nationalité française, de pouvoir s'exprimer, en les mettant en relation avec des abstentionnistes.
Nous comprenons, que nous autres militant-e-s, avec la nationalité française, avons le privilège de ce choix (car l'abstention est pour nous un choix politique), et que les personnes n'ayant pas cette nationalité, vivant dans l'état français n'ont pas ce choix.
Nous devons être capable de remettre en cause nos privilèges qui vont avec. Le droit de vote des étranger-ère-s a notamment complètement disparu du débat public.

Nous les invitons à choisir la lutte à nos côtés, mais nous militons aussi pour que nous possédions tous le choix. Vivant, travaillant ici, ils-elles sont tout-es autant concerné-e-s que nous par ces élections mais ils-elles en sont exclu-e-s.
En tant qu'étrangers-ères, ils-elles seront les premiers-ères concerné-e-s par la politique raciste de Le Pen et Macron. En tant que travailleurs-euses aussi.
C'est aussi un acte militant, contre le racisme de l'état français, que de permettre ce choix en laissant notre bulletin de vote à nos camarades, voisin-ne-s, ami-e-s et collègues étrangers-ères.
Si nous ne sommes pas d'accord, nous respectons leur volonté de voter, car nous comprenons la peur que suscite certaines politiques au sein de l'immigration. Il est normal de vouloir s'exprimer et d'être entendu, même si nous considérons que notre vote est dilué dans l'interprétation que la bourgeoisie en fait.

L'OC-FR soutient donc le mot d'ordre qui consiste à filer notre vote à ceux et celles qui en sont privés pour des raisons racistes, tout en expliquant autour de nous les raisons de notre acte, et pourquoi nous ne votons pas.

Nous appelons à manifester demain, 1er Mai, massivement, pour montrer que quelque soit le resultat des élections nous serons prêts à nous battre.

Macron et l'impérialisme décomplexé ou Le Pen et l'impérialisme décomplexé

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #élections, #France, #Antifascisme, #ANI, #Impérialisme

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Publié le 3 Avril 2017

Les pétroliers poursuivent leurs forages offshores et détruisent les écosystèmes !
 
Le géant français Total et le britannique BP sont sur le point de forer à l’embouchure des fleuve Amazone, menaçant le récif de l’Amazone, long de plus de 9500 km2 allant jusqu’à la Guyane, colonie française. 
Les scientifiques estiment que seuls 5% du récif ont pour l’instant été cartographié. 
Plus de 80 communautés vivent de ce récif, au nord de l’état d’Amapa au Brésil. 
Il s’agit du plus grand écosystème de mangrove continu au monde et il se situe dans le Parc National du Cabo Orange. De nombreuses espèces encore inconnues y trouveraient refuge. Toutes ces vies sous-marines et côtières pourraient disparaître à cause de l’exploitation pétrolière. Selon l’UICN, l’ONG de protection de la nature, de nombreuses espèces y sont déjà en voie de disparaître, comme la loutre géante. Et pour les populations du littoral, ce récif joue un rôle essentiel. Total et BP pourraient leur porter un coup fatal. 
 
L’une des concessions de l’entreprise française n’est situé qu’à 8 kilomètres du récif, d’une profondeur de 2 500 mètres. 
Et nous avons encore tous-tes en mémoire la catastrophe de Deepwater horizon, exploitée par BP dans le golfe du Mexique, qui après une fuite a laissé se déverser son pétrole dans la mer, polluant les eaux définitivement. Un écocide dont la zone ne s’est jamais remise. 
 
Or, vu les prix actuels du baril, les forages offshores ne sont pas rentables, même s’ils espèrent une remontée des prix, ça ne sera pas pour sitôt. 
Leurs prévisions bancales ne prennent pas en compte l’avenir de l’humanité. D’autant plus qu’en réalité nous n’allons pas sortir de cette crise. En agissant ainsi ils nous précipitent de plus en plus vers la pénurie.  
Ainsi malgré des coûts énormes, la concurrence internationale pousse les monopoles à forer de plus en plus. Ils veulent s’implanter partout. Les extractions s’intensifient, et de nouveaux puits sont sans cesse découverts, dans le canal du Mozambique, dans le golfe du Mexique, dans l’arctique… au Brésil où Total profite du changement de gouvernement et de l’instabilité politique pour rafler les gisements et privatiser à son avantage le secteur énergétique du pays.
 
Derrière les États participent à cette guerre économique, en protégeant leurs monopoles, en légiférant en leur faveur, en revendiquant des territoires à fort potentiel. Ce n’est pas pour rien si à l’échelle internationale, il n’y a pas de règles en matières pétrolières et gazières. Ce sont les monopoles capitalistes, comme Total, qui dictent leurs lois. 
Avec la convention de Montego Bay (convention des Nations Unies sur le droit de la Mer, CNUDM), la France s’accapare les océans et fait profiter à Total de sa Zone Économique Exclusive (ZEE) qui va jusqu’à 370 km des côtes ou 650 km s’il y a une continuité géologique du plateau continental. Ainsi l’impérialisme français contrôle le deuxième plus grand domaine maritime mondial. 
Avec ces éléments, on comprend mieux pourquoi elle tient tant à ses territoires « outre-mer », et l’on comprend mieux l’intérêt obsessionnel de Mélenchon pour « l’économie de la mer ». 
En élargissant ainsi son territoire, l’état Français s’accapare les ressources naturelles sous-marines. Avant d’aller coloniser l’espace, la France a déjà colonisé les fonds marins. 
Évidemment, ce sont les monopoles et les bourgeoisies françaises qui récoltent l’argent qu’ils en tirent. 
 
En Guyane, l’impérialisme nous menace !
 
Total est un habitué du procédé. En Guyane (colonie française) l’entreprise effectue actuellement des forages semblables, exploitant la colonie pour ses bénéfices. 
Élu en 2012, ce fut le premier acte par décret de François Hollande, attribuer à Total des permis exploratoires, alors même qu’il avait fait campagne sur la promesse de réformer le code minier pour l’empêcher. Mais bon, qui y croyait? Ils ne respectent même pas leur principe de précaution, que le PS a défendu dans ses meetings. 
Une fois de plus, ils nous donnaient raison lorsque l’on prévenait que les candidat-e-s aux élections ne sont que candidat-e-s pour gérer le pouvoir impérialiste.
 
À l’OC-FR nous soutenons les revendications anti-coloniales et indépendantistes de Guyane, qui exigent notamment le départ de Total, de la France, et l’arrêt des forages. 
Comme au Brésil, en Afrique, en Birmanie et ailleurs, la France n’a pas à exploiter les ressources guyanaises, alors que les populations locales ne touchent aucun bénéfice, mais se fait exploiter à outrance, parmi les pires conditions dans les colonies françaises. 
Ce sont les multinationales et l’état français qui ont dépossédé les guyanais, notamment de leurs ressources minières. Il y a aussi l’or, la bauxite, le phosphore… Et contrairement à ce que prétend Mélenchon sur twitter, la Guyane ça n’est pas la France. La Guyane est dominée par la France, ce qui est différent. Mais le peuple guyanais n’est pas le peuple français. C’est une nation sans état.
 
De plus Total est un mastodonte, représentant de l’impérialisme français. La politique énergétique est un pilier de la stratégie à l’internationale de l’état français, et au centre Total y occupe une place de choix. 
L’intérêt de la France dans ses colonies se situent notamment dans les ressources énergétiques que la France peut aller y piller. 
C’est aussi une base arrière pour les investissements de la France en Amérique du Sud, très convoité pour ses ressources. 
 
Total et son greenwashing bidon 
 
« Engagé pour une énergie meilleure », c’est ce qu’écrit la multinationale sur son site. On peut y lire qu’elle produit « une énergie qui localement respecte mieux l’environnement et qui globalement préserve l’équilibre climatique de notre planète. » Tout cela c’est bidon. Entre les actes et les écrits, le fossé est abyssal comme le prouve les agissements et la politique de Total. 
C’est quelque chose de structurel, car cette entreprise capitaliste a vocation à faire du profit, et d’amasser toujours plus d’argent. 
L’environnement est un obstacle pour le profit potentiel à court terme. Et les capitalistes veulent abattre les obstacles, même si cela mène à des catastrophes.
L’ancien PDG de Total s’était par exemple engagé oralement à ne pas exploiter les gisements dans l’arctique vu les risques environnementaux et les conséquences qu’auraient une catastrophe pétrolière. Aujourd’hui Total s’apprête à exploiter ces gisements, pourtant les risques et les conséquences sont les mêmes.
 
Avec leur marketing et leur communication, c’est facile pour ces grands groupes de se teindre en vert et de prétendre avoir changé, prendre en considération l’environnement, tout en faisant le contraire dans la réalité. Ils signent des chèques au gouvernement pour financer les COP qui permettent aux chefs d’État de se la jouer écologistes et de gagner des points dans les sondages. Pendant ce temps ils espèrent nous faire oublier leurs activités ? 
Leur économie est criminelle. Ces entreprises sont des entreprises criminelles. Nous devons les combattre et les détruire. Nous les exproprierons, et nous les ferons payer. 
 
L’OC-FR appelle à soutenir les mobilisations écologistes contre Total et contre son projet de forage. Nous soutenons les populations côtières qui se mobilisent contre Total. 
Plus généralement, nous devons combattre la politique impérialiste de la France et de son champion pétrolier, Total, ainsi que les forages offshores. Il en va de notre survie à long terme.
Notre objectif c’est la révolution pour le socialisme et le communisme. Mais nous ne voulons pas hériter d’un monde détruit, invivable. 
L’impérialisme français et Total sèment la mort. Ils oppriment et exploitent les peuples. Ils épuisent les ressources. Ils détruisent la planète. Leurs intérêts immédiats de capitalistes sont antagoniques avec nos intérêts populaires. 
Nous devons particulièrement dénoncer, et pointer du doigt la responsabilité de Total, et derrière, celle de l’impérialisme français, notre ennemi principal. 
 
 
À bas l’impérialisme ! À bas le colonialisme !
Les pétroliers poursuivent leurs forages offshore et détruisent les écosystèmes

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Anti-impérialisme, #France, #Brésil, #Total, #Guyane

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Publié le 17 Mars 2017

 

Mélenchon, c’est l’impérialisme !

Analyse sur le prétendu « insoumis » du PG

 

Il vient d’obtenir ses 500 signatures pour se présenter officiellement et faire parler à nouveau de lui. Celui qui s’impose comme l’un des « gros candidats » est quasi-assuré de finir avec un score à deux chiffres.

Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle se positionne comme le principal atout de la gauche du PS. Le seul à gauche de Hamon qui serait capable de battre les candidats du gouvernement, et l’extrême droite aux élections. Il séduit de nombreuses personnes sincères, progressistes.

Pourtant, la seule solution qu’il propose, c’est celle des urnes. Son projet est réformiste, et électoraliste. C’est une imposture. Un politicien comme les autres.

Il s’inscrit dans le cadre du capitalisme, et non dans une remise en cause. Le projet de Mélenchon, c’est l’impérialisme français ! C’est le chauvinisme de la bourgeoisie française.

 

L’OC-FR considère important de combattre les illusions que sème cette gauche dite « radicale », alors qu’elle ne se positionne pas dans une rupture mais dans une continuité « plus sociale » de la politique française.

C’est pourquoi nous publions notre position à l’égard de Mélenchon, qui participe plus à la confusion qu’elle ne supporte l’alternative révolutionnaire.

Cette analyse ne se veut pas exhaustive mais énumère certains des aspects que nous avons jugé principaux concernant notre critique de son programme.

 

L’économie de la mer, si chère à Mélenchon

 

La France insoumise, ce mouvement électoral crée pour porter la candidature de J-L M, a fait du développement de « l’économie de la mer » avec une vision industrielle une priorité.

Ce pan du programme du candidat, est révélateur du caractère impérialiste de son programme.

Lors de son discours de clôture des « assises écosocialistes de la mer » de son parti, en janvier 2014 à Toulon, J-L M parle même de « conquête ».

La mer selon La France insoumise est un territoire économique à conquérir, pas un espace de biodiversité (Mélenchon veut sortir de l’alimentation carnée, pourtant il ne remet pas en cause l’écocide marin et prône le développement de la pèche).

Sur son blog, Mélenchon titre dès le 5 novembre 2014, un article révélateur de cette vision : « La France, puissance maritime qui s’ignore » avec une carte qui fait ressortir tous les territoires dominées par l’état français à travers le monde et son espace maritime, autour de ses colonies d’outre-mer, de la métropole et des TAAFs.

Et avec cet espace, Mélenchon l’affirme « la France dispose d’un trésor ». Pour faire du profit à priori. Car comme il l’explique, « elle est le premier réservoir des ressources rares, la mer aiguise de féroces appétits ».

 

Pour lui il s’agit de concurrencer le « leadership mondial des États-Unis » et de la Chine dont il veut être le premier partenaire. Il voit dans la mer un moyen de modifier les alliances politiques atlantistes de la France, ce qui aiguisera certaines contradictions inter-impérialistes.

L’enjeu c’est que l’impérialisme français devienne leader sur un nouveau marché profitable, qui concerne différents secteurs. Celui de la pêche, de la pisciculture, du transport, de la construction, de l’industrie militaire ou encore du très stratégique secteur de l’énergie.

Et c’est à ce dernier niveau que J-L M s’arrête le plus, notamment lorsqu’il pleurniche sur la vente du secteur énergétique d’Alstom à Général Électric. Il y voit une perte dans le patrimoine financier de l’impérialisme français.

Et puis il a conscience que les océans contiennent l’essentielle des réserves minières et d’hydrocarbures.

L’intention est celle de celui qui voit une manne financière exploitable, d’autant plus intéressante économiquement si elle est renouvelable. Et d’avoir de nouveaux « fleurons industriels ».

Il écrit d’ailleurs que « laisser au marché le soin de découvrir les produits demandés, c’est s’interdire de peser sur le choix des activités à développer », expliquant que l’économie de la mer peut booster l’économie capitaliste française en relançant son activité industrielle, car toutes les industries seraient concernées directement ou indirectement.

Pourtant on exploite pas la nature sans conséquence. La vision bourgeoise de Mélenchon amène à penser que l’espèce humaine à travers son activité économique peut tout maîtriser, et tout exploiter de façon intensive sans envisager l’avenir et pour un profit immédiat.

Or il est impératif d’envisager l’activité économique en fonction de ses conséquences à long terme, c’est l’un des intérêts de la planification socialiste. Mais elle ne peut se faire dans une économie capitaliste.

 

Nous rappelons aussi à J-L M que l’économie de la mer est déjà une préoccupation importante de l’impérialisme français et de l’état français.

Pour preuve son obstination à maintenir sa présence et sa flotte de pêche à Saint-Pierre et Miquelon. Son intérêt pour la baie de Guyane, et les prospections minières que la France y mène avec Total. Ses campagnes « scientifiques » et de pèche dans les eaux internationales, dans l’océan Indien, au large de l’antarctique, de l’arctique. Ses agitations parlementaires autour de l’île Tromelin, en début d’année encore. Son administration des TAAF chargé de gérer des territoires « australes » (mais en réalité parfois très tropicales) au milieu des océans.

L’écocide marin, ça fait bien longtemps que les capitalistes l’ont entamé. Au sein du CAC40, nombreuses sont les entreprises à avoir depuis longtemps investis en mer.

La France est déjà un leader dans la marine, avec son industrie agroalimentaire, de la pèche, et ses navires Auchan, Carrefour et cie qui raclent les fonds des océans.

La France exploite déjà durablement, souvent irrémédiablement les océans.

Total et son pétrole off-shore illustre ce phénomène qui nous maintient dans la catastrophe environnementale.

À l’OC-FR nous pensons au contraire que les mers, les océans et leurs faunes et flores ne s’en porteront que mieux sans activités économiques capitalistes.

Nous savons, et la science l’a prouvé, que notre activité en mer a des conséquences définitives et tragiques. Mélenchon est juste le porte-parole d’une frange des impérialistes français qui ont des intérêts en mer. Et qui se soucie peu de notre survie à long terme.

 

Le rapport aux outre-mer

 

À travers cette approche de l’espace maritime français, c’est aussi son rapport aux territoires « d’outre-mer » qui apparaît. Car pour lui, ces territoires sont avant tout « des joyaux » de sa République française.

Il voit en premier lieu le potentiel colonial et son domaine maritime. Il y voit l’intérêt économique que la France peut en tirer. Il ne se démarque en rien des colons. Au contraire, c’est un colon.

Pour l’OC-FR ces territoires sont des colonies. Notre rôle anti-impérialiste est de soutenir leur décolonisation, pas de vanter leur potentiel économique au sein de la domination française.

Pour J-L M pas question de parler d’indépendance, et il nie l’existence de peuples dominés dans l’état français, et de peuples sans états.

Sur cet aspect, il serait intéressant de confronter les postures de deux candidats que sont J-L M et Oscar Temaru qui a fait campagne pour l’indépendance de la Polynésie.

J-L M se positionne clairement et ouvertement du côté des colons et de nos ennemis.

Ses prises de positions sont inconciliables avec notre lutte anti-impérialiste. Au contraire, elles sont antagoniques.

 

Chauvinisme et protectionnisme

 

Mélenchon se veut le candidat de l’indépendance nationale. Mais quelle indépendance nationale pour l’une des principales puissances impérialistes ?

La France domine l’économie et la politique de nombreuses nations et de nombreux peuples, parfois militairement.

Elle importe des travailleurs et travailleuses de ces pays et les assigne aux tâches les plus difficiles de la production et les moins payées. J.L. Mélenchon nie les revendications démocratiques de ces populations en matière de liberté religieuse et d'égalité face à la ségrégation raciste. Il ne parle même pas de régulariser tou-te-s les sans papiers.

 

Ce sont ces peuples qui sont légitimes à revendiquer une indépendance nationale, pas les puissances impérialistes qui les exploitent.

En réalité, ce qui se cache derrière ce mot d’ordre c’est sa volonté de s’imposer dans les conflits inter-impérialistes, et de se démarquer de certains impérialistes, alliés de la France, en particulier les USA et l’Allemagne. Son rapport à ces deux États est révélateur de son idéologie.

J-L M est obsédé par les contradictions entre la France et ces deux états.

Il souhaite que la France s’en détache clairement, et prône un certain nombre de mesures pour rompre les alliances actuelles.

Par exemple, à l’OC-FR nous considérons l’OTAN comme un cadre d’alliance militaire inter-impérialiste autour de quelques puissances dominantes, comme l’Angleterre et les USA, de même que l’UE l’est politiquement autour de la France et l’Allemagne.

Nous sommes évidemment pour sortir de ces structures inter-impérialistes. Il faut les combattre. Nous avons encore en mémoire le succès du contre-sommet de Strasbourg en 2009 contre l’OTAN, et nous devons systématiser ces mobilisations.

Nous ne pensons cependant pas que le problème fondamental et structurel de nos sociétés ce soit la présence de la France dans ces alliances inter-impérialistes.

Et puis pour lui, il s'agit juste de sortir de ces traités d'alliances pour en passer d'autres avec d'autres impérialistes : la Chine ou la Russie notamment.

Le problème c’est le capitalisme, et l’impérialisme. Derrière ces épouvantails et ces contradictions inter-impérialistes que Mélenchon veut aiguiser et qu’il agite, il nous détourne en réalité des causes réelles des problèmes que nous vivons, de la lutte des classes. C’est le genre de fausses solutions qui nous précipitent dans les conflits.

Mais Mélenchon attise les contradictions entre impérialistes. Ces contradictions s'aiguisent de plus en plus et c'est pourquoi les masques tombent entre ceux qui prônent la défense de l'impérialisme français et celles et ceux qui défendent les peuples dominés par la France.

 

Sa France une et indivisible, négation des cultures minoritaires et minorisées

 

Le Parti de Gauche se revendique fièrement du jacobinisme et de l’interprétation qui en est faite aujourd’hui, qu’elle soit juste ou non.

La France de J-L M opprime les peuples dominés, et ceux qui ont été colonisés dans son histoire. Les cultures, les langues et les autres nations n’ont pas le droit de s’exprimer et d’exister au sein de son territoire. Pour lui, la France est une et indivisible, et non pas métissée et multiculturelle. Elle est unitaire, et se base sur les frontières actuelles de l’état français. Il confond volontairement nation et état, pour effacer les revendications nationales et les luttes de libération nationales qui existent en son sein.

Il est un ennemi ouvert des indépendantistes et des mouvements culturels minorisés, que lui préfère appeler avec mépris « régionalistes » pour mieux nier leur caractère national et leur droit démocratique.

Pour lui, il s’agit tout au plus de folklore. Et plutôt que de langue, lui préfère parler de « dialecte » ou de « patois » qu’il réduit à « une identité de terroir ».

Il n’imagine pas quelqu’un-e vivant dans l’état français, bilingue. Il l’imagine uniquement parler français. Selon lui il ne doit y avoir qu’une langue, et donc qu’une seule façon de penser (car la langue détermine aussi matériellement l’usage que l’on fait de notre cerveau).

Selon J-L M, il n’y a pas de sentiment binational. Il considère au contraire qu’une fois en territoire français, on doit se « fondre dans la république bourgeoise », « s’intégrer » comme ils disent, pour n’être plus que français (c’est dans cette même logique qui détermine sa définition de la laïcité qu’il stigmatise le voile et rejoint les rangs des islamophobes).

Un individu n’a qu’une seule culture croit-il, celle de sa république bourgeoise. S’en est même devenu une obsession. Il en a fait un cheval de bataille, notamment contre la ratification de la « charte européenne des langues régionales ou minoritaires » (qui n’apporterait pas de grandes modifications pourtant) qu’il qualifie « d’atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français », pour développer ses idées chauvines.

Pourtant l’égalité devant la loi, ne serait-ce pas justement de pouvoir permettre à quiconque de se défendre dans sa langue ?

Le refus de reconnaître le bilinguisme dans certains territoires amènent à des absurdités telles qu’en 2015 à La Réunion, 14,4% des 16-25 ans sont considérés illettrés car ne parlant que créole. Leur langue n’étant pas reconnue par l’état français, ce sont ces mêmes créoles qui n’ont pas accès à l’administration, au droit et à l’éducation dans leur propre pays, c’est cela l’égalité des droits selon J-L M?

Dans une lettre aux sénateurs du 30 Mai 2008, il écrit qu’« il est donc contradictoire d’introduire dans ce même article la reconnaissance d’un particularisme, quel qu’il soit, dans la mesure où celui ne concerne pas tous les citoyens, et en distingue certains par rapport à d’autres. »

Ce que J-L M nie, c’est que les différences culturelles et sociales sont un fait, une conséquence de notre système politique et économique inégalitaire, de classe, capitaliste, et que lorsqu’elles ne sont pas reconnues, les conséquences sont nombreuses, qu’elles soient sociales, sanitaires ou administratives, jusqu’à qualifier avec mépris des personnes qui parlent d’autres langues « d’illéttrés ».

Or pour résoudre un problème (car c’est un problème de ne pas pouvoir librement parler sa langue), il faut d’abord l’acter. Mais pour lui « elle ouvre la voie à une division entre citoyens contraire à la République » qui viendrait menacer la langue française, allant même jusqu’à écrire « La valorisation et la promotion de la langue française est-elle devenue à ce point subalterne ? » Le français serait même « le ciment de l’unité nationale » si chère à la bourgeoisie.

Les autres langues deviennent donc une menace, et il « dénonce » à ce propos sur son blog en septembre 2013 « la domination de l’enseignement de l’anglais comme seconde langue et la volonté à peine cachée des élites libérales et solfériniennes d’y soumettre tous les jeunes français », « la domination croissante de l’anglais est pourtant la seule véritable menace » qu’il compare à la promotion des langues minoritaires… Alors même que le français est pour lui un outil économique (et impérialiste et donc de domination selon nous) qu’il qualifie sur son blog de « prometteur » qui permet à la France d’agir au sein de la « Francophonie » dans la lignée des autres impérialistes français et de la françafrique.

Sa vision est donc réactionnaire sur toute la ligne. C’est celle des impérialistes français.

Dans son argumentaire, J-L M en arrive même à comparer ces revendications, et ces langues à la religion. Comme si la langue n’était pas un fait matériel, et que son usage relevait de la « foi ».

Du délire. En 2013, dans une explication de vote au Parlement européen, il y voit même une attaque à « la laïcité ». Rien que ça.

 

La planification écologiste, impossible sous le capitalisme

 

Le Front de Gauche en parlait déjà en 2012 et cette mesure peut paraître intéressante. Il semble agréable, alors que règne l’anarchie du mode de production qui caractérise le système économique capitaliste, d’entendre parler de planification.

Dans cette société violente, il n’y a pas d’autres politiques socialistes possibles que celle de la planification socialiste avec une vision à long terme pour sortir de la crise et de la catastrophe, après la révolution.

Mais s’agit-il réellement d’une planification, au sens socialiste, que Jean-Luc Mélenchon propose? Est-il possible de planifier sans sortir violemment du capitalisme?

 

Nous ne le pensons pas. Pour planifier l’économie, la politique, et l’aménagement des territoires, il faut le pouvoir sur l’économie, et donc le pouvoir sur les entreprises. Cela signifie notamment que sans expropriation il n’y aura jamais de planification. C’est bien la propriété privée, socle de base du capitalisme, qui détermine l’anarchie du mode de production, et la concurrence à tous les étages. Le libéralisme, c’est la propriété privé, et au nom du droit à la propriété privée et sa défense, le droit d’agir selon ses intérêts privés.

Planifier à l’échelle d’un état sans remettre en cause la propriété privée, ça n’est pas planifier l’économie nationale. Il existait un puissant ministère du plan a à la sortie de la seconde guerre mondial. Il créait des infrastructures au service des patron-ne-s, routes, autoroutes, voies de chemin de fer, des centrales électriques, développait le nucléaire. Tout ça au service des patron-ne-s qui mutualisaient les coûts développement de ces infrastructures.

Planifier ce n’est pas non-plus « nationaliser » les entreprises dans un état au mains d’une bourgeoisie (qui serait alors une multinationale « publique »), mais socialiser les moyens de productions entres les mains du peuple, et du pouvoir à la base, sans concurrence, et organisé en fonction des besoins réels, et des capacités de chacun-e-s. Ni plus ni moins. Mais impossible sous le capitalisme.

Au contraire, la vision politique du PG se base sur la petite propriété privée, et le service public, sans remise en cause du caractère bourgeois du service public dans un état bourgeois et capitaliste.

Or le service public peut aussi très bien défendre les intérêts privés, et fonctionner comme une entreprise comme une autre, à la recherche de nouvelles parts de marchés, défendant ses intérêts violemment dans la concurrence internationale, pillant les matières premières à travers le monde, soumettant les peuples dominés, polluant l’air, les sols et les eaux, et exploitant ses salariées pour dégager plus de profits.

C’est ce que font déjà les entreprises publiques françaises. Une entreprise publique sous le capitalisme, ça reste une entreprise capitaliste. C’est d’ailleurs le rôle de l’APE, une agence de Bercy qui incarne l’état actionnaire et assure ses intérêts stratégiques dans la direction des monopoles français que de s’en assurer.

Alors planifier pour quoi? Planifier pour assurer plus de profits à l’état capitaliste? Ou planifier pour la paix et mettre un terme à la catastrophe environnementale, à l’exploitation et à l’oppression?

 

La sixième république, de la poudre aux yeux

 

Tout cela nous amène naturellement à conclure sur la sixième république voulue par le Front de Gauche et différentes composantes du PS et des écologistes.

Si Jean-Luc Mélenchon gagne, il convoque une constituante pour rédiger une nouvelle constitution et proclamer une nouvelle république parlementaire.

Pour Mélenchon, le changement passe définitivement par les urnes.

Pourtant qu’est-ce que cela changera radicalement? Pas grand chose. Le système économique sera le même, celui du capitalisme.

Le système politique institutionnel sera organisé différemment, mais ce seront toujours les mêmes qui gouverneront en alternance, pour servir les intérêts de la bourgeoisie et de l’impérialisme français. Ce seront toujours les mêmes parasites qui vivront des élections sans jamais rien produire, qui décideront des politiques nationales.

Pour nous ce qui compte, ce n’est pas tant le nom que l’on donne aux institutions mais de savoir quelle classe sociale est au pouvoir.

Mélenchon n’est donc pas une alternative. Il sème une illusion, mais c’est une arnaque. Son programme vise à nous maintenir dans ce système politique et économique que nous rejetons. L’OC-FR combat l’économie capitaliste. J-L M en est l’un des boucliers. Pour abattre ce système, il faudra faire tomber ses défenseurs, J-L M y compris.

Melenchon, c'est l'impérialisme !

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Publié le 5 Mars 2017

La révolution sera féministe ou ne sera pas !

Pour un 8 mars de lutte !

Le mot d'ordre de grève des femmes est porté par le syndicat solidaires pour le 8 mars, journée de lutte pour les droits des femmes, depuis plusieurs années. 

Cette année, plusieurs confédérations syndicales, la CGT, FSU et Solidaires appellent à la grève le 8 mars à 15h40. Dans de nombreuses entreprises, des appels à la grève pour la journée entière du 8 mars ont été lancés. Un grève dans la fonction publique, notamment hospitalière, a lieu le 7 mars : le secteur de la santé est très féminisé. Les femmes, toute la semaine, seront mobilisées.

L'OC-FR soutient cette initiative : le 8 mars, ce n'est pas "la journée de la femme" où on nous offre une rose et un épilateur, c'est une journée de lutte pour le droit des femmes, crée par l'Internationale Communiste en 1910 sur une proposition de Clara Zetkin et Alexandra Kollontaï, deux militantes communistes.

Des femmes opprimées et doublement exploitées

Dans un pays comme la France, les violences patriarcales sont massives : une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint. Ce qui est arrivé à Théo parce qu'il est un jeune homme non blanc de quartier arrive à 150 000 femmes par ans. Ces violences ne sont rien d'autre que de la répression.

Les hommes violent les femmes pour leur rappeler par la terreur qu'ils ont tous les droits sur elles. Ils les frappent parce qu'elles refusent l'exploitation domestique. Ils les menacent parce qu'elles sortent dans la rue, parce qu'elles militent. Ils les tuent parce qu'elles osent tenter de les quitter.

La justice ne condamne que rarement ces violences : elle est au service d'un ordre patriarcal, qui sert le capitalisme.

La grande majorité des femmes dans ce pays travaille bénévolement au quotidien. Ce sont elles qui assument la majeure partie des tâches ménagères. Qu'elles effectuent gratuitement ce travail permet à leur patron-ne et à celui de leur éventuel conjoint-e de ne pas avoir à payer de quoi manger dehors tous les soirs, par exemple.

En outre, l'exploitation est au coeur du capitalisme. Les hommes comme les femmes ouvrier-e-s et employé-e-s vendent leur force de travail à des patron-ne-s. Chaque jour, quand, ouvrières, employées, nous allons travailler, notre travail rapporte beaucoup plus d'argent à notre patron-ne que ce que nous recevons comme salaire.

Il n'y a que sur notre travail qu'ils peuvent générer du profit et nous sommes dans le pays où la productivité est parmi les plus élevée au monde. Si nous devions arrêter de travailler dès que nous travaillons gratuitement, nous serions en grève depuis des mois.

Le patriarcat assigne les femmes de classe populaire à des emplois parmi les plus mal considérés et mal payés. Les femmes occupent plus souvent que les hommes des postes d’ouvrières et employées. 

Elles sont donc plus exploitées que les hommes car :
- moins payées qu'eux
- pour des emplois moins payés.
- effectuent du travail domestique gratuit supplémentaire.

Pour un féminisme de classe et anti-impérialiste

Mais toutes les femmes ne sont pas exploitées et elles ne le sont pas toutes au même degré. Les femmes de la bourgeoisie vivent de l'exploitation d'autres femmes. Elles emploient des femmes qui font des ménages. Leurs revenus proviennent de l'exploitation d'autres personnes et animaux. Elles ne sont pas de notre camp et pour elles revendiquer le droit à l'égalité salariale c'est revendiquer le droit de participer de la même manière que les hommes à notre exploitation, elles ont plutôt intérêt à ce que nous continuions à être sous payées

Nous vivons dans un pays impérialiste et les femmes bourgeoises françaises exploitent non seulement les femmes françaises et immigrées dans notre pays, mais aussi dans de nombreux autres pays.

Les femmes des pays dominés et leurs organisations s'abîment les yeux, les mains, dans les ateliers de confection et y meurent comme au Bangladesh. Des femmes arrivent aujourd'hui dans l'état français après avoir fui nos bombes et sont jetées dans la misère. Des femmes sont importées des pays dominés pour être prostituées. Des femmes sans papiers sont surexploitées, esclaves domestiques, bien souvent par des patronnes. Des femmes sont exclues du marché de l'emploi : voilées, trans, roms, psychiatrisées.

Le moteur d'une grève des femmes, ce sont les ouvrières et les employées qui s'épuisent au boulot pour un salaire de misère, leurs organisations de classe, les organisations et collectifs de sans papiers.

Nous revendiquons bien entendu l'égalité salariale, mais nous allons au delà.

Nous nous battons pour mettre fin à l'exploitation et au patriarcat.

En effet, nous ne pensons pas que l'un aille sans l'autre.

Le capitalisme n'est plus capable de générer autre chose que des crises entraînant misère, guerre, répression. Ce système a fait son temps. Sortir du capitalisme, exproprier ceux qui nous exploitent et sont incapables de voir plus loin que le bout de leur nez qu'ils ont rivé sur leurs profits immédiats, organiser collectivement la production pour qu'elle satisfasse les besoins matériels et culturels des travailleurs et travailleuses, voilà la solution.

Mais le patriarcat lui aussi a fait son temps. Il assigne les femmes à des tâches de reproduction (ménage, cuisine, s'occuper des enfants) dans la cellule familiale. Les hommes y trouvent l'avantage de pouvoir occuper l'espace public et de ne pas avoir à réaliser ces tâches. Or aujourd'hui cette situation n'est plus tenable. Les femmes brûlent de pouvoir participer pleinement à l'économie et à la politique. Cela va dans le sens du développement économique. Pour libérer l'économie des carcans qui l'entravent se débarrasser du capitalisme comme du patriarcat est nécessaire.

Nous soutenons les féministes contre la répression sexiste qu'elles subissent y compris dans les milieux dits progressistes et révolutionnaires. Nous soutenons les cadres d'organisations non-mixtes des femmes prolétaires et ouvrières, issues des pays dominés par la France.

La révolution sera féministe ou ne sera pas.

Manifestons à Belleville le 8 mars à 19h30 !

Contre l'exploitation domestique et au travail, contre les violences patriarcales,organisons nous et battons nous ! Toutes en grève le 8 mars !

La révolution sera féministe ou ne sera pas !

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Rédigé par OC Futur Rouge

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Publié le 28 Février 2017

Pas de trêve ! Ces élections ne sont pas les nôtres !

 

Après le mandat présidentiel de François Hollande, la désillusion quant à la possibilité de voir les choses changer par les élections est massive dans les classes populaires.

La politique anti-ouvrière, impérialiste, sexiste, raciste, islamophobe menée par le PS a ouvert les yeux de beaucoup sur l'arnaque que constitue l'alternance.

De droite ou de gauche, les politiciens servent le même intérêt, et ce n'est pas le notre, c'est celui des bourgeois-e-s.

Les primaires de gauche, l'affaire Fillon, la candidature de Hamon, de Macron, ne sont que des tentatives par les médias de tenter de relancer notre intérêt pour ces élections en ré-ouvrant un jeu qui apparaissait totalement verrouillé. Mais ne soyons pas dupes, le jeu électoral est un jeu bourgeois dans lequel nous n'avons rien à gagner.

 

Comme ils sont loin des préoccupations des ouvriers et ouvrières,

ces politicien-ne-s !

Ils ne s'adressent qu'à la partie la plus retardée d'entre nous.

Cette partie est celle qui se désolidarise des ouvrier-e-s issu-e-s des pays dominés par la France pour se réserver les postes les mieux payés de la production.

Elle préfère les miettes que la bourgeoisie veut bien lui concéder en échange d'un soutien à la politique impérialiste de rapine qu'elle mène.

C'est à elle que s'adresse Marine Le Pen. C'est aussi à elle que s'adresse Mélenchon dans ses sorties islamophobes et racistes car c'est une partie de nationalité française de la classe ouvrière qui donc posséde le droit de vote.

Les propositions des candidats dits progressistes nous paraissent être de la poudre aux yeux. Pôle emploi radie en masse les chômeurs. Les CROUS tardent à filer leurs bourses minables aux étudiant-e-s. Le smic reste au raz des pâquerettes chaque année. Les CAFs ne versent que des miettes en aides sociales.

La Loi Travail permet aux patron-ne-s de faire baisser nos salaires et de nous virer comme ils veulent.

Comment croire que les capitalistes vont accepter de nous donner un revenu universel ?

Nous ne condamnons pas ceux et celles qui iront voter. Tous et toutes nous avons envie d'agir sur notre situation sociale et tout est fait pour nous faire croire que les élections le permettent.

Cependant, nous portons un autre ordre du jour, un ordre du jour de lutte de classe, anti-impérialiste, anti-fasciste et féministe.

 

Dans notre société, des parts importantes des classes populaires et de la petite bourgeoisie sont en lutte.

 

Nous sommes dans un pays où la productivité est parmi la plus élevée du monde et les ouvriers, ouvrières et technicien-ne-s n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois. 

À PSA, dans d'autres boites de l'industrie, comme chez les agents de sécurité et les conducteurs d'Uber, les travailleurs et travailleuses luttent pour obtenir des augmentations, des primes. Leur travail remplit les poches des patron-n-e-s, ils et elles en ont assez de les voir s'engraisser grâce à eux et elles.

Dans leurs lieux d'habitations, ils et elles sont sous étroite surveillance policière. Les violences policières dont la jeunesse des quartiers populaire est victime, ils et elles en ont assez. Le meurtre d'Adama Traoré, le viol de Théo, les violences sexuelles contre les lycéen-ne-s du XIXème, les milliers de perquisitions contre des musulman-e-s, les mosquées saccagées, la liste des exactions commises les derniers mois est longue. La révolte gronde dans les quartiers populaires qui se sont mobilisés sans tomber dans les pièges tendus par le PS.


Une large partie de la classe ouvrière vient des pays dominés par la France, elle est l'objet d'une répression raciste et coloniale. Nous sommes dans un pays ségrégationniste où en fonction de sa couleur de peau, on se voit réserver les postes les plus bas dans la production. 

Les ouvriers et ouvrières réclament un salaire égal à travail égal, des groupes non mixtes de personnes issues des pays dominés par la France s'organisent. Le viol de Caïs, un petit garçon de 4 ans, la réouverture du Bal Nègre ont été l'objet de mobilisations ces derniers mois. Nous appelons à la manifestation pour la justice et la dignité du 19 mars.

 

La France est une puissance impérialiste en guerre. Elle impose son ordre dans ses colonies. Dans ses territoires dits "d'outre mer" elle maintient des économies coloniales et réprime les revendications culturelles et politiques nationales. 

La situation n'est pas apaisée au Pays basque où des militant-e-s sont interpellé-e-s et incarcéré-e-s. Le PS est un ennemi des revendications des peuples en luttes, nous exigeons l'amnistie des militants et militantes basques.

Le PS a également redécoupé les régions au détriment des catalan-e-s et occitan-e-s, réprimé le mouvement indépendantiste corse.

Il n'a su que semer la guerre et le chaos, d'abord en Syrie, Iraq, Mali, Centrafrique, poussé des milliers de gens à la fuite, maltraité les réfugié-e-s. En Palestine, l'État Français continue à soutenir les revendications réactionnaires pro-sionistes, refusant toujours de reconnaître l'état palestinien et le droit à l'autodétermination. Il soutient aussi Erdogan et le gouvernement turc dans sa répression des mouvements kurdes et leurs alliés progressistes. 

L'État français travaille pour maintenir les profits de ses grands groupes financiers et industriels. Pour cela, le gouvernement socialiste était prêt à tout pour favoriser sa politique impérialiste, de conquête des marchés au sein de la concurrence inter-impérialiste. 

Au mépris de l'environnement, de ce que peut supporter la Terre, de la survie à long terme des espèces vivantes y compris de l'espèce humaine, la France poursuit une politique destructrice, un écocide. Malgré les protestations populaires, elle poursuit sa politique énergétique, nucléaire, du charbon, prépare des forages de gaz de schistes, construit l'aéroport de Notre Dame des Landes, la Nouvelle route du littoral à La Réunion, ou la LGV Lyon-Turin. À coups de Greenwashing lors de la COP 21, le gouvernement a voulu nous faire croire qu'il se préoccupait de l'écologie, mais les pics de pollution se maintiennent, le tout-voiture continue à dominer nos villes, ils continuent à raser des forêts, à bétonner les sols, et la situation se dégrade.

 

Les femmes et les minorités de genre et d'orientation sexuelle n'ont reçu que du mépris de la part du gouvernement. Il n'a satisfait qu'aux revendications bourgeoises des milieux LGBT, laissant de côté les personnes trans et les lesbiennes, incarcéré les femmes qui se défendent contre un mari violent, interdit le burkini, arraché les voiles des femmes, exclut de l'espace public les femmes voilées. 

Face au patriarcat, au racisme et l'exploitation, les femmes et minorités de genre et d'orientation sexuelle résistent et s'organisent. Nous appelons à manifester le 8 mars à 19h30 à  Belleville.

Nous sommes dans un pays qui vit depuis plus d'un an sous état d'urgence et ce n'est pas pour rien : les contradictions sont fortes dans la société. L'Etat d'urgence n'a pas empêché les manifestations contre la loi travail, n'a pas empêché les émeutes en banlieue, la ZAD de tenir. 

Nous ne sommes pas dans un contexte où le jeu démocratique fonctionne, nous sommes dans un contexte où l'ordre règne grâce aux matraques, aux tonfas, aux lacrymos et aux hélicoptères.
 

Nous n'avons rien à attendre de ces élections, le changement, c'est nous, c'est notre organisation et notre détermination qui les permettront. 

Les militant-e-s de l'OC-FR n'appellent pas à voter aux présidentielles. Nous soutenons les initiatives menées contre les candidats aux élections et la manifestation "1er Tour Social" organisée le 22 avril place de la République.

 

Imposons notre ordre du jour par la lutte !

Pas de trêve, ces élections ne sont pas les nôtres !

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Publié le 6 Février 2017

Solidarité avec Théo, police patriarcale, police raciste !

Solidarité avec Théo, police patriarcale, police raciste !
 

T.W viol

 

Jeudi, aux 3000 à Aulnay, un jeune homme de 22 ans, Théo, s'oppose aux policiers qui viennent de gifler un petit garçon. Ils le gazent et l'arrêtent. Lors de son arrestation, roué de coups, insulté, il a été violé par un policier avec sa matraque avant d'être placé en garde à vue. A l'hopital, il a reçu 60 jours d'ITT.

Face à la colère de la population, les parquet a placé les 4 policiers en garde  à vue et entamé des poursuites. Mais il a vite retiré de l'accusation le mot viol pour se contenter de parler de violences en réunion.

Theo a eu raison de les accuser de viol. Il a raison d'être en colère face à leurs insultes et violences racistes. Ce n'est pas lui qui est sali par cet acte barbare, ce sont ceux qui l'ont commis. Il n'a pas à avoir honte, parler et se battre permet à tous ceux et toutes celles victimes de tels actes de reprendre confiance en eux et elles et de faire que la honte change de camp.

Police patriarcale

Le parquet fait preuve de la mauvaise foi dont tous les soutiens de violeurs font preuve. Mis devant une preuve vidéo des actes commis par les policiers, ils parlent de pantalon qui glisse tout seul et de matraque qui s'introduit de 10 centimètres à cause de la confusion.

Nous sommes toujours stupéfait-e-s de la maladresse et de la surdité des hommes. Il y a 150 000 viols par ans, et donc à peu près autant d'hommes qui n'entendent pas les "non", de pénis ou de matraques qui glissent et d'hommes qui avaient trop bu pour se rendre compte qu'ils étaient en train de violer une fille. De toute façon, intentionnel ou non, un viol est un viol. Un homicide involontaire est un homicide. Un viol, pareil, ce sont les faits qui comptent.
 

Minimiser, nier, rejeter la faute sur la victime, parler de ses graves accusations, ce sont des tactiques battues et rebattues des soutiens d'agresseurs.

 

Que le parquet utilise de tels arguments ne nous choque pas spécialement. Nous vivons dans un monde patriarcal.

Une des fonction des policiers est de faire barrière aux victimes de violences sexistes qui souhaiterait déposer plainte. Ils les traitent de menteuses, enquêtent sur leur moralité, les dissuadent de porter plainte.

Ils répriment celles auxquelles la société patriarcale donne une valeur moindre et celles qui sortent de leur rôle de genre.

Ils sont là pour racketter, violer, faire chanter, abuser des travailleuses du sexe.

Ils sont là pour réprimer les femmes psychiatrisées et neuroatypiques, les menacer, les dénuder, les attacher, les agresser physiquement et sexuellement.

Ils répriment les lesbiennes, les transexuelles, nous contrôlent la nuit quand nous sommes seules dehors pour pour tapinage.

Ils utilisent les violences sexistes contre les militantes, il faut que les femmes restent à leur place, loin de l'espace public.

Quand nous tombons entre leurs mains, nous, femmes de classe populaires, nous avons peur, non seulement parce que le commissariat est long et pénible, mais aussi de ce qui pourrait passer par la tête. Leur uniforme leur confère le droit d'user pleinement de leurs privilèges masculins. Ils battent massivement leurs femmes et violent collectivement des touristes au Quai des Orfèvres.


 

Violence raciste à l'encontre d'un jeune homme de quartier
 

La population qui vit dans les quartiers populaires est une population largement issue des pays dominés par la France. Le viol, c'est une arme de guerre utilisée de longue date par l'impérialisme français.

Prosituer, violer les hommes des pays dominés par la France, c'est tenter de leur faire rentrer dans la tête leur infériorité par rapport aux colons. Et être inférieur pour les français, c'est, notamment, être une femme. Violer des hommes racisés pour les traiter comme des femmes en dit long sur le traitement que la police réserve à celles-ci.

Ces derniers mois nombreux ont été les jeunes hommes de quartier à se plaindre de violence sexuelles de la part de la police.


Ce n'est pas pour rien que ce type de violence s'abat sur les jeunes hommes des quartiers populaires de la banlieue, les lycéens du 19eme, une grande part de ces populations viennent de pays anciennement colonisés par la France.

De nombreux migrant-e-s, hommes, femmes et enfants, sont elles et eux aussi victimes de viol sur le trajet qui les mène en Europe par les milices servant de garde frontières aux européen-ne-s.

Les arrachages de voile comme on a pu en voir cet été pendant l'affaire du Burkini, en garde à vue après des manifestations pour Gaza et au moment de l'interdiction du voile intégral sont eux aussi des violences racistes et sexistes.

Les femmes issues des pays dominés par la France n'ont pas le droit de se dérober au regards des impérialistes, leur corps leur appartient.

Celui des enfants aussi. Les militaires français violent des enfants au Mali et en Centre-Afrique tandis que l'Éducation Nationale, la Mairie de Montreuil et l'État enterrent le viol subit par le petit Caïs, 4 ans, à l'école.

La population d'Aulnay soutient le jeune homme. Samedi soir, des émeutes ont éclaté à Aulnay sous Bois. La police manifestait il y a quelques mois pour obtenir plus de droits et de moyens. Violer, tuer, taper, c'est le type de droit qu'ils revendiquent. La police a tiré à Saint Ouen il y a quelques jours en plein après midi également sur un chien. Depuis de longs mois, nos quartiers sont sous pression et notre sang coule.



Ne nous laissons pas écraser. Soutenons nous les un-e-s les autres face aux violences policières, ne laissons pas la police prendre ses aises dans nos quartiers.
 

Manifestons le 19 Mars pour la dignité et la Justice.

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Répression, #Paris, #aulnay, #Anti-impérialisme, #Impérialisme, #Féminisme

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Publié le 17 Janvier 2017

T.W

Lorsque les femmes dénoncent des agressions sexuelles, des viols ou du harcèlement sexiste, les masculinistes montent toujours au créneau pour exposer leur intimité, les menacer, les harceler, les agresser de nouveau.

En faire taire une, c'est dissuader d'autres de parler, pour eux.

Sur Twitter, une femme qui avait parlé publiquement d'une agression le mois dernier avait été prise pour cible par les membres du forum du site "jeuxvideo.com", antre de jeunes masculinistes actifs sur les réseaux sociaux qui fichent et attaquent les féministes. Elle a lancé un hastag #HELLOJVC" pour dénoncer leur sexisme et a été menacée de viol et harcelée.

Certain-e-s personnes soit disant bienveillantes lui ont dit qu'elle n'aurait pas du lancer ce hashtag.

Cette femme a eu raison de vouloir demander des comptes aux membres de JVC. Les femmes ont raison de se révolter contre le sexisme. La répression qu'elles subissent en retour, ce sont les masculinistes qui en sont responsables. Celles et ceux qui préfèrent critiquer les méthodes des féministes plutôt que de les soutenir font partie de la répression.

JVC appartient à la société Webdia, leader européen du numérique, monopole d'internet, propriétaire d'Allociné, de l'équipe e-sport du PSG, de Norman fait des vidéo et de Cyrpien. Que cette entreprise, saluée par François Hollande comme un fleuron de l'économie numérique, laisse s'organiser les masculinistes sur ce forum ne nous étonne pas.

A la télé, Cyril Hanouna commet des agressions sexistes en direct, Morandini, agresseur pédophile, officie sur I télé malgré l'opposition de nombreux et nombreuses journalistes qui ont préféré quitter la chaîne. Sur Internet, Facebook refuse de sanctionner les harceleurs sexistes,  censure des pages dénonçant les violences conjugales, il faut une mobilisation pour faire fermer des groupes non mixtes hommes où s'échangent des photos de femmes nues dans leur consentement. La justice réprime celles qui se défendent et absous les militaires français pédophiles.

Twitter est également un terrain ou les masculinistes peuvent sévir. Cette semaine, Buffy Mars, une autre féministe, a lancé #HARCELEMENTADOMICILE suite à l'utilisation de données personnelles par un technicien pour la draguer. Elle a été menacée de viol et de mort et harcelée par les masculinistes. Une page Facebook a été créé contre elle. 

Nous vivons dans une société patriarcale où les hommes ont une place privilégiée par rapport aux femmes, reléguées à l'espace privé dans lequel elles sont exploitées et opprimées. Les capitalistes y trouvent leur compte : l'exploitation domestique, c'est du travail gratuit réalisé par les femmes.

Là où il y a oppression, il y a résistance et les femmes se battent et s'organisent pour échapper à l'oppression patriarcale. Une large partie des hommes n'est pas prêt à renoncer à ces privilèges et combattent celles qui tentent de se soustraire à leur domination ou la dénoncent. Dans l'espace privé, ce sont les viols, les violences, séquestrations. Dans l'espace public, le harcèlement, la diffusion de rumeurs issues des fantasmes des masculinistes, l'exposition de l'intimité des femmes (photos, récits pornographiques) pour les atteindre dans leur intégrité et les exclure socialement.

Le harcèlement sexiste, l'exclusion sociale des femmes qui menacent les privilèges masculins, qu'elles osent dénoncer les violences, qu'elles refusent de se placer sous la domination d'un homme a toujours existé.

Les médias puis les réseaux sociaux ont aggravé les choses. Les campagnes de harcèlement contre des femmes dépassent le cercle local, les réseaux sociaux permettent aux masculinistes de s'organiser et de lancer des campagnes massives, les photos et textes postés sont durs à effacer.

Les campagnes de harcèlement  sexiste ont des conséquences dans la réalité. Certaines femmes se suicident. L'exclusion sociale les fragilise socialement et psychologiquement augmentant leur vulnérabilité aux agressions sexistes. Ce n'est pas pour rien que les menaces de viol et de violences accompagnent le cyber-harcèlement. Il vise à anéantir socialement les femmes à défaut de pouvoir les anéantir physiquement. Ce n'est pas un jeu, c'est de la répression. La vie de femmes est menacée par celle-ci.

Nous nous tenons auprès de celles et ceux qui, victimes de violences patriarcales, osent les dénoncer et font face à la répression. Nous nous tenons aussi auprès de celles et ceux qui sont muselé-e-s par celle-ci. Nous nous tenons auprès de celles et ceux dont le comportement ou l'identité de genre bouscule l'ordre patriarcal et sont désigné-e-s du doigt.

Nous sommes communistes et voulons mettre fin au système patriarcal.

Nous considérons comme antagonique avec nos objectifs l'anti-féminisme. C'est un combat d'arrière garde mené par ceux qui ne veulent pas perdre leurs privilèges.

Le patriarcat a largement fait son temps, aujourd'hui, et c'est parce qu'il est aussi pourrissant que les masculinistes défendent aussi ardemment leurs privilèges menacés.

Nous regrettons qu'une large partie des milieux progressistes et révolutionnaires préfère préserver les privilèges masculins de ses membres, combattre et exclure celles qui dénoncent les violences ou tolérer la répression contre les féministes.

Nous ne considérons pas notre confort politique dans les milieux militants comme étant supérieur ou principal nos objectifs révolutionnaires.

Nous préférons nous tenir auprès de la grande masse de celles et ceux qui sont révolté-e-s par le patriarcat et se battent chaque jour pour s'en émanciper.

La victime de harcèlement de la part des membres de JVC souhaite recueillir des témoignages de personnes victimes de harcèlement de ceux ci sur ce tumblr  et à cette adresse mail : hellojvc1825@gmail.com

Contre toutes les formes de répression sexiste, solidarité féministe !

Cyber-harcelement : contre la répression sexiste, solidarité féministe !

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Rédigé par OC Futur Rouge

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Publié le 16 Janvier 2017

«Les massacres ne sont pas notre destin »
Solidarité avec les populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal
 
Le document qui suit ne concerne pas seulement le Moyen-Orient, c’est un texte d’espoir pour toutes les classes, peuples et genre opprimé-e-s par la domination capitaliste, impérialiste et patriarcale. Non les persécutions, les massacres et les souffrances ne sont pas notre destin. Uni-e-s et armé-e-s nous pouvons nous aussi être fort et refuser la loi de celles et ceux qui veulent nous briser et nous détruire.
Les Yezidi-e-s (Ezidi-e-s) sont une communauté du Kurdistan d’Irak, à la frontière des Etats turc et syrien. Souvent considéré-e-s comme les derniers dépositaires de la philosophie et des anciennes croyances dualistes du peuple kurde, antérieures à l’instauration des grandes religions monothéistes, les yézidi-e-s ont été régulièrement dénoncé-e-s comme des « adorateur/trice-s du diable » par les pouvoir locaux successifs (y compris kurdes). Ils ont subi 72 tentatives d’extermination au cours de leur histoire douloureuse. Beaucoup vivent en diaspora en Arménie, en Géorgie en Russie, et dans les Etats voisins du Moyen-Orient.
A l’été 2014, les milices fascistes de Daesh ont attaqué les Yezidi-e-s dans les monts Sinjar (ou Shengal), exterminant les hommes, violant systématiquement les femmes et les fillettes, et les réduisant à l’esclavage. Les troupes de Barzani, le dictateur féodal du Kurdistan d’Irak, armées et soutenues par l’Etat français, ont abandonné à leur sort les Yézidi-e-s qu’elles étaient censé protéger. Elles se sont même livré à des marchandages sordides avec Daesh, proposant d’échanger des Yézidi-e-s contre des Assyrien-ne-s (minorité « protégée » au Kurdistan d’Irak, pour l’instant qu’elle ne conteste pas le pouvoir de Barzani et de son clan).
Pendant que les « peshmergas » de Barzani se déshonoraient de façon abjecte, les combattant-e-s des trois principales forces de gauche au Kurdistan , le Parti de l’Unité Démocratique (PYD, Kurdistan de Syrie), le Parti de la Vie Libre au Kurdistan (PJAK, Kurdistan d’Iran) et le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, Kurdistan de Turquie) unissaient leurs forces pour voler au secours des Yezidi-e-s. Ils n’ont pas fait qu’assurer leur protection mais les ont aidé à formé leurs propres combattant-e-s aux sein des YBS, les groupes de résistance de Sinjar/Shengal. Pourtant ce sont les peshmergas que les médias français et Bernard-Henri Levy présentent régulièrement comme des héros, et les combattant-e-s du PKK que la France et l’Europe considère comme des « terroristes ». Hollande est allé le mois dernier en Irak pour garantir Barzani de l’indéfectible soutien de la France. Ce soutien dure depuis 1991 et a permis aux chefs de guerre du clan Barzani de se livrer à un juteux trafic d’armes françaises.
Aujourd’hui les Yézidi-e-s ne veulent plus du pouvoir de Barzani, qui multiplie les vexations minables à leur égard (bloquer les produits de premières nécessité, empêcher les familles de regagner leurs maison, fermer sous la menace des armes l’association de soignant-e-s Yazda qui aidait les survivant-e-s) pour leur faire sentir sa capacité de nuisance. Barzani est l’allié privilégié de la Turquie d’Erdogan, qui menace les familles yézidies réfugiées de représailles si leurs frères et sœurs restées en Irak continuent à soutenir le PKK qui les a sauvés. Barzani a rencontré la semaine dernière le premier ministre turc Yldirim et lui a promis sa collaboration contre les « terroristes » du PKK. Mais malgré les chantages et les menaces, les Yézidi-e-s n’oublient pas qui les a soutenu depuis 2014, et qui les a abandonné. . Ils/elles veulent majoritairement associer politiquement la région de Sinjar/Shengal aux cantons autogérés du Kurdistan de Syrie (Afrin, Kobané, Ceziré) et s’affranchir du pouvoir féodal de Barzani. Le PKK a pourtant proposé de partir de la région de Sinjar/Shengal pour ne plus que les Yézidi-e-s soient puni-e-s de la solidarité qu’ils leurs apportent. Les Yezidi-e-s ont répondu par une déclaration très courageuse, résumée ici par l’agence de presse kurde ANF. Nous reproduisons ce résumé même s’il contient à notre avis des illusions sur les impérialistes de l’Union Européenne et sur la caverne de brigands qu’est à nos yeux l’ONU. En relayant ce document, l'OC-FR souhaite apporter son soutien aux Yézidi-e-s et exprimer notre volonté internationaliste de nous tenir aux côtés des peuples en résistance, victimes du capitalisme et de l'impérialisme.
 
APPEL LANCÉ DES EZIDIS A LA GUÉRILLA KURDE ET AU MONDE
Shengal -La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a tenu une réunion avec la participation de plus de 60 délégués du Kurdistan, de l'Europe, de la Russie et de l'Arménie, sur le Mont Shengal entre le 25 et le 28 décembre. La coordination a publié la déclaration finale de cette réunion, où il a décrit la guérilla Kurde comme l'espoir des peuples d'Êzidî et a appelé les guérilleros à ne pas se retirer du Shengal.
LES MASSACRES NE SONT PAS NOTRE DESTIN
Dans sa déclaration, la coordination a souligné que les massacres ne sont pas le destin des êzidî, qui veulent maintenant y mettre un terme. À cet effet, elle a attiré l'attention sur la nécessité d'unité et de solidarité.
 
APPEL AUX FORCES LOCALES ET INTERNATIONALES
La Coordination de la Société Démocratique d'Êzidî a décrit Shengal comme la patrie de tous les Êzidîs et a appelé les Ezidis à donner la priorité à Shengal et demandé un soutien matériel et moral
"Nous demandons que l'ONU, à l'UE et aux autres organisations internationales d'être des parties garantes, et que la guérilla kurde , qui est une force nationale efficace dans la lutte contre Daech , continue à défendre notre société.
Si vous n'étiez pas venu à notre secours, nous été abandonnés. Avec votre arrivée, vous êtes devenu l'espoir de notre peuple. Nous pensons que vous avez encore une responsabilité et, bien que vous n'ayez pas fait de déclaration officielle ou de tentative, nous ne pensons pas qu'il serait bon pour vous de vous retirer du Shengal. Nous croyons que cette société a besoin de vous et que vous serez sensible sur cette question.
 
L'AUTONOMIE DE SHENGAL SERA LA BASE
La coordination a déclaré qu'elle adopte l'autonomie du Shengal en garantissant les droits des Êzidîs comme base de tous les efforts politiques et diplomatiques, et a décidé de s'adresser aux institutions internationales sur cette question.
 
APPEL À LA MOBILISATION DES ÊZİDİS
La Coordination de la Société Démocrate Démocratique a souligné l'importance de la mobilisation et de l'expression des personnes dans le monde entier dans l'unification de la société et a décrit la mobilisation et l'institutionnalisation des Êzidîs au Shengal comme un exemple concret d'une telle organisation. La coordination a annoncé qu'une administration de la Société Démocratique d'Êzidî, composée de 31 représentants du Kurdistan et du reste du monde et de 5 coordinateurs, a été créée lors de la réunion sur le mont Shengal et une décision a été prise d'étendre et de renforcer les Unités de Résistance Shengal YBŞ) comme forces de défense au Shengal.
ANF
 
"Les massacres ne sont pas notre destin", solidarité avec es populations yezidi-e-s de Sinjar/Shengal

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Publié le 9 Janvier 2017

Lettre ouverte à propos de la situation en Syrie

Nous avions déjà écrit ce texte sur des positions similaires et sommes signataires de la présente lettre ouverte :

Il n'est pas possible de soutenir à la fois les opprimés et leurs oppresseurs.

Lettre ouverte aux organisations progressistes, révolutionnaires, ainsi qu'aux médias alternatifs et militants.

 

Dernièrement, le siège et la chute de la ville d'Alep a causé de violents remous dans l'opinion publique au sein de l’État Français. Les images de morts, de blessés, de destruction, de bombardements ont marqué les esprits. Il est logique, il est sain d'être horrifié par ce genre de scènes.

Pourtant, l'empathie légitime qu'il est possible de ressentir pour les victimes de ces opérations militaires, des exactions qui ont suivi la reprise de la ville, ne doit pas oblitérer tout jugement politique. Cela ne doit pas occulter la véritable nature politique de l'opposition armée connue sous le nom de « Armée Syrienne Libre » et les intérêts qu'elle sert, entre les mains de ses maîtres.

Que des individus soient mortifiés et réagissent avec leur cœur, comment le-leur reprocherions-nous ? Si ils sont dans l'ignorance des ramifications et des implications politiques, nous ne saurions les blâmer, c'est à nous, militants, de les en informer.

Mais qu'une organisation politique ou un média militant prenne position pour soutenir l'appel de la "mairie d'Alep-est", c'est une toute autre chose.

L'erreur existe, et l'ignorance également. C'est pour cela que nous rédigeons cette lettre. Nous les invitons à repenser leur position, à comprendre qu'on ne peut pas être équidistant entre les progressistes et les réactionnaires sans prendre fait et cause pour eux.

Beaucoup d'organisations politiques et de médias militants progressistes affirment soutenir la lutte du peuple kurde contre ses oppresseurs en Turquie et en Syrie. Ces organisations et médias retransmettent les informations transmises par la coalition formée autour du PKK, du TKP M/L, de leurs organisations militaires YPG - YPJ - TIKKO, et affirment également soutenir la politique du HDP en Turquie, qui combat contre l'ogre Erdogan et son régime.

La coalition que forment les organisations de combat kurdes est la seule à œuvrer à une lutte résolue pour le progrès, l'égalité, et pour chasser les impérialistes. Et ce, que ce soit au Rojava (Kurdistan Syrien) au Bakur (Kurdistan de Turquie), sur leur terre, tout comme pour l'émancipation générale des peuples de Syrie et de Turquie.

Le Parti HDP, dans l’État Turc, mène une lutte exemplaire pour le maintien des droits démocratiques dans un État qui sombre dans le fascisme.

Que veulent ces forces ?

Les forces combattantes du Kurdistan Turc et Syrien veulent l'indépendance. Elles veulent la constitution non pas d'un état bourgeois de plus, mais bien d'un État libre de démocratie populaire. Elles combattent, dans un front uni avec leurs alliés, contre l'impérialisme, le capitalisme, l'obscurantisme, le sexisme et la destruction de l'environnement.

Les forces Kurdes mènent la lutte depuis 1978 dans l’État Turc, date à laquelle a été fondé le Parti des Travailleurs du Kurdistan, sous l'impulsion de Abdullah Öcalan. Depuis le commencement de la guérilla, les forces Kurdes n'ont jamais renoncé à obtenir un état indépendant.

La coalition des Forces Démocratiques Syriennes est un front dans lequel luttent les Kurdes, contre le régime dictatorial et clientéliste de Bachar Al-Assad, laquais des Russes, et contre les pions de Erdogan et des réactionnaires, la clique de l'Armée Libre Syrienne. Ces forces combattent également les réactionnaires fascistes de Daesh. Pourtant cette alliance n'est pas toujours fiable et connaît des fractures. De nombreuses forces combattent aux côtés des Kurdes contre Daesh, l'ASL ou le régime, mais il est arrivé que les alliés de la veille se retournent contre les combattants kurdes dès que l'ennemi commun prend la fuite. Très peu de forces syriennes acceptent l'idée d'un Rojava indépendant. C'est pour cela que nous devons soutenir nos camarades au front. L'anti-impérialisme et l'internationalisme sont les meilleurs alliés des Kurdes.

Début 2016, les forces combattantes révolutionnaires Turques et Kurdes se sont unifiées autour d'un front commun nommé “Halkların Birleşik Devrim Hareketi” (Mouvement Révolutionnaire Unis des Peuples) rassemblant une dizaine d'organisations révolutionnaires Kurdes et Turques.
Voici quelles sont ces organisations:

  • Devrimci Karargâh (QG Révolutionnaire)

  • DKP (Parti de communards révolutionnaires)

  • MKP (Parti communiste maoiste)

  • MLKP (Parti communiste marxiste léniniste) pour combattre le fascisme turc au Kurdistan.)

  • THKP-C/MLSPB ( Parti/Front communiste de Turquie/marxiste-léniniste, brigades armées de propagande)

  • PKK (Le Parti des travailleurs du Kurdistan)

  • TİKB (L’union des communistes Révolutionnaires de Turquie)

  • TKEP-L (Parti communiste de Travail, léniniste)

D'autres combattent également de manière indépendante ou côte-à-côte avec les forces progressistes Kurdes et Turques. Nous mentionnons leurs noms en annexe
.
Leur communiqué résume leurs objectifs:

  • "Notre mouvement a pour objectif d’obtenir un avenir libre, démocratique pour nos peuples, contre l’impérialisme, le capitalisme, le chauvinisme, le fascisme et le racisme. Il considère incontournable la destruction de l’AKP fasciste, avec tous ses soutiens sociaux et par la force révolutionnaire du peuple.

  • Le gouvernement AKP, est en train de détruire la nature, en même temps que la société. Il intensifie l’exploitation de la classe ouvrière et de tous les travailleur/ses, et impose les conditions d’esclavage. Sur toutes les masses de population, il est répressif et meurtrier.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, adopte le principe de réunir et d’organiser toutes ces forces sous les attaques de l’Etat bourgeois de la République Turque et du gouvernement AKP, et de les mobiliser pour la lutte.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, lutte pour l’écologie, pour la libération de la femme, pour la classe ouvrière, les droits et les libertés des travailleurs, ainsi que pour installer le pouvoir du peuple pour la Turquie, et l’autonomie au Kurdistan afin de permettre un avenir libre pour nos peuples.

  • Le Mouvement révolutionnaire uni des peuples, appelle toutes les masses populaires meurtries par le fascisme et l’intégrisme, en commençant par les femmes, les jeunes, les ouvriers et les travailleurs, à s’organiser, s’unir et lutter pour la liberté, la démocratie et la fraternité des peuples."

Certes la guerre force à des compromis. Le mouvement de libération kurde a dû en faire et en fera certainement d'autres. Mais ces compromis n'ont jamais détourné ces forces combattantes de leur but ; contrairement à une ALS qui est directement une marionnette entre les mains de ses maîtres. Ériger ces compromis en obstacles insurmontables est le paravent de la lâcheté et du sectarisme. Pendant que, bien au chaud, des militants s'échinent à trouver des groupes qui soient l'incarnation de la perfection, mais dont l'impact réel est nul, ceux qui combattent réellement meurent au front sans soutien. Dans notre calme État impérialiste, s'offusquer qu'il soit possible de chercher des alliés tactiques lorsque les bombes pleuvent est un luxe que ne peuvent connaître ceux qui subissent la guerre.

Il est possible, et il est d'ailleurs sain d'être critique. Mais il est nécessaire de savoir choisir également son camp.

Il est impossible de jouer sur deux tableaux.

L'occident, et au premier rang la France, condamne le régime de Bachar Al-Assad pour des motifs hypocrites, camouflant une opposition géopolitique avec la Russie. Lorsque la famille Assad était une bonne cliente de la France, celle-ci ne tarissait pas d'éloge au sujet du régime.
Certains groupes militants pensent qu'il faut appliquer alors, mécaniquement, le fait que l'ennemi de notre ennemi est notre allié. Ils soutiennent alors Bachar Al-Assad comme un rempart contre l’obscurantisme, comme un chef de file de l'anti-impérialisme. En somme, ils nient que Bachar Al-Assad est un simple agent de la Russie au Moyen-Orient, une marionnette des ambitions Irano-Russes dans l'orient de la Méditerranée.

Ces organisations peignent en rouge le régime, et peignent en rouge Poutine, ce qui est faux. Elles mettent en avant -tout aussi hypocritement- le fait que le régime serait l'allié des Kurdes, et qu'il est possible de concilier les deux. C'est escamoter le fait que, si des trêves existent lorsque Daech et l'ALS sont présentes, le régime n'a de cesse de tenter d'exterminer les Kurdes dès qu'ils sont seuls à seuls.

Soutenir le régime de Bachar Al-Assad, c'est célébrer l'impérialisme Russe, c'est célébrer faussement les BRICS [Les états émergents, Brazil, Russia, India, China, South Africa] comme étant la révolution mondiale, c'est se mettre à la solde d'une réaction contre une autre. Pire encore, certains souhaitent l'union de la France et de la Russie dans cette affaire, niant par là même le caractère criminel de l'impérialisme français, et souhaitant simplement qu'ils s'alignent sur un autre camp.

Qu'est ce que l'Armée Syrienne Libre et que veut cette coalition ?

L'Armée Syrienne Libre n'est pas unie idéologiquement, elle est une ligue de diverses organisations allant de démocrates sincères jusqu'à des obscurantistes virulents.

Ces forces sont principalement divisées en deux groupes, ou chambres d'opérations qui sont des alliances temporaires et non-exclusives autour d'objectifs ponctuels ou autour du soutien d'une puissance étrangère. La première Fatah Halab -conquête d'Alep- rassemble les agents d'Erdogan et des occidentaux. Elle est la force qui a été utilisée par la Turquie pour faire barrage à l'unification des zones contrôlées par les Kurdes au Rojava. Elle rassemble grossièrement 50% des forces armées de la nébuleuse de l'Armée Libre Syrienne. Ce sont les fameux "modérés" soutenus par l'occident. Issus des frères musulmans et des organisations réactionnaires locales, ils ne sont considérés comme modérés uniquement parce qu'ils ne menacent pas les intérêts occidentaux.

Jaish Al Fatah, -l'armée de la conquête- est construite autour des différentes cellules d'Al-Qaïda ayant survécus à la concurrence de Daesh. Cette chambre d'opération se démarque de la première par le fait qu'elle considère celle-ci comme "trop modérée." Egalement, Jaish Al Fatah est principalement le pion de l'Arabie Saoudite et du Qatar, avant d'être celui d'Erdogan.
Hors de ces chambres d'opération, des poussières qui s'agglutinent parfois dans des configurations différentes, mais toujours à la remorque, dans l'ombre, des deux chambres d'opération principales. C'est dans cette poussière que certaines organisations de l'Etat Français pensent trouver des joyaux d'une pureté révolutionnaire parfaite.

Le fait est qu'il existe des lignes progressistes au sein de l'Armée Syrienne Libre, c'est indéniable. Mais elles ont fait le choix de se mettre à la remorque des agents les plus réactionnaires de la coalition. Elles ont jeté par dessus bord leur indépendance politique pour se mettre eu ligne aux cotés d'Al-Qaïda et des obscurantistes. Elles ont abandonné toute stratégie en devenant des mercenaires de la Turquie, des USA et de la France. Ces forces, pendant la bataille d'Alep, n'ont servi qu'à assouvir les ambitions expansionnistes de la Turquie, et à être une des branches de la tenaille pour écraser les forces combattantes Kurdes, au lieu de combattre le régime de Bachar Al-Assad. Cette clique est plus une armée de mercenaires au service d'un maître qu'une force politique cohérente.

Plusieurs organisations politiques au sein de l’État français, mais également en occident en général, trouvent conciliable de marcher et de défiler à l'appel du "maire d'Alep-est" et de soutenir la cause du peuple Kurde. Nous affirmons que cela n'est pas possible. Il n'est pas possible de soutenir ceux qui s'allient avec la France et la Turquie, qui en sont les mercenaires, sans devenir soi-même un renégat.

Nous affirmons qu'il est impossible de pouvoir jouer sur les deux tableaux et de pouvoir défiler sous le pavillon d'une clique de bandits au service des intérêts de la Turquie. Qu'il est impossible de pouvoir saluer la lutte des YPG – YPJ – TIKKO et de marcher avec leurs bourreaux. Qu'il est impossible de prétendre combattre l'impérialisme et ses ramifications tout en soutenant ses agents.

Quelques soient les raisons invoquées, quelque soit la faction obscure soutenue par les groupes soi-disant révolutionnaires, soutenir toute branche de l'ASL, marcher avec Free Syria, c'est marcher avec l'AKP et ses sbires. C'est marcher avec les bourreaux du peuple kurde.

C'est également marcher main dans la main avec les laquais des impérialistes occidentaux dans la région. C'est marcher avec l'impérialisme français et embrasser son drapeau. Il n'est pas possible de tenir ce discours et d'ensuite "compenser" en agitant le drapeau du Kurdistan libre, le salissant par la même occasion.

Cela n'est pas conciliable.

Que le régime de Bachar Al-Assad soit un régime d'oppression à la solde des intérêts de la Russie est une vérité. Il est juste de le pointer du doigt et cela doit être fait, il n'est pas conciliable de se dire révolutionnaire tout en le saluant. Mais il est aisé de dénoncer les ennemis de son propre impérialisme.

Ceux qui, dans l’État français, se réjouissent des victoires de l'ASL, pleurent ses défaites, chantent leurs louanges ne sont pas seulement en contradiction avec le fait de soutenir les kurdes et les Forces Démocratiques Syriennes, ils se déclarent même ennemis de leur cause de libération nationale et de libération de la Syrie de la présence des impérialistes.

Une ligne de démarcation se trace, elle doit être franchie, que cela soit d'un coté ou de l'autre, par toutes les organisations ayant une position sur la question de la guerre en Syrie.

Certains prônent l'éclectisme et soutiennent tout ce qui lutte contre le régime de Bachar Al-Assad. Il n'est pas possible de l'être dans une lutte à mort.

Certains prennent ceci par dessus la jambe, le traitent avec légèreté. Ils se démasquent comme étant des opportunistes qui ne voient le fait de soutenir les kurdes que comme étant "de bon ton". Nous devons dénoncer cet opportunisme.

Lorsque, rien qu'à Lyon, la mairie Front de Gauche du premier arrondissement de Lyon accepte de relayer l'appel réactionnaire du maire d'Alep-Est, nous devons les dénoncer et dénoncer leur attitude de renégat.

Lorsque Europe Ecologie / Les Verts signe également cet appel, nous devons dénoncer l'attitude de laquais de l'impérialisme de cette organisation.

Lorsque "Ensemble" signe ceci aux côtés des agents fascistes d'AKP, c'est qu'ils prennent position en faveur de la répression du peuple Kurde.

Ceux qui parlent de "soutien critique" lorsqu'ils se rassemblent sous le drapeau de l'ASL de la France et de la Turquie se démasquent donc comme des soutiens de fait à ces forces.

Nous appelons toutes les organisations progressistes et révolutionnaires de l’État Français ou francophones à relayer cet appel, à prendre position sur le fond de celui-ci et à démasquer les mercenaires de l'impérialisme.

Nous devons dénoncer les appels hypocrites de la France et des organisations qui sont ses valets. Sous couvert d'humanitaire, ces cris servent à implanter les avant-postes de son impérialisme.

Nous appelons ces organisations et ces médias à rejeter les positions et la propagande des agents de l'impérialisme, au premier chef duquel l'impérialisme français, notre ennemi premier. Nous souhaitons la défaite de notre propre impérialisme, que ses griffes soient arrachées et ses armes brisées !


Nous appelons à la constitutions d'initiatives, militantes, politiques, financières pour soutenir depuis l'Etat Français la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour sa libération du Kurdistan et de la Syrie.

Vive la lutte du peuple Kurde et de ses alliés pour la liberté ! A bas le régime fasciste d'Erdogan et les laquais des impérialistes !


Vivent les volontaires internationaux qui combattent aux côtés des Kurdes

Premiers signataires : Maison de la Mésopotamie ; Unité Communiste - Lyon; OCML Voie Prolétarienne ; Organisation Communiste - Futur Rouge ; Jeunes Communistes Lyon.

Participer ou signer ? Solidarite.Kurdistan@gmail.com


Annexe:
Les forces des Kurdes et leurs alliés:


 

HPG : Force de Défense du Peuple.
YJA-Star : Unités des Femmes Libres.
PAJK : Parti des Femmes Libres du Kurdistan.
YPS : Unités de Protection Civile.
YDG-H : Mouvement de la Jeunesse Révolutionnaire Patriotique.
HDP : Parti Démocratique des Peuples.
DBP : Parti Démocratique des Régions.
HDK : Congrès Démocratique des Peuples.
PKK: Parti des Travailleurs du Kurdistan.
YPG: Unités de Défense du Peuple.
YPJ: Unités de Défense Féminines.
PYD: Parti de l'Union Démocratique Kurde (en Syrie).

Organisations turques combattant aux côtés des forces combattantes Kurdes.

MLKP : Parti Communiste Marxiste-léniniste.
DHKP-C : Parti-Front Révolutionnaire pour la Libération du Peuple.
TKP-ML : Parti Communiste Turc - Marxiste-léniniste. Sa branche armée est le Tikko.
MKP : Parti Communiste Maoïste.
MLSPB : Union Marxiste-léniniste pour la Propagande Armée.
DAF : Action Révolutionnaire Anarchiste.

Organisations de volontaires étrangers:
Bataillon International de la Libération au Rojava.

A.I.T. Antifascist Internationalist Tabur

Lettre ouverte à propos de la situation en Syrie

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Rédigé par OC Futur Rouge

Publié dans #Syrie, #kurdistan, #Kobane, #Impérialisme, #Turquie, #International

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